Sea Watch Foundation à la télé galloise !

Cette semaine a été très chargée pour la préparation de la National Whale and Dolphin Watch, qui s’est déroulée le week-end dernier : il s’agissait, pendant trois jours entiers, de rassembler le plus d’observateurs sur les rivages du Royaume-Uni en quête de mammifères marins afin de recueillir un « instantané » de l’usage des zones côtières, et nous sommes également partis deux fois en relevé (nous avons vu et identifié des dauphins, j’en parlerai plus bientôt !). Je suis donc de retour après un assez long silence, tant ici que par mail, et j’ai plein de choses à raconter – sous peu. Dans l’intervalle, la Sea Watch Foundation, qui opère depuis le pays de Galles pour l’étude et la protection des mammifères marins dans les eaux anglaises, et pour laquelle je suis volontaire en ce moment (voir les épisodes précédents), est passée sur ITV Wales, une chaîne de télévision locale :

On ne voit, heu, que moi ou presque, ce qui est assez injuste pour les autres volontaires. Ces images ont été prises en début de semaine dernière, pendant un relevé de photo-identification, sur le Dunbar Castle II, petit navire de semi-tourisme régulièrement affrêté par la SWF pour ses activités scientifiques et équipé d’un banc sur le toit pour nous offrir un meilleur point de vue tandis que nous partons en quête des dauphins. La vidéo est en anglais, mais elle offre quelques beaux instantanés des côtes de Cardigan Bay et surtout de rares pitreries d’un juvénile qui s’est mis à faire des sauts inversés le long du Dunbar.

 

2012-08-01T19:55:47+02:00lundi 8 août 2011|Carnets de voyage|Commentaires fermés sur Sea Watch Foundation à la télé galloise !

Des dauphins !

Le lendemain de notre premier jour de formation à la Sea Watch Foundation (épisodes précédents ici et ), alors que nous nous préparions à partir au bureau, une des volontaires, un sourire sur les lèvres, son thé à la main, les yeux rivés par la fenêtre du salon, nous a accueilli au matin avec cette annonce :

« Dolphins, beyond the pier. »

New Quay est vraiment un tout petit village d’une poignée de rues, et son « port » n’est guère qu’une anse asséchée à marée basse où se côtoient une trentaine de voiliers et de navires de tourisme. De la maison où tous les volontaires logent, on voit la mer – dont le ressac me berce depuis ma chambre à marée haute – et notamment la petite digue qui protège les bateaux des eaux de Cardigan Bay.

Il faut savoir que le repérage des animaux dans les eaux côtières est une des principaux moyens d’étudier les mammifères marins : avec la participation du public et d’observateurs indépendants, sur la base d’un travail de fourmi, recouper les rapports de signalements (« sightings ») permet de suivre leurs migrations, de déceler leur abondance ou leur absence, le tout de façon non-invasive. Un outil plus précieux encore est la photo-identification : les grands dauphins (Tursiops truncatus), à l’espèce popularisée par Flipper, sont assez bagarreurs et se laissent fréquemment des cicatrices et des entailles sur la nageoire dorsale. Cela constitue au fil du temps une sorte d’empreinte digitale qui peut être identifiée avec certitude ; cette technique, non-invasive elle aussi, permet de retrouver et suivre l’évolution d’individus précis.

J’ai attrapé mon appareil photo, mon téléobjectif et me suis précipité sur le rempart dans l’espoir de faire de bons clichés. Malheureusement, malgré la bonne visibilité de ce début de matinée, les animaux se trouvaient encore trop loin pour me permettre d’avoir un bon point de vue et de rapporter, soit des photos exploitables pour l’identification, soit, simplement, de jolies images. Mais j’ai quand même un petit souvenir de cette première rencontre, qui révèle quand même une silhouette lisible une fois très agrandie, en espérant que ce ne soit qu’un prologue.

2012-08-01T19:56:06+02:00samedi 30 juillet 2011|Carnets de voyage|15 Commentaires

Un mot sur la formation des volontaires

Juste pour signaler, pour faire suite à l’entrée d’hier, que la Sea Watch Foundation maintient également un compte Twitter (@Cetaceans), une page Facebook et un blog, pour ceux que le sujet intéresse. Le dernier, notamment, a un ton moins formel, tout en restant orienté sur le travail de terrain, avec de nombreuses photos des coulisses de la recherche marine. L’article d’aujourd’hui a été rédigé par votre serviteur, quelques mots sur la semaine de formation qui vient de s’écouler à New Quay (en anglais).

