Annonce de service : événement rime avec défraiement

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Auteur forcé d’improviser pour se rendre à un salon qui ne défraie pas (allégorie)

Bon, encore une petite note destinée à être conservée de côté, de manière à pouvoir m’y référer plus tard le cas échéant. Et cela, également, dans le but de faire gagner du temps à tout le monde.

Je suis ravi d’aller en salons, en festivals, et plus encore quand il s’agit d’événements que je ne connaissais pas, dans des lieux que j’ignorais ; j’aime le milieu de l’imaginaire, mais c’est très intéressant de voir parfois autre chose. En revanche, pour le dire sans détours : je demande toujours le remboursement des frais engagés, et je suis désolé mais cela conditionne toute participation.

Déjà parce qu’un événement, c’est un plaisir, c’est la possibilité de rencontrer des lecteurs, anciens et nouveaux, c’est la possibilité de parler de son travail, oui, mais c’est aussi du boulot. Les livres sont mon plaisir, mais ils sont également mon métier : quand je prends un week-end pour aller sur un salon, c’est autant de temps, par exemple, que je ne passe pas avec mes proches (ma compagne, mes parents, mes amis, ma PS4). Encore une fois, c’est une chance et j’en ai bien conscience, mais, si c’est une sortie pour les visiteurs, pour moi c’est travailler : c’est être souriant, réveillé, attentif, et ce même si j’ai passé une semaine pourrie, que j’ai mal au pied et que mon poisson rouge est mort hier – parce que vous n’avez pas à savoir ça. Ça n’est pas vos oignons, vous venez voir un mec sympa et ouvert, dans le cadre d’une manifestation (pour laquelle vous avez peut-être payé une entrée), pas un type qui fait la gueule. Si je ne suis pas pleinement disponible, alors autant que je reste chez moi. Quoi que dise la légende, quand on signe, on n’est pas là pour boire des coups toute la journée1, on bosse, dans la bonne humeur, mais on bosse.

Mais surtout parce que les auteurs gagnent peu sur les livres (10%, comme on l’a vu) et qu’à partir de là, le calcul est très simple : l’opération devient, pour moi, déficitaire effroyablement vite. Si je claque 200 € en déplacements, hôtel et call girls, c’est vite vu : je suis dans le rouge. Et il se trouve que, comme tout le monde, je n’aime pas tellement travailler à perte.

On pourra répondre « ouiii mais l’exposition ! les rencontres ! tu es rémunéré en pub ! » Déjà, consulter ce graphe de décision concernant cet argument, ensuite : j’y ai cru, oui, quand j’étais jeune et chevelu, mais c’est une grossière erreur. La ressource principale d’un créateur, c’est son énergie (donc son temps) et un bon gestionnaire va donc décider où l’investir. Nous avons tous un temps limité en ce bas monde. Or, le bénéfice retiré d’un salon à fonds perdus est clairement inférieur à un temps consacré, par exemple, à produire du contenu nouveau, ce qui est quand même le coeur du métier…

Donc, dans l’intérêt de faire gagner du temps à tout le monde, pour éviter les questions qui fâchent, je résume : je suis ravi de participer aux événements auxquel on m’invite, mais une invitation, justement, signifie prise en charge des frais. Ce qui inclut, sans se limiter à, l’hébergement et les repas s’il y a lieu, et surtout le déplacement2. Si vous ne pouvez pas, ou ne voulez pas, proposer ces conditions, je ne vous en veux pas, il n’y aucun problème, je suis très content que vous ayez pensé à moi, mais je suis navré, je déclinerai et ce presque à coup sûr. (Je dis « presque » parce que si le comité du prix Nobel ne défraie pas, OK, d’accord, je ferai un effort, mais c’est bien parce que c’est des Suédois et qu’ils ont inventé Ikea et le surströmming.)

Et puisqu’on est sur le sujet, toute intervention supplémentaire nécessitant une préparation (comme un atelier d’écriture) nécessite une rémunération séparée, parce que ça ne s’invente pas si on veut le faire avec sérieux (et c’est le but, non ?).

Voilà, navré d’avoir à le préciser, mais ça fera gagner du temps à tout le monde. Fin de l’intermède pénible, et que soient remerciés, en passant, tous les événements géniaux (et ils sont nombreux – il y a eu par exemple les Oniriques et Rue des Livres rien que ces dix derniers jours !) pour qui tout ce que je viens de dire est une telle évidence qu’ils risquent de se sentir insultés (pardon, ce n’est pas le but !).

