Ce à quoi vous avez échappé

Sauf que j’avais commencé par prendre des notes sur l’affaire Polanski et la nécessité de considérer que toute morale reste subjective, quelle que soit l’ignominie d’un crime. Que les lois qu’une société fixe ne sont pas des impératifs moraux suprêmes (comme on semble beaucoup le penser à écouter et lire les réactions), mais des choix volontaires, ce qui, à mon sens, permet de les affirmer avec encore plus de force et d’intelligence. Et puis voilà que la fille du condamné pour banalisation de crimes contre l’humanité (excusez du peu) s’est mise à accuser le ministre de tout un tas de trucs atroces. Le centre de l’affaire s’est déplacé, mon argumentation sent le réchauffé et n’a plus de rapport avec la choucroute : je la balance. (suite…)
Kafka Vs. Paracelse
Messieurs1,
Nous vous remercions d’avoir répondu à notre appel d’offres concernant les nouvelles techniques de management pour le XXIe siècle. Nous avons hélas le regret de vous informer que France Télécom ne retiendra pas les propositions de Paracelse Consulting, Ltd. Nous avons bien pris connaissance de votre rapport intitulé Soigner le malade et non le symptôme, mais l’efficacité et la rentabilité de ce mode de gestion du personnel ne nous ont pas semblé pertinents en cette période où la valeur du titre souffre déjà bien trop de la crise économique. (suite…)
- Cette entrée est bien entendu une oeuvre de fiction sans rapport avec la réalité. ↩
F.A.Q.
Pendant que je pontifiais joyeusement sur Hadopi et le futur de la culture avec le Net, Anne F. signalait à fort juste titre que ce blog manquait de sujets glitter. Eh bien, Anne, et les autres qui ont en marre de se manger des murs de texte, nous allons ensemble, maintenant, sous vos yeux éblouis, abandonner l’austérité grisâtre de l’argumentation raisonnée pour atteindre la quintessence de la littérature – j’ai nommé le strass, la célébrité et la drogue. (suite…)
Si l’Europe m’était taggée
Youpi, me revoilà taggé dans une chaîne, cette fois dans le blog Fabrice Chotin, auquel tout fan du Japon se devrait de jeter un oeil: son regard
insolite sur les détails de la vie quotidienne est un régal pour mesurer les petites et grandes différences entre cultures. Et pour finir la pub, il est au sommaire de l’anthologie Alice au pays des morts.
Le jeu, maintenant!
Or donc, il s’agit dans une sorte de questionnaire à la manière de Proust, de dire ce que nous évoque l’Europe telle que nous la souhaiterions.
Ouais nan mais attends, c’est vachement dur. Comment je la souhaiterais? Ben, chouette, tiens, égalitaire, bisounoursisante, l’utopie de l’entente et des droits de l’homme, je ne voudrais pas en
faire l’équivalent politique d’un Arcatraz. Et comme nous sommes en principe entre gens de bonne compagnie, d’un blog à l’autre, on se doute bien qu’aucun de nous ne va répondre « alors, moi,
l’Europe, je voudrais que ce soit un requin avec plein de dents, une plante carnivore, Lepers Among Us de Dimmu Borgir, et puis Jack l’Eventreur ». (Quoique ça pourrait être marrant.
Francis en serait bien capable.)
Alors je change les règles du jeu pour que ce soit plus marrant.
Or donc, il va s’agir dans une sorte de questionnaire à la manière de Proust, de dire ce que nous évoque l’Europe en rapport à nos souhaits.
C’est subtliment différent.
Bien.
Un animal
Une seiche. Bah ouais, parce qu’une seiche, d’abord, c’est vachement intelligent – énormes capacités de mémoire, et il faut au moins tout ça pour se rappeler de tout le droit européen. Ensuite, ça
a une bonne tête, c’est plutôt mignon. Regardez-la, la petite bébête, on dirait pas un Casimir des océans? OK, un casimir croisé avec un triffide, mais bref.
Cela dit, malgré cet air mignon, ça a plein de tentacules. Pas sur tout le corps, remarquez: juste sur la tête. C’est le côté un peu flippant du bestiau – comme de l’Europe. Ça remue, ça bouge, on
ne pige jamais très bien ce que ça va faire, ce que ça va bouffer, si même le cerveau – pourtant très intelligent – a lui-même bien pigé ce qu’il bouffe et pourquoi. D’ailleurs, « céphalopode »,
étymologiquement, signifie « pied sur la tête »; tout cela est très logique, expliquant parfaitement comment, au regard de certaines décisions, l’Europe fait pour marcher au plafond. Et puis, quand
elle a peur, elle écrit des lois, comme la seiche qui crache de l’encre.
