La synchro cloud de Scrivener un peu cassée sous iOS

Après en avoir chanté les louanges pendant plusieurs années, je vais devoir pour la première fois râler – et te mettre en garde, auguste lectorat : la synchronisation de la version iOS de l’application avec Dropbox est quelque peu dysfonctionnelle en ce moment, pour les machines passées sous iOS 13. Seul un petit nombre d’utilisateurs est touché mais j’en fais partie, et je ne vais pas risquer mon presque-gigaoctet-et-années-de-travail que représente le projet entier de « Les Dieux sauvages » dans les méandres d’un cloud un peu bancal, du coup je fais actuellement sans les versions mobiles de l’application, ce à quoi je peux survivre, mais ça peut être gênant pour certain.es.

Ce qui est décevant en revanche est l’attitude peu concernée du support technique (malgré un fil de forum de 24 pages), qui blâme Apple et/ou Dropbox (ce qui est fort possible) mais, surtout, reconnaît à peine le problème et propose des solutions de contournement hyper alambiquées sans admettre que, eh bien, l’approche historique de Scrivener commence probablement à empêcher l’existence d’une synchronisation moderne (soit : transparente) sur terminaux mobiles. Refondre l’application pour se conformer à ce standard serait un chantier gigantesque, une réécriture de fond qui bloquerait le développement pendant peut-être six mois, c’est une réalité, cependant je doute que les utilisateurs acceptent encore bien longtemps de devoir sauter dans des cerceaux pour bénéficier de l’ubiquité des données que l’on considère aujourd’hui pour acquise. Surtout quand la concurrence principale le fait très bien.

Bref, pour la première fois, ma confiance dans ce vénérable logiciel est entachée. Je continuerai à m’en servir au moins jusqu’à la fin de L’Héritage de l’Empire, voire de « Les Dieux sauvages », mais je lorgne de plus en plus vers Ulysses, son concurrent direct. Lequel propose une approche radicalement différente et épurée (voir le comparatif ici).

Si jamais j’effectue la transition, je risque d’être un peu embêté pour proposer une recommandation d’outil : je continue à penser que Scrivener reste la meilleure application (et la plus simple d’emploi parmi les vrais studios d’écriture puissants…). On peut recréer presque toutes ses fonctions avec Ulysses, mais cela nécessite l’apprentissage d’une syntaxe qui fera fuir le monde entier, si j’en juge déjà par la résistance à Scrivener, pourtant très graphique et pas si dur à prendre en main. Que faire ? Eh bien, je risque de me retrouver, en une rare situation de Normand, à recommander les deux.

Bref, encore une raison de plus d’attendre, même dans le monde Apple, pour les mises à jour. Il semble que la compagnie se soit rendue compte de ses récents errements logiciels et ait réorganisé son processus de test pour mieux peaufiner les versions 2020 de ses OS. Y a intérêt.

2020-01-08T07:57:41+01:00mardi 14 janvier 2020|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur La synchro cloud de Scrivener un peu cassée sous iOS

Folio SF a 20 ans : un concours ouvert aux nouveaux auteurs

Alors là, il ne faut pas rater ça :

Pour ses vingt ans, la collection Folio SF lance un concours exceptionnel : elle ouvre ses portes à la sélection d’un manuscrit écrit par un auteur n’ayant jamais été publié par des professionnels. Bref, à un premier roman.

Si jamais la question se pose, rappelons que Folio SF est une collection de poche et qu’à de très rares exceptions, les éditeurs poche ne prennent jamais de romans qui n’ont pas déjà fait leurs preuves en grand format, sans parler d’auteurs n’ayant jamais publié (ou qui sont uniquement autoédités). C’est donc une très belle occasion, comme on en voit rarement, et le vainqueur se verra bien sûr proposé un contrat d’édition en bonne en due forme.

Toutes les informations ici.

2020-01-08T07:05:25+01:00jeudi 9 janvier 2020|Le monde du livre|3 Commentaires

La vente de livres électroniques d’occasion déclarée illégale en Europe

Vous l’aviez oublié, lui, hein ?

