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Un an avec une montre connectée

OK, auguste lectorat, j’assume, j’ai un seul vrai luxe dans la vie (au sens où j’achète des trucs parfois pas trop nécessaires, mais qui me font plaisir et dont je me sers et qui au final me rendent toujours un peu plus efficace), c’est la technologie. Est-ce que j’avais besoin d’une Apple Watch il y a un an et demi ? Pas vraiment (à part que je n’avais plus de montre et que, tout bien considéré, ça coûte vachement moins cher qu’une montre « bijou », un achat bizarrement bien plus accepté socialement). Mais ça fait maintenant un an et demi que je l’ai, je me rends compte que je m’en sers régulièrement, et je me disais : hé, essayons de faire le bilan et de voir si l’on peut répondre à la question :

Ça sert vraiment, ces trucs-là ? 

Poils de bras fournis en option.

Le matériel

Étant passé totalement dans l’écosystème Apple il y a près de trois ans, la logique voulait donc que je finisse de vendre en âme en achetant une Apple Watch : série 2 (donc sans connectivité cellulaire), en 42mm (la grande, parce que je suis grand, enfin presque), liée à mon iPhone. Les goûts et les couleurs jugeront de l’engin, mais au quotidien, je la trouve jolie et plutôt élégante : elle se remarque (ça reste une tocante, c’est censé être un peu sympa), mais pas trop. La qualité de fabrication est sans reproche – la mienne a voyagé en Islande, Australie et j’en passe (elle repart avec moi en fin de semaine) et ne montre aucun signe d’usage supérieur à une tocante classique.

Au début, je la portais résolument au quotidien pour en prendre l’habitude, et force est de constater que l’habitude a pris sans aucun effort. Même si je la recharge tous les soirs (quoique elle tiendrait deux jours sans problème), ça n’est pas plus compliqué que de recharger son téléphone, ce qu’on fait déjà de toute façon, et le geste supplémentaire ne coûte rien.

Ce que ça fait

À l’usage, l’Apple Watch (qui est leader du marché) fait principalement trois choses :

Déporter les notifications du téléphone au poignet. Ça paraît ultra gadget comme ça mais en fait, c’est drôlement utile, à condition évidemment d’être un peu un ninja de la notification. C’est-à-dire de trier drastiquement ce qui remonte au poignet pour ne pas être submergé dès le moindre spam qui débarque. C’est mon cas, et je sais donc que quand mon poignet vibre (elle peut sonner, mais je n’en vois absolument pas l’intérêt), c’est quelque chose dont je veux être au courant : messagerie instantanée (SMS ou autres), un appel (je ne perds plus d’appels importants parce que je n’ai pas entendu mon téléphone alors que je suis en vadrouille), le quai d’où partira mon train avec le rappel de ma place, etc. Cela rend un nombre étonnant de services au bon moment.

Tracker de santé. C’est le gros argument mis en avant par Apple, et en tant que sédentaire qui bouge (si, si, ça existe – j’écris assis sur mon steak – comme on dit au Québec – dans des endroits très variés), je pensais la chose parfaitement superflue, et, aaaah, ils m’ont eu ces enfoirés. Oui, j’ai envie de fermer mes trois anneaux tous les jours : dépenser des calories, faire 30′ d’exercice, me lever au moins une fois par heure (utile pour un sédentaire qui bouge). Je me rends compte à l’usage que ça ne coûte finalement pas si cher de remuer un peu et si ça ne fait pas de moi un athlète de haut niveau, ça pourrait peut-être me permettre de, pour reprendre l’expression de ma chère maman il y a des années, « mourir en bonne santé ». C’est rigolo, ça donne bonne conscience, et pour la marche rapide, le capteur d’activité cardiaque est bien pratique pour rester dans la bonne zone qui fait travailler le cardio au bon niveau. Bref, même pour quelqu’un qui n’est pas un foudre de guerre du sport, l’Apple Watch m’a sensibilisé à faire un peu attention à moi parce que c’est marrant à utiliser, et là, c’est quand même une grosse victoire.

