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Bataille pour un souvenir, in Identités

Diantre, mais quelle activité depuis trois jours! Il se trouve que le voeu que je formulais hier – pouvoir parler un peu de plus des projets en cours – a été exaucé…

Je peux maintenant annoncer la publication prochaine d’une nouvelle intitulée Bataille pour un souvenir dans l’anthologie Identités de Lucie Chenu, aux éd. Glyphe!

Je parlerais bien du texte, mais… Je ne sais pas très bien quoi dire sans gâcher un peu la découverte. Je pourrais dire que c’est de la fantasy épique, mais l’étiquette m’évoque un tas de
stéréotypes qui, je crois, conviennent relativement peu à ce récit. Que raconter? Il n’y a pas de dragons mais des machines. Il y a la mémoire. L’amertume. Le devoir. Une rage à la fois
dévastatrice et tranquille. Le poids de l’Histoire (concept qui me fascine).

Toute l’anthologie traitera des identités meurtries, contestées, bafouées, révoltées. Sujet que je trouve passionnant et hélas très actuel (réfléchir au thème m’a apporté une douzaine d’idées de
texte dont je n’aurai probablement pas la possibilité d’écrire le tiers).

L’objet s’annonce magnifique et le sommaire est excellent:

Couv. Sébastien Bermès

Couv. Sébastien Bermès

Un enfant qui recueille les souvenirs,
Une fée aux ailes coupées qui se venge,
Un guerrier qui offre un pan de sa mémoire,
Une ogresse prête à tout pour être aussi svelte qu’une elfe,
Un terrien qui fait don de sa vie pour sauver des extraterrestres,
Une tzigane qui arrive au terme d »un éprouvant voyage en train…

En vingt-cinq nouvelles et une chanson, des écrivains de tous horizons dévoilent leur quête identitaire. De façon  burlesque, dramatique, épique ou nostalgique, ils traitent de guerres
meurtrières aux ravages innombrables, de mémoire, de peuples et d’individus, qui souffrent, qui craquent.

Au sommaire:
Jean-Pierre Andrevon
René Beaulieu
Constance Bloch
Jean-Michel Calvez
Orson Scott Card
Sophie Dabat
LD
Claude Ecken
fredgev
Pierre Gévart
Tepthida Hay
Jess Kaan
Denis Labbé
Ludovic Lavaissière
Alain le Bussy
Antoine Lencou
Li-Cam
Carl Louvier
Claude Mamier
Jean Millemann
Sylvie Miller
Jérôme Noirez
Michèle Sébal
Pierre-Alexandre Sicart
Estelle Valls de Gomis
Philippe Ward

La page du livre chez Glyphe
Publication: mars 2009.
2011-01-30T19:03:07+01:00jeudi 8 janvier 2009|Actu|5 Commentaires

Le rôdeur sur le seuil de l’année

Je ne suis pas très bon pour les bilans (au grand dam de mon expert comptable de mère), mais je me suis rendu compte que cela fait un bout de temps que je n’ai pas parlé de projets et d’écriture en
ce lieu. Ce n’est pas que je n’ai rien à dire, mais, en ces temps de surpromotion à gogo, je tends pour ma part à observer une discrétion, certes contreproductive, à l’égard de mon travail. Je
n’aime pas parler des projets non aboutis ou non signés, préférant les présenter une fois que c’est très bien avancé, me limitant à l’info pure. En faire davantage me donne l’impression (idiote)
d’un étalage inélégant. Je vais m’efforcer de me soigner et parler davantage de l’écriture en soi (j’ose espérer que ça ne devrait pas trop ennuyer les lecteurs de ce blog). Et puis, à lire ces
pages, on va finir par croire que je passe exclusivement ma vie au téléphone. Non, je bosse aussi, des fois.

