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Des œuvres favorites, en compagnie de Thomas Geha et Jean-Laurent del Socorro [entretien]

« Quelles sont vos bibliothèques idéales ? »

Question posée à Thomas Geha, Jean-Laurent Del Socorro et moi-même : trois entretiens croisés à découvrir sur ActuSF ! Merci à l’équipe → https://shrtm.nu/7hnH

2020-06-21T21:54:30+02:00mardi 23 juin 2020|Brèves, Entretiens|Commentaires fermés sur Des œuvres favorites, en compagnie de Thomas Geha et Jean-Laurent del Socorro [entretien]

La conscience de l’ambiguïté

Je continue à rattraper vos questions… encore mes excuses pour la lenteur de réponse (… mais si vous m’avez envoyé un jour un mail, vous savez que… enfin… bref. J’essaie de faire mieux, cependant !)

Je viens de réécouter l’épisode 4 de la saison de Procrastination en cours et une de tes phrases m’a interpellé.
Tu dis à un moment que tu cherches toujours à faire véhiculer des choses qui fassent progresser le monde dans un sens positif.

Je trouve pourtant que ton Empire d’Asreth véhicule quelque chose de beaucoup moins consensuel que ça. La façon dont il croît permet des évaluations multiples en positif et négatif, comme l’empire romain qui, je le vois sur Babelio, continue à générer des commentaires parfois admiratifs et parfois dédaigneux et critiques. Et je trouve que cela participe à la richesse et à la vraisemblance de ton univers.

Comment considères-tu cet Empire d’un point de vue « portage de valeurs »?

Déjà, merci beaucoup pour ces compliments sur la richesse d’Évanégyre !

L’histoire est un sujet complexe et rares sont les questions qui connaissent des réponses uniques. Il y en a, bien sûr ; il existe certains cas où le jugement des siècles est (heureusement) sans appel. Mais l’humanité échappe dans nombre de cas à des jugements binaires ; bien ou mal ; positif ou négatif. Dans les faits, bien de longues périodes ont amené les deux (à mesure que les forces de l’histoire prenaient leur propre vie).

Tu parles d’Asreth, qui renvoie aux impérialismes de l’histoire (à commencer effectivement par Rome). Est-ce que Rome est positif ou négatif ? En Europe, nous héritons, au sens large, de Rome ; nous utilisons son alphabet ; la Renaissance, sur laquelle se fonde notre modernité, remonte directement aux classiques. Pour Rome, il fait bon être romain, et en plus, on t’installe des aqueducs.

Alors, Rome, positif ou négatif ?

Pose maintenant la question à Vercingétorix.

De mémoire, je ne crois pas avoir dit dans Procrastination qu’il fallait « toujours » être « positif », ou si je l’ai exprimé en ces termes, je m’y suis mal pris. Je pense cependant résolument que, quand on a la chance de disposer d’une parole publique (y compris dans le cadre de la fiction), il convient d’en faire un usage responsable ; c’est-à-dire qu’il faut avoir conscience des valeurs qu’on véhicule, et qu’il faut s’efforcer de faire progresser la conversation littéraire de manière constructive.

Pour moi, cela commence par prendre garde à toute forme de complaisance envers ce que l’univers relate. Il ne s’agit pas de se censurer ; il ne s’agit pas non plus de nier l’aspect potentiellement fantasmatique, pour reprendre l’exemple dans le cas d’Asreth d’un soldat mécanisé disposant d’une puissance considérable – après tout, la fiction est aussi le domaine de l’exploration du fantasme, et le fantasme, par définition, est un jeu qui n’est pas destiné à la concrétisation.

En revanche, il s’agit de prendre spécialement garde à ce que la narration, derrière cela, cautionne. Tu dis qu’Asreth entraîne des conséquences à la fois positives et négatives : c’est donc que mon but est atteint. Tu ne verras pas de jugement de valeur de ma part t’expliquant ce que tu dois penser parce que ce serait trop simple et l’humanité ne fonctionne pas de la sorte (… et que cela ne m’intéresse pas à écrire. Même à mes propres idées, j’aime trouver des contradictions.). Ce qui est fondamental, c’est que tu ne peux pas adhérer à Asreth sans réserve. Ce sont pour moi ces réserves qui, justement, font qu’Asreth est, d’une part une force historique crédible (merci encore !), d’autre part une invitation à s’interroger sur les faillibilités humaines dans le cadre relativement inoffensif de la fiction (et on peut le faire avec des dragons et des robots géants, au passage).

Pour aller plus loin, voir Compassion, mais prison et Pourquoi la fantasy est un genre moderne.

2020-06-21T22:48:25+02:00lundi 22 juin 2020|Best Of, Entretiens|Commentaires fermés sur La conscience de l’ambiguïté

Prochains épisodes de Procrastination : envoyez vos questions sur l’édition !

