En avril avec les orques d’Islande

Pour ceux et celles qui ont rejoint le navire il y a moins de six ans (où je parlais un peu plus du truc), dans une vie antérieure, j’étais biologiste marin (ingénieur halieute, pour être exact). En gros, il s’agit de l’agronomie de la mer, sauf que moi, je voulais protéger les baleines et les dauphins, parce que. Et les orques, surtout. En 2011, j’ai été éco-volontaire un mois et demi au Pays de Galles avec Sea Watch Foundation, en 2012 en Écosse avec le Hebridean Whale and Dolphin Trust (les liens vous amèneront sur les carnets de voyage correspondants). Divers raisons (boulot, écriture, vie personnelle un peu dans tous les sens) m’ont empêché de répéter l’expérience chaque année comme j’en avais l’intention, mais certaines choses doivent se prendre à bras le corps et décider d’être faites, et, auguste lectorat, je repars donc à la fin de la semaine, pour un mois de volontariat en Islande, cette fois, auprès des orques et pour le compte de la fondation Orca Guardians. Yeah !

Orca in the fjord

J’avais déjà parlé de loin en loin d’Orca Guardians en ces lieux, la raison étant que j’ai d’abord découvert la fondation comme touriste et que j’avais eu par le passé l’occasion de travailler avec sa présidente, Marie Mrusczok. La méthode de travail d’Orca Guardians m’intéresse particulièrement car il y a une position très forte contre toute forme de recherche pouvant être considérée invasive : il s’agit uniquement d’observer, de photographier et d’apprendre et d’inférer le maximum via des sorties presque quotidiennes. La fondation est en effet soutenue par Láki Tours, entreprise de whale watching éco-responsable, qui donne à Orca Guardians un point de vue assez unique dans le domaine. (Si vous passez dans la région, c’est là qu’il faut aller pour voir des animaux !)

Iceland_location_map.svg: NordNordWest & Виктор В (CC-By SA)

La fondation Orca Guardians est basée à Grundarfjörður, dans la péninsule de la Snæfellsnes (je sais, je sais : j’ai mis une carte). C’est la 36e ville la plus peuplée d’Islande… avec seulement 836 habitants (à titre de comparaison, la capitale Reykjavik en compte 119 000). Veillée par le très photogénique et photographié mont Kirkjufell, située à l’orée d’un fjord où le hareng riche attire les cétacés, Grundarfjörður dégage cette impression à la fois d’âpre sérénité et de chaleur humaine unique à l’Islande. Le volontariat écologique tient toujours pour moi aussi de la retraite monacale.

Mes tâches consisteront principalement à prêter assistance lors des sorties pour la récolte de données (photos et observation), à contribuer à ce que les passagers aient une belle expérience, et à prêter main-forte à l’animation du blog et des réseaux sociaux (je vous recommande vivement la page Facebook d’Orca Guardians, régulièrement mis à jour, avec des photos incroyables). Et d’autres trucs très très cools pourraient se profilent aussi, mais j’attends de voir comment ça s’organise et si je peux en parler pour, euh, en parler.

L’une de mes tâches consistant expressément à écrire pour le compte d’Orca Guardians (yeah !), je vais m’efforcer de bloguer un peu plus que les fois précédentes si j’y arrive. Au moins, pour les anglophones, il devrait y avoir des choses à se mettre sous le croc.

Il va me falloir 48h de voyage pour rallier Grundarfjörður depuis Paris (je décolle dimanche, j’arrive théoriquement lundi). Ça s’annonce comme une équipée bien plus compliquée qu’avec une voiture de location en simple touriste pour un séjour de dix jours, mais ça fait partie de l’aventure. Si je trouve du wifi, je vous parlerai de bus.

 

 

 

 

2018-04-04T10:58:48+02:00mercredi 4 avril 2018|Carnets de voyage|9 Commentaires

Un nouveau podcast d’aide à l’écriture : Productivité !

 

Auguste lectorat, après bientôt un an de podcast, je me rends compte que je prends vraiment goût à ce média et j’ai donc décidé de lancer en solo une nouvelle émission, baptisée Productivité !, fondée sur les aspects beaucoup plus techniques de l’organisation des indépendants au jour le jour.

En d’autres termes, il s’agira de maximiser son ROI sur le temps consacré à la production de contenus originaux visant des cibles bien établies dans une segmentation littéraire, afin d’obtenir un indéniable plus-produit apte à satisfaire tous les partenaires économiques de la chaîne du livre. Du réseautage 3.0 à la valorisation digitale sur les nouveaux marchés du libre et de l’entraide, nous verrons comment la transparence top-down permet à l’écrivain numérique de se positionner en réel moteur de la consultation citoyenne où crowdfunding et marketing direct sont les maîtres mots. Car ces pratiques innovantes tracent une nouvelle carte de la diffusion où les intermédiaires sont appelés à une mutation en profondeur ; enfin, chacun dispose des compétences pour se comporter en égal dans une optique de collaboration complète. Au XXIe siècle, l’écrivain est un cré-acteur, un propulseur local, un consultant fluide qui amène les perspectives novatrices d’une redistribution totale du tableau actuel.

