Procrastination podcast s10e17 – Les scènes de respiration et de répit

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s10e17 – Les scènes de respiration et de répit« .

Les scènes de répit figurent parmi les plus difficiles à écrire, notamment sur la durée d’un roman, car il semble, en surface, qu’il ne s’y « passe rien ». Elles sont pourtant cruciales pour le rythme, le développement des personnages, mais comme les enjeux y sont moins immédiats, le risque d’ennui à l’écriture et donc de perdre le lectorat est réel.

Estelle explique que cette distance avec les enjeux immédiats du récit, la lenteur supposée d’une situation forme justement l’occasion de placer l’attention sur les enjeux humains et leurs tensions, en plus d’apporter un changement bienvenu de rythme.

Lionel affirme que la maîtrise secrète du roman se trouve dans la compréhension et la gestion de ces scènes de répit. Il propose des clés techniques pour les dynamiser, en particulier quand le rythme plus général d’une histoire impose un ralentissement pour faire briller les moments de bravoure.

Mélanie ajoute que les scènes de respiration sont des moments capitaux pour planter des éléments déterminants pour toute la construction et les révélations mêmes d’un récit.

Références citées

  • Stephen King
  • Stranger Things, série créée par Ross et Matt Duffer
  • Star Wars, Un nouvel espoir, film de George Lucas
  • Vermines, film de Sébastien Vaniček
  • Les Autres, film d’Alejandro Amenábar

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2026-06-24T08:16:16+02:00vendredi 15 mai 2026|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s10e17 – Les scènes de respiration et de répit

Procrastination podcast s10e14 – Les personnages de contraste (foils)

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s10e14 – Les personnages de contraste (foils)« .

Les « foils » (personnages de contraste) sont une notion fondamentale en narratologie anglophone et semblent pourtant absents de la narratologie francophone. Il s’agit de personnages dont le comportement et la façon d’être permet opportunément à un autre de briller, ce qui ajoute un moteur de narration et de caractérisation supplémentaire à travers leurs interactions.
Lionel (qui s’excuse pour la qualité déplorable de sa prise de son sur cet épisode) développe la notion en détail, exemples à l’appui, avec les intérêts narratifs d’une telle dynamique, ainsi que ses pièges.
Estelle développe le concept comme école d’efficacité narrative par le contraste, souligne l’importance de donner une identité propre aux personnages ayant cette fonction, et expose l’intérêt et le plaisir qu’on aura à faire évoluer une telle dynamique.
Mélanie, la plus sage d’entre nous, caresse son chat.

Références citées

  • Sherlock Holmes, série de films par Guy Ritchie
  • Doctor Who, série créée par Sydney Newman, Donald Wilson et C. E. Webber
  • Star Wars, saga créée par George Lucas
  • Sherlock Holmes, série de romans par Arthur Conan Doyle
  • The X-files, série créée par Chris Carter
  • Le Seigneur des Anneaux, J. R. R. Tolkien
  • The X-Men, personnages créés par Stan Lee et Jack Kirby
  • Jerry Bruckheimer
  • Arabesque, série créée par Peter S. Fischer, Richard Levinson et William Link
  • Lucifer, série créée par Tom Kapinos
  • Bones, série créer par Hart Hanson d’après les romans de Kathy Reichs
  • Sherlock, série créée par Mark Gatiss et Steven Moffat
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2026-04-23T06:49:25+02:00jeudi 2 avril 2026|Procrastination podcast|1 Commentaire

Procrastination podcast s09e19 – Introduire les personnages

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s09e19 – Introduire les personnages« .

Introduire les personnages est une étape cruciale de la narration, et potentiellement délicate, car les présenter pour susciter l’intérêt de la lecture peut aller à l’encontre du rythme de la narration. Comment naviguer ce paradoxe, s’il existe vraiment ?

Lionel place l’importance sur le fait de connaître en profondeur ses personnages, se concentrer sur l’histoire et la dramatisation, et compter sur des situations intéressantes pour voir émerger l’ensemble.

Estelle signale que les jeunes auteur·ices tendent à se focaliser un peu trop sur la description physique, qui n’est même pas forcément nécessaire ; elle propose de montrer plutôt les personnages en action et interaction, avec quantité d’exemples à étudier.

Mélanie rappelle qu’en amont même de la narration, la place du personnage dans l’intrigue, la forme choisie pour le point de vue vont aussi dicter la manière de s’y prendre, et met en relief les différences d’approche entre roman et nouvelle.

