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Question : où allez-vous chercher tout ça ?

(c) Disney

Encore une petite période de silence, mais je reprends progressivement le fil d’une activité normale (lire : raisonnable) et donc l’ouverture de ce bar et l’approvisionnement en bibine fraîche. Il y a une question qui était arrivée depuis un moment, très fondamentale :

 

Quand on a une idée en tête c’est dejà pas mal. Non ?

On essaie de l’exploiter un peu, on y ajuste d’autres idées, ca forme un tout cohérent et on se dit,  après 3 mois de gestation  : mouais, ca pas si mal, allons y.
Mouais… sauf que quand je m’arrête dans une librairie, quand je jette un regard envieux et jaloux sur les couvertures, quand je bave sur les 4ieme de couverture, personnellement je repars de là en me disant que mes idées sont nullissimes et aussi développées qu’un embryon d’huitre de 2 jours.

Alors oui, ou allez vous chercher toutes ces idées ? Qu’avez vous dans vos cerveaux pour en sortir des trucs comme ca ? C’est limite effrayant  !! 😉

Bon, déjà, les quatrièmes de couverture sont conçues comme ça : pour donner envie, pour présenter les points forts d’une histoire et donc mettre en avant ce qu’elle a de meilleur. Une bonne quatrième peut sublimer le contenu d’un livre, mais, comme on l’a tous vu un jour, le récit n’est pas forcément à la hauteur des promesses (« La richesse de Tolkien, la drôlerie des Monty Python et le style de Jean Lorrain ! »). Il ne faut certainement pas complexer face à elles ! Sans compter que, sur un livre publié, il y a eu le retravail de l’auteur, les suggestions de l’éditeur et parfois des commerciaux, une foule de regards extérieurs qui visent tous à ce que cette histoire donne son plein potentiel.

D’accord. Mais ce n’est qu’esquiver la question. Où va-t-on trouver des idées ? Je dirais que trouver des idées n’est pas un problème : le monde en fourmille. Ouvrir la presse, se balader sur le Net, rester ouvert à son environnement amène des quantités d’idées, parfois dans les moments les plus improbables. Il faut rester disponible, à l’écoute du monde, et elles viennent d’elles-mêmes. Je suis convaincu qu’il n’y a pas de mauvaises idées : il y a, en revanche, les idées qu’on traitera de manière intéressante parce qu’elles nous concernent d’une manière ou d’une autre, et celles avec lesquelles on n’a pas de véritable lien.

Ce qui compte, c’est donc de trouver les idées qui conviennent pour soi ; non  pas creuser le même sillon et traiter toujours les mêmes thèmes, mais apprendre à se connaître pour remarquer, parmi la foule de récits potentiels qui peuvent naître, ceux que l’on a vraiment envie d’écrire, ceux qui résonnent avec nos convictions, nos désirs, nos révoltes, ceux que l’on veut vraiment explorer et suivre pour découvrir où ils nous conduiront. Si l’on ne jure que par la hard science, une idée purement romantique à la façon du Journal de Bridget Jones, aussi riche et intéressante soit-elle, ne résonnera guère, et son exécution va s’en ressentir.

Car je pense aussi que l’exécution prime sur l’inventivité. La meilleure idée du monde ne franchira peut-être même pas le comité de lecture de l’éditeur si l’exécution est bancale, insuffisante, si le potentiel d’une grande idée n’est pas exploité convenablement – alors qu’on peut faire une grande histoire avec un archétype classique, de Romeo et Juliette à AvatarIl faut ensuite tirer le maximum de ce germe d’envie, qu’on reconnaît parfois à un frisson caractéristique bien physique (comme le disent deux Elisabeth, George et Vonarburg, dans leurs livres d’écriture respectifs, « le corps sait »). Et c’est peut-être la partie la plus difficile : leur faire exprimer (au double sens de la parole et de presser comme un citron) leur potentiel, trouver la raison pour laquelle cette idée a séduit, et l’histoire qui se trouve ensuite derrière. Les mûrir, les méditer, en suivre les implications et ramifications, les ressasser jusqu’à pouvoir leur faire porter un récit qui compte, à tout le moins, à ses propres yeux. C’est là, peut-être, qu’on touchera à une authenticité qui pourra atteindre et émouvoir, par la suite, le lecteur.