Bien ! Après la gabegie ReLIRE, dont l’Europe nous avait déjà sauvés, il y a décidément du bon sens aux hauts échelons :

When a book is sold in physical form, the copyright for the work is said to have been ‘exhausted’, in other words, the purchaser is free to sell it on without violating the author or publisher’s IP. […] The CJEU, following the AG’s opinion, ruled that rights exhaustion in the case of e-books would damage rights owners much more than in the case of physical copies. This is because e-books do not deteriorate with use and are therefore a perfect substitute for new physical copies of the work.

Via World Intellectual Property Review

Soit, si je puis oser, un raisonnement déjà tenu ici il y a six ans : Amazon (qui d’autre ?) avait déjà envisagé la manœuvre en 2013…

2019-12-31T08:36:58+01:00mercredi 8 janvier 2020|Le monde du livre|5 Commentaires

Procrastination podcast s04e06 – Le syndrome de l’imposteur

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s04e06 – Le syndrome de l’imposteur« .

L’impression de ne pas être à sa place, que ce que l’on fait ne vaut rien ou pire, que chaque réalisation est un coup de chance qui n’a pas été mérité : voilà le syndrome de l’imposteur, un ennemi public à combattre car il empêche les créateurs et créatrices d’avancer, et d’offrir leurs voix au monde.
Mélanie, Estelle et Lionel sont d’accord : ce syndrome est extrêmement fréquent et tous l’affrontent sous une forme ou une autre. Mélanie rappelle qu’il est normal ; que la question n’est pas tant de l’avoir ou pas, mais qu’il ne paralyse pas. Lionel rappelle que l’impression n’est absolument pas limitée à la création artistique, et que publier ne la résout pas forcément. Estelle met l’accent sur la double temporalité étrange de la vie d’auteur et d’autrice : les retours des lecteurs arrivent sur des livres publiés, qui appartiennent déjà au passé de la création, tandis que le présent est fait, par définition, du projet prochain qui n’a pas encore trouvé sa forme définitive.

Références citées
– Sarah Bernhardt

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2020-10-19T11:35:22+02:00mardi 7 janvier 2020|Procrastination podcast|4 Commentaires

Pourquoi la fantasy est un genre contemporain et non antique

Ce week-end, j’ai eu le plaisir de donner un de mes ateliers préférés à l’école parisienne Les Mots : comment écrire une histoire grâce au conflit. (Je pense résolument qu’histoire et conflit narratif sont indissociables. Mais c’est une autre… histoire. Ou un autre conflit) Un moment très agréable (merci aux stagiaires qui se sont prêtés sans broncher à mes consignes rudes !), et qui a donné naissance à plusieurs débats passionnants et enjoués, dont, forcément, les définitions de l’imaginaire. Et parmi celles-ci, celle de la fantasy et surtout, son ascendance.

Couv. Jean-Jacques Chaubin

Or il y a un argument qui revient souvent et qu’il me paraît intéressant de traiter. On le retrouve notamment, de mémoire, dans la postface de l’anthologie Fantasy parue en 1998 chez Fleuve Noir dirigée par Alain Névant et Henri Lœvenbruck : la fantasy met en jeu une pensée magique héritée du conte et du mythe, un réenchantement du monde. La fantasy est une continuation directe de ces œuvres fondamentales de l’humanité, dont la tradition remonte jusqu’à Gilgamesh. En conclusion, Gilgamesh et les légendes, c’est de la fantasy.

Sauf qu’en fait, non. Tout va bien dans ce raisonnement jusqu’à la dernière étape. Pendant des années, j’ai adhéré au raisonnement sus-cité : après tout, pour un genre longtemps décrié et ignoré par l’establishment, aller englober Gilgamesh et les contes dans le corpus, ça le fait. Ha, que me parlez-vous du Nouveau Roman : moi, j’écris dans le même genre que Dante, bitch.

Sauf que toute l’expression est là : « une continuation directe ». Implication n’est pas équivalence. J’ai mis un temps à comprendre (peut-être surtout à accepter) que la fantasy est un genre résolument moderne, qui naît au tournant du XXe siècle. Et que c’est anachronique de qualifier L’Odyssée de fantasy.

