Tour d’horizon des principaux logiciels d’écriture dédiés

NOTE :

UNE VERSION MISE À JOUR DE CET ARTICLE EST DISPONIBLE ICI

Tour d’horizon des principaux logiciels d’écriture dédiés, édition 2018

C’est une question qui revient assez souvent en atelier mais aussi en ligne : à partir du moment où l’on accepte que l’écriture d’un roman doit comporter un minimum de planification (d’une page de notes pour un scriptural à des dossiers entiers pour un structurel comme yours truly), que cette construction est un métier très particulier qu’il faut apprendre en partie par soi-même, quels outils peut-on employer pour se faciliter la tâche ?

L’ordinateur offre évidemment des facilités de classement, d’archivage et de traitement du texte uniques, aussi des logiciels d’aide spécialisés sont-ils apparus, avec des intérêts très inégaux.

Exigences

L’écriture doit, à mon sens, ménager un juste équilibre entre spontanéité et rigueur de construction ; une intrigue qui avance est une intrigue qui fait des choix, et les assume dans leurs ramifications. Mais, dans le même temps, la créativité de l’auteur ne doit pas être corsetée ni orientée vers un chemin qui lui déplaît intuitivement. Ménager cet équilibre est une condition indispensable de tout logiciel d’écriture.

Pour mériter cette appellation et être un minimum utile, un logiciel d’écriture doit offrir à l’auteur un environnement centralisé pour la construction de son récit, soit, principalement, deux versants :

  • La collecte de réflexions préparatoires, puis leur archivage pour s’y référer ultérieurement (Bob avait-il les yeux bleus ou noirs et était-il né en 784 de l’ère du Chaudron ou en 835 de l’éon de la Chaussette ?)
  • La construction du scénario proprement dit, c’est-à-dire le recueil des scènes et leur agencement progressif vers l’ordre final du récit.

Je suis loin d’avoir tout testé (même si j’en ai testé un certain nombre), et, ces exigences à l’esprit, j’aurais tendance à recommander l’un des quatre suivants, chacun assez flexibles pour convenir à diverses manières de travailler, tout en organisant les informations de façon puissante.

Quarté+

Scrivener

[Mise à jour de 2015 : Scrivener sous Windows est à présent mûr, pleinement fonctionnel et, à mon sens, le logiciel roi des studios d’écriture. Plus d’informations ici.]

Scrivener a longtemps été une exclusivité Mac, mais une version Windows est en préparation (version beta téléchargeable et gratuite) pour sortie probable vers la fin de l’année. Le logiciel se présente plus ou moins comme un traitement de texte hiérarchique : un volet à gauche se comporte comme un classeur à intercalaires, chacun pouvant contenir un nombre illimité de fiches, qui peuvent aussi bien être des notes (personnages, lieux…) que des chapitres.

Ainsi, l’auteur effectue tout son travail dans Scrivener, de la préparation à la rédaction proprement dite. Pour l’organisation des scènes, le logiciel propose une vue « tableau en liège » où chacune se trouve punaisée virtuellement à la façon d’une fiche bristol, qu’il est ensuite possible de réarranger de manière à déterminer le meilleur ordre. Il sait également archiver plusieurs versions de la même scène, du premier jet à la version définitive, pour restaurer d’éventuels changements malencontreux.

À la fois puissant et très flexible, Scrivener associe le confort des outils dédiés à l’écriture à une grande fluidité d’usage, ce qui devrait lui permettre de s’adapter à tous les modes de travail. Deux regrets cependant : le traitement de texte est vraiment basique (il ne gère notamment pas les particularités de la typographie française et il sera très difficile d’y intégrer un pack de correction externe type ProLexis ou Antidote) et la beta sous Windows semble encore assez instable.

