L’obligation fantôme (et Current Reader)

Getting Things Done a révolutionné la productivité personnelle mais, comme à peu près tout en notre ère de standardisation, le concept de boîte de réception / triage / tâche à accomplir a débordé du domaine professionnel pour envahir tous les domaines de l’existence, des emails (inbox zero!) au doomscrolling des réseaux, en passant par la liste de lecture Netflix.

You know who you are.

Partout, les informations arrivent, s’entassent, et parce qu’on dispose de la possibilité et de la méthode pour les traiter, on imagine que le temps est extensible et qu’on peut tout gérer. Ce qui est évidemment illusoire, et génère une « obligation fantôme » (phantom obligation) dans les excellents mots de Terry Godier, à travers un article qui a circulé assez largement.

Partout, les notifications et les badges rouges accaparent (et monétisent) l’attention, générant une culpabilité radioactive de fond qui n’a pas lieu d’être : oui, vérifier vos mails professionnels et les suivre est important, mais pas autant que vos flux sociaux ni que les articles mis de côté pour le plaisir. Qui se dit : « il faut que j’arrive à bibliothèque zéro » ?

Il convient, avance Godier, de questionner les paradigmes des interfaces de nos applications ; un lecteur de flux doit-il vraiment ressembler à une application d’emails? Non. Et puisque les flux RSS, c’est le bien, il est l’auteur d’une application de lecture résolument différente, Current Reader, qui traite les articles non pas comme une liste de choses à faire, mais comme une rivière de contenu où les actualités, les essais et les opinions passent et se dépassent, et où il s’agit de lire pour le plaisir de lire et non pour l’obligation fantôme de réduire la pile à zéro, tout ça pour la voir remonter dans l’heure qui suit, supplice de Sisyphe moderne. Current ne présente, et c’est un choix, aucun compteur.

Hades to Sisyphus landing in Tartarus: FEAR AND LEARN THY PUNISHMENT, MORTAL! Here thou go. That's an iPhone. Sisyphus: Oh… Okay. That's… cool, I guess? Hadès: Thou shalt reach inbox zeroSisyphus: NOOOOOO

𝙻𝚒𝚘𝚗𝚎𝚕 𝙳𝚊𝚟𝚘𝚞𝚜𝚝 / Wildphinn (@lioneldavoust.com) 2026-04-07T05:12:21.211Z

De manière annexe, une lecture vivement recommandée : The Last Days of Social Media, qui expose en détail comment les réseaux que nous avons connu dans les années 2010 sont morts (ou agonisent) et que nous sommes déjà passé·es à autre chose, et que nous avons besoin d’autre chose.

2026-04-07T07:21:35+02:00mardi 7 avril 2026|Geekeries, Humeurs aqueuses|0 commentaire

Typinator passe en v10, avec une app iOS et un abonnement encore évitable

Vite fait : Typinator est mon app de choix pour l’expansion de texte, et à présent, l’app offre un compagnon iOS qui donne accès à ses abréviations sur iPhone et iPad. Ça n’est hélas pas aussi élégant que le vieux kit propriétaire de TextExpander qui permettait d’associer dans les apps qui le supportaient la correction automatique du clavier système à l’expansion de texte (mais aucune solution, y compris celles de TextExpander elles-mêmes, n’arrivent encore à rivaliser avec cette implémentation hélas abandonnée depuis).

L’app de Typinator permet cependant d’accéder à ses macros sur son iPhone, ce qui peut être très pratique pour les messages-type, les macros basées sur des dates (genre Zettelkasten UID), les titres décidément trop longs (n’est-ce pas, « Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse »). À l’occasion, Typinator propose une formule à l’abonnement et y pousse gentiment ses clients (l’app iOS n’est ainsi pas disponible à l’achat unique). Cependant, l’achat unique reste disponible sur Mac, là où c’est quand même le principal.

Et s’il vous prend l’envie d’essayer la concurrence, j’ai vite fait testé Rocket Typist disponible via Setapp, mais immédiatement, des bugs ou des imperfections dans l’expansion de texte me sont apparues. Typinator reste la solution la plus fiable et rapide sous Mac que j’ai testée, et j’ai donc accepté le coût de la mise à jour à la v10, pour un outil qui est absolument vital à mon usage d’un ordinateur aujourd’hui, sans même parler de l’écriture.

