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Cinq leçons retirées de l’écriture de Léviathan

lachute-points
Couv. Plainpicture / Bluegreen / Michael Pitts

Howdy hey, l’excellent Jérôme Larré, rôliste, game designer et théoricien de la narration appliquée au jeu m’a aimablement proposé de participer à sa série « cinq trucs ». Cinq trucs ? Ouais, cinq trucs, cinq choses, cinq leçons apprises lors de la construction d’un livre, d’un jeu, d’un projet narratif, qu’on souhaiterait partager.

Cinq leçons dont pas forcément glorieuses, sans langue de bois, dans l’espoir d’éviter à peut-être d’autres de se casser les dents sur les mêmes problématiques. Ou, en tout cas, d’être averti.

Voici les miennes, pour élaborer sur l’écriture de la trilogie Léviathan :

  1. Un livre, c’est long (et un univers, encore plus)
  2. N’allez pas jusqu’à 11 (enfin, pas tout le temps)
  3. Sans enjeu, pas de jeu
  4. Sachez dire non
  5. Mais sachez dire oui

Ça semble sybillin ? Hey coco, c’est du teasing 2.0, ça. Pour lire l’article en entier, il faut aller sur le blog de Lapin Marteau.

2019-08-28T21:37:59+02:00lundi 20 avril 2015|Best Of, Technique d'écriture|3 Commentaires

La photo de la semaine : Jeff

Jeff

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(Merci à la famille W.)

2015-04-16T11:06:14+02:00vendredi 17 avril 2015|Photo|Commentaires fermés sur La photo de la semaine : Jeff

État d’esprit

Rapport d’avancement : jusqu’au cou, et même trois mètres au-dessus de la tête, dans les corrections de Port d’Âmes. Humeur du moment :

cosmoschtroumpf

Sinon, j’ai reçu ça :

contrat_numerique_sofia

D’ici à ce que j’ai le temps de le lire, tout aura été dit dessus.

2015-04-15T09:44:59+02:00jeudi 16 avril 2015|Journal|5 Commentaires

Faut se servir de ses mains

(clickbait clickbait clickbait, bande de dégoûtants)

Souvent, les logiciels d’aide à l’écriture font gagner un temps fou et je m’en fais l’avocat : ils offrent en plus l’avantage de la mobilité (plus facile de se balader avec un ordi que douze chemises de notes). Mais parfois, le cerveau, en tout cas le mien, a besoin de jouer aux Lego, de construire avec ses mains quelque chose de physique pour sentir la dynamique d’une idée.

refonte_OK

Ici la refonte et surtout la compression d’une part importante de Port d’Âmes, afin de dynamiser le récit et d’évacuer un bon tiers de superflu. Je crois fermement que, même dans un récit psychologique, le contrôle de la tension narrative prime sur toute autre considération. Je crois également qu’il n’existe pas de scènes d’atmosphère ou d’exposition : ce sont des excuses pour faire passer au lecteur des informations qu’on n’a pas trouvé comment glisser autrement et je m’emploie à les traquer sans relâche, n’en gardant au maximum qu’un couple dans un zoo pour l’étude de l’espèce.

2015-04-14T10:55:21+02:00mercredi 15 avril 2015|Technique d'écriture|66 Commentaires

Une information capitale, prévenez le gouvernement

Non mais parce que je veux dire

allergenes

C’est chouette de placer ces informations sur les distributeurs, vraiment. Ainsi, les gens peuvent savoir quoi commander en toute sécurité sans avoir à se restreindre ni à se sentir exclus. Mais là, quand même, j’ai envie de dire qu’une bêtise ignorance aussi primaire de l’étymologie, au bout d’un moment, ça mérite un oedème de Quincke. (Et avant qu’on ne fasse la remarque, oui, les informations sont présentées en plusieurs langues.)

