Hey, Paul

if-my-killing-claw-is-on-my-foot-does-that-mean-i-m-a-contortionist-9c875aAuguste lectorat, si tu traînes sur les Internets sociaux, peut-être as-tu vu passer il y six mois que je me trouvais fort dépourvu alors que la bise était déjà venue : sujet à une tendinite calcifiante de l’épaule droite qui avait dégénéré, à force de mauvais traitements, en une paralysie douloureuse du bras en question, ce qui, quand on est droitier, est un peu, selon la terminologie sociologique précise, la lose. Cherchant une forme de solution dans ta sagesse collective, tu fus assez bon pour m’indiquer quantité de pistes, et je t’en remercie encore1 – et l’on m’a demandé de revenir sur l’expérience par la suite afin de partager ce qui a marché, ou non, pour en faire bénéficier ladite sagesse collective. Dont acte. Si les articles à nature médicale – aïe j’ai mal – pauvre de moi – vous gavent, vous êtes entièrement libre de lire autre chose ; je n’ai pas l’habitude de rédiger ce genre de contenu, et le but est ici d’éviter à d’autres, potentiellement, les mêmes pièges qu’à moi.

Disclaimer : je ne suis pas médecin et mon avis n’est en rien médical. Allez voir un médecin compétent et ne venez pas râler ici si vous êtes traités de travers suite à cette lecture, parce que je ne suis en rien responsable. Ceci n’est que mon expérience et elle n’a de valeur statistique que pour n = 1, n n’étant pas vous, en plus, hélas. Si, malgré tout, d’éventuels poursuivants se présentaient, sachez qu’ils seront contrevenus.

Ceci étant dit, avanti.

Descente au je m’enferre

Historique rapide. Il y a trois ans, je commence à ressentir une gêne fugace au niveau du biceps qui apparaît si rarement que je n’y prête pas attention, et me trouve surtout dans l’impossibilité de recréer la douleur à la demande, ce qui est un peu compliqué pour consulter. Je pense que cela va passer, mais, quand je me trouve à dormir dans des conditions moins qu’idéales en mer dans les Hébrides, je me retrouve tous les matins avec une douleur nette et sourde dans l’épaule qui ne passe qu’après plusieurs minutes d’immobilité absolue. Un peu inquiet, je vais consulter, parce que j’ai là un problème identifiable.

Et là démarre un parcours erratique où s’enchaînent des approximations qui me feront aboutir, deux ans et demi plus tard, sous codéine à dormir le bras surélevé sur un oreiller.

Mon généraliste, après un examen superficiel, me diagnostique une tendinite, tout court. Il m’envoie chez le kiné, qui travaille avec le diagnostic qu’on lui a fourni, sans succès ; ma douleur se situant en plus principalement au niveau du biceps, il masse tout ce qu’il peut, essaie de remonter au dos, me donne des mouvements, mais rien n’y fait (voire, c’est pire), malgré une vingtaine de séances. La suite logique consiste à m’envoyer chez le rhumatologue. Lequel, visiblement, se passionne autant pour mon cas que pour un rhume, et me prescrit des infiltrations quand il constate que me gaver d’anti-inflammatoires ne donne rien.

Celles-ci sont réalisées à l’aveugle, et me soulagent à peine et temporairement. On m’en fait donc une deuxième, pour un résultat égal. La suite, me dit le rhumatologue que j’imagine établir mentalement une liste de courses sur Zalando en même temps qu’il me parle, consiste à une opération.

« Pop pop pop poppa Gangnam Style, lui réponds-je en substance, j’ai un super coach de remise en forme qui m’a parlé d’ultrasons et d’ondes de choc, si on tentait un truc pas invasif d’abord ? »

Visiblement déçu de ne pas avoir recours à une invasion (et je suppute une filiation lointaine entre mon rhumatologue et Gengis Khan), il accepte du bout des lèvres. Me voilà partant me faire onde-de-choquer l’épaule. Ce qui ne donne pour ainsi dire rien : l’aspersion d’azote liquide que la kiné m’administre en fin de séance pour faire refroidir les tissus me fait limite plus de bien que le traitement en soi.

