Annonce d’un projet radical et collaborativo-social : l’École des Vents

Parce que le monde va mal – il va mâle, car les hommes sont fous –, j’ai décidé, dans le for intérieur de moi-même, de prendre une décision radicale. Parce que je suis auteur, et donc, foncièrement plus intelligent que tout le monde, puisque j’ai compris des trucs et que j’écris dessus, j’ai décidé de fonder une école de formation scholastique universelle, baptisée l’École des Vents – car nous sommes tous Dust in the Wind, et que les zéphyrs et les aquilons, par la puissance de la convection que l’on retrouve également – cyberespace ! – dans les entrenoeuds et interchanges de l’Internet multimédia – le XXIe siècle est idées, fluidité, conceptualisations indépendantes antifragiles ultralocalisées en résistance décisive. 

À l’École des Vents, point de diktat, point d’enseignement vertical d’une vérité déposée ; non, l’école est en autogérance totale, car l’élève lui-même, le stagiaire – stage-hier – entre en scène dans l’espace commun opérationnalisé par les psychés présentes, et dès lors, enseigne à lui-même ce qu’il reçoit de tous. C’est davantage une dramatisation de l’actualisation qu’un curriculum unidirectionnel ; c’est une co-concrétisation collaborative, une autorité répartie et non-locale, un champ quantique globalisant et globalisateur par lequel la profonde authenticité de nos vérités somatiques influe et incarne le changement de paradigme nécessaire à un âge à la fois cyberspatial et techno-ancestral. Ah, et puis Gilles Deleuze. 

J’ai monté l’École des Vents avec tout un assortiment de talents techno-pagans, d’empiristes de l’âme, de sages fous réunissant le meilleur des courants contraires de l’humanité en ce seuil de quête holistique. Parmi les premiers talents qui ont accepté de me rejoindre dans ce projet insensé et pourtant le seul à faire sens alors que le monde vacille sur son point d’équilibre, des slammeurs, des illustrateurs-charcutiers, des sculpteurs-CEO, des musiciens-oracles, que j’ai l’honneur et le plaisir d’organiser de façon horizontale et collaborative autour de moi-même en ma persona d’auteur-musicoélectronicien, et surtout de codeur de la réalité.

Le lieu où l’école se construira, sous forme d’un village circulaire et durable intégralement composé de yourtes en fibre de fullerène et bouse de zébu, alliant la contemporanéité technologique au savoir ancestral des peuples premiers. Il y aura aussi de petits fanions colorés.

Le programme complet du premier stage, pour les stage-hiers, sera annoncé bientôt, mais DJ Raspoutine, artiste bruitiste dont Autechre a dit « on lui a tout piqué » et Camila Varda Balaklava Moussaka Camélia Rada Popova Mitsubishi-Hilton, plasticienne russo-nippone spécialisée dans les boîtes à fromage, m’épaulent déjà pour la production d’ateliers radicaux et transformateurs, comme : 

  • Vaincre le capitalisme par la thalassothérapie
  • Entre botanique éveillée et transcendance tantrique par l’ivresse : à l’écoute de la mousse
  • Pont ou bien frontière ? Chercher son archétype jungien par une méditation psychotropique sur le viaduc de Millau
  • Ces liens qui nous (dés)unissent : purger les blocages des lignes temporelles akashiques par la transe du macramé
  • Ce que Super Mario nous enseigne sur la croissance du Soi
  • Does it bring joy? Purger les traumas intergénérationnels par la méthode Marie Kondo

De manière à démocratiser au maximum ce programme de survivance écopsychique aux disruptions systémielles et à garantir son inclusivité maximale dans sa radicalisation anticlassiste, j’ai décidé de le placer au tarif early bird préférentiel et tout à fait raisonnable de 10 000 € les trois jours. Et de manière à positionner résolument la démarche en-dehors du capitalisme bourgeois et d’en faire un véritable acte de révolution culturelle permanente de l’individu invertissant son réseau matriciel de connexions tendues, les frais d’inscription sont uniquement payables en cryptomonnaies et NFT. 

2026-03-25T05:17:13+01:00mercredi 1 avril 2026|Humeurs aqueuses|3 Commentaires

Un nouveau podcast d’aide à l’écriture : Productivité !

