Invité pour les requins

Le carnet de voyage du jour est à voir (en anglais) sur le site du Shark Trust, qui s’occupe de conservation et de recherche autour des requins pélerins d’Écosse. Ces grands animaux sont fréquemment croisés dans les Hébrides, et, en vertu de l’entraide régnant entre cette organisation et le Hebridean Whale and Dolphin Trust, j’ai eu le plaisir de proposer un petit tour d’horizon des rencontres du mois. C’est sur le blog du Shark Trust, ici.

2012-08-01T19:53:08+02:00mardi 24 juillet 2012|Carnets de voyage|6 Commentaires

Les requins pèlerins des Hébrides

Voilà plus d’une semaine que je suis arrivé à Mull, et les sorties en mer se sont multipliées ; le temps d’apprendre la géographie des lieux, ces îles qui s’éparpillent les unes derrière les autres, de la grande terre habitable au groupe de récifs juste suffisant pour offrir un abri aux nombreux phoques de la région. Le temps d’apprendre également les rudiments des courants et donc les habitudes de la faune ; là où les ondes de marée se rejoignent, les eaux se révèlent plus riches en nutriments, attirant le plancton et avec lui tous les prédateurs marins qui nous intéressent.

Un des plus emblématiques est le requin pèlerin, deuxième plus gros poisson de la planète après le requin baleine, avec une longueur moyenne de dix mètres. Mais ce sont de paisibles géants, qui se nourrissent exclusivement de plancton, justement, qu’ils filtrent à travers leurs fentes branchiales. Les voir croiser à plusieurs par temps calme, par une mer tel un miroir sous les nuages argentés d’Écosse, est un spectacle qui pousse même le plus balourd des touristes à la révérence. Ces tranquilles pépères nagent près de la surface, et leur aileron triangulaire caractéristique perce la surface, ce qui permet aux scientifiques, comme pour les baleines et dauphins, d’identifier les individus par photo-identification. Les taches et cicatrices sont en effet caractéristiques d’un animal, à l’instar de nos empreintes digitales.

Les requins pèlerins sinuent ainsi tranquillement et majestueusement, sans sembler avoir conscience des humains qui les observent, mais l’espèce est bel et bien menacée. Victimes d’une pêche régulière pour leur chair, leur huile et leur peau, leur nombre s’est effondré en raison d’un cycle reproducteur très lent. Aujourd’hui attentivement surveillés en Europe, leur pêche est interdite.

(Photos disponibles également sous Flickr.)

2012-08-01T19:53:42+02:00mardi 17 juillet 2012|Carnets de voyage|3 Commentaires

Le petit bonhomme en rouge

Sur la colonie de guillemots des îles Treshnish. (Photo Marie Mrusczok)

Quatre jours sans mises à jour, c’est déjà trop, mais ce fut quatre jours de mer et d’installation, ce qui m’a assez peu laissé le temps de faire le point. Et c’est aussi quatre jours à 100 – 150 images pièce, ce qui est largement trop. Quatre jours où, c’est l’accord courant dans ce domaine, ma collègue volontaire et moi-même avons embarqué sur les bateaux de tourisme proposant diverses excursions à la recherche de la faune marine.

Notre mission :

  • Nous rendre disponibles pour les passagers afin de transmettre informations et faits zoologiques visant à entretenir la conscience environnementale. (Je me suis retrouvé le premier jour à faire un cours express sur l’évolution et la spéciation en trente minutes chrono.)
  • Récupérer des données scientifiques sur les animaux rencontrés.
  • Et, pour ma part, mettre mon (redoutable) matériel et ma (trop faible) expérience à disposition pour réaliser des photos qui serviront à identifier les individus rencontrés.

Partir en mer dans l’espoir de rencontrer baleines et dauphins (mais aussi oiseaux de mer et requins pélerins) est une entreprise où la patience est indispensable. Sur ces quatre jours de sortie, nous avons été récompensés par de très brèves rencontres dont il n’est pas sorti grand-chose, à part l’émotion – et c’est déjà beaucoup ! C’est pourquoi la persévérance et la régularité sont de mise, afin de mettre toutes les chances de son côté.

Le temps pour moi de trier et traiter mes photos, et j’aurai certainement beaucoup à montrer quant aux représentants les plus emblématiques de la faune locale.

