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On en sait des trucs à 24 ans

statistics

Oui, vous pouvez cliquer pour agrandir.

Comme je passe progressivement tous mes outils sous matos Apple, je suis amené à plonger un peu dans mes archives, histoire de faire du tri – et mes archives de courriel remontent à 1997, soit – gasp – presque 20 ans d’Internet et de lolcats.

Là, je triais mes brouillons, accumulés au hasard et jamais envoyés, ou bien sauvegardés par erreur à la suite d’un bug de serveur ; une centaine à archiver mais surtout à vider, dont celui-ci rédigé en 2002 :

Hello Cecile,

J’ai reflechi a tes histoires de recensement qui augmentent sur les annees. Je crois avoir saisi pourquoi les reviewers ne sont pas satisfaits du test de Student:
– Les residus ne sont pas distribues normalement
– Les individus statistiques etudies (ici les sites) ne proviennent pas d’echantillons differents: ce sont les memes avec une progression de temps.

Tu pourrais peut-etre essayer plutot le test U de Mann-Whitney ou le test de Wilcoxon, qui sont non-parametriques?

Amities
Lionel

Ça en jette, quand même. Je suis émerveillé d’avoir un jour pu formuler ce genre de théorie. Aujourd’hui, je n’ai qu’une très vague idée de ce que je raconte dans ce brouillon – et je ne sais absolument pas si c’est valide, si ça se trouve, je raconte n’importe quoi (et c’est pour ça que le courrier n’est jamais parti). Je sais que j’ai su ce qu’était un test de Student et je me rappelle vaguement de ce qu’était un test non-paramétrique, mais au-delà du fait que ce ne sont pas les tests qu’on trouve dans Cosmopolitan, j’avoue que j’aurais besoin de me rafraîchir un peu la mémoire avant de piloter de nouveau Statistica comme un petit Mendel en herbe.

Le plus mignon, probablement, c’est qu’à l’époque, je restais focalisé sur la standardisation de mes courriers électroniques qui ne comportaient, à dessein, aucun accent afin d’être lisibles sur le plus grand nombre de terminaux possibles. (À l’Agro, il m’arrivait de lire mes mails sur des terminaux Unix monochromes où tous les accents sortaient comme peu ou prou comme ça : « E=9 »).

Le jour où j’ai accepté d’utiliser les accents comme tout le monde et de perdre un peu d’interopérabilité, je crois que j’ai perdu un peu d’intégrité. Une terrible et tragique pente qui m’a conduit jusqu’à acheter un iPad. Tout a une cause.

Tout.

2016-05-06T14:57:32+02:00mardi 17 mai 2016|Expériences en temps réel|16 Commentaires

Retrouvons-nous ce week-end à Angers !

Affiche TBoy

Affiche TBoy

La valse des festivals continue : ce week-end, c’est ImaJ’nère, dans la douce ville d’Angers ! Un événement très chaleureux qui se déroulera, comme les années précédentes, dans les jolis salon Curnonsky (6 place Maurice Salland). En plus, l’entrée est gratuite !

Pour mémoire, ImaJn’ère, c’est aussi une anthologie réalisée autour du thème du festival, cette année Antiqu’idées. J’y figure pour ma part avec une réédition de « Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse » (Oscar 2032 du titre le plus long) ; les infos sont ici.

2016-05-16T18:50:22+02:00lundi 16 mai 2016|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Retrouvons-nous ce week-end à Angers !

Ce à quoi vous avez échappé

De temps en temps, on teste des trucs, par exemple pour répondre à la question : « quelle photo pourrais-je mettre pour illustrer la page du site relative aux projets en cours ? »

Et puis on se dit que c’est rigolo mais que, quand même, ça ne va pas le faire.

