Grand Prix de l’Imaginaire 2011 : les lauréats

Les lauréats du Grand Prix de l’Imaginaire 2011 ont été annoncés samedi dernier au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. Félicitations à tous !

  • Roman francophone : May le monde de Michel Jeury (Robert Laffont)
  • Roman étranger : Le Fleuve des dieux de Ian McDonald (Denoël)
  • Nouvelle francophone : « Rempart » de Laurent Genefort (Bifrost n°58)
  • Nouvelle étrangère : « Sous des cieux étrangers » (Recueil) de Lucius Shepard (Le Bélial’)
  • Roman jeunesse francophone : La Douane volante de François Place (Gallimard jeunesse)
  • Roman jeunesse étranger : La Confrérie de l’horloge de Arthur Slade (Le Masque)
  • Prix Wojtek Siudmak du graphisme : Aleksi Briclot pour Worlds & Wonders (CFSL Ink)
  • Prix Jacques Chambon de la traduction : Nathalie Mège pour Le Don de Patrick O’Leary (Mnémos)
  • BD / Comics : La Brigade chimérique (tomes 1 à 6) de Fabrice Colin, Serge Lehman et Stéphane Gess (L’Atalante)
  • Manga : L’Île Panorama de Maruo Suehiro (Casterman)
  • Essai : Jean Ray, l’alchimie du mystère de Arnaud Huftier (Encrage)
  • Prix spécial : Poètes de l’Imaginaire, anthologie de Sylvain Fontaine (Terre de Brume)

Source, chez Imaginelf. Jetez notamment un coup d’oeil à l’article, les anecdotes de la cérémonie (à laquelle je n’ai pas pu assister) sont très sympa !

Voir la liste des finalistes.

2011-06-14T17:44:42+02:00mardi 14 juin 2011|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Grand Prix de l’Imaginaire 2011 : les lauréats

Finalistes du prix Elbakin

C’est la deuxième année que le jury du prix Elbakin se réunit pour annoncer ses finalistes ; un prix qui s’est déjà fait un nom respecté en seulement une année grâce au sérieux du grand site critique et d’actus consacré à la fantasy dont il émane et la pertinence de ses choix. Les lauréats seront annoncés en septembre.

Meilleur roman fantasy français

  • Avant le Déluge de Raphaël Albert, éditions Mnémos
  • Bankgreen, Thierry Di Rollo, éditions le Bélial’
  • Cleer, Laurent Kloetzer, éditions Denoël (Lunes d’Encre)
  • Les Buveurs d’Âmes, Fabrice Colin, éditions Fleuve Noir
  • Le Châtiment des flèches, Fabien Clavel, éditions Pygmalion

Meilleur roman fantasy français (jeunesse)

  • La Roue des Vents, Vincent Joubert, Ankama éditions
  • Les Hauts Conteurs : la Voix des Rois, Oliver Peru, Patrick McSpare, éditions Scrineo Jeunesse
  • Les Portes de Doregon, Carina Rozenfeld, éditions l’Atalante
  • L’Héritage des Darcer, Marie Caillet, éditions Michel Lafon
  • Myrihandes : le Secret des Ames-Soeurs, Meric Guilhem, éditions Au Diable Vauvert

Meilleur roman fantasy traduit

  • Fille du Sang, Anne Bishop, éditions Milady (traduction : Claire Kreutzberger)
  • Frey, Chris Wooding, éditions Bragelonne (traduction : Laurent Queyssi)
  • Jade, Jay Lake, éditions Eclipse (traduction : Valéry Reigneaud)
  • Kalix, la loup-garou solitaire, Martin Millar, éditions Intervalles (traduction : Marianne Groves)
  • Les Cent Mille Royaumes, N.K. Jemisin, Orbit (traduction : Alexandra Maillard)

Meilleur roman fantasy traduit (jeunesse)