Pourquoi ? Si la fantasy descend du conte et du mythe, pourquoi le conte et le mythe ne sont pas de la fantasy ?

Parce que, pour réenchanter quelque chose, il faut que la chose en question ait été désenchantée, n’est-ce pas ? (Mylène Farmer approuve ce message.)

La fantasy moderne apparaît un peu dans un état d’esprit semblable à celui qui fait naître la science-fiction : face au développement d’une société industrielle, le désir de questionner le cours que suit le monde, et surtout d’y retrouver une forme de poésie et d’émerveillement. Mode de pensée voisin du préraphaélisme.

Par conséquent, la fantasy ne peut s’envisager, comme genre littéraire, que sur la base d’un dialogue, d’une dialectique entre la sensibilité moderne, post-moderne, contemporaine, et l’univers magique présenté. « Game of Thrones » ne peut exister qu’à la fin du XXe siècle par le décalage qu’il présente entre ce Moyen-Âge âpre et notre société technologique, par, pourtant, le voisinage des thèmes sociaux et politiques entre l’univers imaginaire et le nôtre, par, aussi, la persistance de craintes ancestrales (« The night is dark and full of terrors ») et l’émerveillement ancien, presque atavique, suscité par des figures mythiques comme le dragon. Clément VII aurait offert sans sourciller une « corne de licorne » à François Ier parce que, eh bien, la créature était considérée comme bel et bien réelle. La distance entre le mythe et le quotidien ne peut s’opérer que si distance il y a (duh) et c’est de celle-ci que naît le vertige et l’émerveillement suscités par la fantasy, qui sont d’un nature distincte de ceux éprouvés par un roi du XVIe siècle recevant la corne d’un animal fabuleux présentée comme vraie.

C’est aussi de là que peut venir sa valeur métaphorique. À ce niveau, elle opère strictement sur le même plan que le conte ou le mythe. Mais elle s’adresse à une sensibilité différente qui la place résolument dans un paysage différent et, surtout, elle fait naître des réactions et sensations différentes par une confrontation presque méta avec l’univers narratif situé en décalage. Ce n’est pas à dire que ces sensations ne sont pas intemporelles – au contraire, peut-être que la fantasy, en s’adressant aux racines les plus profondes de l’humain, est le genre le plus intemporel de tous (voir cet excellent article de Léa Silhol sur sa force) – mais son existence est, donc, résolument contemporaine.

2019-12-16T16:25:29+01:00mardi 17 décembre 2019|Best Of, Le monde du livre|3 Commentaires

Procrastination podcast s04e05 – Retours des poditeurs 05 (notre dernier espoir de paix)

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « Retours des poditeurs 05 (notre dernier espoir de paix)« .

Cinquième rendez-vous périodique avec les commentaires, questions et propositions des poditeurs de Procrastination (et le premier pour Estelle, qui se prête aimablement au jeu de rendre des comptes sur ce dont elle n’est pas responsable !). Au programme :
– Le syndrome de l’imposteur est un réel terme
– Doit-on préparer des questions pour les bêta lecteurs ?
– Doit-on leur donner un délai?

Références citées :
– Fil du forum de la saison 4 sur Elbakin.net : http://www.elbakin.net/forum/viewtopic.php?id=9594
– Elizabeth George, Mes Secrets d’écrivain

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2020-10-19T11:35:23+02:00lundi 16 décembre 2019|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s04e05 – Retours des poditeurs 05 (notre dernier espoir de paix)

Quelle est la meilleure application de notes ? (Spoiler : aucune n’est parfaite)

Photo by Julia Joppien on Unsplash

Knowledge worker! (ça sonne beaucoup comme une harangue d’Arlette Laguiller.) Knowledge workers, knowledge workeuses, ou bien travailleur.ses du savoir, selon la définition popularisée par Getting Things Done, l’application de notes est le cœur, le nœud de notre système de productivité digital numérique (bordel).

