Procrastination podcast S03E17 : « Conseils de survie pour la ponctuation »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « Conseils de survie pour la ponctuation« .

La ponctuation, sujet qui a peut-être traumatisé des générations d’écoliers et qui suscite souvent l’angoisse chez les jeunes auteurs : comment l’apprivoiser et la faire travailler, surtout, pour son texte ? Lionel sépare les intentions de l’auteur, l’usage qu’il ou elle en fait et les règles typographiques strictes ; Laurent modère un peu cette vue en insistant sur la liberté d’expression qu’elle offre – c’est presque l’empreinte digitale d’un écrivain. Mélanie (qu’on entendra davantage sur l’épisode suivant, qui portera plus précisément sur les dialogues) aborde des références anglophones pour situer les différences d’usage et les influences en français.

Références citées :

– Elisabeth Vonarburg

– Rabelais

– Marcel Proust

– Louis-Ferdinand Céline

– Emily Dickinson

– Vincent Ravalec

– La Horde du contrevent, Alain Damasio

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Bonne écoute !

2019-05-13T22:06:12+02:00mercredi 15 mai 2019|Procrastination podcast|0 commentaire

Procrastination podcast : les prochains thèmes (saison 3… et 4)

Avec Mélanie Fazi et Laurent Genefort.

Car oui, nous continuons à bien nous amuser (et nous espérons que vous aussi !) et donc, Procrastination connaîtra une saison 4… tandis que nous approchons de la fin de la 3. Merci encore à vous toutes et tous de votre suivi et de votre enthousiasme (et de votre patience avec nous quand nous rencontrons quelques difficultés techniques).

Il y a un mois, nous avons enregistré la fin de la saison, ainsi que le début de la prochaine. Nous continuons à réfléchir de possibles évolutions de l’émission, mais déjà, nous vous proposons de découvrir les prochains thèmes dans les tuyaux !

  • s03e17, 15 mai (demain…) : Conseils de survie pour la ponctuation
  • s03e18, 1e juin : Ponctuer des dialogues
  • s03e19, 15 juin : Le personnage comme incarnation de l’auteur
  • s03e20, 1e juillet : Retours des poditeurs 04… le retour
  • s04e01, 15 septembre : Séparations et relations entre littératures générale et de l’imaginaire
  • s04e02, 1e octobre : Les ateliers d’écriture

Pour mémoire, vous pouvez toujours intervenir sur les fils du forum d’Elbakin.net pour nous proposer vos commentaires, questions, suggestions de thèmes. C’est ici : saison 1, saison 2, saison 3.

2019-05-13T16:59:22+02:00mardi 14 mai 2019|Technique d'écriture|4 Commentaires

Vous devez lire La Guerre de l’Art

Je suis sérieux, et en plus, c’est pas un gros bouquin (190 pages en anglais, version que j’ai lue, soit The War of Art ; je ne sais pas exactement où trouver la VF, qui semble étonnamment rare en ligne, mais bon, vous savez qu’il existe en français).

C’est un bouquin plutôt connu dans le monde anglophone, de Steven Pressfield, largement cité dans cette vidéo que j’ai déjà largement fait circuler, et peut-être l’ai-je lu au bon moment, dans le marathon qui m’amenait à la ligne d’arrivée de La Fureur de la Terre ; toujours est-il que j’aurais voulu le lire bien plus tôt.

Genre, vingt ans plus tôt.

Le texte est court, incisif, simple. Pas de fioritures ni d’effets de manche1. Chaque phrase sert. La thèse est simple : toute tâche d’importance, en particulier un projet créatif, se heurte à un ennemi que Pressfield personnifie résolument, la Résistance. La Résistance est l’ennemie de la réalisation (tout particulièrement artistique) : elle vous emmène vous engueuler sur Facebook au lieu d’écrire, suscite syndrome de l’imposteur et vous paralyse au moment de travailler, nourrit la jalousie envers vos pairs tout en vous glissant à l’oreille que vous êtes un naze. La Résistance, avance Pressfield, est un adversaire retors qu’il faut vaincre résolument, tous les jours, toute sa vie, si l’on souhaite se mettre en contact avec ces forces intangibles qui président à la création authentique.