Je décide plus ou moins d’en prendre mon parti, après tout, ça va à peu près, mais ça empire à nouveau, je ne peux plus faire de sport impliquant le haut du corps, bref, j’en ai marre. Je tente l’ostéopathe, qui réalise une première séance excellente malgré un discours macrobiotique frisant la pseudoscience qui éveille ma méfiance (« Vous mangez trop de lait, nous ne sommes pas faits pour digérer les produits laitiers, ce n’est pas la même espèce, vous comprenez, c’est cela qui vous nuit » – un raisonnement qui contredit l’idée même de prédation, ce qui me fait dubiter sévère sur la justesse de sa représentation du monde). Et, sur les trois suivantes, le dit ostéo me coince totalement, à un point grave de paralysie, comme énoncé en avant-propos : je fais diversion en me prétendant la réincarnation de Jamel Debbouze mais, intérieurement, selon la terminologie psychologique précise, je flippe ma race.

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On arrête tout et on recommence

Je me dis que j’ai été mal aiguillé, que ce n’est pas possible que rien ne fonctionne sur mon cas, et je reprends tout depuis le début. Pas encore prêt à employer les médecines parallèles (je me sens dans le cas d’un type avec une fracture ouverte à qui l’on conseille une inhalation de cartilage de requin pour renforcer les tendons – pourquoi pas en prévention, mais là, c’est hélas un peu tard pour mon cas), je profite du changement de carrière de mon généraliste pour en prendre un autre. Je cherche sur Internet un médecin du sport avec un rayonnement certain, j’en trouve un qui s’occupe d’une équipe de foot professionnelle qui s’exprime dans la presse et qui habite à dix minutes de chez moi, et je me dis que s’il aide des athlètes de haut niveau, il doit bien pouvoir me trouver une solution virgule bordel.

En quinze minutes, il me diagnostique lui aussi une tendinite mais m’envoie immédiatement faire des radios pour déterminer quel type de tendinite exactement. (Parce que c’est comme les glaces, ça existe en plusieurs parfums.) Il n’exclut pas l’opération mais grogne en entendant mon parcours, et laisse entendre : « vous allez déjà retenter avec mes kinés à moi tout ce que vous avez déjà tenté, et si ça ne marche pas, on envisagera de vous ouvrir, mais d’abord, éliminons bien tout, okay ? » Ravi que ce médecin-là ait plutôt une ascendance avec Gandhi, je hoche la tête énergiquement et ajoute aussitôt aïe parce que ça me tire dans l’épaule.

Verdict : tendinite calcifiante – l’os se « colle » au tendon et fait rouiller l’épaule. Les douleurs dans le biceps ? C’est dû aux difficultés de jeu de l’articulation : oui, vous avez mal dans le bras, mais la source est ailleurs.

Je fais six séances d’ondes de choc et miracle : dès la première, la douleur constante disparaît ; dès la deuxième, je récupère 30% de mobilité ; au bout de six, mon état continue à s’améliorer dans les semaines suivantes et je récupère au final 90% de mes capacités, ce qui est mieux qu’au moment où le trouble s’est déclaré.

Ce qui a changé ? Eh bien, les kinés savaient administrer des ondes de choc, eux. Il ne suffit pas de passer la machine sur le patient en imaginant que ça marche tout seul ; il faut communiquer avec la personne, chercher les sites critiques, dénuder le tendon en faisant jouer l’articulation, etc. C’est du boulot, pas de la frime.

Les leçons retenues

Voilà l’expérience. En deux mots, qu’en retirer, façon présentation à l’Américaine ?

  • Les infiltrations à l’aveugle, c’est mouais. Cette technique est utile si elle est ciblée et effectuée sous imagerie. Sinon, c’est un protocole standard, mais il est loin de fonctionner à tous les coups.
  • Les ondes de choc, c’est magique, ou pas. Les ondes de choc fonctionnent très bien mais seulement si le praticien est compétent. Pour reprendre la terminologie médicale précise d’une mienne connaissance kinésithérapeute en formation, « quand on te fait des ondes de choc, t’es censé pleurer ta race ». Le kiné doit communiquer (et vous avec lui), pousser la machine à vous faire mal, mettre la zone à traiter en évidence, au lieu de passer l’émetteur au pifomètre en murmurant un soin des blessures mineures. D’autre part, cette technique agit dans le temps. Comme elle lèse un peu la zone à traiter pour stimuler sa régénération, on sent des améliorations encore des semaines après l’arrêt du traitement : c’est normal et c’est pour cela qu’on limite le nombre de séances.
  • L’imagerie, c’est nécessaire.
  • Un bon diagnostic, poussé, fait tout.