Où va-t-on donc chercher tout ça ? À l’extérieur, autant qu’en soi. La psyché humaine compte un nombre limité de grands thèmes, aussi vaste soit-il : l’amour, la mort, la perte, le dépassement de soi, la liberté… Le plus important, à mon sens, c’est de chercher en soi-même, à force d’introspection et de ruminations,  ce que l’on a de personnel à dire sur la question, et le dire ensuite du mieux possible. Je pense humblement que c’est là que se terrent les idées qui comptent vraiment. C’est cet aspect qui les rendra bonnes, et leur rumination qui les rendra originales. Mais l’originalité n’est, en quelque sorte, qu’un effet secondaire qui vient dès qu’on a suffisamment creusé, avec sincérité, ce qui fait l’honnêteté de notre regard et de ce que l’on cherche à traiter. Elle n’est pas un but en soi. Chercher sans relâche sa propre parole, ne pas limiter ses ambitions, aller vers le lecteur, voilà à mon sens les buts véritables.

2014-08-05T15:23:05+02:00mardi 8 mars 2011|Best Of, Technique d'écriture|18 Commentaires

12-13 mars : Rue des Livres 2011 à Rennes

Comme l’année dernière, j’aurai le plaisir d’être présent au festival Rue des Livres, à Rennes, événement qui grandit toujours davantage et prend un poids véritable dans la ville et la région. Il sera parrainé cette année par Yann Queffélec ; les conférences et tables rondes commencent le vendredi 11 au soir (n’hésitez pas à y aller !) ; pour ma part j’y serai le week-end avec les livres déjà parus et les anthologies.

Le salon du livre se tiendra Salle Guy Ropartz :

Cliquez sur la carte pour un agrandissement

Les amateurs des littératures de l’imaginaire auront également le plaisir de retrouver sur l’événement :

Le site du festival est ici. À très bientôt !

2011-03-01T12:07:28+01:00mardi 1 mars 2011|Actu|1 Commentaire

Black Swan : un cygne du fantastique

Natalie Portman, de la danse classique, Tchaikovsky et Le Lac des Cygnes, l’histoire d’une femme qui rêve de devenir danseuse étoile, tout serait réuni pour un film trop romantique et trop bôôô – et c’est ce qu’ont certainement cru les parents peu renseignés qui ont amené leurs petites filles à la séance.

Lesquels sont tous partis avant la fin. Mouhaha.

Nina est une danseuse de ballet talentueuse, mais vieillissante pour ce milieu, et couvée par une mère abusive qui n’a jamais réussi à sortir du rang. Quand l’étoile de la troupe prend une retraite plus ou moins forcée, c’est peut-être pour Nina la chance de progresser vers le haut de l’affiche et d’incarner les deux cygnes du Lac. Cependant, c’est une obsessionnelle de la technique, pétrie de blocages et d’une certaine innocence, ce qui fait d’elle un cygne blanc parfait… mais l’empêche de se libérer pour atteindre le charisme magnétique du cygne noir. Si elle veut réussir, il va lui falloir trouver en elle-même une nouvelle Nina, tout en déjouant la jalousie et les coups bas de ses camarades.

Effectivement, dit comme ça, cela sonne comme un Léa Passion Danse Classique. Sauf que Black Swan est un film d’une violence psychologique extrême. Dans les relations entre personnes bien entendu – danseuses, la mère parfaitement abusive de Nina, jusqu’au chorégraphe, campé par un Vincent Cassel en parfait dominateur -, mais surtout dans le rapport au corps, évidemment bien particulier dans la recherche de la perfection, et poussé ici dans ses retranchements. Comme bien des athlètes, Nina soumet sa chair à des pressions terribles pour atteindre l’idéal, n’ayant rien d’autre dans l’existence que son rêve de danse, lequel n’est peut-être, d’ailleurs, que la projection de celui de sa mère.

Et Nina va progressivement plier sous la pression. Car incarner le cygne noir exige qu’elle se confronte à une part d’elle-même qu’elle a totalement verrouillée et bannie : la part de laisser-aller, de folie, de spontanéité dont l’absence fait justement la danseuse parfaite qu’elle est. L’ouverture imprudente de cette porte va bouleverser sa vie et sa psyché de manière irréversible.