De manière générale, si l’envie d’acheter cet outil (ou l’un des autres présentés sur ce site) vous vient, n’oubliez pas de passer par les liens proposés ici – vous contribuez à financer le temps passé à rédiger ces articles gratuitement. Merci ! (Comme toujours, liens affiliés.)

2026-03-12T05:13:46+01:00jeudi 12 mars 2026|Geekeries|2 Commentaires

Trop de newsletters ? Déportez-les dans votre lecteur de flux RSS

À un moment, il faut constater qu’on a un problème.

Heureusement, mon client de mail actuel (Spark) me permet de trier et isoler automatiquement ces deux catégories de messages, laissant ma boîte de réception relativement lisible (même si mon retard de correspondance remonte à peu près au Carbonifère, toujours avec mes plates excuses). Mais bon, clairement, il y a quelque chose de pourri au royaume de Melbourne. Les newsletters sont un moyen fantastique de rester en lien avec les initiatives qu’on veut suivre (j’en ai une super d’ailleurs, abonnez-vous !), mais beaucoup tiennent un peu, au final, du flux RSS, de la mise à jour qu’on pourrait déporter dans son lecteur de flux (reprenez le contrôle de votre information avec un lecteur de flux si ça n’est pas déjà fait).

Faisons-le donc, faites-le donc (sauf ma newsletter bien entendu, qui ne vous noiera pas : une lettre par mois). Il y a plusieurs façons de faire :

Déjà, la plupart des plate-formes type Substack possèdent des adresses RSS. Pas besoin de noyer votre email sous les lettres d’infos que vous aimez : tout lecteur de flux digne de ce nom détectera le flux correspondant à ces services, qui ressemblera par exemple à quelque chose du genre siegheil.substack.com/rss , parce que vous saviez que Substack a un énorme problème de nazis et que le principe d’une newsletter c’est quand même de rester indépendant·e, donc POURQUOI mettre sa newsletter sur Substack au lieu de parler directement aux gens ? Ahem, pardon, ça n’est peut-être pas ce que vous m’avez demandé. Mais quand même. Substack. Nazis. Plateforme de merde.

Ensuite, pour toutes les newsletters du type « entre ton email pour recevoir 10% sur ta commande et suivre cette chouette boutique », on a globalement deux solutions.

Un service d’agrégation payant. Pour mémoire, la lecture de flux RSS s’articule souvent autour de deux volets : le service d’agrégation (qui va collationner vos abonnements) et l’application de lecture (les services d’agrégation en proposent tous une, or elle est en général pas terrible, donc un·e esthète préférera une application native compatible avec son agrégateur, comme Reeder, ReadKit, Fiery Feeds etc.). Or, en 2025, tous les services d’agrégation dignes de ce nom (a fortiori dans leurs formules payantes) vous fournissent une ou plusieurs adresses mail personnelles (pour correspondre à des thèmes distincts) dans le but de vous abonner à des newsletters. J’ai rapidement regardé, Feedly, Inoreader, Bazqux, Feedbin proposent cette fonctionnalité : abonnez-vous avec l’adresse fournie, et la lettre d’info apparaîtra comme n’importe quel autre flux dans votre lecteur, vous permettant de la classer par exemple dans « Shopping », « Veille technologique » ou « Meilleures manières de cogner des nazis ».

Kill the Newsletter (gratuit). KtN est un service vaillamment maintenu depuis des années par Leandro Fachinetti et qui permet de convertir gratuitement une newsletter en flux RSS. Entrez le nom du flux souhaité, KtN vous fournit une adresse mail à utiliser pour votre abonnement et un adresse de flux RSS correspondant. Un peu plus lourd à employer, mais fonctionne très bien et surtout ne coûte rien (même si Leandro accepte les dons et qu’ils sont vivement recommandés pour maintenir le service).

Un mot sur la rétention. Le but d’un service RSS n’est pas de réaliser une archive éternelle de tout le contenu diffusé sur Internet, donc ils comportent tous un délai de rétention : ils ne conservent que les quelques dernières semaines, ou mois, d’articles publiés. Si vous ne lisez pas vos newsletters mais que vous souhaitez pouvoir les rattraper dans un hypothétique jour futur situé quelques décennies plus tard, cette façon de procéder ne fonctionnera pas, les agrégateurs payants comme KtN ont une politique de rétention de quelques semaines au maximum. Mais est-ce un problème pour du contenu transitoire ? Si vous êtes un·e grand·e malade comme moi et que oui, vous vous jurez de lire un jour ce flux RSS âgé de neuf ans qui n’a plus rien publié depuis, il faut vous abonner effectivement avec votre adresse email, ou bien utiliser un lecteur RSS qui emploie votre espace de stockage et pas celui de l’agrégateur (typiquement iCloud). Pour ma part, en ce moment, c’est News Explorer (mais ça pourrait être Reeder avec iCloud ou NetNewsWire).