Writing Outliner

Writing Outliner est presque une honte tant c’est une repompe éhontée de Scrivener : interface semblable, mêmes bonnes idées, on retrouve un grand nombre de fonctionnalités. Cependant, Writing Outliner est construit comme une surcouche à Word : lancez le traitement de texte, un projet Writing Outliner, et vous avez les fonctionnalités puissantes de l’un avec les particularités de l’autre. Pour cette raison, Writing Outliner aurait ma préférence, car l’on peut continuer à employer tous ses autres logiciels complémentaires (packs de correction), la typographie sera correctement gérée, etc.

Site officiel

Liquid Story Binder XE

Attention, on entre dans du très lourd. LSBXE (pour les intimes) constitue à peu près l’accouplement contre nature d’un logiciel d’écriture avec une centrale de contrôle de silos à missiles atomiques. C’est la Rolls, le logiciel ultime, qui sait tout faire, d’archiver la moindre de vos réflexions à minuter à la seconde près l’emploi du temps des personnages, en passant par la diffusion automatique de musiques d’ambiance pendant votre rédaction. LSBXE regorge littéralement de modules dans tous les sens pour accomplir des tâches auxquelles vous n’aviez peut-être même pas pensé.

LSBXE a juste un léger problème : il est parfaitement incompréhensible.

Du moins, tant qu’on n’est pas prêt à investir un temps certain pour l’apprivoiser (je ne parle même pas de créer avec). La prolifération des modules, une aide très fonctionnelle mais qui n’aide pas à comprendre comment on est véritablement censé s’en servir, des partis pris d’interface inhabituels qu’on croirait hérités d’un logiciel Adobe en font une usine à gaz très jolie (du moins sur les captures d’écran) mais avec une courbe d’apprentissage sacrément raide. Écrire un roman avec ça me fait l’effet de dresser la comptabilité du foyer avec R : on peut, mais ce serait tellement plus simple avec Excel. Je le mentionne parce que LSBXE a ses fans inconditionnels et que le logiciel reste d’une énorme puissance. Tant qu’apprendre à s’en servir ne constitue pas une forme particulièrement retorse de procrastination…

Site officiel

Writer’s Cafe

S’il y a  LSBXE à l’extrémité hardcore du spectre, alors Writer’s Cafe se trouve à l’autre (avec Scrivener quelque part au milieu) : simple d’usage, un look un peu Fisher Price sur les bords, plein de messages positifs et de citations d’encouragements d’auteurs connus, W’sC se veut volontairement rassurant pour l’auteur un peu incertain qui cherche à donner une forme à la myriade d’idées qui lui bouillonnent dans la tête. Et, franchement, ce n’est pas un mal.

W’sC veut recréer tout un environnement de travail unique pour l’écriture, un « bureau dans le bureau », proposant ses modules comme autant d’applications séparées, dont, avouons-le, un certain nombre fait un peu gadget (un générateur de noms pas bien transcendant, un répertoire de citations d’encouragement – sympa mais pas indispensable -, etc.). Il propose tout de même un journal, un carnet pour les réflexions en vrac, etc. En fait, W’sC montre plutôt quelle devrait être la méthodologie d’un auteur moderne, mais c’est un encouragement à trouver de meilleurs outils pour chaque tâche proposée.

Cependant, W’sC vaut son prix pour un seul et unique module, Storylines (en capture d’écran). C’est l’outil dédié le mieux conçu que j’aie essayé pour l’organisation d’un scénario. Chaque personnage ou ligne narrative est représenté physiquement sur le tableau ; chaque carte représente une scène, ou un chapitre, avec détails, lieux, etc. Très simple d’emploi mais très bien pensé, ce module permet de jeter à plat les idées d’une intrigue complexe pour les trier et les ordonner d’une façon très confortable, tout en orientant subtilement l’auteur pour se poser les bonnes questions. Encore une fois, le traitement de texte ne peut pas lutter avec un Word, mais, pour l’organisation de récits complexes à points de vue multiples, c’est un outil de débroussaillage à ne pas négliger. On peut aussi le recommander à l’auteur qui ne s’est jamais essayé à de tels outils, au jeune auteur qui cherche à se cadrer, avant de passer à Scrivener ou Writing Outliner.