 

Auguste lectorat, après bientôt un an de podcast, je me rends compte que je prends vraiment goût à ce média et j’ai donc décidé de lancer en solo une nouvelle émission, baptisée Productivité !, fondée sur les aspects beaucoup plus techniques de l’organisation des indépendants au jour le jour.

En d’autres termes, il s’agira de maximiser son ROI sur le temps consacré à la production de contenus originaux visant des cibles bien établies dans une segmentation littéraire, afin d’obtenir un indéniable plus-produit apte à satisfaire tous les partenaires économiques de la chaîne du livre. Du réseautage 3.0 à la valorisation digitale sur les nouveaux marchés du libre et de l’entraide, nous verrons comment la transparence top-down permet à l’écrivain numérique de se positionner en réel moteur de la consultation citoyenne où crowdfunding et marketing direct sont les maîtres mots. Car ces pratiques innovantes tracent une nouvelle carte de la diffusion où les intermédiaires sont appelés à une mutation en profondeur ; enfin, chacun dispose des compétences pour se comporter en égal dans une optique de collaboration complète. Au XXIe siècle, l’écrivain est un cré-acteur, un propulseur local, un consultant fluide qui amène les perspectives novatrices d’une redistribution totale du tableau actuel.

Avec Productivité !, vous apprendrez à être des gagnants du freelancing à l’aide de techniques originales éprouvées par tous les grands fondateurs de start-ups. En avant-première, je vous propose le programme des huit premiers épisodes de la première saison :

  1. Le sommeil est-il vraiment utile ? Comment l’optimiser en relation avec l’espérance de vie souhaitée
  2. Le café au beurre de yack : un hack nourrissant et énergétique
  3. Mettre un bon coup de poignet à son projet avec la célèbre méthode de David Clé-à-laine, GTD™ (Gère Ton Dégoût)
  4. Les relations sociales sont-elles vraiment utiles ? Comment les optimiser en relation avec la santé mentale souhaitée
  5. Changer continuellement de fuseau horaire : l’astuce amusante des winners pour éviter la nuit
  6. Trouver le bon sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous genre pour s’auto proclamer premier du top Amazon avec cinq ventes
  7. Du bon usage de la polémique sur Internet : comment reconnaître une bonne victime pour faire parler de soi sans risque ?
  8. Les relations familiales sont-elles vraiment utiles ? Comment les optimiser en relation avec l’héritage souhaité

Productivité ! n’est pas hébergé par Elbakin.net et n’est pas disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

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Bonne écoute !

2018-04-01T11:45:57+02:00dimanche 1 avril 2018|Expériences en temps réel|19 Commentaires

L’appeau à crétins

Auguste lectorat, faisons une expérience de chimie amusante sur Twitter. Publions ceci :

appeau1

Voici ce qui se produit EN L’ESPACE DE QUELQUES FUCKING SECONDES :

appeau2

(Et oui, je ne floute pas les noms, parce que c’est visible publiquement, et que de toute façon, ceci est un article de mauvais esprit)

Tous les imbéciles en besoin désespéré de suivi, voire de reconnaissance, t’ajoutent automatiquement à des listes avec trouze mille gus qui ont un jour employé un hashtag (pardon, mot-dièse) maudit comme #innovation ou le roi d’entre eux, #SEO, dans l’espoir que tu te sentes flatté d’être considéré comme un #influencer #media ##2.0 et que, bien sûr, tu vas les suivre en retour et leur acheter leur #consulting #digital car ce sont des spécialistes du #branding.

Ou pas.

Voilà bien un exemple de vent 2.0. Je ne peux pas concevoir comment cette stratégie de la misère affective peut générer un seul dollar en 2016. Tu t’attends à quoi, à ce que je t’achète illico une séance à 120 boules de l’heure ? À moins que ce ne soit pour se suivre mutuellement afin de se donner une #visibilité et une #crédibilité totalement factices afin de renforcer ainsi nos #réseaux dans une optique de #partnership ?

#lol pour le #ciblage. Pardon, le #targeting. En même temps, c’est assez raccord avec la stratégie des fermes de liens pour optimiser le placement dans les moteurs de recherche : un système qui tourne en vase clos et à vide. Je ne dis pas qu’il ne faut pas essayer de se signaler, d’entrer en contact, mais là, avec un script visiblement automatique sans filtre, la démarche est aussi ridicule qu’inutile.