  1. Enfin, pas que.
  2. Au-delà de 50 km de Rennes, à la louche.
2015-03-17T11:10:04+01:00mardi 17 mars 2015|Le monde du livre|6 Commentaires

Ce qu’on fait en café littéraire

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Entrez entrez, mesdames et messieurs, entrez et contemplez ce spectacle pas du tout unique au monde : un auteur qui va répondre à une question pour laquelle il n’est pas sûr d’avoir la réponse :

[Je viens d’être publiée et serai] conviée à des tables rondes… Et… Je me demandais si c’était possible que vous m’expliquassiez en quoi ça consiste exactement une table ronde… (à part que c’est un meuble relativement rond et relativement horizontal) Paske ça me stresse à mort et que je trouve personne capable de me répondre autre chose que « ben… c’est… Un truc… avec des auteurs. »

Déjà, félicitation pour la publication, et pour votre toute première table ronde, où vous pourrez montrer, devant un public ébahi et curieux, toute l’étendue de votre magique magnifique magnificence !

Alors, qu’est-ce qu’on fait en table ronde / café littéraire / panel etc. ?

J’ai une mauvaise nouvelle : c’est un truc avec des auteurs.

Mais en fait, ce n’est pas tellement une si mauvaise nouvelle que ça. De quoi parlent des auteurs quand on les met autour d’une table ? (En public. En privé, on sait bien que les auteurs ne parlent que de deux choses : d’argent et d’alcool.) Ils tendent à parler, en fait, là aussi de deux choses : mais – de ce qu’ils font et de ce qu’ils pensent.

Les « débats » (car une table ronde, c’est, en fait, un débat) sont en général de deux natures : parler autour d’un thème (parce que vous semblez vous y connaître un peu) et/ou parler autour d’un thème en relation avec vos livres (parce qu’en principe, vous vous y connaissez beaucoup). Il y a un aimable modérateur qui a préparé son sujet, lu autant que possible votre travail (s’il a eu le temps et les livres, les délais étant parfois très courts), et pose aux auteurs des questions qui sont, en réalité, plutôt des prétextes pour que vous permettre de dire ce vous pensez intéressant, voire ce qui vous tient à coeur. Bref, c’est une émission littéraire en live. Mais vous le savez déjà, n’est-ce pas – vous avez dû aller en salon littéraire et donc voir des tables rondes.

Des astuces pour réaliser cet exercice ?

Un débat, c’est avec un public, donc c’est pour le public. Des gens viennent vous voir, donc il s’agit qu’ils n’aient pas l’impression de perdre leur temps. Et comment fait-on cela ? Ma foi, c’est comme pour la formule d’un best-seller : on cherche toujours. Cela dit, des débats littéraires, vous en avez vu, donc, au-delà d’avoir une idée de ce que c’est, vous devez avoir une idée de ce qui vous a ennuyée ou intéressée. Que vous avez trouvé tel auteur antipathique ou sympathique (parce qu’il faisait des blagues ou au contraire restait sérieux, ou qu’il était didactique ou au contraire très pointu, etc.). Comme en écriture, je pense bêtement que la réponse se trouve dans votre sensibilité. Qu’avez-vous voulu faire passer dans vos livres, pourquoi, et donc, que voulez-vous faire passer de visu ? Qu’auriez-vous d’intéressant à apporter ? Comment ajouter de la « valeur » à l’échange ?

Et bien entendu, c’est aussi, clairement, un exercice théâtral, pour ce qui concerne l’expression, l’articulation, la voix – parler d’une voix monocorde en baissant les yeux avec un « heu » tous les trois mots captive moins l’auditoire qu’un orateur correct, c’est une évidence. Le cas échéant, faire une petite année d’improvisation théâtrale pour se rendre compte que parler en public, c’est bien moins impressionnant qu’il n’y paraît, peut aider. (Enfin, dans mon cas, il en fallu quinze, et je continue.)

À moins d’être un orateur né, on ne gagne pas cette assurance et cette habitude instantanément. Comme tout le reste, apprendre à être ce qu’on appelle dans le jargon « un bon client » et surtout à gagner suffisamment d’assurance pour, paradoxalement, réussir à le faire avec sincérité et honnêteté se fait sur la durée. Nulle autre que vous ne sait ce que vous voulez présenter au monde, et la réponse se trouve en partie dans la même question que pour la littérature. Je prends mon livre : je le lis, est-ce que moi, j’aimerais trouver cela, est-ce que j’aurais plaisir à le lire ? De même, est-ce que je suis honnête avec moi-même ET est-ce que j’aurais un plaisir sincère à me découvrir ? (L’un entraînant en principe l’autre, si l’on n’est pas un sociopathe mangeur d’enfants.) Cela peut sembler évident, mais, quand on est timide et/ou introverti, il est difficile de franchir ses propres barrières.