À la fois base de données de connaissances, rappel d’informations nécessaires à garder sous la main, petit calepin Moleskine cossu et boîte à idées, l’application de notes, devenue ubiquitaire grâce au smartphone, est la clé de voûte de la gestion de son travail personnel. C’est d’autant plus vrai pour les créatifs, évidemment, et les auteurs en particulier, qui, après tout, gèrent et produisent en premier lieu du texte. Il y a véritablement une avalanche de séminaires / formations / chaînes YouTube vous expliquant en long en large et en travers comment organiser Evernote / Notion / pourquoi en fait vive le minimalisme et SimpleNote ça suffit.

Auguste lectorat, je suis parti dans une quête spirituelle à la recherche de l’application ultime et parfaite. Celle-ci, idéalement, offrirait toutes les fonctionnalités dont on rêve de manière à n’utiliser plus qu’un seul outil, une seule approche, merci beaucoup, prenez mon argent et laissez-moi travailler – mais je peux te l’annoncer tout de suite : elle n’existe pas. Cependant, mon polygone de contraintes est probablement différent du tien, alors histoire que tout ce temps passer à procrastiner rechercher le système de productivité parfait ne soit pas perdu, viens : tel le père Castor, je vais te parler d’applications de référence, et si avec ça tu t’endors pas, ben zut.

Qu’est-ce qu’on cherche au juste ?

Commençons par définir à mon sens ce qui constitue(rait) l’application de notes parfaite.

Réellement ubiquitaire. Soit : fonctionne sur toutes les plate-formes (pour moi : iOS et macOS). Mais aussi : propose les mêmes fonctionnalités sur chacune (ou peu s’en faut) ; et aussi, permet de stocker les données en local sur l’appareil (histoire d’avoir accès à ton billet d’avion dans la zone internationale de Plan-de-Cuques). Et avec une synchronisation au poil, cela va sans dire.

Gère tous les types de données. On peut lui envoyer ce qu’on veut, quelle que soit la taille, quelle que soit la donnée, l’application la reçoit, la digère, la synchronise, et dit merci.

Permet de formater correctement ses notes. « Correctement » est subjectif, mais l’idée est quand même d’avoir quelques styles de texte à se mettre sous la dent pour ne pas réduire chaque note à un mur de texte monotone et déprimant.

Facilite la capture. L’idée d’une application de prise de notes consiste à pouvoir saisir une information au vol : si la capturer est ne serait-ce qu’un peu compliqué, on laissera vite tomber.

Permet d’organiser les données avec simplicité et fluidité. Parce que je veux pouvoir retrouver et comprendre mes notes en 2035.

Respecte la vie privée. Parce que mes notes personnelles, c’est… heu… oui, voilà.

Agréable d’emploi. C’est subjectif, mais c’est important : c’est l’équivalent d’avoir un joli stylo et un carnet sympa. Ça donne envie de s’en servir.

Permet de lier les notes les unes aux autres. Ça a l’air très facultatif mais à mon sens, c’est indispensable. Pouvoir lier les notes ouvre deux possibilités : 1. Réaliser un wiki personnel autour de n’importe quoi, et 2. Référencer les notes depuis l’extérieur (comme depuis son gestionnaire de tâches).

Possède un vrai web clipper. La majorité des informations viennent du Net aujourd’hui. Il me paraît indispensable de pouvoir facilement piocher une information sur une page et la mettre de côté, avec son formatage respecté, dans ses notes pour référence ultérieure.

Automatisable. Prolongement de ce qui précède : une tâche répétitive doit pouvoir être automatisée dans son application de notes. C’est le rôle même d’un ordinateur, à la base.

Le verdict

Attention attention, j’utilise pour la première fois un tableau sur ce site, merci WordPress 5, je décline toute responsabilité en cas de fracture du CSS, mais pour tout compiler, ça sera plus simple. Et je n’entre pas dans les détails, parce que sinon j’en aurais pour quinze pages (… maiiiis si tu le souhaites, auguste lectorat, je pourrais, dans des articles dédiés).