Déporter des informations importantes au poignet (applications). Une montre connectée, c’est comme un petit smartphone, évidemment, donc il y a des applications, forcément simplifiées et encore très inféodées au téléphone (mais ça évoluera forcément). Utiliser une application sur un écran de 42 mm n’est pas la joie, donc beaucoup de choses passent par des commandes vocales et je me surprends à utiliser Siri de plus en plus, et, truc de dingue, ça marche globalement bien. Faire ma valise pour partir en salon (ou à l’autre bout de la Terre) et demander à Siri le temps qu’il fait là-bas ; penser à un truc et demander à Siri de me le rappeler ; consulter ma liste de courses les mains libres chez Carouf ; dire à Siri d’envoyer un SMS prévenant que j’aurai cinq minutes de retard à ma destination ; présenter le QR code de mon billet de train au contrôle alors que j’ai les mains chargées de bagages et que mon téléphone est rangé ; consulter mon OmniFocus ; minuter un pomodoro ; être guidé vers ma destination à l’étranger sans loucher sur mon téléphone comme un gros touriste, etc.

Et l’usage le plus génial qui soit, payer.

Payer sans contact avec sa montre, en toute sécurité, est un vrai geste de science-fiction qui est aussi drôlement pratique (plus de monnaie à se trimballer) – et, get that, ça marche à l’étranger de manière totalement transparente. Tellement de science-fiction que ça fait un an et demi que je l’ai, donc, et ça ne loupe encore jamais, à chaque fois, les commerçants me regardent d’un air halluciné comme si je venais de leur révéler le secret de la fusion froide. (Soit dit en passant, quand je constate le nombre de Watches à l’étranger, je me dis que notre pays est parfois un peu en retard sur le présent.)

Bon, et c’est indispensable, alors ?

Franchement ? Ça dépend du mode de vie. Le mien est celui d’un indépendant qui passe plus de la moitié de son temps hors de chez soi, en salon littéraire, en conférence, en volontariat et j’en passe. Le travail mobile permis par la technologie a été une vraie bouée de sauvetage pour moi, me permettant de bosser à peu près normalement à peu près n’importe où (et étant à peu près n’importe où à peu près n’importe quand, c’était bienvenu). Dans ces conditions, la Watch me rend quantité de petits services extrêmement appréciables, et me pousse en plus à prendre soin de moi, ce qui est toujours une bonne chose. Avoir mes billets de train, ma carte bancaire, les informations importantes du moment accessibles rien qu’en levant le poignet est extrêmement agréable. Si vous êtes du même genre, un peu technophile et/ou vaguement sportif (quelqu’un de très sportif possédant déjà sans doute une montre connectée dédiée à la performance et plus précise), eh bien, la Watch, c’est chouette. Je ne vois pas comment dire autrement : c’est chouette, vachement chouette.

Maintenant, soyons clairs : je ne trouve pas ça transformatif comme l’est un smartphone. Sans smartphone, je suis vraiment embêté : je peux évidemment fonctionner, mais des tas de frictions qui avaient disparu refont surface et me compliquent drôlement la vie. L’absence de la Watch ne génère pas ce niveau de complication1, mais je m’y suis suffisamment attaché pour maintenant regretter son absence quand le cas échée. Tout en considérant que c’est juste « vachement pratique » et non « quand même pas mal nécessaire » comme l’est le téléphone.

Mais n’en doutons pas, l’avenir est aux wearables – la technologie qui se porte sur soi. La Watch me montre tous les jours ce que ce produit est appelé à devenir et tout le potentiel qu’il représente. On n’en est qu’aux balbutiements, mais aussi, on est actuellement en train de sortir du public d’early adopters comme l’est ton humble serviteur, auguste lectorat, pour arriver au grand public. Ça tombe bien, la technologie commence à être mature (la Watch série 4 devrait sortir cette année avec la cinquième itération du système d’exploitation, watchOS) et je crois que l’informatique personnelle (informatique, quel mot étrangement daté dans ce contexte) en passera, lentement mais sûrement, par là, et qu’un jour, le smartphone semblera aussi curieusement daté que le moniteur cathodique.