Références citées

  • James Bond, personnage créé par Ian Fleming
  • Martin Eden, Jack London
  • Madame Bovary, Gustave Flaubert
  • Lestat le vampire, Anne Rice
  • The Marvelous Mrs Maisel, série d’Amy Sherman-Palladino
  • Joe Michael Straczynski
  • Anton Tchekhov
  • Le Prince cruel, Holly Black
  • Vernon Subutex, Virginie Despentes
  • I. G. H., J. G. Ballard
  • Nous avons toujours vécu au château, Shirley Jackson
  • Rebecca, Daphné du Maurier

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2025-08-04T11:04:22+02:00lundi 16 juin 2025|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s09e19 – Introduire les personnages

Deux places viennent de se libérer pour la retraite créative en forêt d’Orléans

Hop, hop, telex télématique newsflash télégraphe : suite à deux désistements, deux places sont à prendre pour la retraite créative sur le conflit narratif en forêt d’Orléans à la fin du mois (27-31 mai).

Vous pouvez découvrir le programme et réserver sur le site de Parenthèse Tiny House (si la retraite affiche encore complet au moment où je publie ça, c’est que le site n’a pas encore été mis à jour : n’hésitez pas).

2024-05-12T10:19:22+02:00dimanche 12 mai 2024|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Deux places viennent de se libérer pour la retraite créative en forêt d’Orléans

Ce qu’on fera pendant l’atelier « Techniques avancées de création de mondes imaginaires »

Les toutes dernières places restent à prendre pour l’atelier qui se déroulera en présence à Paris ou à distance s’évaporent rapidement ; pour vous hyper un brin, voici un petit mot avec Axel des Mots (il en a donc davantage) concernant la sauce à laquelle tout le monde sera mangé pendant ce stage intensif.

2024-04-20T09:59:22+02:00lundi 22 avril 2024|Entretiens, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Ce qu’on fera pendant l’atelier « Techniques avancées de création de mondes imaginaires »

Stage en présence ou à distance : Création de mondes imaginaires, techniques avancées (11-12 mai)

Ce stage que je craignais voué à l’obscurité la plus totale est devenu l’un de mes plus populaires, ce qui est génial – merci pour votre confiance. Du coup, l’école Les Mots et moi remettons le couvert pour une nouvelle édition en 2024 : Créer un monde imaginaire, techniques avancées se tiendra les 11 et 12 mai.

Qui ne connaît pas le célèbre « Luke, je suis ton père », le pouvoir terrifiant de l’Œil de Sauron ou encore la devise Winter is coming ? 

Des succès planétaires de Star Wars au Seigneur des Anneaux, de Game of Thrones à Harry Potter, l’imaginaire forme la première culture mondiale, transcendant les générations et les nationalités. 

Parler des « littératures de l’imaginaire » est en réalité un raccourci pour désigner les littératures des mondes imaginaires. Ces réalités fictionnelles peuvent être proches de la nôtre dans le cadre du fantastique ou de la fantasy urbaine, ou bien totalement disjointes comme dans le cas de la Terre du Milieu ou de Westeros. Ce qui régit ce monde, qu’il s’agisse de l’horreur indicible des Grands Anciens de Lovecraft, des systèmes magiques extrêmement poussés et complexes de Brandon Sanderson ou de la science du voyage spatial et des relations entre espèces extraterrestres dans Star Trek, constitue ce que l’on peut appeler « l’hypothèse de monde » imaginaire. 

Or la construction d’un monde imaginaire est une entreprise créative à part entière, mais pour laquelle l’auteur ou autrice doit ménager un équilibre délicat : proposer une réalité complexe, tangible et intéressante, sans pour autant ensevelir l’intérêt de son récit sous l’exposition.

Cet atelier vise à explorer les difficultés spécifiques de cette approche à travers des exercices et techniques opérantes afin d’étoffer ses mondes imaginaires, d’y rechercher de nouvelles occasions narratives, et surtout de dynamiser ses histoires et d’esquiver les pièges les plus courants.

Pour suivre cet atelier il est indispensable : 

● De posséder une familiarité de base avec l’imaginaire et ses genres (science-fiction, fantasy, fantastique), que ce soit sous forme littéraire, cinématographique et/ou ludique.