Comment lire ce chose :

On va faire simple, chaque application est évaluée selon quatre emojis (parce que c’est bientôt 2020) :

  • ✅ : oui, très bien, parfait, même mieux que ça, j’en demandais pas tant.
  • ❌ : non, ne le fait pas, ou pas bien, ou prétend le faire mais c’est insuffisant.
  • 🆗 : fait le minimum syndical, n’en demandez pas trop mais c’est là et ça passe, okay.
  • 🤷‍♂️ : désolé, j’ai pas testé jusque là, parce que je suis tombé sur un dealbreaker avant.

Les applications en lice sont :

Evernote (indépendant)
http://evernote.com/
Mac, iOS, Android, Windows, Web, Linux
OneNote (Microsoft)
http://onenote.com/
Mac, iOS, Android, Windows, Web
Bear (indépendant)
https://bear.app
Mac, iOS
Simplenote (indépendant et open source)
https://simplenote.com
Mac, iOS, Android, Windows, Web, Linux
Notes (Apple)
https://support.apple.com/en-us/HT205773
Mac, iOS
DEVONthink (indépendant)
https://www.devontechnologies.com
Mac, iOS
Notion (indépendant)
https://www.notion.so
Mac, iOS, Android, Windows, Web
Roam (indépendant)
https://roamresearch.com
Web
Keep (Google)
https://keep.google.com/
Android, iOS, Web
Parité, ubiquité, offline🆗🆗🆗🆗🆗
Gère tout🆗🆗🆗🆗
Formatage🆗🆗🆗🆗🆗
Capture🆗🆗🤷‍♂️🆗🆗🤷‍♂️
Orga🆗🆗🆗🆗
Vie privée🆗🆗🆗🆗🆗🆗🆗🆗
Agréable🆗🆗🆗🆗🆗
Liens🆗🆗🆗🤷‍♂️
Web clipper🤷‍♂️🆗
Automa-
tisable
🆗🤷‍♂️🤷‍♂️🆗🤷‍♂️🤷‍♂️

Quelques explications sur ce qui précède :

  • De manière générale, un ✅ pour la vie privée signifie que les données sont chiffrées avec une clé personnelle inconnue du service en question (zero knowledge). La plupart de ces applications utilisant leur cloud personnel ou bien ceux de Google ou Apple, les données restent théoriquement lisibles par des tiers. Il est bien possible de chiffrer ponctuellement du texte (Bear, OneNote et Evernote) mais on voudrait voir la capacité de chiffrer des fichiers entiers et/ou des portions entières de l’arborescence. Voire, que tout soit illisible par défaut. Donc, 🆗 signifie l’usage d’un service de cloud classique – avec les mises en garde dont on a maintenant l’habitude aujourd’hui.
  • OneNote obtient un ❌ pour la parité parce que la synchronisation reste lourdingue sur mobile.
  • Bear et Notion prétendent posséder un web clipper mais ils se contentent de récupérer le texte brut et/ou l’adresse du site d’origine. À ce stade, autant copier-coller. Celui de OneNote ne vaut pas beaucoup mieux (il propose en sus… un screenshot du site). Celui d’Appel Notes colle juste un signet. Donc, pour tous : ❌
  • DEVONthink possède bien une application iOS (DEVONthink To Go) mais elle est très limitée par rapport à la version Mac et surtout, il est quasiment impossible d’y formater correctement du texte. La force de DEVONthink est sa capacité à se soustraire au système de fichiers et à employer l’intelligence artificielle pour rapprocher des éléments entre notes ou même, carrément, des documents entiers. On est, pour être honnête, à l’extrême limite de la définition d’une application de notes.
  • Roam est un cas particulier qui mise sur l’hypertexte, et l’application est encore très jeune. Elle est exclusivement web. Mais si vous aimez son paradigme réellement fascinant, vous vous ficherez de toutes ses limitations.
  • Je n’ai pas mentionné Keep It (Mac et iOS) parce que l’application n’a pas arrêté de buguer et planter tout le temps où j’ai voulu m’en servir.