Quels projets donc pour 2009? Eh bien, j’ai maintenant une bonne demi-douzaine de nouvelles acceptées dans diverses anthologies, certaines étant en chantier depuis plusieurs années. Cela ne me pose
aucun problème: je suis un type patient et fidèle et je préfère publier moins souvent dans des supports en qui j’ai toute confiance, qui me font envie, plutôt que de faire la course aux entrées
bibliographiques. Sans pouvoir en dire plus, au moins trois de ces projets devraient aboutir cette année, avec trois textes extrêmement différents les uns des autres. J’ai hâte de pouvoir les
présenter.

Je continue aussi à travailler sur le

qui est devenu un monstre dont je commence à être assez content, ne serait-ce que parce que j’ai réussi à franchir le mur de la novella pour jouer avec la forme (très) longue. La liberté immense
qu’elle offre, que je peinais à affronter, me semble maintenant passionnante et plus aussi impressionnante. Mes envies d’explorations et de trajectoires se multiplient en tous sens. Je me rends
compte que je me suis bien installé dans ce format, au point que, depuis un an, j’ai dû annuler plusieurs projets de nouvelles qui n’étaient en fait que des novellas ou de courts romans déguisés.
Bref, je ne sais pas si le résultat final vaudra quoi que ce soit, mais peu importe, le voyage en valait la plaine, comme disaient les Britanniques à Waterloo. Enfin, que je finisse déjà le premier
jet, on verra après.

Je n’ai pas eu le temps de signaler en fin d’année dernière une interview réalisée par Kalys de Psychovision, lisible ici, portant principalement sur L’Île close et Regarde vers l’ouest. Je garde un excellent souvenir de cet
entretien réalisé face à face à Nantes: ses questions très intelligentes et bien vues m’ont permis de m’aventurer un peu hors des sentiers battus et des discours conventionnels. Qu’elle en soit
encore remerciée.

2014-08-05T15:26:59+02:00mercredi 7 janvier 2009|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Le rôdeur sur le seuil de l’année

Pirouette, cacahuète (phone freaks vol.3)

La semaine passée fut fort productive : on ne m’a pas appelé une fois pour me vendre des trucs improbables, mais deux. Enfin, productive du point de vue absurdités et perte de temps, moins de celui des feuillets engrangés. Mais je ne suis pas homme à me soustraire à mon devoir: que tous les démarcheurs téléphoniques voyant un jour mon numéro apparaître sur leur fichier maudit cochent un jour la petite case excentrée, celle qu’ils réservent aux cas les plus difficiles et insolubles, celle qui porte la mention « cinglé ».

Car, oui, j’ai bien essayé de m’inscrire en liste rouge, de demander à ce qu’on me retire des fichiers, de menacer de plaintes à la CNIL, en vain. J’ai découvert qu’il n’existe qu’une seule façon d’être tranquille (à bien des titres) : la folie. Dans laquelle je me trouve pleinement justifié pour deux raisons : d’une, on est censé me foutre la paix téléphonique ; de deux, offrir un moment d’éventuelle détente à mon correspondant est meilleur pour son humeur et mon karma qu’une réponse aussi brève qu’inefficace à base de grognements inarticulés.

Ceci étant dit, intéressons-nous à l’entreprise du jour, l’Office des Propriétaires de je ne sais plus quoi. On m’appelle régulièrement pour me demander si je suis propriétaire, locataire, contribuable, non-imposable et je réponds souvent « non » aux quatre questions à la suite, méfiant de nature, non-euclidien par constitution, me faufilant dans l’azur vierge régnant entre les cases des formulaires URSSAF.

Cette fois, j’ai répondu différemment, mais j’ai raté mon coup.

(suite…)

2014-08-30T18:43:41+02:00lundi 1 décembre 2008|Best Of, Expériences en temps réel|1 Commentaire

Batman est turc

L’histoire est trop énorme pour que je ne la partage pas: la ville turque de Batman attaque en justice Christopher Nolan, réalisateur de The Dark Knight, pour emploi non autorisé du nom…
Batman.

