Enfin quitter Lightroom (et c’est pas facile)

Bleeeeeh.

J’en ai marre d’Adobe et de ses pratiques prédatrices avec l’IA, de son abonnement mensuel qui ne cesse d’augmenter, de ses frais de résiliation cachés, de son interface non standard et de plus en plus bordélique. Cela fait des années que j’ai envie de me barrer, mais la dernière augmentation de tarif a fini de m’aiguillonner. Mon usage a aussi évolué : quand j’ai commencé à utiliser Lightroom il y a près de 15 ans, j’avais un « vrai » appareil photo et un smartphone pour le quotidien, rendant la différence entre la « vraie » photo et l’image souvenir très claire, mais cette frontière s’est complètement estompée au fil des ans. Or, je paie déjà pour un abonnement iCloud qui pourrait absorber les quelques 33000 images prises dans Lightroom au fil des ans.

Enfin, la photo est pour moi un loisir qui déborde parfois vers le semi-pro (parce qu’il est arrivé que mes images servent dans des contextes scientifiques), mais avec des exigences bien précises. Je ne fais pas de studio, je fais quasiment exclusivement du paysage et de l’animalier, et de l’animalier bien spécifique, en plus : des bestioles marines. Ce qui entraîne une contrainte de terrain rare (et que j’ai découvert à mes dépens) : on ne veut pas le meilleur objectif qui soit en mer, parce que le meilleur objectif qui soit est lourd comme un rocher, ce qui ne le rend absolument pas maniable dans les fjords islandais. Ça ne sert à rien de pouvoir monter à 400mm quand tu risquer de basculer par-dessus bord en étant déjà à 200 parce que la houle terrasse la classe de nature qui croyait partir pour une excursion sympa (true story). Autant avoir un objectif beaucoup moins bon sur le papier, mais qui fait le tiers du poids, et que tu peux donc manier sans risquer l’hydrocution.

Bref, tout en ayant conscience que j’allais perdre des fonctionnalités et l’écosystème de presets bien pratique que j’ai bâti au fil des ans, il était temps de fédérer tout ça dans Apple Photos, d’explorer les apps de développement d’images compatibles (ON1, Darkroom, Nitro…), de faire la paix avec les manques et de vouer Adobe aux gémonies.

Eh ben, c’est plus facile à dire qu’à faire.

Il existe une solution de transfert de bibliothèques de photos, appelée Avalanche et considérée plutôt standard dans l’industrie, qui permet de migrer en théorie réglages et tout un tas de données crées par Lightroom pour les récupérer dans la solution d’arrivée (Capture One, Luminar, dans mon cas, donc, Apple Photos). Dans les faits, je ne suis pas convaincu du résultat, mais je ne blâme pas Avalanche, je blâme Adobe et sa synchronisation cloud pourrie : même après m’avoir juré ses grands dieux que Lightroom Classic avait tout téléchargé, me balader dans la photothèque conduisait l’app à « découvrir » encore des fichiers à récupérer. En conséquence, toute tentative de conversion avec Avalanche s’est soldée par des fichiers manquants au nombre variable. Lightroom Classic et Lightroom CC ne présentent même pas un nombre d’images identiques, certaines photos sont mystérieusement absentes dans l’un ou l’autre, bref, c’est un foutoir sans nom.

Heureusement, je me suis toujours méfié d’Adobe et je n’ai jamais beaucoup investi dans les métadonnées et le catalogage offert par l’app, donc je n’avais au final pas grand-chose à perdre à tenter un export complet de ma bibliothèque sous forme de fichiers (et tant pis pour la subtilité). Cependant, une fois encore, il a fallu passer par Lightroom Classic et non CC, le premier exportant bien un catalogue contenant les 33386 images promises (mais en plantant en essayant de réaliser des aperçus, on s’en passera), le second en crachant un nombre inférieur de quelques centaines, pour quelle raison ? Who the fuck knows.

Bref : calculette en main et examen des dossiers plus tard, le compte est bon. Sauvegarde finale du catalogue exporté sur le serveur (on ne sait jamais). Résiliation de Lightroom en crachant au passage cinquante balles de frais de résiliation, parce que quand on est une entreprise avec une éthique de merde, on ne va surtout pas s’abstenir de ce genre de pratiques qui n’ont aucun fondement dans la réalité (j’imagine qu’il faut dépêcher un technicien pour débrancher le disque dur qui m’était personnellement attribué au fin fond d’un data center du Minnesota ?).

C’est maintenant à Apple Photos d’ingurgiter 700 Go d’images et de les synchroniser avec iCloud, une mission dont il sait normalement s’acquitter en 2025. Au final : si vous devez suivre le même chemin, et que vous n’avez pas trop à perdre en métadonnées, je crois que le plus sûr c’est

  • D’installer Lightroom Classic
  • D’attendre qu’il sync
  • D’exporter un catalogue contenant toute la bibliothèque.

