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Le racket de Facebook (suite) : j’ai payé pour un article et multiplié mon trafic par… 100

 

Moi aussi, je peux être démago et utiliser des bébés pour faire passer mon message.

Lundi, je parlais du racket de Facebook, comment le premier réseau social mondial prenait en otage ses utilisateurs en les forçant à payer pour récupérer le trafic auquel ils avaient légitimement droit – qu’il s’agisse des utilisateurs individuels, simplement désireux de communiquer avec leur famille, mais aussi des blogs, écrivains, groupes informant leur communauté de leur actualité et  créant aussi des discussions sans rapport, ou même des entreprises travaillant leur image. En résumé : les administrateurs de pages, mais aussi les utilisateurs simples (comme votre humble serviteur) voyaient décroître depuis un moment les interactions de leurs amis (et/ou fans) avec leur contenu. Le chiffre de 15% a été annoncé. Pour donner aux posts davantage de vie, Facebook a sorti comme par magie la « parade » : pour toucher les 85% restants, payer. C’est là que le bât blesse : c’est un public qui doit légitimement entendre ce que l’on a à dire, puisqu’il s’agit d’amis, ou de « fans » qui ont « liké » une page, ce qui est une expression d’intérêt, et donc un assentiment à recevoir de la communication de l’entité correspondante. De nombreux animateurs, webmestres et entrepreneurs, découvrant l’article, ont confirmé par leur expérience en commentaires.

Lundi, pour faire passer le message, j’ai payé les 5.80$ demandés par FB pour promouvoir l’article dénonçant cette manigance. Cinq jours plus tard, je vous propose de partager les résultats. C’est éloquent. J’ai multiplié mon trafic habituel par 100 (oui, CENT), mais je vous donne les chiffres en détail. Il convient aussi, parce que l’article, de fait, est devenu presque viral (à ma totale surprise) de répondre aux critiques idiotes comme de relayer les remarques fondées qui ont circulé un peu partout en réaction.

Petite présentation pour ceux (et ils sont nombreux vu les stats, salut, bonjour, hola que tal) qui débarquent et se demandant qui est le type qui leur parle : salut, moi, c’est Lionel Davoust. Mon métier, à la base, c’est ingénieur halieute reconverti en écrivain. Je ne suis pas un communicant, un expert SEO, mais un auteur de fiction (fantasy et thriller, ma série Léviathan, qui mélange aventure et occultisme documenté, a eu les honneurs de la télévision, de la radio et de la presse nationale comme Le Point, ou Le Nouvel Obs et de blogs un peu partout sur la toile) doublé d’un geek. J’aime le Net, et j’aime le fait de pouvoir créer une communauté autour de mon boulot et de nos goûts communs : c’est pour ça que je tiens un blog, un site, que je suis sur les réseaux sociaux. Je parle de SF & fantasy, d’édition, de technique d’écriture et de voyages. Si ces articles et ce blog vous ont intéressé, peut-être voudrez-vous en découvrir plus sur mon « vrai » travail par les liens de ce site, chez votre libraire préféré ou en ligne. Fin de l’encart pub.

Non, cela ne concerne pas que les pages, mais tous les utilisateurs

« Ouaiiiis, je peux pas y croire, ça ne concerne que les fan pages de toute façon. » Ben non, les gens. Je suis un utilisateur lambda comme vous, parce que je n’aime pas l’idée d’une fan page, et que je me refuse donc à en créer tant que je n’aurai pas atteint les 5000 amis maximum permis par Facebook sur un profil personnel. Donc, si, cela concerne les fan pages, mais aussi les profils personnels. Vous, oncle Hugues, tata Simone.

La promotion n’est pas l’Edgerank

Je l’avais déjà cité à demi-mot dans l’article d’origine en note de bas de page, mais revenons-y : la promotion (payer) n’est pas l’Edgerank. L’Edgerank c’est l’algorithme de FB qui vous montre, dans le flux d’actu, les nouvelles qui sont censées être les plus pertinentes pour vous ; en particulier, cela représente les posts qui génèrent le plus d’interaction. Cela semblait une façon raisonnable de trier le contenu, et beaucoup de community managers ont investi là-dessus pour créer des interactions saines et constructives avec leur communauté (valeur ajoutée pour tout le monde, yeah !). La promotion n’a rien à voir, et passe allégrement au-dessus de l’Edgerank pour vous proposer, eh bien, de la « pub » payée.