  • Chroniques des Rivages de l’Ouest : Pouvoirs, Ursula K. Le Guin, éditions l’Atalante (traduction : Mikael Cabon)
  • Leviathan, Scott Westerfeld, éditions Pocket Jeunesse (traduction : Guillaume Fournier)
  • Le Peuple des Minuscules, Steve Augarde, éditions Albin Michel (traduction : Jean Esch)
  • Le Prix de la Magie : l’Epreuve, Kathleen Duey, éditions Castelmore (traduction : Nenad Savic)
  • Reckless, Cornelia Funke, Lionel Wigram, éditions Gallimard Jeunesse (traduction : Marie-Claude Auger)

[Source]

 

2011-06-10T11:01:49+02:00vendredi 10 juin 2011|Le monde du livre|3 Commentaires

Dix ans déjà

J’ai retardé longtemps l’écriture d’un petit mot sur ces Imaginales, en partie en raison du travail en ce moment, en partie parce que les comptes-rendus de festival me semblent toujours sonner terriblement creux, mais surtout parce que… dix ans. Dix ans que la manifestation existe, qu’elle a grandi, et, me suis-je rendu compte, dix ans aussi que j’ai rencontré certaines personnes et lié certaines amitiés devenues très chères à mon coeur, alors que je n’aurais jamais imaginé ne serait-ce qu’approcher les personnes en question. Oui, je fais ma guimauve, mais c’est comme ça.

C’est pour cela que c’est très difficile de rédiger un compte-rendu après coup, parce qu’il y a des moments forts qu’on ne peut pas raconter sans les affadir ; des rencontres fortes et inattendues avec un auteur avec qui l’on n’a jamais eu l’occasion de prendre une bière alors qu’on le croise depuis des années, des échanges avec des lecteurs qui vous renversent et vous laissent à la fois très heureux et très humble, des moments drôles et d’autres d’émotion, les retrouvailles avec les amis qu’on n’a pas vu depuis des années… Les Imaginales ont toujours eu un certain chic pour ça, et, malgré la croissance de l’événement en dix ans, l’événement n’a absolument pas perdu cette âme, cette chaleur qui en fait la spécificité, au contraire. Le fait que l’équipe soit la même depuis le début, dirigée par Bernard Visse et Stéphanie Nicot et épaulée par le personnel de la ville, doit contribuer à cette sérénité.

L’atelier d’écriture, reconduit pour la deuxième année, a été davantage placée sous le signe de la pratique, puisque Elisabeth Vonarburg nous a tous jetés, animateurs y compris bien sûr, sur le grill de l’écriture minutée avec contrainte, et c’est une excellent exercice. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas plié à l’exercice ; cela fait toujours un bien fou, je trouve, de se placer dans cette situation de danger pour se forcer à faire de son mieux sans tergiverser. Je m’amuserai à poster ici les bêtises qui sont sorties de mon clavier dans les jours qui viennent.

La fréquentation du festival a apparemment atteint des records cette année – on avance le chiffre de plus de 20 000 visiteurs – et la foule dans la bulle du livre donne, pour moi, raison à l’estimation. J’ai eu le plaisir de faire une incroyable séance de dédicaces samedi grâce à vous tous : merci d’être passés si nombreux, de vos mots gentils, des moments de rigolade et de vos attentions, dessins (même vu passer une réalisation maison des textes en accès libre reliés à la main !).

Je m’arrête là pour éviter de faire trente pages qui seraient forcément incomplètes de toute manière, et vous laisse plutôt avec des photos. À noter que l’une des deux tables rondes auxquelles j’ai participé (« Work in progress : blogs, twitter et autres ») est disponible en écoute sur ActuSF ici (on s’est bian amusé, apparemment la salle aussi à en juger des rires, mais on m’a fait remarquer après coup que nous n’avons que très peu parlé de l’aspect communautaire… et c’est vrai, et c’est une erreur). Surveillez aussi le RSFBlog : voilà un site qui sait faire des comptes-rendus, des vrais.

Et puis, si je gâche la fête, vous n’aurez plus de vraie raison de venir, et il faut venir l’année prochaine.