Site officiel

And the winner is…

Bon, après ce tour d’horizon, je crois que l’article ne serait pas complet si je ne précisais pas ce que j’utilise moi-même parmi ceux-là.

Réponse ? Aucun. [EDIT de 2015 : À présent, si. C’est Scrivener, haut la main.]

J’utilise un autre mélange d’outils, qui ne sont absolument pas spécialisés pour l’écriture de fiction, et l’un d’eux est tout simplement Word. Le logiciel d’écriture ne fait pas l’auteur ; c’est se connaître qui aide à canaliser sa créativité. Un soft d’écriture ne remplacera pas la pratique ni, surtout, la méthodologie qui en découle. En ce qui me concerne, j’ai retrouvé les options qui m’étaient les plus chères et le juste mélange de flexiblité et de rigueur dans d’autres combinaisons de logiciels – mais ce n’est que moi. Des écrivains plus expérimentés utilisent LSBXE, Writer’s Cafe, Scrivener au quotidien (on peut citer Michael Marshall Smith ou Holly Lisle pour ce dernier) avec profit : à vous de voir là où vous vous sentez le mieux. Tous ces logiciels proposent des versions d’évaluation : téléchargez-les et essayez-les !

Dans l’intervalle, si vous avez des logiciels préférés ou à recommander, n’hésitez pas à le faire en commentaires !

2018-07-31T09:29:11+02:00vendredi 15 juillet 2011|Technique d'écriture|17 Commentaires

SFFT Awards : des prix pour de la traduction en anglais

J’ai un mois de retard sur cette info mais d’une part, elle a peu circulé, d’autre part, elle mérite de circuler : en juin dernier ont été remis les Science Fiction and Fantasy Translation Awards, qui visent à récompenser le travail de traducteurs de l’imaginaire de langues étrangères vers l’anglais. Il est très agréable de voir la traduction récompensée et reconnue, mais aussi quand il s’agit de l’apporter aux territoires anglophones, où la pénétration des littératures étrangères reste très faible. Bravo donc à tous les lauréats, mais aussi au jury pour cette initiative, qui est en plus dotée d’une somme monétaire divisée entre l’auteur et son traducteur (ce qui est rare).

Long Form Honorable Mention

The Golden Age, Michal Ajvaz, translated by Andrew Oakland (Dalkey Archive Press). Original publication in Czech as Zlatý Věk (2001).

Long Form Winner

A Life on Paper: Stories, Georges-Olivier Châteaureynaud, translated by Edward Gauvin (Small Beer Press). Original publication in French (1976­-2005).

Short Form Honorable Mention

“Wagtail”, Marketta Niemelä, translated by Liisa Rantalaiho (Usva International 2010, ed. Anne Leinonen). Original publication in Finnish as “Västäräkki” (Usva (The Mist), 2008).

Short Form Winner

“Elegy for a Young Elk”, Hannu Rajaniemi, translated by Hannu Rajaniemi (Subterranean Online, Spring 2010). Original publication in Finnish (Portti, 2007).

Special Award

In addition to the standard awards, the Board of ARESFFT presented a special award to British author and translator Brian Stableford in recognition of the excellence of his translation work.

(Je suis particulièrement heureux de voir récompensé Edward Gauvin, qui avait réalisé l’excellente traduction de « L’île close » et qui se bat pour faire entrer l’imaginaire français aux États-Unis.)