Tu as vraiment multiplié ton trafic par 100 ?

Oui. Je suis très transparent sur mes stats de visite, parce que ce blog s’appelle (ça doit encore être écrit quelque part) Expériences en temps réel et que je me suis toujours promis, si je me lançais dans l’entreprise égocentrique de l’autofiction, d’en faire une zone de risque et de non-prise au sérieux. Donc, je ne me la joue pas personal-branding-ouais-j’ai-500000-visites-uniques. On ne confond pas les hits et les visites uniques, mec. Bref.

Quand vous promouvez un article sur FB (5.80$, on le rappelle, pour un utlisateur lambda avec – dans mon cas – environ 1100 amis), celui-ci vous fournit obligeamment le graphique suivant (capture d’écran prise mercredi soir, la proportion ne bouge plus énormément) :

« Paid views. » Vous mordez l’esprit ? « Paid views. » Alors qu’en principe, les abonnés à mes mises à jour, mes amis, sont plutôt intéressés parce que j’ai à raconter. Pourquoi dois-je payer pour les atteindre ? On remarque que je n’ai pas le ratio annoncé par l’étude de Dangerous Minds qui m’a servi de source, mais que j’ai presque une proportion de 2/3 contre 1/3, ce qui reste énorme.

Maintenant, accrochez-vous au siège. Voici les stats de lecture relevées ici par WordPress (toutes les images s’agrandiront si vous cliquez dessus).

Pas de stats sur les jours précédents ? Je n’ai rien fait le reste du temps ? Non. C’est juste que mes stats habituelles sont tellement faibles en comparaison que cet article promu éclipse le reste. Je ne me plains évidemment pas que la nouvelle ait circulé à ce point (même si j’en suis presque effrayé) ni que l’article soit devenu, pour ainsi dire, viral (il est arrivé jusqu’à Doctissimo et c’est ma fierté) ; par contre, payer pour, je ne suis pas d’accord. Alors, je pourrais attribuer le succès de cet article à son sujet brûlant, à sa qualité de rédaction, à mon charisme naturel, bien sûr, ce dont personne ne doute ici, c’est l’évidence, n’est-ce pas, mais je suis un peu plus cynique (ça me perdra). Sur trois jours, l’article a généré 3998 + 15961 + 7139 lectures, soit un peu plus de 27 000. En 2011, mon article le plus populaire (hors circonstance particulière) a généré 500 lectures sur un an ; en moyenne, je reçois dans les 300 lectures à l’année sur un article (300 x 100 = 30 000). Et là, nous parlons de trois jours. Par curiosité, j’ai regardé les stats de visite dans la demi-heure suivant la publication de l’article – cela ne pouvait pas déjà être encore viral – et j’étais à 600 lectures. Contre une vingtaine habituellement.

D’où vient ce trafic ?

Je repose la question : prise d’otage, quelqu’un ?

La parade ?

Merci à Ayerdhal, qui a fort intelligemment et le premier souligné une parade intégrée dans FB, mais très peu documentée : les listes d’intérêt. Pour parer à ce filtrage automatique de votre flux d’actu, vous pouvez créer des listes d’intérêt pour classer vos amis et pages suivies en groupes où, normalement, vous recevrez toutes les mises à jour. Pour ce faire, cliquez sur la roue crantée en haut à droite du profil suivi et cliquez « Ajouter à une liste d’intérêt » (on vous proposera d’en créer une si vous n’en avez pas). Vous avez intérêt à faire ça au plus vite avant que Nike, MacDo et Coca n’inondent votre flux d’actu d’images toutes lol à faire tourner pour lutter contre l’infarctus de l’auriculaire. Néanmoins, cela reste une manoeuvre bien compliquée pour ce qui était à l’origine simple et naturel ; et qu’est-ce qui empêchera FB, si l’envie lui prend de changer la donne à nouveau, d’appliquer le même système qu’au flux d’actu sur les listes ? Choisissant à votre place ce que vous verrez ?