Black Swan est donc l’histoire d’un contact avec l’ombre jungienne – la part d’inconscient et de refoulé qui finit par contaminer et briser notre existence quand on la bannit avec trop de force. Ce contact se fait ici selon la grammaire du fantastique, où, progressivement, la réalité va glisser vers l’impossible, source d’angoisse et d’incompréhension : on navigue donc en plein dans les territoires de l’imaginaire. On peut quand même reprocher un usage assez grossier de ce langage à l’image – la symbolique, toute en noir et en blanc, a la subtilité d’un panneau clignotant proclamant « ICI SAY LA GENTILLE, LA SAY LA GARCE » – mais, vu le thème et le large public auquel le film veut s’adresser, on le pardonnera sans mal. Et, surtout, le film ne tombe jamais dans un manichéisme primaire, brouillant les cartes avec intelligence pour présenter la dialectique en termes de « contrôle / abandon » et non de bien et de mal.

Le scénario et sa conclusion seront sans grande surprise pour les habitués des genres et même les aficionados de David Lynch, mais Black Swan s’apprécie surtout pour son atmosphère et son image délicieusement malsaines, paradoxe pour une troupe qui vise à créer la beauté et sa perfection, et surtout pour l’interprétation absolument renversante de Natalie Portman, qui parvient à emporter sans réserves le personnage par ailleurs un peu bidimensionnel de Nina et offre une incroyable performance d’actrice en danseuse de ballet.

Black Swan est donc une fascinante plongée, dérangeante et dure, dans les méandres de l’inconscient et pousse à l’interrogation sur la part de glauque que nous cachons tous en nous ; un parcours initiatique au sens obscur du terme à recommander à tous ceux que le sujet intéresse.

 

2011-02-28T11:33:49+01:00lundi 28 février 2011|Fiction|8 Commentaires

Newman & Mittelmark, How NOT to Write a Novel

Les auteurs – un écrivain et un éditeur – l’affirment en préambule : si l’on mettait tous les théoriciens de l’écriture dans une pièce en train de se remplir d’eau et qu’ils devaient se mettre d’accord sur des règles littéraires avant de périr noyés, il est certains qu’ils se mettraient avant tout d’accord sur une chose : ce qu’il ne faut pas faire. C’est le projet de ce petit opus d’un peu plus de 250 pages : ne pas vanter de grands principes, des recettes prétendûment infaillibles, des systèmes supposément éprouvés, mais au contraire rassembler le maximum de bévues, de bourdes, de tics et autres catastrophes tragiques qu’on rencontre dans les manuscrits non publiés. Et il y en a. Dans ma courte expérience éditoriale, j’en ai croisé un certain nombre, et je peux vous assurer que chacune de ces erreurs garantit à elle seule, presque à coup sûr, l’envoi navré d’une lettre de refus circulaire.

Le livre couvre tous les domaines de la narration : intrigue, personnages, décor, style… jusqu’à la soumission du manuscrit. Chaque bévue est d’abord illustrée par un extrait bidon rédigé par les auteurs eux-mêmes – souvent hilarant – puis suivi par une demi-page d’explications à la fois pédagogiques et… féroces (ce qui fait le plus grand bien aux égos un peu confortables).

« Je suis stupéfait. Vous êtes contento que je reste aqui pendant que vous passez en revue los échantillons ? »

– El étranger : Quand des locuteurs d’autres langues sont rendus n’importe comment (p.150)

Bien sûr, nous autres francophones ne retirerons que peu de profit des sections sur le style et la langue, le français fonctionnant parfois presque à l’opposé de l’anglais (pour ce qui est des verbes de dialogue, par exemple), mais le lecteur capable d’apprécier ce petit volume (un certain niveau de langue est requis pour en saisir tout le sel) saura faire le tri et les sections concernées sont de toute façon minces.

