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Léviathan : Le Pouvoir sur Passion Romans

Couv. service artistique Seuil d'après (c) Hannah Stouffer / fstop / Corbis et (c) Bill Varie / Getty Images

Couv. service artistique Seuil d’après (c) Hannah Stouffer / fstop / Corbis et (c) Bill Varie / Getty Images

Bref (si j’ose utiliser ce mot…), Lionel Davoust nous projette dans un récit où la réflexion est de mise, un cheminement qui nous pousse à revoir certaines de nos valeurs. En ce qui me concerne, j’en ai beaucoup appris et je garderai quelques notions qui me parlent… […] Je termine par ce que j’ai commencé; difficile d’en sortir indemne. Et c’est ça qui est beau!

Merci à Paco pour cet article enthousiaste, à lire sur son blog, Passion Romans !

2013-06-07T10:26:38+02:00mardi 4 juin 2013|Revue de presse|Commentaires fermés sur Léviathan : Le Pouvoir sur Passion Romans

Faire des articles littéraires en ignorant ce qu’est la littérature

jfailOooh, Slate. Eh bien alors ? Qu’est-ce qui t’arrive ? Toi qui, d’habitude, régale les Internets multimédias par tes traductions d’articles de haute volée, par la portée de tes billets originaux que tu prends le temps de faire rédiger au lieu de céder au sensationnalisme du moment, voilà que tu cours dans le salon, te prends les pieds dans le tapis, et t’éclates les dents contre la table basse.

Dans ce billet, Catherine Bernard répercute une étude conduite par l’OCDE (étude PISA) sur les niveaux des élèves à travers différents pays en lettres et en sciences, attirant l’attention sur le fait qu’à niveau égal, les filles montrent une meilleure compréhension de l’écrit. Parce que les garçons « négligent la littérature », selon les mots de Gunilla Molloy, professeur à l’université de Stockholm, dont la source est probablement cet article, si mes recherches sont efficaces (et que la traduction de Google est à peu près valable – je ne parle pas encore suédois). Jusqu’ici, pourquoi pas. Sauf que l’article continue :

Car, précise-t-elle, les garçons ne sont pas totalement allergiques aux textes: ils lisent des BD, dévorent la science-fiction, apprécient généralement les livres d’histoire, sans même parler des manuels techniques et des brochures de jeux vidéo où ils sont tout simplement imbattables.

J’ai beau n’être qu’un garçon et donc statistiquement en retard d’un an sur la compréhension de l’écrit par rapport à Catherine Bernard, il me semble clair dans l’énoncé précédent que, donc, la science-fiction n’est pas de la littérature. C’est sûr, c’est de la fiction écrite en prose continue, ça n’a rien à voir avec le roman, c’est l’évidence même. Comme l’ont prouvé 1984, Le Meilleur des mondes, Fahrenheit 451, Frankenstein, toute l’oeuvre de Jules Verne, cela n’a aucun rapport avec la littérature, c’est… on ne sait pas quoi, mais, horreur ! Aucun rapport avec les lettres.

Je ne vais pas oser prétendre que madame Bernard n’a pas fait son boulot de journaliste en allant vérifier les sources ou même en tenant une réflexion de base sur les propos tenus par mme Molloy. Après tout, d’après sa bio sur Slate, madame Bernard était journaliste aux Échos. Un cursus dans un canard économique vous place assurément comme autorité pour parler de littérature.

Moi, je suis un peu con, puisque j’ai le malheur d’écrire de l’imaginaire, alors, n’étant pas capable de comprendre le contenu d’un rapport rien qu’en en lisant la couverture, je retourne aux sources. J’avoue ne pas m’être payé les 286 pages du bousin, mon abnégation a des limites, mais un suvol rapide des protocoles employés m’a appris deux choses :

  • Il n’est pas question de littérature mais de compréhension de textes continus (prose) et non-continus (mêlés de graphisme). 
  • Une recherche sur le mot « science-fiction » dans le rapport ne retourne aucun résultat.

D’où vient un pareil saut quantique entre le contenu même du rapport (scientifique, et donc avant tout descriptif) et des conclusions aussi farfelues ? La journaliste aurait cité comme autorité, non pas sa lecture du matériel d’origine, mais repris à son compte la lecture d’un tiers tout en lui transférant l’aura de respectabilité de l’étude ? Ils font ça, ces gens ? Non ! Non, arrêtez, je refuse d’y croire ! Monsanto sont des gens bons et Patrick Le Lay se dévoue à l’édification de son public !