Avec Productivité !, vous apprendrez à être des gagnants du freelancing à l’aide de techniques originales éprouvées par tous les grands fondateurs de start-ups. En avant-première, je vous propose le programme des huit premiers épisodes de la première saison :

  1. Le sommeil est-il vraiment utile ? Comment l’optimiser en relation avec l’espérance de vie souhaitée
  2. Le café au beurre de yack : un hack nourrissant et énergétique
  3. Mettre un bon coup de poignet à son projet avec la célèbre méthode de David Clé-à-laine, GTD™ (Gère Ton Dégoût)
  4. Les relations sociales sont-elles vraiment utiles ? Comment les optimiser en relation avec la santé mentale souhaitée
  5. Changer continuellement de fuseau horaire : l’astuce amusante des winners pour éviter la nuit
  6. Trouver le bon sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous genre pour s’auto proclamer premier du top Amazon avec cinq ventes
  7. Du bon usage de la polémique sur Internet : comment reconnaître une bonne victime pour faire parler de soi sans risque ?
  8. Les relations familiales sont-elles vraiment utiles ? Comment les optimiser en relation avec l’héritage souhaité

Productivité ! n’est pas hébergé par Elbakin.net et n’est pas disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

tumblr_n7wj8rqhsm1qenqjeo1_1280     soundcloud_logo-svg     youtube_logo_2013-svg     rss-feed
Bonne écoute !

2018-04-01T11:45:57+02:00dimanche 1 avril 2018|Expériences en temps réel|19 Commentaires

Apprenons l’expérience utilisateur avec UPS

Maintenant vous comprenez pourquoi les moines bouddhistes sont vêtus d’orange. Photo Peter Hershey.

« Nous nous sommes présentés pour vous livrer un colis, mais vous n’étiez pas là. Voulez-vous reprogrammer la livraison ? Cliquez ici. »

Le site mobile ne fonctionne pas. Demander la version de bureau.

Le site ne fonctionne pas. Désactiver le bloqueur de pubs qui interfère avec la boîte de dialogue mal programmée.

Le site ne fonctionne pas. Essayer Firefox.

Le site mobile ne fonctionne pas. Demander la version de bureau.

« Créez un identifiant my UPS ! Plus simple et facile pour tout centraliser et on aimerait vachement bien vos données aussi. »

« Merci d’avoir créé votre identifiant. Pour activer votre identifiant, cliquez sur le lien contenu dans le mail. »

Vérifier ses mails. Ne rien trouver.

Attendre. Rafraîchir.

Rafraîchir.

Rafraîchir.

Recevoir le mail, cliquer.

Le site mobile ne fonctionne pas. Demander la version de bureau.

« Merci d’avoir confirmé votre compte. »

Rechercher le SMS d’origine, cliquer à nouveau sur le lien.

« Connectez-vous avec votre compte my UPS pour reprogrammer la livraison. »

Se connecter.

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Se connecter.

Le site ne fonctionne pas. Essayer Firefox.

Se connecter.

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Se connecter.

Reprogrammer la livraison pour après-demain en constatant que la création de compte n’était finalement pas nécessaire.

Constater dans son tracker de livraisons que c’est bon.

Constater qu’on a les mains tremblantes et le cœur à 130. Boire un shot de whisky.

Le lendemain : on sonne à la porte.

« Coucou, c’est UPS, c’est la livraison que vous aviez programmée pour après-demain. »

Recevoir la livraison avec un sourire crispé.

Sortir acheter des bougies noires et du sang de chèvre.

2018-03-28T11:53:08+02:00jeudi 29 mars 2018|Expériences en temps réel|12 Commentaires

« Les Dieux sauvages » percés à jour

Enfer et damnation ! La vérité a percé ! Je pensais avoir habilement dissimulé les enjeux de la série à travers des titres hautement symboliques, mais ce ticket de caisse envoyé par un lecteur vend la mèche !

Je n’ai plus le choix. Il ne me reste qu’à révéler les véritables titres de la série. Avant La Verrue du Fleuve, le premier s’appelait en réalité La Boulangère du Réel. Les suites s’intituleront respectivement L’Assureur Délétère et le volume 4, Les Rivages du Peer-to-Peer. 

Je suis pas dans la mouise.

2018-03-27T10:18:33+02:00mardi 27 mars 2018|Expériences en temps réel|6 Commentaires

Expériences en temps réel, bilan 2017

Oooh, un article de bilan, voilà longtemps qu’il n’y en avait pas eu. Mais il me semble que ce pourrait être utile, surtout qu’un blog et un site sont appelés à constamment évoluer avec les usages, avec les envies, avec les demandes, aussi. Et, tout les deux ou trois ans au moins, je pense qu’il est judicieux de regarder un peu le chemin parcouru, ce qui semble s’ouvrir devant soi pour éventuellement infléchir une trajectoire. Et puis aussi ouvrir la discussion avec toi, auguste lectorat, pour voir si on se rejoint à peu près.

Résumé des épisodes précédents

Ce blog existe depuis la fin de l’année 2009 (soit l’ère secondaire en termes Internet) ; le site en lui-même est plus ancien, mais ne présentait guère d’intérêt. Faisons-nous donc peur en voyant comment ouh, c’était moche :

Comment ouh, c’était moche.

