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À lire chez Jeanne-A Debats

À propos de l’augmentation de la TVA sur le livre à 7 %, ce billet, auquel il n’y a pas grand-chose à rajouter.

À part peut-être le fait que la culture n’est pas un réel luxe, mais au contraire le signe d’une société en bonne santé. Et que cela ne surpendra hélas guère que ce gouvernement démagogue poursuive son entreprise méthodique de destruction de l’esprit critique en s’attaquant à son plus haut symbole, le livre.

2011-12-14T10:24:10+01:00mercredi 9 novembre 2011|Le monde du livre|20 Commentaires

Mon programme des Utopiales

Illus. Greg Broadmore

Les Utopiales, l’une des grand-messes de l’imaginaire qu’il ne faut pas rater – avoir sa résidence principale sur Pluton ou Mu étant les seules raisons à peu près acceptables -, c’est cette semaine et c’est à Nantes ! Très exactement, de mercredi soir (9 novembre) à dimanche soir (13 novembre). Soit quatre jours centrés autour de la science-fiction, la fantasy, le fantastique, dans tous les médias possibles : littérature, cinéma, jeu, illustration… Le copieux programme (conférences, cinéma…) est disponible en PDF ici.

Pour ma part, en plus des dédicaces, j’interviendrai dans quatre cafés littéraires :

Vendredi 11 novembre

  • 15h00 / Bar de Madame Spock. SF Vs. Histoire. En inventant de nouveaux mondes, de nouvelles sociétés ou de nouvelles cités, quelle est la posture de la science-fiction face à l’histoire : un refus, une fuite, une dénonciation… ? Avec : T. Di Rollo, A. Larue, J-C. Dunyach, L. Davoust, S. Poulin.

Samedi 12 novembre

  • 11h00 / Espace Shayol. La révolution 2.0 ? Tunisie,  Lybie, Syrie… Suffi t-il d’un twitt, d’un SMS ou d’un commentaire sur Facebook pour lancer un mouvement, voire une révolution ? Les réseaux sociaux peuvent-ils faire basculer l’Histoire ? Avec : D. Calvo, L. Davoust, N. Spinrad, I. Mc Donald, S. Lainé.

Dimanche 13 novembre

  • 10h30 / Bar de Mme Spock. La fantasy face à l’Histoire. En imaginant des mondes merveilleux, la fantasy construit-elle un refuge face à la réalité historique ? Avec : L. Davoust, L. Kloetzer, M. Gaborit, G. Cook, P. Pevel.
  • 12h30 / Espace Shayol. Wikipedia, wikileaks… Quelles influences sur l’Histoire ? À l’heure du web participatif, que devient l’identité de l’information diffusée sur la toile ? Quelle(s) Histoire(s), quels repères et quelle mémoire laisserons-nous aux générations futures ? De plus, les révélations de Wikileaks peuvent-elles changer l’Histoire ? Avec : L. Davoust, D. Calvo, L. Shepard,  I. McDonald.

Venez me dire que j’ai tort ! 😉

2011-11-07T18:20:08+01:00lundi 7 novembre 2011|Actu|13 Commentaires

Dans la confidence

L’article de blog d’aujourd’hui n’est pas publié ici, mais sur le site Livresque du Noir. Celui-ci laisse carte blanche aux auteurs de polar et thriller pour proposer quelques confidences sur leur travail, leur livre, sur un ton volontairement personnel et/ou décalé. On y trouve par exemple Maxime Gillio, Paul Colize  ou Franck Thilliez. Votre humble serviteur s’est également prêté à l’exercice et ce fut une expérience très intéressante, car, si je croyais au début n’avoir pas vraiment de « projet » particulier avec Léviathan : La Chute, je me suis aperçu que ce n’était pas forcément juste.  Il faut croire qu’en écriture, on échappe difficilement, qu’on le veuille ou non, à avoir un discours.

Le billet est lisible sur cette page.

2012-04-27T22:27:28+02:00vendredi 4 novembre 2011|Journal|Commentaires fermés sur Dans la confidence

L’invisible est invendable, dans le livre aussi

Le lapin de CanardPC, par Didier Couly

Article fort intéressant de Canard PC ce mois-ci sur la distribution dématérialisée des jeux vidéos indépendants ; comme souvent, le bihebdomadaire cache sous une grosse couche de déconne une vision pointue des marchés. Dans un article intitulé « L’invisible est invendable », portant sur la difficulté pour un petit développeur non affilié à un gros studio d’émerger de la masse écrasante des applications disponibles sur les boutiques en ligne, Ivan Le Fou déclare notamment :

Ainsi s’est mis en place un système qui, finalement, tendra à reproduire les inconvénients de la distribution physique : ceux qui ont le plus de moyens, ou les licences les plus connues, occuperont toutes les places visibles et seront quasiment en position de fermer la porte au nez des autres.