Hormis le ridicule consommé de la démarche (Batman a été créé en 1939 par Bob Kane, je veux bien que le courrier mette du temps à traverser l’Atlantique, mais fallait se réveiller un peu avant, les mecs), notons que la ville s’en prend au réalisateur du dernier film, qui n’a rien à voir avec la propriété intellectuelle du personnage.

Mais surtout, je trouve la chose profondément rigolote de la part d’un pays qui fait preuve d’un respect bien personnel de la propriété intellectuelle.

Je ne remercierai jamais assez l’organisation des Utopiales 2006 pour nous avoir fait partager ce monument du cinéma, Turkish Star Wars, en version sous-titrée – car la moindre réplique est immortelle. Par exemple, les deux glands qui servent de héros au film s’écrasent au début sur une planète pourrie.

Gland n°1 (appelons-le, je ne sais plus, disons, Bob). – Tu as peur?
Gland n°2 (que nous appellerons, par souci de concision, Ronald Ebenezer Penruthlan). – Oui.
Bob. – Alors ne le montre pas.
Ronald Ebenezer Penruthlan, l’air un peu supris. – Pourquoi?
Bob. – On ne sait jamais. Cette planète est peut-être exclusivement peuplée de femmes.
Ronald Ebenezer Penruthlan, après un temps de réflexion. – Tu as raison. Bombons les pectoraux.

Bref, vous aurez remarqué dans les neuf minutes d’extrait qui précèdent (si vous avez eu le courage de tenir jusqu’au bout) des « emprunts » à Star Wars, à la bande originale d’Indiana Jones, et j’en passe.

J’attends maintenant avec impatience le procès de Carta Mundi pour emploi illégal du nom « Joker ».

EDIT: Beaucoup d’articles se sont trompés sur le Net (et moi avec), Hüseyin Kalkan est le nom du maire de Batman et non pas une partie du nom de la ville. Mais voilà-t’y-pas que l’heureux se retrouve avec une page à son nom sur Wikipédia. Les curieux y trouveront une série de liens plus ou moins sérieux sur l’affaire.

2011-01-28T16:31:22+01:00mercredi 12 novembre 2008|Expériences en temps réel, Juste parce que c'est cool|3 Commentaires

Il est interdit de passer à l’Orange (Article R412-31 du code de la route)

[LD]
[Du haut de sa tour d’ivoire qui est carrée… ivoire est carrée… Hou hou hou]

[Service client d’Orange]
[Troisième verger après le soleil]

Messieurs,

Veuillez noter que, par la présente, je résilie mon abonnement Internet à Orange (formule 8 mégas). C’est pour moi une grande tristesse de quitter vos services que j’ai connus depuis les
balbutiements de l’ADSL.

C’est un pan d’histoire qui s’effondre. Ah, que de noms secrets, sortis de l’imagination fertile des commerciaux : Netissimo, Wanadoo ! Formules imprécatoires qui se voulaient magiques, mais
qui sonnaient plutôt comme des efforts poussifs visant à convaincre le client vaguement appréhensif face aux mystères de « l’Internet » que sa pratique était facile et amusante. Des noms
ésotériques, construits sur des principes qui ne l’étaient pas moins, obéissant à des formules cachées, transmises seulement au coeur des nuits les plus sombres parmi la très fermée confrérie
des Consultants : un nom branché se doit de comporter les syllabes « issime » ou « doo ». Le problème, comme vous l’avez bien vu, messieurs, c’est que le « branché » est une denrée périssable.
Espérons qu’au contraire, la nouvelle « Orange » le sera moins, du moins tant qu’elle ne sera pas dévorée par Vodaphone – un nom fort peu heureux en langue française, lui, évoquant l’atroce
image d’un émétique administré par 0811 (13 centimes d’euros la minute de consultation, mais le temps de mise en relation est gratuit).