Le blog est passé par MySpace (eh ouais) puis Over-blog avant de finir définitivement ici et se joindre au site proprement dit. En 2012, pendant mon volontariat dans les Hébrides, je décide de tenter l’expérience de proposer quelque chose de nouveau (article, interview, chronique) chaque jour ouvrable et, à l’exception des périodes de déconnexion pendant les fêtes et d’une poignée de jours, j’ai tenu parole.

La fréquentation a augmenté régulièrement au fil de ces neuf années, pour arriver actuellement à une moyenne de 10 000 visites par mois, pour 136 000 visites en 2017.

Ces stats ne sont pas là pour me gargariser (on pourrait parler des humbles débuts ou des semi-échecs d’autres expériences que j’ai pu tenter), mais pour cerner un objectif qui a toujours été important pour moi : me faire plaisir sur cette plate-forme mais quand même offrir du contenu susceptible d’intéresser du monde – c’est la métaphore du bar. Je suis content de voir que j’y arrive à peu près, et surtout de manière stable, au lieu de faire du clickbait pour justifier ma présence. Merci à vous toutes et tous de votre fidélité, de vos interactions, de vos retours !

Au fil des ans, j’ai évidemment beaucoup appris, mais la plus importante leçon, je crois, a consisté à trouver comment m’exprimer dans un tel espace. Une expérience qui était partie à la base pour être purement ludique s’est transformée (à ma grande surprise) en un média important pour communiquer tous ensemble, et comme toutes les belles histoires, il y a là une part de coïncidences. Il m’a fallu trouver des ajustements, il y a certains articles dans les archives dont je ne suis pas entièrement fier avec le recul, mais on change en bientôt dix ans, comme écrivain bien sûr, comme être humain aussi, et je n’ai jamais prétendu offrir au monde une façade lisse et parfaite. Un des trucs que j’ai pigé, c’est qu’on n’est ni lisse, ni parfait, jamais, que c’est épuisant d’essayer – que le seul objectif consiste à apprendre pour s’efforcer d’être meilleur demain qu’hier, mais on peut aussi avoir de la tendresse pour hier, car on ne savait pas ce qu’on sait aujourd’hui. Certaines conneries que j’ai pu dire avec le recul figurent toujours dans les archives, elles sont le reflet d’une époque, je ne vais pas réécrire l’histoire; je me suis efforcé de faire amende honorable le cas échéant (et souvent c’est en commentaires).

J’ai aussi pas mal recentré le blog vers les questions d’écriture, de productivité, de technique. À la fois parce que ce sont les sujets qui m’occupent vraiment beaucoup en ce moment, donc mécaniquement cela se reflète ici, mais aussi parce que j’en ai un peu saturé de descendre dans l’arène d’Internet et de me prêter à l’exercice du billet d’humeur. Il y en a et y en aura toujours (j’aurai toujours un côté rageux et j’assume, je l’aime, mon côté rageux), mais ces temps-ci, je voudrais porter une parole plus « positive », en création et dans l’optique d’ajouter de la valeur, plutôt qu’en contradiction et en révolte. Attention, la contradiction et la révolte ont éminemment leur place, et elles sont nécessaires dans le monde ; je dis juste que, pour ma part, j’en ai eu à un moment ras-le-bol de voir mes paroles « travesties par des gueux pour exciter des sots » (gloire à Rudyard Kipling pour cette parole des plus sages). Je me sens moins dans la confrontation et davantage dans la construction – mais, encore une fois, c’est mon rapport au monde à ce moment-là ; peut-être qu’à soixante-dix ans, je braquerai des lances à incendies sur ces sales jeunes qui viendront fumer de l’herbe sur ma pelouse.

Parfois, on se demande où un photographe a eu l’idée d’une photo.

Bon, alors déjà, ça suppose qu’un jour, j’aurai une pelouse.

Les limites actuelles et là où l’on va aller

On grandit, en neuf ans, on évolue comme auteur, et je suis très heureux, touché et reconnaissant de voir les livres trouver leur public, certaines initiatives s’installer dans la durée. Merci ! 

Forcément, cela implique quelques changements de fonctionnement. Notamment, il y a dans le site et le blog actuels des trucs qui commencent à coincer voire à être ridicules, dont j’ai conscience, et qu’il va falloir changer – ce sur quoi je n’ai pas toujours des idées très arrêtées, mais discutons, justement.

La revue de presse. C’est probablement le truc le plus absurde à l’heure actuelle. J’ai toujours tenu à relayer, au moins sur les réseaux sociaux, les articles intéressants sur mon boulot qui parviennent à ma connaissance, mais j’ai toujours pris soin de ne pas non plus submerger le monde avec ; un blog / réseau social, c’est comme une pizza, faut un subtil équilibre des saveurs. Clairement, la formule actuelle est devenue ridicule – j’ai toujours douze (vraiment douze) articles de retard dont certains remontent à six mois. Il faut que je sois plus réactif là-dessus. Action : Cela veut dire que ces informations doivent sortir du programme de publication du blog, ce qui m’amène à…

Périodicité et sujets du blog. L’approche ici est tellement poussiéreuse que j’ai une crise d’éternuements chaque fois que je m’en approche : la liste des thèmes est vieille comme mes robes, et ne reflète plus l’équilibre du contenu (sans parler qu’elle est un peu absconse). Surtout, l’idée de proposer quelque chose de nouveau chaque jour ouvrable a probablement atteint ses limites (voir la revue de presse ci-dessus). Cela me jette depuis quelque temps dans l’impératif de proposer quelque chose à tout prix et je peine à mêler les articles sur l’actualité des bouquins (car il faut bien les relayer un peu aussi, c’est mon boulot) de manière harmonieuse avec les articles plus didactiques sur l’écriture. Action : je vais probablement m’astreindre à un, deux articles de qualité dans la semaine (pas forcément sur l’écriture, mais souvent, bien sûr), et le reste à l’avenant en fonction de l’actualité du moment. Cela signifiera qu’il pourra peut-être y avoir un ou deux jours ouvrables dans la semaine sans rien… mais ce sera déporté sur les réseaux sociaux. C’est surtout là que j’ai besoin de ton retour, auguste lectorat : est-ce une haute trahison passible de pendaison ? Tu me dis. 