Mme Molloy, dans la bouche de mme Bernard, ajoute :

Or la littérature a un grand avantage: elle apprend à changer de perspective, à se mettre à la place des personnages et tenter de comprendre leurs points de vue, leurs sentiments, leurs problématiques, leurs valeurs.

Et donc que c’est dommage que les compétences des garçons soient inférieures.

Je n’en disconviens pas.

Toutefois, il va falloir que mme Bernard et mme Molloy apprennent elles aussi à lire du texte continu. Toute fiction n’est pas littéraire. La BD, le théâtre, le jeu vidéo, le cinéma portent tous ce processus de sympathisation à un tiers, cette empathie. (Si j’étais un gros guedin, je parlerais même de composante performative de la fiction, mais je ne voudrais pas perdre les garçons fans de SF dans la salle, à commencer par moi.) La littérature a « un grand avantage », oui, et il est lié à son média : c’est celui de travailler la compréhension de l’écrit, lequel forme l’esprit à la critique raisonnée et à la dialectique, deux atouts fondamentaux dans nos sociétés complexes. Mais on s’y forme très bien aussi en lisant des manuels de droit.

En revanche, visiblement, pour les manuels d’économie, c’est moins sûr. Cela n’évite pas à mme Bernard deux amalgames stupides (la SF comme littérature et la valeur perfomative de la fiction), difficilement pardonnables à une revue aux ambitions de Slate et – théoriquement – un peu immergée dans la culture geek, quand même. Il est une vérité solide dans le cas de l’apprentissage de la littérature et de l’écrit, que connaissent tous ceux qui ont un jour approché un livre à moins de trente mètres : peu importe ce qu’on lit, l’essentiel, c’est de lire avec plaisir, car c’est là que l’étincelle s’allume, et que l’on passe, un jour, des novelisations de Doom à Friedrich Nietzsche. Et State, qui se targue de réfléchir aux évolutions de la société, pourrait fortement bénéficier d’une bibliothèque bien fournie en SF plutôt que de laisser publier des indigences intellectuelles pareilles.

2013-06-11T09:42:20+02:00lundi 3 juin 2013|Humeurs aqueuses|26 Commentaires

Léviathan : Le Pouvoir sur Appuyez sur la touche lecture

Couv. service artistique Seuil d'après (c) Hannah Stouffer / fstop / Corbis et (c) Bill Varie / Getty Images

Couv. service artistique Seuil d’après (c) Hannah Stouffer / fstop / Corbis et (c) Bill Varie / Getty Images

Figurez-vous que j’ai eu l’impression de lire un récit dans la lignée de « Hero », film juste splendide, où l’utilisation des couleurs, autant que les figures réalisées par les comédiens, joue un rôle aussi bien que les faits racontés eux-mêmes. […] Je ne vais pas plus loin, car voilà tout l’enjeu de ce dernier tome, tout ce qui va conditionner le dénouement de cette excellente trilogie qui vient confirmer le talent de Lionel Davoust, déjà bien apparent dans La Volonté du Dragon, mais aussi dans la plupart de ses nouvelles.

Un avis enthousiaste et détaillé – grand merci ! – à lire sur le blog de Joyeux Drille, Appuyez sur la touche lecture. (Attention, résumé détaillé des premières étapes de l’intrigue inside.)

2013-06-11T09:42:22+02:00vendredi 31 mai 2013|Revue de presse|Commentaires fermés sur Léviathan : Le Pouvoir sur Appuyez sur la touche lecture

Imaginales toujours fidèles

Et voilà, après un long périple, les douzièmes Imaginales sont terminées, avec une affluence encore supérieure aux années précédentes si je ne m’abuse, une convivialité toujours présente, d’innombrables rencontres, et une course à la fois incessante et exaltante, pour ma part, pendant cette semaine. Merci avant tout à vous, lecteurs, nouveaux et fidèles ; merci à l’organisation, aux traducteurs et aux modérateurs de compèt (Stéphanie et Bernard ; Marion notre maman à tous ; Sylvie, Hélène, Jocelyne, Nelly, Christophe, Valérie, Anne et j’en oublie hélas certainement) ; merci mes compagnons de signature qui ont supporté mon cerveau en surchauffe et mes blagues pourries (Mélanie Fazi, Sylvie Miller et Phillppe Ward) ; merci à mes compagnons des Deep Ones pour un premier concert particulièrement fort en émotions ; merci à Jean-Claude et aux étudiants de la masterclass ; merci à Fabrice Colin, Pierre Bordage, Rachel Tanner et Raphaël Albert pour s’être gentiment prêté au jeu de notre interrogatoire pour la table ronde sur Elfes et Assassins, y compris quant nous les chahutions avec Sylvie ; merci à Florian de la Fnac de Belfort pour l »accueil et le souvenir.