Deux évidences pour finir, mais quand même.

Et rappelez-vous : le feu, ça brûle.

  1. En particulier aux médecins / infirmiers qui ont partagé leur avis.
2015-04-08T20:15:37+02:00jeudi 9 avril 2015|Journal|20 Commentaires

Atmosphère musicale pour Port d’Âmes

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Mon retravail sur Port d’Âmes va bon train. Dans l’ensemble, c’est une étrange expérience, plaisante mais pas toujours facile, de replonger dans cette histoire en compagnie de ces personnages, de mesurer le chemin parcouru depuis les premières versions, à la fois en profondeur et en maîtrise narrative, et puis de réduire tout cela jusqu’à l’essence, de se débarrasser des fioritures pour ne laisser que la chair, l’émotion et la tension. Trente-six chapitres dans l’ancienne version ; la finale en comportera à vue de nez une demi-douzaine de moins, alors que tous les personnages gagneront en densité et en complexité.

La couverture a commencé à circuler auprès des libraires, mais je ne peux la dévoiler encore ici. Elle est toutefois superbe, et reflète magnifiquement bien l’ambiance du livre.

Et en parlant d’ambiance du livre, s’il est un morceau qui la reflète et qui a nourri son écriture, c’est celui-là, et c’est ce que je souhaite partager aujourd’hui : Selling Out, tiré de World of Glass par Tristania, probablement le plus bel et le plus abouti des albums de métal gothique (à l’époque où le genre avait le vent en poupe). Quelques vers du texte figurent d’ailleurs en bonne place en exergue du livre. Une chanson qui s’écoute en boucle, en tout cas pour moi, tandis que je me plonge dans les ruelles tortueuses d’Aniagrad, la Cité franche au bout du monde où l’on raconte que tout se monnaye, même l’usage des miroirs.

 

2015-04-01T18:53:56+02:00mardi 7 avril 2015|Journal|Commentaires fermés sur Atmosphère musicale pour Port d’Âmes

Ardence en Islande

Je veux vraiment partager avec toi, auguste lectorat, un de mes grands bonheurs de ces derniers mois.

C’est avec une émotion certaine que je te présente Ardence.

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Ardence, ou SN059, est un (ou une) juvénile d’Islande, appartenant aux orques de la péninsule islandaise de Snœfellsnes (oui, c’est un nom islandais – j’avais prévenu). Il / Elle a été baptisée par Marie Mrusczok, excellente ancienne collègue volontaire du Hebridean Whale and Dolphin Trust, grande biologiste marin spécialiste des orques, doublée d’une juriste émérite en droit de la mer, notamment concernant les bons usages du whale watching et le respect des animaux. Elle a compilé l’imposant catalogue d’hiver des orques de Snœfellsnes, disponible ici – à consulter pour voir comment l’on étudie les populations de mammifères marins à travers la photoidentification : les marques sur les dorsales, la pigmentation, forment une empreinte digitale unique pour chaque individu et permet donc de suivre ses déplacements et sa vie.

L’ardence, dans la trilogie Léviathan, c’est la volonté pure associée à l’enthousiasme de vivre. J’espère que ce nom rendra à ce splendide animal un peu de l’ardence que ses semblables m’ont donné, et qu’il lui portera la plus grande chance qui soit, liberté et joie.

2015-03-31T22:58:22+02:00lundi 6 avril 2015|Journal|13 Commentaires

Mon nouveau mode de distribution littéraire innovant : l’accès anticipé

early_accessJe prévenais que de grandes choses se préparaient en coulisses, je suis heureux de pouvoir l’annoncer enfin : à compter d’aujourd’hui, parallèlement à l’édition conventionnelle, j’inaugure un nouveau mode de distribution littéraire, l’accès anticipé (early access).

Le paysage littéraire a subi de profondes mutations au cours des cinq dernières années, avec l’arrivée de la lecture numérique, des livres vendus comme services en non comme biens, avec la lecture en streaming sur le modèle de Spotify ou Deezer et, maintenant, avec la généralisation du financement participatif.

Tous ces modèles importés des nouvelles technologies, je les connais bien, par passion et aussi par métier.