Hélas, messieurs, je pardonnai vos errements – les déconnexions intempestives qui ne furent résolues que par une enquête physique sur le DSLAM ; le service technique qui ne rappelle jamais
quand il promet de le faire ; même, messieurs, même, votre usage abusif de ce pauvre David Bowie en musique d’attente qui, s’il n’a peut-être rien contre l’usage et l’abus, serait probablement
consterné de se voir progressivement associé à la frustration du temps d’attente. Mais je fus terrassé par une latence excessive due à des problèmes de transaction entre Orange et OpenTransit,
ce que les techniciens de la hotline, à la compétence inférieure à la mienne, n’ont jamais daigné comprendre ; je l’avoue, messieurs, à ma grande honte, j’en gourmandai sévèrement certains qui
ignoraient jusqu’à l’existence du traceroute. Mais peut-on travailler sérieusement sur les autoroutes de l’information en ignorant l’existence de leur GPS ? Je crois, messieurs, que si nous
pouvons nous enorgueillir d’un si beau réseau routier, c’est que nos ouvriers savent différencier le bitume de l’asphalte.

En conclusion, en guise d’adieu, messieurs, il me reste à vous léguer un modeste don, une citation de Robert Sabatier trouvée sur Internet qui nous concerne, vous et moi : « À notre époque où
l’on parle tant de communication, la vraie communication est poétique. »

Je l’ai trouvée via ma connexion… Free.

Lionel Davoust
(Par lettre simple)
2018-07-17T14:32:41+02:00lundi 10 novembre 2008|Expériences en temps réel|1 Commentaire

J’ai cherché un jeu de mot débile sur Nantes mais je n’en ai trouvé aucun en rapport avec les Utopiales aussi devrez-vous vous contenter de ce titre générique d’entrée (… désolé)

Et voilà, une édition supplémentaire des Utopiales est derrière nous. Comme d’habitude, ce genre d’événement a créé une étrange distorsion spatio-temporelle autour de lui: il m’a fallu par exemple
deux heures pour atteindre le bar de la Cité des Congrès (et non pour en revenir, bande de médisants), le temps de rencontrer tous les copains pas vus depuis au moins six mois, d’échanger trois mots et d’oublier où j’allais. C’est une atmosphère électrique et un peu étrange, mais extrêmement enthousiasmante, bouillonnante d’idées. J’en reviens toujours
gonflé à bloc et plein de projets et d’envies.

C’est pourquoi il est difficile, voire impossible de faire partager un tel événement, surtout quand on le vit de l’intérieur. Il s’agit beaucoup de réunions de travail (au bar) et de discussions entre deux portes avec toutes les personnes qu’on veut voir. On a assez rarement le temps de boire une bière avec les copains, en fait.

Francis, Mélanie, Lucie, j’en oublie certainement, pardonnez-moi, ces trois jours se mêlent dans ma tête comme une nouvelle de Millenium Est… Une table ronde très sympathique, animée par Nathalie Labrousse, avec Fabrice Colin, Johan Heliot et Christophe Lambert sur l’addiction au virtuel et ses effets thérapeutiques… La fondation avec Anne Fakhouri et Zoé d’une école de SF révolutionnaire (entre le café et les toasts)… Et le fantastique concert du Naheulband samedi soir, vu des hauteurs du restaurant…

Il y aurait encore bien des choses à raconter, mais je n’ai pas de photos.
Bras, coudes, genoux.

2011-01-30T19:23:22+01:00mercredi 5 novembre 2008|Actu|10 Commentaires

Music is my aeroplane

Une petite absence ces temps-ci qui s’explique par une coupure momentanée du Net, le temps de quitter Orange pour aller chez Free. Je croyais naïvement que nous vivions dans un pays concurrentiel et que je pouvais me faire ouvrir deux forfaits ADSL sur la même ligne, prêt à passer de l’un à l’autre en cas de défaillance, examinant à la loupe les performances des services pour les comparer et adopter donc le meilleur en connaissance de cause. Que nenni, fou, naïf, inconscient que j’étais. C’est un seul forfait, point barre. C’est donc Free. Mais je me suis trouvé coupé du monde pendant une bonne semaine et, mine de rien, dans cette période de gros boulot, ce fut un sacré handicap à la fois professionnel et personnel (le Net étant un de mes rares contacts avec le monde ces temps-ci). Bref, c’est réglé.

