Retour au Source (Code)
Il y a à peu près onze ans et demi, je mentionnais Source Code aux côtés de L'Agence comme les deux films dickiens sortis en 2011 à peu près à la même période, et après avoir débiné le second, je promettais de parler du premier. Auguste lectorat, ce blog a une loi : dès que je dis publiquement que je vais faire un article sur quelque chose, il se passe onze ans et demi avant que je le fasse. À peu près. Il faut donc, suivant le conseil donné par Arthur à Perceval, que j'arrête de dire des trucs.
Source Code est sorti il y a une dizaine de mois, mais vaut la peine d'être sauvé de la masse des productions à moyen budget vite oubliées. Colter Stevens est un pilote d'hélicoptère revenu d'Afghanistan qui se réveille dans un train de banlieue à Chicago avec le visage d'un autre homme, en compagnie d'une femme qu'il ne connaît pas, jusqu'à ce que bam, le train explose.
Sacré lundi matin.
Il se réveille dans un cockpit qui est peut-être le sien, peut-être pas. Il apprend qu'il participe à un programme secret de l'armée appelé le "code source" qui lui permet, par inférence informatique, de revivre les huit dernières minutes précédant la mort d'un homme. Sean Fentress, l'homme dont il avait pris la place à bord du train, est mort dans l'attentat d'un forcené qui promet de récidiver. À l'aide du code source (nom qui fait genre, mais qui n'a rien à voir avec ce qu'est un vrai code source, nous sommes bien d'accord) Colter doit trouver le mode opératoire et le coupable du premier attentat dans l'espoir de sauver les passagers d'un deuxième train.
Il replonge ainsi d'innombrables fois dans cette réalité virtuelle, qui présente certains parallèles avec Un Jour sans fin, progressant à chaque fois d'un pas de fourmi vers l'auteur des crimes, recoupant les indices, mais apprenant aussi peu à peu ce qui lui est vraiment arrivé avant le code source. Pour tout arranger, Colter acquiert au fur et à mesure de l'empathie pour les passagers - qui, lui explique-t-on, ne sont que des simulations de personnes déjà mortes - et chacun de ses décès constitue une expérience traumatique qui vient ébranler un esprit déjà très inquiet de sa situation. Dans la plus pure tradition dickienne, les frontières entre réalité et simulation se brouillent à mesure que l'on s'interroge sur la vraie nature du code source.
Impossible d'aller plus loin sans vendre la mèche, bien sûr, mais Source Code remplit toutes ses promesses et répond à toutes ses questions d'une façon qui n'est pas toujours d'une grande originalité, mais efficace et bien présentée. Il se paie même le luxe de proposer quelques coups de théâtre concernant les règles de l'univers, posant des interrogations plus vastes sur la perception de la réalité - on n'est pas à la hauteur, intellectuelle ou visuelle, d'un Inception ni d'un Dark City, mais l'ouverture est plutôt intelligente et bienvenue. Même la petite dose obligatoire de patriotisme et de bons sentiments passe sans douleur, pour un final qui ne sombre pas entièrement dans la facilité à laquelle on s'attendait.
Bref, Source Code n'est pas un chef-d'oeuvre, mais c'est un bon film parfaitement conscient de ses ambitions et qui les remplit avec brio, pour un divertissement bien ficelé, très satisfaisant, avec le soupçon de bouleversement des repères qui convient au genre - sa seule faute de goût étant peut-être son titre. Contrairement à L'Agence, ce thriller dickien vaut amplement le visionnage.
La contagion ne prend pas
Contagion. Un casting de malade : Marion Cotillard, Matt Damon, Laurence Fishburne, Jude Law, Gwyneth Paltrow, Kate Winslet. Steven Soderbergh aux commandes. La menace d'un virus qui décime la planète, la promesse d'une tourmente humaine, de sentiments forts, de désespoir, de fraternité, peut-être d'une rédemption. Panique, angoisse. La perspective de se faire peur, d'être ému, choqué, bref de vibrer au premier degré de façon très assumée, et peut-être au second si le film le permet.