Merci F. pour la photo ! ;)

Merci F. pour la photo ! 😉

ALL WORK AND NO PLAY BLAH BLAH

2016-05-04T08:44:10+02:00jeudi 12 mai 2016|Expériences en temps réel|4 Commentaires

À (re)paraître : « Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse » dans l’anthologie Antiqu’idées

Couv. Troy

Couv. Troy

Je triche, j’ai TextExpander, du coup je ne tape plus ce titre qu’une seule fois. Huhu.

« Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse » était originellement parue dans l’anthologie Fragments d’une fantasy antique en 2012 aux éditions Mnémos et avait été finaliste du prix Bob Morane 2013 (joie). C’est donc pour moi donc une autre joie de voir ce texte connaitre une autre vie, repris dans l’anthologie du festival ImaJn’ère (auquel je participerai, week-end du 21 et 22 mai à Angers, j’en reparlerai) et intitulée Antiqu’idées.

Au sommaire de l’anthologie

  • Estelle Faye
  • Eva Simonin
  • Fabien Clavel
  • Olivier Boile
  • Justin Hurle
  • Brice Tarvel
  • Myrtille Bastard
  • Isabelle Arnoult
  • Jean-Hugues Villacampa
  • Arnaud Cuidet
  • Pierre-Marie Soncarrieu
  • Patrice Verry
  • Romuald Herbreteau
  • Jérôme Verschueren
  • Lionel Davoust

Après Histoires d’aulx, U-chroniques, Riposte Apo, Total Chaos, Rétro-fictions et Star Ouest, l’association imaJn’ère vous propose une nouvelle anthologie thématique !

Réalisée à l’occasion du sixième salon ImaJn’ère, le salon de la Science-Fiction et du Policier d’Angers où de plus en de plus d’auteurs de l’imaginaire francophone se réunissent chaque année, l’anthologie Antiqu’idées explore tous les aspects bien connus de l’Antiquité, par le biais de la science-fiction, de la fantasy, du fantastique et d’une pointe de polar.

Que pouvons-nous trouver comme idées neuves en refouillant l’Antiquité ? Revisiter un passé déjà connu, imaginer un futur plus rose ou tout simplement plonger dans l’Histoire antique pour le plaisir des yeux et des sens, voilà le programme d’Antiqu’idées. Quinze auteurs ont imaginé des histoires originales mettant en scène des éléments ou des personnages antiques, pour bousculer nos connaissances et rappeler que l’Histoire peut être vue autrement, voire même revécue.

De la Guerre de Troie à la Cimmérie, en passant par l’Égypte, Carthage et les confins bien connus de notre héritage gréco-latin, ces quinze nouvelles s’attachent à nous conter gaiement notre besoin de combat épique, de voyage au lointain et de quête de nos racines.

À propos de « Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse »

Comment dire ? 

C’est une nouvelle qui répondait à un défi que je m’étais fixé depuis longtemps : écrire de la fiction en suivant le plan IMRED – Introduction, Matériel et méthodes, Résultats, Discussion, soit le plan classique des articles scientifiques. Ça devrait suffire à faire peur.

L’anthologie est disponible dès à présent en souscription au prix de 15 € sur cette page. Ensuite, elle sera à 19. Soit quatre euros de différence. Pensez à tout ce que vous pourrez faire avec quatre euros. Pensez-y bien. Voilà. Maintenant, souscrivez. Vous ferez des économies.

(Quoi, c’est pas comme ça que ça marche, la société de consommation 2.0 ?)

2016-05-16T18:49:55+02:00mercredi 11 mai 2016|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur À (re)paraître : « Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse » dans l’anthologie Antiqu’idées

Retrouvons-nous ce week-end à Saint-Malo pour Étonnants Voyageurs

2016-etonnants-voyageursFaut-il autre chose après le titre ? Hein ? Hein ?

Eh bien, que je serai sur le stand de Critic, lequel est le stand 12 (facile, c’est le premier nombre qui vient à l’esprit quand on en demande un au hasard), et ce pour tout le week-end.