Bien sûr, ne tomber dans aucun de ces pièges ne garantit éventuellement pas la publication… Mais ils constituent le B.A.BA. Ce bouquin est une lecture quasiment indispensable pour l’auteur débutant qui a la chance d’avoir un certain niveau d’anglais. Mais tout le monde, de manière générale, tirera du profit à le lire, ne serait-ce qu’au premier degré, en se tenant les côtes devant les extraits délicieusement nanaresques mais tragiquement vraisemblables ; au-delà, il serait bien possible également de déceler des amorces de dérives ou de tics d’écriture dans sa propre pratique… qu’il conviendra alors de tuer dans l’oeuf, si possible avec un fusil à canon scié.

2014-08-05T15:23:05+02:00jeudi 24 février 2011|Best Of, Technique d'écriture|4 Commentaires

Revue de presse

Couv. Anne-Claire Payet

Une foule de nouvelles chroniques est tombée depuis ma brève disparition dans les limbes, et il est très grand temps de renvoyer l’ascenseur en vous invitant avec insistance à visiter ces excellents blogs critiques. Merci à tous les auteurs pour leurs articles sur les livres !

L’Importance de ton regard

  • Incroyable chronique de Mythologica.net que j’ose à peine citer tant elle est élogieuse ! Merci !
  • Très bel article également de Madoka !

La Volonté du Dragon

Cela fait plaisir de voir le premier récit long d’Évanégyre continuer à faire parler de lui (pour mémoire, le nouveau récit de l’univers doit sortir au printemps en anthologie) !

  • 15/20 pour Traqueur Stellaire ;
  • Over-Booked n’a pas été déçu par la fin (ouf ! rien de pire qu’un récit qui vous laisse sur votre faim).

Flammagories

Un avis de lecture hélas un peu partagé sur le collectif Flammagories (éd. Argemmios) chez LoveBooks, mais très positif concernant « Tegite Specula » : merci !

Contes de Villes et de Fusées

Un beau coup de coeur de Phooka pour l’anthologie de contes revisités dirigée par Lucie Chenu aux éd. Ad Astra (et où figure « Le Sang du large« ).

Si vos goûts semblent s’accorder avec ceux des chroniqueurs, n’hésitez pas à vous abonner à leurs blogs et flux d’informations : c’est un excellent moyen de faire de nouvelles découvertes et de trouver des pépites parfois injustement méconnues !

2011-02-22T12:03:05+01:00mardi 22 février 2011|Actu|Commentaires fermés sur Revue de presse

Oh, to be Jung again

Je déclare par la présente que Limoges est la ville avec la plus grande densité de jolies femmes au m². Vraiment, c’est incroyable, et ça l’était encore plus quand, le soir, je suis allé boire un coup dans un bar rigolo1 où l’animation était assurée par une serveuse qui chantait les grands succès de toute boîte qui se respecte, boum ksi let’s dance put your hands in the air shake it like a hurricane the carpet is waiting for us, des trucs comme ça, chansons à texte (mais super bon esprit). Je n’ai jamais vu un truc pareil au point que je me suis demandé si je n’allais pas abdiquer la nationalité bretonne pour la limousine, des fois qu’on me prête en plus une méga grande bagnole, mais on m’a expliqué que non, c’était sans rapport. Joliment apprêtées, souriantes et drôles, bref, c’est bien simple, là-bas, même les filles pas jolies sont jolies aussi. Oubliez Santa Monica, Rio, la plage et toutes ces conneries : allez à Limoges.

J’ai dit.

La médiathèque centrale est magnifique elle aussi, et l’accueil fut extrêmement chaleureux et agréable : merci à Patricia, Sylvie, Anna et Claire pour avoir organisé cette exposition sur la fantasy, cette rencontre autour du genre et pour avoir veillé sur nous (surtout sur moi, en proie à un décalage horaire mental prononcé). Nous avons passé trois heures avec Stéphane Manfrédo à parler d’imaginaire, lequel sait toujours poser les questions qui vous font prendre conscience d’aspects de votre travail auquel vous n’aviez jamais pensé (ou dont vous n’aviez jamais osé parler). Nous sommes partis parfois très, très loin sur la valeur du sens dans l’existence rapportée à la fantasy, la magie et au conte, le numineux chez Jung, les métamorphoses de l’esprit chez Nietzsche, et le plus génial, c’est que personne n’est parti au milieu. Merci donc à vous tous qui êtes venus écouter cette rencontre (spéciale dédicace à la Vade-Mecum du Disque-Monde krew qui s’est déplacée en force et que ça m’a fait grand plaisir de revoir) !