Et de prendre ce point de départ pour import dans la solution d’arrivée.

2025-10-08T00:24:11+02:00lundi 13 octobre 2025|Geekeries|Commentaires fermés sur Enfin quitter Lightroom (et c’est pas facile)

On est en 2025, iCloud remarche : meilleures pratiques pour Scrivener

L’année dernière, iCloud m’avait fait une petite blagounette : les fichiers modifiés sur un fuseau horaire différent (lors de mon passage en France par rapport à ma base en Australie), avec le MacBook que j’utilise en déplacement, ne se synchronisaient pas sur mon Mac principal (enfin, il a fallu trois semaines). J’ai refait l’expérience en 2025 et : hosanna sur terre et dans les clouds, le service a correctement et rapidement synchronisé mes données ! Si bug il y avait, il semble résolu.

Ce genre de blague est évidemment fâcheux, mais c’est surtout un énorme risque quand on utilise Scrivener. En effet, pour accommoder des projets colossaux sur des machines modestes, il utilise un format de fichiers particulier, les package files, et ces fichiers sont extrêmement sensibles aux algorithmes de synchronisation employés par les services cloud. La règle d’or est : tout projet Scrivener doit être impérativement disponible intégralement en local, ou bien la corruption des données est quasi-certaine. Les développeurs fournissent même une page de précautions à respecter comme les tables de la loi au retour vénère de Moïse.

Le problème central se situe dans les algorithmes supposément intelligents de synchronisation : les services cloud déchargent de votre machine les fichiers moins couramment utilisés pour faire de la place. Or, ils peuvent décharger des fichiers à l’intérieur du projet Scrivener, parfois même alors qu’il est ouvert, conduisant à ce qu’on appelle, en termes techniques précis, un bordel sans nom. Pour cette même raison, il est également crucial d’attendre que la synchronisation d’un projet soit terminée avant de l’ouvrir sur une autre machine.

Il convient donc d’adopter :

Jusqu’à l’année dernière, il était donc impératif de s’assurer que ladite synchronisation intelligente ne soit PAS activée dans les préférences d’iCloud, appelée ici « Optimisation du stockage ». C’était la seule façon de forcer iCloud à toujours conserver les données en local, mais cela impliquait d’avoir un disque interne suffisamment gros (et on sait qu’Apple se rince bien là-dessus), parce qu’iCloud vit obligatoirement sur le disque interne :

Heureusement, depuis les mises à jour 2024 des systèmes (iOS 18 / macOS Sequoia), une nouvelle option est ENFIN disponible. Si l’on laisse iCloud le soin d’optimiser le stockage du Mac, on peut néanmoins forcer le système à conserver dossiers et/ou fichiers en local d’un simple clic-droit, ce qui règle le problème de la taille du stockage :

On prendra donc un soin obsessionnel à conserver tous ses projets Scrivener en local de la sorte (pour faire simple, on pourra conserver tout son dossier « Écriture », où l’on mettra tous ses projets). Pour ma part, j’utilise iCloud avec un GROS projet Scrivener (le projet « Les Dieux sauvages » pèse environ 1,5 Go à l’heure actuelle) et, en suivant toutes les recommandations d’usage, je n’ai eu aucun problème de fonctionnement. iCloud est donc tout à fait utilisable avec Scrivener, et c’est bien beau de râler, il faut aussi dire quand les trucs (re)marchent.

Mais au final, pourquoi utiliser iCloud ? Il existe de bonnes alternatives (j’ai utilisé Filen une bonne partie de l’année 2024). Principalement pour deux raisons : c’est intégré au système, ce qui réduit le nombre de solutions techniques à maintenir ; et mes données sont chiffrées de bout en bout (avec la Protection Avancée des Données, que j’ai adoptée dès sa disponibilité en Australie), ce qui est à mon sens un impératif de nos jours (et ce que Dropbox ne fournit pas).

(J’ai un troisième argument, qui concerne surtout ma situation personnelle, mais c’est le prix : j’utilise la formule Apple One avec le stockage et tous les services fournis comme Music, TV+, Arcade et Fitness+ ; la version australienne me donne en plus Apple News+, soit un abonnement illimité à des tas de magazines comme National Geographic ou Scientific American, et j’en rêvais depuis sa sortie aux US. Le stockage, mon utilisation intensive d’Apple Music, mon utilisation régulière de News+ et mon picorage des autres services rendent l’opération rentable, ce qui revient moins cher que l’abonnement pour chaque service à part. On peut faire le même genre de calcul en France, mais le nombre de services disponibles étant beaucoup plus restreint, cela rend le calcul moins certain.)