Un petit mot d’avertissement tout de même qui ne concerne que moi, mais quand même : je pense que la plus grande qualité d’un auteur en public est l’humilité, et son péché cardinal la prise au sérieux. Non pas la fausse modestie du genre « non mais vous voyez, je n’ai aucun mérite à avoir écrit cette décalogie philosophique, vous savez, il m’a suffi de faire trois thèses sur le néoplatonicisme appliqué à la théorie des quartiers étanches dans l’urbanisme nord-américain, tout le monde en est capable, olol » mais ne jamais oublier que nous écrivons des livres, soit la chose la plus importante (car il y a des idées dedans et une histoire qui donne du plaisir à des lecteurs) mais aussi la plus futile (c’est du divertissement et – il faut en être conscient – la postérité nous oubliera ; de toute façon, on ne sera pas là pour le voir). Bref, même si, comme pour tout le monde, notre sujet de discussion favori est nous-mêmes (davantage encore sachant que nous sommes des auteurs et donc des gens égocentriques – je vous assure, c’est dans la fiche de poste), je crois que la dernière chose qu’on veut entendre, c’est votre vie sans perspective. En revanche, s’appuyer sur là d’où vous venez et de vos livres comme un prétexte pour élever la discussion et ouvrir toujours davantage les réponses et les horizons, pourquoi pas ! Mais, entre un orateur passionné et imbu de lui-même, la différence peut être ténue – personnellement, c’est ma hantise.

Bref, à vous de donner le meilleur de vous-même pour proposer, à votre tour, au public un moment qui vous aurait intéressée vous. Bonne chance !

2019-08-28T21:38:12+02:00vendredi 13 mars 2015|Best Of, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Ce qu’on fait en café littéraire

La Route de la Conquête (almost) World Tour : masterclass à Lyon ce week-end

Affiche Olivier Sanfilippo

Affiche Olivier Sanfilippo

Fort bien ! Auguste lectorat, je m’en vais prendre mon bâton de pèlerin magicien et venir près de toi, juste dans ton dos, mon souffle prédateur sur ta nuque, ou bien, de façon plus sympathique, dans ton champ de vision, avec un sourire même pas trop inquiétant.

Je serai fortement en vadrouille dans les semaines à venir. Au programme, des signatures, des festivals, mais aussi, notamment une masterclass ce week-end (à Lyon) dans le cadre de la convention Octogônes et des interventions dans un colloque universitaire (à Bordeaux) autour de la création et des intentions de l’univers d’Évanégyre.

La totale ? La totale, drapée des splendeurs de son Javascript, ci-dessous :

2014-09-23T11:14:03+02:00lundi 29 septembre 2014|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur La Route de la Conquête (almost) World Tour : masterclass à Lyon ce week-end

Je suis partout (ce week-end)

futuriales2013ImaJinEre2013_Affiches_01Allez allez il est beau mon salon. Il y en a deux à se tenir en fin de semaine, il faut venir, il y en a pour tout le monde, je serai partout, je serai aux deux ! Le soleil revient, vous n’avez aucune excuse à rester manger des chips sur votre canapé en regardant Les Anges de la Téléréalité, les chips c’est mauvais pour la santé, il y a plein d’hydroxyles de tétranazole de palme, cela fait rouiller les omega-3 et provoque une dégénéresence prématurée des complexes actifs.

En résumé :

  • Samedi 8 juin, je serai à Aulnay sous Bois, pour les Futuriales. Un des rares événements en région parisienne, c’est l’occasion, et ça n’est que samedi, ne ratez pas la fenêtre de tir ! Toutes les infos pratiques sur le site : http://www.futuriales.com/
  • Dimanche 9 juin, je serai à Angers pour ImaJn’ère. (L’événement commence vendredi.) Avec des expos, des tables rondes, un espace jeu de rôle, des lectures publiques et bien plus encore à découvrir sur http://imajnere.blogspot.fr/p/imajnere-2013.html.

Si vous ne venez pas, c’est que vous ne faites pas d’effort ! (Dérogation acceptée pour les résidents de Montpellier, Johannesburg et les chantiers aérospatiaux martiens d’Utopia Planitia.)