Mais on n’y pas encore, et dans l’intervalle, c’est chouette.

  1. Si vous en avez une, vous apprécierez ce jeu de mot puissamment rigolo.
2018-04-05T07:58:10+02:00jeudi 5 avril 2018|Geekeries|17 Commentaires

En avril avec les orques d’Islande

Pour ceux et celles qui ont rejoint le navire il y a moins de six ans (où je parlais un peu plus du truc), dans une vie antérieure, j’étais biologiste marin (ingénieur halieute, pour être exact). En gros, il s’agit de l’agronomie de la mer, sauf que moi, je voulais protéger les baleines et les dauphins, parce que. Et les orques, surtout. En 2011, j’ai été éco-volontaire un mois et demi au Pays de Galles avec Sea Watch Foundation, en 2012 en Écosse avec le Hebridean Whale and Dolphin Trust (les liens vous amèneront sur les carnets de voyage correspondants). Divers raisons (boulot, écriture, vie personnelle un peu dans tous les sens) m’ont empêché de répéter l’expérience chaque année comme j’en avais l’intention, mais certaines choses doivent se prendre à bras le corps et décider d’être faites, et, auguste lectorat, je repars donc à la fin de la semaine, pour un mois de volontariat en Islande, cette fois, auprès des orques et pour le compte de la fondation Orca Guardians. Yeah !

Orca in the fjord

J’avais déjà parlé de loin en loin d’Orca Guardians en ces lieux, la raison étant que j’ai d’abord découvert la fondation comme touriste et que j’avais eu par le passé l’occasion de travailler avec sa présidente, Marie Mrusczok. La méthode de travail d’Orca Guardians m’intéresse particulièrement car il y a une position très forte contre toute forme de recherche pouvant être considérée invasive : il s’agit uniquement d’observer, de photographier et d’apprendre et d’inférer le maximum via des sorties presque quotidiennes. La fondation est en effet soutenue par Láki Tours, entreprise de whale watching éco-responsable, qui donne à Orca Guardians un point de vue assez unique dans le domaine. (Si vous passez dans la région, c’est là qu’il faut aller pour voir des animaux !)

Iceland_location_map.svg: NordNordWest & Виктор В (CC-By SA)

La fondation Orca Guardians est basée à Grundarfjörður, dans la péninsule de la Snæfellsnes (je sais, je sais : j’ai mis une carte). C’est la 36e ville la plus peuplée d’Islande… avec seulement 836 habitants (à titre de comparaison, la capitale Reykjavik en compte 119 000). Veillée par le très photogénique et photographié mont Kirkjufell, située à l’orée d’un fjord où le hareng riche attire les cétacés, Grundarfjörður dégage cette impression à la fois d’âpre sérénité et de chaleur humaine unique à l’Islande. Le volontariat écologique tient toujours pour moi aussi de la retraite monacale.

Mes tâches consisteront principalement à prêter assistance lors des sorties pour la récolte de données (photos et observation), à contribuer à ce que les passagers aient une belle expérience, et à prêter main-forte à l’animation du blog et des réseaux sociaux (je vous recommande vivement la page Facebook d’Orca Guardians, régulièrement mis à jour, avec des photos incroyables). Et d’autres trucs très très cools pourraient se profilent aussi, mais j’attends de voir comment ça s’organise et si je peux en parler pour, euh, en parler.

L’une de mes tâches consistant expressément à écrire pour le compte d’Orca Guardians (yeah !), je vais m’efforcer de bloguer un peu plus que les fois précédentes si j’y arrive. Au moins, pour les anglophones, il devrait y avoir des choses à se mettre sous le croc.

Il va me falloir 48h de voyage pour rallier Grundarfjörður depuis Paris (je décolle dimanche, j’arrive théoriquement lundi). Ça s’annonce comme une équipée bien plus compliquée qu’avec une voiture de location en simple touriste pour un séjour de dix jours, mais ça fait partie de l’aventure. Si je trouve du wifi, je vous parlerai de bus.