2025-08-02T04:02:06+02:00mercredi 6 août 2025|Geekeries, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur On est en 2025, iCloud remarche : meilleures pratiques pour Scrivener

Filen marche (chez moi, en tout cas)

Suite des aventures cloudesques (ou bien clownesques, si tu veux, autocorrect) : après des déconvenues sur iCloud, je m’en allais tester Filen, qui a le bon goût de proposer des plans à vie de taille modeste, mais quand même.

Ça se passe bien ? Eh bien ma foi, plutôt. Surtout depuis la nouvelle version du client qui résout certaines fausses alertes que Filen lançait en manipulant les classeurs Scrivener (lequel a tendance à modifier les fichiers un peu trop vite). Aucun souci de conflit à signaler, et les développeurs sont silencieux, mais travaillent fort. Globalement content du truc : ça fait le boulot sans être intrusif, ce qui est exactement ce qu’on demande.

Deux points cependant à signaler :

  • Le client semble parfois s’emballer et dévorer la RAM au point de faire tomber le système entier. Ça n’est pas un problème sur une journée de boulot, mais je suis forcé d’éteindre mon Mac tous les soirs au lieu de pouvoir le laisser en veille, sinon je le retrouve redémarré un matin sur deux (et je n’aime pas trop ça, ayant un support disque attaché assez sensible pour la prod’ musicale).
  • Un lecteur m’a signalé une expérience très insatisfaisante (performances de l’ordi trop dégradées pour rester utilisable).

En toute honnêteté, je prévois déjà de re-tester iCloud en lui faisant bouffer des fichiers sur un fuseau horaire différent lors de mon prochain passage en France et voir comment il se comporte. Je préfère n’avoir qu’une seule solution de synchro si possible. Et, depuis cette année, iCloud propose ENFIN une forme de synchronisation sélective – il est possible de demander à toujours conserver en local des dossiers ou fichiers d’un clic droit dans le Finder.

Mais si vous cherchez une solution confidentielle, multiplateforme et à un prix très raisonnable, Filen est totalement recommandable de mon point de vue.

2024-12-04T01:03:17+01:00mercredi 4 décembre 2024|Geekeries|Commentaires fermés sur Filen marche (chez moi, en tout cas)

Ça ne vaut pas un Cloud (test rapide des services de synchro en 2024, parce qu’iCloud n’est toujours pas fiable)

Peut-être le karma électronique qui vient frapper à ma porte : à peu près en même temps que je disais du mal de la création dans des apps en ligne, mon service de cloud s’est mis à débloquer dans les grandes largeurs. En gros, le travail effectué sur mon MacBook Pro pendant les deux mois en France demeure invisible à mon Mac Studio à Melbourne : pourtant, les données sont bien disponibles dans le cloud (visibles en ligne). Ce qui est très dangereux quand on utilise Scrivener, car l’application utilise un format de données assez délicat (package files) et des conflits de synchronisation peuvent entraîner des pertes de données. Heureusement, j’ai eu le nez creux et j’ai comparé les dates de modification des fichiers respectifs sur les deux bécanes pour constater que, heu, si, cela faisait plus de deux mois que j’avais touché le projet (quand même), contrairement à ce que pensait ma bécane principale.

Et quel est le service de cloud concerné ? Évidemment, c’est iCloud Drive. Et en plus, le problème fait des petits : je commence à avoir des doublons de dossiers partageant au petit bonheur leurs données entre eux, parce que c’est beaucoup plus rigolo. J’ai bien ordonné à mon Mac de conserver toutes les données sur son disque, mais pourquoi respecter les instructions de l’utilisateur ? J’ai régulièrement des fichiers qui disparaissent dans le cloud malgré mon ordre, parce que fuck me, I guess.

Le support technique d’Apple n’a pas de solution pour moi pour l’instant. Je soupçonne le décalage horaire d’être responsable, mais bon dieu, Dropbox a réglé le problème de la synchronisation voilà quinze ans. Je me servais d’iCloud en raison de son chiffrage de bout en bout et de son intégration directe au système, et pour synchroniser quelques dizaines de milliers de fichiers ou des bases de données , ça va, mais dès qu’on entre dans des gros comptes professionnels (ce qui arrive vite quand on fait de la musique ou du podcast), ça n’est plus possible.

Soyez donc prévenu·es : force est de constater que malgré l’âge d’iCloud Drive, le service, encore et toujours, n’est pas fiable. Si l’on travaille avec Scrivener sans être méfiant·e, c’est jouer avec le feu.

Pourquoi ces barres de progrès quand toutes mes données sont censées être présentes sur le disque ? Et surtout, POURQUOI ELLES N’AVANCENT PAS ?