2011-07-11T18:24:55+02:00lundi 11 juillet 2011|Le monde du livre|4 Commentaires

Le tableau périodique de la narration

Alors ça, c’est drôlement cool :

Des frappadingues chez Graphjam ont construit un tableau périodique des éléments de la narration à partir des tropes recensés chez TVTropes.org, un wiki passionnant qui classe, définit et énumère un certain nombre de modèles et d’archétypes présents à l’origine dans la narration télévisée, mais aussi en littérature, au cinéma, au théâtre, dans les jeux vidéo… Une lecture instructive, drôle et passionnante où l’on peut engloutir des heures entières (prudence !) tout en apprenant beaucoup de choses sur les briques fondatrices de la narration, comment elles peuvent être intelligemment utilisées, prises à contrepied… ou atrocement employées au premier degré, auquel cas elles deviennent de gros clichés.

(Grand merci à Eric Carey pour m’avoir signalé cette véritable perle !)

2022-08-02T09:27:57+02:00mardi 28 juin 2011|Best Of, Technique d'écriture|8 Commentaires

S’il le dit c’est que j’ai raison

… et s’il ne le dit pas c’est qu’il a tort.

Non, OK, mais tu comprends, ô auguste lectorat, dans le petit manuel du successful blogger, il est dit qu’il faut créer des titres intrigants, alors j’essaie.

La petite nouvelle qui fait le tour du Net en ce moment c’est cette interview de Jeff Bezos, PDG d’Amazon, donnée au Nouvel Observateur. Indépendamment de l’idéalisme teintant l’article (« Amazon est l’une des plus belles success stories du Net » – il faut se rappeler, ceux qui ont vécu l’éclatement de la bulle Internet en direct s’en souviendront, que l’entreprise n’est bénéficiaire que depuis sept ans pour une fondation en 1995), des multiples coups de com’ au passage (« Chez Amazon, on est obsédés par nos clients… pas par nos compétiteurs. »), quand Jeff Bezos cause, on l’écoute en tremblant, parce qu’Amazon, c’est le Kindle, le Marketplace, une politique tarifaire agressive et le meurtrier présumé de l’édition traditionnelle.

Et, selon Jeff, « le livre papier sera marginalisé ». Évidemment, stupeur et tremblements, mais il suffit d’avoir utilisé une liseuse et le confort qu’elle apporte pour songer qu’il n’a probablement pas tort (en tout cas pour la consommation de masse). Cependant, il me semble aujourd’hui qu’une des grandes résistances aux supports dématérialisés concerne la facilité d’accès aux contenus : dois-je brancher ma liseuse pour la recharger en données, où puis-je acheter du contenu et suis-je sûr de le posséder toujours ? Avec la généralisation du nuage (le cloud), nos données seront accessibles d’à peu près partout, ce qui simplifie encore l’achat, le stockage et l’accès. Ces opérations jadis un peu techniques deviendront – on l’espère – de plus en plus transparentes. Malheureusement, cela promet d’être le fait des distributeurs, qui sont ceux qui détiennent le savoir-faire technique et la culture nécessaire (on en avait parlé là), alors que les éditeurs traditionnels de contenu pataugent encore souvent (les FAIL stories sont courantes, à commencer par tout ce qui contient l’expression « DRM »).

Il y a quelques mois encore, j’aurais été un peu abattu de lire cela à cause du phénomène incontrôlable que sont les échanges en ligne – et qui représentent un manque à gagner véritable pour un créateur, quoi qu’on en dise. Bien sûr, être copié permet d’être connu, mais être connu ne permet pas d’acheter des pâtes, même Eco+. Aujourd’hui, auguste lectorat, toi qui connais mon scepticisme de bon aloi concernant l’engouement de l’électronique, je serais plutôt guilleret. En effet, cette absurdité qu’on appelle la riposte graduée – dont découle le monstrueux FAIL qu’est la loi Hadopi – connaît des revers de plus en plus fréquents un peu partout en Europe1. Le calcul est simple : la riposte graduée fait des lecteurs / auditeurs / spectateurs des ennemis tout en ne dégageant pas un seul centime pour la création, coûtant au contraire des centaines de milliers d’euros en loyers somptueux, en études absurdes et publicités grotesques (bravo, la révélation française qui chante en anglais) pour un résultat proche du zéro. Or, le PS vient d’annoncer qu’en cas d’éléction, il abrogerait les lois aberrantes Hadopi et Loppsi pour préférer une rémunération proche de la contribution créative (une taxe prélevée sur l’abonnement Internet), ce qui, d’ailleurs, est la solution que réclame depuis dix ans la SACEM.