2025-12-08T00:22:58+01:00mercredi 10 décembre 2025|Geekeries|Commentaires fermés sur Trop de newsletters ? Déportez-les dans votre lecteur de flux RSS

Enfin quitter Lightroom (et c’est pas facile)

Bleeeeeh.

J’en ai marre d’Adobe et de ses pratiques prédatrices avec l’IA, de son abonnement mensuel qui ne cesse d’augmenter, de ses frais de résiliation cachés, de son interface non standard et de plus en plus bordélique. Cela fait des années que j’ai envie de me barrer, mais la dernière augmentation de tarif a fini de m’aiguillonner. Mon usage a aussi évolué : quand j’ai commencé à utiliser Lightroom il y a près de 15 ans, j’avais un « vrai » appareil photo et un smartphone pour le quotidien, rendant la différence entre la « vraie » photo et l’image souvenir très claire, mais cette frontière s’est complètement estompée au fil des ans. Or, je paie déjà pour un abonnement iCloud qui pourrait absorber les quelques 33000 images prises dans Lightroom au fil des ans.

Enfin, la photo est pour moi un loisir qui déborde parfois vers le semi-pro (parce qu’il est arrivé que mes images servent dans des contextes scientifiques), mais avec des exigences bien précises. Je ne fais pas de studio, je fais quasiment exclusivement du paysage et de l’animalier, et de l’animalier bien spécifique, en plus : des bestioles marines. Ce qui entraîne une contrainte de terrain rare (et que j’ai découvert à mes dépens) : on ne veut pas le meilleur objectif qui soit en mer, parce que le meilleur objectif qui soit est lourd comme un rocher, ce qui ne le rend absolument pas maniable dans les fjords islandais. Ça ne sert à rien de pouvoir monter à 400mm quand tu risquer de basculer par-dessus bord en étant déjà à 200 parce que la houle terrasse la classe de nature qui croyait partir pour une excursion sympa (true story). Autant avoir un objectif beaucoup moins bon sur le papier, mais qui fait le tiers du poids, et que tu peux donc manier sans risquer l’hydrocution.

Bref, tout en ayant conscience que j’allais perdre des fonctionnalités et l’écosystème de presets bien pratique que j’ai bâti au fil des ans, il était temps de fédérer tout ça dans Apple Photos, d’explorer les apps de développement d’images compatibles (ON1, Darkroom, Nitro…), de faire la paix avec les manques et de vouer Adobe aux gémonies.

Eh ben, c’est plus facile à dire qu’à faire.

Il existe une solution de transfert de bibliothèques de photos, appelée Avalanche et considérée plutôt standard dans l’industrie, qui permet de migrer en théorie réglages et tout un tas de données crées par Lightroom pour les récupérer dans la solution d’arrivée (Capture One, Luminar, dans mon cas, donc, Apple Photos). Dans les faits, je ne suis pas convaincu du résultat, mais je ne blâme pas Avalanche, je blâme Adobe et sa synchronisation cloud pourrie : même après m’avoir juré ses grands dieux que Lightroom Classic avait tout téléchargé, me balader dans la photothèque conduisait l’app à « découvrir » encore des fichiers à récupérer. En conséquence, toute tentative de conversion avec Avalanche s’est soldée par des fichiers manquants au nombre variable. Lightroom Classic et Lightroom CC ne présentent même pas un nombre d’images identiques, certaines photos sont mystérieusement absentes dans l’un ou l’autre, bref, c’est un foutoir sans nom.

Heureusement, je me suis toujours méfié d’Adobe et je n’ai jamais beaucoup investi dans les métadonnées et le catalogage offert par l’app, donc je n’avais au final pas grand-chose à perdre à tenter un export complet de ma bibliothèque sous forme de fichiers (et tant pis pour la subtilité). Cependant, une fois encore, il a fallu passer par Lightroom Classic et non CC, le premier exportant bien un catalogue contenant les 33386 images promises (mais en plantant en essayant de réaliser des aperçus, on s’en passera), le second en crachant un nombre inférieur de quelques centaines, pour quelle raison ? Who the fuck knows.