La newsletter. Là aussi, c’est pas terrible. Une liste pour les infos, une liste pour le blog, on peut être sur l’une et pas l’autre, mais pas l’inverse… Sur ce point, j’ai des idées assez abouties. En gros, faut simplifier tout ça dans les grandes largeurs. J’en reparlerai dès que j’aurai trois secondes pour mettre les idées à plat et les proposer dans un article à part.

Le site actuel et ses problèmes. Nous sommes à la v8 de ce site et j’aimerais qu’il tienne jusqu’à la fin de « Les Dieux sauvages », mais je crains que ça ne soit pas possible. La base technique sur laquelle je l’ai construite est un peu bancale et plus le temps passe, plus il fait vieillot par rapport aux standards actuels du web. Je n’aime pas ces énormes bannières qui bouffent tout l’espace, mais je crains qu’il faille y passer, surtout en une ère de navigation principalement mobile – c’est pour l’intérêt de la clarté, et c’est bien, la clarté. Il y a de petits bugs dans tous les coins qui montrent les limites de ce que j’ai voulu faire, les portails sur les univers sont repoussés depuis une éternité, bref – ça a besoin d’un vraie période de travaux de fond. Un site d’auteur en 2018 avec plusieurs livres, deux univers, une grosse bibliothèque d’articles sur l’écriture n’a rien à voir avec un site de nouvelliste en 2009, et je paie le prix de l’existant ; si je veux continuer à proposer une information qui soit pertinente, et utile à ceux et celles qui me font le plaisir de venir se balader ici, à un moment, va falloir fermer le bar et péter un ou deux murs. Action : C’est en cours de réflexion, j’ai une jolie carte heuristique qui s’étoffe peu à peu, mais pour l’instant, je n’ai pas le temps1. Mais ceci explique pourquoi certains petits bugs ne sont pas corrigés depuis longtemps – ça ne sert à rien de refaire le dessus du comptoir si on refait tout dans six mois de toute manière.

N’hésitez pas à donner votre avis

En général, écrire cette phrase est un moyen très sûr de voir deux commentaires se battre en duel et de passer pour un gros égocentrique qui est persuadé d’avoir intéressé du monde, mais peu importe, la démarche est sincère : à mesure que je réfléchis à comment amener cet endroit d’une manière qui intéresse tout le monde (vous et moi), autant que j’essaie un peu de savoir ce que je peux faire de mieux. J’ai toujours dit que le blog est aussi pour moi une manière de payer ma dette karmique et de partager, d’expérimenter sur ce que j’ai pu apprendre, mais si je paie cette dette en emprunts russes parce que le média qui la porte est mal fichu, c’est un brin idiot.

Donc, s’il y a des choses que vous voulez voir changer, mieux fichues, des protestations ou des envies sur la manière dont ça (ne) marche (pas), c’est totalement bienvenu. (Ne vous ennuyez juste pas avec les bugs ponctuels du site actuel, puisqu’il va certainement évoluer.)

Merci !

  1. J’avoue que je temporise un peu aussi jusqu’à la release de Gutenberg dans WordPress 4, ça risque de changer pas mal de choses. Si vous n’avez pas compris cette phrase, rassurez-vous, c’est pour ça qu’elle était en note de bas de page.
2018-01-21T23:41:18+01:00lundi 22 janvier 2018|Journal|13 Commentaires

Une installation autour de Tuning Jack

« Tuning Jack », c’était ma première publication professionnelle dans la revue Galaxies ancienne série en… 2004. (Mon dieu.) C’est l’une des premières nouvelles dont je me sois dit « cette idée est trop idiote pour que je ne l’écrive pas », et j’ai été aussi stupéfié qu’honoré de la voir terminer directement finaliste du prix Rosny Aîné. Depuis, le texte a été repris dans L’Importance de ton regard, et placé en diffusion libre (lisible gratuitement ici).

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec toi, auguste lectorat, le travail fantastique de Noémie Desard, diplômée du Master NUmérique et Médias Intéractifs pour le Cinéma et l’audiovisuel (Numic) qui, pour son mémoire, a conduit toute une réflexion autour de la lecture à l’ère du numérique, de l’augmentation possible de celle-ci tout en respectant le cœur de l’expérience de lecture, en s’appuyant pour cela sur « Tuning Jack ». Elle a recomposé le texte en véritable plasticienne, tourné avec ses camarades (bravo et merci, les gens !) des tas de petites vignettes incroyables autour des publicités idiotes présentes dans la nouvelle, et les voir m’a fait rire comme un imbécile (le texte commence à être ancien dans ma mémoire) tout en étant super ému. Je me souviens en revanche parfaitement des conditions d’écriture il y a presque quinze ans, quand je prenais des notes sur l’essai des Techniques du corps de Marcel Mauss sur ma petite table d’étudiant dans le coin cuisine, alors que j’avais des cheveux, et que cette idée à la con (y a pas d’autre mot) a germé dans mon cerveau malade ; je n’imaginais pas un seul instant à l’époque qu’un jour, quelqu’un de talentueux comme Noémie aurait envie de s’emparer de cette histoire et de lui donner vie de façon aussi cinglée que j’y pensais.