Le monde du livre et notamment les enthousiastes du numérique feraient bien, à mon sens, de lorgner un peu ce qui se passe dans les autres médias et en particulier dans le jeu vidéo, car il a ceci de commun qu’avec la littérature que, contrairement à la musique qui se découvre en une poignée de minutes, c’est un produit culturel qui nécessite un investissement temporel généralement supérieur pour être apprécié ou « saisi ». Or, le milieu du jeu vidéo est en train de découvrir qu’il ne suffit pas, pour construire un succès, de faire un bon jeu (même si c’est la base), ni de le vendre à prix cassé sur une plate-forme indépendante comme Steam, l’AppStore ou l’Android Market dans l’espoir que cette poignée d’euros dérisoire saura satisfaire l’acheteur potentiel.

Il faut, tout simplement, qu’il soit vu.

C’est-à-dire que le client en connaisse au moins l’existence, ce qui se fait classiquement par la communication et la distribution (dans le cas de l’inédit – je ne parle pas ici des rééditions, des introuvables ou même de livres ayant vécu leur vie en librairie). Mais ce n’est pas gratuit. Conséquence logique : c’est réservé à ceux qui auront les moyens… et dont, en un sens, c’est le métier.

On clame beaucoup, aujourd’hui, que le livre est trop cher. Qu’il devrait coûter au plus quelques euros. Mais quelle marge dégage-t-on exactement sur un livre électronique à trois euros ? Théoriquement, si l’auteur touche la moitié, voire la totalité de cette somme, il gagne à peu près aussi bien sa vie par exemplaire que sur un grand format en librairie. Tout devrait être bien. Sauf que, sur un grand format en librairie, il y a une quantité d’autres acteurs de la chaîne à être rémunérés, et dont le métier consiste à vendre le livre : éditeur, distributeur, libraire. Je ne dis pas que l’état actuel du métier est idéal, bien au contraire, les abus liés à la contraction du marché sont légion. Mais si l’on retire l’intégralité (ou peu s’en faut) de ces acteurs, qui va vendre le livre ?

C’est-à-dire, qui va le porter à la connaissance d’un public susceptible d’être intéressé ?

L’auteur, dont ce n’est pas le métier ? L’éditeur électronique ? Pourquoi pas.

Mais avec quels moyens ?

Il y a à peu près un an, je clamais bien fort que la libération de la distribution faisait le lit des publicitaires (ce qui m’a valu quelques pelletées d’insultes sur les réseaux). Le marché commence malheureusement à me donner raison. Ce qui m’inquiète en littérature, et ce qui inquiète les fabricants de jeu vidéo, c’est la politique tarifaire que nous sommes en train de mettre en place. Nintendo blâme les smartphones qui éduquent les joueurs à acheter leurs jeux quelques euros, lesquels rechignent donc à payer un jeu triple A1 40, 50, 60 euros.

Vendre un livre électronique au-dessus du prix du poche, bardé de DRM qui plus est, me semble une hérésie. Je pense que, psychologiquement, le livre électronique occupe la même niche économique que le poche : une lecture peu coûteuse, et l’on attribue peu de valeur affective à l’objet. C’est un modèle économique bien connu.

Mais trop baisser les prix (à deux, trois euros) et, surtout, l’institutionaliser, n’est pas la solution à mon avis. Le temps des gens n’est pas extensible. Le public est déjà soumis à des rafales de sollicitations permanentes et le livre rivalise avec une foule d’autres activités culturelles, jeu vidéo, télévision, etc. Même si nous rendons la lecture plus sexy pour un nouveau public, je ne crois pas que la littérature reprendra miraculeusement l’ascendant sur ces autres activités – si elle pouvait maintenir sa place, ce serait déjà bien.

Une offre pléthorique dématérialisée recrée finalement la même situation que sur l’étal des libraires : rien n’est visible, rien ne surnage, et donc les ventes sont atomisées. Dans ces conditions, la seule solution pour s’en sortir consiste à réussir un best-seller, pour l’éditeur comme pour l’auteur, car c’est seulement là qu’il pourra récupérer sa mise. Cela ne fera qu’intensifier une dérive des industries culturelles déjà bien ancrée depuis deux ou trois décennies : la réduction des prises de risques, de la découverte de nouveaux auteurs et leur promotion. Parce qu’à moins d’un coup de chance très rare – qui ne peut donc constituer un modèle économique – il faut investir pour qu’un livre puisse simplement atteindre le public qu’il est susceptible d’intéresser. Donc, il faut un retour encore plus colossal que la marge est faible. Soyons sérieux, il ne suffit pas de construire une page Facebook et d’inviter les gens à la Liker. Beaucoup ont fait la découverte amère qu’à part quelques dizaines, voire centaines de fans authentiques, tout le monde s’en fout. C’est beaucoup, beaucoup plus complexe et surtout demandeur en temps et en argent que cela.

