Le plus dur, c’est demain

Aujourd’hui : Rennes -> Paris (train) -> Amsterdam (avion) -> Glasgow (avion).

La zone indus de l’aéroport de Glasgow, prise depuis une fenêtre qui s’ouvre pas, avec mon reflet dedans. Bref, une photo pourrie.

Auguste lectorat,

Je me trouve actuellement dans le salon wi-fi d’un hôtel de la zone industrielle de l’aéroport de Glasgow, ce qui signifie que j’ai accompli la moitié de mon périple pour atteindre le village de Tobermory, situé au bout de l’île de Mull, elle-même située au bout de l’Écosse. (Pour mémoire, voici pourquoi.) Je ne sais pas si je pourrai bloguer comme ça régulièrement mais j’aimerais bien. Ce fut une longue journée sans grand événement ni intérêt, à part la succession de bizarreries aléatoires qui s’entrechoquent dans les gares et les transports. Il y a le gamin qui montre une DS miniature – la voiture – à sa fille au pair en l’appelant GPS, bonjour le coup de vieux. Il y a la surtaxe pour excédent de poids à payer due au matériel nécessaire pour survivre en mer ET à terre – bottes de navigation, cirés, sacs de mer et tout le toutim, et ensuite les deux vols retardés au départ parce que, deux fois, un voyageur ne s’est pas présenté à l’embarquement et qu’il faut donc retirer son bagage de la soute – et moi de psychoter en craignant d’être concerné, qu’on n’ait pas enregistré mon paiement, qu’une erreur d’adressage quant aux correspondances n’envoie ma valise à Taipei ou Duban, avant de me dire que, attends, elle ne peut pas non plus partir deux fois à Taipei de deux aéroports différents.

Ou alors, j’ai vraiment la lose.

Impression renforcée par le fait que je lis l’intégrale de Poe en alternance avec une relecture de celle de Lovecraft, ce qui donne une coloration parfois un peu surréaliste à l’environnement, surtout quand on débarque dans la section « Essais » de Poe juste après Arthur Gordon Pym et qu’on découvre qu’il en a écrit un sur la philosophie de l’ameublement, où figurent des gemmes telles que :

Les Hollandais ont, peut-être, une vague notion qu’un rideau n’est point un légume.

Ou encore

Un juge de droit commun peut être un homme ordinaire ; un bon juge en matière de tapis de doit d’être un génie.

Et un autoportrait pour faire plaisir à Mélanie Fazi.

Tant de fulgurance me pénètre.

Journée conclue par un peu d’errance sur la si riante zone industrielle de l’aéroport de Glasgow en quête de mon hôtel, sachant que ce genre d’endroit n’est absolument pas conçu pour les piétons, encore moins pour les piétons tractant une putain de valise à roulettes pour lesquelles ils ont payé une surtaxe pour excédent de poids : les roulettes, sur les trottoirs couvert d’herbe, ça roule pas super bien. Je sais, ma vie est passionnante. J’ai le vrai, le profond, le grand sens de l’aventure.

Demain, je m’éloigne des grandes villes pour traverser l’Écosse au fil d’une succession de transports toujours plus rares, avec un accent écossais probablement toujours plus dense, et j’espère que mon intense pratique de Star Trek en VO avec son délicieux Scotty m’aura suffisamment entraîné. Tant qu’on me dit I cannae push her any farther cap’n or she gunna blow, je suis au taquet.

Allez, assez de couillonnades, je file, auguste lectorat, ça passe Game of Thrones sur la BBC. J’aime les pays de langue anglaise. Sauf que je peux pas regarder, j’ai rien vu de la saison 2 encore.

Mais c’était juste pour te faire râler.

2012-08-01T19:54:58+02:00dimanche 8 juillet 2012|Carnets de voyage|8 Commentaires

Un peu de sécheresse ?

Groumf.