Pire encore, Apple est en train de forcer les fournisseurs de synchronisation cloud à employer la même API pourrie que la leur, appelée FileProvider, ce qui signifiera qu’on aura les mêmes problèmes qu’iCloud, sans les avantages que fournissent Dropbox et autres (comme la possibilité de stocker son dossier cloud sur un disque dur externe, par exemple). Heureusement, il semble que le processus de migration ait été gelé sur les gros comptes (plus de 300 000 fichiers1) parce que, ô surprise, c’est de la merde les performances apparaissent quelque peu suboptimales.

Quelles alternatives ?

Le stockage de fichiers est littéralement l’infrastructure qui sous-tend tout mon boulot, en particulier Scrivener, donc je peux très difficilement faire l’impasse sur la sécurité de mes données. J’ai passé deux jours à essayer frénétiquement de trouver une solution (merci, Apple) et, dix jours plus tard (!), suite à un plantage de session (!!) il semblerait qu’iCloud se décoince progressivement et que les données arrivent au compte goutte, bien qu’étant réparties entre du local et du distant, bref, c’est le bordel, et moi j’ai besoin que ça marche. C’est pour ça que j’ai un Mac, à la base?

Alors, qu’est-ce qu’on peut utiliser en 2024 (et qui fonctionne avec Scrivener) ?

Dropbox. C’est depuis toujours la solution recommandée par les développeurs de Scrivener, l’intégration aux apps tierces est inégalée (tout fonctionne avec Dropbox), la synchro est fiable et rapide, mais vos données ne sont pas chiffrées de bout en bout2. Et personnellement, en 2024, avec le gavage à grande échelle des LLM contre la volonté de l’utilisateur, ça m’ennuie beaucoup de donner les clés de mes données à mon hébergeur. C’est le vieux dilemme security Vs. convenience : si c’est sûr, ça n’est pas pratique, et si c’est pratique, ça n’est pas sûr. (Google Drive et Box sont exclus d’emblée : ils sont activement déconseillés pour Scrivener. OneDrive est Microsoft, donc exclu aussi.)

Gérer soi-même sa solution de synchro. Avec des solutions comme Resilio Sync, Syncthing ou même OwnCloud / NextCloud : les machines se synchronisent les unes entre les autres sans que ça touche Internet, et si l’on dispose d’un serveur chez soi (c’est mon cas), on peut même l’ajouter dans la boucle et c’est presque comme si on avait son propre Dropbox chiffré accessible de partout. Idéal sur le papier, sauf que mon pauvre Synology peine à suivre avec la quantité de données impliquée, que Syncthing n’a pas d’app iOS et que si je commence à devoir farfouiller avec Docker pour faire fonctionner mon cloud perso, je m’expose au final à proportionnellement autant d’emmerdes qu’avec iCloud. Donc, oui, mais non.

Un fournisseur chiffré de bout en bout. L’idée est d’avoir une application qui colle les fichiers sur le disque et les synchronise sans que le système n’ait son mot à dire, vous savez, comme quand ça marchait, en 2010. Et qui soit chiffré de bout en bout. Et un grand nombre de services existent aujourd’hui sur le marché. J’ai testé pour vous :

  • MEGA. Vous savez, la version de MEGAUpload qui s’est rachetée une conduite et fait maintenant dans l’hébergement cloud. Des recherches ont montré un lourd historique de vulnérabilités, donc au final, non.
  • Internxt. Prix ultra compétitif, mais réputation absolument détestable en ligne, et l’interface web a fait planter mes trois navigateurs, ce qui représente un tour de force, donc pas confiance : non.
  • Tresorit. Hors de prix et trois appareils maximum : il se trouve que j’en ai quatre (deux Macs, iPad, iPhone). Non.
  • Sync.com. Rapide, simple, prix compétitif, mais l’intégration avec l’application Fichiers sous iOS est buggée. Non plus (mais il s’en est fallu de peu).
  • Nordlocker… ah, attendez, y a pas d’appli Mac. Non.
  • Spideroak fait… quoi, de la communication spatiale, maintenant ? S’il y a encore une offre cloud là-dedans, je n’ai pas été foutu de la trouver.
  • ProtonDrive. Cher et pas de vraie intégration dans macOS, ce qui est indispensable pour être tranquille sous Scrivener.
  • pCloud Crypto. Extrêmement compliqué à faire fonctionner nativement sur Mac M1. Non.
  • Icedrive. Pas d’app native Mac, donc non plus.
  • Hetzner storage box. Nécessite autant de configuration qu’une solution autohébergée, donc non.