 

2015-04-09T18:37:31+02:00mardi 14 avril 2015|Humeurs aqueuses|9 Commentaires

Moar pew pew (du sound design et une démo)

Destroy! L’article du jour est à lire ou plutôt à écouter chez mon autre moi, Wildphinn (la schizophrénie gagne): à propos du sound design de Psycho Starship Rampage. Pour les non-anglophones, les informations importantes sont…

  • Une nouvelle démo du jeu, bien plus nerveuse, est disponible. Téléchargez-la sur itch.io, retournez-la dans tous les sens, faites-nous part de votre avis!
  • Cette nouvelle démo propose quantité de nouveaux effets sonores. Un enregistrement d’un niveau entier, permettant par ailleurs d’écouter la bande originale du jeu, est disponible sur Soundcloud et même téléchargeable :

 

N’oubliez pas de voter sur Steam Greenlight!

2015-04-09T18:52:03+02:00lundi 13 avril 2015|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Moar pew pew (du sound design et une démo)

Hey, Paul

if-my-killing-claw-is-on-my-foot-does-that-mean-i-m-a-contortionist-9c875aAuguste lectorat, si tu traînes sur les Internets sociaux, peut-être as-tu vu passer il y six mois que je me trouvais fort dépourvu alors que la bise était déjà venue : sujet à une tendinite calcifiante de l’épaule droite qui avait dégénéré, à force de mauvais traitements, en une paralysie douloureuse du bras en question, ce qui, quand on est droitier, est un peu, selon la terminologie sociologique précise, la lose. Cherchant une forme de solution dans ta sagesse collective, tu fus assez bon pour m’indiquer quantité de pistes, et je t’en remercie encore1 – et l’on m’a demandé de revenir sur l’expérience par la suite afin de partager ce qui a marché, ou non, pour en faire bénéficier ladite sagesse collective. Dont acte. Si les articles à nature médicale – aïe j’ai mal – pauvre de moi – vous gavent, vous êtes entièrement libre de lire autre chose ; je n’ai pas l’habitude de rédiger ce genre de contenu, et le but est ici d’éviter à d’autres, potentiellement, les mêmes pièges qu’à moi.

Disclaimer : je ne suis pas médecin et mon avis n’est en rien médical. Allez voir un médecin compétent et ne venez pas râler ici si vous êtes traités de travers suite à cette lecture, parce que je ne suis en rien responsable. Ceci n’est que mon expérience et elle n’a de valeur statistique que pour n = 1, n n’étant pas vous, en plus, hélas. Si, malgré tout, d’éventuels poursuivants se présentaient, sachez qu’ils seront contrevenus.

Ceci étant dit, avanti.

Descente au je m’enferre

Historique rapide. Il y a trois ans, je commence à ressentir une gêne fugace au niveau du biceps qui apparaît si rarement que je n’y prête pas attention, et me trouve surtout dans l’impossibilité de recréer la douleur à la demande, ce qui est un peu compliqué pour consulter. Je pense que cela va passer, mais, quand je me trouve à dormir dans des conditions moins qu’idéales en mer dans les Hébrides, je me retrouve tous les matins avec une douleur nette et sourde dans l’épaule qui ne passe qu’après plusieurs minutes d’immobilité absolue. Un peu inquiet, je vais consulter, parce que j’ai là un problème identifiable.

Et là démarre un parcours erratique où s’enchaînent des approximations qui me feront aboutir, deux ans et demi plus tard, sous codéine à dormir le bras surélevé sur un oreiller.

Mon généraliste, après un examen superficiel, me diagnostique une tendinite, tout court. Il m’envoie chez le kiné, qui travaille avec le diagnostic qu’on lui a fourni, sans succès ; ma douleur se situant en plus principalement au niveau du biceps, il masse tout ce qu’il peut, essaie de remonter au dos, me donne des mouvements, mais rien n’y fait (voire, c’est pire), malgré une vingtaine de séances. La suite logique consiste à m’envoyer chez le rhumatologue. Lequel, visiblement, se passionne autant pour mon cas que pour un rhume, et me prescrit des infiltrations quand il constate que me gaver d’anti-inflammatoires ne donne rien.