Pressfield avance carrément que la Résistance est l’une des causes premières du malheur dans le monde, alors que tant de personnes souffrent de succomber à cet ennemi qui les sépare de leurs aspirations véritables, de la vie qu’ils rêvent (quel que soit le rêve, bien sûr ; tout le monde ne veut pas être auteur, ni même artiste – mais la Résistance, elle, se dresse toujours). Et franchement, considérant de plus en plus qu’une personne en colère est souvent une personne qui souffre inconsciemment, j’adhère au discours.

EDIT du 10 mai 2019 : Emporté par l’enthousiasme, j’ai occulté que dans ses premiers chapitres, Pressfield tient un discours que l’on peut juger validiste en considérant les maux comme l’ADHD, etc. comme des fables. Je pense résolument qu’il n’en nie pas la réalité mais pointe du doigt les hypochondriaques qui s’en servent comme excuse (et qui, soit dit en passant, font du mal aux personnes qui souffrent véritablement). (Son discours sur la Seconde Guerre mondiale peut aussi susciter l’ire, et c’est probablement un truc dont Pressfield aurait pu s’abstenir dans son bouquin.) Comme toujours dans un ouvrage, ou dans ce qu’on lit sur Internet, il est salutaire de ne pas se considérer personnellement accusé.e par des mots qui ne s’adressent pas directement à vous (soit l’immense majorité des mots, d’ailleurs), mais d’en tirer ce que l’on peut. Et si, contrairement à ce que le titre de cet article proclame (vous savez que la vérité absolue n’existe pas, hein ?), vous constatez dans votre cas qu’il ne faut pas lire La Guerre de l’Art, tirez-en la bonne leçon – à savoir, ce que cela vous apprend sur votre propre manière de fonctionner et en quoi cela vous fait avancer. Le fond, globalement, est : comme le disait Nietzsche, rien de ce qui important ne vient sans surmonter quelque chose.

(Reprenons.) Pas de techniques ni de stratégies appliquées dans ce bouquin pour la vaincre, juste un discours de sergent instructeur bienveillant. Juste la répétition, encore et encore, que la Résistance est un adversaire terrible qu’il ne faut jamais sous-estimer. Et que, tous, nous l’affrontons. Et que, toutes et tous, nous devons la vaincre pour faire quoi que ce soit qui nous tienne à cœur.

Le syndrome de l’imposteur est un mal largement répandu de nos jours, et La Guerre de l’Art y répond avec brio, non pas d’une tape de commisération dans le dos et d’un bisou sur le front, mais d’un discours à la fois simple et efficace : 1) oui, je sais, c’est dur, je comprends ; 2) bouge ton cul, parce que c’est la seule solution véritable – aiguiser ta volonté. Tel le guerrier de Sun Tzu, fourbis tes armes, traque la Résistance, deviens plus fort qu’elle, et terrasse la Résistance, chaque jour.

Rien qu’en cela, ce serait un ouvrage déjà salutaire, mais il y a plus. Pressfield dit ouvertement en introduction qu’il croit en dieu ; la dernière partie du livre est clairement spiritualiste, mais fait appel à la psychologie de l’inconscient (on retrouve C. G. Jung) et le discours déborde très largement de toute doctrine judéo-chrétienne, et pourra trouver son écho dans les conceptions bouddhistes ou new age. (Vers lesquelles, honnêteté nécessaire, je tends davantage.)

Appelez ces forces mystérieuses qui président parfois à la création l’inspiration, la Muse (comme Pressfield), les anges (comme Pressfield), l’inconscient, ou un parcours chamanique (ce que j’ai tendance à faire). Le « higher self » cher à Jung et qu’on retrouve dans les spiritualités modernes sous le nom générique de « cœur ». Dans ce cas, la Résistance vient de l’ego – au sens là aussi spiritualiste du terme : cette force d’immobilisme en soi, de possession peut-être, qui s’attache au monde extérieur pour valider son existence. La Résistance n’aime pas la création, car la création défriche l’inconnu, par définition. La création bouleverse le statu quo, à commencer par celui de l’individu.