Je ne fais pas de politique politicienne, auguste lectorat, je me tiens hors de ces sphères qui éclaboussent plus souvent qu’elles ne lavent, même si tu auras compris depuis quelques années le peu d’affection que j’ai pour le gouvernement actuel ; si je le signale, c’est pour prendre un peu de recul et constater que l’idée fait enfin son chemin dans les esprits, comme l’absurdité des DRM le fait aussi. Donc, on pourrait espérer des lendemains meilleurs. Mais un gouvernement PS, le cas échéant, tiendrait-il cette promesse en cas d’élection ? Fort probable. Ce serait une décision extrêmement populaire pour un coût minime, assurée d’apporter des voix. C’est une décision stratégique saine doublée d’un avantage pour la création : une situation gagnant-gagnant comme on n’en voit plus très souvent en cette ère post-moderne, mon bon monsieur.

Jeff Bezos ajoute un truc qu’il me fait bien plaisir de lire : « Je serais très surpris si la manière dont nous lisons des textes longs – romans, histoire, biographies – était transformée. » Je me sens moins seul : je fais l’impression d’un dinosaure, mais je ne crois pas non plus au livre dit « enrichi » – en tout cas plus que maginalement – ni à de « nouvelles formes de narration » comme on nous en rebat les oreilles ces temps-ci.

Et donc, s’il le dit, c’est que j’ai raison.

Jolie nimage de lolz trouvée sur Le Journal du Mac.

  1. Suivre @Hadopinsiders sur Twitter.
2018-07-17T14:26:19+02:00vendredi 24 juin 2011|Le monde du livre|3 Commentaires

Brandon Sanderson sur Fantasy Tavern

Une brève pour vous signaler l’émission de Fantasy Tavern dédiée à Brandon Sanderson, tournée il y a deux semaines à Paris dans les locaux de Fantasy.fr ; j’ai eu le plaisir d’en réaliser la traduction, et je vous la signale en particulier parce que Brandon est un grand de la fantasy moderne, quelqu’un d’adorable, de très pro et qui dévoile beaucoup de détails sur sa carrière et sa vie d’auteur dans cette émission. J’en avais parlé l’année dernière, j’insiste : il est un modèle de persévérance et de ténacité, à des années-lumières de cette procrastination et cette tergiversation qui peuvent parfois étreindre les auteurs, et tout jeune auteur (et même tout auteur un peu moins jeune) peut tirer grand profit de l’écouter – sans compter du plaisir de découvrir son excellente oeuvre, si ce n’est déjà fait.

Voir l’émission

2011-06-21T14:26:17+02:00mardi 21 juin 2011|Le monde du livre|7 Commentaires

Geek parmi les geeks (Geek Faeries 2011)

La convention Geek Faeries tient un discours qu’on entend de plus en plus, mais encore trop peu : celui de proclamer avec fierté l’étiquette geek selon tous ses aspects – de l’héritage des jeux vidéos du début des années 80 à la passion pour l’imaginaire en passant par les private jokes et les mèmes assumés (et un volet Erotic Faeries pour la nuit du week-end… dont je ne rapporte pas de photos, navré, j’étais couché asteure, moâ). Je suis très heureux d’avoir pu y être ; les organisateurs, Naya et Laurent, ont porté à bout de bras avec une énergie impressionnante une manifestation d’une énorme complexité entre les débats, dédicaces, stands, concerts, démonstrations diverses, changements totaux d’organisation des lieux toutes les huit heures, toujours souriants et disponibles.