Allez, rions avec ce Tumblr trop peu mis à jour à mon goût.

2016-09-27T16:51:37+02:00jeudi 29 septembre 2016|Humeurs aqueuses|7 Commentaires

Ebook et phares au Zénon (1) : comment l’innovation segmente le public

Houu là là mais qu’il est chiant Davoust en ce moment, il fait rien qu’à écrire des articles de douze kilomètres et des phrases à peine moins longues, genre il se prend pour Bernard-Henri Lévy alors qu’à la base moi je voulais lire des aventures avec des démarcheurs téléphoniques.

Je sais. Le problème n’est pas tant de donner la parole à des gens ; le problème, c’est qu’ils s’en servent. En plus, j’y prends goût, on est mal.

L’autre problème c’est que, depuis que je suis chez Free, les démarcheurs n’ont plus mon numéro de téléphone, me plongeant dans un isolement digne d’un quartier de haute sécurité.

Pour me faire pardonner, voici un chat qui louche.

AWESOME!!1

Et maintenant recausons d’Internet (l’article suivant causera de l’ibouque).

Et plop

La bulle Internet a fait plop comme un calamar géant remonté trop vite des abysses : elle a éclaté (ouais, c’est dégueulasse). Mais elle est arrivée dix ans trop tôt, c’est à mon avis la raison. À l’époque, il « fallait » être sur le réseau, être le premier pour occuper le marché, la position, comprendre avant tout le monde, balancer des tonneaux de dollars à la mer – et puis couler. On a vu fleurir des centaines de concepts stupides et/ou géniaux (la limite est toujours très floue sur le réseau) qui sont retombés comme un misérable soufflé que j’aurais cuisiné moi-même. Aujourd’hui, le paysage n’est pas si différent, mais les entreprises vivotent.

C’était dix ans trop tôt.

Aujourd’hui, si vous écoutez les « experts web 2.0 » (dont le gros des troupes se situe à peu près entre l’arracheur de dents et la cartomancienne saoule question fiabilité), tout passe forcément par Internet. Aucune présence, aucune promotion, aucune existence possible en-dehors : il te faut ton site, ta page Facebook, ton compte Twitter, sinon t’es mort. Optimise ton placement moteur de recherches, théorise la gestion de la communauté, choisis tes Google AdWords, et fais fortune (ou pas).

Facebook, Twitter, les blogs sont évidemment nécessaires et s’approchent de l’indispensable aujourd’hui. Mais, bercés par quelques success stories retentissantes, beaucoup s’imaginent encore qu’à partir du moment où ils auront un site, un blog, une page Facebook, les clients accoureront chez eux. Archi-faux, bien sûr. Pour se faire connaître, il s’agit de faire de la communication, ce qui est un travail entièrement différent et bien plus pointu que celui de ces prétendus « experts ». Tout le monde peut être expert. Je suis expert. Même Horatio Caine est expert, alors hein.

Le paradoxe de Zénon

Bon OK j'ai pas d'image du paradoxe d'Achille.

Zénon d’Élée était un Grec qui vivait au Ve siècle avant Djizeus Kraïste, principalement connu pour  le paradoxe auquel il a donné son nom, également connu sous le nom d’Achille et la Tortue. Il se formule ainsi : soit un coureur allant d’un point A à un point B. Viendra forcément un moment où il aura parcouru la moitié du chemin ; il ne lui restera donc que l’autre moitié. Puis il aura parcouru la moitié du chemin restant ; il lui restera la moitié de la moitié (un quart). Puis il lui restera la moitié de ce quart restant. Si l’on pousse le raisonnement à l’infini, il devrait toujours rester à notre coureur une moitié de moitié de moitié… de chemin restant. Et donc, il devrait jamais arriver. Pourtant, il arrive quand même (même si les grimpeurs du col du Tourmalet doivent éprouver une sensation proche de cet infini-là). (Pour ceux que ça intéresse, ça se résoud à l’ère moderne par une histoire de convergence de séries.)