● D’arriver à l’atelier avec une proposition succincte d’hypothèse de monde imaginaire (une demie-page minimum définissant les grandes règles du fonctionnement de la réalité fictionnelle en question selon les intérêts de l’auteur ou autrice : réalité géographique, physique, magique, ou bien sociale, ou encore un peu de tout cela à la fois). Elle servira de base au travail du stage.

Une pause repas d’une heure est prévue chaque jour de 12:30 à 13h30. Vous êtes libres de déjeuner à l’extérieur ou d’apporter votre repas sur place – un frigo et un micro-ondes seront à votre disposition, ainsi que du thé et café à volonté !

Les inscriptions se font via l’école Les Mots, et tout peut être suivi sur place à Paris, ou bien à distance (ça fonctionne très bien). Comme toujours, les places sont limitées (10 maximum) et cela se remplit déjà, donc si vous êtes intéressé·e, ne tardez pas.

2024-04-26T09:48:32+02:00lundi 12 février 2024|À ne pas manquer, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Stage en présence ou à distance : Création de mondes imaginaires, techniques avancées (11-12 mai)

Du 27 au 31 mai 2024 : Retraite créative sur le conflit narratif

Je suis enchanté de retourner en mai prochain chez Parenthèse Tiny House, pour proposer à nouveau une retraite créative d’une semaine sur le conflit narratif !

Bibi ne démontre pas une prise de sumo, mais le conflit frontal

Parenthèse, c’est un site sublime, une forêt de 5 hectares à un jet de pierre de Paris avec des habitations miniatures dans le silence et la nature pour se ressourcer, un contexte en plus forcément propice à la création. Et justement, j’ai le plaisir de proposer un stage intensif autour de ma notion favorite, le conflit narratif, soit la chair même des histoires.

Chaque journée s’organise autour de temps réguliers :

  • De la théorie ;
  • De l’écriture, avec notamment un long exercice quotidien à réaliser dans son habitation pour avoir le temps de se concentrer (ce qu’il est quasiment impossible de faire dans les ateliers d’écriture classiques) ;
  • Des temps de conversation et de débriefing en groupe ;
  • Et des temps de respiration si l’on désire, notamment d’activités autour de la nature à Parenthèse.

Tout le programme est disponible sur le site de Parenthèse, ou bien ci-dessous :

➡️ Découvrir le programme de la retraite et réserver (10 places disponibles)

2024-03-27T01:16:13+01:00lundi 18 décembre 2023|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Du 27 au 31 mai 2024 : Retraite créative sur le conflit narratif

Le conflit narratif n’est finalement pas un triste commentaire sur notre espèce (peut-être)

Et ces traces, un jour, un autre être affligé,
Voguant sur l’Océan solennel de la vie,
Pauvre frère en misère, et seul et naufragé,
En les voyant, Peut-être aura plus d’énergie.

« Le Psaume de la Vie », Henri Wadsworth Longfellow, trad. Sir Tollemache Sinclair

Je crois fondamentalement que toute histoire est conflit narratif, et que tout conflit narratif est histoire ; je donne des ribambelles d’ateliers sur le sujet et appréhender cette notion m’a ouvert des horizons de subtilité comme d’efficacité narrative. En résumant très vite, un récit narratif dramatise le traitement d’une volonté se frottant à des résistances ; ce qui est le conflit. Il n’est pas nécessairement frontal (Iron Man contre Thanos), au contraire, c’est quand il est ambigu qu’il ouvre toute la richesse de la psychologie humaine (Emma Bovary frottant son idéalisme aux basses réalités du monde matériel). Le conflit alimente la tension et les enjeux ; il nourrit l’intérêt ; il donne aux personnages l’occasion d’exprimer leur vérité ; il accroît la longévité, amplifie le champ de conscience, est vital au voyage spatial.

Un aspect m’a longtemps gêné cependant, et ce fut l’occasion d’en discuter sur le forum Elbakin.net : le conflit m’a paru comme une triste observation sur l’espèce humaine – on aspire plutôt à une existence sans conflit, quand on en est plutôt friand dans nos histoires. Serait-ce à dire que notre espèce reste fondamentalement animée par un goût voyeuriste de l’adversité, sorte de Schadenfreude jouissif tandis qu’on voit Frodon saigner des oreilles sur la route du Mordor, puisque, comme le dit l’adage, « les gens heureux n’ont pas d’histoire » (sous-entendu : qui vaille la peine d’être racontée) ? Sommes-nous fondamentalement vilains, des animaux excités par la vue du sang et réjouis que ça ne soit pas le nôtre ?

