Parlons sérieusement d’Internet (1) : caveats et prolégomènes

Pour conserver du respect pour les saucisses et les lois, il ne faut point les regarder faire. – Bismarck

Le conseil constitutionnel a décapité le concept de riposte graduée de la loi HADOPI, le gouvernement prépare une nouvelle étape dans la régulation d’Internet (loi LOPPSI 2), les ventes de disques sont en chute libre, le livre s’intéresse à l’édition électronique, the times, they are a-changin’…

Les débats sur le téléchargement, la consommation de la culture, l’information et l’expression en ligne durent depuis une bonne dizaine d’années, de la bulle Internet (qui fit un retentissant ploc) aux autoroutes de l’information en passant par le jeu en ligne, les réseaux sociaux, la mutation de la presse. Seulement, récemment, le législateur français a  décidé de s’y intéresser de près, d’abord avec la loi DADVSI et surtout avec la tristement célèbre loi Création et Internet, dite HADOPI, qui fait encore des vagues.

Sauf qu’il fait un peu nawak.

Et que, pendant que nos députés s’amusent à comprendre la différence entre un pare-feu et un logiciel de bureautique (« Mais sur les logiciels libres vous pouvez également avoir des pare-feux […] Par exemple, nous au ministère, nous avons un logiciel libre, qui s’appelle Open Office » – célèbre bourde de Christine Albanel) , qu’ils s’efforcent de réglementer un système dont leur ignorance crasse ne vaut que celle de leurs prétendus experts, la culture, ses acteurs et ses artistes se débattent en nombre pour garder la tête hors de l’eau et s’efforcer de survivre (« Nous allons continuer à nous battre contre le droit des auteurs » – Malencontreux lapsus de la même).

Et ça, ça me rend méchant.

Bref, on n’est pas là pour déconner.

Euh… bref.

(suite…)

2010-02-01T18:28:48+01:00lundi 22 juin 2009|Humeurs aqueuses|3 Commentaires

So say we all

Quand j’ai appris que Ronald D. Moore (scénariste principal de Battlestar Galactica 2003), Edward James Olmos (William Adama), Mary McDonnell (Laura Roslin) et David Eick (producteur de la série) avaient été invités à l’ONU en mars dernier pour discuter des droits de l’homme, du terrorisme, du dialogue entre civilisations, j’avoue que j’ai haussé un sourcil dubitatif. Olmos n’est pas l’amiral Adama, McDonnell n’est pas Roslin, et si ce sont certainement des personnes de qualité, j’ai considéré l’événement avec méfiance, pensant à l’opération commerciale. Et puis je suis tombé là-dessus :

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2010-02-01T18:29:01+01:00lundi 15 juin 2009|Fiction|Commentaires fermés sur So say we all

L2P (learn to do politix)

« Au-delà de la démagogie de la droite et de la dispersion de la gauche qui ont rendu possible cette situation, j’assume pleinement la responsabilité de cet échec […]. J’invite les socialistes et la gauche à se mobiliser et à se rassembler dès maintenant pour les élections législatives afin de préparer la reconstruction de l’avenir. »

– Lionel Jospin, 21 avril 2002

« Je suis convaincue aujourd’hui que notre échec est d’abord celui de notre incapacité à nous rénover profondément. […] Nous payons aujourd’hui les divisions d’hier, un parti refermé sur lui-même et je crois aussi une insuffisante ouverture, et sur la société, et sur les autres forces de gauche. […] Je prends la responsabilité collective qui est la nôtre, qui est celle de notre parti et de ses dirigeants. »

– Martine Aubry, 8 juin 2009

Dites, les enfants, serait vraiment grand temps de se foutre un pied au de se réveiller un peu, là. Sept ans sur la même excuse, c’est long, il ne nous en reste plus que trois avant l’Apocalypse Maya de 2012. Enfin, du coup, ce jour-là, on saura vers qui se tourner en premier.

2010-02-01T18:29:06+01:00lundi 8 juin 2009|Humeurs aqueuses|3 Commentaires

La recherche de bourse pour les Nuls

Quand ils rédigent la section « buts et objectifs » d’une demande de bourse à une fondation, les candidats ressemblent à des écrivains de science-fiction. Ils imaginent l’avenir. Bien sûr, une différence fondamentale les sépare : là où les auteurs de SF présentent généralement des fantaisies, les chercheurs discutent de ce qui est réaliste et faisable.

– Cheryl A. Clarke, Storytelling for Grantseekers

Hahaha. Voilà qui témoigne d’une mignonne méconnaissance d’une part non négligeable de la science moderne. Ou de la SF. Voire des deux.

(Info récupérée via Ansible.)

2010-02-01T18:29:12+01:00jeudi 4 juin 2009|Humeurs aqueuses|2 Commentaires

Il n’est toujours pas un homme libre et il n’est pas content

Un remake du Prisonnier… Bon, évidemment, on ne voit rien, sinon que Ian McKellen joue là-dedans (dans le rôle du Numéro 2 ?), qu’on peut espérer qu’il sache choisir ses scripts, donc que ce remake ne soit pas trop loupé. J’avoue, je rêve à un discours acerbe et réaliste sur les dérives du monde moderne, mais tout en subtilité et en maîtrise, sans tomber dans la moralisation lourdingue ni l’anarcho-syndicalisme de bas étage, avec des personnages bien campés, des scénarios sortant de l’habituel « comment Numéro 6 va-t-il se faire bananer cette semaine ? », de multiples coups de théâtre et un final à la fois surprenant et compréhensible…

En gros, qu’ils fassent au Prisonnier ce que d’autres ont réussi avec Battlestar Galactica.

Rendez-vous en novembre pour être déçu (je préfère prendre les devants…).

(Merci à GiBa pour l’info.)

2010-02-01T18:29:18+01:00mardi 2 juin 2009|Fiction|3 Commentaires

Interfictions 2, on vous couvre²

Je n’en avais pas parlé plus tôt (honte à moi), mais l’oeuvre choisie pour la couverture d’Interfictions 2 (où paraîtra la traduction de « L’île close » réalisée de main de maître par Edward Gauvin), anthologie dirigée par Delia Sherman et Christopher Barzak, avait été choisie il y a quelque temps ; il s’agit de E d’Alex Myers. Il est temps de réparer cette omission alors que l’Interstitial Arts Foundation vient de dévoiler la couverture finale du livre :

Interfictions 2

Sur un marché où publier des anthologies est toujours difficile, où l’étiquette de « genre » est obligatoire, un livre comme celui-ci est un pari risqué, ne serait-ce que par son but avoué d’abattre les barrières entre courants littéraires. En conséquence, l’IAF vient de publier un appel à dons pour soutenir le livre.

Par ailleurs, en rapport avec « L’île close » et l’anglais, j’avais eu le plaisir d’être interviewé par Cheryl Morgan à l’issue de la remise du prix Imaginales. La vision d’une étrangère sur un festival français est toujours très intéressante ; je vous recommande le journal de sa visite, notamment son journal vidéo. En ce qui me concerne, c’est ici que ça se passe (en anglais).

2010-02-01T16:55:22+01:00lundi 1 juin 2009|Actu|Commentaires fermés sur Interfictions 2, on vous couvre²
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