Mais nous n’allons pas assez loin. Si nous souhaitons véritablement établir une relation de fournisseur de contenu à consommateur, si vous voulons renforcer notre community management en tant qu’écrivains 2.0 et embrasser la révolution digitale du nouveau siècle, il nous faut devenir nous-mêmes acteurs du paysage culturel qui se dévoile à l’horizon 2020 et renverser la production de valeur au sein de la chaîne économique.

C’est pourquoi, après streaming, crowdfunding, je vous annonce que j’adopte dorénavant un nouveau paradigme de distribution issu tout droit des nouveaux usages : l’accès anticipé, ou early access.

Qu’est-ce que l’accès anticipé ?

Dans le jeu vidéo, l’accès anticipé se généralise, en particulier pour les projets indépendants. Contre une somme d’argent, il permet au consommateur d’accéder en avant-première à un projet et fournit au producteur les premiers retours des utilisateurs, les plus passionnés, tout en contribuant à financer le jeu en cours de réalisation. Nous importons quantité de nouveaux modèles dans le monde littéraire ; il n’est donc pas étonnant que l’accès anticipé s’y retrouve – j’ajouterais qu’il est plus que temps que nous rattrapions notre retard, et je suis heureux d’être le premier (à ma connaissance) à me lancer dans cette entreprise !

Comment fonctionne l’early access en littérature ?

C’est très simple. Sur le modèle du jeu vidéo, il permettra à tous les lecteurs

  • D’accéder en primauté à une histoire inachevée,
  • Non corrigée encore,
  • Tout cela pour une souscription de soutien modique, fixée à cinquante euros pour une version électronique avec DRM.

Les heureux lecteurs auront la chance unique de me faire part de leur appréciation de l’histoire et des personnages, de manière à informer la rédaction de la suite (ce qui me dispensera de la prévoir à l’avance, m’octroyant un gain de temps et de productivité considérable), mais aussi de corriger toutes les fautes d’orthographe et de syntaxe ainsi que de me remonter les éventuelles lourdeurs de style. Bien entendu, pour des raisons de contrôle créatif, je ne retiendrai pas toutes les idées ainsi fournies mais, dans la plus pure tradition de l’early access, je m’engage solennellement à faire semblant de les écouter, et ce avec un air très convaincant.

Fidèle à cette même tradition, je m’engage bien sûr à fournir la version finie du livre aux heureux souscripteurs, lequel sera vraisemblablement bâclé, amputé de la moitié de sa longueur prévue et vendu trois fois moins cher dans le commerce, puisque l’accès anticipé est, bien évidemment, un privilège qui se paie au prix fort.

Découvrez mon prochain livre en accès anticipé !

Pour fêter cette annonce, j’ai la grande joie de partager avec vous le synopsis du premier roman dont je proposerai l’accès anticipé, La Quête des Âges Élus, une saga de fantasy médiévale se déroulant dans une toute nouvelle création, le monde mystérieux d’Aelendra !

Aelendra… Une contrée magique peuplée d’elfes, de dragons, de nains… Aelendra… Où la magie est possible et où les héros vagabondent… Aelendra… Où s’étend l’ombre du Seigneur du Mal, Darken Dark Darker, qui convoite les Terres Libres à l’ouest des Montagnes de Qsdfghjklm. Aelendra n’a qu’un seul espoir : le légendaire élu de la légende… La vie de Bob le fermier, un simple adolescent, bascule quand il découvre dans son champ un putois parlant qui prétend être un dragon maudit par le Seigneur Darken Dark Darker ! Bob est sur le point de s’embarquer dans une grande aventure, qui verra s’affronter les forces ténébreuses du Mal et les forces lumineuses du Bien, à travers les mystiques contrées d’Aelendra ! Bob est-il l’élu ? Pour le savoir, découvrez ce nouveau récit fantastique !

2015-04-01T12:13:22+02:00mercredi 1 avril 2015|Expériences en temps réel|50 Commentaires

Qu’il est beau

Hé yeah, j’ai reçu mon exemplaire de l’artbook tiré du jeu de plateau Abyss, spendidement illustré par Xavier Collette, où figure la nouvelle courte « Obsessions« , et qui propose un très joli sommaire (David Calvo, Mathieu Gaborit, Thomas Hervet, Rozenn Illiano et donc ton humble serviteur, auguste lectorat) :

artbook_abyss

Superbe objet, et c’est vraiment très agréable de pouvoir admirer le travail splendide de Xavier, qu’on apprécie déjà dans le jeu, en belle taille. Je suis vraiment ravi d’avoir participé à cette expérience un peu différente.

