L’obligation fantôme (et Current Reader)

Getting Things Done a révolutionné la productivité personnelle mais, comme à peu près tout en notre ère de standardisation, le concept de boîte de réception / triage / tâche à accomplir a débordé du domaine professionnel pour envahir tous les domaines de l’existence, des emails (inbox zero!) au doomscrolling des réseaux, en passant par la liste de lecture Netflix.

You know who you are.

Partout, les informations arrivent, s’entassent, et parce qu’on dispose de la possibilité et de la méthode pour les traiter, on imagine que le temps est extensible et qu’on peut tout gérer. Ce qui est évidemment illusoire, et génère une « obligation fantôme » (phantom obligation) dans les excellents mots de Terry Godier, à travers un article qui a circulé assez largement.

Partout, les notifications et les badges rouges accaparent (et monétisent) l’attention, générant une culpabilité radioactive de fond qui n’a pas lieu d’être : oui, vérifier vos mails professionnels et les suivre est important, mais pas autant que vos flux sociaux ni que les articles mis de côté pour le plaisir. Qui se dit : « il faut que j’arrive à bibliothèque zéro » ?

Il convient, avance Godier, de questionner les paradigmes des interfaces de nos applications ; un lecteur de flux doit-il vraiment ressembler à une application d’emails? Non. Et puisque les flux RSS, c’est le bien, il est l’auteur d’une application de lecture résolument différente, Current Reader, qui traite les articles non pas comme une liste de choses à faire, mais comme une rivière de contenu où les actualités, les essais et les opinions passent et se dépassent, et où il s’agit de lire pour le plaisir de lire et non pour l’obligation fantôme de réduire la pile à zéro, tout ça pour la voir remonter dans l’heure qui suit, supplice de Sisyphe moderne. Current ne présente, et c’est un choix, aucun compteur.

Hades to Sisyphus landing in Tartarus: FEAR AND LEARN THY PUNISHMENT, MORTAL! Here thou go. That's an iPhone. Sisyphus: Oh… Okay. That's… cool, I guess? Hadès: Thou shalt reach inbox zeroSisyphus: NOOOOOO

𝙻𝚒𝚘𝚗𝚎𝚕 𝙳𝚊𝚟𝚘𝚞𝚜𝚝 / Wildphinn (@lioneldavoust.com) 2026-04-07T05:12:21.211Z

De manière annexe, une lecture vivement recommandée : The Last Days of Social Media, qui expose en détail comment les réseaux que nous avons connu dans les années 2010 sont morts (ou agonisent) et que nous sommes déjà passé·es à autre chose, et que nous avons besoin d’autre chose.

2026-04-07T07:21:35+02:00mardi 7 avril 2026|Geekeries, Humeurs aqueuses|Commentaires fermés sur L’obligation fantôme (et Current Reader)

Trop de newsletters ? Déportez-les dans votre lecteur de flux RSS

À un moment, il faut constater qu’on a un problème.

Heureusement, mon client de mail actuel (Spark) me permet de trier et isoler automatiquement ces deux catégories de messages, laissant ma boîte de réception relativement lisible (même si mon retard de correspondance remonte à peu près au Carbonifère, toujours avec mes plates excuses). Mais bon, clairement, il y a quelque chose de pourri au royaume de Melbourne. Les newsletters sont un moyen fantastique de rester en lien avec les initiatives qu’on veut suivre (j’en ai une super d’ailleurs, abonnez-vous !), mais beaucoup tiennent un peu, au final, du flux RSS, de la mise à jour qu’on pourrait déporter dans son lecteur de flux (reprenez le contrôle de votre information avec un lecteur de flux si ça n’est pas déjà fait).

Faisons-le donc, faites-le donc (sauf ma newsletter bien entendu, qui ne vous noiera pas : une lettre par mois). Il y a plusieurs façons de faire :

Déjà, la plupart des plate-formes type Substack possèdent des adresses RSS. Pas besoin de noyer votre email sous les lettres d’infos que vous aimez : tout lecteur de flux digne de ce nom détectera le flux correspondant à ces services, qui ressemblera par exemple à quelque chose du genre siegheil.substack.com/rss , parce que vous saviez que Substack a un énorme problème de nazis et que le principe d’une newsletter c’est quand même de rester indépendant·e, donc POURQUOI mettre sa newsletter sur Substack au lieu de parler directement aux gens ? Ahem, pardon, ça n’est peut-être pas ce que vous m’avez demandé. Mais quand même. Substack. Nazis. Plateforme de merde.