Un choix : Evernote

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs au-feux. La seule qui n’écope pas d’un ❌ quelque part à mon sens reste Evernote. L’application conserve encore une interface d’un autre âge, certaines parts en sont désagréablement lourdes, on voudrait la capacité de mieux chiffrer ses données, mais si l’on cherche un couteau suisse où il demeure possible de coller à peu près toutes ses idées et de les organiser simplement (ce qui est quand même le but à la base), avec en plus le meilleur web clipper du marché, cette application reste le ténor incontesté. Surtout que la nouvelle direction a travaillé dur sur un réel rajeunissement du service dont on devrait voir les fruits d’ici quelques mois. Pour vous (re)familiariser avec le service, passez par exemple par ici. Tout ce que j’aimerais d’Evernote, en 2020, ce serait un réel chiffrement zero knowledge pour y coller tout mon administratif personnel (comme la santé) et un rafraichissement de son API pour une meilleure automatisation, mais en-dehors de ça, moyenne partout, excellente nulle part (sauf pour le web clipper), cette application est comme la vieille 2CV de tatie Plectrude : elle a vécu, elle n’a aucun des gadgets modernes à la mode, mais bon dieu, elle fait le taf qu’on lui demande et elle est indestructible. (La 2CV, pas tatie Plectrude. Quoique.)

Et sinon ?

Vos goûts et vos besoins ne sont pas forcément les miens, alors voici quelques autres recommandations d’applications de qualité (à mon sens) pour des usages légèrement différents. Si vous… 

  • Êtes sous Apple et n’avez pas besoin d’un web clipper : Apple Notes.
  • Êtes sous Apple et cherchez avant tout une belle expérience textuelle : Bear.
  • Cherchez à organiser clairement un grand nombre d’informations (wiki), pour un usage éventuellement collaboratif : Notion.
  • Mettez avant tout l’accent sur la vie privée : DEVONthink (j’avais initialement placé Simplenote, mais on me signale que les notes ne sont pas chiffrées sur les serveurs d’Automattic).
  • Cherchez un outil de réflexion et d’organisation puissant avant tout : Roam.
  • Cherchez un outil de gestion et de classement d’une vraie bibliothèque dématérialisée : DEVONthink.

Et voilà. Pfiou. Comme disait l’autre, je ferais pas ça tous les jours, mais j’espère que ça vous servira.

De manière générale, si l’envie d’acheter cet outil (ou l’un des autres présentés sur ce site) vous vient, n’oubliez pas de passer par les liens proposés ici – vous contribuez à financer le temps passé à rédiger ces articles gratuitement. Merci ! 

2024-01-20T01:03:25+01:00jeudi 12 décembre 2019|Lifehacking|6 Commentaires

Un thème solarisé personnalisé pour l’écriture

Petit retour sur les thèmes solarisés pour les longues sessions d’écriture (rappel : les thèmes sombres sont mauvais pour l’attention, du coup le solarisé représente un bon compromis entre fatigue oculaire et contraste). Il m’apparaît de plus en plus à l’usage, à mon humble avis, que le solarisé est quand même conçu pour les terminaux et le code ; c’est-à-dire, des applications nécessitant des couleurs différentes de texte pour mettre en valeur différentes parties de la syntaxe (highlighting).

Ulysses en solarisé (thème Solar Cobalt Dark)

C’est valide quand on écrit en Markdown, par exemple avec Ulysses, mais si l’on utilise un éditeur de texte riche type Scrivener1, ces couleurs différentes perdent de leur usage, appelant un contraste plus fort, notamment, à mon goût, en mode composition (plein écran).

Plusieurs applications proposent des modes solarisés à leur propre sauce. Par exemple, le mode solarisé de Drafts est assez différent du canon fixé par Ethan Schoonover, concepteur de Solarized, mais propose une couleur de sélection de texte plus visible (et moins choquante à l’écran que le bleu standard) :

En conséquence de quoi, voici ce que je propose pour un mode solarisé plus contrasté sous Scrivener, avec les codes correspondants :

  • Fond de page : Comme Solarized ($base3, soit #FDF6E3). Soit, dans Scrivener : couleur « Éditeur » de l’éditeur principal, et en mode Composition : couleur « Éditeur » et couleur « Arrière plan de l’écran » (ce qui mime le mode plein écran d’Ulysses au passage) ;
  • Texte : Noir pur (#000000), pour un contraste maximal ;
  • Sélection de texte : Comme Drafts (#DECCBA) ;
  • Surlignage de la ligne actuelle : Comme Solarized ($base2, soit #EEE8D5)2.