N’oubliez pas que la solution la plus élégante, gratuite et libre pour suivre une actualité reste le flux RSS : on ne vous cache rien, vous choisissez l’information que vous voulez suivre, et sauter d’un article qui ne vous intéresse pas au suivant qui vous intéresse plus est immédiat. Sans compter que les flux ne mentionnent rien de Farmville.

Merci à Pierre, qui propose les liens suivants pour commencer à découvrir le RSS :

FIREFOX : http://www.francoismagnan.info/node/15

CHROME (pas testé) : https://chrome.google.com/extensions/detail/nlbjncdgjeocebhnmkbbbdekmmmcbfjd?itemlang=fr

AUTRES Le RSS est standardisé et de nombreuses solutions existent pour le lire. La plus populaire est probablement google reader, mais de nombreux autres logiciels existent pour s’en servir (une recherche d’agregateur RSS dans google vous aidera à trouver votre bonheur). https://www.google.com/reader/view/

Pour mémoire, le flux RSS de ce site habite ici, et il y a toujours la newsletter.

N’hésitez pas à continuer à partager votre expérience, vos parades en commentaires. Une seule directive ; je ne veux plus de pub à peine dissimulée pour TheChangeBook. Vous pouvez en parler, mais soyez constructifs et argumentés. Je supprimerai également sans préavis toute réaction qui emploiera l’expression « alternatif et engagé », parce que j’ai toujours regardé les dreadlocks comme un danger pour la santé publique.

Note de bas de page visant à la transparence : pour voir si le phénomène peut être réédité, je vais payer à nouveau pour cet article sur FB. Oui, c’est nourrir la main qui vous mord et le serpent qui se mange la queue, mais le scientifique en moi ne résiste pas à une expérience.

2012-11-02T12:06:40+01:00vendredi 2 novembre 2012|Le monde du livre|26 Commentaires

Le mois de l’écriture commence aujourd’hui

Tous les ans, en novembre, c’est le National Novel Writing Month :

Tous les ans, je me dis que je vais faire un article dessus en avance, parce que le NaNoWriMo est une initiative très intéressante. Tous les ans, je suis en retard. Tant pis, je le dirai quand même.

Le principe du Nano consiste à écrire, sur le mois de novembre, un roman de 50 000 mots minimum (300 000 signes espaces comprises, plus ou moins). Pas de procrastination, pas de prétexte, pas de vie sociale non plus : on se lance dans le marathon de l’écriture, et on se fixe comme objectif 300 ks1 pour le 30 novembre à minuit. C’est beaucoup (surtout quand on travaille à côté), c’est long, c’est dur. Mais c’est un excellent exercice.

Le Nano vous donne un objectif. Plus de projets vaporeux qu’on ne sait pas par quel bout prendre ; il faut avancer. Cela a la salutaire conséquence de vous obliger à donner à votre écriture la place qu’elle mérite : de l’importance. Plus de « Bah, je vais boire un coup avec des copains, je travaillerai demain ». Non, vous travaillez ce soir, parce que vous n’avez pas fini votre quota de signes, et que si vous voulez écrire de façon sérieuse, il faut faire un choix, qui implique parfois de rester face à son manuscrit le temps qu’il faut pour qu’une situation se débloque.

Le Nano vous force également à produire. Un des plus gros obstacles sur le chemin de l’écriture, c’est vous-même : cette petite voix qui vous sussure que « ce n’est pas assez bon », « ce personnage est tarte », « c’est quoi ce dialogue ? » Il faut l’écraser sans pitié, cette petite voix ; elle retient la créativité. Nous en avons parlé cet été avec les déclencheurs, on s’en moque que le premier jet ne soit pas bon ; le rôle du premier jet, c’est d’être présent sur la page afin de disposer d’une matière à retravailler. Le Nano vous force à produire, produire, et ainsi, espérons-le, à zigouiller la petite voix pour vous offrir l’opportunité de vous lâcher. Et c’est quand on se lâche, quand le loa de l’écriture vous chevauche pour établir des connexions inconscientes entre thèmes et intrigue, entre personnages et péripétie, qu’il se passe ce qui doit vraiment se passer. Cela ne peut arriver qu’en s’ouvrant à l’histoire, en restant concentré dessus pour une longue période (et en évitant la procrastination, aussi). Alors, ensuite, il y aura du retravail bien sûr. Peut-être beaucoup. Mais les choses doivent se produire dans l’ordre : écrire en premier, retravailler en deuxième. Vouloir faire les deux ensemble conduit en général à se scier les bras sur lequels on est assis qu’on met avant les boeufs en laissant le frein à main serré. Ça ne veut rien dire. Mais c’est bigrement visuel.