Celles-ci sont réalisées à l’aveugle, et me soulagent à peine et temporairement. On m’en fait donc une deuxième, pour un résultat égal. La suite, me dit le rhumatologue que j’imagine établir mentalement une liste de courses sur Zalando en même temps qu’il me parle, consiste à une opération.

« Pop pop pop poppa Gangnam Style, lui réponds-je en substance, j’ai un super coach de remise en forme qui m’a parlé d’ultrasons et d’ondes de choc, si on tentait un truc pas invasif d’abord ? »

Visiblement déçu de ne pas avoir recours à une invasion (et je suppute une filiation lointaine entre mon rhumatologue et Gengis Khan), il accepte du bout des lèvres. Me voilà partant me faire onde-de-choquer l’épaule. Ce qui ne donne pour ainsi dire rien : l’aspersion d’azote liquide que la kiné m’administre en fin de séance pour faire refroidir les tissus me fait limite plus de bien que le traitement en soi.

Je décide plus ou moins d’en prendre mon parti, après tout, ça va à peu près, mais ça empire à nouveau, je ne peux plus faire de sport impliquant le haut du corps, bref, j’en ai marre. Je tente l’ostéopathe, qui réalise une première séance excellente malgré un discours macrobiotique frisant la pseudoscience qui éveille ma méfiance (« Vous mangez trop de lait, nous ne sommes pas faits pour digérer les produits laitiers, ce n’est pas la même espèce, vous comprenez, c’est cela qui vous nuit » – un raisonnement qui contredit l’idée même de prédation, ce qui me fait dubiter sévère sur la justesse de sa représentation du monde). Et, sur les trois suivantes, le dit ostéo me coince totalement, à un point grave de paralysie, comme énoncé en avant-propos : je fais diversion en me prétendant la réincarnation de Jamel Debbouze mais, intérieurement, selon la terminologie psychologique précise, je flippe ma race.

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On arrête tout et on recommence

Je me dis que j’ai été mal aiguillé, que ce n’est pas possible que rien ne fonctionne sur mon cas, et je reprends tout depuis le début. Pas encore prêt à employer les médecines parallèles (je me sens dans le cas d’un type avec une fracture ouverte à qui l’on conseille une inhalation de cartilage de requin pour renforcer les tendons – pourquoi pas en prévention, mais là, c’est hélas un peu tard pour mon cas), je profite du changement de carrière de mon généraliste pour en prendre un autre. Je cherche sur Internet un médecin du sport avec un rayonnement certain, j’en trouve un qui s’occupe d’une équipe de foot professionnelle qui s’exprime dans la presse et qui habite à dix minutes de chez moi, et je me dis que s’il aide des athlètes de haut niveau, il doit bien pouvoir me trouver une solution virgule bordel.

En quinze minutes, il me diagnostique lui aussi une tendinite mais m’envoie immédiatement faire des radios pour déterminer quel type de tendinite exactement. (Parce que c’est comme les glaces, ça existe en plusieurs parfums.) Il n’exclut pas l’opération mais grogne en entendant mon parcours, et laisse entendre : « vous allez déjà retenter avec mes kinés à moi tout ce que vous avez déjà tenté, et si ça ne marche pas, on envisagera de vous ouvrir, mais d’abord, éliminons bien tout, okay ? » Ravi que ce médecin-là ait plutôt une ascendance avec Gandhi, je hoche la tête énergiquement et ajoute aussitôt aïe parce que ça me tire dans l’épaule.

Verdict : tendinite calcifiante – l’os se « colle » au tendon et fait rouiller l’épaule. Les douleurs dans le biceps ? C’est dû aux difficultés de jeu de l’articulation : oui, vous avez mal dans le bras, mais la source est ailleurs.