Ensuite, pour toutes les newsletters du type « entre ton email pour recevoir 10% sur ta commande et suivre cette chouette boutique », on a globalement deux solutions.

Un service d’agrégation payant. Pour mémoire, la lecture de flux RSS s’articule souvent autour de deux volets : le service d’agrégation (qui va collationner vos abonnements) et l’application de lecture (les services d’agrégation en proposent tous une, or elle est en général pas terrible, donc un·e esthète préférera une application native compatible avec son agrégateur, comme Reeder, ReadKit, Fiery Feeds etc.). Or, en 2025, tous les services d’agrégation dignes de ce nom (a fortiori dans leurs formules payantes) vous fournissent une ou plusieurs adresses mail personnelles (pour correspondre à des thèmes distincts) dans le but de vous abonner à des newsletters. J’ai rapidement regardé, Feedly, Inoreader, Bazqux, Feedbin proposent cette fonctionnalité : abonnez-vous avec l’adresse fournie, et la lettre d’info apparaîtra comme n’importe quel autre flux dans votre lecteur, vous permettant de la classer par exemple dans « Shopping », « Veille technologique » ou « Meilleures manières de cogner des nazis ».

Kill the Newsletter (gratuit). KtN est un service vaillamment maintenu depuis des années par Leandro Fachinetti et qui permet de convertir gratuitement une newsletter en flux RSS. Entrez le nom du flux souhaité, KtN vous fournit une adresse mail à utiliser pour votre abonnement et un adresse de flux RSS correspondant. Un peu plus lourd à employer, mais fonctionne très bien et surtout ne coûte rien (même si Leandro accepte les dons et qu’ils sont vivement recommandés pour maintenir le service).

Un mot sur la rétention. Le but d’un service RSS n’est pas de réaliser une archive éternelle de tout le contenu diffusé sur Internet, donc ils comportent tous un délai de rétention : ils ne conservent que les quelques dernières semaines, ou mois, d’articles publiés. Si vous ne lisez pas vos newsletters mais que vous souhaitez pouvoir les rattraper dans un hypothétique jour futur situé quelques décennies plus tard, cette façon de procéder ne fonctionnera pas, les agrégateurs payants comme KtN ont une politique de rétention de quelques semaines au maximum. Mais est-ce un problème pour du contenu transitoire ? Si vous êtes un·e grand·e malade comme moi et que oui, vous vous jurez de lire un jour ce flux RSS âgé de neuf ans qui n’a plus rien publié depuis, il faut vous abonner effectivement avec votre adresse email, ou bien utiliser un lecteur RSS qui emploie votre espace de stockage et pas celui de l’agrégateur (typiquement iCloud). Pour ma part, en ce moment, c’est News Explorer (mais ça pourrait être Reeder avec iCloud ou NetNewsWire).

2025-12-08T00:22:58+01:00mercredi 10 décembre 2025|Geekeries|Commentaires fermés sur Trop de newsletters ? Déportez-les dans votre lecteur de flux RSS

Courriel réparé – vous pouvez m’envoyer vos photos de chatons

Cet article, auguste lectorat, est un acte de foi, car au moment où je l’écris, on est samedi, et le déménagement de mon compte Apple de la France à l’Australie est coincé en raison d’un pass saison resté ouvert par erreur (je n’y suis pour rien, c’est la matrice qui déconne), tout ça parce que j’ai eu la bonne idée d’acheter la saison 13 de Doctor Who sur iTunes, et que personne n’a signalé au système que c’était fini. (Et pas très bien.) (On ne peut déménager un compte Apple qu’avec des abonnements clos.) Me voilà donc à nourrir le blog à l’avance en vivant comme un animal des années 2000, sans courrier électronique à mon nom de domaine, en écoutant de la musique avec mes fichiers en local, sans synchronisation locale de fichiers. Bientôt, vous allez voir que je vais utiliser des clés USB et louer des cassettes VHS dans un pur délire Formicapunk.