Je ne dévoilerai pas en détail les mécaniques auxquelles elle a pensé pour « augmenter » la lecture, parce que c’est son travail et c’est à elle de le faire si elle le souhaite – voir la présentation du concept ici –, mais je dirai juste que c’est l’un des très rares projets qui m’aient semblé pertinent dans ce domaine (d’où le fait que sois doublement ravi que « Tuning Jack » ait servi de support à ses idées). Il y a six ans, j’écrivais ça sur le livre enrichi, partie 1, partie 2 – et je reste assez d’accord avec moi-même (preuve de constance ou de rigidité intellectuelle ?), mais Noémie a très intelligemment contourné ces embûches en se rappelant les raisons pour lesquelles on lit, et propose une vraie voie intéressante avec des tas de mécanismes inédits sur le sujet. J’espère qu’elle pourra les développer et les creuser comme ils le méritent, parce que , je trouve qu’il y a des idées, de la matière, une voie.

La soutenance s’est déroulée sous la forme d’une installation de salon de body tuning, pour se rendre beau en se faisant mal :

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Merci encore pour ton travail, Noémie, qui m’a quasiment mis la larme à l’œil en retrouvant toutes ces idées et cet univers ancien, et en le voyant prendre vie de la sorte… Et bravo ! 

2017-09-13T16:34:12+02:00jeudi 21 septembre 2017|Journal|Commentaires fermés sur Une installation autour de Tuning Jack

Worldcon 2017, jours 3, 4 & 5

Et wala, auguste lectorat, me voici dans ma chambre d’hôtel avec du Master Boot Record en fond à m’efforcer de récapituler ce que je pourrais bien raconter et partager d’intense tant il y a de chose…

https://www.instagram.com/p/BXn1kQmDaE6/?taken-by=wildphinn

De manière générale, je pense qu’il faut vraiment saluer l’organisation. Organiser une Worldcon est un défi, le faire dans un pays européen peu connu des Américains multipliait les difficultés. J’avoue que le premier jour, devant les nombreuses difficultés d’accés aux tables rondes et un espace de vente assez dépeuplé, j’ai eu un peu peur. Mais en une seule journée, l’organisation a réagi avec une efficacité exemplaire et cette Worldcon, il me semble, se termine sur un succès qui n’aurait à envier à Londres et Montréal que davantage d’affluence étrangère – mais ce n’est certainement pas la faute de l’organisation ici qui a fait, en tout cas vu de l’extérieur, tout le nécessaire pour rassembler les conditions du succès.

https://www.instagram.com/p/BXsxPjrDCcx/?taken-by=wildphinn

J’ai résolument placé l’accent, pour moi, sur trois dimensions : le plaisir, l’écriture et (un peu) de « boulot » quand même (c’est-à-dire, le versant plus éditorial et économique) pour me tenir au courant de ce qui se fait hors de nos frontières géographiques et linguistiques.

Côté plaisir, c’était très chouette d’assister par exemple à une présentation sur la demoscene – avec laquelle j’ai grandi à l’époque de l’Amiga, mais quel meilleur endroit que le pays de l’Assembly pour entendre parler de prouesses artistiques et technologiques ? Je garde le souhait lointain de m’investir un jour davantage dans le milieu, côté musique évidemment, parce que niveau codage, je suis un tout petit peu largué. J’ai été bluffé par une démo réalisée sur… une console de mixage, où les faders eux-mêmes étaient animés par le programme.

https://www.instagram.com/p/BXpq3Lijgqt/?taken-by=wildphinn

Le plaisir, dans les Worldcons, c’est aussi et surtout les rencontres et les retrouvailles, des contacts que l’on voit parfois une fois tous les trois ans ou plus, avec qui l’on continue à échanger tout au long de l’année grâce à Internet, mais avec qui on se retrouve avec la même chaleur ; et puis les nouveaux amis qu’on se fait après une table ronde ou en discutant dans les couloirs. Pas de name-dropping, auguste lectorat, tu sais que ce n’est pas mon genre (ça me donne l’impression de me la raconter), mais voilà, c’était chouette, et je veux juste dire un grand kiitos à Sini pour avoir merveilleusement brisé les glaces et comblé les distances géographiques.

https://www.instagram.com/p/BXr5tizDvPT/?taken-by=wildphinn

Un autre côté agréable des Worldcons est l’accent sur la technique de l’écriture et la disposition des intervenants à entrer dans le détail de leurs processus de travail. Ainsi que l’existence de présentations parfois très techniques pour transmettre des connaissances aux auteurs présents (on a beaucoup ri – heureusement – à la conférence sur la mécanique des blessures plus ou moins mortelles et les manières de les représenter de façon réaliste). La Worldcon proposait aussi beaucoup d’interventions sur l’écriture pour les fictions interactives (textuelles ou jeux vidéo) et j’en ressors avec quelques applications supplémentaires sur mon iPhone ainsi que des idées bien consolidées sur ce qu’il est intéressant ou pas de faire dans ce contexte. Ça m’a aussi parfaitement expliqué pourquoi la série de jeux Lifeline, bien qu’intéressante en surface, m’a rapidement lassé.