Mélanie m’a refilé la balle pour un jeu fort sympathique (tu savais que je ne résisterais pas à la tentation, hein!):

– Choisir 5 chansons qui vous ressemblent et dire pourquoi

– Faire une petite playlist avec

– Rajouter en sixième position « The Song », celle que vous aimez d’amour, plus jamais vous ne pourrez vivre sans

– Et taguer 5 personnes de votre choix.

Cinq morceaux plus un? C’est horriblement difficile, mais très intéressant justement parce qu’il ne s’agit pas de proposer cinq morceaux qu’on apprécie tout particulièrement, mais d’essayer un peu de se « définir » musicalement. Et cela change totalement la sélection, puisqu’on quitte le domaine des goûts, variables avec le temps, pour arriver à des choses beaucoup plus personnelles. Et je dois dire que la sélection, prise dans son ensemble, présente curieusement à mes yeux une personne que je reconnais mal, comme quand on se voit ou qu’on s’entend après avoir été filmé ou enregistré. On sait que c’est « soi », pourtant, la personne semble extérieure.

Bref, comme Mélanie, je me suis limité à YouTube et Deezer, et j’ai effectué quelques choix, mais d’autres auraient été possibles dans le même registre.

1. Le générique de Téléchat

Eh bah oui. Je regardais religieusement Téléchat quand j’étais tout môme – quand je dis religieusement, c’est que je n’en manquais pas un seul, je me les repassais en boucle, j’avais peur de Léguman, je comparais les gluons, etc. Mais force est de constater qu’à trois ans, le second degré de l’émission m’échappait totalement – ça restait un gros chat (j’adore les chats, ça se voit peut-être?) – qui présentait le journal. Pourtant, je sentais bien qu’il y avait des trucs un peu bizarres. Arte ne s’y est pas trompé en rediffusant la série aux côtés du Monty Python Flying Circus il y a une quinzaine d’années. D’aussi loin que je me souvienne, ce fut ma première et très précoce exposition au surréalisme, et ça a laissé des marques. Les DVD trônent aujourd’hui fièrement sur mon étagère et je ne me lasse pas de voir cette tarte à la crème volante essayer de déclamer Hamlet devant un buste de Shakespeare.

J’ai aussi envisagé de mettre une chanson de Boris Vian comme La Java des bombes atomiques, vu l’importance que son oeuvre a eu sur ma vie et le discours à la fois absurde et
irrévérencieux de la chanson, mais j’ai découvert sa musique bien plus tard. Non, Téléchat était définitivement le morceau à choisir ici.

2. Eric Serra – The Big Blue Overture

« Eh bah oui », encore une fois. Le Grand Bleu était déjà décrié à l’époque où il est sorti; aujourd’hui c’est encore pire, vu qu’on a tendance à juger une oeuvre passée à la lumière de l’oeuvre  actuelle (ce qui ne veut pas dire grand-chose) et que Besson n’est pas en odeur de sainteté chez les gens bien comme il faut. Mais je fais mon coming-out: ce film fait partie des pierres angulaires de mon imaginaire d’adolescent et j’assume à 100%. La solitude de ce Mayol fictif, sa consternation face à Rosanna Arquette qui lui promet « une maison et un chien » alors qu’il évolue dans un monde immense et inexprimable résonnaient profondément chez moi. En plus, j’ai travaillé quelques années à Marineland: le dauphin du début, c’est Joséphine, et je l’ai connue, la grosse ahem, petiote.

3. The Future Sound of London – My Kingdom

Quand mes copains de collège et de lycée ne juraient que par Blur, Queen (que j’aimais beaucoup quand même) et REM, j’écoutais des trucs vraiment bizarres pour mon âge, notamment Jean-Michel Jarre (j’assume, bis) et Tangerine Dream. Je me suis mis à la musique chantée très tard, en fait, préférant longtemps la pureté de l’instrumental et la recherche sur la matière sonore que permet l’électronique (avec laquelle je fais encore un peu mumuse quand le temps le permet).