Sauf que non.
Contagion, c'est simple. C'est l'histoire de types, y a un virus, et puis ils meurent.
Et on s'en fout.
Le scénario tente le pari des récits croisés, chacun explorant un fil de la confrontation face à un fléau médical d'une rare violence, qu'il s'agisse du médecin confronté à sa propre déchéance, de l'OMS s'efforçant de réagir au plus vite, du père de famille mystérieusement épargné par la maladie qui décime les siens, du blogueur activiste un peu ripou sur les bords qui oppose à la voix des spécialistes celle de la multitude désinformée d'Internet. Chacun réagit à sa manière face à la menace, à la peur, à la désagrégation de la société confrontée à sa possible extinction. Le lecteur de bon goût est ramené par exemple à Spin de Robert Charles Wilson dans le traitement de cette thématique. Et Contagion propose des points de vue intéressants et d'une modernité plutôt bien trouvée, sans compter que - pour une fois - l'aspect scientifique est traité plutôt correctement.
Sauf que jamais, la mayonnaise ne prend, ne restant qu'un empilement de fils narratifs à peine ébauchés, où l'investissement ne naît jamais, où les problématiques pourtant prometteuses demeurent égratignées, et où les tentatives de tirer sur les cordes émotionnelles du spectateur résonnent à vide. Kate Winslet est evoyée évaluer la maladie sur le terrain, on la suit dans ses déplacements, et puis à un moment, elle tombe malade. Elle a très très peur, et on la comprend. Mais on s'en balance total. Marion Cotillard, autre experte, est prise en otage pour que l'acheminement d'un possible remède devienne prioritaire vers un village de la campagne chinoise. Elle s'attache aux villageois. D'otage, elle devient pilier de la communauté. Mais on n'en voit rien, on n'en sait rien, et le verdict devient en conséquence le même : on s'en balance. Comme de ses villageois, probablement très sympathiques, mais inconnus au bataillon scénaristique. Pourquoi, demande-t-on à la narration, dois-je me soucier de tout cela ? Parce qu'ils sont en danger ? Ça ne suffit pas. Les personnages sont en carton-pâte, sans attaches - ou éventuellement stéréotypées - ce qui suscite rarement plus qu'un "ah ben c'est quand même moche" quand les victimes commencent à s'entasser.
En fait, à son corps défendant, Contagion est une parfaite démonstration d'un travers honteux mais réel de la nature humaine, exprimé avec une clairvoyance d'une cruauté glaciale par Staline : un mort, c'est une tragédie, un million, c'est une statistique. C'est scandaleux, c'est détestable, mais c'est vrai. Et la fiction porte des drames, pas des statistiques. Sans personnages, sans discours, sans fils narratifs forts, Contagion échoue là où un film comme Collision réussit magnifiquement avec une envergure bien moindre dans les enjeux. Le récit de Soderbergh aurait mérité une ou deux trames narratives de moins, un parti pris clair sur les thèmes à traiter, un choix, pour sensibiliser le lecteur au propos qu'il voudrait tenir. Si seulement il en avait un.
Mais à vouloir être partout, Contagion n'est nulle part. On n'en ressort pas scandalisé, mais pas ravi non plus. On se dit qu'on a vu un récit sans âme, pas tellement creux, mais pas tellement consistant quand même. Contagion, finalement, c'est ça : pas tellement grand-chose.
L’Agence ment
J’ai récemment eu la chance de faire deux vols longs courrier, et c’est l'occasion idéale pour rattraper les films qui vous faisaient de l’œil à la bande-annonce, mais sur lesquels vous n’avez pas reçu suffisamment de retours – ou éprouvé assez de motivation – pour faire l’effort d’aller les voir. Parmi ceux-là, et sortis à un mois d'intervalle en début d'année, L’Agence et Code Source, deux longs-métrages à l’argument dickien (le premier est adapté de la nouvelle « Rajustement » du maître, le réalisateur du second déclare clairement ses influences), mais avec un habillage relativement grand public. Alors c’est du réchauffé, je sais, mais c’est aussi l’occasion de revenir sur des récits qui ont pu passer inaperçus, à tort.