Un enregistrement de l’ensemble sera peut-être disponible dans les semaines à venir, je vous tiendrai au courant.

EDIT : Le Vade-Mecum du Disque-Monde a posté un petit compte-rendu de la rencontre sur son forum.

  1. Pas l’Arkange, c’était un peu trop loin, je me suis mal démerdé, j’ai zappé, les huit heures de train ont eu raison de ma pauvre icelle – raison, donc.
2011-02-23T10:13:29+01:00lundi 21 février 2011|Le monde du livre|13 Commentaires

Un jardin zen dans mon Microsoft Word

L’Internet multimédia est une aide tellement invraisemblable pour l’écriture – découvrir un métier inconnu pour un détail dans une scène, appréhender l’ambiance d’un lieu par Google Street View, utiliser des dictionnaires puissants – que j’éprouve à la fois frissons d’angoisse et vénération sans limite pour les écrivains qui en étaient privés et réussissaient malgré tout à être justes et vraisemblables en sortant de leur zone de confort. Franchement, ça devait être autre chose, ma bonne dame, les jeunes d’aujourd’hui, ils savent plus ce que c’est de faire une recherche en bibliothèque.

Sauf que le Net, c’est aussi le mal, parce qu’il s’y trouve toutes les procrastinations que l’humanité a été un jour capable d’inventer (et en a même trouvé d’autre, pour le fun) : le mail, Facebook, le petit jeu qui réclame votre attention toutes les deux heures, un coup de clavardage1, et la journée fond. Développer sa discipline pour préserver sa concentration est à mon humble avis très utile et salutaire, mais cela peut réclamer un énorme effort de volonté qu’on peut étayer par de petits trucs. Et un petit truc, par exemple, consiste à se compliquer l’accès au Net. Non pas pour se le couper définitivement mais pour rendre la manipulation fastidieuse. L’intérêt est, au minimum, de rendre son usage conscient quand on vérifie ses mails dix fois par heure comme un rat appuyant sur la pédale de la machine à renforcement variable : c’est la première étape pour casser la compulsion.

Or, il y a une petite ligne de commande toute simple qui peut rendre ce service2. Il vous faut :

  • Une machine Windows (XP au minimum, j’ignore si ça marche avant) sur laquelle vous êtes administrateur
  • Une connexion Internet par modem routeur ou par box type Free.

Ouvrez l’Invite de commandes (Dans Tous les programmes > Accessoires) et tapez ce qui suit :

ipconfig /release

Hop. Vous avez perdu tout Internet. (Restez calme.) C’est l’équivalent virtuel de débrancher le câble réseau (mais ça évite de farfouiller sous le bureau : on a dit une manipulation fastidieuse, mais pas trop quand même, manquerait plus qu’on fasse de l’exercice).

Fermez ensuite la fenêtre. (Ajoutez-vous un maximum d’étapes pour restaurer le Net : retourner chercher cette Invite de commandes doit être convenablement agaçant pour que l’effet psychologique prenne.)

Pour récupérer votre connexion, c’est très simple. Rouvrez l’invite et tapez :

ipconfig /renew

Attendez deux secondes et vous voilà rebranché au monde. Vous pouvez respirer et vous offrir cinq minutes sur VDM.

  1. C’est le mot québecois retenu pour remplacer « chat », avouez que c’est quand même vachement plus classe que le consternant «  éblabla » de notre Académie « /facepaume » Française.
  2. Caveat d’usage : je décline toute responsabilité si cette manipulation casse votre connexion Internet, vend votre identifiant Facebook à des Nigérians ou vous fait accuser de pédophilie auprès de l’Hadopi. Ca ne devrait rien faire planter, c’est une fonction de base, mais à utiliser à vos risques et périls. Chez moi, en tout cas, ça marche parfaitement
2018-07-17T14:26:07+02:00vendredi 18 février 2011|Technique d'écriture|11 Commentaires

Tron : un digne héritage

Tron premier du nom (1982)

Réaliser une suite à l’un des films les plus cultes des années 80, surtout à une ère où l’informatique, étant entrée dans tous les foyers avec des développements inattendus comme le Web, a quelque peu perdu son aura magique, tenait de la gageure. Et, d’ailleurs, les déceptions n’ont pas tardé à pleuvoir sur le Web, critiquant principalement la vacuité du scénario et de l’univers.