Le programme entier du festival peut être téléchargé ici au format PDF. Pour mémoire, c’est la misère de se garer en voiture près du festival, épargnez-vous bien des malheurs en employant l’un des parcs-relais et en faisant le trajet à l’aide des navettes prévues à cet effet. Enfin, si vous venez. Si vous vous garez dans un parc-relais moscovite, je ne garantis pas qu’on vienne vous chercher.

2016-05-03T16:46:21+02:00lundi 9 mai 2016|À ne pas manquer|2 Commentaires

Annonce de service : conversion du profil Facebook en page

Cliquez pour agrandir. Sérieusement.

Cliquez pour agrandir. Sérieusement.

La réflexion entamée la semaine dernière sur l’usure lente causée par la modération de ce fantastique espace de discorde qu’est Internet (et la constatation que je me bats avec le problème depuis au bas mot quatre ans) mûrit donc en quelques décisions et changements d’envergure au cours des semaines à venir. Merci à vous tous, vraiment, pour vos commentaires et messages de soutien, pour vos retours d’expérience, et pour vos propositions de solutions.

La discussion a fait naître le principal problème : c’est Facebook. Sans entrer dans des détails de technicité, mon profil est public car il est semi-professionnel et c’est nécessaire pour l’intégration des commentaires avec le blog (point indispensable pour fédérer les discussions). Ce qui attire tout un tas de trolls et complique même la sémantique de la modération (l’expérience prouve que certains mal-comprenants ne saisissent pas que des règles puissent s’appliquer sur un profil personnel). Et, aussi, je vais être candide : cela me complique la vie (ainsi que celle d’amis proches) en brouillant les distinctions entre vie privée et vie publique.

La première mesure effectuée hier est que, dorénavant, mon contact public sur Facebook ne sera plus un profil personnel mais une page. Pas d’inquiétude, cela ne change rien dans le ton (qui est de toute façon celui du blog, lequel, si telle chose existe, est plus « officiel » encore et ça ne m’empêche pas de poster des lolcats since 2006). Mais cela ouvre tout un tas d’outils de modération dont j’ai à présent besoin, et clarifiera aussi pour les nouveaux venus ce qui se passe où. Ce sera dorénavant cette page, qui a commodément la même adresse qu’avant, qui sera ma tête de pont sur Facebook.

Voici donc ce qui va se passer / ce qu’il faut faire de votre part :

Nous sommes déjà amis Facebook : normalement, vous n’avez rien à faire. Facebook propose commodément un outil de transfert et celui-ci, effectué hier, s’est normalement passé sans accroc. Vous êtes donc ajouté.e à la page sans action de votre part et c’est là que l’activité se poursuit.

Vous êtes abonné.e Facebook, mais nous ne sommes pas amis : attention. Apparemment, les abonnés ne sont pas transférés. Il faut donc que vous « aimiez » de vous-même la page (si vous êtes abonné, je suppose que ça vous intéresse, donc je ne me sens pas ouvertement putassier à vous le proposer).

N’oubliez pas d’activer les notifications de la page, car, nous le savons, Facebook ne vous montre pas tout le contenu auquel vous êtes abonné, notamment les pages. Pour cela, pointez (sans cliquer) sur le bouton « J’aime », un menu apparaîtra pour vous proposer de recevoir les notifications. Sinon, abonnez-vous à la newsletter, ça restera entre nous et on fera ensemble la nique à Mark Zuckerberg.

Le compte personnel sera remis à zéro et désactivé sous quinzaine. J’insiste sur le point suivant : ne vous sentez pas floué si je vide entièrement ma liste d’amis, je ne vous ferme pas la porte au nez ; je remets tout à zéro dans un premier temps pour séparer le public du privé. De toute façon, il y a de fortes chances que le compte personnel soit une coquille vide peu active, puisque je suis surtout sur Facebook pour échanger avec toi, auguste lectorat, et pas jouer à FarmVille. (Y en a qui jouent encore ?) Comme dit plus haut, je passerai le plus clair de mon temps sur Facebook présent sur la page.