Bref : calculette en main et examen des dossiers plus tard, le compte est bon. Sauvegarde finale du catalogue exporté sur le serveur (on ne sait jamais). Résiliation de Lightroom en crachant au passage cinquante balles de frais de résiliation, parce que quand on est une entreprise avec une éthique de merde, on ne va surtout pas s’abstenir de ce genre de pratiques qui n’ont aucun fondement dans la réalité (j’imagine qu’il faut dépêcher un technicien pour débrancher le disque dur qui m’était personnellement attribué au fin fond d’un data center du Minnesota ?).

C’est maintenant à Apple Photos d’ingurgiter 700 Go d’images et de les synchroniser avec iCloud, une mission dont il sait normalement s’acquitter en 2025. Au final : si vous devez suivre le même chemin, et que vous n’avez pas trop à perdre en métadonnées, je crois que le plus sûr c’est

  • D’installer Lightroom Classic
  • D’attendre qu’il sync
  • D’exporter un catalogue contenant toute la bibliothèque.

Et de prendre ce point de départ pour import dans la solution d’arrivée.

2025-10-08T00:24:11+02:00lundi 13 octobre 2025|Geekeries|Commentaires fermés sur Enfin quitter Lightroom (et c’est pas facile)

Sublime, une app de capture plutôt que de notes

Toujours à la recherche de l’app qui fait tout bien (ça n’existe pas, on s’en reparle), j’ai testé il y a quelque temps Sublime, un outil qui a un peu attiré l’attention.

Ceci ne sera pas un test détaillé, car je ne suis pas convaincu. En son cœur, Sublime est un outil de capture pour canaliser tout ce qui inspire : image, bout de texte, site web. Ensuite, des algorithmes vous mettent ça en réseau d’eux-même pour nourrir l’inspiration et vous présenter votre contenu en réseau. L’idée de Sublime est de réaliser une app simple, agréable d’emploi, aux antipodes d’Obsidian et de sa ribambelle de plugins : 1. capturer 2. there’s no step 2.

Je peine un peu à voir la finalité – il me semble qu’on peut recréer un outil de capture aussi puissant assez simplement avec Evernote, Bear ou même Readwise ; et philosophiquement, je crois qu’il existe bel et bien un piège de la collection (Collector’s Fallacy) . Ma propre expérience est que j’ai toujours beaucoup mieux appris et retenu ce dans quoi je m’impliquais activement, qu’il s’agisse d’un texte ou d’une expérience de vie. Je préfère établir mes liens moi-même plutôt que d’avoir une app qui les fait à ma place ; il me semble que c’est la moitié du sens qu’on attribue aux choses.

Je ne suis donc pas le public pour Sublime, et je crois que l’écriture se nourrit davantage d’implication active et profonde dans ses sujets, ses personnages et ses thèmes. Mais si ce que j’en dis vous fait précisément bondir sur votre chaise en vous écriant : « MEWI, c’est exactement ce qu’il me faut », alors faites-vous plaisir :

➡️ Sublime.app

2025-10-06T06:19:29+02:00lundi 6 octobre 2025|Geekeries|Commentaires fermés sur Sublime, une app de capture plutôt que de notes

Désactiver l’IA dans votre site WordPress

L’IA c’est tabou, on en viendra tous à bout. J’ai fini par me retrousser les manches pour virer cette saloperie qui est arrivée il y a (trop) longtemps dans l’administration de mon site, c’est assez simple :

  • Télécharger le plugin Code Snippets, qui permet d’injecter de petits extraits de code dans son installation pour la modifier ponctuellement
  • Créer un extrait comportant simplement cette ligne :

add_filter( 'jetpack_ai_enabled', '__return_false' );

Adios!

