ReLIRE aux oubliettes
Yatta ! Comme j’en ai parlé à plusieurs reprises, auguste lectorat, impossible de ne pas réjouir – enfin – de la décision de la Cour de Justice de l’Union Européenne qui vient, purement et simplement, de coller une balle dans la nuque du projet léonin ReLIRE, dont se gargarisaient scandaleusement les pouvoirs publics et qui a coûté une somme honteuse au contribuable.
Rappel rapide des faits : il s’agissait avec ReLIRE d’autoriser – sans l’accord préalable de l’auteur – la réédition de livres indisponibles au bénéfice, pour moitié, des éditeurs qui les avaient laissés s’épuiser. L’auteur touchait certes 50% des bénéfices, mais devait s’opposer volontairement à l’exploitation de son travail s’il ne désirait pas entrer dans le dispositif (principe de l’opt-out), par ailleurs entaché d’un nombre d’erreurs dans sa base de données qui défonçait carrément toutes les limites de l’incompétence. En gros, s’il ne surveillait pas attentivement le registre chaque année, son travail se trouvait exploité sans son accord explicite – et prouver qu’il était bien l’auteur tenait du parcours du combattant. (Résumé plus détaillé ici.)
Grâce au combat mené par Sara Doke et notre immensément regretté camarade Yal Ayerdhal, avec la compétence pointue de Me Franck Macrez, la CJUE a statué : le droit moral est souverain, et l’auteur seul peut entendre disposer de son travail – qui lui appartient ; ce siècle exige-t-il tant qu’on le rappelle ?
À titre personnel, je me réjouis avec une joie carrément sauvage de cette victoire et n’adresse que mépris à toutes les huiles guidées par la paresse qui crurent un jour bon d’exproprier les auteurs de leur propre travail. Et, comme le signale Sara dans cet excellent entretien donné à Actualitté, on peut s’interroger que les sociétés d’auteurs ne s’en réjouissent pas davantage, à l’exception du SELF.
Plus d’informations sur la décision et le dossier, voir cet article qui récapitule l’ensemble des décisions.
Merci à tous les combattants qui ont défendu ces droits pourtant fondamentaux et inscrits de longue date dans les conventions internationales.
Le steampunk, une esthétique de la machine ? (débat aux Utopiales 2016)
Le site de référence ActuSF réalise les captations de débats et tables rondes pendant les festivals d’imaginaire au fil de l’année ; le débat « Steampunk : une esthétique de la machine ?« , modéré par Étienne Barilier et qui faisait intervenir Olivier Gechter, Johan Heliot, Karine Gobled et moi-même est disponible au téléchargement en intégralité sur cette page.
La bande-originale de Psycho Starship Rampage disponible partout (achat, stream)
J’en ai longtemps parlé, ça a beaucoup tardé – entre autres parce que je découvre un modèle économique assez différent et que j’ai exploré la meilleure manière de la distribuer – mais ça y est, la bande originale de Psycho Starship Rampage, développée par mes petites mimines, est disponible sur les toutes les plate-formes de téléchargement et de streaming musical !
Je vous avoue que c’est quand même une émotion, c’est un premier album et un rêve de môme qui se concrétise tandis que je scrutais avec obsession les vidéos de concerts et clips de Jean-Michel Jarre pour comprendre comment fonctionnaient les synthétiseurs et que j’essayais de reconnaître les modèles rien qu’à l’oreille…
Pour vous en (re)faire une idée, tout est actuellement écoutable librement sur YouTube. Psycho Starship Rampage contenant pas mal d’hommages aux jeux des années 80 et 90, mais avec une expérience de jeu résolument moderne, je me suis amusé à réfléchir à ce qu’aurait pu être une bande originale d’autrefois, mais faite avec les moyens d’aujourd’hui.
Et maintenant, l’album est présent sur les grandes plate-formes de distribution habituelles. La propagation est en cours, donc si vous ne le trouvez pas sur votre média favori (Deezer ou Spotify, par exemple), veuillez patienter un peu, ça va arriver.
Pour l’heure, je peux me la raconter avec ces badges :
L’album est à 7,99, et bien sûr il est diffusible à l’envi sur Apple Music et les autres grands services (en cours de validation, mais ça devrait être très rapide ; dans le temps où j’ai écrit cet article, Amazon s’est rajouté à la liste).
N’hésitez pas à faire tourner si ça vous plaît, et à l’ajouter à vos bibliothèques le cas échéant !
Procrastination podcast ép. 5 : « Question de point de vue »

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « Question de point de vue« .
La nature du point de vue d’un récit est probablement l’une des questions les plus posées par les jeunes auteurs, et l’une des moins bien maîtrisées parmi les fondations de la technique littéraire. Dans cet épisode, Mélanie Fazi, Laurent Genefort et Lionel Davoust les passent en revue et livrent quantité d’astuces sur leur propre usage du point de vue.
Références citées :
– Elisabeth Vonarburg, Comment écrire des histoires (guide de l’explorateur)
– Lionel Davoust, Inventaire des point de vue
Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

La boîte à outils de l’écrivain : tracer ses chronologies avec Aeon Timeline
Dès que l’on assemble un projet narratif un tant soit peu long, dès que les points de vue se multiplient, ou même dès que l’on souhaite établir une vague (ou précise) chronologie des événements de son monde fictif, la frise est l’outil évident, établi sur un coin de table, ou plus ambitieux avec plusieurs feuilles A3 collées ensemble…
… Ce qui devient un cauchemar quand on souhaite élargir le canevas, détailler un domaine, décaler des événements après coup, et entraîne quantité d’erreurs potentielles quand l’on souhaite calculer une différence de temps simple comme un âge. Fichtredieu, se dit alors l’auteur éclairé et de bon goût sur son canapé en phoque de narval tout en berçant son whisky distillé avec d’authentiques larmes d’éditeur, voilà donc bien un domaine où l’informatique pourrait bien m’aider, mais un tel outil existe-t-il ?