Et voilà. Pour information, la deuxième action sera une remise à plat des catégories du blog, qui partent dans tous les sens depuis, quoi, dix ans maintenant depuis MySpace ? (Merci à ceux qui m’ont rappelé ce point, lequel est, en somme : franchement, c’est pas clair. Et je suis d’accord.) On va clarifier tout ça.

2016-05-04T08:44:30+02:00jeudi 5 mai 2016|À ne pas manquer|2 Commentaires

Port d’Âmes finaliste du prix Imaginales 2016 ! (et la liste des nominés)

Couv. François Baranger

Couv. François Baranger

Le festival Imaginales est pour moi plus qu’un rassemblement annuel, il m’est très cher ; il m’a témoigné sa confiance en 2012 en me désignant comme coup de cœur, et il reste une grande fête de l’imaginaire qui a su grandir sans rien perdre de sa convivialité, autant pour les auteurs que les lecteurs. Aussi suis-je absolument ravi de découvrir ce matin que Port d’Âmes est finaliste de son prix ! Et en très belle compagnie. Merci au jury pour sa sélection et bravo à toutes et tous !

Pour mémoire, les Imaginales se dérouleront cette année du jeudi 26 au dimanche 29 mai ; c’est à Épinal et cela vaut amplement le déplacement, où que vous soyez en France. Pour ma part, j’y serai pendant tout l’événement (dès mercredi, où Jean-Claude Dunyach et moi animons une masterclass sur le thème de la correction des manuscrits et la soumission aux éditeurs – il doit rester des places, mais ne tardez pas à vous inscrire si le sujet vous intéresse !). Venez !

Finalistes du prix Imaginales 2016

Catégorie roman francophone :

  • Paul BEORN, Le septième guerrier-mage (Bragelonne) ;
  • Chloé CHEVALIER, Véridienne – Récits du Demi-Loup t.1 (Les moutons électriques) ;
  • Manon FARGETTON, L’héritage des Rois Passeurs (Bragelonne) ;
  • Lionel DAVOUST, Port d’âmes (Critic) ;
  • Romain DELPLANCQ, Le sang des princes – L’appel des illustres t .1 (L’homme sans nom) ;
  • Romain D’HUISSIER, Les 81 frères (Critic).

Catégorie roman étranger traduit :

  • Marie BRENNAN, Une histoire naturelle des dragons – Mémoires de Lady Trent t.1 (L’Atalante), traduction de Sylvie Denis ;
  • Christopher BUEHLMAN, Entre ciel et enfer (Fleuve éditions), traduction d’Alexandra Maillard ;
  • Sebastien DE CASTELL, Les manteaux de gloire (Bragelonne), traduction de Mathilde Roger ;
  • Isuna HASEKURA, Spice and Wolf t. 2 (Ofelbe), traduction de Rémi Buquet ;
  • Sofia SAMATAR, Un étranger en Olondre (Éditions de l’instant), traduction de Patrick Dechesne.

Catégorie jeunesse :

  • Christelle DABOS, Les disparus du Clairdelune – La Passe-miroir t.2(Gallimard jeunesse) ;
  • Timothée DE FOMBELLE et Eloïse SCHERRER, La bulle (Gallimard jeunesse) ;
  • Nicolas et Amandine LABARRE, L’autre herbier (Les moutons électriques) ;
  • Catherynne M. VALENTE, La fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains (Balivernes), traduction de Laurent Philibert-Caillat ;
  • Aurélie WELLENSTEIN, Le roi des fauves (Scrinéo).