J’adorais ces musiques quand cela ne recouvrait pas encore dans l’esprit du grand public techno et dance, quand il s’agissait prioritairement d’explorations atmosphérique et musicale, sans le besoin de remuer un dancefloor. Deux formations sont pour moi au sommet de ce genre, Orbital et surtout The Future Sound of London. L’album le plus abouti de FSOL est Dead Cities dont est tiré ce morceau, « My Kingdom ». Pourquoi celui-là? Pour son ambiance à la fois chaotique et structurée, son atmosphère entre appréhension et découverte, et aussi… pour son sample vocal symbolique à bien des aspects. Sans utiliser Google, saurez-vous reconnaître d’où il vient?

4. Jason Hayes – The Shaping of the World

Je voulais la version symphonique du prologue de FInal Fantasy VI mais elle est introuvable sur le Net. J’ai donc pris ce morceau-là qui est une piste bonus de la bande originale World of Warcraft. Au-delà de WoW, ce morceau évoque pour moi bien des choses: il symbolise toute la fantasy enchanteresse, mystérieuse ou héroïque, qui vous entraîne dans ses mondes, ses rêves, ses sagas. Avec la littérature, le jeu vidéo, le film, l’animation sont pour moi autant de portes d’entrée vers l’imaginaire, où je me coule avec bonheur. The Shaping of the World, comme le prologue de FFVI, représentent pour moi une fantasy que j’aime, aux mondes familiers et pourtant fondamentalement différents, où se déroulent des luttes épiques à tous les niveaux – qu’il s’agisse de triompher de l’ennemi ou de soi-même.

Et je puis je reste un gros geek. J’assume (ter).

5. Therion – Nightside of Eden

Impossible pour moi de faire une sélection musicale sans faire apparaître un bon métal. J’ai choisi « Nightside of Eden » de Therion, sur l’album Theli, qui mêle gros son, éléments symphoniques et efficacité. J’ai toujours trouvé ce titre très évocateur et j’apprécie beaucoup la dimension sous-jacente du texte: « A paradise lost / (An) Eden to regain / To illuminate / (The) Dark side of brain », soit, évidemment, la recherche dans l’inconscient, le questionnement perpétuel, le rejet de la convention en faveur de la quête personnelle.

Pour ce qui est du texte, j’aurais préféré « Clavicula Nox » du même groupe sur Vovin, mais si le morceau est superbe, je voulais un peu de patate dans cette sélection. « Dark horizons come close to me / and magick will be my key / I will travel through the gate / to be the finder of my fate... »

6. Tristania – Selling Out

Voici donc « the » song, la chanson sans laquelle je ne saurais vivre même que je l’aime d’amour. Je vous ai dit que FSOL et Orbital étaient pour moi les groupes quintessentiels de l’électronique? Eh bien World of Glass de Tristania est pour moi l’album quintessentiel du métal goth, et « Selling Out » est la plus belle chanson de l’album. Voix féminine magnifique, parfaitement équilibrée avec les grunts et le choeur, production parfaite, texte à la fois simple et prenant les tripes, cette chanson dégage à la fois un désespoir abyssal et une force dévastatrice. Elle a sauvé ma raison dans bien des moments difficiles (et je lui rends d’ailleurs hommage dans quelques passages du supertanker).

La suite!

Voilà qui était long, mais merci Mélanie, l’exercice était vraiment passionnant. Il me faut maintenant passer le relais. J’aimerais bien savoir comment répondraient Léa (oui, je suis une  ordure, tu as trop de boulot pour jouer à ça et pourtant c’est tentant…), Kanux,
Sneed, Lelf et Francis. Comme toujours, si
vous n’avez pas le temps, pas de problème, hein, ce n’est qu’un jeu 😉

2011-01-30T19:28:31+01:00mardi 28 octobre 2008|Décibels, Expériences en temps réel|3 Commentaires
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