https://www.instagram.com/p/BXvCEQ_DRrR/?taken-by=wildphinn

Niveau éditorial, il semble que la traduction de fictions étrangères en anglais connaisse un frémissement. Alors attention, ce n’est pas la porte ouverte à toutes les fenêtres, c’est juste un frémissement, mais la reconnaissance d’une nécessité d’ouverture des marchés (principalement de langue anglaise) est, en tout cas, exprimée. Ça ne change pas grand-chose à ce que je disais il y a trois ans (pour être traduit, la voie royale reste de faire un best-seller ou de la payer soi-même), mais au moins, le sujet est évoqué, et aussi de la part d’intervenants des maisons américaines majeures. Une statistique pour mettre les choses en contexte : 3% de la littérature publiée aux USA provient de traductions – dont probablement moins d’1% de littérature de genre.

https://www.instagram.com/p/BXs7iRGD3UF/?taken-by=wildphinn

Il reste à ce que ces intentions soient suivies d’effet, bien entendu ; un de ces quatre, dans un futur billet, je serai assez remonté pour parler de déséquilibres linguistiques mondiaux et de la nécessité de sauvegarder les langues, mais là, je comate un peu trop.

https://www.instagram.com/p/BXvJM9xDRgb/?taken-by=wildphinn

Comme toujours, une Worldcon est épuisante, mais une telle fête de l’imaginaire, totalement décomplexée, sous toutes ces formes, est toujours une célébration pleine de positivité, d’énergie et de frat/sororité. La prochaine est en Californie, mais 2019, ce sera à Dublin, et j’ai déjà mon accréditation (surtout que l’Eurocon suivra juste après). 2020 promet d’être la Nouvelle-Zélande… mais là, c’est un peu plus compliqué. Et rappelons que la France, avec Nice, propose sa candidature pour 2023.

Maintenant, retour au boulot, j’ai des signes à écrire (beaucoup…), mais cela fait vraiment du bien de sortir un peu la tête du guidon !

2017-08-13T20:03:31+02:00lundi 14 août 2017|Carnets de voyage|4 Commentaires

Worldcon 2017, jour 2

OK, auguste lectorat, je rentre donc à mon hôtel et je l’annonce, je n’ai plus de pieds. Bien sûr, on passe son temps à déambuler en convention, mais là, en plus, parce que j’aime la complication et parce que c’est bon pour ce que j’ai, et aussi parce que prendre le bus en finnois me paraît plus compliqué que de déambuler avec mes pieds sans rien dire, je ne fais que marcher pour aller partout. Ce soir, j’ai participé au AfterDark Motel – une animation théâtrale mi-horreur mi-escape room, qui était super bien mais donc je ne dirai rien pour ne pas divulgâcher – et c’était à une heure de mon hôtel, donc, pieds.

https://www.instagram.com/p/BXn1kQmDaE6/?taken-by=wildphinn

Cette deuxième journée de convention a été largement plus satisfaisante que la précédente : il semble que l’organisation ait reçu un certain nombre de retours concernant la gestion de l’affluence et a réagi très rapidement pour fluidifier les choses. Bravo !

https://www.instagram.com/p/BXnE9stjbDw/?taken-by=wildphinn

Parce qu’on apprend à tout âge, à tout moment, et qu’il n’y a guère que dans les conventions d’ascendance américaine où je retrouve l’approche technique que j’affectionne, je me suis humblement inscrit comme stagiaire à l’atelier d’Ellen Kushner et Leena Likitalo sur les scènes. Un certain soulagement de constater que les outils que j’ai mis au point tout seul dans ma cabane avec l’expérience et des lectures techniques glanées ici et là tiennent le choc et sont opérants. Je me donne donc le droit de transmettre tout ça, auguste lectorat : on est à peu près d’accord sur les notions fondamentales de la narration. (Après huit bouquins, faut l’espérer un peu quand même, mais l’auteur est parfois une petite chose fragile qui se dit qu’elle n’a jamais rien compris à rien.) Ellen et Leena ont fait preuve d’un enthousiasme et d’une générosité fantastiques pendant les échanges et rien que ça, ça vous donne envie de rentrer chez vous, d’écrire et de transmettre à votre tour cet enthousiasme à ceux à qui vous pouvez enseigner des trucs. (Pour mémoire, demain c’est mon tour : à midi, salle 215, je propose ma conférence sur les outils informatiques de l’écriture.)