Je l’ai un peu cru, jusqu’à recoller cette observation sur la narration avec cette vérité fondamentale de l’existence : « La vie n’est que peine, ceux qui vous disent le contraire essaient de vous vendre quelque chose. » Ou, de façon un brin plus élégante dans les mots de G. K. Chesterton : le rôle des contes de fées consiste à expliquer aux enfants que les monstres peuvent être vaincus.

La soif pour le conflit en narration ne relève pas du Schadenfreude, du voyeurisme, mais au contraire de l’humanité. La deuxième loi de Sanderson formule que les limitations sont plus intéressantes que les pouvoirs car ce sont les limitations qui fournissent les occasions narratives par le conflit ; elles les fournissent, dans un contexte magique, supernaturel, car elles nous ramènent à la réalité fondamentale de notre humanité, soit que la vie peut être difficile le lundi. Et, ce faisant, la narration nous offre un accompagnement, un soutien, une grille de lecture, une réassurance quant à ces difficultés de la vie. On s’intéresse à Superman parce que la kryptonite le rend vulnérable, soit : humain ; non pas parce qu’il en bave et que c’est bien fait pour sa tronche de Kryptonien surpuissant, mais parce que cette fragilité le rapproche de nous, et que sa manière d’affronter cette adversité peut, par voie de conséquence, nous inspirer à notre tour. C’est là que les histoires sont formidables.

En d’autres termes extrêmement simples, le conflit narratif se situe à l’opposé diamétral du Schadenfreude : c’est au contraire un vecteur fondamental de compréhension, d’éveil de fraternité entre les événements fictifs dépeints et ceux nécessairement contrastés de notre vie. Le traitement du conflit – quelle qu’en soit la résolution, heureuse ou non – est un appel à l’empathie et à la réflexion, puisque l’on recompose nécessairement les événements d’un récit à travers le prisme de notre propre sensibilité, de notre propre théâtre mental et donc, à terme : des résistances inévitables de notre propre vie esseulées.

C’est tellement simple, j’ai tellement l’impression d’enfoncer des portes ouvertes que j’ai presque honte d’écrire ça à 45 ans, mais hé, comme c’est une conversation que l’on a de loin en loin, je me dis, je pose ça là, et de toute façon, tout le monde aura oublié quand Elon Musk aura défoncé le siège de Disney avec un Cybertruck pour montrer qu’il est indestructible. Lui-même, pas le Cybertruck.

2023-12-04T07:22:55+01:00jeudi 7 décembre 2023|Best Of, Technique d'écriture|3 Commentaires

Procrastination podcast s08e03 De beaux sentiments sans tomber dans les bons sentiments

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s08e03 De beaux sentiments sans tomber dans les bons sentiments« .

Une certaine concentration actuelle des attentes du marché sur la tension narrative, le conflit, le rythme peut faire crainte la difficulté d’écrire des relations peut-être saines ou pacifiques entre personnages. Peut-on le faire ? Comment écrire de l’enjeu et de la tension sans tomber dans la cruauté et la violence ? Pour Estelle, justement, un premier levier consiste à prendre conscience que celles-ci ne sont pas obligatoires ; au contraire, s’en abstenir permet de marquer du contraste. Ensuite, il convient d’accepter que dans un monde sombre aux événements âpres, les relations ne sont pas forcées de suivre le même motif. Mélanie souligne justement, exemples et choix de narration à l’appui, la puissance que ce contraste entre normalité et cruauté peut acquérir dans un récit. Pour Lionel, la difficulté s’enracine dans une compréhension restrictive ce qui fait un conflit narratif et sa tension, lesquels peuvent sortir du modèle frontal, interpersonnel et intense pour aborder quantité d’autres façons de raconter.