Tu te doutes, auguste lectorat, que si nous sommes ici, c’est que ça existe, et ça s’appelle Aeon Timeline.
Ça frise la beauté
En son cœur, Aeon Timeline ne ressemble guère à davantage que la bonne vieille frise chronologique de CP figurant nos ancêtres les Gaulois d’un côté et l’apocalypse zombie de l’autre, et déjà, ce serait bien puissant. Ajouter un événement est aussi simple qu’un double-clic, le déplacer qu’un glissement, chaque point peut avoir une durée :
Le tout toujours proprement disposé (informatique oblige), avec des couleurs personnalisées. On peut zoomer et dézoommer à l’envi sur la frise, détaillant l’événement au mois près, ou bien au millénaire. Fraise Tagada sur la meringue, l’auteur peut parfaitement personnaliser le calendrier, de la durée de l’année aux noms et nombre de mois, s’il rédige un récit dans un monde entièrement différent avec un calendrier différent du nôtre. Enfin, différents « arcs » permettent de faire cohabiter et mettre en relation diverses lignes chronologiques concomitantes, comme : plusieurs flux narratifs, plusieurs thèmes parallèles, etc. Je m’en sers par exemple pour tracer les différents aspects de la société impériale d’Évanégyre (La Route de la Conquête) au fil du presque-millénaire de l’Âge d’Or (voir ci-contre) et placer précisément les récits en m’assurant que l’enchaînement fonctionne.
Rien que cela (ce qu’offrait les premières versions d’Aeon Timeline), ça serait une aide immense. Mais le logiciel va encore plus loin dans sa version actuelle, pour se transformer en véritable base de données chronologique.
« In a relationship »
En effet – et ça devient un peu technique, mais prodigieusement puissant – les aimables codeurs de ScribbleCode ont pensé leur logiciel en terme d’événements, d’entités et de rôles qu’ont celles-ci sur les événements : observateur, participant, etc. Un événement peut intervenir dans plusieurs arcs (quand plusieurs lignes narratives se rejoignent, par exemple), et celui-ci peut avoir un ou plusieurs participants qui ont des rôles définis (entièrement personnalisables).
Un peu compliqué, je sais – alors un exemple, tiré d’un fichier de démonstration fourni avec le programme reprenant le déroulé du Crime de l’Orient-Express. Chaque scène du livre peut être représentée par un événement individuel, lequel appartient à un ou plusieurs fils narratifs. Dans cet événement interviennent un ou des personnages (conçus par l’utilisateur). Ceux-ci ont des rôles définis, là aussi, par l’utilisateur : sont-ils participants ? Témoins ? L’astuce ici, c’est que tout est considéré comme une « entité » dont le sens est laissé à la description de l’utilisateur, et que toute entité peut intervenir dans toutes les autres. Une entité peut être : un événement (ce qui se passe), un lieu (là où ça se passe), des personnes (avec qui ça se passe, et qui intervient à quel degré), et tout ce que l’utilisateur voudra inventer d’autre. Chaque entité a des propriétés, là aussi personnalisables (mot-clé, tension, résumé)… Créer une ligne temporelle pour chaque vaisseau spatial de la flotte, conserver la trace de leurs officiers principaux au fil des mouvements, des batailles où ils interviennent et des dégâts subis à l’aide de propriétés personnalisées ? Quelques clics de configuration suffisent.
Construire sa ligne temporelle devient alors prodigieusement simple : il suffit de créer un événement et de remplir ses participants et leurs rôles de quelques clics. Le logiciel organise ensuite tout, et propose même plusieurs présentations de l’histoire : par arc narratif… Ou même par personne. Il suffit d’entrer une fois les informations, et l’informatique se charge de réorganiser le tout à la volée selon les besoins de l’utilisateur. Qui peut étoffer sa ligne temporelle en fonction des envies – travailler par lieu ? Par personnage ? Par événement ?
Aeon Timeline va même jusqu’à proposer une matrice mettant en rapport les entités les unes avec les autres – pour répondre par exemple à la question « qui a participé à quoi ? »
Rien que pour ses capacités de représentation chronologique basiques, Aeon Timeline vaut le détour et constitue un outil à mon sens indispensable pour le suivi efficace des événements d’un récit – encore davantage dans le domaine des littératures de l’imaginaire, où la construction d’un monde fictif implique fréquemment la reconstruction d’un passé. La personnalisation qu’il offre – dans les faits, mettre en relation de manière temporelle n’importe quel type d’entité (arc narratif, personnage, lieu, invention…) avec n’importe quelle autre à l’aide de rôles définis entièrement par l’utilisateur (participant, témoin, créateur, adversaire…) fait du logiciel plus qu’une simple solution de gestion chronologique, une véritable base de données temporelle dont il est probablement impossible d’épuiser la puissance.
Aeon Timeline répond à un besoin très précis – mais qui constitue à mon sens une nécessité dès lors qu’on rédige un récit complexe ; il ne fait rien d’autre, mais il le fait prodigieusement bien, et il sait se rendre vite indispensable. Oh, et puis ai-je mentionné qu’il se synchronise avec Scrivener dans les deux sens ? Et qu’il fonctionne sous Mac ET Windows ?
Pour essayer ou acheter Aeon Timeline, n’hésitez pas à passer par cette page (lien affilié, voir ici).