 

 

 

 

2018-04-04T10:58:48+02:00mercredi 4 avril 2018|Carnets de voyage|9 Commentaires

Procrastination podcast S02E14 : « Se faire une scène »

procrastination-logo-texte

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « Se faire une scène« .

Dissensions et avis divergents dans cet épisode de Procrastination ! Qu’est-ce qu’une scène ? À quoi cela peut servir dans la construction d’un récit ? Laurent l’aborde plutôt à travers l’angle de la session d’écriture et de lecture, Lionel par celui de l’édifice narratif, et Mélanie se trouve entre les deux. Finalement, divers angles d’approche pour recouvrir la même réalité !

Références citées !
– Psychose (film d’Alfred Hitchcock)
– Mes secrets d’écrivain, Elizabeth George
– Ghost in the Shell (film de Mamoru Oshii)
– Harry Potter et la Chambre des Secrets, J. K. Rowling

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

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Bonne écoute !

2019-05-04T18:47:08+02:00lundi 2 avril 2018|Procrastination podcast, Technique d'écriture|1 Commentaire

Un nouveau podcast d’aide à l’écriture : Productivité !

 

Auguste lectorat, après bientôt un an de podcast, je me rends compte que je prends vraiment goût à ce média et j’ai donc décidé de lancer en solo une nouvelle émission, baptisée Productivité !, fondée sur les aspects beaucoup plus techniques de l’organisation des indépendants au jour le jour.

En d’autres termes, il s’agira de maximiser son ROI sur le temps consacré à la production de contenus originaux visant des cibles bien établies dans une segmentation littéraire, afin d’obtenir un indéniable plus-produit apte à satisfaire tous les partenaires économiques de la chaîne du livre. Du réseautage 3.0 à la valorisation digitale sur les nouveaux marchés du libre et de l’entraide, nous verrons comment la transparence top-down permet à l’écrivain numérique de se positionner en réel moteur de la consultation citoyenne où crowdfunding et marketing direct sont les maîtres mots. Car ces pratiques innovantes tracent une nouvelle carte de la diffusion où les intermédiaires sont appelés à une mutation en profondeur ; enfin, chacun dispose des compétences pour se comporter en égal dans une optique de collaboration complète. Au XXIe siècle, l’écrivain est un cré-acteur, un propulseur local, un consultant fluide qui amène les perspectives novatrices d’une redistribution totale du tableau actuel.

Avec Productivité !, vous apprendrez à être des gagnants du freelancing à l’aide de techniques originales éprouvées par tous les grands fondateurs de start-ups. En avant-première, je vous propose le programme des huit premiers épisodes de la première saison :

  1. Le sommeil est-il vraiment utile ? Comment l’optimiser en relation avec l’espérance de vie souhaitée
  2. Le café au beurre de yack : un hack nourrissant et énergétique
  3. Mettre un bon coup de poignet à son projet avec la célèbre méthode de David Clé-à-laine, GTD™ (Gère Ton Dégoût)
  4. Les relations sociales sont-elles vraiment utiles ? Comment les optimiser en relation avec la santé mentale souhaitée
  5. Changer continuellement de fuseau horaire : l’astuce amusante des winners pour éviter la nuit
  6. Trouver le bon sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous genre pour s’auto proclamer premier du top Amazon avec cinq ventes
  7. Du bon usage de la polémique sur Internet : comment reconnaître une bonne victime pour faire parler de soi sans risque ?
  8. Les relations familiales sont-elles vraiment utiles ? Comment les optimiser en relation avec l’héritage souhaité

Productivité ! n’est pas hébergé par Elbakin.net et n’est pas disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

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Bonne écoute !