Le dernier en lice et très inconnu au bataillon est Filen.io, une petite boîte allemande qui propose un service d’excellente qualité, dont la réputation en ligne est impeccable et qui semble réellement faire les choses bien : le genre de petit service qui vit sa vie dans son coin en étant rentable sans acheter des pubs YouTube à tour de main. Pas le plus rapide, mais pas le plus lent non plus, et je n’ai pas réussi à détecter de problème malgré les tests de montée en charge que je lui ai fait subir. La communication de l’entreprise est très transparente, la quasi-totalité est open source, bref le genre de truc qu’on est content de voire exister en 2024.

J’ai été très impressionné par l’intégration iOS, totalement transparente, et en plus, le service propose des offres à vie et permet de synchroniser n’importe quel dossier de son disque au lieu de cantonner ses données dans le classique ~/Dropbox, ce qui n’est pas indispensable mais apprécié (on peut ainsi synchroniser ses documents et sa musique dans des emplacements différents, par exemple).

Je tente prudemment de passer dessous, en faisant des sauvegardes dans tous les coins et en réglant Time Machine sur une fréquence horaire, mais pour l’instant, j’ai envie d’être convaincu. Je compte le tordre méchamment dans les semaines à venir avec mon réel usage, et si je ne suis pas content, vous pouvez compter sur moi pour râler.

Si vous voulez tenter le coup, ce lien de parrainage vous donnera 10 Go gratuits pour tester.

  1. Si ça vous paraît énorme, mon propre dossier Documents, approchant le To, comporte plus de 600 000 fichiers, et je ne compte même pas les photos.
  2. Sauf pour les comptes business de très haut niveau, et donc très chers.
2024-06-19T03:41:34+02:00mardi 18 juin 2024|Geekeries|Commentaires fermés sur Ça ne vaut pas un Cloud (test rapide des services de synchro en 2024, parce qu’iCloud n’est toujours pas fiable)

Les créateurs de Scrivener préparent une nouvelle app minimaliste

Scrivener c’est le bien, c’est le Graal, c’est ce qu’est le sabre laser au blaster (une arme noble pour une époque civilisée) ; ses créateurs ont aussi fait Scapple, qui est vachement cool aussi, alors imaginez-moi tel un lapin sautillant sur place en apprenant qu’ils mijotent un nouveau projet, et qu’en plus c’est une nouvelle app d’écriture.

La page du projet annonce la recherche de bêta testeurs, et vous pouvez imaginer que j’ai entré mon adresse plus vite qu’on ne peut taper TextExpander. En quelques mots, et en complétant de ce que j’ai suivi des défis technologiques rencontrés par les développeurs sur les forums, cette app n’est pas Scrivener 4, c’est une app légère, disponible sur ordi comme sur mobile, qui proposera des fonctionnalités plus basiques : le texte, une vue hiérarchique, et la possibilité de conserver ses notes à côté de son manuscrit, soit les fondamentaux de Scrivener. J’ajouterais : comme Ulysses, mais sans le Markdown (cette app utilisant plutôt l’approche de la feuille de styles).

Ce qui permettra à cette app de se synchroniser ENFIN via iCloud sur mobile. Scrivener en est incapable pour deux raisons : d’une, pendant très longtemps, iCloud ne gérait pas correctement le format de projet employé par Scrivener ; de deux, Scrivener peut gérer des GROS projets (toute la série « Les Dieux sauvages » représente un seul projet de plus d’un 1 Go) et pour cela, le code emploie des tas d’optimisations pour ne pas flinguer la machine sur laquelle il tourne, ce qui est là aussi incompatible avec iCloud, et nécessiterait une réécriture de tout le modèle de données. Le développeur n’exclut pas de le faire un jour, mais là, il est occupé.

Honnêtement, je redoute que cette app ne soit pas assez puissante à mon goût, mais comme j’ai tendance à garder de moins en moins mes notes dans mes projets d’écriture au profit d’un environnement plus adapté à celles-ci, comme Obsidian, je ne serais pas contre bénéficier d’une approche à la Scrivener plus légère sans les désavantages d’Ulysses. Et si la complexité de Scrivener vous a découragé.e et que le Markdown vous hérisse (ne vous cachez pas, je vous vois), c’est peut-être à surveiller.

Parce que, mes amis, je m’inquiète sincèrement pour vous. C’est pour votre bien. Il faut arrêter d’utiliser Word.

➡️ Page de description du projet

2023-11-02T07:38:43+01:00mercredi 8 novembre 2023|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Les créateurs de Scrivener préparent une nouvelle app minimaliste

Procrastination podcast S06e15 – Sauvegarder ses textes

procrastination-logo-texte

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « S06e15 – Sauvegarder ses textes« .