Ce qui donne quelque chose d’assez confortable et harmonieux à mon goût, qui n’attire pas l’œil sur le formatage de la page mais reste malgré tout utilisable sans peiner à repérer la sélection :

De cette manière, on arrive à émuler avec Scrivener le principal intérêt d’Ulysses qui est son minimalisme. Et du coup, en bonus, trois raccourcis clavier indispensables pour dégager son espace de travail de l’interface quand on n’en a pas besoin – soit toujours « commande-majuscule-quelquechose » :

  • Commande-majuscule-F : passer en / sortir du mode composition (F comme « focus »)
  • Commande-majuscule-I : afficher / masquer l’inspecteur (I comme « inspecteur » – duh)
  • Commande-majuscule-B : afficher / masquer le classeur (B comme « binder »).

Maintenant, plus de prétexte pour jouer avec les couleurs : écrivez !

  1. Scrivener gère le Markdown, mais ce n’est quand même pas l’usage le plus courant.
  2. Personnellement, je ne m’en sers pas, cela me déconcentre plus qu’autre chose ; j’ai tendance à sculpter les paragraphes comme un ensemble plutôt que phrase à phrase.
2019-12-02T22:10:48+01:00mardi 10 décembre 2019|Best Of, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Un thème solarisé personnalisé pour l’écriture

Procrastination podcast S04E04 : Les clichés

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « S04E04 – Les clichés« .

L’attribution de « cliché » à une œuvre est probablement l’une des critiques les plus sévères que l’on puisse faire à son encontre, et l’une des plus grandes consternations pour son auteur. Comment éviter de tomber dedans ? Lionel avance une différence avec le concept d’archétype ; Estelle la prolonge en ajoutant la notion de contexte historique et culturel. Mélanie explore ce qu’on peut en tirer, et comment elle se relie à l’originalité personnelle évoquée dans l’épisode précédent.

Reférences citées
– Laurent Genefort
– Harry Potter
– Carl Gustav Jung
– The Boys, de Garth Ennis et Darick Robertson
– Alexandre Aja, Piranha 3-D
– La Cabane dans les bois (Cabin in the Woods), de Drew Goddard
– Friends, de Marta Kauffman et David Crane
– Alien, de Ridley Scott
– Street Trash, de J. Michael Muro
– Mulberry Street, de Jim Mickle (le film avec les rats mutants !)

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2020-10-19T11:35:23+02:00lundi 2 décembre 2019|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast S04E04 : Les clichés

De l’expansion de texte à la macro de texte

Auguste lectorat, il y a quelques mois, je t’avais proposé de gagner quelques licences de TextExpander via la liste de diffusion. L’accueil autour de cet outil me semble tristement tiède ; mais je comprends, il y a plusieurs années, quand j’ai croisé un logiciel semblable sous Windows, je n’en avais pas vu le plein potentiel. (Pour relire le test d’origine, voir ici.)

Alors que bon :

Je ne sais plus quand j’ai remis le compteur à zéro. Mais bon. Presque 700 000 signes, c’est l’équivalent d’un roman entier
Sauf des Dieux sauvages
Je sais

Si son métier consiste un tant soit peu à rentrer du texte, on se doit, à mon sens, d’avoir un logiciel d’expansion de texte (et TextExpander est pour moi le meilleur de sa catégorie). Et pour aller plus loin, auguste lectorat, laisse-moi te parler d’un truc qui me fait gagner un temps fou : les macros de texte.

Parce que bon, étendre du texte, c’est déjà bien (surtout quand tu as la bonne idée d’intituler un texte « Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse », taper juste « fiz », ça aide), mais aller à l’étape suivante : constituer des sortes de véritables mini-programmes autour du texte, c’est encore plus rigolo et efficace.