Il me semble qu’on assiste exactement à la même chose dès qu’une innovation technologique arrive sur le marché, et c’est encore plus vrai avec les technologies dites communicantes (mail, Facebook, Twitter, etc.). Du moins, dans notre pays qui présente une inertie certaine dans l’adoption des nouveaux médias (ce qui n’est pas toujours un mal, d’ailleurs). Chaque fois qu’on franchit un saut technologique, on laisse une quantité importante de personnes sur le carreau (mettons la moitié pour les besoins de la démonstration, comme avec Achille et la tortue) ; ces dernières passeront peut-être le pas, mais cela peut prendre un temps certain (nous avons tous dans notre entourage des réticents à Internet ; des réticents au téléphone portable ; des réticents à Facebook ; des réticents à Twitter, etc.). Attention, il ne s’agit nullement d’un jugement de valeur, les raisons pour détester (ou quitter Facebook) sont multiples ; il s’agit d’une simple constatation.

C’est là que les choses se compliquent. L’innovation dans ces domaines est à la fois bouillonnante et incessante ; il sort une nouveauté tous les six mois. Facebook change d’interface tous les ans. Si l’on exclut les technophiles, geeks, testeurs en tous genres et que l’on se concentre sur le grand public,  celui-ci peine souvent déjà à voir l’intérêt d’une première technologie répandue (ma chère mère, loué soit son nom et bénies soient ses chevilles, trouve toujours en 2010 qu’Internet ne sert à rien, et je ne vous parle pas de ma grand-mère, sanctifié soit son patronyme et adorés soient ses petits doigts). Que dire des surcouches incessantes qui se construisent par-dessus ? À chaque fois, on laisse plus de monde sur le banc de touche : moitié, par moitié, par moitié, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une poignée de types enthousiaste, mais… qui sont une poignée, ben ouais, voilà.

Et c’est là que le bât blesse notamment chez les entrepreneurs qui se laissent obnubiler par les effets de la bulle ou les retours incessants (et fantastiques !) qu’Internet permet. Chaque innovation laisse en arrière la moitié de son public potentiel. Et l’on continue à avancer, juste parce qu’on a possibilité de faire des trucs super cools (bah oui, c’est quand même super cool, quoi), sans penser, généralement, à ceux que l’on doit accompagner dans la découverte de ces technologies, sans leur montrer clairement en quoi elle peut être utile ; il suffit qu’elle existe, se dit-on, pour qu’elle soit nécessaire.

C’est complètement faux.

Le pire est qu’on en vient souvent à se refermer sur ce public technophile qui accompagne l’innovation et interagit parfois quotidiennement avec la compagnie, le créateur, l’entreprise. Attention, je trouve ces possibilités de communication fantastiques et j’aime interagir avec toi, ô auguste lectorat (j’espère que tu le sais), parce que tu es composé exclusivement de gens fantastiques (je suis très fier d’abriter le fil de commentaires le plus cool de toute la blogosphère et je m’enorgueillis de dire qu’en plusieurs années de blogging, je n’ai jamais eu à censurer un seul troll, parce qu’il n’y a que des gens intelligents et sensés qui viennent ici).

C’est en revanche une erreur de croire que le public d’une entreprise, d’une création, se situe exclusivement sur Internet, est informé à la pointe des sujets qui l’intéressent, suit avidement les flux RSS, les pages Facebook, les comptes Twitter. C’est la même confusion qui consiste à croire que le public d’une sphère est intégralement représenté par le public des forums. Je sais par exemple qu’il y a ici des lecteurs fidèles qui ne commenteront jamais, parce que c’est pas leur truc. C’est très bien : l’erreur serait de les oublier.

Bref, ces outils de communication et de maintien de contact sont fantastiques mais ils ne sont pas tout. Ils sont l’arbre qui cache la forêt – une forêt que, paradoxalement, on peine de plus en plus à atteindre et qu’on ne fait aucun effort pour accompagner. Une innovation divise le public potentiel comme des poupées russes ; plus on avance, plus on réduit la part à qui l’on s’adresse.

Et c’est, je pense, le problème principal lié à la pénétration du marché par l’ebook tel qu’il est vendu de façon « classique ».

Pourquoi ? Comment ? Qu’est-ce que les petits doigts de ma grand-mère ont de si fantastique ? Eh bien, vous le saurez dans le prochain épisode, soit demain si le monde ne s’est pas fini entre temps.

Image : Wedge paradox par Vlad2i, licence CC-By-SA.

2018-07-17T14:29:13+02:00mardi 21 décembre 2010|Le monde du livre|3 Commentaires
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