Pour l’heure, juste quelques petits aperçus des paysages autour de Mull… Mon compte Flickr retrouve d’ailleurs un peu de vie, et vous pourrez y retrouver des versions en plus haute résolution de toutes les images.

2012-08-01T19:54:09+02:00samedi 14 juillet 2012|Carnets de voyage|3 Commentaires

Des sables à la nage

C’était ma seconde chance de faire une bonne première impression. Le maelstrom de couleurs, de mouvements et de sons s’est redéployé à la façon d’un tapis déployé d’un coup sec autour de moi et j’ai chancelé, brusquement assourdi par le vacarme de la circulation, étouffé par les gaz d’échappement. Le soleil de midi cognait sur mes bras nus comme une massue, mais ce n’était pas la chaleur qui rendait ma gorge sèche. J’avais dans le ventre un étau qui me donnait envie de fuir, de réactiver mon transpondeur pour fuir à nouveau vers l’époque qui était devenue la mienne après mon initiation dans le programme : la fin des temps. Mais c’était ma seconde chance, et l’univers mourant ne m’en offrirait pas de troisième.

J’avais programmé mes coordonnées à la hâte, mais j’ai soufflé de soulagement en constatant que je m’étais effectivement rematérialisé dans une ruelle, loin des regards indiscrets. L’habitude du XXIe siècle, de Paris, ma ville natale, tant d’années plus tôt pour moi – et, pour le reste du monde, des milliards d’années plus tôt. La Compagnie employait des explorateurs de toutes les époques par mesure de praticité. Ils étaient les plus à même de cataloguer, trier et archiver les contenus les plus signifiants de leur propre époque, comprimés, séchés et stockés des sabliers de Klein où ils tournaient sans cesse sur eux-mêmes. J’avais été contacté à seulement vingt ans, tandis que je vivais sous la coupe d’une mère tyrannique qui m’obligeait à suivre des études d’expert comptable, moi à qui la seule vue d’une compte de résultat provoque des vertiges et des sueurs froides. J’avais préféré fuir. Comme toujours.

J’ai voulu lever les pieds et le bitume a adhéré à mes semelles comme de la mélasse. Les ondes de choc de la Grande Fin se faisaient déjà sentir ici aussi. J’ai réprimé à grand-peine un cri d’angoisse. Le temps pressait, même pour moi, voyageur affranchi des règles relativistes de l’univers. Mais la Grande Fin n’avait pas lieu qu’à l’extrémité du fil du temps. Elle contaminait toutes les époques, tous les endroits, et ne laisserait rien que le néant, sans même un souvenir des pauvres êtres qui avaient peuplé notre univers. J’ai serré les dents.

Je me suis élancé en courant vers les Champs Elysées. Le souffle déjà coupé par la peur, j’ai failli m’appuyer contre un immeuble, mais je me suis retenu au dernier moment, par peur de passer au travers. Un gémissement étouffé a franchi ma gorge et je me suis mordu le poing. Je contemplais les touristes japonais, les voitures klaxonnant aux feux rouges, le célèbre Arc de Triomphe, comme à travers un miroir brisé, symptômes de la Grande Fin. Nul n’en avait conscience; seul le transpondeur me permettait de voir la réalité telle qu’elle était – agonisante, mourante, se contractant peu à peu en un seul point, espace et temps mêlés. Des milliards et des milliards d’âmes s’éteindraient ensemble quand le moment viendrait – et nul, à part les agents de la Compagnie, n’en aurait même conscience. Peut-être était-ce préférable. Mais cela ne faisait rien pour étouffer la peur qui me mordait les entrailles.

Soudain, je l’ai vue, de l’autre côté de l’avenue – aussi resplendissante que ce jour, des dizaines d’années plus tôt; semblant attendre quelque chose – je n’ai jamais su quoi. Elle portait une petite robe d’été à fleurs qui laissait entrevoir ses jambes bronzées et souriait dans le vide, ses cheveux bruns volant dans une douce brise. Vision champêtre en décor urbain. Autrefois, j’avais voulu lui parler. Mais les mots s’étaient bloqués dans ma gorge, mes mains s’étaient mises à trembler. Elle m’avait souri gentiment, mais la seule réaction que j’avais pu avoir, c’était de prendre mes jambes à mon cou. Le même soir, mon mentor de la Compagnie m’enrôlait, et je m’engageais pour une fuite plus longue encore.