2018-04-01T11:45:57+02:00dimanche 1 avril 2018|Expériences en temps réel|19 Commentaires

La photo de la semaine : Le château d’Urqhart

Nouvelle tentative de traitement HDR, avec suppression des touristes sur l’image…

Urqhart castle

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2018-03-30T11:02:52+02:00vendredi 30 mars 2018|Photo|Commentaires fermés sur La photo de la semaine : Le château d’Urqhart

Apprenons l’expérience utilisateur avec UPS

Maintenant vous comprenez pourquoi les moines bouddhistes sont vêtus d’orange. Photo Peter Hershey.

« Nous nous sommes présentés pour vous livrer un colis, mais vous n’étiez pas là. Voulez-vous reprogrammer la livraison ? Cliquez ici. »

Le site mobile ne fonctionne pas. Demander la version de bureau.

Le site ne fonctionne pas. Désactiver le bloqueur de pubs qui interfère avec la boîte de dialogue mal programmée.

Le site ne fonctionne pas. Essayer Firefox.

Le site mobile ne fonctionne pas. Demander la version de bureau.

« Créez un identifiant my UPS ! Plus simple et facile pour tout centraliser et on aimerait vachement bien vos données aussi. »

« Merci d’avoir créé votre identifiant. Pour activer votre identifiant, cliquez sur le lien contenu dans le mail. »

Vérifier ses mails. Ne rien trouver.

Attendre. Rafraîchir.

Rafraîchir.

Rafraîchir.

Recevoir le mail, cliquer.

Le site mobile ne fonctionne pas. Demander la version de bureau.

« Merci d’avoir confirmé votre compte. »

Rechercher le SMS d’origine, cliquer à nouveau sur le lien.

« Connectez-vous avec votre compte my UPS pour reprogrammer la livraison. »

Se connecter.

Le site mobile ne fonctionne pas. Demander la version de bureau.

Se connecter.

Le site ne fonctionne pas. Désactiver le bloqueur de pubs qui interfère avec la boîte de dialogue mal programmée.

Se connecter.

Le site ne fonctionne pas. Essayer Firefox.

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Se connecter.

Reprogrammer la livraison pour après-demain en constatant que la création de compte n’était finalement pas nécessaire.

Constater dans son tracker de livraisons que c’est bon.

Constater qu’on a les mains tremblantes et le cœur à 130. Boire un shot de whisky.

Le lendemain : on sonne à la porte.

« Coucou, c’est UPS, c’est la livraison que vous aviez programmée pour après-demain. »

Recevoir la livraison avec un sourire crispé.

Sortir acheter des bougies noires et du sang de chèvre.

2018-03-28T11:53:08+02:00jeudi 29 mars 2018|Expériences en temps réel|12 Commentaires

Comment rester informé sans les réseaux sociaux (dans le sillage de #DeleteFacebook )

Je dois être prescient (ou très chiant, ça sonne presque pareil), mais avant le scandale Cambridge Analytica et la campagne #DeleteFacebook, je commençais à ressortir pas mal d’outils datant d’avant l’explosion des réseaux sociaux et à me réapprendre à m’en servir parce que, Facebook, quoi. Pour mémoire, ledit scandale désigne la manière dont le réseau bleu a partagé de manière totalement irresponsable les données d’utilisateurs avec une compagnie qui travaillait en réalité pour Donald Trump de manière à orienter leurs votes à l’aide de publicités ciblées. Il semble aussi que la même compagnie ait pesé dans le vote du Brexit. (Plus d’infos ici) C’est la goutte d’eau qui a fait déborder l’océan de n’importe quoi qu’est Facebook et un certain nombre d’utilisateurs font maintenant campagne pour supprimer l’application (#DeleteFacebook)

Mais je te comprends, auguste lectorat : comment faire, bon sang, pour rester informé et avoir mon fix de mèmes, de nouvelles quotidiennes si je n’ai pas Facebook pour me servir sous les yeux ce que je dois savoir pour être au top à la machine à café de la Cogerep ? Rester en contact avec mes amis, OK, je peux leur envoyer des messages ou leur téléphoner (même si c’est so 1990), mais le vaste monde ?