Auguste lectorat, je dis groumf car, en cette période où beaucoup de chroniques et d’actus tombent, je peine à trouver un équilibre intelligent entre articles sur tout et rien, et relai des infos qu’est ce blog. Notamment, tu as peut-être remarqué un ton un peu plus impersonnel dans les articles qui signalent entretiens et revue de presse, ce qui ne me plaît qu’à moité (c’est plus sympa de dire salut, ça va, c’est lundi matin, on a la tête à l’envers, c’est pas grave, bon courage tout le monde, je vous mets une petite Cracotte avec ça ?) mais il y  a une raison : me faire gagner du temps. En effet, par la magie des bases de données et de la haute sorcellerie de WordPress, grâce à la v5 du site, je n’ai plus à entrer les informations plusieurs fois. Par exemple, d’un coup de requête qui va bien, je peux dorénavant sortir toute la revue de presse relative à Léviathan : La Nuit, par exemple, ou tous les entretiens qui tournent plus ou moins autour du livre (encore en travaux) une fois que ça a été posté ici.

Du coup, cela implique que les articles puissent fonctionner débarrassés de leur contexte de leur publication pour apparaître dans un listing. Et là, le lecteur, si je lui parle de Cracottes alors qu’il lit ça un samedi à 1h42, il se dit que j’abuse de la mousse de polyuréthane, forcément.

Dis-moi tout, auguste lectorat : ce petit côté moins personnel te choque-t-il ? T’en tamponnes-tu royalement le coquillard ? On n’est pas des sauvages, on peut peut-être faire mieux.

Coquillard. À tamponner soi-même.
(Photo trouvée ici.)

2012-07-01T23:03:34+02:00vendredi 6 juillet 2012|Journal|9 Commentaires

Vers les îles, vers les baleines

Cliquez pour un agrandissement. (Photo Kelisi)

Cela fait un moment que je finalise mes préparatifs et que mon dossier a été accepté, mais avec l’actualité entourant Léviathan : La Nuit et Reines et Dragons, impossible d’en glisser un mot. À la fin de la semaine, j’aurai quitté le territoire français pour un nouveau volontariat écologique : après New Quay au Pays de Galles l’année dernière auprès de Sea Watch Foundation, je pars cette fois cinq semaines sur l’île de Mull, dans l’archipel des Hébrides, qui s’émiette peu à peu depuis la côte ouest de l’Écosse.

Je participerai aux actions du Hebridean Whale and Dolphin Trust (HWDT), qui, comme son nom l’indique, se charge d’étudier et protéger les populations de baleines et dauphins dans la région. En effet, le chenal séparant les deux groupes d’îles, appelé le Minch, constitue une importante voie de passage pour les mammifères marins entre le nord-est du Royaume-Uni (mer du Nord et mer de Norvège) et le sud-ouest (mer d’Irlande, Atlantique), mais c’est aussi une région où la circulation maritime est intense, ce qui conduit à de nombreuses interactions entre homme et faune sauvage.

Il s’agira, comme avec Sea Watch, de répondre aux diverses tâches de maintenance des données scientifiques que brasse une telle fondation, de participer à la photo-identification des populations locales de cétacés, mais aussi de contribuer à disséminer les connaissances naturalistes auprès du public.

Je serai d’abord affecté à terre, mais, début août, c’est le départ en mer, sans plus aucun contact avec la civilisation. Le HWDT affrête en effet son propre navire scientifique, un voilier de 16m, le Silurian, pour des expéditions d’une dizaine de jours au sein des îles en quête des animaux, pour divers relevés de données et photographies scientifiques.

Le Silurian. Photo (c) HWDT

Pendant ces dix jours, presque aucun abordage sur une terre habitée n’est possible. Le navire mouille à l’abri des vents dans des criques au sein des petites îles inhabitées, et l’équipe scientifique (dont je suis ravi et honoré de faire partie) en profite pour compléter ses données par des relevés de flore jusqu’à ce que le soleil fasse défaut. Je ne nie pas une certaine impatience à l’idée de cette expérience ! La vie à bord en petite communauté promet d’être un moment fort, et le rythme de travail épuisant, mais passionnant. (Cela dit, si le navire est perdu corps et biens, personne ne le saura avant des jours, vu l’éloignement. Ha ha !)