Un tremblement de temps a fait vaciller le sol sous mes pieds et je me suis enfoncé d’une bonne dizaine de centimètres à travers la vase même de la réalité. Un début de panique m’a jeté à travers la circulation – et un conducteur a écrasé son avertisseur, tenté un coup de frein desépéré – pour passer à travers moi. La réalité s’était suffisamment délitée pour que les frontières de la matière ne soient plus fermes. J’ai continué à sombrer à travers le goudron; je n’avais plus le choix, il fallait se lancer. J’ai semi-couru, semi-nagé à travers un pêle-mêle de carrosseries poussiéreuses, de Japonais avec appareil photo, avant d’arriver de l’autre côté, essoufflé et tremblant. Je reprends pied sur l’autre rive – difficile de l’appeler autrement vu l’avancée de la Grande Fin.

C’est amusant, comme les épreuves ne prennent leur sens qu’après coup. Je me demande pourquoi il a fallu traverser la rue à la nage, mais quand je croise son regard, illuminé comme un lagon à midi, la peur me quitte. La fin de l’univers ne me semble plus très grave. C’est d’une voix claire et assurée que je lui dis : « Bonjour? »

Contraintes : 35 minutes d’écriture, déclencheurs multiples :

  • Angoissé perpétuel
  • La réalité se délite
  • Sablier
  • Pourquoi a-t-il fallu traverser à la nage ?

(Avec un clin d’oeil à Elisabeth Vonarburg pour la première phrase !)

2012-07-01T22:39:58+02:00mercredi 11 juillet 2012|Expériences en temps réel|3 Commentaires

Le petit marchand de peluches

Voilà que je m’installe doucement à Tobermory et dans le travail qu’on attendra de moi : hier, malgré une période un peu agitée pour le Trust (travaux dans les bureaux, beaucoup de chantiers en cours, des imprévus), j’ai été formé à… tenir la boutique.

Pas le Trust lui-même, allons. Mais la vraie boutique de souvenirs que tient la fondation sur la rue principale de Tobermory. Toutefois, me suis-je aussitôt rendu compte, c’est loin de n’être qu’un simple point de vente dont la fondation retire des fonds bien nécessaires : c’est aussi un point d’eau pour les passionnés de faune marine, qui viennent s’informer, partager et signaler leurs informations (échouages, renconters en mer), et tout simplement entretenir leurs liens. En effet, la nature très découpée des côtes des Hébrides rend l’observation depuis la terre (et même en mer) très difficile et nécessite une forte coopération avec le public pour obtenir une vision un tant soit peu globale de ce qui se passe dans l’archipel.

La boutique est aussi un musée miniature et une aire d’éveil et de découverte pour enfants et adultes, où l’on peut découvrir des squelettes d’animaux marins en excellent état (notamment une baleine à bec de Cuvier complète) et écouter les vocalises des cétacés les plus courants dans les eaux écossaises (ce qui a donné lieu avec ma collègue, également volontaire, au blind test le plus spécialisé et nerdy qui soit – et je ne sais pas si je dois avoir peur d’avoir reconnu les vocalises de 75% des espèces dès la première écoute).

Bref, j’ai enfin la réponse à une question qui me taraudait depuis des années : bon dieu, mais à quoi servent tous ces fichus boutons ésotériques sur une caisse enregistreuse ? Pourquoi tous ces sigles sybillins ? Où suis-je, dans quel état j’erre, où TVA-t-on.

Aujourd’hui, après une matinée de briefing sur la faune des Hébrides et les différents intérêts en jeu (tourisme, pêche, défense…) et une après-midi de rédactionnel, je prépare mes affaires pour une première sortie en mer demain. Nous serons deux volontaires à représenter le Trust au cours d’une excursion touristique ; nous en profiterons pour répondre aux questions, nous efforcer de faire passer quelques informations, et je fourbis le matériel photo dans l’espoir d’étrenner mon nouveau zoom de guerre (100-400 4.5-5.6 L IS USM, pour les connaisseurs) avec de belles premières images, et d’autres à visée scientifique.

(Photos de la galerie toujours prises avec le portable, donc toujours pourries.)