Motivé(e) ? C’est le moment ! Inscrivez-vous sur le site et lancez-vous dans l’aventure.

On m’a demandé plusieurs fois si je le faisais aussi, et, maintenant que j’ai dit tout le bien que j’en pensais, je suis forcé de répondre : heu, non. En fait, mon rythme d’écriture de base est déjà égal à celui du Nano en temps normal (mais il n’y a pas de mérite : d’une, c’est mon métier ; de deux, je le fais à plein temps – le Nano est prévu pour des gens qui travaillent). Cependant, vu que j’ai un volume 3 à rendre et à vous faire partager – Léviathan : Le Pouvoir – je vais faire mon propre Nano dans mon coin avec un quota journalier supérieur à ce que je fais d’habitude, ne serait-ce que par solidarité. Et pour ça, j’ai la meilleure carotte du monde (idée soufflée par ma douce et tendre, Nanoteuse acharnée) – si j’ai rempli l’objectif de la journée…

… j’ai droit à un chocolat. Ne jamais sous-estimer le pouvoir de la régression.

  1. Oui. Kilo-signes. J’ai quelques restes de technocrate, je le crains.
2012-11-01T10:43:29+01:00jeudi 1 novembre 2012|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Le mois de l’écriture commence aujourd’hui

Mickey in outer space

Ça date d’hier : Disney a acheté Lucasfilm pour (accrochez-vous au siège) plus de 4 milliards de dollars. George Lucas, créateur de Star Wars, mentionne qu’il a toujours pensé passer le flambeau de la licence (on dit licence, sacredieu, pas franchise, « franchise » c’est en anglais, si je vous parle de franchise en français, c’est que j’ai un truc à vous dire et que je l’avoue sans détour, comme ici quand je vous confie qu’on dit licence en français, et pas franchise, sacredieu, KNOW THE DIFFERENCE IT CAN SAVE YOUR LIFE) à de nouveaux réalisateurs (c’est chiant de reprende le fil, hein ?) et que ce n’était pas plus mal que cela se fasse de son vivant.

Dans la foulée, Disney annonce un Star Wars 7 pour 2015. George Lucas sera « consultant créatif » sur les films, ce qui, en langage hollywoodien, signifie : « tu pourras regarder ce qui se trame, on associera ton nom au générique, on te demandera peut-être ton avis, mais rien ne nous oblige à l’écouter ». (Parfois, ils ajoutent « bâtard » en signant le contrat d’une main crispée, mais seulement entre leurs dents serrées, et pas trop fort.)

Le Net est en émoi face à ce rachat : Disney est devenu synonyme d’entertainment édulcoré à grand spectacle avec une coloration franchement niaise. Que va devenir Star Wars entre leurs mains ? Frissons d’angoisse, apoplexies, frémissements, etc.

J’ai envie de dire : « que peut devenir Star Wars de pire entre leurs mains qu’entre celles de George Lucas ? » Après Jar-Jar- Binks, les roulades dans les foins avec Natalie Portman, Anakin Skywalker le gamin magique qui remporte les batailles interstellaires en appuyant sur tous les boutons du cockpit, Anakin Skywalker l’adolescent tourmenté par ses hormones qui se la joue ANGST ANGST ANGST, Anakin Skywalker qui est gentil puis méchant puis gentil puis je vais péter la gueule à tout le monde, « Nooooo » ?

