La photo de la semaine : chat qui se lèche le museau
I haz my own lolcat.
I haz my own lolcat.
Toujours un peu charrette, alors je regarde dans ma boîte à malices ce que je pourrais bien sortir. Suis retombé sur cette réponse, qui date de juin 2008 (ça nous rajeunit pas), à l’invective suivante vue sur une liste de diffusion littéraire professionnelle :
Ceci étant, la fantasy est un milieu assez spécial, qui abonde en grands garçons post-estudiantins ayant appris l’anglais dans les règles de Donjons et Dragons et qui rêvent de gagner (passer ?) leur vie dans ce monde hors normes, alors pourquoi pas traduire ? (Je grossis un peu le trait bien sûr).
Grossir le trait, c’est rien de le dire.
D&D n’est pas une plus mauvaise source d’apprentissage de l’anglais que James Joyce, surtout pour un adolescent désoeuvré qui aura une motivation pour lire le premier peut-être absente – avant un âge plus mûr – pour le second. Cela le poussera à la meilleure pratique de la langue qui soit: lire, lire sans arrêt, inférer le sens des mots, etc.
De ma génération, je connais justement bon nombre de « garçons post-estudiantins » qui ont appris l’anglais à un âge précoce et qui font aujourd’hui d’excellents professionnels reconnus de la littérature et de la traduction, en indépendant ou en entreprise.
Je trouve ce genre d’image d’Épinal limite insultante; on a déjà assez droit aux clichés « la fantasy, la SF, c’est une littérature d’ados attardés » de la part d’un grand public aux belles intentions, j’avoue que j’espérais bien y échapper parmi cette assemblée éclairée. La fantasy, ce n’est pas que LanceDragon, c’est aussi Robin Hobb, GRR Martin, Jeffrey Ford et j’en passe des auteurs à la plume magnifique, de vrais conteurs avec une finesse psychologique et stylistique souvent inégalée.
Alors, oui, le trait est grossi, c’était dit, mais je pense que vous ne mesurez pas combien ce rabâchage est usant.
Du 12 au 14 février prochain se tiendra à Lyon un colloque intitulé « Prothèse, modularité, hybridité : entre réalité et fiction », organisé dans le cadre du projet « Human enhancement et anthropotechnie : entre réalité et fiction », copiloté par le Centre de Recherche sur l’Imaginaire, l’équipe Philosophie, Langage et Cognition (UPMF Grenoble) et l’université Claude Bernard (Lyon).
Il y sera question de recherche, de symbolique… et aussi de science-fiction, puisque Sylvie Laîné et moi-même y participerons. Pour ma part, il s’agira notamment de revenir sur « Tuning Jack » (disponible en libre téléchargement) (et c’est un beau symbole pour moi car la nouvelle aura dix ans de publication cette année, ce qui marque aussi mes dix années de publication professionnelle – le temps file, ma bonne dame).
Voici les thèmes des demi-journées :
Vous désirez assister au colloque ? Facile, il se déroulera Salle des Thèses, Ancienne Faculté Laennec, 22 rue Guillaume Paradin, 69372 Lyon.
Alors que des débarqués du Moyen-âge défilent dans la rue pour protester contre des libertés qui ne leur enlèvent ni ne les obligent à rien, tandis que s’élèvent des cris d’orfraie contre une prétendue « théorie du genre » qui, rappelons-le, n’existe pas, que des célibataires en soutane prétendent régenter une vie séculaire dont, par définition, ils s’excluent et ne peuvent donc comprendre, il semble bon, voire urgent, d’établir une petite check-list, non-exhaustive, pour évaluer les idées en première approche (liste citée dans AKA Shakespeare) :
(La dernière vous concerne tout particulièrement, chers énergumènes de la Manif pour tous. Vous en êtes clairement au stade deux, quand le reste du XXIe siècle en est arrivé au trois concernant la liberté d’union.)
J’ajoute que les « faits » dont on parle dans ces préceptes devraient plutôt s’appeler « observations ». Aucun fait n’existe, à vrai dire, comme vérité indiscutable et contenue, bornée ; ne serait-ce qu’à travers le filtre des sens, de la conscience, le réel se dérobe toujours, ultimement, à son constat. Mais celui-ci reste suffisamment précis, pourvu qu’on s’attache à la raffiner, pour construire une base de débat approchant convenablement de l’objectivité nécessaire à la construction d’un consensus social.
Parce que maintenant, ça commence à bien faire.
Pris aux îles Treshnish, près de Mull en Écosse, le lieu rêvé pour observer les oiseaux de mer de la région.
(Il y a un truc qui me chiffone avec le traitement de la couleur de l’herbe. Je me note de revenir faire de micro-ajustements quand j’aurai plus de recul.)
Les Deep Ones, pour mémoire, c’est un groupe / collectif de musiciens et d’auteurs (parfois les deux en même temps !) qui proposent des concerts de musique improvisée accompagnés de lectures de textes de l’imaginaire, à moins que ce ne soient des lectures de textes de l’imaginaire sur fond de lecture improvisée.

Illus. (c) Fetish Cat
Nous étions en concert au génialissime Dernier Bar avant la Fin du Monde le 15 décembre 2013, et il est possible d’écouter et de télécharger l’intégralité de l’enregistrement en ligne ! Tout cela est écoutable sur Reverbnation, avec les enregistrements des concerts précédents (Lyon le 26 octobre 2013 aux Intergalactiques et Épinal le 23 mai 2013 aux Imaginales). Rendez-vous ici.
De quoi alimenter votre baladeur pour grignoter de bons morceaux d’imaginaire pendant vos déplacements !
Rien de nouveau cette semaine, juste deux images que je peux enfin proposer en résolution correcte. A voir sur Flickr :
Ça, c’est fait.
Images piochées sur le très élégant et littéraire Tumblr Des Fists et des Lettres. (Dans un genre connexe et à l’élégance comparable, il y a Les Boloss des Belles Lettres.)