Cela faisait un moment que nous laissions entendre que nous réfléchissions à faire évoluer la formule du podcast, et le confinement a eu ceci de bon que nous avons dû explorer les méthodes d’enregistrement à distance… ce qui signifie que nous sommes très heureux de pouvoir commencer à recevoir des invité.es ! Ce qui permettra d’explorer les autres corps de métier que nous n’exerçons pas, vous proposer des points de vue différents sur la chaîne du livre, même si, bien sûr, le podcast reste centré autour de la création.

Nous sommes particulièrement honorés de recevoir très bientôt un grand nom du monde de l’édition. Nous avons bien sûr des sujets que nous comptons aborder, mais c’est l’occasion : si vous avez des questionnements, des interrogations sur l’édition professionnelle en lien avec la création, n’hésitez pas à les laisser en commentaires. Nous ne pouvons pas garantir que nous traiterons tout – 15′, c’est court – mais nous nous efforcerons d’aborder un maximum de dimensions.

Maintenant, assez procrastiné, allez écrire !

2020-07-05T09:09:11+02:00mercredi 17 juin 2020|Technique d'écriture|2 Commentaires

Procrastination podcast s04e17 – Écrire tous les jours

procrastination-logo-texte

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s04e17 – Écrire tous les jours« .

(Épisode enregistré en confinement.)
C’est un conseil classique qui se retrouve partout et sous bien des formes, parfois prôné comme règle absolue, mais aussi battu en brèche par les professionnels : cette quinzaine, désassemblage de l’injonction !
Mélanie rappelle que tout le monde n’a pas le même rapport à l’écriture, donc que le conseil ne peut s’appliquer à tout le monde ; le seul contexte où elle y trouve une valeur réelle est dans l’avancée régulière sur un projet au long cours. Lionel replace les intentions derrière l’injonction : elle s’adresse premièrement aux débutants qui ont besoin de discipline et de trouver la place d’écrire, mais c’est pour lui le fait de « toucher son projet Â» qui compte davantage que d’écrire. Enfin, Estelle vante les vertus de la pause et du fait de s’aérer l’esprit, mais rappelle que l’on n’a pas toujours des conditions idéales pour créer. C’est là qu’un ou une professionnel.le Å“uvrera à créer les conditions qui lui permettront de poursuivre son métier et à transcender les circonstances négatives.

Références citées
– Steven Pressfield, La Guerre de l’art
– Stephen King, Écriture
– American Conservatory Theatre (San Francisco)
– Robin Hobb
– Le Limousin

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2020-10-19T11:35:15+02:00lundi 15 juin 2020|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s04e17 – Écrire tous les jours

Passage temporaire en mode corrections pour L’Héritage de l’Empire

Si par extraordinaire vous surveilliez les barres de progrès du site, pas d’inquiétude si le premier jet de L’Héritage de l’Empire reste bloqué à 95% : pour arriver à tenir la date de publication en novembre, j’ai attaqué mes corrections, et je bouclerai ensuite la fin.

2020-06-06T21:23:34+02:00jeudi 11 juin 2020|Brèves|Commentaires fermés sur Passage temporaire en mode corrections pour L’Héritage de l’Empire

Port d’Âmes à -50% en numérique jusqu’à la fin du mois

Bon, pour être très exact, c’est -44%, des histoires de décimales à bien placer, mais : tout est dans le titre. Jusqu’au 30 juin, Port d’Âmes est à 4,99 € au lieu de 8,99 € en numérique sur toutes les plate-formes. Roman d’aventures mais aussi réflexion sur la mémoire, l’identité et (gasp) l’amour, ce récit s’insère dans l’univers d’Évanégyre tout en étant totalement indépendant de tous les autres textes publiés.

Rhuys ap Kaledán est un héritier déchu.

Tout juste libéré de la servitude et des galères, il rejoint la cité franche d’Aniagrad, où tout se vend et tout s’achète, pour reconquérir l’honneur de sa famille. L’occasion lui en est rapidement donnée : Edelcar Menziel, un ancien ami de son père, lui propose de travailler sur la conversion dranique, un procédé perdu depuis des siècles qui permettrait de réaliser des machines magiques.  Résolu à tracer son chemin dans la haute société de la ville,  le jeune homme s’investit de tout son cœur dans le projet.

Mais bientôt, coincé entre des intrigues politiques et son amour pour une mystérieuse jeune femme qui vend des fragments de son âme pour survivre, Rhuys découvre que le passé recèle des secrets bien sombres et tortueux. Aux prises avec l’ambition, la duplicité et le mensonge, il devra se montrer plus rusé que ses ennemis s’il veut atteindre son but sans perdre son âme.

Finaliste du prix Imaginales du roman

Finaliste du prix Imaginales des lycéens

Finaliste du prix Elbakin

Couv. François Baranger

À noter également que Tattoo Blues de Julien Heylbroeck et Le Phare au corbeau de Rozenn Illiano sont eux aussi à -50% jusqu’à la fin du mois ! (Enfin, eux, en vrai, c’est -55 et -58%. Damned.)

2020-06-06T20:53:22+02:00mercredi 10 juin 2020|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Port d’Âmes à -50% en numérique jusqu’à la fin du mois
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