Pour toutes ces raisons, je ne suis même pas loin de penser que vouloir à tout prix vendre le livre quelques euros, clamer que le modèle économique est viable, nuit au livre lui-même, à la santé de l’industrie culturelle. (Je vais tellement en prendre plein les gencives avec cette phrase, mais tant pis. Je reprécise que je ne parle que de l’inédit.) Entre le prix trop élevé du livre électronique pratiqué par nombre de grands éditeurs parisiens et la quasi-gratuité protestataire, il y a un juste milieu sur lequel il faudrait travailler (et que Bragelonne n’atteint pas trop mal, j’ai l’impression).

Sinon, personne ne surnagera. Et moins de moyens, cela signfie tout simplement, à terme, des livres de moins bonne qualité (ou alors, seuls les rentiers auront le loisir de travailler correctement leurs manuscrits. Est-ce vraiment cela qu’on veut ?)

Enfin, personne ne surnagera… Si. Dans ces conditions, les seuls à s’en sortir, encore une fois, sont Apple, l’Android Market, Amazon. Ces gens-là ne sont pas nos amis, contrairement à tous leurs discours humanistes de mise à disposition de la culture, si beaux qu’on leur remettrait le prix Nobel de la paix sans confession. Eux s’en foutent que vous vendiez 10 ou 100 000 exemplaires : ce qui les intéresse, c’est la masse totale des ventes. Car ils touchent toujours le même pourcentage dessus. Ils vous donnent les outils pour vous publier, d’accord, mais après… welcome to the jungle.

  1. Les grosses productions commerciales type Mario ou Call of Duty.
2014-08-30T18:32:55+02:00mercredi 2 novembre 2011|Best Of, Le monde du livre|20 Commentaires

Entretien chez Passion Romans

Après une chronique qui m’a beaucoup touché, Paco, du blog Passions Romans, a eu la gentillesse de me proposer un entretien. Comme il le dit lui-même, cela a été l’occasion de déborder un peu sur les questions philosophiques qui sous-tendent Léviathan : La Chute. Nous y parlons des différences entre Voie de la Main Gauche et Voie de la Main Droite, de psychologie des personnages et de discipline d’écriture, et aussi de l’influence des littératures de l’imaginaire dans le mainstream et sur notre réalité. Merci à lui pour toutes ses questions très pertinentes ! C’est lisible ici.

D’autre part, deux nouvelles chroniques à vous signaler chez des blogueurs de l’imaginaire bien connus et très actifs sur les réseaux sociaux:

Merci à tous les deux !

 

 

 

 

2011-10-30T11:55:28+01:00dimanche 30 octobre 2011|Actu|2 Commentaires

Entretien sur Passion Romans autour de Léviathan : La Chute

« Léviathan » cela vient de la Bible non ? Qu’avez-vous entrepris comme préparation pour nous écrire cette trilogie ? Quelles sont vos sources ?

Léviathan est effectivement présent dans la Bible, mais, comme beaucoup de symboles, il recouvre un sens plus large et l’on peut établir des parallèles avec d’autres figures dans d’autres mythologies. Cependant, le sens qui m’intéressait ici était double : d’abord, bien sûr, le monstre marin, la baleine, mais aussi la signification originelle qu’on lui donne dans la Bible, c’est-à-dire « le premier adversaire de Dieu », ce qui se relie au conflit Main Droite – Main Gauche.

Paco, du blog Passion Romans, a dirigé un long entretien autour de Léviathan : La Chute, son symbolisme et le travail d’écriture que le roman a nécessité. Il est lisible dans son intégralité ici.

2012-09-08T01:23:58+02:00samedi 29 octobre 2011|Revue de presse|Commentaires fermés sur Entretien sur Passion Romans autour de Léviathan : La Chute

Léviathan : La Chute sur le Dragon Galactique

Couv. Alexandre Fort

Bref, pour conclure, si vous aimez les thrillers – avec une dose de fantastique occulte dedans – et les livres bien écrits, plongez dedans.

Un article de Tigger Lilly à lire sur son blog.

2012-09-08T12:31:12+02:00vendredi 28 octobre 2011|Revue de presse|Commentaires fermés sur Léviathan : La Chute sur le Dragon Galactique
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