Ou, dans le cas de L’Agence, à raison.
David Norris a tout pour être heureux. Le plus jeune sénateur de l’état de New York brigue un poste de sénateur ; enfant des quartiers pauvres, impulsif et bagarreur mais aussi droit et franc, c’est le chéri de l’opinion publique. Rien ne semble arrêter son ascension.
Un soir, par un concours de circonstances, il rencontre Elise, une jeune femme dont l’humour à froid le séduit aussitôt. Le coup de foudre est immédiat et mutuel. Mais une mystérieuse faction, constituée d’hommes en costumes neutres, aux chapeaux un peu surannés, se ligue pour empêcher leur histoire. Car celle-ci dévie du « plan » établi pour l’humanité par un certain « Grand Patron » dans le plus grand secret.
L’esthétique un peu décalée des drôles de représentants de cette « agence » et l’usage du célèbre effet papillon appliqué aux actes du quotidien – par une succession de coïncidences, David et Elise pourraient devenir des acteurs majeurs de l’histoire de leur pays – laissaient promettre une atmosphère oppressante, un combat désespéré pour le libre arbitre avec, au passage, quelques ouvertures semi-philosophiques ou quelques jeux amusants sur l’identité de ce fameux « Grand Patron ». Après tout, Matt Damon avait déjà joué un Jason Bourne sévèrement bourné (pardon) avec une thématique semblable : l’homme seul contre un pouvoir qui le dépasse dans la conquête de sa liberté. C’était du thriller pur, ça tirait davantage que ça ne discourait mais c’était bien fichu, et Bourne, cible des agences du monde entier, parvenait à générer la sympathie.
Mais L’Agence ne décolle jamais. Au contraire, le scénario semble scrupuleusement éviter toute réflexion – et même tout jeu – dépassant le manichéisme gentillet du « j’aime la fille, mais les méchants, y veulent pas ». Cette belle idée de ces agents influant discrètement sur l’histoire humaine ne sert que de toile de fond à une histoire d’amour finalement dénuée d’enjeu, parce que se déroulant entre deux personnages bidimensionnels. Il y avait pourtant une ouverture sur le confort qu’apporte un couple contre la réalisation personnelle qu’on lutte pour atteindre dans la solitude, mais c’est abordé comme une simple péripétie.
L’univers proposé – l’hypothèse imaginaire – ne rattrape pas cette absence de profondeur : les agents présentent des pouvoirs tour à tour surpuissants (laver le cerveau des humains, ajuster leurs émotions, une télékinésie à rendre jaloux David Copperfield et j’en passe) et se montrent d’une ineptie surprenante dans certaines prises de décision, ou bien incapables de rattraper un type à pied alors qu’ils peuvent cavaler derrière un bus sur plusieurs pâtés de maisons. Le Grand Patron ne sera jamais explicité, pas plus que cette société d’agents séculaires fatigués dont certains doutent de leur mission.
J'avoue n'avoir pas lu « Rajustement » et j'ignore si ces défauts sont présents dans la nouvelle d'origine - malgré tout le respect et l'admiration que j'éprouve pour Dick, il faut convenir que certains de ses textes courts ne vont pas au-delà de l'idée géniale et manquent d'une vraie histoire pour la porter. Quoi qu'il en soit, L’Agence aurait pu élargir son propos sans aucune difficulté, le placer dans un contexte plus vaste et, par retour, donner du poids à la romance contrariée au centre de l’histoire ; mais le film s’y refuse très scrupuleusement. En conséquence, le sort de cette relation reste parfaitement anecdotique et ne suscite pas d’intérêt.