La création est donc dangereuse pour l’ego, et j’arguerais en outre qu’elle n’est jamais aussi bonne que quand l’ego s’en efface, pour laisser librement cours à ce qui veut s’exprimer à travers soi.

Je divague. Bref, il faut lire La Guerre de l’Art. C’est une bouée de sauvetage lancée à tous les créateurs qui doutent (termes parfois synonymes). Et puis il faut le relire, dès qu’on en a besoin. Nous affrontons tous la Résistance dans tous les aspects de nos vies. Et face à elle, nous avons deux choix : lui céder, ou bien tenir bon. Pressfield nous y exhorte, et montre la voie.

  1. Ce qui le rend, soit dit en passant, très accessible en anglais même si votre niveau est hésitant, et que la VF s’avère difficile à trouver.
2019-05-13T16:22:40+02:00jeudi 9 mai 2019|Best Of, Technique d'écriture|6 Commentaires

Procrastination podcast S03E16 : « Savoir dire non »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « Savoir dire non« .

Savoir dire non est le grand défi des travailleurs indépendants, et les auteurs ne font pas exception ! Dans cet épisode, il sera davantage question de potentiels refus de corrections éditoriales, mais Mélanie, Laurent et Lionel abordent également l’épineuse question de l’adéquation entre la sensibilité d’un auteur et celle de son directeur d’ouvrage. Laurent rappelle notamment la nature asymétrique de la relation entre auteur et éditeur ; Lionel, après avoir rappelé l’expérience commerciale de ce dernier, soutient toutefois qu’il vaut mieux décliner une offre que l’accepter si elle peut trahir les intentions d’un projet. Mélanie expose la notion centrale de cette négociation artistique : c’est le nom de l’auteur ou du traducteur qui figure sur le livre, et il faut que celui-ci se reconnaisse dans l’œuvre qu’il ou elle présente.

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2019-05-13T22:02:04+02:00mercredi 1 mai 2019|Procrastination podcast, Technique d'écriture|6 Commentaires

Procrastination podcast S03E15 : « Retours des poditeurs 03 (in space) »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « Retours des poditeurs 03 (in space)« .

Pour la troisième fois, Mélanie, Laurent et Lionel ouvrent la boîte aux lettres du podcast et répondent aux questions et commentaires soulevés par les épisodes précédents. Au programme :
– Quand s’arrête-t-on de corriger un texte ?
– Comment se rend-on compte que l’on a acquis son style personnel ?
– De la dénomination des bêta-lecteurs
– Comment publier dans le paysage actuel quand on préfère la nouvelle ?
Questions et commentaires sont toujours les bienvenus dans les fils officiels de l’émission sur le forum d’Elbakin.net :

Références citées
– Un très bon générateur de cartes (merci à Nico Bally) https://watabou.itch.io/medieval-fantasy-city-generator
– Campaign Cartographer https://www.profantasy.com/

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2019-05-13T22:03:04+02:00lundi 15 avril 2019|Procrastination podcast, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Procrastination podcast S03E15 : « Retours des poditeurs 03 (in space) »

Procrastination podcast S03E14 : « Un personnage doit-il toujours réussir ? »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « Un personnage doit-il toujours réussir ?« .

Les notions de héros et d’antagoniste dans les littératures populaires portent souvent en filigrane celles de réussite et d’échec, respectivement. S’agit-il d’absolus dont l’on peut tirer des codes, des règles, des motifs ? Comment les utiliser pour servir son projet ? Mélanie commence justement par les battre en brèche, arguant qu’ils ne s’appliquent pas à tous les genres ni tous les récits ; Laurent, en revanche, considère que la réussite et l’échec revêtent une grande importance narrative dans la progression de l’histoire, son réalisme et ses enjeux. Pour Lionel, une des grandes forces de la littérature consiste à rôder dans les nuances de gris, à interroger l’interprétation du lecteur, et c’est probablement l’une des formes narratives la mieux armée pour cela.