Catégorie illustration :

  • Melchior ASCARIDE pour l’identité graphique des Moutons électriques ;
  • Xavier COLLETTE pour les trois couvertures de Paris des merveilles, de Pierre PEVEL (Bragelonne) ;
  • Bastien LECOUFFE-DEHARME pour la couverture de Le jardin des silences, de Mélanie FAZI (Folio SF) ;
  • Todd LOCKWOOD pour la couverture d’Une histoire naturelle des dragons, de Marie Brennan (L’Atalante) ;
  • Chris RIDDELL pour La belle et le fuseau, de Neil GAIMAN (Albin Michel) ;
  • Eloïse SCHERRER pour La bulle, de Timothée DE FOMBELLE (Gallimard jeunesse).

Catégorie nouvelle :

  • Jim AIKIN, « Une très ancienne épée elfique » (Fiction n°20, Les moutons électriques), traduction de Manon Malais ;
  • Estelle FAYE, « Une robe couleur d’océan » (Légendes abyssales, anthologie officielle du Salon fantastique, Mythologica) ;
  • Jess KAAN, « L’ours » (Dimension Moyen Âge, Rivière blanche) ;
  • Ursula K. LE GUIN, « Le mot de déliement » (Bifrost n°78) ;
  • Terry PRATCHETT, Fond d’écran (L’Atalante), traduction de Patrick Couton.

Catégorie prix spécial du Jury :

  • Éditions Armada, pour leur collection « Carnets de croquis » ;
  • Éditions Callidor, pour leurs traductions inédites de classiques de l’imaginaire, collection « L’âge d’or de la fantasy » ;
  • Charlotte BOUSQUET, Mathieu GABORIT, Régis JAULIN, Raphaël GRANIER DE CASSAGNAC, Nicolas FRUCTUS, Jadis (Mnémos) ;
  • Dominique LANNI, Atlas des contrées rêvées (Arthaud) ;
  • John LINDOW, Trolls ! Étude d’une mythologie (Les moutons électriques).

(Source)

2016-05-04T09:12:32+02:00mercredi 4 mai 2016|À ne pas manquer|7 Commentaires

Pour avancer simplement sur son écriture

Ha, ha. Business. (Source)
Ha, ha. Business. (Source)

Un des commentaires les plus courants qu’on entend sur l’écriture, c’est : « J’aimerais bien, mais je n’ai pas le temps. »

Cela ne sous-entend pas forcément qu’il faut plus de temps, mais, en général, cela cache le problème suivant : j’aimerais des plages de temps plus longues – pour me plonger dans mon histoire, pour éventuellement me remettre en route après un long arrêt, et, évidemment, pour combattre la procrastination.

L’écriture, probablement plus que toute autre pratique artistique, est un travail de longue haleine, avec une visibilité sur les résultats quasi inexistante. Consommer un texte prend du temps : chaque phrase se lit une à une, chaque paragraphe contribue à former dans l’esprit davantage de sens, de mise en scène, d’action. Par comparaison, la musique est presque immédiate – une phrase musicale, une atmosphère s’assimilent en quelques secondes – et l’image pour ainsi dire instantanée.

Par conséquent, la récompense que l’on peut espérer de la création – c’est-à-dire, voir une partie au moins de son travail accompli – est très faible, là où le musicien entend rapidement si ce qu’il compose sonne, où le peintre voit tout de suite si son œuvre prend un chemin intéressant. On peut écrire un long moment sans tâter de résultat – il manque un retour, ou une boucle de rétrocontrôle positive, si l’on veut lorgner vers les neurosciences. C’est potentiellement décourageant ; c’est pourquoi tant de manuels et d’auteurs (dont ton serviteur, auguste lectorat) insistent sur la notion de discipline.

