Le café des super-héros
Du moins, c’est écrit dessus. (Vu à Séoul.)
Du moins, c’est écrit dessus. (Vu à Séoul.)
… et donc, L’Héritage de l’Empire sort dans une semaine. (Pour mémoire, vous pouvez toujours précommander votre exemplaire, la sortie n’est pas retardée par le confinement, mais donc peut-être un peu compliquée par la situation, donc n’oubliez pas de faire vivre votre libraire.)
Mais ça ne veut pas dire qu’on reste les bras ballants –

Et wala. J’ai commencé le travail sur le cinquième et dernier volume de « Les Dieux sauvages » il y a quelque temps (techniquement, je l’ai commencé en 2016, avec la construction de la saga…) mais c’est acté : je touche mon manuscrit tous les jours pour achever de planifier cet ultime volume qui promet d’être encore un monstre. L’écriture proprement dite commencera en janvier.
Je fais juste un petit truc rapide entre temps. Voir la barre de progrès sur le côté → quelque part par là, oui, là.
Je devrais en parler sous peu, et ça devrait vous plaire. Enfin. J’espère. Moi, en tout cas, j’y prends grand plaisir. Et ça ne peut que commencer par là !
Par un étrange concours de circonstances sanitaire, le NaNoWriMo (ou DRoMA en bon français – bravo pour cette initiative, à suivre ici !) se déroule donc en confinement, ce qui s’y prête donc peut-être bien (fonction de votre situation précise). En 2013 (gloups) on m’avait demandé un pep talk – soit un discours de motivation ? De sergent instructeur ? Un massage de dos ? – pour le NaNo, justement, mais le site concerné a depuis disparu. Donc : revoici.
Vous l’avez peut-être déjà entendu : il n’y a pas de vérité absolue en art, il n’y a donc pas de méthode en création. Pas d’autre méthode que la vôtre, qui sera le fruit de vos expérimentations, de vos aventures et surtout de ce que vous goûterez, et de la façon dont cela vous fera mûrir. La seule façon d’apprendre à écrire consiste à vous connaître ; la seule façon d’apprendre à vous connaître consiste à écrire.
Il existe en revanche une vérité cardinale. C’est la persévérance. Bossez comme vous l’entendez. Mais BOSSEZ.
Bossez dans un café bondé ou isolé(e) chez vous dans le silence. Bossez dans la sérénité ou en vous tapant la tête contre les murs. Bossez dans les interstices de votre vie, bossez en vous ménageant de grandes plages de temps, bossez sur un smartphone ou un cahier relié de cuir, avec un synopsis, sans synopsis, en vous octroyant une pause au calme, en écrivant pendant un forcené douze heures d’affilée.
Mais, quoi qu’il arrive : BOSSEZ, sans relâche, de la manière qui vous ressemble aujourd’hui (qui ne sera peut-être pas la même demain).
Réfléchissez à ce dont vous avez besoin, mettez-vous en accord avec vous-même, écrivez, raffinez la formule, recommencez.
Créer, c’est dur. Écrire, c’est de la folie. Mais c’est de la magie, et c’est pour ça que vous êtes là. Pour faire naître votre histoire, pour vous immerger dans la vie de personnages et, peut-être, jouer des émotions de vos futurs lecteurs en virtuose, les faire passer par le rire et l’angoisse, par la peine et le triomphe.
Toutefois, nul autre que vous n’a décidé de se lancer dans cette galère, celle de la littérature en général et celle du NaNo en particulier. Et, plus important, nul autre que vous, si vous êtes honnête avec vous-même, si vous allez chercher au fond de vous la vérité qui n’appartient qu’à vous, ne peut dire ce que vous avez à dire. Si vous laissez vos histoires au fond de vous-même, nul ne les racontera pour vous.
Vous êtes seul(e) redevable de votre engagement envers vous-même. Vous vous êtes fait cette promesse. Et pour y parvenir, au fond, il n’y a pas de recette, pas de miracle : il y a de l’effort, de l’entêtement, du serrage de dents, quelques pétages de plombs, de la déprime et de l’extase.
Mais j’ai une bonne nouvelle : c’est normal. C’est le métier. Rassurez-vous. Est-ce que ça ira mieux avec le temps ? Probablement pas. Mais vous saurez une chose : que vous en êtes passé(e) par là, que vous avez survécu, fini, et continué.
Et c’est pourquoi, ce que vous ne devez pas faire, c’est baisser les bras. Vous dire que vous n’y arriverez jamais. (Ou alors, juste un peu. Mais pas longtemps. Prenez un chocolat chaud. Pleurez sur l’épaule de votre mère. Soufflez un peu. Jouez à Mario Kart. Mais ensuite : retournez dans l’arène, le couteau entre les dents, et faites rendre ses chapitres à votre histoire.) Ce que vous devez faire, c’est toujours remonter en selle. C’est insister. Ne vous arrêtez pas. Parce qu’au cœur de l’écriture, il n’y a jamais que cela : l’acte d’écrire, de rester devant la page, et d’aligner les mots. Derrière toute la théorie littéraire du monde – qui a son utilité et fait gagner des années de réflexion, ne vous y méprenez pas – il n’y a toujours qu’une personne, face à la page, qui écrit, sans s’arrêter, et qui, un jour, finit son livre.
Nul ne vous regarde. Nul ne vous relira si vous ne le souhaitez pas. Vous pourrez toujours retravailler plus tard. Alors, laissez-vous aller. Tentez, osez vous planter. Persévérez, même et surtout si ça vous paraît nul, incohérent, plat, pas crédible. Ne revenez pas en arrière. Ne corrigez pas. Notez peut-être sur une feuille à part ce qu’il faudra rattraper ; mais, pour l’heure, avancez.
Pour corriger, il faut avoir une base de travail, et c’est exactement ce que vous êtes en train de construire : ramer, grogner, défricher dans la sueur et une possible consternation le territoire vierge de votre histoire, pour disposer ensuite de matière. Mais vous ne pourrez rectifier le voyage qu’en l’ayant déjà accompli. Ce premier trajet n’est pas parfait. Mais ce n’est pas le but. Le but, c’est savoir les questions que votre histoire pose pour réfléchir ensuite aux meilleures réponses à leur apporter.
Alors, par tout ce qui est juste et bon, ne visez pas la perfection. Avancez, c’est tout. Insistez, toujours. Terminez ce fichu premier jet. Ne lâchez pas ; soyez celui ou celle qui tient bon quand tous les autres abandonnent. Ayez ce courage. Lâchez Facebook, laissez tomber la vaisselle, cloîtrez-vous et ne répondez plus au téléphone s’il le faut. Mettez des mots sur la page. Au bout du compte, malgré toute la technique narrative amassée – qui a sa valeur –, c’est cette persévérance qui est la seule à pouvoir vous conduire au bout de la route. C’est la règle de l’écriture n°1 de Robert Heinlein :
« Tu dois écrire. »
S’il n’y a vraiment qu’une seule chose à savoir, c’est celle-là.
PS : Si vous ne rencontrez aucune des difficultés susnommées, félicitations ! Bravo, et bon NaNo ! Par ailleurs, sachez que je vous hais. Gros bisous.
Et hop, comme nous en avons à présent pris l’habitude depuis le printemps, Procrastination s’est réuni virtuellement la semaine dernière pour mettre cinq épisodes de plus dans la boîte !