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2019-05-13T22:05:22+02:00lundi 1 avril 2019|Procrastination podcast, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Procrastination podcast S03E14 : « Un personnage doit-il toujours réussir ? »

Vous n’avez pas à vous justifier de la fiction que vous écrivez

Un échange privé que je publie ici avec autorisation, parce qu’il me paraît répondre à un certain nombre de questionnements que je vois défiler (car oui, je vois tout défiler, je suis comme ça, je lis la matrice des réseaux sociaux dans leurs colonnes vertes de katakanas clignotants).  Donc, ceci apparaît : 
Une autrice a dû justifier les capacités, les pouvoirs de son personnage, non pas au nom de la crédulité consentie, mais parce que c’est une fille, et qu’elle écrit une fille, et que c’est donc forcément un self-insert à la Mary Sue… C’est cette idée de « devoir se justifier » en tant qu’autrice qui me terrifie. Parce que j’ai peur que mes arguments ne soient jamais assez solides pour ceux qui les réclament, ou ne soient pas assez solide à mes yeux (manque de confiance en soi, qui transparaît dans l’écriture par un perfectionnisme maladif…). J’ai peur de ne jamais écrire parce que je serai toujours en train de me demander « et si c’était interprété de la mauvaise manière ? et si je n’étais pas à la hauteur ? », ainsi de suite. Qu’on puisse confondre mon personnage et ma personne est une hantise assez ancrée dans le fait « d’être UNE autrice ».
Et il me parait important de lancer clairement à la face du monde, en postillonnant fort si possible :  Ne m’en voulez pas – c’est ainsi que je fonctionne, mais c’est de la bienveillance, croyez-moi – je vais répondre à votre terreur par un grand secouage de puces. 😉 Grands dieux, depuis quand un auteur doit-il répondre de ce qu’il écrit dans un contexte de fiction ? (Tant que ce n’est pas haineux, toxique, etc.) Vous n’écrivez pas pour vous justifier d’arguments auprès de quiconque. Vous écrivez pour chercher en vous des choses qui font du sens et les partager avec ceux et celles que ça peut toucher. Ne laissez pas les rageux, les emmerdeurs, les pisse-vinaigre jeter cette ombre sur votre art. Alors je me doute bien que c’est certainement plus facile d’écrire ça d’un point de vue masculin que féminin, mais regardez des autrices comme Léa Silhol, ou Mélanie Fazi. Elles tracent leur route. Ceux à qui ça parle suivent. Les autres ne sont pas concernés de toute manière. (Et à la rigueur, inversant la situation, on pourrait aussi vouloir me demander des comptes sur mes personnages féminins assez nombreux.) Tracez votre route avec cœur et en travaillant sans cesse la technique. C’est votre seul devoir, la seule chose à laquelle vous rendez des comptes : l’authenticité que vous portez en vous. (Bon, OK, ça et votre éditeur.) En tout cas pas à ceux qui demandent des « justifications » sur ce qu’il y a dans vos livres (tant que ça tient la route narrativement et que ça n’est pas toxique, mais vous l’avez bien compris). Ma compagne a sur ce sujet la meilleure image du monde : elle dit, la critique, c’est comme les impôts. Si vous y êtes exposée, c’est que vous avez déjà généré suffisamment d’attention pour vous en attirer. Alors vous verrez le moment venu. Et le moment venu, si cela arrive, alors cela signifie que les un ou deux aigris qui voudront vous demander des comptes ne seront de toute façon qu’une goutte d’eau, un inconvénient inévitable dès lors que le succès atteint une certaine envergure. Donc à vrai dire, je vous souhaite que cela arrive, parce que cela signifiera que vous aurez généré assez d’attention pour attirer ce genre de remarques. Mais de façon générale, dans les mots de Kipling, laissez vos paroles « être travesties par des gueux pour exciter des sots », et avancez. Écrivez avec foi – c’est tout ce que vous contrôlez.
2019-03-19T20:41:48+02:00mercredi 20 mars 2019|Best Of, Technique d'écriture|4 Commentaires