Mais posons-nous deux secondes. Qu’est-ce que Tron, exactement ?

Tron, l’original, était sorti en 1982, produit par Disney, et narrait la projection d’un jeune programmeur de génie, Kevin Flynn, projeté par accident dans le système informatique central de la compagnie qui lui a volé ses créations. Là, il rencontrait une assemblée de programmes fort humanoïdes, dominée par la toute-puissance de l’IA maîtresse, et soumise à des jeux cruels qui n’étaient autres que les jeux vidéo conçus par Flynn. L’utilisateur devenu programme s’associe alors à une poignée de programmes renégats, croyant à l’existence d’un monde au-delà du leur où les concepteurs tiennent le rôle de dieux, pour renverser l’ordre tyrannique.

Tron : l’héritage reprend avec une grande fidélité l’univers et la trame narrative pour nous placer aujourd’hui, près de 30 ans plus tard. Kevin Flynn a disparu il y a plus de vingt ans sans laisser de traces, abandonnant derrière lui un fils, Sam, qui mène une vie de dilettante casse-cou pour tromper l’absence d’autorité. Devenu l’actionnaire principal de la compagnie de son père, il se contente de vivre de rentes et de faire quelques blagues dangereuses au directoire. Mais Alan Bradley, ancien ami de Flynn senior, lui dit un soir avoir reçu un message émanant de l’ancienne galerie d’arcade de son père. Sam s’y rend, découvre les projets de Kevin… et se trouve projeté par accident dans la Grille, nouvelle version du système maître davantage inspirée d’une véritable matrice, où il découvre une assemblée de programmes placée sous la tyrannie d’un dictateur ressemblant étrangement à son vieux père. Il va lui falloir survivre dans la Grille et apprendre la vérité sur Kevin Flynn au cours d’une succession d’aventures et de dangers reprenant tous les classiques du premier volet, plus de nouvelles surprises.

Alors, qu’est-ce donc que ce Tron : l’héritage ? Un beau clip pour la superbe bande originale composée par Daft Punk ? Une galerie d’images aussi lisses et transparentes que les parois de plexiglas peuplant la capitale de la Grille ? Un blockbuster de plus servi par des wagons d’image de synthèse ?

En partie, oui. C’est vrai. Mais la question plus importante serait :

Qu’est-ce qu’on en a à faire ?

Il est tellement chic et à la mode de dénigrer les productions actuelles en érigeant les classiques de notre enfance ou adolescence comme référence, mais, dans le cas de Tron, c’est oublier clairement que, déjà, l’original était une galerie lisse et transparente d’images, un blockbuster servi par les débuts des truquages informatiques. Soyons clairs : le Tron d’origine n’avait déjà aucun scénario. Sa magie résidait principalement dans l’usage de l’informatique pour évoquer un univers étrange, différent, qui flattait le coeur des geeks alors en puissance et construisait un embryon de mythologie pour le monde numérique.

Ce Tron : l’héritage fonctionne exactement sur la même recette. Il ne s’agit pas de justifier les faiblesses du second par celles du premier mais de cerner exactement ce qui a fait le succès du premier et ce qu’on peut donc attendre du deuxième : et là, le contrat est rempli bien au-delà des espérances. Les images sont époustouflantes ; le design est parfaitement actuel (en évitant la tendance blanche à la Apple, dieu merci) ; les courses de lightcycles et les combats de disque sont présents et remis au goût du jour avec tous les truquages attendus au XXIe siècle. Le scénario est toujours aussi vide et même à la limite de l’absurde par moments (la génération spontanée de formes de vie numériques est une jolie idée mais traitée complètement par-dessus la jambe, sans parler qu’on peine à voir en quoi elles pourraient, comme l’affirme Flynn père, « sauver le monde ») mais il y a malgré tout dans le domaine un effort notable (on jubilera de la gifle à peine voilée assénée à Microsoft dans le premier quart d’heure du film et du plaidoyer en filigrane pour le monde du logiciel libre). Le film tente même de très timides percées vers une amorce de philosophie sur le thème de la perfection et du virtuel, en restant à un niveau très basique, mais c’est déjà plus que n’en font la majorité des films avec un tel budget et surtout infiniment plus que n’en fait le 1 (complètement creux à ce niveau).