La prochaine actu, c’est… ma participation à l’anthologie des Imaginales, dirigée cette année par l’illustre Jean-Claude Dunyach. Les infos sont déjà disponibles en ligne, pour qui sait chercher, mais je vais faire durer le suspense, comme ça, parce qu’en réalité, j’ai un mauvais fond.

2015-03-27T17:23:31+01:00mardi 31 mars 2015|Journal|1 Commentaire

Un message du ciel

Or doncques, l’Église me spamme ma boîte aux lettres (je ne fais pas mystère du peu de cas que j’accorde à ses missives, ce qui se couple ici à l’agacement de vivre en principe dans une résidence fermée et donc inaccessible aux fâcheux).

Cela dit, je remercierai ici la Providence, car, visiblement, le bon ecclésiastique avait un nom prédestiné pour charger les boîtes aux lettres :

pouriel_eglise

Alléluia !

2015-03-16T21:30:51+01:00lundi 23 mars 2015|Expériences en temps réel|3 Commentaires

Je n’en ai pas cru Meyzieu (+ Rue des Livres ce week-end)

._ballisticfrogs_aux_Oniriques__plein_de_public_pour_Psycho_Starship_RampageJe reviens donc de Meyzieu1 après un week-end aux Oniriques absolument fantastique ; auguste lectorat, tu sais combien je n’aime pas rédiger de compte-rendu de festival, combien je n’ai pas envie que cela dérive en fête du name-dropping et de la surenchère mais si j’en dis un petit mot un peu long, c’est vraiment pour marquer le coup et remercier un événement et une équipe chaleureuse, dévouée et très professionnelle, qui a mesuré son succès non pas au chiffre d’affaires mais comme le Bhoutan – c’est-à-dire sur le plaisir ressenti par les visiteurs et par les invités, tout le long de la manifestation. Et du plaisir, il y en a eu, de l’arrivée (« Oh mais y a que des copains dans la salle ») aux interactions avec les lecteurs (passionnés, intéressés, gentils, cultivés, vivi, c’est vous, ça) en passant par les échanges, à la fois lors des débats mais aussi derrière les tables, et les initiatives sortant de l’ordinaire comme les concerts (merci au public des Deep Ones et bravo pour aux Bons à Tirer pour avoir mis le feu). Un festival, pour nous, c’est du plaisir mais aussi du travail, et ce n’est pas si courant qu’on ait l’impression d’être si bien qu’on se sent en vacances. Merci à Fred pour avoir bossé d’arrache-pied et fait en sorte qu’on prenne un réel plaisir, ainsi qu’à toute l’organisation, bénévoles, chauffeurs, modérateurs, barpeople, libraires, pour leur disponibilité et leur gentillesse. Big up à mon camarade de Ballistic Frogs qui a proposé Psycho Starship Rampage debout toute la journée malgré une fracture en convalescence (ci-contre). Et merci à tous les amis, collègues et camarades, et en particulier à vous, mes voisins de table (j’ai dit que je ne faisais pas de name-dropping, mais là aussi je veux marquer le coup) pour les moments chaleureux, drôles, passionnants passés à vos côtés.

Ce week-end je repars sur la route, mais juste à côté : je serai à Rue des Livres, the salon littéraire de Rennes, sur le stand de la librairie Critic avec Sophie Dabat, Franck Ferric, Thomas Geha et bien d’autres encore. Venez, c’est tout à fait près de chez vous si vous habitez pas vraiment loin.

  1. Les jeux de mots sur le nom de cette ville sont navrants mais obligatoires.
2015-03-09T22:00:09+01:00mardi 10 mars 2015|Journal|14 Commentaires

Sécurisation de l’accès à la parole (politique)

epic-fail-car-epic-fail-crash-30-speed-grass-ditch-funny-kir-demotivational-poster-1259796277Les élections départementales approchent, la montée de la peur fait le jeu des extrêmes, et les personnalités politiques, notamment du FN, multiplient les « dérapages » sur les réseaux sociaux

Stop.