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Doute et chose fragile : la table ronde la plus émouvante et la plus forte pour moi a été celle sur les méthodes de motivation des auteurs. Un certain nombre d’outils ont été passés en revue, des choses dont on a parlé sur ce blog comme la méthode Pomodoro, mais je veux tirer mon chapeau à Sebastien de Castell qui a partagé avec une grande sincérité et une grande générosité (là encore) ses propres difficultés, son syndrome de l’imposteur, les luttes qu’il affronte pour avancer, et comment il les transcende simplement en étant doux et bienveillant avec lui-même, en cherchant le ravissement chaque jour dans ce qu’il fait, au lieu d’éprouver la culpabilité du manque de productivité. Pour attaquer ses blocages au lieu de s’attaquer lui-même, selon ses mots. Ses paroles ont profondément résonné avec le public, et si l’on sait intellectuellement que tout auteur, à n’importe quelle étape de sa carrière, galère et que c’est NORMAL, je t’avoue, auguste lectorat, que ça fait toujours du bien de commisérer un peu collectivement.

Non, si tu galères, ce n’est pas que tu n’es pas taillé pour ça. Respecte ton processus et ton rythme. Et, selon les mots de Rob Carlos, « deviens la meilleure version de toi-même qui soit ». Des choses qu’on sait, mais qu’il est doux, et réchauffant, d’entendre redites par d’autres. Et rien que pour le soulagement, l’émotion ressentie par certains dans la salle en s’entendant dire que oui, ils peuvent bosser comme ils l’entendent, et que oui, parfois c’est difficile, je continuerai à défendre l’enseignement de la technique de la création littéraire, n’en déplaise aux esprits chagrins. Si je peux moi aussi avoir, humblement, un peu de cet effet positif dans le monde, à aider à propulser comme on m’a propulsé moi-même il y a des années, cela contribue à rendre mon séjour en ce monde un peu moins vain. Et puis flûte, c’est quoi, la littérature, à part une conversation millénaire ?

La Worldcon, c’est aussi des conférences sur des sujets incroyables :

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J’y suis entré un peu par hasard, et si les parallèles étaient parfois un peu ténus à mon goût, ce n’est pas grave ; c’était l’occasion de célébrer, dans les deux univers, ce qu’il y a de positif, d’héroïque et d’altruiste ; la foi et la confiance, non pas dans les puissants, mais dans ceux auxquels nul ne prête attention de prime abord, et qui ont néanmoins en eux le pouvoir de sauver le monde, qu’ils s’appellent Bilbon Bessac ou Donna Noble. Et ça aussi, ça réchauffe le cœur.

À tel point que dans le AfterDark Motel, plutôt que de partir en hurlant comme tu dois faire quand tu joues le jeu, j’ai essayé de montrer de la compassion aux monstres. Que ferait le Docteur dans ce cas-là ? Oh, hello. You’re beautiful. 

(J’ai aussi vu un cosplay juste incroyable du 10e Docteur, j’ai vraiment cru un instant avoir affaire à Tennant – j’aurais bien pris une photo, mais j’étais à la bourre.)

Bref, que de la chaleur, de la gentillesse, de la joie, de la communauté dans cette journée, et j’espère en rendre un peu à mon tour demain.

2017-08-10T21:56:43+02:00vendredi 11 août 2017|Carnets de voyage|13 Commentaires

Worldcon, jour 1

Me voilà de retour à mon hôtel pour un bilan de ce premier jour de Worldcon en Finlande. Déjà, il me faut tout de suite mentionner que c’est un pays à la pointe de la civilisation, car LE CARRELAGE DE LA SALLE DE BAINS EST CHAUFFANT. Oui madame. Rien de meilleur quand tu prends ta douche les yeux pas en face des trous et que le monde te paraît hostile et froid sorti de la couette.

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Mais ces considérations n’intéressant guère que Jacob Delafon, la convention en elle-même, donc. Le Messukeskus (centre de congrès) (j’ai toujours tendance à lire « mais qu’est-ce qu’y a ») se situe dans un sympathique parc de loisirs et terrains de sport, et on y retrouve les étapes habituelles de toute Worldcon qui se respecte : salles de conférence, expositions, stands d’éditeurs et vendeurs en tous genres…

Eh bien, cela m’embête un peu de te dire ça, auguste lectorat, parce que je mesure tout le travail que représente l’organisation d’un événement de cette ampleur, et rien que l’audace de le faire mérite le respect ; peut-être suis-je fatigué, blasé, aigri, trop vieux, mais, voilà – je retire de ce premier jour une petite impression de frustration que je n’avais pas eue à Montréal et Londres. Alors attention, ça reste un splendide événement et les premiers visiteurs en auront indubitablement plein les mirettes – mais certains aspects sont venus un peu se mettre en travers du wow factor. En premier lieu, le rapport entre l’affluence et la taille des salles : sur tout le planning que j’avais prévu, je n’ai pu faire que la moitié des débats (ce qui est assez courant dans une Worldcon) mais souvent pour découvrir au dernier moment, après une demie-heure de queue scrupuleuse en tête de file devant la salle, que non c’est toujours complet en fait merci de trouver autre chose à faire (ce qui là, n’est pas top). L’espace commercial et les expos sont nettement en retrait par rapport aux Worldcons en territoire au moins partiellement anglophone, ce qui soulève clairement à la fois le courage et le risque d’organiser une convention mondiale en Europe dans un pays peu connu des Américains (certains d’entre eux ayant probablement eu peur du voyage).