En réalité, s’il y a un reproche fondé à faire cette suite, c’est sa trop grande parenté avec l’original. Tous les classiques de Tron sont présents, on l’a déjà dit, mais l’obsession va jusqu’à mimer certains morceaux d’anthologie comme le passage sur le pont réseau (qu’on aperçoit à gauche sur l’affiche) : toute la quincaillerie d’origine se trouve refaite dans cette suite avec un soin presque maniaque au point de donner l’impression que cet héritage tient plus du remake moderne que de la vraie suite.

Mais, encore une fois, faut-il bouder son plaisir ? Si l’on a rêvé sur la 3D surfaces pleines de l’original, ne peut-on encore observer avec de grands yeux émerveillés la perfection lisse des plans, le côté cool des combats au disque, le tout réalisé avec le plein arsenal des moyens actuels ? J’espère bien que oui. Car Tron : l’héritage n’est rien moins qu’une déclaration d’amour à son prédécesseur. Tout fleure bon le soin maniaque et la passion investie pour ranimer, en plus fort, la magie du premier.

Et, bon dieu, ça marche. Oui, les ficelles du scénario sont grosses comme des cordes d’escalade, certaines répliques sont grotesques, Tron (le programme) est sous-exploité, mais, encore une fois, on ne demande pas à Tron d’être Inception, comme on ne demandait pas au premier volume d’être Blade Runner à l’époque. C’est beau, époustouflant, c’est super cool, et on rêve. C’est ce qu’un Tron est censé faire, et celui-là le fait génialement bien.

Il faut mentionner également les innombrables références, plus ou moins obliques (et plus ou moins volontaires ?) à la culture geek. Quantité de plans sont repiqués aux classiques : de Flynn père qui a tout d’Obi-Wan Kenobi au second de Clu qui est un clone du Zorg du Cinquième Élément, en passant par l’hommage à Jules Verne. Si l’on n’a aucune sensibilité à cette culture, on va effectivement trouver ce Tron vain et absurde, mais, encore une fois, un indice : c’est l’histoire d’un type qui rentre dans la mémoire d’un ordinateur. See what I did there ? Et malgré cela, le film parvient à éviter le clin d’oeil daté en restant suffisamment léger et universel.

En résumé, Tron : l’héritage est une grande machine à rêve et à belles images, une véritable ode à tout ce que le geekisme compte de cool, peut-être un peu trop codée pour un public généraliste mais, pour les fans, c’est carrément l’éclate. Summer Wars avait été très abusivement qualifié de « révolutionnaire » et de manifeste de la contre-culture numérique ; en ce qui me concerne, je n’hésiterai pas à dire que c’est ce Tron : l’héritage qui remplit ce rôle, tout comme le premier l’avait fait dans les années 80.

Let the games begin !

2011-02-17T18:34:53+01:00jeudi 17 février 2011|Fiction|8 Commentaires

Samedi 19 février à Limoges

À nouveau le plaisir d’aller dans une ville que je ne connais pas ! Je serai présent samedi prochain (19 février) à Limoges, à 15h, à la Bibliothèque Francophone Multimédia du centre-ville pour une rencontre animée par Stéphane Manfrédo autour de la fantasy.

À noter que le même Stéphane Manfrédo (directeur du Maëdre, la collection jeunesse de l’Atalante ; essayiste, formateur, critique) proposera une conférence et des lectures la veille (vendredi 18) à 20h, même adresse.

Les liens qui vont bien :

J’espère vous y retrouver nombreux !

2011-02-16T11:05:14+01:00mercredi 16 février 2011|Actu|3 Commentaires

Sortie du monastère

Hello World, auguste lectorat, chéri mon amour.

Tel le pilote abattu en vol, j’émerge des débris de mon appareil, non sans avoir, au cours d’une interminable lutte à mort, finalement brisé la résistance de mon manuscrit lors d’une interminable chute vers le sol. Celui-ci est maintenant rendu aux mains qui l’attendaient et je suis, comme qui dirait, dans l’attente.