2025-09-10T00:57:21+02:00jeudi 11 septembre 2025|Geekeries|Commentaires fermés sur Désactiver l’IA dans votre site WordPress

J’ai enfin trouvé le protège écran pour iPad qui simule à peu près le toucher d’un stylo (Rock Paper Pencil v3)

Que la vie est difficile : la tablette reMarkable offre un confort d’écriture à la limite du sensuel (la texture de ce stylet ! la manière dont la mine se plie juste ce qu’il faut ! ce chuintement à l’écriture !) mais l’aspect fermé de la machine et son abonnement annuel m’ont toujours empêché d’accrocher ; l’iPad offre une interface réactive, se transforme en plein d’autres trucs, mais écrire avec le Pencil… on a vu mieux. Où est le meilleur des deux mondes ! Où se trouve mon iPad à encre électronique couleur ? (Réponse : dans mes rêves)

J’aimais l’iVisor Moshi (mais il ne se fait plus), j’ai testé le Paperlike tant vanté (c’est pourri), j’ai vécu un peu avec des protège écran de marques obscures mais fortement recommandées sur les forums d’artistes dont même un truc japonais chelou que j’ai réussi à faire venir sans me ruiner (proximité géographique oblige), et puis allez, ALLEZ, j’ai fini par acheter un autre truc très hypé, le Rock Paper Pencil dans sa version 3. Je me suis dit, bon, si c’est la v3, c’est probablement que c’est devenu mieux, hein ?

J’ai résisté jusqu’ici parce que le truc exige de changer la mine du Pencil, ce qui est trivial (elle se dévisse d’elle-même parfois, alors hein haha), mais me pose un problème eschatologique : toute compagnie qui prétend savoir mieux qu’Apple quoi mettre sur son matos m’inspire la méfiance. Mais bon, essayons, hein. Parce que si c’est bien, les notes et réflexions prises avec engendreront à coup sûr un livre au moins 32,7% meilleur. N’EST-CE PAS INDISPENSABLE

À côté de ça, le RPP présente un énorme avantage par rapport à ses confrères : il est rigide, amovible, et ne nécessite pas une salle blanche et un scaphandre matériaux dangereux pour l’appliquer sans se retrouver avec une foutue bulle d’air coincée quelque part. On nettoie vaguement son écran, on centre le truc, et hop, par la magie de l’électrostatisme ou je ne sais secret infusé à la nanotech, le truc tient en place. (On peut aussi l’enlever, le rajuster, le remettre sans problème aucun.)

Au niveau des aspects qui fâchent, en conséquence, le truc (comment l’appeler autrement ? « Surface polymérisée de protection optimisée pour la rédaction manuelle numérique ? SPPORMN ? Okay) flotte très légèrement au-dessus de l’écran, mais on l’oublie très vite. En revanche, pour pouvoir donner cette expérience d’écriture et d’installation, la SPPORMN devient assez vite un peu dégueu, un peu terne, mais c’est le cas de tous ces genres d’objets, et puis ça donne un côté vieilles charentaises défoncées que vous savez devoir jeter mais, aaaah, qu’on est bien dedans, et puis c’est les nôtres. (Fun fact : l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont inventé les UGG Boots, qui sont aux charentaises ce qu’une Jaguar est à une Twingo : des chaussons montants doublés de mouton dont le confort est tel qu’on ne peut plus imaginer jamais porter des espadrilles de sa vie, dans lesquelles, c’est connu, on l’air d’un con – mais en moins cher qu’une Jaguar.)

Okay, tout ça c’est beau, mais qu’en est-il de l’expérience d’écriture avec la pointe spéciale, là ?

La pointe spéciale, là

On raconte sur Internet que cela mime le toucher d’un Bic (ce qui ne fait pas super envie, franchement) et la première expériences est… bizarre. Il faut que le protection d’écran se « fasse » un peu à force d’écriture forcenée d’idées géniales ; après plusieurs semaines d’utilisation, l’aspect râpeux originel de la SPPORMN s’érode pour laisser tout juste un peu de friction, sur laquelle le Pencil glisse alors. On se rapproche plutôt à ce moment de l’expérience d’écriture d’un feutre à pointe fine, à condition (et ça sera sans doute la moitié de l’expérience) de bien configurer son app de prise de notes, en n’hésitant pas le cas échéant à grossir un peu la pointe virtuelle (4,5 mm dans mon cas). Et alors, ça devient vraiment sympa : je crois qu’il est impossible de répliquer l’expérience parfaite d’une reMarkable, mais on arrive à quelque chose de vraiment agréable, avec le bénéfice de, eh bien, ne pas avoir une reMarkable pour tout le reste de l’expérience utilisateur.