L’ennui s’installe donc et ce n’est pas le twist final – visible à trois kilomètres – ni le discours convenu qui l’accompagne qui rattraperont la sauce. On ne passe pas forcément un mauvais moment, mais on ne vibre pas, ne s’inquiète pas, ne réfléchit pas. C’est un film inodore et sans saveur, facilement digeste, loin des atmosphères anxiogènes teintées d'absurdité qui font la patte de Dick ; il roule sur des rails convenus, ce qui ne manque pas d’ironie. Sur une thématique proche, il y aura potentiellement mieux à faire de deux heures de son temps, par exemple tenter Code Source (chronique à venir).
Dix choses indispensables que m’a appris Mega Shark Vs. Giant Octopus
Auguste lectorat, tu connais mon amour immodéré pour la faune marine (et, je l'espère, ma modeste compétence en la matière). Mais j'ai vu Mega Shark Vs. Giant Octopus et j'ai compris la vérité. L'océanobiologie n'a rien à voir avec ce que je croyais avoir appris, avec ce que j'avais expérimenté. Surtout quand un mégalodon et un kraken géant emprisonnés depuis des milliers d'années se trouvent libérés brutalement et foutent le dawa à travers le monde, traumatisant la navigation et les habitations côtières. Heureusement, un biologiste marin, ça sauve le monde. Et ça se tape son homologue dans le placard à balais.
Voici dix leçons qui, un jour, te sauveront la vie.
10. Les supérieurs de l'armée te gueulent tous dessus et font la tronche (mes condoléances pour la perf', Lorenzo Lamas).
9. Dès que la glace qui emprisonne un organisme se brise, il reprend direct son activité comme s'il ne lui était rien arrivé. (Au secours, j'ai peur de mes surgelés.)
8. À en juger par le morceaux de chicot laissé dans le cadavre de baleine au début, les requins géants n'ont pas des dents, mais des vilebrequins.
7. Tous les profs de biologie marine à la retraite disposent à la maison d'un iMac 28 pouces, d'une banque de données crocs & dentition complète de la faune mondiale et d'un spectrographe de masse que leur labo n'aurait jamais eu les fonds de se payer en vingt ans d'allocations de fonds.
6. Je l'avais pressenti en regardant Les Experts, j'en ai la confirmation : la science se résume exclusivement à mélanger des liquides dans des béchers sur fond de musique lounge dans une atmosphère tamisée en attendant qu'un truc vire au fluo. (Et si c'est vert, c'est très puissant.)
5. D'ailleurs, si tu ne trouves pas la solution à ton problème, envoie-toi en l'air dans le placard à balais et ça te viendra par magie. Je savais bien que j'aurais dû faire une thèse.
4. Un requin capable de nager à 800 km/h pour traverser l'Atlantique à toute berzingue n'est malgré tout pas foutu de rattraper un sous-marin de poche. Il était nucléaire, faut dire, et le nucléaire, c'est cool.
Le Crétacé était une époque tellement peu évoluée que les animaux avaient tous moins de polygones qu'aujourdhui.
3. D'ailleurs, les biologistes marins sont des têtes brûlées qui chouravent des sous-marins nucléaires de poche à l'armée pour aller passer du Beethoven aux baleines en migration. (Je jure que je n'invente rien.)
2. Pour atteindre une cible sous-marine, tire au canon anti-aérien. (Puis étonne-toi que ça foire.)
1. Tous les cuirassés américains et japonais ont le même plan intérieur, seul l'éclairage change.
"Mais qu'est-ce qu'on fout dans un data center ?" "C'est la passerelle d'un cuirassé, alors ta gueule."
"Mais qu'est-ce qu'on fout dans une laverie ?" "ON A DIT QUE C'ÉTAIT LA PASSERELLE D'UN CUIRASSÉ FFS§§§"
Allez, une petite bande-annonce ?