J’espère parler plus régulièrement de ce volontariat que je ne l’ai fait l’année dernière à New Quay. J’ai l’impression, auguste lectorat, que l’expérience t’intéressait, alors je vais m’efforcer de tenir un journal plus régulier dans cette rubrique Carnets de voyage. J’ai évidemment affûté mon matériel de photo – même si je frémis à l’idée de tout ce que je n’ai pas encore traité, laissant mon pauvre profil Flickr à l’abandon, et j’espère rapporter de belles images, en profitant des paysages écossais, et avec l’expérience acquise en photo animalière.

Et, avec un peu de chance, peut-être croiserai-je pour la première fois en liberté la silhouette caractéristique d’une dorsale saillante et noire, en arrière d’un singulier regard aveugle…

Photo (c) HWDT

Dans l’intervalle, je vous propose de jeter un oeil au site du HWDT, qui propose en particulier une magnifique bibilothèque de photos animalières, de paysages des côtes, et bien sûr du navire, sur cette page.

2012-08-01T19:54:45+02:00mercredi 4 juillet 2012|Carnets de voyage|8 Commentaires

Et maintenant, commencer par la fin

Son estomac décrivait des sinusoïdes façon montagnes russes comme s’il voulait se vomir par ses oreilles. Elle se sentait glacée et brûlante, blanche et noire, yin et yang ; dureté froide sous son dos nu, tiédeur caressante de l’air sur son visage et son ventre.

« La dormeuse doit se réveiller », lui murmura le tapis de bain.

Elle répondit un râle inarticulé qui avait pour elle la signification d’un millier de mots et, à la manière d’un faux raccord au cinéma, se retrouva à s’agripper au lavabo sans se rappeler s’être levée. Une touffe de cheveux blonds pâle surmontant des yeux cernés et injectés de sang parut dans le miroir.

Elle se baissa vivement pour esquiver la rafale de kalachnikov que lui balança son reflet.

« Paix ! hurla-t-elle d’une voix éraillée. Paix ! »

Ses doigts serraient douloureusement la faïence blanche tandis que, sous elle, s’ouvrait le vertigineux précipice de sa propre hauteur, et qu’en contrebas la houle déchaînée des carreaux de la salle de bain battaient furieusement les uns contre les autres, prêts à disloquer sa frêle silhouette au terme d’une chute fatale.

D’une voix prise du nez, le robinet intercéda en sa faveur:

« Donne-lui donc à boire, disait toujours mon père.

— Clémence ne mérite pas sa propre clémence, ni la mienne », rétorqua le reflet de Clémence. Clémence eut l’impression que c’était sa gorge qui avait prononcé ces mots, et pourtant ils ne venaient pas d’elle.

Elle balaya les alentours du regard, en quête d’une liane en rideau de douche qui pourrait lui permettre d’atteindre l’abri de la baignoire, loin de la fureur de son ego. La sueur perlait à son front et son œsophage révulsé lui brûlait. Elle n’était pas sûre que, dans son état, elle pourrait avaler quoi que ce soit, de toute façon.

Elle passa le coude par-dessus le rebord, assura sa prise et tendit l’autre main vers le rideau, faisant appel à des réserves de concentration qu’elle s’ignorait détenir. Les portes de son esprit s’entrouvrirent et, l’espace d’une fugace seconde, tous les secrets de l’univers lui apparurent dans leur beauté virginale ; le mouvement des planètes et les mystères des particules ; les tourbillons de l’âme humaine et la contemplation coite des rochers ; la mathématique et l’art, tout s’unit en sa conscience en un tout d’une beauté insoutenable.

En réponse à son appel muet, une brise fit ondoyer le rideau de douche. Elle ne connaîtrait pas d’autre épiphanie que celle-là ; il fallait tenter le tout pour le tout. Elle s’élança désespérément vers la baignoire tandis qu’en-dessous, le carrelage entamait sa funeste métamorphose en crocodiles à motifs à fleurs.