Donc, c’est validé. Ça n’est pas fantastique, quoique vous disent les reviews YouTube hypées avec ces vignettes dont les vidéastes semblent être tombés dans des camions de MDMA, mais c’est la meilleure solution que j’ai trouvée, je la garde, et j’en rachèterai sans doute une quand celle-ci tombera en lambeaux zébrés par mon écriture furieuse. Ce qui est probablement le meilleur juge de paix.

2025-08-06T09:46:26+02:00mercredi 20 août 2025|Geekeries|Commentaires fermés sur J’ai enfin trouvé le protège écran pour iPad qui simule à peu près le toucher d’un stylo (Rock Paper Pencil v3)

On est en 2025, iCloud remarche : meilleures pratiques pour Scrivener

L’année dernière, iCloud m’avait fait une petite blagounette : les fichiers modifiés sur un fuseau horaire différent (lors de mon passage en France par rapport à ma base en Australie), avec le MacBook que j’utilise en déplacement, ne se synchronisaient pas sur mon Mac principal (enfin, il a fallu trois semaines). J’ai refait l’expérience en 2025 et : hosanna sur terre et dans les clouds, le service a correctement et rapidement synchronisé mes données ! Si bug il y avait, il semble résolu.

Ce genre de blague est évidemment fâcheux, mais c’est surtout un énorme risque quand on utilise Scrivener. En effet, pour accommoder des projets colossaux sur des machines modestes, il utilise un format de fichiers particulier, les package files, et ces fichiers sont extrêmement sensibles aux algorithmes de synchronisation employés par les services cloud. La règle d’or est : tout projet Scrivener doit être impérativement disponible intégralement en local, ou bien la corruption des données est quasi-certaine. Les développeurs fournissent même une page de précautions à respecter comme les tables de la loi au retour vénère de Moïse.

Le problème central se situe dans les algorithmes supposément intelligents de synchronisation : les services cloud déchargent de votre machine les fichiers moins couramment utilisés pour faire de la place. Or, ils peuvent décharger des fichiers à l’intérieur du projet Scrivener, parfois même alors qu’il est ouvert, conduisant à ce qu’on appelle, en termes techniques précis, un bordel sans nom. Pour cette même raison, il est également crucial d’attendre que la synchronisation d’un projet soit terminée avant de l’ouvrir sur une autre machine.

Il convient donc d’adopter :

Jusqu’à l’année dernière, il était donc impératif de s’assurer que ladite synchronisation intelligente ne soit PAS activée dans les préférences d’iCloud, appelée ici « Optimisation du stockage ». C’était la seule façon de forcer iCloud à toujours conserver les données en local, mais cela impliquait d’avoir un disque interne suffisamment gros (et on sait qu’Apple se rince bien là-dessus), parce qu’iCloud vit obligatoirement sur le disque interne :

Heureusement, depuis les mises à jour 2024 des systèmes (iOS 18 / macOS Sequoia), une nouvelle option est ENFIN disponible. Si l’on laisse iCloud le soin d’optimiser le stockage du Mac, on peut néanmoins forcer le système à conserver dossiers et/ou fichiers en local d’un simple clic-droit, ce qui règle le problème de la taille du stockage :

On prendra donc un soin obsessionnel à conserver tous ses projets Scrivener en local de la sorte (pour faire simple, on pourra conserver tout son dossier « Écriture », où l’on mettra tous ses projets). Pour ma part, j’utilise iCloud avec un GROS projet Scrivener (le projet « Les Dieux sauvages » pèse environ 1,5 Go à l’heure actuelle) et, en suivant toutes les recommandations d’usage, je n’ai eu aucun problème de fonctionnement. iCloud est donc tout à fait utilisable avec Scrivener, et c’est bien beau de râler, il faut aussi dire quand les trucs (re)marchent.

Mais au final, pourquoi utiliser iCloud ? Il existe de bonnes alternatives (j’ai utilisé Filen une bonne partie de l’année 2024). Principalement pour deux raisons : c’est intégré au système, ce qui réduit le nombre de solutions techniques à maintenir ; et mes données sont chiffrées de bout en bout (avec la Protection Avancée des Données, que j’ai adoptée dès sa disponibilité en Australie), ce qui est à mon sens un impératif de nos jours (et ce que Dropbox ne fournit pas).