Mais bon, bref, si vous lisez ça, le gentil conseiller Apple a réussi à débloquer les tuyaux de la plomberie de l’information et tout est rentré dans l’ordre, et j’ai publié l’article. Ou alors, j’ai laissé tomber. Je saurai dans quelques heures. En tout cas, vous pouvez à nouveau m’envoyer des mails, et moi, je peux à nouveau découvrir le nouveau Booba en avant-première en streaming. Aha non, j’déconne.

2024-01-31T08:15:48+01:00lundi 22 janvier 2024|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Courriel réparé – vous pouvez m’envoyer vos photos de chatons

La boîte à outils de l’écrivain (mais pas que) : dompter son courrier électronique, les outils (2/2)

Inbox-mainOkay, après m’être bien ridiculisé jeudi dernier en parlant de techniques pour traiter son courrier électronique, je continue à démontrer que je n’ai peur de rien : voyons maintenant quels outils peuvent convenir.

Y a un gros spoil à droite. (Sais-tu, auguste lectorat, que la traduction de spoiler plus ou moins officielle est « divulgâcheur » ? Tabernacle.)

Ce qu’on cherche

Au fil de mes années de quête pour atteindre l’excellence courrielistique, le Graal de l’inbox zero, j’ai fini humblement par établir une liste de critères à remplir pour une application.

Ubiquité. Nous vivons à l’air du (Duncan Mac)Cloud et de l’objet intelligent. Le courriel se situe sur Internet avant toute chose ; je dois pouvoir accéder à mon système avec une expérience comparable depuis mon ordinateur ou ma tablette, mais surtout depuis mon téléphone – indispensable pour rentabiliser les petites vérifications qu’on se permet tandis qu’on attend dans la file des impôts qu’on appelle le numéro 76 au comptoir C.

Retour différé (« snooze »). On entre dans le plus moderne : il s’agit là de pouvoir différer un message pour un temps donné. C’est-à-dire de le faire disparaître de la liste à traiter (en général de la boîte de réception) jusqu’au moment où l’on sait qu’on pourra s’en occuper. Genre, je ne vais pas écrire une lettre de deux pages à un bon ami sur le clavier tactile de mon téléphone, je voudrais que ça disparaisse jusqu’à mon retour devant mon clavier Logitech Illuminated en titane de gnou. Cela vaut aussi pour les messages auxquels j’attends une réponse : je voudrais que le message se rappelle à mon bon souvenir dans deux semaines, mettons, si je n’ai pas de réponse.

Envoi différé. C’est-à-dire la possibilité de retarder l’envoi d’un message d’un temps donné : je l’ai rédigé, mais je veux qu’il parte demain matin, ou dans un mois. Pourquoi faire alors que le courriel est un mode de communication instantané ? Parce qu’il n’est pas censé l’être. Nous traitons tous de plus en plus nos courriels comme de la messagerie instantanée, mais le système n’est pas conçu ainsi : c’est au contraire un mode de communication asynchrone – le destinataire s’en occupe quand il le peut. Hélas, le courriel donne de plus en plus (et exige) une illusion de disponibilité permanente, ce qui n’est bon, ni pour le moral, ni pour la productivité de personne (plutôt qu’échanger quinze mails, il vaut mieux se passer un coup de fil). Par exemple, il m’arrive de travailler tard le soir, parce que cela m’arrange ainsi ; mais ai-je envie que mon correspondant professionnel sache que j’ai envoyé un mail à 23 heures 23 ? Il peut aussi bien le recevoir demain matin à 9 heures (s’il n’est pas aussi cinglé que moi et n’est pas sur son mail lui non plus à 23 heures 23), cela ne change rien pour lui, mais cela ne lui donne pas l’impression que je suis disponible H24, quand, dans les faits, je ne peux pas l’être en réalité (parce que je ne suis qu’un homme, eh ouais).

Création et rappel d’actions facile. Quand un courriel est lié à une action à effectuer (dans mon cas, ce serait par exemple : corriger des épreuves, répondre à un entretien, chercher une information pour un tiers…), il faut que je puisse la consigner rapidement dans un système auquel je fasse confiance et qui soit automatisable au maximum.

Et les applications qui correspondent à toutes ces exigences (à l’heure où j’écris) sont…

Google Inbox + Mixmax sous Chrome

Ouais, c’est un peu compliqué. Le problème c’est que seule cette combinaison, à ma connaissance, ne donne toutes ces fonctionnalités avec un certain (et paradoxal) degré de simplicité.