Des ailes lui poussèrent dans le dos et le vent de son bond prodigieux sécha la sueur sur son visage pendant de longues minutes.

Mais c’était sans compter avec les armées démultipliées de son surmoi qui, embusquées dans le jardin, relancèrent l’offensive en la voyant passer devant la fenêtre. Les artilleries de la culpabilité, des choix malavisés et de l’autodestruction ébranlèrent la salle de bains juste alors que Clémence se mettait à couvert dans la baignoire.

Elle eut juste le temps de relever la tête pour voir le bouton d’eau chaude se tourner vers la gauche, indiquant une grave perte d’altitude d’équilibre dans sa vie.

« Mayday ! Mayday ! cria-t-elle dans le pommeau de douche. Jeune fille à la dérive ! »

Elle tira sur le robinet pour tenter de redresser sa trajectoire. Hélas… Si c’était un manche à balai, alors elle était une théière.

Contrainte : Terminer par la phrase « Si c’était un manche à balai, alors elle était une théière », trente minutes d’écriture.

2012-06-23T23:18:38+02:00mardi 26 juin 2012|Expériences en temps réel|5 Commentaires

Comptes-rendus des Imaginales 2012… par les autres

N’étant jamais très doué pour les comptes-rendus d’événements, en plus du fait qu’y participer pour des raisons plutôt professionnelles (même si le plaisir est là) implique de n’en voir qu’une partie, je vais honteusement vampiriser ceux des autres blogueurs pour vous proposer de voir ce que vous avez raté. Beaucoup de ces articles sont en plusieurs parties ; n’hésitez pas à lire les autres volets, bien sûr !

C’est parti pour la compilation (en m’efforçant de ne pas rougir des mots gentils disséminés ça et là et en remerciant à nouveau vous tous qui avez participé à la fête) :

  • Endea propose sur son blog Clair Obscur une série de trois articles : Avant-goût, partie 1, partie 2.
  • Le regard d’un auteur : Jess Kaan (plus doué que moi pour les comptes-rendus…)
  • Autre regard d’un auteur, en photos créatives : Mélanie Fazi.
  • L’article du journal régional Vosges Matin consacré à l’événement.
  • Fetish Cat propose quelques planches kawai en résumé.
  • Le site d’actualités ActuSF a évidemment suivi l’événement de près et compile sa moisson d’informations sur cette page.
  • Snow propose également sur son blog un retour en trois parties : One, two, conclusion.
  • Série très fournie (et drôle !) comme toujours sur le RSF Blog de Lhisbei : Prologue, 1, 2, 3, 4, 5.
  • Tigger Lilly du Dragon Galactique était présente également : Prélude, 2, 3, 4, 5, 6.
2012-06-23T23:18:19+02:00lundi 25 juin 2012|Carnets de voyage|2 Commentaires

« Cette nappe cirée me rappellera Marie-Amélie. »

Cette nappe cirée me rappellera Marie-Amélie. Cette table que nous achèterons dans un magasin d’ameublement en kit, quand nous penserons que cela suffit bien assez pour renouveler le vieux mobilier de la maison. Cette cuisine toute entière sera hantée par le parfum de ses pâtisseries et des dîners, qu’elle préparera d’abord pour les amis que nous recevrons, puis pour sa famille et la mienne, puis pour les enfants que nous aurons, un, puis deux. Cette porte vitrée, qui donne sur la cour de la ferme héritée de mon père, qui la tenait lui-même du sien, me rappellera les matins où je partirai à la traite des vaches, quand elle restera s’occuper des comptes; car tenir une exploitation est plus qu’une affaire de couple ; c’est un partenariat, une aventure d’équipe. De là où je me tiens, à observer les premier rayons de l’aube raccourcir les ombres de la prairie, j’aperçois l’angle de la grange, et je me souviendrai d’escapades, plus tard, avec elle parmi les bottes de foin, au milieu de la nuit ou dans la chaleur de l’été, juste avant les moissons. Je m’en souviendrai d’abord, quelques mois plus tard, quand des promesses d’avenir arrondiront son ventre, et puis plus tard, bien plus tard, quand ces mêmes yeux se poseront sur ce même panorama immuable, probablement plus fatigués, certainement plus embués, quand la cotte d’agriculteur aura fait du costume précieux que je porte aujourd’hui un lointain souvenir, quand le petit bouquet que je porte à la boutonnière, en symbole de ce jour particulier, aura depuis longtemps fané et disparu.