2011-06-07T08:35:29+02:00lundi 6 juin 2011|Le monde du livre|10 Commentaires

Atelier d’écriture : présentations de Jean-Claude Dunyach

De retour du festival Geek Faeries, incroyablement sympa (et bon dieu qu’il a fait chaud), toujours dans un marathon de corrections, mais oui, j’y suis allé costumé, et oui, j’ai une photo à proposer, si vous n’avez pas peur.

Mais il y a vachement plus intéressant que ma trombine : Jean-Claude Dunyach, écrivain de grand renom (deux Grands Prix de l’Imaginaire, quatre prix Rosny Aîné, excusez du peu), anthologiste, éditeur, co-animait pour la deuxième année consécutive l’atelier d’écriture des Imaginales dirigé par Elisabeth Vonarburg et où j’ai eu le plaisir d’intervenir également. Il met à votre disposition gratuitement ses deux présentations PowerPoint commentées lors de l’atelier, intiitulées « Devenir auteur, c’est trouver un éditeur ! » et « Quelques briques de base pour écrire… ».

Il me fait l’amitié et la confiance de me laisser les héberger en compagnie des miennes sur la page correspondante. N’hésitez pas à les étudier, surtout que deux auteurs ont toujours une vision différente des choses – même légèrement – et c’est la convergence de ces visions qui permet de construire la sienne et sa propre boîte à outils, par essais et erreurs.

2011-06-06T15:08:10+02:00lundi 6 juin 2011|Technique d'écriture|4 Commentaires

Beaucoup de bulles

Alors que je pars vers les Imaginales, j’ai opportunément retrouvé une petite photo que j’avais prise il y a quelques mois et que je ne crois pas avoir partagée :

Mon bureau ressemblait à ça pendant l’écriture d’« Au-delà des murs » (la nouvelle qui paraît ces temps-ci dans l’anthologie du festival intitulée Victimes et bourreaux). C’était la première fois que je m’essayais vraiment au mind-mapping, une technique qui ne correspond pas très bien à ma façon de penser ; je raisonne mieux de façon parallèle, en progressant sur une myriade de fronts à la fois (d’où mon amour pour OneNote, qui capture parfaitement ces progressions anarchiques). La preuve, mes mind-maps se sont vites mises à ressembler à des notes détaillées, mais parfaitement désordonnées. C’était amusant, mais j’ai beaucoup tourné en rond avant de reprendre ma bonne vieille méthode de rédaction libre sous OneNote (impression de droite) pour vraiment avancer dans la construction du texte.

La feuille manuscrite de gauche correspond à la recherche libre des noms des personnages ; quand le personnage ne me vient pas immédiatement avec son nom, je jongle avec les sonorités (ici quelques phonèmes de la langue asrienne, celle de l’Empire d’Asreth) jusqu’à trouver un résultat qui ne sonne pas grotesque et me plaise.

2011-05-24T09:52:19+02:00mardi 24 mai 2011|Technique d'écriture|7 Commentaires

Des liens des langues

Une petite causerie sur la traduction : j’ai été très honoré de recevoir quelques questions d’un étudiant en langues pour son mémoire universitaire, qui traitait principalement du lien que le traducteur nourrit avec sa ou ses langues de travail. Les propos n’engagent évidemment que moi et mon propre cas, je ne sais pas si les réponses sont bonnes mais certaines des questions l’étaient sacrément en tout cas !

Comment ressentez-vous le besoin de lien à la langue que vous traduisez, et comment se manifeste ce lien ? Doit-il être constant ?

A partir du moment où l’on traduit régulièrement et donc que l’on pratique assidûment sa langue source de prédilection, je crois que ce lien devient une seconde nature, il fait partie de soi, comme tout ce que l’on apprend au point d’en acquérir une maîtrise intuitive. Cela dit, j’ai la chance d’être bilingue, donc j’ai peut-être un rapport particulier et immédiat à l’anglais. En conséquence, ce lien est donc constant, effectivement, et la pratique ne disparaît jamais, même après de longues périodes sans pratique. Je le vois simplement comme faisant partie de mon identité, au même titre que je sais lire ou conduire une voiture et je ne saurais pas me concevoir sans.