Sur la photo ci-contre, on nous forme à la « land watch » – c’est-à-dire l’observation de la baie en sortie directe du port de New Quay, pour repérer les éventuels mammifères marins de passage, leur comportement et leurs éventuelles interactions avec les navires.

Nous partons demain pour une journée entière d’embarquement pour un recensement de la population sur une large zone au sud du bourg. Le protocole est très précis de manière à effectuer une estimation numérique fiable des effectifs de dauphins, et nous les approcherons de près afin de conduire des travaux d’identification photographique. Je croise les doigts pour que les conditions soient favorables à la prise de belles images !

2012-08-01T19:56:30+02:00mardi 26 juillet 2011|Carnets de voyage|2 Commentaires

Le retour à la mer

Auguste lectorat,veuille pardonner mon relatif silence ces derniers temps (je pense notamment au courriel, ahem), car je me trouve actuellement là :

Photo Graham Well, Bath, England (licence CC-By-SA)

Enfin, pas « là » exactement, mais « par là ».

Il s’agit de la baie de Cardigan, sur la côte ouest du pays de Galles. Je m’y trouve pour six semaines, dans le petit village de New Quay (qui, ai-je appris du regard légèrement blasé d’un chauffeur de bus, se prononce « niou ki » et pas « niou kouê » comme je le croyais – protip: voilà un bon moyen de passer pour un gros touriste dès son arrivée), bâti à flanc de falaise, 500 habitants, 6 rues, 4 pubs, une ambiance accueillante, détendue et parfois un peu folle. L’endroit est notamment connu pour sa faune locale. En effet, phoques gris, marsouins communs et grand dauphins croisent très régulièrement dans toute la baie, qui constitue un habitat privilégié.

Qu’est-ce que j’y fabrique ? J’y écris le soir, mais, surtout, je ne suis pas en vacances. Auguste lectorat, on se connaît depuis longtemps, tu sais que j’ai une légère marotte, c’est le machin froid, mouillé et salé qu’on voit danser le long des golfes clairs (et des centrales nucléaires), et surtout ce qui bouge dedans avec du sang chaud.

Me voilà donc éco-volontaire. J’ai longtemps eu l’envie et le projet de me réinvestir dans des travaux marins et environnementaux, toujours sous l’angle de la communication au public, de l’écriture – bref, du partage de la passion, qu’il s’agisse de fiction ou de vulgarisation : bouger, faire du terrain, et, par-dessus tout en rapporter de belles images et de belles histoires – un peu magiques, peut-être ? J’ai eu l’immense plaisir d’avoir été accepté par la fondation Sea Watch, un des acteurs majeurs de la conservation des mammifères marins au Royaume-Uni, et je suis ravi de pouvoir débroussailler un peu mes compétences dans ce domaine, d’en acquérir d’autres et surtout de pouvoir m’investir dans la protection de ces animaux si fascinants et à l’« intelligence » – si l’on me pardonne ce raccourci peu scientifique – intrigante.

Ce blog risque donc de prendre une dominante maritime dans les semaines qui viennent (et cette entrée inaugure d’ailleurs une nouvelle catégorie d’articles, Carnets de voyage, que j’espère avoir fréquemment l’occasion d’alimenter), puisque je te propose, auguste lectorat, de partager un peu mes expériences ici. Avec des photos, si les animaux nous approchent assez.

2012-08-01T19:58:30+02:00lundi 25 juillet 2011|Carnets de voyage|17 Commentaires

The Geek Zodiac

James Wright et Josh Eckhert sont fous, mais c’est juste génial (cliquez sur l’image pour un agrandissement) :

Le zodiaque geek, très construit et… qui fonctionnerait presque après quelques tests rapides. Est-ce à dire que l’astrologie, traditionnelle ou bidonnée, illustre merveilleusement la propension de l’esprit humain à voir dans son environnement les motifs qu’il veut y trouver ? (Je suis censé être Daikaju, soit scientifique – check – mais aussi solitaire – check).

Est-ce que vous pensez correspondre à votre signe geek ?

(Trouvé ici ; ces furieux proposent même des horoscopes sur Facebook et Twitter.)