Petit épisode concentré sur de la technique pure, mais conserver son travail – et le récupérer en cas d’accident informatique – peut représenter une question cruciale dans une vie d’écriture. Quelles sont les bonnes pratiques – et comment peut-on demander des coups de pouce simple à son entourage ? Mélanie explique comment elle protège non seulement ses textes, mais les traductions dont elle a la lourde responsabilité ; Lionel présente des règles d’hygiène informatiques simples, notamment la règle dite du « 3-2-1 ». Estelle montre que l’on peut aussi se montrer détendu·e avec cette question, et que le papier, aussi, peut être la forme la plus fondamentale d’archivage.

Références citées

– Brandon Sanderson

– Services de synchronisation cloud : Dropbox (https://dropbox.com), iCloud (https://www.apple.com/icloud/), Google Drive (https://drive.google.com/), Box (https://www.box.com)

– Service de sauvegarde dans le cloud : Backblaze (http://backblaze.com), Carbonite (https://www.carbonite.com), Crashplan (http://crashplan.com)

– Carbon Copy Cloner (https://bombich.com)

– Laurent Kloetzer (qui va peut-être se demander ce qu’il fait là ?)

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2022-05-02T18:31:24+02:00vendredi 15 avril 2022|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast S06e15 – Sauvegarder ses textes

Aeon Timeline v3 est disponible, et ça a l’air assez génial

Aeon Timeline, application recommandée pour gérer des frises chronologiques, vient de sortir sa version 3, et les changements paraissent d’envergure. La v2 du logiciel laissait affleurer la base de données sous-jacente (une chronologie n’est jamais qu’une base de données ordonnée selon le temps), mais cette v3 semble d’être approfondie en système relationnel complexe, permettant de visualiser ses informations de manière extrêmement poussée et inventive. Et le logiciel se synchronise apparemment de façon transparente à Scrivener, dans les deux sens en plus.

Ce que je trouve très alléchant, c’est que cette approche permet comme toujours de construire non seulement la chronologie des événements d’un récit, mais qu’elle semble permettre de planifier carrément celui-ci dans l’application, du chapitre jusqu’à, peut-être, le temps de la scène.

Aeon Timeline est un logiciel simple à prendre en main (n’importe qui peut faire une chronologie avec) mais dont la puissance nécessite un investissement certain (pour prendre en main ce moteur sous-jacent de base de données et le plier à ses besoins). J’avoue que cela fait une éternité que je veux réaliser cet investissement, mais… le temps et les bouquins à rendre, vous voyez ? Mais là, cette nouvelle version semble offrir ce qu’on n’avait pas forcément demandé, mais qu’il serait drôlement cool d’avoir : d’outil spécialisé dans un rôle bien précis, Aeon Timeline est peut-être devenu un outil surpuissant dans un domaine où on ne l’attendait pas, et qui, en plus, se trouve faire des frises chronologiques en passant.

➡️ Le site d’Aeon Timeline (disponible sur Mac, Windows et iOS avec un achat unique pour un an de mises à jour).

2021-10-03T17:36:32+02:00jeudi 7 octobre 2021|Geekeries, Technique d'écriture|16 Commentaires

TextExpander n’est plus recommandé dans la boîte à outils de l’écrivain

Quand j’ai commencé à construire (prudemment) la boîte à outils de l’écrivain, je me suis toujours fixé pour règle de ne jamais recommander, effectivement, que les outils que j’utilise, parce que c’est quand même tout le but, hein. Et ce, c’est important, que je puisse ou non toucher une petite commission sur les recommandations pour aider à faire tourner la boutique. (Toutes les entreprises n’ont pas de programme d’affiliation, mais ce n’est pas comme ça que je choisis, je choisis ce qui m’aide à faire mon boulot.)

Certaines applications sont déjà sorties (Evernote) voire re-rentrées (Evernote) pour ressortir rapidement (Evernote), et aujourd’hui, à mon grand dam, je dégage TextExpander.

Cela ne veut pas dire que je n’utilise plus d’expansion de texte ; c’est une part critique de ma productivité et je suis passé sur un autre outil dont je parlerai très vite (et où l’on peut importer sa base TextExpander de façon quasi-transparente). Cela veut dire que, brutalement, Smile (les développeurs de TextExpander) a rompu la promesse faite aux utilisateurs, et que l’abonnement ne vaut plus le coup.

TextExpander a été une des premières applications à passer à l’abonnement, après avoir longtemps été un achat unique. Le raisonnement était : nous offrons maintenant une synchro par notre cloud (… même si synchroniser quelques bouts de texte ne doit pas coûter bien cher, et que cela peut se faire par des fournisseurs classiques type Dropbox ou iCloud, mais bon). Mais surtout, cela nous permettra de travailler plus intensément sur l’application, de proposer des mises à jour plus fréquentes, et de l’améliorer constamment !