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Ce qui souligne d’ailleurs la vivacité de la communauté finlandaise – et suscite le respect, ainsi, que j’avoue, venant d’un pays à la langue largement plus répandue que le finnois, une pointe d’envie. Alors certes, la Finlande a pour texte fondateur, entre autres, le Kalevala quand la France a les Rougon-Macquart, ça vous sensibilise assurément un inconscient collectif à l’épopée et à la fantasy, mais quand même. Avec tout ce que le bruit que l’on fait avec la Francophonie, je pense qu’on est en droit de se demander pourquoi, chez nous, bon sang, on n’a pas d’équivalent de la SFWA (les Finlandais en ont un, la STK), des traductions plus nombreuses à l’étranger (les Finlandais y arrivent – un peu), des éditions reliées cartonnées qui semblent faire partie du circuit normal (et pas que des éditions luxe)… Bref, ce sont des questions qui nous agitent en ce moment dans le milieu français – la reconnaissance de l’imaginaire dans les médias (laquelle influe nécessairement sur le rayonnement économique du secteur). C’est très difficile d’avoir une opinion intelligente sur la question quand on n’est là que pour quatre jours et qu’on voit les choses par le petit bout de la lorgnette, et ma perception est peut-être faussée ; mais le fandom finlandais semble assurément avoir un rayonnement à l’international que nous n’avons pas. C’est tant mieux pour eux ; mais cela pousse à se poser des questions pour soi-même – sans réponses, on est d’accord.

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Bon, sinon, l’ambiance est toujours aussi agréable, où votre connaissance de dix minutes à un workshop se met à discuter avec vous avec le naturel de si vous étiez un pote de dix ans. Cela m’avait fait ça la première fois à Anticipation en 2009 à Montréal, huit ans plus tard, je pense toujours, sans cesse, en déambulant dans les couloirs, à l’expression de Roland C. Wagner, « le peuple de la SF ». Et mon camarade de workshop, américain, a probablement eu le bon mot qui m’a fait, pour ma part, ma journée : « La tristesse de notre pays, c’est qu’on a élu un président chaotique mauvais. Et le pire, c’est que son vice-président est certainement loyal mauvais. »
Il n’y a que dans une Worldcon qu’on peut échanger des analyses aussi claires et incisives de la politique internationale (et qu’on peut les partager avec des gens qui les comprennent).

Bon, demain (enfin, aujourd’hui pour toi, auguste lectorat), je vais m’efforcer de voir si je peux mieux louvoyer avec le programme.

2017-08-10T15:52:45+02:00jeudi 10 août 2017|Carnets de voyage|7 Commentaires

Worldcon 2017, jour 0

Et voilà, auguste lectorat, fidèle à la tradition, voici un premier petit mot pour signaler que je suis à pied d’œuvre. (Ce qui ne veut pas dire que je loge en bas d’un monument.) Long trajet pour faire Rennes – Helsinki, deux trains et un vol, beaucoup de temps morts, mais je loue à nouveau la mobilité acquise avec les appareils mobiles – un iPhone, un iPad Pro, et j’ai pu écrire mes mails, continuer à prendre des notes sur La Fureur de la Terre au crayon avec presque autant de facilité que si j’étais posé chez moi. Et avec la fin des frais d’itinérance, je débarque à Helsinki avec mon forfait 4G identique à celui de la France.

C’est peut-être (certainement) un détail pour vous, mais c’est à ce genre de petits détails que je mesure l’évolution du monde (un truc dont on ne se rend pas forcément compte – le smartphone moderne n’a que dix ans). En 2009, à ma première Worldcon à Montréal, j’avais trimballé un gros ordi portable, je luttais pour transférer mes photos depuis mon smartphone pourrave et j’étais tributaire du wi-fi payant à la demi-heure (oui madame) de l’hôtel. Aujourd’hui, je suis quasiment parti les mains dans les poches, confiant en la capacité de Google Maps à m’indiquer la bonne ligne de métro à l’arrivée et en celle de mon Apple Watch pour me guider discrétos à pied jusqu’à l’hôtel. Ce qui a marché, puisque je suis là et vivant (enfin, je crois).

 

Je n’ai pour ainsi dire rien vu d’Helsinki à l’arrivée, la faute au décalage horaire +1 qui m’a mangé une partie de la soirée ; mais une supérette a le bon goût d’avoir élu domicile en face de mon hôtel, ce qui signifiera que je ne serai jamais mort de faim, sauf à minuit, mais si je rentre à minuit sans avoir mangé en ville, c’est que je l’aurai cherché, hein, on est d’accord. Observation quand même, je dis ça je dis rien, mais les trains de banlieue d’Helsinki sont juste impeccables de propreté, sentent bon, et tu peux charger ton téléphone dedans. Je commence à avoir assez voyagé pour quand même ressentir une petite pointe de teuhon quand je rentre à Roissy, j’avoue, surtout pour le pays qui se veut capitale du tourisme.

 

Bref. Maintenant le touriste c’est moi, et demain, je vais essayer d’arriver assez tôt pour récupérer mon accréditation et voir des trucs et des machins, à suivre sur Instagram (ou le lendemain matin si tu es allergique à l’info en temps réel, et ça se comprend, ça se comprend). J’annonce la couleur, j’ai prévu d’aller surtout voir des tables rondes bien pointues au point que ça pique sur la technique d’écriture. Faudra donc que je meuble ces articles avec des blagues. On est mal barré.

2017-08-09T11:46:03+02:00mercredi 9 août 2017|Carnets de voyage|10 Commentaires
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