On craint une dérive vers une infantilisation de la licence, Star Wars étant considéré plus mature que d’autres, comme Tron. Plus mature ? Wat ? Replaçons-nous un instant en 1978, dans le contexte de la première trilogie. Deux robots duettistes mignons, des petits extraterrestres rigolos qui font « ouh tchen di » ou, plus tard, des nounours en peluche qui se rangent du côté des gentils : à qui cela s’adressait, si ce n’est aux enfants ? Ce n’est pas pour dire que Star Wars est une licence jeunesse ; sa force a justement été de savoir s’adresser à tous les publics avec un beau dosage d’action, de personnages forts, d’images inoubliables. Mais C3-PO, R2-D2 et les Ewoks sont les icônes d’enfance des trentenaires d’aujourd’hui, qui ne les ont jamais quittés ; c’est un mécanisme classique de faire grandir ses héros avec soi, et donc de les considérer avec un oeil légèrement plus émerveillé que si, mettons, Star Wars 7 introduisait une peuplade de licornes magiques sur une planète arc-en-ciel. (Je prie qu’ils aient cette idée complètement idiote. Sérieusement. Que je leur colle un procès à la Harlan Ellison, maintenant que c’est écrit noir sur blanc et daté.)

Mais où trouver les idées ? Hé, Star Wars a été dès le début pensé comme une longue série, un univers dont Lucas n’a dévoilé qu’une infime partie. Mais, et la dérive merchandising ? Hé, vous rigolez ? Star Wars inonde le marché de draps Star Wars, de tasses Star Wars, de lance-flammes Star Wars (les enfants l’adorent) depuis 35 ans ; Lucas a même fondé sa fortune sur les droits dérivés.

Star Wars racheté par Disney ? Disney a montré, avec Pirates des Caraïbes et même Tron : Legacy qu’ils savaient faire de bons films.

Résultat, à mon sens, on ne court que deux risques : 1) d’avoir davantage de Star Wars alors que Lucas sortait les films au compte-goutte ; 2) qu’ils soient éventuellement meilleurs que La Menace Fantôme. En ma qualité d’atome de public, je trouve que c’est un bon deal.

2012-10-31T10:01:46+01:00mercredi 31 octobre 2012|Le monde du livre|14 Commentaires

Ce week-end : Ploërmel, les Imaginaires de Brocéliande

Oyez, oyez, peuple de Bretagne !

Sur le long week-end qui s’annonce, le premier festival Les Imaginaires de Brocéliande se tiendra à Ploërmel, à 70 km de Rennes, en pleine forêt de Brocéliande. Au programme : des expositions, des rencontres, des soirées et des balades contées, du cinéma et un salon du livre fantastique !

J’y serai samedi et dimanche (3-4 novembre) pour des rencontes et dédicaces. Et il y a du beau monde : jetez un oeil à la liste. Le cadre est joli, c’est une belle sortie pour un week-end. Toutes les infos pratiques sur le site de l’événement.

J’en profite pour rappeler également que vendredi, je serai présent virtuellement sur le chat du forum L’Alchimie des Mots pour une discussion à bâtons rompus en ligne. Venez me poser les questions qui fâchent !

 

2012-10-30T09:48:14+01:00mardi 30 octobre 2012|Dernières nouvelles|2 Commentaires

Le racket de Facebook : pourquoi vous ne verrez plus le contenu qui vous intéresse

Facebook, connu pour ses méthodes cavalières, son attitude monopolistique, son usage moins que reluisant des données personnelles, vient de franchir un nouveau cap d’indécence. Lisez bien ce qui suit, car cela vous concerne, que vous soyez un utilisateur simple ou un communicant, dans votre droit à parler et à être entendu sur le premier réseau social mondial. Facebook abuse de sa position dominante en prenant ses utilisateurs en otage d’une façon proprement intolérable.

Autrefois (il y a un an), quand vous postiez une nouvelle sur votre mur ou votre page (« Je me suis marié ! » ou bien « J’ai publié un nouveau livre ! »), tous vos amis, tous ceux qui s’étaient abonné à votre page, la voyaient1. C’est normal : à la base, si vous êtes ami avec quelqu’un, ou si vous « aimez » sa page, c’est que vous être intéressé(e) par ce que la personne ou le groupe en face veut vous dire. Vous voulez l’entendre, ou du moins le savoir. Mettons, pour faire simple, que c’est une forme d’abonnement.

Sauf que non.