Auguste lectorat, tu sais que mon amour pour toi est sans bornes, je vais à présent te révéler les dessous de l’édition. On nous imagine prenant des petit-déjeuners coûteux sur des terrasses de restaurant dont le nom comporte une combinatoire entre un lieu aux connotations délicieusement surannées (atrium / closerie / atelier / abri de jardin Ikea), une fleur (lilas / marguerite / jonquille / nénuphar / drosera carnivore) et/ou une ville lointaine au parfum chargé d’histoire (Prague / Madrid / Vienne / la Motte-Beuvron). En réalité, un auteur envoyant un manuscrit à son éditeur reçoit invariablement une réponse parmi les trois suivantes :

  1. OMONDIEU SAY GENIÂÂL ON VA FAIRE LE NOBEL
  2. Non mais qu’est-ce que c’est que cette bouse, vous vous êtes injecté quoi dans les veines, rendez-moi votre avance, je savais bien que vous n’étiez qu’un faisan, un imposteur, toute votre carrière jusqu’ici n’était faite que d’heureux hasards, je ne veux plus jamais entendre parler de vous, j’ai donné votre manuscrit à manger à mes dobermans, j’ai effacé à la Javel votre nom de mon carnet d’adresses, j’ai immolé vos mails par le feu après les avoir imprimés encore pour les percer de petites aiguilles empoisonnées au curare, vous avez totalement échoué dans votre choix d’orientation mon pauvre type (ça se termine généralement par l’assassinat désespéré d’une conseillère d’orientation de 3e qui n’a rien demandé à personne puisque, de toute façon, elle vous avait conseillé de faire une licence de maths)
  3. Bon, écoutez, c’est pas mal, y a de bonnes choses, mais aussi probablement pas mal de retravail, quand est-ce qu’on peut en discuter ?

Tout auteur rêve de 1. mais pense en réalité qu’il va recevoir 2., aussi pousse-t-il secrètement un soupir de soulagement quand il reçoit 3.

Sauf que – et c’est là le secret, auguste lectorat, le secret sur lequel repose toute l’édition, TOUTE L’ÉDITION TU M’ENTENDS – tout éditeur ayant sollicité un manuscrit à son auteur n’imagine jamais qu’il pourrait dire 1., ni 2. d’ailleurs, aussi n’a-t-il en réalité qu’une seule réponse à son répertoire : 3.

Je suis donc en train d’attendre mon 3. en étant persuadé que je vais recevoir mon 2., mais vois ce que je fais, auguste lectorat, j’exorcise, j’exorcise, j’exilerai ma peur, j’irai plus haut que toutes ces montagnes de douleur.

Du nouveau dans le tuyau

Victor n’est pas resté inactif pendant ce temps et les plus attentifs, pointus, fidèles, précis, obsessionnels – compulsifs (salut camarades, vous n’êtes pas seuls ici) parmi vous auront déjà remarqué les nombreux changements et améliorations qu’il a apporté – gloire à lui, qu’il en soit remercié, alors qu’il vole déjà vers d’autres cieux féconds, la reprise de ses cours :

  • Une boutique ! Buy buy buy ! Trouver les ouvrages n’est pas forcément facile avec les éditeurs indépendants et cette page permettra de trouver leurs coordonnées et sites facilement en un seul et même endroit, ce qui permettra d’alléger ces mentions ailleurs. Je précise que je ne suis affilié à rien ni personne et que nous avons essayé de favoriser les éditeurs et distributeurs les plus pratiques à l’utilisation pour vous.
  • Un nouveau carrousel en page d’accueil. L’ancien avait tendance à baver un peu partout sur les connexions lentes avant de se mettre correctement en place. Le nouveau est plus sleek, plus clean, plus wiz.
  • Diverses réorganisations et améliorations un peu partout : pour la présentation des nouvelles, la bio, les pages livres sont refaites, etc.

Les aperçus de chaque article vont également recevoir des petites zimages fixes en fonction de la catégorie pour plus de clarté sur la page d’accueil. Les voici les voilou :

Il y a encore deux ou trois trucs à polir mais la plate-forme atteint plus ou moins sa forme définitive pour un petit moment. Bonne visite à tous !

2011-02-15T13:04:45+01:00mardi 15 février 2011|Actu|8 Commentaires
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