(J’ai un troisième argument, qui concerne surtout ma situation personnelle, mais c’est le prix : j’utilise la formule Apple One avec le stockage et tous les services fournis comme Music, TV+, Arcade et Fitness+ ; la version australienne me donne en plus Apple News+, soit un abonnement illimité à des tas de magazines comme National Geographic ou Scientific American, et j’en rêvais depuis sa sortie aux US. Le stockage, mon utilisation intensive d’Apple Music, mon utilisation régulière de News+ et mon picorage des autres services rendent l’opération rentable, ce qui revient moins cher que l’abonnement pour chaque service à part. On peut faire le même genre de calcul en France, mais le nombre de services disponibles étant beaucoup plus restreint, cela rend le calcul moins certain.)

2025-08-02T04:02:06+02:00mercredi 6 août 2025|Geekeries, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur On est en 2025, iCloud remarche : meilleures pratiques pour Scrivener

Deux astuces typographiques pour Obsidian (harmoniser l’apparence des emojis, utiliser la police système)

Nous sommes entre esthètes, nous savons que l’apparence du texte, c’est littéralement notre espace de vie mentale, c’est bien meilleur que l’œnologie, et nous rions à ce genre de vidéo. Du coup, je pose ça là, parce que j’ai un peu dû fouiller pour trouver les solutions, alors les voilà en clair (pour systèmes Apple).

Harmoniser l’apparence des emojis

Si vous utilisez des emojis comme repères sémantiques dans vos notes (vous devriez), il peut arriver que la police de caractères que vous employez dans Obsidian possède ses propres symboles, qui vont remplacer les emojis standard du système.

Le problème, donc, c’est que ces symboles n’ont pas la même apparence que le reste des emojis : ils sont souvent monochromes, ce qui va à l’encontre de l’idée de repères visuels standardisés.

Pour forcer Obsidian à adopter les emojis standard Apple du système en toute circonstance, la solution consiste à ajouter dans les préférences du texte, en deuxième place de la liste des polices de caractères, la fonte Apple Color Emoji qui viendra prendre la priorité sur ces symboles de remplacement :

Mettez-la tout de suite, ça ne mange pas de pain, même si votre police de base (comme c’est le cas ici) est disciplinée.

Invoquer la police système dans Obsidian (San Francisco)

San Francisco est la police Apple standard (dérivée d’Helvetica) mais, Apple étant jaloux de ses jouets propriétaires, on ne peut pas l’invoquer dans les préférences par son nom. Du coup, si vous voulez l’utiliser pour harmoniser l’apparence de votre Mac ou iPhone avec tout le reste des applications, la solution consiste à passer par l’alias suivant : system-ui. Entrez cette mention verbatim dans les préférences d’Obsidian, et vous passerez le texte concerné en San Francisco.

2025-04-11T14:14:05+02:00jeudi 17 avril 2025|Geekeries|2 Commentaires

Appréhender les différentes manières de personnaliser Obsidian

Obsidian est pour ainsi dire personnalisable à l’infini, et c’est son principal danger : il est extrêmement facile de se perdre dans des heures de vidéos YouTube, de télécharger des centaines d’extraits de code et de plugins parce que ça a l’air méga cool, et de se retrouver avec un bazar inextricable où plusieurs ajouts font la même chose sans aucune cohérence, qui en plus va casser de façon mystérieuse au gré des mises à jour et incompatibilités.

Ne faites pas ça. Je sais que je radote, mais : si vous commencez à bricoler Obsidian (et il est merveilleusement puissant pour ça, c’est quand même aussi un de ses intérêts majeurs), faites-le avec discernement et parcimonie. Au pire, faites-vous un environnement de test, une vault à part où vous jouez avec tout ce qui vous intéresse, mais gardez votre système principal aussi propre que possible sur ce point. Le bazar doit se trouver dans vos notes à mesure que vous créez dans tous les sens, pas dans les préférences de l’application.

Ceci étant dit, et parce que ça va servir à mesure qu’on regarde ensemble des tas de cas d’usage et de petites modifications qui simplifient grandement la vue dans le cadre de l’écriture créative, regardons toutes les façons dont on peut casser personnaliser l’application pour :

  • La rendre esthétiquement à notre goût
  • Ajouter des fonctionnalités.

Les préférences (et thèmes communautaires)

Bon, c’est la base, mais les préférences d’Obsidian sont déjà bien puissantes. Les comportements de l’application se trouvent principalement dans Éditeur et Fichiers et Liens – je vous renvoie fortement sur la doc officielle, concise mais couvrant tous les aspects de l’app. Ce qui concerne l’interface réside dans Apparence, et parmi les fonctions d’intérêt, mentionnons la capacité de personnaliser fortement la typographie (police de caractère, taille) et les composants majeurs de l’application comme un rappel du titre d’une note directement dans l’éditeur (inline title).