Reférences citées

  • L’Armée des ombres, film de Jean-Pierre Melville
  • The Last of Us, série de Neil Druckmann et Craig Mazin
  • Harper Lee, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur
  • J. R. R. Tolkien, Le Seigneur des anneaux
  • Star Trek, série créée par Gene Roddenberry
  • Ted Lasso, série de Bill Lawrence, Jason Sudeikis, Brendan Hunt et Joe Kelly
  • Doctor Who, série créée par Sydney Newman et Donald Wilson

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2023-11-01T08:17:00+01:00lundi 16 octobre 2023|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s08e03 De beaux sentiments sans tomber dans les bons sentiments

Les éditeurs n’ont pas pour mission de vous faire progresser

This just in, cet excellent fil sur Twix (ben quoi ?) d’absolue utilité publique :

Et qui me rappelle deux choses : d’une part, la passionnante intervention de Mireille Rivalland dans l’épisode 501 de Procrastination, où elle expliquait ouvertement que dans ses débuts à l’Atalante, elle renvoyait des retours circonstanciés pour chaque refus de manuscrit, et que les discussions sans fin qui s’ensuivaient ont fini par la dissuader de rentrer là-dedans.

D’autre part, des réflexions amères qui passent de loin en loin sur les réseaux, concernant, le fait que les maisons d’édition ne veulent pas aider les jeunes auteurs, relire des manuscrits déjà soumis auparavant, et mettent des années à répondre – insérez les frustrations courantes vis-à-vis du système.

Mes amis, je suis navré, je vais être brutal, mais les maisons d’édition n’ont pas pour vocation de vous apprendre à écrire ni de vous faire devenir de meilleurs auteurs, du moins pas tant que vous et elle ne vous êtes pas accordés un minimum sur un projet à défendre (ce qui implique un niveau basal de compétence comme de professionnalisme pour arriver à construire ladite entente), et là encore, vous n’êtes pas la finalité, c’est le projet, la finalité. (Votre apprentissage est un heureux sous-produit du processus, qui pourra être réinvesti dans tous les projets à venir, qui se conduiront à nouveau avec les mêmes équipes si tout le monde est content.) Ce sont des entreprises qui sont chroniquement en sous-effectif, noyées sous la masse des soumissions (qu’elles lisent et éclusent néanmoins parce qu’elles aiment sincèrement le livre) et dont le travail est de produire de chouettes livres pour leur public.

Pas de prendre en main votre carrière à vous. Vous êtes la seule personne à pouvoir le faire.

Encore une fois, appliquons la transformée simple qui consiste à transposer la problématique dans le domaine de la musique :

Une maison de disque n’a pas pour rôle de vous apprendre à chanter ni à jouer de la guitare, hein ? C’est absurde, on est d’accord ? Si vous présentez du potentiel, et si la rencontre esthétique / artistique se fait, alors oui, la maison va vous aiguiller et bâtir dessus. Mais il faut déjà que le potentiel soit là, et cela veut dire savoir jouer un minimum de son instrument.

C’est exactement la même chose dans l’édition littéraire, ni plus, ni moins. La difficulté inhérente à l’édition est que le langage est un outil largement plus répandu que le chant lyrique, et qu’il est donc plus ardu de voir soi-même si l’on chante juste ou pas. D’où l’importance supplémentaire du travail et, oserais-je dire, du retour critique.

Sérieusement, lisez le thread ci-dessus – chaque twix (je ne m’en laisserai pas) est un distillat d’un problème chronique dans le monde de l’édition pour les jeunes auteurs, et certaines réponses imbéciles qui y ont été faites ne viennent qu’inscrire un gros « CQFD » en lettres de feu visibles depuis Jupiter. Sur chaque point qu’adresse Bleuenn, les éditeurs pestent en coulisses depuis des années.

Maintenant, ne déprimez pas. Au contraire. Soyez malins. Revers positif de la médaille : si, sans même parler d’attitude professionnelle, vous vous comportez avec un minimum de bon sens, c’est-à-dire que vous n’arrivez pas comme un complet abruti sorti du métatarse de Jupiter, vous vous placez au-devant d’une grande masse qui, tragiquement, s’autodisqualifie. Dans votre cas, il ne restera plus qu’à parler du texte, ce qui place la conversation sur le seul domaine où, très franchement, elle devrait se tenir avant toute chose !

Les ressources disponibles aujourd’hui pour travailler son écriture sont ultra abondantes (je me contenterai de citer la nôtre et la mienne). Écrire, c’est comme un instrument de musique : ça demande autant de boulot. Alors : au travail – c’est comme toujours la seule chose que vous contrôlez. Bon courage – et bon dieu, amusez-vous !

2023-07-31T09:15:39+02:00lundi 31 juillet 2023|Technique d'écriture|2 Commentaires
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