L’équation – calculée par Dangerous Minds dans cet article, sur lequel se fonde le présent billet et dont je ne fais que reprendre les conclusions – est d’une terrible et scandaleuse simplicité. Curieusement, depuis plusieurs mois, la portée des contenus baisse artificiellement – ceux-ci ne sont vus que par 15% des personnes qui vous suivent et amis. Comme par hasard, Facebook propose une solution : pour toucher les 85% restants… Payez.

Soit, payez pour parler à vos amis, vos clients, vos lecteurs, votre famille – ce que vous êtes censé faire naturellement sur un outil comme Facebook. Si vous publiez une nouvelle, un article sur votre mur ou votre page : vous pouvez payer Facebook pour « promouvoir » ce contenu et s’assurer qu’il soit davantage visible auprès de vos abonnés. Sinon… il a toutes les chances de tomber aux oubliettes. Tant pis pour vous.

En tant qu’utilisateur simple du réseau, cela signifie que vous ne verrez plus forcément le contenu qui vous intéresse, pour lequel vous avez accepté de recevoir des mises à jour : groupes de musique, écrivains, blogs… Mais aussi vos amis : votre soeur a perdu son chat, votre frère a eu un bébé, votre neveu a eu son bac, votre maman a organisé une sortie au musée – vous aurez de grandes chances de l’ignorer, à moins d’aller manuellement sur la page, de faire partie des 15%, ou que les personnes en question aient payé pour promouvoir leur statut…

Plus que ridicule : scandaleux, une véritable prise d’otage, un racket parfaitement mafieux. Se rendre indispensable en montrant (plus ou moins) patte blanche, puis, une fois la position dominante atteinte, dire « maintenant, pour continuer à utiliser dans des conditions normales un outil qui fait partie de votre vie, il va falloir passer à la caisse ».

« Facebook, est gratuit et le sera toujours » ? Ben tiens. Pour un petit blog, un groupe de musique indépendant, un auteur comme moi, en plus d’être scandalisé par la pratique, cela ne vaut pas le coup. Payer 5$ par article de blog que je voudrais promouvoir ? Je vais un salon, je devrais débourser 5$ pour que cette nouvelle puisse vous atteindre ? Quel type de communication est-ce là ? Je n’ai pas 15$ par mois à mettre dans la poche de Zuckerberg. C’est déjà – quand ça marche convenablement – ce que je touche en droits d’auteur pour un salon littéraire entier !

Et je ne vous parle pas des pages – jetez un oeil aux tarifs :

Imaginez le coût que cela représente si vous gérez un blog pro publiant 5 articles par jour…

Je vous encourage vivement à faire circuler l’information. Facebook est déjà une entreprise parfaitement prospère, cette opération n’est qu’un mouvement purement avide et scandaleux qui achève de me la rendre détestable. Je m’y trouvais pour les amis et aussi pour créer ce qu’on fait ici : une communauté sympa où la discussion est intéressante et fournie. Si je ne peux plus communiquer avec vous – je ne parle pas des nouvelles éditoriales ou de mon actu littéraire, simplement de vous parler, bon sang, c’est ma raison première d’avoir un blog – qu’est-ce que je fais là-bas ?

Heureusement, il y a d’autres solutions que Facebook pour se tenir au courant.

Comment faire pour rester informé ?

Il existe d’autres réseaux sociaux qui n’ont pas – pour l’instant – introduit ce genre de fonctionnement haïssable. Twitter est le premier, mais il est par nature volatile. Google+, en est un autre, et il est calqué sur Facebook – si vous avez un compte GMail, l’inscription est transparente ; enfin, pour les tenants du libre, le projet Diaspora se veut être un réseau open source (J’avais annoncé mon départ des deux derniers pour des raisons que je pense toujours, mais face au geste de Facebook, j’y reviens.).

Toutefois, il existe d’autres façons de faire, plus anciennes et surtout plus libres, et ce site vous les a toujours proposées.