TextExpander comporte la possibilité de personnaliser ses extraits de texte à la volée. Par exemple…

Un message-type peut être personnalisé avec le nom du destinataire (utile pour décliner des demandes fréquentes autour d’un même sujet, ou pour personnaliser un message d’information qui n’appelle pas nécessairement de réponse).

Une tâche à effectuer peut être personnalisée en fonction du contexte. Par exemple, je me refuse catégoriquement à utiliser Facebook comme un système de messagerie instantanée mais toujours comme un courriel (et encore, franchement, le moins possible), du coup, une macro toute bête que j’utilise fréquemment pour stockage dans ma liste de tâches (OmniFocus) est :

(… mais s’il vous plaît, ne m’écrivez pas sur Facebook Messenger autant que possible, du moins pas si vous voulez une réponse avant l’an prochain. Je suis déjà mauvais à suivre ma correspondance, alors avec Facebook que je désapprouve fermement…)

Mais même, de véritables articles entiers peuvent être paramétrés à la volée avec le contenu du presse-papiers sur la base d’un modèle. Je m’en sers tous les quinze jours pour annoncer les épisodes de Procrastination, par exemple1, puisque c’est à chaque fois la même annonce, la seule chose qui change est le contenu de l’émission :

J’ai pas envie de taper tout ça à chaque fois (avec en plus le formatage qui va bien).

Plus fort encore, une de mes fonctions favorites, TextExpander permet également d’insérer automatiquement date et heure dans un extrait, et de réaliser des opérations mathématiques dessus. Dans les faits, cela signifie par exemple :

… que je peux me laisser une note future pour me rappeler à qui j’ai demandé quelque chose et quand, pour savoir à qui m’adresser, le cas échéant, pour suivre un dossier. (On remarquera que TextExpander me propose même de replacer mon curseur où je veux pour continuer à taper sans m’interrompre) :

… que je peux me rappeler de faire quelque chose, ou de relancer quelqu’un sans réponse, par exemple d’ici dix jours (un délai standard qui me paraît civilisé quand on n’est pas soi-même un foudre de la correspondance) :

Je l’ai dit plus haut, il me paraît impensable d’avoir une activité textuelle (avec un T, bande de dégueulasses) sans logiciel d’expansion de texte. Les écrivains en bénéficient forcément mais là où, finalement, TextExpander accélère le plus mon travail, c’est dans les tâches annexes : correspondance, commercialisation, communication. J’ai un extrait pour les titres et les liens sur le site de tous mes bouquins ; pour le numéro de ma carte week-end, pour ma date de naissance – des informations fréquemment demandées pour le défraiement des déplacements en festival –, pour mon numéro de téléphone, pour les formules de politesse administratives type « Veuillez agréer, Messieurs, l’expression de mes salutations distinguées » (ça va plus vite de taper « saldis » et la CAF ne le saura jamais), et j’en passe.

Je recommande vraiment d’essayer de se mettre la tête dedans et de rentrer un certain nombre d’extraits. Pour ma part, je ne peux plus utiliser une application iOS qui n’a pas d’intégration à TextExpander, et un Mac qui n’a pas mes raccourcis installés me semble cassé. (Mais l’application existe aussi sous Windows.) Si vous me croyez pour Scrivener, croyez-moi pour TextExpander.

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De manière générale, si l’envie d’acheter cet outil (ou l’un des autres présentés sur ce site) vous vient, n’oubliez pas de passer par les liens proposés ici – vous contribuez à financer le temps passé à rédiger ces articles gratuitement. Merci ! (Et oui, ça aussi, c’est un message-type qui figure dans mon TextExpander.)

  1. Pour info, rien que dans cette phrase, j’ai déjà utilisé trois extraits – « prc » donne Procrastination, « p.ex » donne « par exemple » et j’insère le lien de la page de l’émission via le raccourci personnel « lprcsite »
2019-11-25T18:36:09+01:00mardi 26 novembre 2019|Best Of, Lifehacking|Commentaires fermés sur De l’expansion de texte à la macro de texte
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