2011-07-06T16:11:18+02:00mercredi 6 juillet 2011|Juste parce que c'est cool|17 Commentaires

Fake similé

Quand je suis passé chez Don Quichotte mercredi pour d’ultimes calages sur Léviathan : La Chute, une étonnante et amusante surprise avait été livrée.

Les fac simile du livre sont une poignée de tirages préliminaires reliés des épreuves non corrigées, au format final du roman, destinés à certains partenaires de presse et de distribution. C’est très étonnant d’avoir pu, en quelque sorte, le tenir entre les mains en avant-première, et je peux d’ores et déjà vous assurer que, comme toujours chez DQ, la mise en page interne est très agréable à lire et le format tient bien dans la main : ni un bouquin démesuré, ni un poche qui s’abîme en deux heures, l’objet augure d’une très belle fabrication. Et puis c’est un sympathique petit pavé – 400 pages, quand même.

2012-04-27T22:28:44+02:00vendredi 1 juillet 2011|Journal|10 Commentaires

C’est pas facile tous les jours

La princesse Eucalyptus soupirait à la fenêtre, les yeux sur le ciel gris, le menton sur la main, le coude sur le rebord et un gros soupir dans la voix.

« Je m’ennuie ! »

Esquimaude, sa dame de compagnie, leva la tête de la broderie qu’elle piquait patiemment sur ses genoux. Elle représentait un motif abstrait qui ressemblait, selon l’angle, soit à un panier de fraises écrasées, soit au dessin des ruines d’un château incendié exécuté par un enfant particulièrement psychopathe et particulièrement peu doué. Dame Eucalyptus, elle, cherchait simplement à représenter le verger du palais, un timide bosquet d’arbres battu par le vent qui soufflait des plaines désolées entourant la solide bâtisse, où personne ne passait jamais. Mais elle avait toujours éprouvé des difficultés avec les lois de la perspective.

« Venez broder, princesse, dit Esquimaude d’un ton éminemment raisonnable.

— C’est justement parce que je brode que je m’ennuie.

— Vous avez arrêté de broder il y a un quart d’heure, princesse.

— Parce que je m’ennuyais encore plus ! Il se passe jamais rien dans ce château. Rien. » Elle libéra encore un soupir vers le ciel nuageux et morne et se tourna vers sa dame de compagnie. « Toutes les princesses de mon âge ont déjà vécu des tas d’aventures. Frénégonde m’a raconté que son père, le roi Durand, avait organisé un tournoi pour sa main. Un tournoi, tu te rends compte ? Des beaux chevaliers en armure argentée sont venus de tous les coins du pays pour se disputer son honneur. Ils se sont entretués pour elle, Esquimaude ! » La princesse Eucalyptus battit des cils, rêveuse, le regard lointain. « L’un d’eux est venu vers elle, couvert des entrailles de ses concurrents et de son propre sang. Il a eu le temps de lui prononcer son amour éternel avant de s’effondrer, terrassé. Son dernier adversaire lui avait sectionné l’artère fémorale .

— Un amour éternel déclaré dans ces conditions ne représente guère un engagement d’envergure, princesse », dit Esquimaude d’un ton égal avant de se remettre à piquer.

Eucalyptus souffla. « Il faut toujours que tu retires le charme à tout ce qui se passe d’excitant. Regarde, tiens, la princesse Séquoia. Elle voulait à tout prix trouver un prince charmant. Alors, elle a demandé à ses gens de ratisser les marais pour lui rapporter tous les crapauds. Elle les a pris un à un, leur a sommé de se transformer en beau jeune homme après les avoir embrassés, sinon, elle les balançait au feu », déclara-t-elle d’un ton obstiné.

Esquimaude réfréna un soupir. Elle avait déjà entendu ces histoires cent fois, mais elle savait qu’il fallait jouer le jeu quand Eucalyptus partait dans ses rêveries sanguinaires. « Et a-t-elle trouvé un prince, ma princesse ?

— Non, répliqua la jeune femme. Mais ils dorment beaucoup mieux la nuit sans tous les coassements de ces affreux batraciens. »

La porte s’ouvrit tout à coup et dame Cravache, la reine mère, entra dans la pièce. Elle était engoncée dans une robe crème si serrée autour de sa silhouette efflanquée qu’elle donnait même l’impression de lisser ses rides. Non pas qu’elle en ait beaucoup ; dame Cravache avait toujours observé dans sa vie le principe de ne jamais sourire.