La plus simple est le flux RSS. Un flux RSS est un canal d’information fourni par un site qui contient les nouveautés publiées sur celui-ci – exactement comme le flux d’informations d’une page Facebook. C’est une solution gratuite, standard, que personne ne prendra jamais en otage. Pour en profiter, il suffit d’employer un logiciel – souvent intégré au navigateur, donc très simple – qui permette de lire ces flux et vous en tenir informé. C’est aussi simple que d’utiliser Facebook, et vous pouvez classer vos abonnements comme bon vous semble. Les deux solutions les plus populaires sont Google Reader et Netvibes. Il suffit d’ouvrir un compte, puis de vous abonner chaque fois qu’un site vous intéresse et qu’il propose un flux (icône ci-contre). Le flux principal de ce site est à l’adresse suivante :

http://feeds.feedburner.com/lioneldavoust

Enfin, il y a la lettre d’informations. Encore plus simple : après abonnement, les nouvelles vous arrivent directement par mail. On rechigne parfois à s’y inscrire, ce qui est compréhensible, car cela ajoute encore au volume de courrier électronique que l’on reçoit. En ce qui me concerne, ma liste a un trafic très réduit, et propose deux « niveaux » d’abonnement. Le niveau « basique » n’envoie que les nouvelles les plus importantes (les actus éditoriales), ce qui représente très peu de messages. De manière optionnelle, il est possible de s’abonner également au blog – de recevoir une notification à chaque nouvel article. Si vous souhaitez vous abonner, c’est ici.

Ce que cela signifie pour moi (et donc, pour vous et moi)

Pourquoi, finalement, suis-je sur les réseaux sociaux ?

Je l’ai dit plus haut, j’y suis pour la même raison que je tiens un blog : parce que j’aime tenir un bar. J’ai lu il y a longtemps sur la liste de discussion SFFranco – je ne sais plus par qui – que l’écrivain pouvait s’apparenter à un chamane moderne : il part en des lieux étranges, en lui-même, et il en rapporte des histoires pour partager avecsla tribu. Cela ne recouvre pas tous les méandres de la complexité affective du métier, mais j’aime assez. Je blogue, je suis sur les réseaux sociaux, je partage récits de voyage, aventures, photos, technique d’écriture, articles sur le métier, un peu pour la même raison : pour tenir un lieu de discussion sympa (bien sûr, je parle aussi de mon actu, mais il faut bien faire tourner la boutique), pour nous fédérer, vous et moi.

Si je ne peux plus faire ça correctement – ou alors, en mettant la main au portefeuille – pourquoi rester ?

Merci, Facebook, de ce petit réveil-matin, de ce rappel qu’à s’en remettre à une entreprise tierce, on ne demande qu’à être menotté. Au lieu de diluer mon énergie sur des réseaux qui ne m’appartiennent pas, je vais me replier sur ce qui m’appartient : ce site, ce blog, où je suis propriétaire de l’intégralité du contenu, où je suis le patron incontesté. Je ne déserte pas FB, G+; Twitter pour autant, où les articles et certains liens idiots continueront à être répercutés, mais j’y glanderai beaucoup moins – à quoi bon ? -, et vais m’employer à re-déporter la conversation et l’activité ici. En prévision, je vais déménager le serveur sur une plus grosse machine dès que j’aurai une fenêtre de tir, afin de supporter la potentielle montée en charge.

Je vais, contraint et forcé, « promouvoir » cet article sur Facebook – ce sera la première et dernière fois que Zuckerberg recevera mes 5$. Je vous invite très vivement, dès maintenant, à :

Pour ne pas perdre le contact si les articles sérieux ou moins sérieux, si l’actu littéraire, ou tout à la fois, vous intéressent ici. Car si vous ne comptez que sur les réseaux sociaux, nous risquons de nous perdre.

Faites tourner l’information, s’il vous plaît. Facebook joue beaucoup sur la désinformation et le manque de maîtrise de ses utilisateurs, et ce scandale doit être exposé.

  1. Pondéré par des algorithmes de popularité, mais n’entrons pas là-dedans.
2012-11-02T22:59:52+01:00lundi 29 octobre 2012|À ne pas manquer|97 Commentaires

Vendredi 2 novembre : entretien-chat sur l’Alchimie des mots

Oyez, oyez ! Ou plutôt, ois, ois (aucun rapport avec le Capitole), auguste lectorat !

Merci à Sophie, créatrice de cette chouette bannière.