C’est là que ressuscite une technologie venue du fond des âges (le tournant de l’an 2000) : le RSS (pour Really Simple Syndication). Et le RSS, c’est vraiment vachement bien, parce que cela met le pouvoir entre les mains de l’utilisateur, sans les algorithmes à la con du flux d’informations de Facebook qui choisit quoi vous montrer.

À peu près tous les sites vaguement modernes (c’est-à-dire, qui n’ont pas laissé tomber cette technologie en misant tout sur Facebook, hahaha, montrons-les du doigt et moquons-nous) présentent, quelque part, cette fonctionnalité. Elle est indiquée par un symbole ressemblant vaguement à ça (sur le côté). De quoi ça s’agit ? Eh bien Jamy, c’est très simple. Un flux RSS est un petit fichier qui se met à jour en temps réel quand le site qui le publie est mis à jour (par exemple quand un article est ajouté). Avec le lecteur adapté, on peut donc s’abonner à ces flux. On reçoit donc, centralisées au même endroit, toutes les nouveautés des sites que l’on désire suivre. Sans filtrage. Et sur la base d’une liste qu’on a soi-même constituée. 

Prenant de plus en plus de distances avec Facebook, je me suis remis à dépoussiérer mon vieux compte RSS et à réfléchir à me recomposer une veille personnelle dont je serais le maître et je dois dire que je suis enchanté pour l’instant du voyage. Le réflexe de la pause s’est décalé de cliquer sur Facebook (on le fait tous, alleeeeeez) à sortir mon client RSS pour lire ce qui avait bien pu arriver sur les sujets qui m’intéressent. Et ce qui est merveilleux, c’est que d’une, j’apprends des choses, de deux, vient un moment où j’ai fini de tout lire (si j’ai un nombre d’abonnements raisonnable) au lieu du piège infini du réseau social, de trois, je ne risque pas de partir en argumentation stérile sur un truc qui m’énerve pendant une heure alors que j’étais juste venu voir des chatons. J’ai d’ailleurs composé un flux de lecture et d’archivage qui fera l’objet d’autres articles, mais dans l’heure, que faut-il pour pratiquer le RSS comme un pro ? 

Deux choses, qui peuvent être conjointes, mais pas nécessairement :

  • Un service pour agglomérer les abonnements au flux qu’on désire (l’équivalent d’abonnements à des magazines)
  • Un logiciel où les lire (l’équivalent d’une boîte aux lettres)

Les systèmes les plus simples vous proposent tout au même endroit. Par exemple, Firefox propose de s’abonner directement dans le navigateur, ce qui crée des signets spéciaux qui sont mis à jour à mesure que le site parent publie du contenu. Feedly, un des principaux acteurs du domaine, propose le service ET un logiciel de lecture au même endroit. Pour démarrer et commencer à se familiariser avec le truc, je recommanderais de jouer avec ces deux possibilités, qui offrent suffisamment de fonctions gratuites pour mettre le doigt dans cet engrenage (qui est positif, lui) et trouver ça quand même super plus chouette que Facebook.

Voyons dans les deux situations comment ça marche.

Firefox

« Fichtretiens, voici le site d’un écrivain chauve aux splendides lunettes dont je suivrais bien les expériences en temps réel », se dit tout à coup un lecteur au goût très sûr. Cliquant sur l’HÉNAURME bouton RSS à droite, Firefox lui propose de :

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Et hop ! Un signet dynamique est ajouté où on le souhaite, et un simple clic dévoile la liste des derniers articles. Joie !

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Dorénavant, dès que l’on se promène sur la Ternette, il devient possible de s’abonner à toutes les sources fun et bigarrées que l’on rencontre. Et s’affranchir de Facebook.

Feedly

C’est un peu plus pointu, mais ça fonctionne en gros pareil – l’intérêt de ce genre de plate-formes est évidemment leur présence avec des applications dédiées sur mobile, par exemple. Je peux m’abonner sur mon ordinateur de bureau et lire mes flux dans la file d’attente de la boulangerie.