2012-08-01T19:54:24+02:00mardi 10 juillet 2012|Carnets de voyage|14 Commentaires

Il ne s’est rien passé

Aujourd’hui : Glasgow -> Tyndrum (car) -> Oban (car) -> Craignure (ferry) -> Tobermory (bus).

Auguste lectorat,

J’ai le regret de t’annoncer que, malgré tous mes efforts et ceux des compagnies de transport ainsi que des planificateurs d’urbanisme, il ne s’est strictement rien passé aujourd’hui, je suis sain et sauf, arrivé à bon port et sans histoire. La preuve :

  • Des Écossais qui attendaient le car m’ont confirmé d’eux-mêmes que la ligne allait bien où je le souhaitais sans rien avoir à demander.
  • Bien que seules cinq minutes séparaient mes deux premiers cars à la correspondance, et que le premier avait été retenu par des travaux sur la route, j’ai attrapé le deuxième sans la moindre inquiétude.
  • Arrivé sur le quai d’Oban, je ne suis même pas mort de faim, puisqu’une gentille dame d’une échoppe artisanale m’a proposé de goûter à son saumon fumé maison en me voyant m’interroger sur ses sandwiches. Il se trouve que c’était le meilleur poisson fumé que j’aie mangé depuis dix ans (des filets de harengs fumé achetés directement au producteur dans le port d’Helsinki). J’ai mangé ça assis sur ma valise en plein air, sur le quai.
  • Et d’ailleurs, je n’ai même pas attrapé froid sur le quai en déjeunant face à la mer, ni sur le ferry, puisqu’il n’a même pas plu, alors qu’on est quand même en Écosse, bordel de merde.
  • Je ne suis même pas mort dans une collision frontale entre le bus et un van lancé à vive allure sur les routes de l’île de Mull, puisque les freins de chaque véhicule ont fonctionné parfaitement et qu’il faut le savoir, les routes sur Mull sont quasiment toutes à une seule voie, avec, de temps en temps, une aire de repos pour permettre le croisement, mais bon, seulement de temps en temps, hein, c’est pas comme si on utilisait la voiture ici, de toute façon (on marche, on fait du vélo, on prend son bateau, mais la voiture, quelle inélégance).
  • Je n’aurai même pas à chercher la distillerie de Tobermory pour goûter et rapporter le whisky local vu que le bus m’y a obligeamment déposé et que c’est à cinq minutes à pied de mon logement (je vois ça comme un signe).
  • Je ne dormirai même pas dehors puisque ma carte du village était d’une clarté limpide et que j’ai trouvé mon logement du premier coup (j’avoue quand même que la côte finale à 35% en tractant la valise à excédent de poids qui n’a pas fini à Taipei, c’était un peu dispensable).
  • Je ne mourrai même pas de faim puisqu’en plus, les supermarchés sont ouverts le dimanche. Moi qui me voyais déjà contraint de dîner dans un restau sur le front de mer. Zut.

J’attaque le boulot demain, sans trop savoir à quoi m’attendre, si ce n’est que le HWDT a une jolie boutique sur le front de mer, avec un fish’n’chips juste à côté des quais (comportant un surréaliste autocollant « LES ROUTIERS » : WTF) où je risque de finir plus d’une fois quand le temps le permettra.

Un point m’a attiré l’oeil : le tableau des observations récentes d’animaux en mer signale déjà une rencontre avec des orques la semaine dernière.

We shall see.

(Photos prises avec mon portable pour des raisons d’encombrement, donc bien pourries.)

2012-08-01T19:54:33+02:00dimanche 8 juillet 2012|Carnets de voyage|11 Commentaires

Le plus dur, c’est demain

Aujourd’hui : Rennes -> Paris (train) -> Amsterdam (avion) -> Glasgow (avion).

La zone indus de l’aéroport de Glasgow, prise depuis une fenêtre qui s’ouvre pas, avec mon reflet dedans. Bref, une photo pourrie.