Si vous connaissez ne serait-ce que l’existence du geek test, vous devez trouver le moyen d’aller à cette manifestation, qui parle de fantasy, de SF, de webséries, de BD, de steampunk, de cosplay, de filk, qui proposait un stand retrogaming ahurissant, des démonstrations de combat à l’arme blanche… C’est à ma connaissance la seule du genre et de cette envergure en France. J’ai eu le plaisir d’y retrouver les équipes d’Argemmios (avec Nathalie Dau et Mathieu Coudray), de Voy’el (avec Corinne Guitteaud et Isabelle Wenta), des éditions du Riez (avec Céline Guillaume et Franck Ferric), de rencontrer en vrai l’équipe d’IfIsDead.

Des concerts pleins d’énergie aussi avec Magoyond qui propose un métal heavy un peu halluciné aux textes influencés par les monstres, les fous et les tueurs en série (un petit côté The Vision Bleak en version côté lumineux de la force), et un Naheulband qui a proposé une prestation comme toujours impeccable malgré quelques problèmes de son, et surtout sans retenue aucune pour son public : plus de deux heures sous des spots brûlants, ça c’est du dévouement !

Enfin, qu’on se le dise une bonne fois : non, les geeks ne sont pas tous des mecs, non, l’informatique et les jeux vidéos ne passionne pas que les adolescents, non, l’imaginaire et le jeu de rôle ne s’adresse pas qu’à des nolife sans copine. La gent féminine représentait sans mal la moitié du public de Geek Faeries – je dirais même davantage, mais je crains d’être un peu enthousiaste – et le soin apporté à leurs costumes, leur connaissance manifeste du milieu prouvait, s’il était besoin, qu’il ne s’agissait pas de pauvres nanas traînées malencontreusement par leur copain enthousiaste, mais bien de passionnées au premier chef et à part entière.

Ceci pour répondre au cliché que j’entends encore hélas parfois, du genre « étrange que cette fille joue aux jeux vidéos, elle doit avoir un côté garçon ». C’est bien connu, les filles n’aiment que la réalité vraie, celle constituée de vaisselle et de machines à coudre, cela explique ben pourquoi elles ne sauraient être en aucun cas ni athlètes, ni codeuses, ni militaires.

Il y a des gens qui ont envie de faire des choses : point barre.

2011-06-17T08:45:51+02:00vendredi 17 juin 2011|Le monde du livre|14 Commentaires

Grand Prix de l’Imaginaire 2011 : les lauréats

Les lauréats du Grand Prix de l’Imaginaire 2011 ont été annoncés samedi dernier au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. Félicitations à tous !

  • Roman francophone : May le monde de Michel Jeury (Robert Laffont)
  • Roman étranger : Le Fleuve des dieux de Ian McDonald (Denoël)
  • Nouvelle francophone : « Rempart » de Laurent Genefort (Bifrost n°58)
  • Nouvelle étrangère : « Sous des cieux étrangers » (Recueil) de Lucius Shepard (Le Bélial’)
  • Roman jeunesse francophone : La Douane volante de François Place (Gallimard jeunesse)
  • Roman jeunesse étranger : La Confrérie de l’horloge de Arthur Slade (Le Masque)
  • Prix Wojtek Siudmak du graphisme : Aleksi Briclot pour Worlds & Wonders (CFSL Ink)
  • Prix Jacques Chambon de la traduction : Nathalie Mège pour Le Don de Patrick O’Leary (Mnémos)
  • BD / Comics : La Brigade chimérique (tomes 1 à 6) de Fabrice Colin, Serge Lehman et Stéphane Gess (L’Atalante)
  • Manga : L’Île Panorama de Maruo Suehiro (Casterman)
  • Essai : Jean Ray, l’alchimie du mystère de Arnaud Huftier (Encrage)
  • Prix spécial : Poètes de l’Imaginaire, anthologie de Sylvain Fontaine (Terre de Brume)

Source, chez Imaginelf. Jetez notamment un coup d’oeil à l’article, les anecdotes de la cérémonie (à laquelle je n’ai pas pu assister) sont très sympa !