Reprenons dans l’ordre.

Google Inbox

Rapidement écarté par les chroniqueurs lors de sa sortie en 2014, Inbox est pourtant l’une des meilleures inventions récentes de Google. Offrant la même expérience sur mobile, tablette et navigateur, Inbox :

  • Rassemble les conversations de moindre importance dans des lots à part (listes de diffusion, forums, notifications), permettant de trier la correspondance signifiante (adressée à vous) de ce qu’on appelle aujourd’hui « bacon » (le spam que vous acceptez de recevoir, comme des notifications Facebook ou la liste des ventes privées de SexyAvenue – ne niez pas, la NSA est au courant). Un peu comme les onglets dans Gmail mais en mieux.
  • Permet d’épingler un courriel et de l’annoter (pour y attacher l’action nécessaire)
  • Permet de renvoyer un courriel à une date ultérieure (« snooze« )

Inbox est gratuit (donc c’est vous le produit) pour tout détenteur d’un compte Gmail (c’est la même infrastructure). Moyennant une petite configuration, n’importe quelle adrelle peut utiliser Gmail comme solution de courriel de façon transparente (c’est mon cas, et pourtant mon adresse est en @lioneldavoust.com). Pour y accéder, c’est à https://inbox.google.com/.

Mixmax

mixmax-mainMixmax est un produit encore peu connu mais qui ajoute à Inbox (ainsi qu’à Gmail) tout ce qui lui manque :

  • Envoi différé
  • Signatures
  • Réponses-type
  • Fusion & publipostage
  • Et bien d’autres machins puissants que seuls les commerciaux sont susceptibles d’employer, mais qui sont super bien fichus.

Petit hic : Mixmax ne fonctionne que sous la forme d’une extension du navigateur Chrome. Donc voilà, Chrome or go home. Dans les faits, par rapport aux exigences ci-dessus mentionnées, cela prive juste de l’envoi différé sur mobile, ce qui n’est pas bien grave. Sur un appareil mobile, on a tendance à organiser ses messages plutôt qu’à y répondre, de toute manière.

Pour installer Mixmax dans votre Chrome, passez par ce lien de parrainage (rappel sur les liens affiliés).

Mentions honorables

D’autres solutions approchent de ce niveau de raffinement existent, mais elles sont pour l’instant inachevées, ou bien ne donnent pas toutes les fonctionnalités espérées. Cependant, si elles correspondent mieux à votre propre système, sachez qu’elles existent :

Gmail + Activeinbox

activeinbox-iconFait tout ce que le couple Inbox + Mixmax propose à peu près, en mieux par certains côtés, en moins bien par d’autres. À un très regrettable détail près : pas de solution mobile encore, ce qui empêche le traitement dans toutes ces petites fenêtres de temps potentiellement perdues et qui, pour moi, est rédhibitoire 1. En revanche, il fonctionne sur Chrome, Firefox et Safari. Activeinbox reste une Rolls pour le contrôle des courriels, dont je me suis servi plusieurs années avec soulagement (s’inscrire par ici, lien de parrainage).

Boomerang

Produit vénérable car ancien, qui propose l’envoi différé et le snooze. S’intègre surtout avec Gmail, mais aussi avec Outlook. Si vous êtes coincé dans l’écosystème Microsoft, ça peut valoir un coup d’oeil. Boomerang par Baydin.

Et sinon ?

Et sinon… Il semble qu’un certain nombre de produits disponibles uniquement sur les plate-formes Apple (Dispatch et Airmail en tête de liste) fournissent le même genre de fonctionnalités, tout en offrant la possibilité alléchante de s’affranchir de Google. Mais là… je ne suis pas compétent.

(Maintenant que j’ai raconté tout ça, par pitié, n’allez pas croire que je suis un foudre de guerre sur la correspondance, vous savez qu’il n’en est rien – ces petites astuces me permettent toutefois de donner de l’ordre au chaos qu’est mon courriel, et d’éviter que ce soit encore pire. Vous vous rendez compte d’à quoi nous échappons tous, hein ?)