Auguste lectorat,

Je me trouve actuellement dans le salon wi-fi d’un hôtel de la zone industrielle de l’aéroport de Glasgow, ce qui signifie que j’ai accompli la moitié de mon périple pour atteindre le village de Tobermory, situé au bout de l’île de Mull, elle-même située au bout de l’Écosse. (Pour mémoire, voici pourquoi.) Je ne sais pas si je pourrai bloguer comme ça régulièrement mais j’aimerais bien. Ce fut une longue journée sans grand événement ni intérêt, à part la succession de bizarreries aléatoires qui s’entrechoquent dans les gares et les transports. Il y a le gamin qui montre une DS miniature – la voiture – à sa fille au pair en l’appelant GPS, bonjour le coup de vieux. Il y a la surtaxe pour excédent de poids à payer due au matériel nécessaire pour survivre en mer ET à terre – bottes de navigation, cirés, sacs de mer et tout le toutim, et ensuite les deux vols retardés au départ parce que, deux fois, un voyageur ne s’est pas présenté à l’embarquement et qu’il faut donc retirer son bagage de la soute – et moi de psychoter en craignant d’être concerné, qu’on n’ait pas enregistré mon paiement, qu’une erreur d’adressage quant aux correspondances n’envoie ma valise à Taipei ou Duban, avant de me dire que, attends, elle ne peut pas non plus partir deux fois à Taipei de deux aéroports différents.

Ou alors, j’ai vraiment la lose.

Impression renforcée par le fait que je lis l’intégrale de Poe en alternance avec une relecture de celle de Lovecraft, ce qui donne une coloration parfois un peu surréaliste à l’environnement, surtout quand on débarque dans la section « Essais » de Poe juste après Arthur Gordon Pym et qu’on découvre qu’il en a écrit un sur la philosophie de l’ameublement, où figurent des gemmes telles que :

Les Hollandais ont, peut-être, une vague notion qu’un rideau n’est point un légume.

Ou encore

Un juge de droit commun peut être un homme ordinaire ; un bon juge en matière de tapis de doit d’être un génie.

Et un autoportrait pour faire plaisir à Mélanie Fazi.

Tant de fulgurance me pénètre.

Journée conclue par un peu d’errance sur la si riante zone industrielle de l’aéroport de Glasgow en quête de mon hôtel, sachant que ce genre d’endroit n’est absolument pas conçu pour les piétons, encore moins pour les piétons tractant une putain de valise à roulettes pour lesquelles ils ont payé une surtaxe pour excédent de poids : les roulettes, sur les trottoirs couvert d’herbe, ça roule pas super bien. Je sais, ma vie est passionnante. J’ai le vrai, le profond, le grand sens de l’aventure.

Demain, je m’éloigne des grandes villes pour traverser l’Écosse au fil d’une succession de transports toujours plus rares, avec un accent écossais probablement toujours plus dense, et j’espère que mon intense pratique de Star Trek en VO avec son délicieux Scotty m’aura suffisamment entraîné. Tant qu’on me dit I cannae push her any farther cap’n or she gunna blow, je suis au taquet.

Allez, assez de couillonnades, je file, auguste lectorat, ça passe Game of Thrones sur la BBC. J’aime les pays de langue anglaise. Sauf que je peux pas regarder, j’ai rien vu de la saison 2 encore.

Mais c’était juste pour te faire râler.

2012-08-01T19:54:58+02:00dimanche 8 juillet 2012|Carnets de voyage|8 Commentaires

Un peu de sécheresse ?

Groumf.

Auguste lectorat, je dis groumf car, en cette période où beaucoup de chroniques et d’actus tombent, je peine à trouver un équilibre intelligent entre articles sur tout et rien, et relai des infos qu’est ce blog. Notamment, tu as peut-être remarqué un ton un peu plus impersonnel dans les articles qui signalent entretiens et revue de presse, ce qui ne me plaît qu’à moité (c’est plus sympa de dire salut, ça va, c’est lundi matin, on a la tête à l’envers, c’est pas grave, bon courage tout le monde, je vous mets une petite Cracotte avec ça ?) mais il y  a une raison : me faire gagner du temps. En effet, par la magie des bases de données et de la haute sorcellerie de WordPress, grâce à la v5 du site, je n’ai plus à entrer les informations plusieurs fois. Par exemple, d’un coup de requête qui va bien, je peux dorénavant sortir toute la revue de presse relative à Léviathan : La Nuit, par exemple, ou tous les entretiens qui tournent plus ou moins autour du livre (encore en travaux) une fois que ça a été posté ici.