Un service de ce genre offre une recherche intégrée directement dans le lecteur (une fois mon compte ouvert), je peux entrer l’adresse du site qui m’intéresse et Feedly va aller le fouiller à la recherche d’un flux RSS (même s’il n’est pas visible clairement sur la page – bien des flux sont cachés aujourd’hui) :

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Et hop, dès que j’ouvrirai Feedly, tous mes flux me seront proposés ; je peux aussi les classer en dossiers (Écrivains chauves, écrivains avec des cheveux etc.) d’une manière qui me convient. L’intérêt de ce genre de service est aussi qu’il se rappelle ce que j’ai lu ou pas ; pas besoin de revisiter quinze fois le même contenu.

Vers l’infini et au-delà

Le RSS fait un peu peur car il est ancien et conserve une image de technicité mais c’est en réalité une technologie très simple que les fournisseurs ont pris grand soin de rendre accessible – un peu comme le courriel. Les joies – je n’hésite pas – du RSS, ce sont :

  • la liberté totale qu’il offre dans le choix des sujets que l’on veut suivre
  • la possibilité de construire sa veille comme on le souhaite, sur les sujets qu’on désire, sans que personne ne voie que vous avez liké cette page sur Mon Petit Poney ou le bondage artistique ; la possibilité de passer en revue très vite ses flux sans n’ouvrir que ce qui suscite vraiment l’intérêt
  • l’assurance de ne rater aucune information potentiellement intéressante parce que Facebook a décidé de vous la planquer

En gros, le RSS, c’est l’information entre les mains de l’utilisateur, ce que ça aurait toujours dû être. 

Le niveau au-dessus consiste à prendre un service indépendant, payant, qui offre des tas de fonctionnalités avancées en terme de recherche, de filtrage, et de choisir le logiciel de son désir, ce qui offre le meilleur des deux mondes quant à l’expérience de lecture et de filtrage (c’est un peu comme choisir d’acheter une imprimante multifonctions – à moins de mettre le prix, on se retrouve avec une mauvaise imprimante et un mauvais scanner – ou de choisir individuellement des appareils qu’on a réfléchis). Alors c’est un peu payant, OK, mais ça reste très accessible (dans les 20$ / an) et rappelons-nous, comme Facebook l’a prouvé, que si c’est gratuit, c’est toi le produit. Je préfère savoir où va mon argent pour soutenir une entreprise qui n’a pas besoin, du coup, de vendre mes données pour manger.

Car sinon, c’est elle qui me mange.

J’en reparlerai en exposant ma chaîne de lecture et de veille un de ces quatre.

2019-06-04T20:22:13+02:00mercredi 28 mars 2018|Best Of, Geekeries|28 Commentaires

« Les Dieux sauvages » percés à jour

Enfer et damnation ! La vérité a percé ! Je pensais avoir habilement dissimulé les enjeux de la série à travers des titres hautement symboliques, mais ce ticket de caisse envoyé par un lecteur vend la mèche !

Je n’ai plus le choix. Il ne me reste qu’à révéler les véritables titres de la série. Avant La Verrue du Fleuve, le premier s’appelait en réalité La Boulangère du Réel. Les suites s’intituleront respectivement L’Assureur Délétère et le volume 4, Les Rivages du Peer-to-Peer. 

Je suis pas dans la mouise.

2018-03-27T10:18:33+02:00mardi 27 mars 2018|Expériences en temps réel|6 Commentaires

Évolutions de la lettre d’informations (KWI) – important pour vos abonnements

Petite annonce de service et de maintenance : j’en parlais depuis un moment, et mes idées se sont à peu près décantées. Il est temps que la lettre d’informations du site (KWI) évolue… et surtout se simplifie grandement. Et après avoir réfléchi et regardé un peu ce qui se faisait ailleurs, je crois être parvenu à une solution convenable.