Quelques années plus tard, TextExpander ne propose à peu près rien de notable en plus, si ce n’est une interface vaguement mise à jour (meh), et en plus, la performance n’est pas au rendez-vous. L’atout unique de TE est d’être la seule solution d’expansion de texte qui fonctionne avec un clavier externe sous iOS / iPadOS à condition que les applications intègrent la solution de Smile, mais au fil des ans, leur nombre a décru constamment et Smile ne semble pas motivé pour contrecarrer cet effritement.

TextExpander ne justifie pas son abonnement.

Trois caveats cependant qui peuvent vous donner envie de garder le vôtre :

  • Si vous utilisez Windows ET macOS ET iOS, c’est la seule solution qui se synchronise sur les trois plate-formes. (Si vous n’utilisez que Windows et macOS, on m’a recommandé aText, que je n’ai cependant pas essayé, donc à vous de voir.)
  • Si vous utilisez beaucoup iOS / iPadOS avec les applications les plus professionnelles de la plate-forme (Drafts, Fantastical, OmniFocus, et notamment Ulysses pour l’écriture), vous n’avez, donc, que TE pour vous aider (mais franchement, Smile profite un peu de sa position de monopole à mon goût).
  • Si vous utilisez les fonctionnalités de collaboration de TextExpander (en équipe, donc).

Autrement, il y a des solutions plus rapides et beaucoup moins chères sous Mac, donc une que j’ai choisie et dont je parlerai sous peu.

2021-05-12T10:08:49+02:00jeudi 13 mai 2021|Technique d'écriture|5 Commentaires

La synchro cloud de Scrivener un peu cassée sous iOS

Après en avoir chanté les louanges pendant plusieurs années, je vais devoir pour la première fois râler – et te mettre en garde, auguste lectorat : la synchronisation de la version iOS de l’application avec Dropbox est quelque peu dysfonctionnelle en ce moment, pour les machines passées sous iOS 13. Seul un petit nombre d’utilisateurs est touché mais j’en fais partie, et je ne vais pas risquer mon presque-gigaoctet-et-années-de-travail que représente le projet entier de « Les Dieux sauvages » dans les méandres d’un cloud un peu bancal, du coup je fais actuellement sans les versions mobiles de l’application, ce à quoi je peux survivre, mais ça peut être gênant pour certain.es.

Ce qui est décevant en revanche est l’attitude peu concernée du support technique (malgré un fil de forum de 24 pages), qui blâme Apple et/ou Dropbox (ce qui est fort possible) mais, surtout, reconnaît à peine le problème et propose des solutions de contournement hyper alambiquées sans admettre que, eh bien, l’approche historique de Scrivener commence probablement à empêcher l’existence d’une synchronisation moderne (soit : transparente) sur terminaux mobiles. Refondre l’application pour se conformer à ce standard serait un chantier gigantesque, une réécriture de fond qui bloquerait le développement pendant peut-être six mois, c’est une réalité, cependant je doute que les utilisateurs acceptent encore bien longtemps de devoir sauter dans des cerceaux pour bénéficier de l’ubiquité des données que l’on considère aujourd’hui pour acquise. Surtout quand la concurrence principale le fait très bien.

Bref, pour la première fois, ma confiance dans ce vénérable logiciel est entachée. Je continuerai à m’en servir au moins jusqu’à la fin de L’Héritage de l’Empire, voire de « Les Dieux sauvages », mais je lorgne de plus en plus vers Ulysses, son concurrent direct. Lequel propose une approche radicalement différente et épurée (voir le comparatif ici).

Si jamais j’effectue la transition, je risque d’être un peu embêté pour proposer une recommandation d’outil : je continue à penser que Scrivener reste la meilleure application (et la plus simple d’emploi parmi les vrais studios d’écriture puissants…). On peut recréer presque toutes ses fonctions avec Ulysses, mais cela nécessite l’apprentissage d’une syntaxe qui fera fuir le monde entier, si j’en juge déjà par la résistance à Scrivener, pourtant très graphique et pas si dur à prendre en main. Que faire ? Eh bien, je risque de me retrouver, en une rare situation de Normand, à recommander les deux.

Bref, encore une raison de plus d’attendre, même dans le monde Apple, pour les mises à jour. Il semble que la compagnie se soit rendue compte de ses récents errements logiciels et ait réorganisé son processus de test pour mieux peaufiner les versions 2020 de ses OS. Y a intérêt.