Du coup, cela implique que les articles puissent fonctionner débarrassés de leur contexte de leur publication pour apparaître dans un listing. Et là, le lecteur, si je lui parle de Cracottes alors qu’il lit ça un samedi à 1h42, il se dit que j’abuse de la mousse de polyuréthane, forcément.

Dis-moi tout, auguste lectorat : ce petit côté moins personnel te choque-t-il ? T’en tamponnes-tu royalement le coquillard ? On n’est pas des sauvages, on peut peut-être faire mieux.

Coquillard. À tamponner soi-même.
(Photo trouvée ici.)

2012-07-01T23:03:34+02:00vendredi 6 juillet 2012|Journal|9 Commentaires

Vers les îles, vers les baleines

Cliquez pour un agrandissement. (Photo Kelisi)

Cela fait un moment que je finalise mes préparatifs et que mon dossier a été accepté, mais avec l’actualité entourant Léviathan : La Nuit et Reines et Dragons, impossible d’en glisser un mot. À la fin de la semaine, j’aurai quitté le territoire français pour un nouveau volontariat écologique : après New Quay au Pays de Galles l’année dernière auprès de Sea Watch Foundation, je pars cette fois cinq semaines sur l’île de Mull, dans l’archipel des Hébrides, qui s’émiette peu à peu depuis la côte ouest de l’Écosse.

Je participerai aux actions du Hebridean Whale and Dolphin Trust (HWDT), qui, comme son nom l’indique, se charge d’étudier et protéger les populations de baleines et dauphins dans la région. En effet, le chenal séparant les deux groupes d’îles, appelé le Minch, constitue une importante voie de passage pour les mammifères marins entre le nord-est du Royaume-Uni (mer du Nord et mer de Norvège) et le sud-ouest (mer d’Irlande, Atlantique), mais c’est aussi une région où la circulation maritime est intense, ce qui conduit à de nombreuses interactions entre homme et faune sauvage.

Il s’agira, comme avec Sea Watch, de répondre aux diverses tâches de maintenance des données scientifiques que brasse une telle fondation, de participer à la photo-identification des populations locales de cétacés, mais aussi de contribuer à disséminer les connaissances naturalistes auprès du public.

Je serai d’abord affecté à terre, mais, début août, c’est le départ en mer, sans plus aucun contact avec la civilisation. Le HWDT affrête en effet son propre navire scientifique, un voilier de 16m, le Silurian, pour des expéditions d’une dizaine de jours au sein des îles en quête des animaux, pour divers relevés de données et photographies scientifiques.

Le Silurian. Photo (c) HWDT

Pendant ces dix jours, presque aucun abordage sur une terre habitée n’est possible. Le navire mouille à l’abri des vents dans des criques au sein des petites îles inhabitées, et l’équipe scientifique (dont je suis ravi et honoré de faire partie) en profite pour compléter ses données par des relevés de flore jusqu’à ce que le soleil fasse défaut. Je ne nie pas une certaine impatience à l’idée de cette expérience ! La vie à bord en petite communauté promet d’être un moment fort, et le rythme de travail épuisant, mais passionnant. (Cela dit, si le navire est perdu corps et biens, personne ne le saura avant des jours, vu l’éloignement. Ha ha !)

J’espère parler plus régulièrement de ce volontariat que je ne l’ai fait l’année dernière à New Quay. J’ai l’impression, auguste lectorat, que l’expérience t’intéressait, alors je vais m’efforcer de tenir un journal plus régulier dans cette rubrique Carnets de voyage. J’ai évidemment affûté mon matériel de photo – même si je frémis à l’idée de tout ce que je n’ai pas encore traité, laissant mon pauvre profil Flickr à l’abandon, et j’espère rapporter de belles images, en profitant des paysages écossais, et avec l’expérience acquise en photo animalière.

Et, avec un peu de chance, peut-être croiserai-je pour la première fois en liberté la silhouette caractéristique d’une dorsale saillante et noire, en arrière d’un singulier regard aveugle…

Photo (c) HWDT

Dans l’intervalle, je vous propose de jeter un oeil au site du HWDT, qui propose en particulier une magnifique bibilothèque de photos animalières, de paysages des côtes, et bien sûr du navire, sur cette page.

2012-08-01T19:54:45+02:00mercredi 4 juillet 2012|Carnets de voyage|8 Commentaires
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