« Eucalyptus, change-toi, ordonna la reine d’une voix aussi aride que le veut qui soulevait la poussière autour du château. C’est l’heure du cours de maintien.

— Mais nan ! rétorqua la jeune femme. Ça sert à rien, c’est nul, jamais ça va me servir à trouver un prince. Quand il me verra, il tombera amoureux de moi au premier regard, on partira sur son cheval blanc, et il m’aimera comme je suis. Je refuse.

— Tu refuses ? »

Eucalpytus fut surprise de la facilité de cette victoire. « Je… Je refuse ! »

Dame Cravache soupira puis tourna les talons sans rien dire. Elle sortit de la chambre en fermant doucement derrière elle et en levant les yeux au ciel. Dans le grand couloir, les portraits des illustres prédécesseurs de sa dynastie semblaient poser sur elle un regard désapprobateur.

« Je n’y arriverai pas. Trop superficielle. Sa réputation est connue à travers tous les royaumes voisins. Personne n’en veut. Personne ne veut mourir pour une fille aussi stupide. Je voudrais juste qu’elle s’en aille. Et il ne viendra peut-être jamais personne. »

Contrainte : Écrire un texte qui se termine par la phrase « Et il ne viendra peut-être jamais personne ». Temps : 30 minutes.

2011-06-23T12:15:29+02:00mercredi 22 juin 2011|Expériences en temps réel|7 Commentaires

Speed expo

Le week-end, c’est merveilleux, on peut aller dans des musées et faire ensuite des articles de blog dessus, comme ça on a l’air cultivé. Quelques avis rapides, donc :

Vu l’exposition de photographies La Dérivée Mexicaine au Musée des Beaux-Arts de Rennes. Très intrigant, des images sombres à fort contraste, qui mêlent vie et déchéance, donc le sens global n’apparaît qu’au fur et à mesure, créant une curieuse atmosphère de lutte pour l’existence opposée à une décrépitude constante. Très fort une fois qu’on situe l’ensemble dans le contexte mexicain actuel. À essayer de voir. Par contre, question collections permanentes, ce musée arbore toujours les légendes parmi les plus inutiles qu’il m’ait été donné de voir : le département antique nécessite de se trimbaler avec Wikipédia sur un smartphone pour comprendre ce qu’on voit (où sont les repères chronologiques, l’explication des termes ?) et les légendes de l’art moderne sont carrément ineptes (« un carré rouge est entouré d’un carré noir lui-même entouré de deux autres carrés », sérieux, tu crois que je ne suis pas capable de le voir ?).

KillerWhale to CnC, ready to scramble.

Enfin vu – sur le fil et après tout le monde – l’exposition Science et Fiction à la Villette. Les excellentes critiques que j’en avais entendu ne sont aucunement usurpées : les espaces sont passionnants, avec le juste dosage de pédagogie et de divertissement, replacent la SF dans le contexte du développement scientifique et montrent en quoi les deux se nourrissent mutuellement. Une expo dont l’ensemble fait bien plus que la somme de ses parties, en éveillant le rêve propre au genre, en avertissant le visiteur sur les dangers encourus par nos sociétés, en familiarisant le novice avec les forces et l’importance du genre. Et puis le fan ne peut que pousser de petits couinements de bonheur en découvrant les costumes authentiques des Star Trek, de L’Âge de Cristal, un superbe Viper de Battlestar Galactica taille réelle, une salle reproduisant le code de la matrice de Matrix… Pour le fan, l’expo vaut un déplacement sur la capitale, mais dépêchez-vous, elle ne durera que jusqu’en juillet.

Vu à la Villette également l’expo Océan, Climat et nous. Petite déception sur ce créneau qui est pourtant l’une de mes passions, l’océan. Voilà une exposition qui ne sait pas choisir son public, soit extrêmement pointue (qui se passionne pour la population de foraminifères dans une carotte de fond marin, à part un spécialiste ?) soit vraiment très (trop) basique, avec des installations souvent hors service, Océan, Climat et nous est une exposition riche en faits scientifiques mais qui manque tristement de fun et de rêve pour un espace destiné au grand public. J’en suis sorti en me disant que Science et Fiction en faisait davantage, en définitive, pour sensibiliser le visiteur à l’avenir de la planète.

2012-04-27T22:28:11+02:00lundi 20 juin 2011|Journal|3 Commentaires
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