La situation actuelle (et pourquoi elle est confusante1)

La situation actuelle, disons-le franchement, est à peu près incompréhensible pour tout le monde. Actuellement, la lettre d’informations connaît deux « étages » :

  • Toutes les semaines, un résumé automatisé de l’activité du blog est envoyé à tous les abonnés ;
  • De temps en temps, j’envoie en plus une lettre personnelle pour signaler un événement majeur (la parution toute récente de Le Verrou du Fleuve, par exemple).

Or, on peut être abonné à l’un, l’autre, les deux, et typiquement, si on est abonné au premier, on l’est au second, mais pas inversement. Bref, on n’y pige rien, et je constate que pas mal d’abonnés à la liste s’en retirent deux semaines plus tard, probablement parce que les messages automatisés les gonflent, et je comprends tout à fait.

C’est un vieil héritage des toutes premières versions du site où j’offrais de suivre l’actualité des publications et/ou les expériences en temps réel du blog, pensant que si l’on était intéressé par les secondes, on l’était par les premières mais que l’inverse était certainement faux. Des années de blogging et aussi, il faut bien le dire, l’évolution de mon activité d’auteur m’ont donné tort – on est très rarement intéressé par les premières seules.

Donc, on va simplifier tout ça.

My Master Plan

M’inspirant fortement de ce que fait David Sparks, je projette d’unifier ces deux contenus en une seule lettre mensuelle plus personnelle. Elle proposera deux choses :

  • Un aperçu un peu plus détaillé de ce sur quoi je travaille, de l’endroit où je me trouve, etc. Des choses que je partage assez rarement sur le site, finalement, mais que je me sentirais plus à même de partager dans le contexte un peu plus personnel du courrier électronique. Une sorte d’aperçu des coulisses, en gros – si vous me faites le plaisir de vouloir recevoir mes actus dans votre boîte de réception, le moins que je puisse faire, c’est ajouter un peu de valeur !
  • Un résumé mensuel des articles les plus importants du blog, pour vous assurer que vous n’ayez rien raté (avec les vicissitudes des réseaux sociaux).

Et si je veux continuer à recevoir le blog plus régulièrement ?

Ma foi, vous avez bien raison, et tout le monde devrait suivre votre exemple. Vous êtes certainement très beau ou belle. Choisissez, je suis pas sectaire. Bref.

Il existe déjà moult canaux pour ce faire :

  • La page Facebook, évidemment – pour bien recevoir les notifications à l’heure, n’oubliez pas de cocher « Voir en premier » dans les paramètres de votre abonnement à la page (voir ci-contre) ;
  • Twitter – mais c’est volatil, je sais ;
  • Le flux RSS – oui, ça existe toujours et c’est vachement pratique ; je m’y suis récemment remis et je prépare une petite série d’articles sur les chouettes manières de s’en servir pour rester informé sans la bulle de filtrage des réseaux sociaux.

Et si vous voulez continuer à recevoir le blog par mail ? Je sais que quelques personnes sont attachées à cette fonctionnalité, or il me semble que ce sont plutôt des personnes douées techniquement. La solution consiste typiquement à convertir le flux RSS du site ( http://feeds.feedburner.com/lioneldavoust ) en alertes courriel. Deux solutions pour ce faire :

  • Utiliser un service type Blogtrottr (entrez l’adresse du flux à gauche, votre adresse à droite, et c’est parti) ;
  • Ou, plus technique, un service type IFTTT / Zapier (justement pour les plus technophiles d’entre vous) qui fasse la même chose (des tas de recettes disponibles peuvent même brancher le flux directement sur votre plate-forme de lecture préférée, type Instapaper ou Pocket par exemple).

J’espère que cela rendra les choses plus simples et intéressantes pour tout le monde. Mais n’hésitez pas, si ces perspectives vous hérissent, à le signaler en commentaires. Rien n’est fait, et si ça ne plaît à personne, je ne fais rien, hein (une activité toujours séduisante, bien entendu).

  1. Du verbe confuser. Ben quoi ?
2018-03-25T19:51:13+02:00lundi 26 mars 2018|À ne pas manquer|2 Commentaires
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