Pensez-vous que pour un traducteur, une immersion physique dans la langue et la culture liée à la langue traduite est indispensable ? Avez-vous vous-même vécu dans un pays anglophone ?

L’immersion physique ne me semble pas indispensable, en particulier pour la traduction littéraire. Tout d’abord, c’est un matériau que l’on peut méditer longuement avant de le restituer. D’autre part, la littérature, comme tout art, propose une représentation de la réalité et non la réalité elle-même, ce qui implique de comprendre prioritairement la façon dont la culture représente cette réalité, et non cette réalité elle-même (ce qu’accomplit avant tout la vie à l’étranger).

Après, une immersion (tout court) dans la culture source est indispensable, mais elle peut se faire d’un millier de façons: télévision, cinéma, littérature, actualité, essais, etc. C’est extrêmement facile aujourd’hui avec Internet.

Je n’ai pour ma part pas vraiment vécu dans un pays anglophone en-dehors de quelques vacances.

À force de côtoyer une langue étrangère – en l’occurrence l’anglais – existe-t-il un risque qu’elle « déteigne » sur la langue natale, que des calques inconscients apparaissent et altèrent la qualité de la traduction ?

Cela peut effectivement se produire dans les premiers temps de la pratique (heureusement, l’éditeur veille) et c’est d’ailleurs ce qu’on entend parfois dans la bouche d’étudiants de la traduction: la langue source leur paraît (souvent le cas pour l’anglais), plus vive, plus claire, plus « sexy ». Mais c’est, à mon avis, le parfum d’étrangeté qui parle. Je pense (c’est en tout cas mon expérience) qu’avec le temps, on acquiert de mieux en mieux les spécificités et forces de chaque langue et, loin de les mêler, on les sépare mieux, ce qui finit par éviter les calques. Ce sont deux « circuits », presque deux manières de penser différentes et bien distinctes.

La perte de contact avec sa propre langue vous semble-t-elle un risque sérieux ? (par exemple dans le cas d’un traducteur expatrié depuis de nombreuses années)

Dans le cas d’une expatriation, oui. Je l’ai en tout cas entendu dire de la part de confrères ou consoeurs. La traduction requiert une pratique constante des deux langues pour continuer à les « sentir » au mieux et ainsi les servir l’une comme l’autre; dans le cas contraire, on court peut-être le risque de perdre le lien intuitif à sa langue maternelle, qui permet d’en maîtriser les subtilités. Mais, dans le cas d’un traducteur vivant en pays francophone, je pense que le processus exprimé à la question précédente l’en protège. Tant qu’il travaille ses langues et reste critique, je pense que l’expérience le met à l’abri.

Vous est-il déjà arrivé de devoir traduire en Français un document traduit une première fois vers l’Anglais depuis une autre langue ? Si oui, les références culturelles ont-elles posé problème ?

Cela m’est arrivé, et je ne me rappelle pas de problèmes de références culturelles, mais il faut voir que la traduction est extrêmement dépendante du contexte. Ces textes courts ne posaient a priori pas de problèmes de ce genre, ou bien les références faisaient partie du « parfum d’étrangeté » propre à l’original, et sont donc passées sans aucun problème au français.

Lors de la traduction d’un texte, on peut-être amené à adapter certains éléments (de langage, de culture) pour le lectorat ciblé. Dans cette optique, l’utilisation de régionalismes vous semble-t-elle acceptable et utile ?

Il n’y a pas de réponse définitive en traduction: chaque cas est un nouveau problème auquel il faut réfléchir avec un oeil neuf en pensant aux spécificités des deux langues, leur rapport entre elles et à la culture décrite (qui peut être sans rapport avec les langues dont il est question). Cela va donc dépendre totalement du contexte, de l’intention de l’auteur, de l’effet en français, du ton de l’original, etc. Tout va donc dépendre du contexte. Dans certains cas, le régionalisme sera la solution, dans un autre, il ne fonctionnera pas.