  1. L’équipe promet depuis des années une solution mobile, mais on attend toujours…
2016-04-05T18:59:32+02:00lundi 11 avril 2016|Lifehacking, Technique d'écriture|3 Commentaires

La boîte à outils de l’écrivain (mais pas que) : dompter son courrier électronique, les techniques (1/2)

help-emailBon. Très franchement, auguste lectorat, je ne pensais pas un jour me retrouver à proposer un article se proposant de donner un petit coup de main pour l’organisation du courrier électronique, parce que c’est, pour tout dire, un peu risible. Je suis en effet sujet depuis des années à une sorte de syndrome de Sisyphe – une boîte de réception qui se remplit sans cesse et ne se vide jamais, avec des retards parfois surréalistes (terme châtié pour dire : honteux) dans la correspondance. Je ne me plains pas, après tout, c’est le signe qu’on juge potentiellement sympa de m’envoyer des trucs, et que, même après ces années, on ne m’en veut pas (trop) de ma lenteur.

Mais je n’ai pas la fatuité de me croire seul sujet à ce mal qui est pour ainsi dire le nôtre à tous ; l’expression « email overload » (surcharge de courriels) génère quelque 120 000 résultats à l’heure où j’écris et des flopées de logiciels, livres, cours se targuent tous de vous aider à régler ce problème pour seulement 99,99 hors taxes. Une statistique récente annonce que l’Américain moyen passe 6,3 heures (6,3 heures, fichtrefoutre !) par jour dans sa boîte de réception. Remplacez « boîte de réception » par « au téléphone » : y aurait pas comme un truc qui coince ?

Que peut-on donc faire ? 

Je n’ai pas de réponse mais je lutte contre le problème depuis à peu près quinze ans et j’ai développé une sorte de système dont la qualification scientifique est « pas trop dégueu » – j’ai à présent rarement plus de trente mails dans ma boîte, et ce de façon stable. Je vois chez d’autres proches et amis 150, 500, voire plusieurs milliers… Et ces mêmes proches et amis, voyant mon fonctionnement, m’ont exhorté à rédiger cet article : « je voudrais lire ça ! ». Tout ce long caveau pour dire : non, je ne suis pas parfait dans le traitement de mon courriel (mais qui l’est ?), cela dit, j’ai peut-être un ou deux trucs que je peux partager, et que voici. En toute humilité. Sans garantie de succès.

Bon.

De mon humble expérience, contrôler son courrier électronique relève de deux pans :

  • Les bonnes techniques
  • Les bons outils.

Aujourd’hui, nous parlerons de techniques. Lundi, j’aurai deux outils complémentaires à proposer.

Email-fu : quelques pistes pour des techniques

drowned-in-mailJe suis passé proche du burn-out fin 2014. Ce jour-là, j’ai pris une résolution : me déconnecter totalement pendant deux semaines, laisser les courriels tomber dans les abysses et ne les reprendre qu’à la rentrée. Cela m’a fait un bien fou, d’une part au moral, mais surtout, je me suis rendu compte d’une évidence : mon travail ne s’était pas écroulé bien que je n’aie pas consulté frénétiquement ma boîte de réception. Il en est venu une autre évidence encore plus… évidente, et qui, je gage, s’applique à 80% d’entre nous (ceux qui ne travaillent pas dans le support technique, en gros) :

Notre travail ne consiste pas à répondre à des courriers électroniques

Une grande part de la communication professionnelle passe par le courriel, oui, et il ne faut pas le laisser à la dérive, bien sûr, mais, dans une large mesure, répondre au courriel ne relève pas du travail de production. Soit, selon votre métier : écrire, composer, boucler un bilan, rédiger une proposition commerciale, rédiger un article scientifique, conduire une expérience, appeler un client, corriger des copies, moderniser un cours, etc. Dans le cadre professionnel, le courriel relève de la logistique et de l’organisation. Dans le cadre personnel, il relève de la correspondance

Lui donner davantage d’importance ouvre une porte dangereuse. Le courriel est un jeu immédiatement gratifiant : j’ai traité ce message, j’ai répondu, un de moins sur une liste immédiatement visible. J’ai donc la sensation d’être productif, de m’affairer – mais je ne le suis pas, c’est la brutale vérité ; je le serais si je produisais au lieu d’organiser. Bien entendu, il faut organiser son travail, mais si l’on reprend la statistique énoncée plus haut, doit-on réellement passer 6 heures sur 8 d’une journée de travail standard en organisation ? Ce serait plutôt l’inverse.