La semaine prochaine – vendredi 2 novembre – l’association et forum de lecture L’Alchimie des Mots me fait le plaisir de m’inviter à une discussion en ligne autour des livres. Pour participer, c’est très facile : il suffit de créer un compte sur le forum, de vous connecter à 21h vendredi prochain (le chat est en bas de page), et de suivre les instructions de Selene, l’animatrice et modératrice de la rencontre. L’adresse :

http://l-alchimie-des-mots.forumactif.org/

L’annonce de la recontre se trouve sur cette page. Même si nous discutons beaucoup ici, j’espère vous y retrouver également là-bas, c’est l’occasion de discuter de façon plus approfondie des livres, d’écriture, des mythes, des projets à venir, cette fois non pas en réaction aux articles proposés sur le blog, mais à vos questions et centres d’intérêt !

2012-10-25T12:40:11+02:00vendredi 26 octobre 2012|Dernières nouvelles|Commentaires fermés sur Vendredi 2 novembre : entretien-chat sur l’Alchimie des mots

Léviathan : La Chute sur Blog-o-Livre

Couv. Alexandre Fort

7/10. La plume de l’auteur se révèle vraiment efficace et entrainante que ce soit dans la construction du récit, mais aussi dans les différentes descriptions qui se révèlent vraiment fascinantes par moments. […] En tout cas je lirai le tome deux avec plaisir.

Un avis de Blackwolf à lire sur son blog.

2012-10-25T10:12:37+02:00jeudi 25 octobre 2012|Revue de presse|Commentaires fermés sur Léviathan : La Chute sur Blog-o-Livre

Créer du lien : édition mondiale, faaaake, go pex noob & death metal cat.

Obésité et malnutrition : cette fois, voyons une carte des pays du monde pondérés par la taille de leur marché d’édition. Le jour où la Russie et l’Afrique s’éveilleront… La Chine, en revanche, c’est fait.

Puisqu’on parle d’édition, un article scientifique sur le modèle économique de Nine Inch Nails et autres groupes qui s’adressent directement aux fans. Je compte le lire de près mais il semble déjà oublier une chose : à mon sens, le succès de ces groupes dans ce business model est possible aussi parce que des éditeurs et des communicants leur ont permis d’avancer sur le devant de la scène. Je me demande si, sortis aujourd’hui de nulle part, ils fédéreraient le même public.

Il y a un sérieux problème sur les journaux scientifiques (il y a l’étude hautement contestable sur les OGM qui a été acceptée) puisqu’un papier absurde, sorti d’un générateur automatique, a été accepté lui aussi. On peut s’amuser à jouer avec les générateurs aléatoires dont il est question et briller en société (« saviez-vous, Nadine, que la closure np-complexe d’un sous-ensemble de Riemann est ductile si et seulement si sa fonction générative est bijective sur R ? »).

Absurdié alors, la connerie des Républicains ne connaît toujours pas de limite, cette fois, on accuse une candidate aux sénatoriales de jouer à WoW. La critique est d’une telle bêtise qu’elle en révèle bien davantage sur ses auteurs que sur leur cible. Alors que s’il faut brûler ladite candidate pour une raison valable, c’est d’être seulement niveau 68. Go pex, noob !

Dark Vador se balade en banlieue.

Enfin, toute compilation de liens ne serait pas complète sans une vidéo de chat.

2012-10-22T10:35:06+02:00mardi 23 octobre 2012|Juste parce que c'est cool|8 Commentaires

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Juste parce que ça me fait plaisir, et que j’ai envie de le partager avec toi, auguste lectorat :

Ce décompte n’est même déjà plus juste, et il ne l’était pas complètement puisque la migration de mes deux anciens blogs dans les archives n’est pas tout à fait achevée. Mais c’est le genre de chiffre qui marque, et ça se fête, alors voilà. Merci pour toutes ces belles discussions, ces interventions, ces prises de bec aussi, parfois. Je plaisante avec le fil de commentaires le plus cool de la blogosphère, mais je le pense. J’ai les meilleurs lecteurs du monde, exigeants, drôles, fins et ouverts d’esprit, et c’est vous.

2012-10-19T11:01:34+02:00lundi 22 octobre 2012|Dernières nouvelles|6 Commentaires
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