Etant donné l’existence de plusieurs variétés d’anglais, pensez-vous qu’il soit souhaitable qu’un traducteur se « spécialise » dans une aire géographique anglophone qu’il connaît mieux que les autres ?

Les différences linguistiques sont présentes mais pas insurmontables à mon avis; si ces anglais ont effectivement un « goût » légèrement différent, je pense que la pratique permet de les assimiler. On sera peut-être plus à l’aise sur l’anglais américain que britannique, par exemple, mais cela jouera surtout sur la rapidité d’exécution. Le retravail et le recul viendront gommer d’éventuelless interrogations par la suite.

Ce qui peut jouer en revanche, c’est la familiarité avec un certain contexte culturel; là, surtout en littérature générale, ces disparités peuvent prendre un poids non négligeable. Mais cela devient une question de familiarité de civilisation plus qu’une question de langue à proprement parler.

2019-07-22T07:31:14+02:00lundi 23 mai 2011|Best Of, Le monde du livre|4 Commentaires

Question : Dois-je payer pour me faire éditer ?

Une question reçue soulevant un point assez peu connu du grand public concernant la rémunération des auteurs et des créateurs, et sur lequel il me paraît indispensable de faire un point :

J’ai reçu une proposition de contrat pour mon roman […] C’est une maison d’édition participative, et ils me demandent une participation [financière]. Je voulais savoir ce que tu pensais de ce type de contrat. T’y es-tu déjà risqué ? Est-ce que ça empêche de leur faire confiance ? C’est la première fois que quelqu’un me propose un contrat pour un truc que j’aurais écrit, donc, bah, je suis pas très sûr de ce que je peux/dois accepter.

Mon avis, pour le coup, est simple :

SURTOUT PAS !

J’explique. Si tu as l’ambition de publier « sérieusement » – c’est-à-dire en prenant ce travail au sérieux – il y a une règle cardinale : tu ne paies pas pour être édité. JAMAIS, point barre, nada, que dalle. La distinction dans les rôles est claire : l’auteur apporte un manuscrit, l’éditeur l’achète et se charge de le vendre. C’est lui qui prend le risque financier – c’est son métier, son rôle, c’est pour cela qu’il sélectionne ce qu’il accepte ou non et s’efforce de le vendre (le diffuser, communiquer, etc.) – pas toi ; toi, tu prends le risque artistique et celui du temps passé. Te faire payer pour être édité n’est pas une fleur qu’on te fait, bien au contraire.

Ce que tu décris est de l’édition à compte d’auteur (par opposition au compte d’éditeur où c’est ce dernier qui rémunère, en fonction de ses moyens et de sa taille, l’auteur en lui versant, usuellement, un pourcentage sur les ventes). L’édition à compte d’auteur n’est forcément pas un mal en soi, en ce sens que certaines personnes désirent parfois plus que tout voir leur livre publié (ce n’est pas critiquable !) ou bien cherchent à diffuser une oeuvre familiale, comme des mémoires, qui n’intéresseront pas davantage qu’une poignée de personnes dans un cercle très restreint. Mais, pour tout auteur avec une visée professionnelle (au sens : considérer la littérature comme un métier sérieux avec les exigences qui correspondent, on ne parle pas ici de taille de marché ni même d’en vivre), l’édition à compte d’auteur est à proscrire (je ne parle pas là d’autoédition, qui est une pratique de plus en plus émergente et différente). Sans compter que, pour beaucoup dans le milieu professionnel, avoir été publié à compte d’auteur revient tacitement, ni plus ni moins, à être frappé du sceau indélébile de l’infamie. (On ne te le dira pas forcément en ces termes mais c’est la vérité.)

Alors, oui, évidemment il existe quelques success stories nées de l’édition à compte d’auteur. Il existe toujours des contre-exemples. Mais quand on voit la quantité d’ouvrages publiés selon ce mode et ceux qui émergent vraiment, on constate aussitôt que les chances sont pires que défavorables. Je ne porte pas non plus de jugement de valeur générique sur les ouvrages publiés ainsi – même si on trouve fréquemment, ahem, des perles. L’édition est un métier qui ne s’improvise pas : on se passe de ce regard à ses risques et périls. Certains y parviennent sans trop de heurts, mais… ils sont très rares. Il n’est pas idiot de toujours partir du principe qu’on en est soi-même incapable.