D’où la première technique : encadrer le courriel dans des plages horaires déterminées et claires. Il n’y a que 24 heures dans une journée et un nombre fini de choses faisables. Pour ma part, j’ai relégué le principal de cette activité à une demi-journée dans la semaine, et je m’affaire à ramener mon délai de réponse standard pour la correspondance à « quelques semaines » (au lieu, parfois, de « quelques mois »). Le reste du temps, se contraindre à un nombre de consultations raisonnable dans la journée (j’en suis à deux ou trois, et c’est une sacrée victoire sur moi-même, je peux vous dire).

La boîte de réception n’est pas un dossier d’archive

Mon humble expérience – et largement partagée, à ce que j’en sais – m’a également fait tomber dans un piège classique : laisser les messages dans la boîte de réception quand il faut en faire quelque chose. Voire, les y laisser pour ne pas les oublier. Voire, les y laisser parce que je ne sais pas quoi en faire / ne veux pas décider quoi en faire. Ils pourrissent là, une sensation de culpabilité croissante m’habite chaque fois que je les vois, je ne veux plus les ouvrir, mais je ne veux pas les jeter non plus – car ils sont utiles. Je n’ai juste pas clarifié en quoi. Du coup, je fredonne LALALALALA en regardant plutôt les nouveaux messages tout neufs qui viennent d’arriver avec plein de choses nouvelles dedans, comme un singe appuyant sur la pédale dispensant des récompenses. Je n’ose pas faire défiler ma boîte de peur de ce qui va m’exploser au visage. Honnêtement, je ne suis pas le seul, hein ? (Enfin, étais – comme je le disais plus haut, je n’ai plus qu’une trentaine de messages en souffrance de façon régulière.)

Maintenant, analogie largement répandue chez les auteurs de méthodes de productivité outre-Atlantique. Combien d’entre nous laissent leurs factures d’électricité impayées dans notre boîte aux lettres physique afin de « penser à les régler » ? Absurde, hein ? C’est pourtant ce que nous faisons avec nos courriers électroniques.

Bien des auteurs militent pour le principe du « touch it once » (n’y toucher qu’une fois). Cela ne veut pas dire qu’il faut répondre à chaque message immédiatement dès réception ; mais décider ce qu’est ce message dès ouverture, le diriger aussitôt vers un système fiable, et l’y parquer, avec les actions attenantes si nécessaire. Pour cela, la méthode Getting Things Done offre une aide précieuse. Ce message :

  • N’apporte-t-il rien ? L’effacer.
  • Peut-il être traité en moins de deux minutes ? Le faire tout de suite.
  • Contient-il des informations utiles pour référence ultérieure ? L’archiver.
  • Nécessite-t-il une action en retour ? La noter dans un système fiable et archiver.

Donc, seconde technique : se contraindre dès l’ouverture d’un message à décider clairement ce qu’il nécessite comme action à suivre. Archiver ces actions en sécurité. S’assurer d’y revenir. Et passer à autre chose.

Et maintenant ?

Quels sont les outils qui peuvent nous aider rapidement et facilement à étayer ce flux de travail ? La suite lundi.

2016-04-05T18:59:37+02:00jeudi 7 avril 2016|Lifehacking, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur La boîte à outils de l’écrivain (mais pas que) : dompter son courrier électronique, les techniques (1/2)

Formulaire de contact non fonctionnel depuis un mois

Message de maintenance important concernant le site : le formulaire de contact ne fonctionne apparemment pas depuis un mois, peut-être davantage. Si vous avez cherché à me contacter par ce biais en juillet, voire en juin, c’est hélas bien simple, je n’ai jamais reçu votre message (la faute à mon doux hébergeur qui change les règles sans trop prévenir ses clients, gros FAIL pour lui). Je crains qu’il vous faille donc me le renvoyer.

J’en ai placé un nouveau en catastrophe, il est un peu moche mais fonctionne, lui.

Sur le front delphinesque, je pars en mer à nouveau demain, mercredi et peut-être aussi mardi ; les mises à jour du blog risquent donc d’être ralenties en conséquence, mais j’espère rapporter quelques images sympathiques.

2011-07-31T23:35:30+02:00dimanche 31 juillet 2011|Actu|7 Commentaires
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