Enfin, c’est un mollusque, et les portraits chinois de toutes sortes citent toujours des vertébrés, en général des ours ou des chats, dans une manoeuvre sournoise de préférence taxonomique, et je
dis non, je m’oppose, je m’inscris en faux; je me dresse et je bombe le torse; c’est indigne de nous, penseurs modernes; fidèle aux idéaux de tolérance de l’Europe, adressant un salut à Voltaire et
un autre à Montesquieu, je me tourne donc vers le fond des mers, tendant la main à mes soeurs visqueuses.
Francis (je sais, tu m’as taggé aussi: ça vient)
Lucie Chenu
Anankè
Sayyadina
Et tous ceux qui veulent jouer, bien sûr. J’ai juste cité les plus crypto-révolutionnaires. 😉
On va tous mourir
Avec une valeur liquidative de fonds toujours supérieure ou égale au niveau de protection active, il devient possible de surperformer le marché des actions de la zone Euro. Puisque l’exposition
cible est gérée dynamiquement, un comportement monétaire peut s’installer pendant une durée variable. Mais le MACD est inférieur à sa ligne de signal; inférieurs à 20, les stochastiques sont
extrêmement bas, expliquant le recul de 31,3% sur une base pro forma dans ce contexte de sinistralité supérieure à la moyenne.

Over-brother
Alors on se connecte un beau matin sur son interface d’administration de blog et on trouve ça:
Impossible de ne pas répondre, évidemment (ou alors, il faut répondre n’importe quoi). Voilà qui, sur le principe, est profondément déplaisant.
Du coup, je m’intéresse à WordPress et à la possibilité de fusionner ce blog et mon site. Cela dit, c’est
vraiment pas pour demain: il faut que j’arrive à concilier intellectuellement le gros fourre-tout qu’est cet espace (où je m’amuse principalement beaucoup) avec la vitrine papier glacé
assez statique qu’est mon « vrai » site. Une refonte de ce genre nécessite un temps que je consacre mieux à écrire 🙂
Mais je ne doute pas d’y parvenir avec WordPress. Le fait que ce soit « le nec plus ultra des plates-formes sémantiques de publication personnelle » me donne pleinement confiance. Mince,
quoi, si avec ça je ne deviens pas mentalement efficient et syntaxiquement optimal, je désespère.
Cauchemar
À la veille de l’investiture de Barack Obama, un vice de forme poussa la Cour Suprême à ordonner un recompte des votes de l’élection présidentielle de 2008. Incapable de parvenir à une conclusion et sous la pression des lobbys républicains, elle dut déclarer le scrutin nul et non avenu, pour être reconduit trois mois plus tard.
Nul ne doutait de l’issue de ce vote, qui se solderait par une nouvelle victoire du candidat démocrate. Non, l’attention du monde entier se concentrait sur Donald Rumsfeld et Dick Cheney, qui, par un ahurissant retournement de procédure, se retrouvaient à officier comme président et vice-président dans l’intervalle.
La population de la planète priait à présent que les Américains aient le temps de retourner aux urnes avant que les duettistes ne lancent une bombe atomique sur l’Iran.
Pirouette, cacahuète (phone freaks vol.3)
La semaine passée fut fort productive : on ne m’a pas appelé une fois pour me vendre des trucs improbables, mais deux. Enfin, productive du point de vue absurdités et perte de temps, moins de celui des feuillets engrangés. Mais je ne suis pas homme à me soustraire à mon devoir: que tous les démarcheurs téléphoniques voyant un jour mon numéro apparaître sur leur fichier maudit cochent un jour la petite case excentrée, celle qu’ils réservent aux cas les plus difficiles et insolubles, celle qui porte la mention « cinglé ».
Car, oui, j’ai bien essayé de m’inscrire en liste rouge, de demander à ce qu’on me retire des fichiers, de menacer de plaintes à la CNIL, en vain. J’ai découvert qu’il n’existe qu’une seule façon d’être tranquille (à bien des titres) : la folie. Dans laquelle je me trouve pleinement justifié pour deux raisons : d’une, on est censé me foutre la paix téléphonique ; de deux, offrir un moment d’éventuelle détente à mon correspondant est meilleur pour son humeur et mon karma qu’une réponse aussi brève qu’inefficace à base de grognements inarticulés.
Ceci étant dit, intéressons-nous à l’entreprise du jour, l’Office des Propriétaires de je ne sais plus quoi. On m’appelle régulièrement pour me demander si je suis propriétaire, locataire, contribuable, non-imposable et je réponds souvent « non » aux quatre questions à la suite, méfiant de nature, non-euclidien par constitution, me faufilant dans l’azur vierge régnant entre les cases des formulaires URSSAF.
Cette fois, j’ai répondu différemment, mais j’ai raté mon coup.