Vous le savez, les comptes-rendus de festival, ce n’est pas mon truc, donc je me contenterai de quelques photos, de répercuter tout ce qui a été capturé dans les jours qui viennent, et je prépare un Créer du lien sur le festival avec les excellents articles des autres. Personnellement, j’ai juste quelques photos pourries prises avec le portable.

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2013-06-11T09:42:25+02:00jeudi 30 mai 2013|Le monde du livre|8 Commentaires

Entretien autour d’Elfes et Assassins

Couv. Jean-Sébastien Rossbach

Couv. Jean-Sébastien Rossbach

Orfilinn, sur le site des Imaginales, réalise beaucoup d’entretiens autour du festival ; il nous a fait le plaisir, à Sylvie Miller et moi, de nous poser quelques questions autour de l’anthologie de cette année, Elfes et Assassins.

Sylvie Miller et Lionel Davoust, vous avez repris pour la deuxième année consécutive le rôle de co-directeurs de l’anthologie du festival. Découvrons ensemble les arcanes de cette cinquième anthologie, publiée par Mnémos. D’abord le thème : Elfes et assassins. Comment a-t-il été choisi ?

Lionel : Nous avions très envie de faire honneur à un archétype aussi vieux que la fantasy elle-même, charismatique par sa noirceur et complexe par sa morale : le voleurau sens large, le brigand, que nous avons poussé au maximum en la personne de l’assassin. En face, il fallait une figure lumineuse pour créer une rencontre intéressante, mais tout aussi ambigüe, qui appuie la facette magique du genre : l’elfes’est imposé.

Sylvie : Le thème doit permettre des traitements variés. Les auteurs nous ont fourni des textes très différents qui explorent toutes les facettes de la fantasy.

Pour lire la suite de l’entretien, c’est sur cette page.

2013-06-11T09:42:28+02:00mercredi 29 mai 2013|Entretiens|Commentaires fermés sur Entretien autour d’Elfes et Assassins

La Volonté du Dragon sur les Lectures de Xapur

Couv. Cyrielle Alaphilippe

Couv. Cyrielle Alaphilippe

Le récit est bien mené, les rebondissements sont habiles, les personnages attachants (notamment l’artechnicien Jael et le généralissime Vasteth) et le rythme est soutenu, si bien que j’aurais eu envie de quelques pages de plus pour prolonger cet univers attachant. Signe que le livre est bon !

Une chronique de Xapur, à lire sur son blog !

2013-05-20T10:28:08+02:00mardi 28 mai 2013|Revue de presse|Commentaires fermés sur La Volonté du Dragon sur les Lectures de Xapur

Ça laisse pensif

Vu à Besançon :

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Ce genre d’étrangetés me soulève tant de questions, je pourrais rester des heures à méditer, obsédé par l’absurdité apparente de la chose. Où ils vont ? Nulle part ? Est-ce qu’ils viennent chercher l’eau ici ? Y a-t-il une base secrète de pompiers cachée dans les profondeurs d’où un capitaine en uniforme rouge devenu fou projette de dominer le monde avec un camion modifié en fusée pour bâtir une utopie pompière fondée sur la forme physique, l’entraide et le remplacement de tous les escaliers par des barres lisses ?

Ça pourrait être fun, remarquez.

Rappel : je suis toujours en vadrouille, aujourd’hui en dédicace à la Fnac de Belfort :

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2013-06-04T10:29:26+02:00lundi 27 mai 2013|Expériences en temps réel|11 Commentaires

Léviathan : Le Pouvoir sur Les chroniques de Madoka

Couv. service artistique Seuil d'après (c) Hannah Stouffer / fstop / Corbis et (c) Bill Varie / Getty Images

Couv. service artistique Seuil d’après (c) Hannah Stouffer / fstop / Corbis et (c) Bill Varie / Getty Images

*** – Voici déjà le troisième tome de cette série incroyable, à mi-chemin entre thriller et fantastique ! […] Des révélations, des aventures et des rebondissements incroyables sont les éléments clés de ce troisième opus toujours aussi passionnant ! Un final époustouflant, digne de cette très belle série, clôt la trilogie en beauté !