Transposition réussie pour Le Trône de fer
Quatre épisodes venant d’être diffusés aux États-Unis, il devient possible d’avoir un peu de recul sur l’adaptation en série du Trône de fer (Game of Thrones), une des meilleures séries de fantasy moderne, écrite par G.R.R. Martin. Enfin, autant de recul qu’il est possible quand on a lu les livres et connaît donc l’histoire – le Trône de fer reste bien en mémoire en raison de l’attention qu’il exige, née des dizaines de personnages qui y figurent.
Pour ceux qui ignorent ce dont il est question : Le Trône de fer raconte l’histoire de plusieurs maisons nobles luttant pour le trône fédérant le royaume ; un monde aussi menacé de l’intérieur, par ses innombrables manœuvres politiques où nul ne jouit de l’immunité scénaristique, que de l’extérieur, entre le retour annoncé d’anciennes terreurs rôdant par-delà le grand Mur qui isole le nord, et la dynastie renversée à la génération précédente qui menace de revenir s’emparer du pouvoir. C’est une saga complexe aux multiples personnages, forts et passionnants ; Martin a un talent unique pour façonner les grands événements historiques à partir de la petite histoire du quotidien. Entre le nombre de fils d’intrigue, la multiplicité des décors, la finesse du scénario et son ton adulte, résolument sombre, adapter cette œuvre pour la télévision semblait une gageure.
Mais le défi est relevé avec panache ; le fait que Martin soit producteur exécutif n’y est probablement pas étranger. La première chose qui frappe dans cette adaptation est la qualité graphique : décors et costumes présentent un soin peut-être sans précédent pour une série télévisée, et fait sans difficulté jeu égal avec la version cinéma du Seigneur des Anneaux. Le générique (dont on ne se lasse pas et dont la musique vous rentre dans la tête plus vite en mémoire qu'À la volette) annonce la couleur : il s’agit d’une grosse production comme d’une création originale, avec une patte et une atmosphère uniques :
Les acteurs présentent tous un jeu impeccable (en VO du moins), et sont d’une incroyable justesse par rapport aux personnages du livre, y compris physiquement (il s’agit du sentiment personnel de votre serviteur, mais il semble partagé par la plupart de critiques). Daenerys Targaryen fait poupée de porcelaine à souhait, Jaime Lannister est aussi séduisant que vicieux, Jon Snow impulsif comme sympathique. On peut à la rigueur s'étonner du choix de Sean Bean (Boromir dans le SdA) pour Eddard Stark, qu’on imaginait plus sec et austère, mais il s’acquitte sans peine du rôle et l’investit de mieux en mieux au fil des épisodes.
Mais le principal, le scénario, ne se trouve également trahi en rien, que ce soit dans sa complexité comme dans sa maturité. Bien sûr, le nombre de personnages principaux se voit grandement réduit à un nombre convenable pour la télévision, mais ne perd rien des événements principaux ni des relations entre les uns et les autres. Ce ne sont que quelques fils d’intrigue secondaires qui sautent pour des raisons de clarté, ce qui sert ceux qui restent. La série peut toutefois donner l’impression d’avancer un peu trop vite et de peiner à offrir quelques moments de respiration dans le tourbillon d’événements qu’il lui faut présenter à chaque épisode et le nombre de fils à faire avancer, mais, au moins, rien ne piétine et on peut penser que la narration trouve peu à peu dans son rythme.
Game of Thrones est donc une grande série, un modèle d’adaptation intelligente et sans concession qui donne vie à un grand monde, et qui devrait servir de mètre-étalon pour celles qui suivront, loin de la pantalonnade que devrait être le Conan 3D de cet été. Les lecteurs des livres auront plaisir à voir s’animer sous leurs yeux les fourberies et la noblesse des personnages qu’ils ont apprécié, à arpenter le grand Mur en compagnie de Jon Snow, à ricaner des traits d’esprit de Tyrion Lannister ; et ceux qui ne savent pas encore que l’hiver arrive feront bien de se précipiter sur la diffusion française de la série quand elle passera en juin sur Orange Cinéma Séries. Un tome original devrait occuper une à deux saisons de Game of Thrones ; il nous reste à espérer que la série connaisse le succès qu’elle mérite pour rentabiliser le budget pharaonique qu’elle exige certainement.