Tout ici me rappellera Marie-Amélie, cette demeure qui était la mienne, sera la nôtre, puis la mienne à nouveau, lourde de son absence, de ses silences, de la moue qui tracera, avec le fil acéré des années, des lignes malheureuses aux commissures de ses lèvres. Un moteur de voiture résonne déjà dans l’air du matin ; j’ai un dernier regard pour cet environnement muet pour l’instant, porteur de changements en devenir, et qui est sur le point de basculer. Elle viendra, puis elle repartira, fatiguée par l’isolement et la vie de la campagne, comme ma mère avant elle, trop éloignée de l’aisance des villes, du bruit et des lumières. Je me console en me disant qu’au moins, elle ne sera au moins pas brisée comme ma grand-mère et toutes les femmes qui l’ont précédées, dont des photos austères ornent les couloirs de la ferme. Je sais cette maison sera hantée par les souvenirs de ses rires et de sa présence, et pourtant, il faut que j’essaie. Il faut que j’y croie. Même si c’est pour apprendre, comme mon père, le sien et ceux qui nous ont précédé, ce que c’est que d’aimer pour perdre.

Contrainte : Démarrer par la phrase « Cette nappe cirée me rappellera Marie-Amélie » ; vingt minutes d’écriture.

Si ce genre d’exercice vous plaît ou vous intrigue, je vous ai concocté de quoi vous affairer pendant l’été. Restez à l’écoute !

2012-06-23T23:18:48+02:00mercredi 20 juin 2012|Expériences en temps réel|15 Commentaires

Quittage de loyer

Ho ? Elle est vieille, celle-là, et je ne l’avais jamais postée, apparemment (en tout cas, les archives ne semblent pas en porter la trace). Retrouvé cette lettre envoyée à mon ancienne agence immobilière dans mes archives administratives, et cette leçon vaut bien qu’on en fasse un fromage, sans doute.

[LD]

[Ancienne adresse d’un logement co-loué, dont il s’agit de résilier le bail]

[Rennes, Univers, c/o Malkuth]

[Agence immobilière concernée, dont l’amabilité était hautement discutable]

Messieurs,

Je vous informe par la présente que je quitte le logement que j’occupais avec [quelqu’un] et louais auprès de vos soins [quelque part]. Conformément aux trois mois de préavis, il sera donc libre [à un moment], mais je l’aurai effectivement quitté plus tôt ; je vous tiendrai informés afin que vous puissiez le remettre en location dès le début de l’année [prochaine], ce qui nous arrangerait tous, et pour que nous calions une date pour l’état des lieux de sortie.

C’est avec une larme à l’œil que je déserte ce logement bien agréable où j’ai découvert les joies du chauffage par le sol. Pour connaître le même plaisir, j’étais auparavant forcé de faire cuire mes charentaises au micro-ondes, une pratique à la fois fort peu commode et peu répandue. Dire qu’hélas je n’ai même pas l’excuse de Baudelaire qui affirmait « Les vrais voyageurs sont ceux-là qui partent pour partir ». Alors, oui ; je l’admets, vous me percez à jour, cela n’a qu’un lointain rapport avec ce qui précède, mais il est des choses qu’un homme doit faire dans sa vie, et il me semble que caser Baudelaire dans une lettre à une agence immobilière y figure.

Je vous en laisse juge, telle la postérité. Après tout, nous sommes tous les passagers du grand navire de l’existence et si l’on ne peut même pas égayer un peu la correspondance administrative de quelques saillies chaleureuses, à quoi bon se saluer cordialement en fin de lettre ? Je m’oppose contre l’hypocrisie épistolaire.