2013-06-07T10:26:37+02:00mercredi 5 juin 2013|Dernières nouvelles|Commentaires fermés sur Je suis partout (ce week-end)

Imaginales toujours fidèles

Et voilà, après un long périple, les douzièmes Imaginales sont terminées, avec une affluence encore supérieure aux années précédentes si je ne m’abuse, une convivialité toujours présente, d’innombrables rencontres, et une course à la fois incessante et exaltante, pour ma part, pendant cette semaine. Merci avant tout à vous, lecteurs, nouveaux et fidèles ; merci à l’organisation, aux traducteurs et aux modérateurs de compèt (Stéphanie et Bernard ; Marion notre maman à tous ; Sylvie, Hélène, Jocelyne, Nelly, Christophe, Valérie, Anne et j’en oublie hélas certainement) ; merci mes compagnons de signature qui ont supporté mon cerveau en surchauffe et mes blagues pourries (Mélanie Fazi, Sylvie Miller et Phillppe Ward) ; merci à mes compagnons des Deep Ones pour un premier concert particulièrement fort en émotions ; merci à Jean-Claude et aux étudiants de la masterclass ; merci à Fabrice Colin, Pierre Bordage, Rachel Tanner et Raphaël Albert pour s’être gentiment prêté au jeu de notre interrogatoire pour la table ronde sur Elfes et Assassins, y compris quant nous les chahutions avec Sylvie ; merci à Florian de la Fnac de Belfort pour l »accueil et le souvenir.

Vous le savez, les comptes-rendus de festival, ce n’est pas mon truc, donc je me contenterai de quelques photos, de répercuter tout ce qui a été capturé dans les jours qui viennent, et je prépare un Créer du lien sur le festival avec les excellents articles des autres. Personnellement, j’ai juste quelques photos pourries prises avec le portable.

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2013-06-11T09:42:25+02:00jeudi 30 mai 2013|Le monde du livre|8 Commentaires

C’était beau, céliande

Je le dis souvent, je ne suis vraiment pas doué pour les compte-rendus de festival ; d’une part, y étant souvent pour bosser, je n’en vois pas la majorité ; d’autre part, il s’y passe souvent foule de moments off difficiles à retranscrire et à raconter, à moins de faire un roman. (Mais certains moments surréalistes de festival trouveront peut-être leur chemin, maquillés et déformés, dans un bouquin. Un jour. Peut-être.) Cependant, je veux quand même dire un mot sur les Imaginaires de Brocéliande, parce que c’était une première édition avec beaucoup d’ambitions qui ont été intelligemment concrétisées dans une atmosphère extrêmement chaleureuse, que c’est tout près de la maison (à Ploërmel, 60 km de Rennes), que c’est dans une terre de légendes – Brocéliande – propice à la fantasy, et tout simplement, hé, parce que c’était merveilleusement chouette, avec une équipe qui aime ce qu’elle fait, qui sait ce qu’elle fait et qu’elle le fait bien, avec de beaux moments d’émotion pour le public, mais aussi les invités. Pour voir ce que vous avez raté (littérature, mais aussi musique, cinéma, spectacles), rendez-vous sur le site – et l’année prochaine, surtout.

Je n’ai pas pris de photos sur le site, mais Laurent Miny a eu la bonne idée de rassembler les métalleux du festival pour nous faire un souvenir un peu personnel… Ça ne vous montre pas les alentours, mais ça vous montrera combien l’ambiance était amicale !

Sébastien Grenier, ma pomme, Justine Niogret, Laurent Miny, Antoine Crampé, Jérôme Lereculey.

Et merci à vous, comme toujours, d’être venus ! Rock on ! \m/

2012-11-05T23:29:11+01:00mardi 6 novembre 2012|Journal|3 Commentaires

Epinal, du coeur

De retour d’Epinal, comme toujours épuisé mais absolument ravi, et cette année plus encore, puisque j’avais la joie et l’honneur d’être le « coup de coeur » du festival ! D’autant que c’est un événement auquel j’ai beaucoup d’attachement, puisqu’on y fait beaucoup de rencontres amicales, où il est extrêmement facile de discuter entre auteurs et lecteurs, sans barrières, et qui s’efforce d’année en année d’enrichir sa formule sans cesse depuis onze éditions.