C’est aussi là que vous pourrez choisir un thème tierce partie – beaucoup offrent des fonctionnalités complémentaires qui en font presque des environnements préfabriqués à part entière, à la limite du plugin.

Ma recommandation si vous voulez quelque chose d’un peu plus musclé que le thème de base : utilisez Minimal (qui, contrairement à son nom, n’est pas minimal – il est épuré, ce qui n’est pas la même chose). Minimal est l’un des thèmes disponibles les plus puissants et personnalisables qui soit, mais il est aussi développé par le CEO d’Obsidian, ce qui assure une compatibilité quasi-immédiate avec toutes les mises à jour de l’app.

Minimal comporte deux niveaux de personnalisation, à travers deux plugins tiers : Minimal Theme Settings offre des options générales, mais pour aller dans le détail très poussé, il faut passer par Style Settings, qui est devenu par ailleurs une sorte de semi-standard pour les thèmes et les plugins dès qu’on peut personnaliser l’apparence de quelque chose (Pane Relief s’en sert, par exemple).

Les modules principaux et complémentaires (plugins)

Obsidian propose déjà, de base, un certains nombre de fonctionnalités sous forme de plugins « principaux » fournis avec l’application et dont l’activation ou la désactivation permet déjà de personnaliser grandement son environnement (si vous préférez utiliser un plugin tiers offrant une table de matières plus puissante que le Plan fourni de base, vous pouvez totalement désactiver ce dernier).

Bien sûr, c’est avec les modules complémentaires que l’on ouvre la boîte de Pandore. Certains fournissent juste une petite fonctionnalité pratique comme un raccourci clavier manquant, d’autres proposent une conversion quasi-totale de l’app vers autre chose. D’autres enfin sont devenus des semi-standards sur lesquels d’autres modules s’appuient (Dataview, Style Settings, Tasks, Templater…), c’est honnêtement un peu la jungle, mais trier la liste par le nombre de téléchargements vous indiquera les plus populaires, et regarder la date de la dernière mise à jour vous montrera s’ils sont activement maintenus.

Les extraits CSS

Là, on entre vraiment dans la personnalisation poussée : Obsidian s’appuie sur les technologies du web et accepte des extraits de code CSS (chargés de spécifier l’apparence d’une page web indépendamment de son contenu) pour changer la tête et la disposition d’à peu près n’importe quoi au-delà des préférences, du thème choisi et même de Style Settings. Certains changent juste un détail esthétique, d’autres sont presque des plugins à part entière.

Une partie de mes propres extraits, à la fois glanés sur les forums et codés pour mes besoins. Parce que je suis sur Mac. Le bouton de fermeture d’une fenêtre est à GAUCHE.

Les installer est un peu plus complexe que les plugins, qui se téléchargent et s’activent simplement depuis l’application. Les extraits CSS doivent, eux, être placés manuellement : cliquez sur l’icône de dossier pour vous retrouver dans un dossier caché de votre vault (.obsidian/snippets). Placez le fichier CSS désiré, rechargez la liste dans Obsidian, activez-le une fois que l’extrait est reconnu (et redémarrez peut-être l’application selon l’importance de la modification).

Le dossier .obsidian

Une vault Obsidian comporte donc un dossier caché, .obsidian, contenant toutes les préférences et modifications de celle-ci. On peut y accéder via le bouton sus-nommé, qui existe aussi dans les options des plugins : et vous verrez des fichiers JSON (qui correspondent à toutes les configurations de l’app), mais surtout trois dossiers, snippets, plugins et themes, où logent les contenus respectifs dans des dossiers. C’est une bonne astuce : si un plugin, un extrait ou autre pose un grave problème, il suffit de retirer le fautif de ce dossier pour recharger Obsidian sans. Globalement, puisque vos données sont présentes en clair sur le disque en fichiers média et Markdown, vos données ne risquent pas grand-chose si vous cassez l’application par ailleurs. File over app.

2025-03-25T15:45:57+01:00lundi 7 avril 2025|Best Of, Geekeries|Commentaires fermés sur Appréhender les différentes manières de personnaliser Obsidian
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