Thor pillé
L'histoire d'un mec marteau.
Autrefois, les géants des glaces de Jotunheim et les immortels d’Asgard, aux pouvoirs divins, se livrèrent une grande guerre autour de la Scandinavie, donnant naissance aux croyances mythiques qui nous sont parvenues sur Odin, Sif, Loki, et surtout Thor. Sauf qu’en réalité, Jotunheim est une planète gelée, Asgard une cité située à des années-lumière de la terre où la technologie et la magie se mêlent, le bifrost[1. Dans la mythologie, le pont reliant les mondes.] un trou de ver, et Thor un jeune abruti. Prenant l’infiltration de géants des glaces en Asgard comme prétexte pour rompre la trêve qui unit les deux peuples, Thor embarque ses copains dans une expédition punitive sur Jotunheim, laquelle tourne mal, ce qui lui vaut d’être banni sur Midgard – notre Terre, bien sûr – pour y vivre en humain. Là, il tombe sur Nathalie Portman et trouve aussitôt que Midgard est un endroit pas si naze - on le comprend - enfin, plus exactement, il tombe sur Jane, geek de l’astrophysique qui lui prête main-forte dans sa quête de ses pouvoirs perdus et le renversement de son traître de frère, Loki.
Ça semble classique ? Ça l’est. Rien de ce Thor n’est empreint de la moindre surprise. Le scénario a été vu mille fois – la cité mise en danger par le traître ; la jolie fille pas très douée socialement qui lorgne le bellâtre qui lui est tombé (littéralement) du ciel ; le super-héros super-déchu en quête de ses super-pouvoirs pour retourner super-marave la tronche au super-méchant. Les images sont jolies, mais toutes très lisses ; images de synthèse formule vernis brillant sans grande inspiration, des scènes d’action sans trouvailles notables. Seuls détails intéressants, on pourra éventuellement retenir le bifrost qui mérite véritablement son appellation de pont arc-en-ciel, quelques scènes un peu décalées qui tirent quelques sourires et la présence d’un Thor très impulsif à qui le séjour sur Terre mettra du plomb dans la tête, montrant un héros divin néanmoins capable d’apprendre.
Mais ça ne pèse pas bien lourd. Ce Thor est si calibré sur les canons hollywoodiens du blockbuster qu’il manque remarquablement d’âme. On espérait notamment bien mieux de J. Michael Straczynski, co-auteur du scénario, l’homme derrière la génialissime Babylon 5. Il reste donc un film d’action dépourvu de toute profondeur, qui peut vaguement amuser, mais qui ne vaudra pas davantage qu’un regard distrait lors d’un passage à la télévision.
Conan of Persia 3D
Mouais.
Alors Yahoo! Movies a publié la bande-annonce du Conan 3D qui sort en août.
Je ne voudrais pas donner dans l'alarmisme primaire dès qu'il est question de gros budget et de 3D, je ne voudrais pas faire mon vieux cabrelliste "c'était mieux avant" en étant incapable de voir Conan sous des traits autres que le Governator, mais, sérieux, je crains le pire. OK, y a manifestement un peu de fesse histoire de bien montrer que c'est les âges barbares, tu vois, on galipette sans s'inviter à dîner, c'est une époque fruste, tout ça, mais je trouve ça terriblement lisse et sans âme, avec des décors grandiloquents en images de synthèse qu'on a vus douze fois.
Et puis, sérieux, c'est quoi ce Conan avec son petit sourire en coin de jeune premier et sa chevelure huilée ? Franchement, il aurait plus sa place à jouer chez les Dothrakis de Game of Thrones, genre Khal Drogo, par exemple, il le ferait très b...
... Zut, c'est effectivement lui.
Bon. Euh. Voilà.
On verra, hein ?
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