Merci à Madoka pour cet avis sur Léviathan : Le Pouvoir, à lire sur son blog !

2013-05-20T10:28:44+02:00vendredi 24 mai 2013|Revue de presse|Commentaires fermés sur Léviathan : Le Pouvoir sur Les chroniques de Madoka

Blague d’écrivain

lolcat_caption_writerSi l’horloge atomique qui, quelque part, pilote ce site par procuration, ne plante pas, c’est aujourd’hui le second jour de la masterclass écriture dirigée par Jean-Claude Dunyach et moi-même aux Imaginales. Il semble donc approprié de raconter une blague d’écrivain, d’une part parce qu’elle est très vraie, et surtout parce que c’est Jean-Claude qui me l’a racontée le premier – gloire lui soit rendue :

Un écrivain célèbre, à la fin de sa vie, meurt. Satan apparaît dans un nuage de soufre.

« Ha, ha ! s’écrie-t-il, tu es un écrivain, ton métier est d’une honnêteté douteuse, tu iras en enfer !

— Naaaaan », hurle l’écrivain (ou quelque chose d’approchant).

Arrivé en enfer, l’écrivain est conduit dans une petite pièce, où il est enchaîné à une chaise en métal chauffée à blanc, devant une machine à écrire pourrie où il manque la moitié des touches, le papier manque, se met de travers, pendant que des diablotins le piquent avec leurs fourches sans relâche en couinant : « Écris ! Écris ! »

Notre pauvre écrivain s’exécute péniblement, en larmes, au comble de la souffrance, désemparé, désespéré.

Soudain, un ange apparaît dans un nuage de roses.

« Fichtre ! s’exclame l’ange, Satan, tu t’es trompé ! Cet écrivain est bon, il a fait rêver des générations de lecteurs, il était censé aller au Paradis ! »

Satan, confus, détache l’auteur, qui se jette au cou de l’ange, submergé par la reconnaissance. « Merci ! Oooh, merci ! »

L’ange emmène le pauvre homme au ciel.

Arrivé là-haut, il est conduit dans une petite pièce. Là, il est enchaîné à une chaise en métal chauffée à blanc, devant une machine à écrire pourrie où il manque la moitié des touches, le papier manque, se met de travers, pendant que des chérubins le piquent sans relâche avec leurs lances en couinant : « Écris ! Écris ! »

Notre pauvre écrivain en larmes, s’exécute péniblement, sous le regard de l’ange, et gémit : « Mais, mais, oh, pourquoi ? Pourquoi vous me faites ça ! C’est comme en enfer, ici !

— Ah non, réplique l’ange avec un sourire benoît. Ici, tu as une chance d’être publié. »

2018-08-09T11:02:08+02:00jeudi 23 mai 2013|Best Of, Expériences en temps réel|6 Commentaires

Reçus avant de partir

J’attaque aujourd’hui la masterclass des Imaginales – à bientôt pour tous ceux qui y seront -, mais dans ma boîte aux lettres, deux petites surprises m’attendaient.

Pour le côté littéraire :

E&A

Yeah ! Elle est belle, tient bien en main, et les auteurs vous ont concocté des textes merveilleux, drôles, satyriques, épiques ou carrément bouleversants. J’espère que vous aurez autant de plaisir à les découvrir que nous au moment de composer l’ouvrage.

Pour le côté écologique :

MM_MPAs

Je n’ai aucun pouvoir d’aucune sorte sur ce domaine de gestion, mais ça n’empêche pas de se cultiver. Pour quand j’aurai le temps de lire ça, soit, selon mes estimations actuelles, quelque part au milieu du 32e siècle, on n’est plus à une décennie près.

Soyez sages, je laisse blogs et réseaux sociaux en pilotage automatique pour la semaine, même si j’aimerais pouvoir parler du festival en live davantage. L’expérience prouve toutefois que j’y arrive à peine…

2013-05-21T09:11:41+02:00mercredi 22 mai 2013|Journal|Commentaires fermés sur Reçus avant de partir
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