Difficile, comme toujours, de faire un compte-rendu de cet événement après coup. Mais merci à vous tous, auteurs de l’atelier, lecteurs, blogueurs, visiteurs qui êtes venus échanger deux mots, assister aux tables rondes, vous intéresser aux livres et anthologies, des soirées de lecture aux déjeuners-débats. J’ai beaucoup de retard à rattraper sur les réseaux sociaux et je posterai dans les jours à venir les débats auxquels j’ai eu le plaisir de participer, enregistrés par ActuSF, en plus des quelques actus.

Bon retour à toutes et à tous et à très bientôt de visu – et le cours normal des émissions reprend par ici !

2012-06-07T11:05:40+02:00lundi 4 juin 2012|Carnets de voyage|11 Commentaires

Deux passions au même endroit

Livre et Mer : impossible de ne pas sentir un petit frisson d’excitation devant le nom de ce salon – je ne sais pas, c’est comme si l’on faisait des salons Sucre et Saucisson, Jolies Filles et Chocolat, Vin et Jeu Vidéo, cela tient du fantasme. En moins improbable. La littérature maritime a évidemment une longue tradition derrière elle, des classiques du roman d’aventures aux ouvrages techniques et scientifiques. En conséquence, je n’avais même jamais osé m’imaginer dans cette lignée ; mais, vu d’où je viens, j’étais ravi de me trouver invité à ce salon, qui existe depuis vingt-cinq ans, et qui allie les deux univers qui me sont chers. J’étais donc également très heureux de pouvoir présenter Léviathan : La Nuit en avant-première pour la première fois en salon.

Dire que je n’ai pas été déçu est un euphémisme. Pour un salon spécialisé, Livre et Mer fédère un public passionné et exigeant qui ferait l’envie de plus d’un festival généraliste, reçoit ses invités avec chaleur, et offre une programmation qui sait allier qualité et créativité, que ce soit au niveau des cafés littéraires, des expositions (comme François Bourgeon cette année, excusez du peu), des soirées (émouvant et instructif concert-conférence d’Anne Queffélec autour de pièces marines) pour restituer cette ambiance maritime unique, où une âpre passion s’allie à l’éducation et la recherche. Même si vous n’êtes pas passionné d’océan, il faut aller à Livre et Mer. Il est impossible que le souffle de l’aventure ne vous prenne pas à la vue de la librairie où les vieux gréements, les romans de corsaires, les récits de voyages vous invitent à l’évasion.

Merci et bravo à toute l’équipe (Christelle, Claire, les bénévoles, les libraires…) pour l’organisation sans faille, leur gentillesse, leur énergie et pour avoir rendu toutes ces rencontres possibles. Et merci à vous tous, si vous lisez ces mots, pour votre présence, votre intérêt pour Léviathan et les échanges de ce week-end !

2013-04-23T09:31:06+02:00mardi 10 avril 2012|Carnets de voyage|3 Commentaires

De belles histoires

Ces Utopiales 2011 sont terminées et, comme toujours, je suis bien ennuyé pour essayer de transmettre l’expérience, ne serait-ce que parce que ces festivals sont toujours quatre jours intenses de rencontres, de retrouvailles et d’interventions. Encore davantage cette année puisqu’en plus de mes propres interventions, j’ai dépanné un peu en traduction, ce qui m’a permis de rencontrer Ian McDonald, Glen Cook et Greg Broadmore (l’excellent illustrateur du festival et créateur de l’univers steampunk du Dr. Grordbort, qui a donné lieu à une exposition totalement délirante), et de revoir James Morrow, qui est aussi intéressant et charmant que ses livres.