Personnellement, j’apprends toujours davantage de ces sessions et des manières d’optimiser l’enregistrement à distance (une affaire un peu plus compliquée qu’il n’y paraît si l’on cherche à dépasser le simple enregistrement Skype). J’espère que la qualité sonore ne fera que s’améliorer au fil de cette année, en tout cas c’est le but.
Mais ce qui compte avant tout reste le contenu, et nous sommes armés jusqu’aux dents de chouettes sujets, dont voici le nouveau planning !
Rendez-vous bientôt donc pour le 1e novembre. Ou le 30 octobre. Ou le 2 novembre. Mais y a pas de Procrastination qui sort ces jours-là. Donc bon. Après c’est probablement de chouettes journées aussi. Mais un tout petit peu moins. Forcément.
Là encore, ça marcherait moins bien en français.
Voilà bientôt trois mois que j’ai quitté les réseaux commerciaux et je n’ai jamais été aussi détendu de récente mémoire. Jamais aussi concentré, aussi, et productif ; quand je pense au temps que j’ai mis à me résoudre à cette décision, j’aurais le faire voilà deux ans. J’ai en tête quelques projets beaucoup plus productifs pour parler d’écriture et de mon propre travail, mais il faut que je fasse la place dans le calendrier (merci le time-blocking) pour y parvenir.
Bref : mon moyen de communication principal avec vous et toi, auguste lectorat, est donc devenu la newsletter mensuelle. (Nous connaissons en plus, à présent, la mystérieuse et démoniaque histoire de Lucien.) Je l’ai refondue il y a deux ans environ pour la rendre moins fréquente et plus dense, mais c’était à une époque où elle fonctionnait en tandem avec les réseaux. J’aime assez la formule actuelle (riche en contenu, plus rare) parce que je fonctionne ainsi, mais vu qu’il s’agit de donner des nouvelles régulières et de proposer le contenu du blog sur le mois passé, je me demande tout simplement si l’offre est adaptée à la demande.
Du coup, grande consultation publique, comme on dit dans les mairies de campagne quant à l’installation d’une bretelle d’autoroute. Et comme vous n’avez pas forcément que ça à faire que de vous étendre en commentaires, pour simplifier, un petit sondage avec des options courantes. Sachant, cependant, que si vous avez le temps de vous étendre en commentaires, votre avis détaillé et d’éventuels débats subséquents sont éventuellement les bienvenus.
Dites-moi ce que et comment vous aimeriez recevoir.