Ça suffit de qualifier de « dérapages » les ocurrences où une personnalité politique tient des propos haineux et injurieux. L’Islam est la peste bubonique ? Dérapage, voyons. François Hollande raille l’Algérie ? Dérapage, allons. Tweets sexistes, homophobes ? Dérapages, dérapages, dérapages.

Cette novlangue est exaspérante. Un dérapage, ça évoque une petite erreur de jugement, une légère sortie de route sans gravité, oups, j’ai perdu le contrôle un instant, mais ça va, ha ha, vous comprenez, j’avais bu un Ricard de trop à midi.

Non. Quand une personnalité politique tient des propos diffamatoires, injurieux, racistes, sexistes, non seulement elle commet un acte qui peut tomber sous le coup de la loi, mais surtout, elle montre son inaptitude totale à manier le premier pouvoir qui lui est confié par le peuple : la parole. (Ou alors, elle teste son électorat, se permet une petite pique pour attiser les haines et s’attirer la faveur des simples d’esprit, ce qui est simplement malhonnête.) Ce n’est pas un dérapage. Ce n’est pas sans gravité.

C’est une faute, et il faut la qualifier de telle.

Mais, eh bien, si la mauvaise foi est la règle du jeu, alors proposons-en une autre, de règle, tiens. Une défense classique, aussi idiote que de mauvaise foi, consiste à dire « c’est pas moi, c’est le type qui passait dans le coin qui a utilisé mon téléphone, quelle guigne, monsieur l’agent ». J’ai fait douze fautes d’orthographe : j’ai été piraté. J’ai tenu des propos indignes : on utilisé mon ordinateur quand j’avais le dos tourné.

Or, nous avons dans notre pays pas toujours bien éclairé une loi, Hadopi (dont j’ai déjà dit bien du mal à l’époque), qui impose de sécuriser son accès à Internet : ne pas le faire, d’ailleurs, est un délit. Un réseau Wi-Fi se pirate assez aisément, mais les comptes des grands réseaux sociaux proposent tous une authentification à deux étapes, ce qui est extrêmement difficile à contourner. Sans parler du verrouillage du terminal lui-même (mot de passe, code PIN, pattern lock…). Ils n’ont quand même pas de chance, tous ces politiques qui se font pirater, non ?

Chaque fois qu’une personne politique se plaint que son terminal a été utilisé en son absence, qu’on a accédé à ses comptes à son insu, elle ne fait qu’admettre un délit : elle n’a pas sécurisé son accès à Internet.

Qu’attend la Hadopi pour leur tomber dessus et leur retirer le droit de proférer des insanités ?

Ce n’est pas de la censure… S’ils ne savent pas employer correctement les outils à leur disposition, qu’on les leur retire, non ? C’est la simple application de la loi. *sourire angélique*

Sinon, qu’ils assument. Et qu’on cesse de parler de dérapages quand on a simplement affaire à de la haine, du mépris, de la bêtise et de la malhonnêteté intellectuelle.

2015-02-26T00:17:03+01:00jeudi 26 février 2015|Humeurs aqueuses|5 Commentaires

Pas logique

Or doncques, j’ai une idée de roman d’horreur qui m’est venuebe-afraid, probablement assez idiote ou absurde sur le papier, mais qui, personnellement, me terrifie. Tellement que je ne sais pas si j’aurai le courage de le faire un jour, de m’y plonger entièrement. Et pourtant, au détour du Net, je commence à rassembler de la doc dessus, dès que ça pourrait avoir un rapport, pour y réfléchir, pour déconstruire le mécanisme de cette peur-là. Je pense vraiment que ça pourrait marcher, en plus. Je suis maso, ou bien ça me travaille – probablement les deux. Le truc consisterait à ne pas mourir d’épouvante avant d’avoir fini : écrire un livre, c’est plusieurs mois. J’ignore si je tiendrais lors d’une immersion au long cours dans un truc qui me donne des sueurs froides rien que d’y penser.

Alors que, comme dit précédemment, l’idée, sur le papier, paraît très inoffensive.

(Il y a aussi le fait que publier un livre d’horreur en français de nos jours, ce n’est pas exactement évident.)

Au fait, il y a quelqu’un derrière vous.

2015-02-10T22:08:44+01:00mercredi 18 février 2015|Journal|16 Commentaires
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