Voir la liste des finalistes.

2011-06-14T17:44:42+02:00mardi 14 juin 2011|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Grand Prix de l’Imaginaire 2011 : les lauréats

Finalistes du prix Elbakin

C’est la deuxième année que le jury du prix Elbakin se réunit pour annoncer ses finalistes ; un prix qui s’est déjà fait un nom respecté en seulement une année grâce au sérieux du grand site critique et d’actus consacré à la fantasy dont il émane et la pertinence de ses choix. Les lauréats seront annoncés en septembre.

Meilleur roman fantasy français

  • Avant le Déluge de Raphaël Albert, éditions Mnémos
  • Bankgreen, Thierry Di Rollo, éditions le Bélial’
  • Cleer, Laurent Kloetzer, éditions Denoël (Lunes d’Encre)
  • Les Buveurs d’Âmes, Fabrice Colin, éditions Fleuve Noir
  • Le Châtiment des flèches, Fabien Clavel, éditions Pygmalion

Meilleur roman fantasy français (jeunesse)

  • La Roue des Vents, Vincent Joubert, Ankama éditions
  • Les Hauts Conteurs : la Voix des Rois, Oliver Peru, Patrick McSpare, éditions Scrineo Jeunesse
  • Les Portes de Doregon, Carina Rozenfeld, éditions l’Atalante
  • L’Héritage des Darcer, Marie Caillet, éditions Michel Lafon
  • Myrihandes : le Secret des Ames-Soeurs, Meric Guilhem, éditions Au Diable Vauvert

Meilleur roman fantasy traduit

  • Fille du Sang, Anne Bishop, éditions Milady (traduction : Claire Kreutzberger)
  • Frey, Chris Wooding, éditions Bragelonne (traduction : Laurent Queyssi)
  • Jade, Jay Lake, éditions Eclipse (traduction : Valéry Reigneaud)
  • Kalix, la loup-garou solitaire, Martin Millar, éditions Intervalles (traduction : Marianne Groves)
  • Les Cent Mille Royaumes, N.K. Jemisin, Orbit (traduction : Alexandra Maillard)

Meilleur roman fantasy traduit (jeunesse)

  • Chroniques des Rivages de l’Ouest : Pouvoirs, Ursula K. Le Guin, éditions l’Atalante (traduction : Mikael Cabon)
  • Leviathan, Scott Westerfeld, éditions Pocket Jeunesse (traduction : Guillaume Fournier)
  • Le Peuple des Minuscules, Steve Augarde, éditions Albin Michel (traduction : Jean Esch)
  • Le Prix de la Magie : l’Epreuve, Kathleen Duey, éditions Castelmore (traduction : Nenad Savic)
  • Reckless, Cornelia Funke, Lionel Wigram, éditions Gallimard Jeunesse (traduction : Marie-Claude Auger)

[Source]

 

2011-06-10T11:01:49+02:00vendredi 10 juin 2011|Le monde du livre|3 Commentaires

Dix ans déjà

J’ai retardé longtemps l’écriture d’un petit mot sur ces Imaginales, en partie en raison du travail en ce moment, en partie parce que les comptes-rendus de festival me semblent toujours sonner terriblement creux, mais surtout parce que… dix ans. Dix ans que la manifestation existe, qu’elle a grandi, et, me suis-je rendu compte, dix ans aussi que j’ai rencontré certaines personnes et lié certaines amitiés devenues très chères à mon coeur, alors que je n’aurais jamais imaginé ne serait-ce qu’approcher les personnes en question. Oui, je fais ma guimauve, mais c’est comme ça.