Donc non, je ne le ferai jamais. Je considère qu’écrire est un métier et on me paie – fût-ce symboliquement – pour ça ; la rémunération minimum que j’accepte est égale à zéro (par exemple si j’ai accepté d’offrir mes droits dans le cas de la diffusion libre ou pour une oeuvre caritative, mais ce n’est pas un dû), mais en aucun cas elle n’est négative (= je paierais). De plus, en-dehors des cas susmentionnés comme la diffusion de mémoires familiales pour des petits-enfants où la procédure est justifiable, je trouve la pratique du compte d’auteur dépourvue du sens dans le contexte actuel : quel besoin de payer un intermédiaire qui va s’enrichir (parfois grassement…) sur mon dos ? Personnellement, si je voulais diffuser une oeuvre confidentielle, Internet le ferait mieux que moi et gratuitement ; au pire, je suis assez grand pour faire une maquette tout seul et démarcher un imprimeur, ou bien pour construire un site commercial qui vendra des livres électroniques !

Bref, si tu as l’once d’une visée professionnelle, évacue tout de suite les éditeurs à compte d’auteur purement et simplement et prends ton mal en patience pour travailler, retravailler, écrire de nouveaux livres, jusqu’à décrocher un vrai contrat à compte d’éditeur. Courage !

2014-08-05T15:23:05+02:00mercredi 18 mai 2011|Best Of, Technique d'écriture|13 Commentaires

Lauréats du prix Imaginales 2011

Les lauréats du prix Imaginales (où « Le Sang du large » était finaliste en catégorie nouvelles) ont été révélés ! Félicitations à tous, et notamment à Yohan Vasse pour son prix Imaginales 2011 de la nouvelle !

Le jury est composé de  : Jacques BAUDOU, Anne BESSON, Annaïg HOUESNARD, Jean-Claude VANTROYEN, Jérôme VINCENT et Bernard VISSE, réunis à Paris sous la présidence de Jacques GRASSER, adjoint au maire d’Epinal en charge de la Culture et du Patrimoine.

Roman francophone

Charlotte BOUSQUET.- Cytheriae (Mnémos)

Roman étranger traduit

Ken SCHOLES.- Lamentation (Bragelonne), traduction : Olivier Debernard

Jeunesse

Cornelia FUNKE.- Reckless (Gallimard Jeunesse), traduction : Marie-Claude Auger

B.D.

ANGE, Thierry DESMAREZ.- Vengeances, Marie des dragons, 2 (Soleil)

Illustration

Elvire DE COCK.- Cytheriae, de Charlotte Bousquet (Mnémos)

Nouvelles

Yohan VASSE.- « London Faerie Blitz », in Légendes 1 (Céléphaïs)

Prix spécial du jury

Nicolas FRUCTUS.- Kadath, le guide de la cité inconnue, de David Camus, Mélanie Fazi, Raphaël Granier de Cassagnac et Laurent Poujois (Mnémos)

Par ailleurs, le Prix Imaginales des Collégiens a été attribué ce jeudi 12 mai à Pierre BOTTERO pour Les Âmes croisées (Rageot).

Le Prix Imaginales des Lycéens a été attribué mardi 10 mai à Samantha BAILLY pour La Langue du Silence (éditions Mille Saisons).

(source)

2011-05-13T12:13:19+02:00vendredi 13 mai 2011|Le monde du livre|1 Commentaire

Prix Lacour de l’Imaginaire

Une info qui a quelques semaines déjà, mais il reste encore largement du temps pour répondre (date butoir au 31 mars 2012) et cela pourrait intéresser les jeunes auteurs : les nimoises éditions Lacour ouvrent un prix, avec publication à la clé, destiné à un premier roman d’imaginaire. On peut remarquer dans le jury Raymond Iss, écrivain et collaborateur de Galaxies 1e série (et qui nous avait aussi épaulés occasionnellement avec Asphodale). Il s’agit évidemment d’une édition à compte d’éditeur, dans le domane de la small press (tirages faibles, paiement des droits en exemplaires, pas de distribution : n’espérez pas faire la une de Paris Match demain, mais il faut commencer quelque part et si l’éditeur est bon, vous apprendrez énormément).