2020-01-08T07:57:41+01:00mardi 14 janvier 2020|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur La synchro cloud de Scrivener un peu cassée sous iOS

Scrivener sur iOS : on vit quand même une époque chouette

Scrivener, c’est le pape des logiciels d’écriture, le (Lionel) messie systématiquement recommandé outre-Atlantique qui a changé la vie de plus d’un auteur, y compris ton humble serviteur, auguste lectorat ; si j’arrive à écrire « Les Dieux sauvages » à la vitesse où je le fais, c’est en grande partie parce que Scrivener me donne une vision de haut niveau sur mon travail et mes intentions, ce que je n’aurais pas en déroulant mon récit dans les tranchées de Microsoft Word. Si tu traînes depuis longtemps dans ce lieu de perdition, tu sais le bien que j’en pense, mais je n’ai pas parlé d’une de ses déclinaisons encore plus magique : son existence mobile, sur iOS (iPhone et iPad).

Pour faire simple, si, des années plus tôt, l’existence de Scrivener sur Mac uniquement valait pour beaucoup d’auteurs une fidélité inconditionnelle à la plate-forme d’Apple, à nouveau, son exclusivité actuelle au système mobile de celle-ci1 représente à mon sens pour un auteur un fort argument pour l’adoption de l’écosystème (et pas seulement pour aller frimer au Starbucks).

Scrivener sur iOS est, pour le dire simplement, un tour de force. J’avais quelques méfiances au début car la synchronisation avec le nuage ne me semblait pas fonctionner correctement mais les bugs ont été lissés depuis longtemps et je m’en sers aujourd’hui sans méfiance aucune sur l’ensemble de « Les Dieux sauvages » – soit un projet pesant un demi-Go à vue de nez. Et ce, sur mon téléphone et mon iPad, de manière transparente dès lors que j’ai eu une goutte de réseau à un moment pour faire une synchronisation (laquelle prend une ou deux minutes au maximum). Il y a quelque chose de vraiment magique, je trouve, à pouvoir sortir son terminal ultra-léger et retrouver l’ensemble de son épaisse série, sans avoir besoin de démarrer un ordinateur (même un petit MacBook léger) et d’avoir la place de le poser.

Scrivener sur iOS est un portage quasiment identique de la version bureau – et c’est ça qui est vraiment fort. L’interface a vraiment été pensée pour un terminal mobile et il est étonnamment facile de se déplacer dans un projet complexe, de naviguer dans ses notes, et bien sûr d’écrire – le cloisonnement entre apps sous iOS se prête particulièrement bien à l’écriture sans distraction. Ajoutez à cela l’existence d’Antidote sous iOS également et un iPad, même un iPhone, devient un véritable studio d’écriture professionnel disponible à tout moment. J’ai expliqué que je touche mon manuscrit tous les jours – il m’est arrivé, lors d’un festival particulièrement intense, de le faire dans un trajet d’ascenseur, qui m’a suffi à noter une phrase : l’objectif que je m’étais fixé était rempli. Pour ce qui est des outils, je trouve que c’est quand même une époque de rêve pour être auteur.

C’est simple, la seule fonctionnalité que j’emploie beaucoup de la version de bureau qui me manque est les instantanés (snapshots) – je n’ai rien vu d’autre qui manque réellement à l’appel. Bien sûr, le support de TextExpander me manque aussi, et le Smart Keyboard de l’iPad Pro ne vaut pas un bon clavier de bureau (ni même celui des nouveaux MacBook Pro, faisant partie des rares cinglés à adorer ce clavier), on ne peut pas avoir deux documents côte à côte mais Literature and Latte – les éditeurs – ont pris beaucoup de temps pour sortir cette version et on peut être certain qu’ils suivront l’application et continueront à la développer. Surtout avec la sortie récente de Scrivener 3, que je n’ai honnêtement pas encore eu le temps de fouiller en profondeur.

Bref, si vous avez un mode de vie un peu mobile (et par là, j’entends plus de 30 minutes de transports quotidiens ou des déplacements réguliers), un terminal iOS et la volonté de rentabiliser ce temps potentiellement perdu, je pense que cette version peut déverrouiller la créativité et des fenêtres d’écriture au moment où l’envie frappe. Et si vous êtes un auteur assidu qui passez votre temps en déplacement ou entre plusieurs sites, cela peut totalement valoir le coup de s’acheter un iPad (on peut synchroniser les projets entre iOS, Windows et macOS) pour écrire avec un maximum de liberté.

De manière générale, si l’envie d’acheter cet outil (ou l’un des autres présentés sur ce site) vous vient, n’oubliez pas de passer par les liens proposés ici – vous contribuez à financer le temps passé à rédiger ces articles gratuitement. Merci ! 

  1. Il existe toutefois des moyens de synchroniser Scrivener avec Android.
2019-06-04T20:21:15+02:00mardi 30 janvier 2018|Best Of, Technique d'écriture|1 Commentaire
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