Je me faisais la réflexion, en composant la bande-originale de Psycho Starship Ramage, que je rencontrais moins de difficultés à me mettre dans l’état d’esprit conduisant à créer, à atteindre l’état mystique de flow. Pourtant, c’est un travail tout aussi complexe, ardu. Pour quelle raison la barrière paraît-elle moins haute ? Parce que la musique envoie un retour bien plus immédiat à son créateur : cela sonne, ou pas. C’est efficace, ou pas. Il faut tel effet en plus. Il faut altérer les basses. Il faut un renversement d’accords à tel endroit. Il faut une nouvelle ligne mélodique. Etc. La liste de choses à faire s’allonge sans cesse, une foule de petits problèmes à fouiller, triturer, que l’esprit a envie de résoudre.

Le lien avec l’écriture ? Hé, on peut hacker la discipline.

On conseille fréquemment, en productivité, de diviser une grande tâche ou un vaste projet en étapes élémentaires de moindre envergure afin de faciliter le progrès. Genre : au lieu de se dire « je dois lire ce livre », faire une liste comme suit : « Lire le chapitre 1. » « Lire le chapitre 2. » « Lire le chapitre 3. » etc.

Ça paraît débile. Ça l’est peut-être, même si l’expérience (et les neurosciences) tend à montrer qu’une tâche qu’on peut finir en un laps de temps modéré rebute moins l’esprit qu’une masse mal définie sur une liste. 

Pour quelle raison la majorité des auteurs tendent-ils à se précipiter pour laver la pelouse / étendre le chien / tondre le linge plutôt qu’à faire leurs pages ? Parce que ces tâches sont immédiatement accessibles et clairement délimitées avec un résultat très clair et identifiable : la pelouse brille, le chien est allongé, le linge est imberbe. Alors qu’écrire… Quand des pages sont-elles bonnes ? À quel point un personnage est-il suffisamment défini ? Quand sait-on qu’on est prêt à écrire ?

« Réfléchir à mon super roman » n’est pas une tâche clairement délimitée. « Composer une super ouverture » ne l’est pas non plus, mais le retour, le feedback sonore est immédiat, ce qui identifie mieux le point de départ, et soulève une foule de problèmes à résoudre ; la boucle de rétrocontrôle positif, ce feedback si difficile à obtenir en cours d’écriture, font avancer le projet.

Pour faire avancer un projet d’écriture qui rame, ou tout simplement pour se donner de l’allant, je crois qu’il suffit de se donner des problèmes à résoudre, tout particulièrement en phase de recherche et de construction. Plutôt que « réfléchir à mon intrigue », se prévoir de « réfléchir à mon héros » ; plutôt que « réfléchir à mon héros », se prévoir « décrire mon héros », « prévoir les qualités et défauts de mon héros », « réfléchir au passé de mon héros » ; plutôt que « réfléchir au passé de mon héros », se prévoir « quelle est la famille de mon héros ? », « d’où lui vient sa cicatrice cool au menton ? », « pourquoi a-t-il peur des iguanes ? »

N’importe quoi pour arriver à des tâches clairement définies et immédiatement accessibles, autant que décoller les bibelots et épousseter la moquette. L’esprit est naturellement attiré par des problèmes clairs qu’il peut résoudre. À chaque fin de session d’écriture, on tirera probablement profit de se choisir une nouvelle sélection de petits problèmes à résoudre la fois d’après. Cela réduit grandement la barrière d’entrée au travail d’écriture, et donc, la procrastination.

2019-06-07T22:48:03+02:00mardi 3 mai 2016|Best Of, Lifehacking, Technique d'écriture|13 Commentaires

Rendez-vous aux Futuriales ce week-end !

Mais ouais ! C’est à Aulnay-sous-Bois, dans le joli et champêtre cadre du parc Dumont (juste à côté de la gare : accès facile !), c’est ce samedi seulement, alors go go go ou plutôt come come come, y a un chouette programme, plein de gens sympas, des livres et souvent il fait très beau.

Site officiel

Affiche Gwendal Lemercier

Affiche Gwendal Lemercier

2016-05-02T10:39:00+02:00lundi 2 mai 2016|À ne pas manquer|4 Commentaires
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