Les éditions Lacour seront présentes aux Imaginales, si vous désirez faire connaissance avec eux pour en apprendre davantage sur l’initiative et décider si vous voulez tenter le coup.

C’est là : http://www.lacourdelimaginaire.com/ (et avant que quelqu’un ne le dise, oui, le webdesign est un peu, heu, suranné.)

2011-05-04T18:50:13+02:00mercredi 4 mai 2011|Technique d'écriture|3 Commentaires

La douceur angevine

Illus. Caza

Indépendamment du plaisir que l’on a à faire des rencontres, un déplacement conserve un aspect professionnel : on est là pour passer un bon moment avec des gens sympathiques – sinon, il ne faut pas sortir de chez soi -, mais il convient aussi d’être disponible à tout moment pour le public – sinon, il ne faut pas sortir de chez soi non plus. C’est donc toute la qualité d’un événement que de savoir vous mettre à l’aise ; et puis il y a les événements rares, ceux qui non seulement vous mettent à l’aise, mais vous font vous sentir en vacances – plus que ça : ceux qui vous donnent l’impression d’être reçu en famille, la totale, de la chaleur omniprésente de vos hôtes à l’odeur des petits gâteaux qui cuisent au matin.

ImaJ’nère fut de ceux-là. Installé dans une tour superbe et impressionnante, organisé par l’association du même nom et le bouquiniste Phénomène J qui est probablement la plus belle librairie d’occasion que j’aie jamais vue, avec non seulement des raretés en excellent état à prix abordable, mais tous les rayons du monde et au-delà, la convention fut un de ces événements où il se passe vraiment un truc. David Khara, Thomas Geha et moi avons passé un merveilleux moment, que ce soit pendant les journées ou la soirée mémorable qui a suivi. Merci à Jean-Hugues et Carmen pour leur accueil, leur humour et leur prévenance, à Sylvie, à Artikel, Justin, Patrice (j’espère n’oublier personne) pour leur accompagnement au fil de ces deux jours. Merci également à vous d’être venus ; ce fut l’occasion de revoir en chair et en os une foule de blogueurs et correspondants (salut à toi, Traqueur Stellaire).

En plus d’un chargement de vieux bouquins de SF improbables, je repars aussi avec un kit de base de Metal Adventures sous le bras, le jeu de rôle de pîrates de l’espace créé par Arnaud Cuidet et que j’ai enfin pu rencontrer en vrai alors que nous avions travaillé tous les deux sur les projets d’Extraordinary Worlds Studio (Arkeos). Ça a l’air bien fun et bien conçu, j’espère pouvoir le faire jouer avant 2099 (en me l’appropriant avec une sauce Albator complètement assumée).

C’était enfin pour moi l’occasion de découvrir un peu plus Angers et notamment son centre, vu que je n’en connais que le campus de l’université pour les trois jours de cours que j’y donne par an. C’est une très jolie ville, toute en blancheur, accueillante, aux nombreuses terrasses, et tout le monde est incroyablement sympa (et les filles sont magnifiques là aussi, mais je soupçonne que leur secret réside dans les compétences secrètes des coiffeurs angevins qui leur donne en permanence l’allure de pouvoir poser dans une pub pour l’Oréal, comme si elles avaient un ventilateur léger qui fait voler artistiquement leurs mèches même quand il n’y a pas un souffle de vent. Il y a de la magie – ou un usage créatif de l’antigravité – là-dessous). Il semble y faire vraiment bon vivre et ça donne envie de revenir s’y poser un peu.

2011-04-11T10:58:25+02:00lundi 11 avril 2011|Le monde du livre|5 Commentaires
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