Le Dr. Grordbort et son assistante, prêts à pourchasser le fléau vénusien

Le thème de ces Utopiales était « Histoires », ce qui a fait souvent tourner les tables rondes autour des relations que les genres de l’imaginaire entretiennent avec l’histoire réelle, grande ou petite, ainsi que sur les thèmes de la prospective avec les réseaux. Je suis assez content d’avoir eu l’occasion de parler d’un certain nombre d’idées auxquelles je réfléchis en ce moment. Notamment dans le cadre d’un débat sur les conspirations avec Lauric Guillaud et Roland C. Wagner (vainqueur du prix européen des Utopiales pour Rêves de Gloire ; bravo, camarade !), il s’agissait double rôle que joue l’histoire dans la narration, à la fois comme terrain de jeu mais aussi comme contrainte de vraisemblance, ce qui a donné lieu à quelques discussions fort intéressantes avec quelques lecteurs sur l’exigence de cohérence d’un récit et les attentes inconscientes que suscite un cadre. Je ne crains de ne pas avoir été bien clair, en revanche, dans le débat sur la fantasy et l’histoire, où je tenais à insister sur le côté « cool » et « fun » des éléments que l’on intègre dans un roman, parce qu’au-delà du thème que l’on veut traiter, parfois de façon sérieuse et profonde, il y a aussi l’envie, les éléments qui amusent, et que l’on veut placer, simplement parce que, eh bien, ça fait tripper. Pourquoi l’Empire d’Asreth (La Volonté du Dragon) emploie-t-il des armures personnelles lourdes ? Parce qu’avant toute chose, les méchas, j’ai grandi avec, et je trouve ça cool. J’assume totalement. Ensuite, j’exploite le potentiel narratif de cet élément, je le justifie, je bâtis autour, je l’intègre, je réfléchis à ce que cela implique culturellement, etc. Mais, à l’origine, il y a une envie. Et je pense que c’est très important dans la création.

J’appréhendais un peu les deux débats autour du web 2.0 et du web participatif parce que je craignais de ne pas très bien savoir où me placer, mais je pense que ce sont ceux qui se sont le mieux déroulés. J’ai réussi à mentionner ce qui me tient à coeur en ce moment, l’usage de l’esprit critique face à l’information, l’attitude créatrice du soi derrière un avatar ou une identité numérique (dont nous avons parlé ici), la neutralité du Net ou encore la loi du tomahawk et de la bombe atomique.

J’ai été également très surpris et touché par l’engouement qui commence à se former autour de Léviathan : La Chute, que ce soit de la part des lecteurs, des journalistes, des habitués du milieu, des blogueurs… Je ne citerai personne par peur d’oublier du monde, mais je veux donc vous dire, comme souvent, un très grand merci pour votre intérêt et pour être entrés dans le jeu de la trilogie !

2011-12-14T18:13:47+01:00lundi 14 novembre 2011|Carnets de voyage|10 Commentaires

Mon programme des Utopiales

Illus. Greg Broadmore

Les Utopiales, l’une des grand-messes de l’imaginaire qu’il ne faut pas rater – avoir sa résidence principale sur Pluton ou Mu étant les seules raisons à peu près acceptables -, c’est cette semaine et c’est à Nantes ! Très exactement, de mercredi soir (9 novembre) à dimanche soir (13 novembre). Soit quatre jours centrés autour de la science-fiction, la fantasy, le fantastique, dans tous les médias possibles : littérature, cinéma, jeu, illustration… Le copieux programme (conférences, cinéma…) est disponible en PDF ici.

Pour ma part, en plus des dédicaces, j’interviendrai dans quatre cafés littéraires :

Vendredi 11 novembre

  • 15h00 / Bar de Madame Spock. SF Vs. Histoire. En inventant de nouveaux mondes, de nouvelles sociétés ou de nouvelles cités, quelle est la posture de la science-fiction face à l’histoire : un refus, une fuite, une dénonciation… ? Avec : T. Di Rollo, A. Larue, J-C. Dunyach, L. Davoust, S. Poulin.

Samedi 12 novembre

  • 11h00 / Espace Shayol. La révolution 2.0 ? Tunisie,  Lybie, Syrie… Suffi t-il d’un twitt, d’un SMS ou d’un commentaire sur Facebook pour lancer un mouvement, voire une révolution ? Les réseaux sociaux peuvent-ils faire basculer l’Histoire ? Avec : D. Calvo, L. Davoust, N. Spinrad, I. Mc Donald, S. Lainé.

Dimanche 13 novembre

  • 10h30 / Bar de Mme Spock. La fantasy face à l’Histoire. En imaginant des mondes merveilleux, la fantasy construit-elle un refuge face à la réalité historique ? Avec : L. Davoust, L. Kloetzer, M. Gaborit, G. Cook, P. Pevel.
  • 12h30 / Espace Shayol. Wikipedia, wikileaks… Quelles influences sur l’Histoire ? À l’heure du web participatif, que devient l’identité de l’information diffusée sur la toile ? Quelle(s) Histoire(s), quels repères et quelle mémoire laisserons-nous aux générations futures ? De plus, les révélations de Wikileaks peuvent-elles changer l’Histoire ? Avec : L. Davoust, D. Calvo, L. Shepard,  I. McDonald.

Venez me dire que j’ai tort ! 😉

2011-11-07T18:20:08+01:00lundi 7 novembre 2011|Actu|13 Commentaires
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