Or doncques, le sondage en trois parties : d’une, la forme, de deux, le fond ; de trois, une boîte à idées complètement libre où vous pouvez ajouter vos propres réponses et idées. Les autres visiteurs les verront et pourront ajouter leur vote à vos propositions si elles les séduisent ! Vous pouvez bien évidemment développer idées et discussions en commentaires.
(C’est la première fois que je tente un truc pareil, donc je demande l’indulgence du jury, et si un truc ne marche pas, signalez-le en commentaires, je le verra. Merci !)

Donc, tandis que nous nous adaptons à cette nouvelle période (Netflix, Disney+, whisky), une info brève mais importante :
L’atelier réalisé pour les Mots sur la notion de conflit en narration est MAINTENU (28-29 novembre). Il se fera en virtuel, via Zoom, comme toutes nos vies en ce moment.
Nous avons testé la formule lors du premier confinement au printemps et cela marche réellement bien. À tout prendre, si vous n’êtes pas à Paris, c’est même l’occasion d’en profiter.
J’avais promis d’en dire plus, donc information de première nécessité (en tout cas pour moi) :
La publication de L’Héritage de l’Empire est maintenue au 20 novembre.
Contrairement au premier confinement, la chaîne du livre ne s’arrête pas. Cela signifie que vous pouvez commander vos livres (notamment L’Héritage de l’Empire, sans vouloir vous influencer) en toute liberté et être livré·es pour Noël (et votre plaisir).

J’attire votre attention sur le fait que quantité de commerces indépendants, dont les libraires, proposent des commandes par correspondance ou en point de récupération. Plus que jamais, ils ont besoin de votre soutien, et les moyens pour s’approvisionner chez eux ne manquent pas : site web, mail, même un coup de téléphone – les frais d’envoi, le cas échéant, ne vous coûteront pas plus cher que le ticket de métro ou l’essence que vous auriez dépensés pour leur rendre visite. Et vous faites un acte militant, en contribuant à la diversité culturelle, en faisant vivre ceux et celles qui s’intéressent vraiment au livre et aux auteurs (ce n’est pas Amazon, malgré ce qu’ils prétendent) et vous récompensez les entreprises qui contribuent à faire fonctionner le pays via leurs impôts… Ça peut servir, en ce moment.
Je ne crois pas vous avoir jamais1 appelés à commander un de mes bouquins en masse – chacun fait ce qu’il ou elle veut, j’ai toujours proposé, vous disposez – mais si vous y pensez en ce moment, j’aimerais juste vous demander de ne pas oublier. Sortir un bouquin par les temps qui courent est très difficile car il n’y a quasiment pas de promotion possible, que ce soit sur les étals des libraires ou en salon. (Heureusement, il reste la presse et les blogs.) Vous voyez l’info aujourd’hui, vous ne la reverrez peut-être pas ; pensez-y, donc, avec mes remerciements, ceux de mon éditeur, et du libraire que vous ferez vivre.
Prenez soin de vous.

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s05e04 – La course à la perfection« .
Les innombrables ouvrages de développement personnel et les conseils sur Internet tendent à accumuler les injonctions et les recommandations pour une vie saine – promettant donc une écriture saine. Cette quinzaine, passage au microscope de cette tendance, et de son ancrage dans la réalité ; car Estelle relève qu’un certain nombre de jeunes auteurs ont peut-être une vision fantasmée de la vie d’auteur qui peut prendre le pas sur l’acte même d’écrire. Mélanie rappelle qu’il n’y a pas de méthode absolue, et qu’il est capital de connaître son propre fonctionnement ; Lionel, qui est davantage immergé dans les techniques de productivité, rappelle que toutes les injonctions ne sont que le symptôme d’une vraie cause : comment réserver du temps et de l’énergie pour écrire ?
Références citées :
– Le coût cognitif de changer de tâches et faire plusieurs choses à la fois : https://www.apa.org/research/action/multitask
– S’organiser pour réussir, la méthode Getting Things Done, David Allen
– zettelkasten.de
– Ableton Live
– Big Magic (Comme par Magie), Elizabeth GilbertProcrastination est animé par Mélanie Fazi ( https://www.melaniefazi.net ), Estelle Faye ( http://www.estellefaye.fr/ ) et Lionel Davoust ( https://lioneldavoust.com ). Diffusion : Elbakin.net.
Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :
Bonne écoute !