Je fais six séances d’ondes de choc et miracle : dès la première, la douleur constante disparaît ; dès la deuxième, je récupère 30% de mobilité ; au bout de six, mon état continue à s’améliorer dans les semaines suivantes et je récupère au final 90% de mes capacités, ce qui est mieux qu’au moment où le trouble s’est déclaré.

Ce qui a changé ? Eh bien, les kinés savaient administrer des ondes de choc, eux. Il ne suffit pas de passer la machine sur le patient en imaginant que ça marche tout seul ; il faut communiquer avec la personne, chercher les sites critiques, dénuder le tendon en faisant jouer l’articulation, etc. C’est du boulot, pas de la frime.

Les leçons retenues

Voilà l’expérience. En deux mots, qu’en retirer, façon présentation à l’Américaine ?

  • Les infiltrations à l’aveugle, c’est mouais. Cette technique est utile si elle est ciblée et effectuée sous imagerie. Sinon, c’est un protocole standard, mais il est loin de fonctionner à tous les coups.
  • Les ondes de choc, c’est magique, ou pas. Les ondes de choc fonctionnent très bien mais seulement si le praticien est compétent. Pour reprendre la terminologie médicale précise d’une mienne connaissance kinésithérapeute en formation, « quand on te fait des ondes de choc, t’es censé pleurer ta race ». Le kiné doit communiquer (et vous avec lui), pousser la machine à vous faire mal, mettre la zone à traiter en évidence, au lieu de passer l’émetteur au pifomètre en murmurant un soin des blessures mineures. D’autre part, cette technique agit dans le temps. Comme elle lèse un peu la zone à traiter pour stimuler sa régénération, on sent des améliorations encore des semaines après l’arrêt du traitement : c’est normal et c’est pour cela qu’on limite le nombre de séances.
  • L’imagerie, c’est nécessaire.
  • Un bon diagnostic, poussé, fait tout.

Deux évidences pour finir, mais quand même.

Et rappelez-vous : le feu, ça brûle.

  1. En particulier aux médecins / infirmiers qui ont partagé leur avis.
2015-04-08T20:15:37+02:00jeudi 9 avril 2015|Journal|20 Commentaires

Atmosphère musicale pour Port d’Âmes

pda-scriv

Mon retravail sur Port d’Âmes va bon train. Dans l’ensemble, c’est une étrange expérience, plaisante mais pas toujours facile, de replonger dans cette histoire en compagnie de ces personnages, de mesurer le chemin parcouru depuis les premières versions, à la fois en profondeur et en maîtrise narrative, et puis de réduire tout cela jusqu’à l’essence, de se débarrasser des fioritures pour ne laisser que la chair, l’émotion et la tension. Trente-six chapitres dans l’ancienne version ; la finale en comportera à vue de nez une demi-douzaine de moins, alors que tous les personnages gagneront en densité et en complexité.

La couverture a commencé à circuler auprès des libraires, mais je ne peux la dévoiler encore ici. Elle est toutefois superbe, et reflète magnifiquement bien l’ambiance du livre.

Et en parlant d’ambiance du livre, s’il est un morceau qui la reflète et qui a nourri son écriture, c’est celui-là, et c’est ce que je souhaite partager aujourd’hui : Selling Out, tiré de World of Glass par Tristania, probablement le plus bel et le plus abouti des albums de métal gothique (à l’époque où le genre avait le vent en poupe). Quelques vers du texte figurent d’ailleurs en bonne place en exergue du livre. Une chanson qui s’écoute en boucle, en tout cas pour moi, tandis que je me plonge dans les ruelles tortueuses d’Aniagrad, la Cité franche au bout du monde où l’on raconte que tout se monnaye, même l’usage des miroirs.

 

2015-04-01T18:53:56+02:00mardi 7 avril 2015|Journal|Commentaires fermés sur Atmosphère musicale pour Port d’Âmes
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