C’est pour cela que c’est très difficile de rédiger un compte-rendu après coup, parce qu’il y a des moments forts qu’on ne peut pas raconter sans les affadir ; des rencontres fortes et inattendues avec un auteur avec qui l’on n’a jamais eu l’occasion de prendre une bière alors qu’on le croise depuis des années, des échanges avec des lecteurs qui vous renversent et vous laissent à la fois très heureux et très humble, des moments drôles et d’autres d’émotion, les retrouvailles avec les amis qu’on n’a pas vu depuis des années… Les Imaginales ont toujours eu un certain chic pour ça, et, malgré la croissance de l’événement en dix ans, l’événement n’a absolument pas perdu cette âme, cette chaleur qui en fait la spécificité, au contraire. Le fait que l’équipe soit la même depuis le début, dirigée par Bernard Visse et Stéphanie Nicot et épaulée par le personnel de la ville, doit contribuer à cette sérénité.

L’atelier d’écriture, reconduit pour la deuxième année, a été davantage placée sous le signe de la pratique, puisque Elisabeth Vonarburg nous a tous jetés, animateurs y compris bien sûr, sur le grill de l’écriture minutée avec contrainte, et c’est une excellent exercice. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas plié à l’exercice ; cela fait toujours un bien fou, je trouve, de se placer dans cette situation de danger pour se forcer à faire de son mieux sans tergiverser. Je m’amuserai à poster ici les bêtises qui sont sorties de mon clavier dans les jours qui viennent.

La fréquentation du festival a apparemment atteint des records cette année – on avance le chiffre de plus de 20 000 visiteurs – et la foule dans la bulle du livre donne, pour moi, raison à l’estimation. J’ai eu le plaisir de faire une incroyable séance de dédicaces samedi grâce à vous tous : merci d’être passés si nombreux, de vos mots gentils, des moments de rigolade et de vos attentions, dessins (même vu passer une réalisation maison des textes en accès libre reliés à la main !).

Je m’arrête là pour éviter de faire trente pages qui seraient forcément incomplètes de toute manière, et vous laisse plutôt avec des photos. À noter que l’une des deux tables rondes auxquelles j’ai participé (« Work in progress : blogs, twitter et autres ») est disponible en écoute sur ActuSF ici (on s’est bian amusé, apparemment la salle aussi à en juger des rires, mais on m’a fait remarquer après coup que nous n’avons que très peu parlé de l’aspect communautaire… et c’est vrai, et c’est une erreur). Surveillez aussi le RSFBlog : voilà un site qui sait faire des comptes-rendus, des vrais.

Et puis, si je gâche la fête, vous n’aurez plus de vraie raison de venir, et il faut venir l’année prochaine.

2011-06-07T08:35:29+02:00lundi 6 juin 2011|Le monde du livre|10 Commentaires

Atelier d’écriture : présentations de Jean-Claude Dunyach

De retour du festival Geek Faeries, incroyablement sympa (et bon dieu qu’il a fait chaud), toujours dans un marathon de corrections, mais oui, j’y suis allé costumé, et oui, j’ai une photo à proposer, si vous n’avez pas peur.

Mais il y a vachement plus intéressant que ma trombine : Jean-Claude Dunyach, écrivain de grand renom (deux Grands Prix de l’Imaginaire, quatre prix Rosny Aîné, excusez du peu), anthologiste, éditeur, co-animait pour la deuxième année consécutive l’atelier d’écriture des Imaginales dirigé par Elisabeth Vonarburg et où j’ai eu le plaisir d’intervenir également. Il met à votre disposition gratuitement ses deux présentations PowerPoint commentées lors de l’atelier, intiitulées « Devenir auteur, c’est trouver un éditeur ! » et « Quelques briques de base pour écrire… ».

Il me fait l’amitié et la confiance de me laisser les héberger en compagnie des miennes sur la page correspondante. N’hésitez pas à les étudier, surtout que deux auteurs ont toujours une vision différente des choses – même légèrement – et c’est la convergence de ces visions qui permet de construire la sienne et sa propre boîte à outils, par essais et erreurs.

2011-06-06T15:08:10+02:00lundi 6 juin 2011|Technique d'écriture|4 Commentaires
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