Restant à votre disposition pour tous renseignements complémentaires et pour vous tenir au courant de mon départ, je vous prie d’agréer, Messieurs, l’expression de mes salutations cordiales, enjouées et respectueuses.

LD

2014-08-30T18:40:07+02:00vendredi 15 juin 2012|Best Of, Expériences en temps réel|5 Commentaires

J’aurais pu dire ça hier

Effectivement, car cette entrée est d’un intérêt égal à epsilon, soit la valeur universelle du iota, du quasi-nul, du négligeable. Il s’agit juste de dire que dans les jours à venir, je te propose, ô auguste lectorat, de revenir un peu sur les Imaginales qui viennent de s’achever, avec un retour sur les débats qu’on m’a proposés, enregistrés par ActuSF, ainsi que quelques petits liens vers les comptes-rendus des blogueurs qui font toujours ça extrêmement bien, ne serait-ce que par la présence de jolies photos, ce que je n’ai jamais le temps de faire (ou alors avec mon téléphone portable, lequel réclame un temps de pose approchant le millier d’années pour éviter tout flou).

Du coup, histoire d’augmenter le rapport signal / bruit de cet article, je pourrais mentionner que je vais réaliser à moyen terme les fameuses pages « Univers » que je promets depuis 1254 (une année où il s’est quand même passé foule de trucs, comme la mort du peintre chinois Zhao Mengfu, merde, quoi). Ma priorité, puisque c’est une question qui revient de plus en plus en souvent, étant d’établir la liste de tous les réctis individuels reliés aux univers de Léviathan et Evanégyre et comment les trouver. Je n’ai notamment pas mentionné la présence d’une courte nouvelle inédite intitulée « La Voie du Serpent » dans le supplément gratuit de Vosges Matin et de l’Est Républicain distribué pendant les Imaginales, et celle-ci est liée à Léviathan.

Ces portails s’alimenteront peu à peu au gré des besoins. Puisqu’on en parle, auguste lectorat, des envies quant à ce que tu voudrais y voir ?

 

2012-06-04T23:13:41+02:00mardi 5 juin 2012|Journal|16 Commentaires

Epinal, du coeur

De retour d’Epinal, comme toujours épuisé mais absolument ravi, et cette année plus encore, puisque j’avais la joie et l’honneur d’être le « coup de coeur » du festival ! D’autant que c’est un événement auquel j’ai beaucoup d’attachement, puisqu’on y fait beaucoup de rencontres amicales, où il est extrêmement facile de discuter entre auteurs et lecteurs, sans barrières, et qui s’efforce d’année en année d’enrichir sa formule sans cesse depuis onze éditions.

Difficile, comme toujours, de faire un compte-rendu de cet événement après coup. Mais merci à vous tous, auteurs de l’atelier, lecteurs, blogueurs, visiteurs qui êtes venus échanger deux mots, assister aux tables rondes, vous intéresser aux livres et anthologies, des soirées de lecture aux déjeuners-débats. J’ai beaucoup de retard à rattraper sur les réseaux sociaux et je posterai dans les jours à venir les débats auxquels j’ai eu le plaisir de participer, enregistrés par ActuSF, en plus des quelques actus.

Bon retour à toutes et à tous et à très bientôt de visu – et le cours normal des émissions reprend par ici !

2012-06-07T11:05:40+02:00lundi 4 juin 2012|Carnets de voyage|11 Commentaires

En route pour les Imaginales

Illus. Christophe Vacher

Salutations, ô auguste lectorat. Me voici en route pour Épinal où se déroulera une des grand-messes majeurs de l’imaginaire en France, les bien connues Imaginales. J’ai l’honneur d’y être cette année le « coup de coeur » de l’événement, ce qui promet un emploi du temps bien rempli !

J’ignore si j’aurai la possibilité de bloguer de là-bas (même si c’est mon intention), donc il se peut que le site ait un petit ralentissement d’activité. Dans l’intervalle, j’espère vous y retrouver nombreux !

Programme et rencontres

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2012-05-25T17:23:13+02:00mardi 29 mai 2012|Journal|9 Commentaires
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