Écriture et projets : bilan 2012, projets 2013

demotivation.us__The-New-Years-Eve-is-celebrated-by-everyone-1Voilà. 2013 est tout neuf, on l’étrenne, on se plante encore en écrivant les dates et on doit tous changer des 2 en 3, mais on s’ y met. Après le bilan blog, celui, un peu plus sérieux, de ce qui se passe au niveau projets.

2012 a été une excellente année à ce titre ; la sortie de Léviathan : La Nuit, qui a été très favorablement accueilli et a transformé l’essai de La Chute ; la sortie de l’anthologie Reines et Dragons, co-dirigée avec ma camarade Sylvie Miller ; j’ai eu l’honneur d’être nommé coup de coeur des Imaginales ; j’ai eu le grand plaisir de participer à un certain nombre d’événements un peu différents des salons habituels, comme le colloque sur l’Antiquité à la Sorbonne ou Econo’mer à Brest. Et puis, lors de mon volontariat à Mull, j’ai vu des orques, et ça vous fait une année. (Ce serait bien que je retrouve et poste mon journal d’expédition avant l’été prochain…)

Ce que je vais faire en 2013 :

  • Publier Léviathan : Le Pouvoir et attendre avec angoisse et impatience les réactions sur les conclusions de la série.
  • Bosser sur un projet cool dont je ne peux pas encore dire ce que c’est, mais l’accord est donné et ça se fera.
  • Je bosse déjà sur un autre projet cool dont je peux pas dire non plus ce que c’est, mais ça sera bientôt rendu public.
  • Vous êtes bien avancés avec les deux lignes qui précèdent.
  • Re-tâter un peu de la traduction. Après le mammouth qu’aura été Léviathan, me replonger dans les mots des autres me permettra de faire un petit break.
  • On m’a commandé une nouvelle, qui est rendue et acceptée : ce sera de la fantasy urbaine avec des dauphins.

Le reste… se décidera au fur et à mesure ; si je disais tout ce que j’ai envie de faire, cet article ferait dix pages.

Je compte également, pour la première fois depuis une petite dizaine d’années, réarchitecturer ma routine de travail. J’ai tendance à trop me laisser accaparer par le Monde Réel (TM), tout particulièrement si je pars en débat enflammé sur un réseau social quelconque. Or, mon travail consiste à écrire des livres. (Ou traduire, ou anthologiser, etc.) Pas à me laisser accaparer par le Monde Réel (enfin, toutes proportions gardées, il vient en second). Auparavant, je laissais le Monde Réel m’accaparer le matin pour satisfaire ma tendance obsessionnelle-compulsive et j’écrivais l’après-midi ; dorénavant, afin de bien remettre au coeur de mon système ce qui, à terme, est ma seule véritable obligation (au sens d’avoir un contrat signé avec un chèque derrière et des lecteurs qui – gloire leur soit rendue – m’attendent avec des barres à mines si je ne rends pas les livres à temps) je commencerai par écrire, puis, si mon quota est rempli, alors je m’occuperai du Monde Réel – seulement en second lieu. Le raisonnement étant : si je rate un jour de blog, si je mets une semaine à répondre à un mail, ça n’est pas très grave. En revanche, si je ne remplis pas mon quota d’écriture, ça l’est – et en premier lieu pour moi, parce que ça me déprime totalement.

Mais cela ne devrait pas changer beaucoup de choses ici ni sur les réseaux, puisque je prépare de plus en plus mes articles avec un peu d’avance pour éviter la panique du dernier moment ; et ça me permet de fournir plus régulièrement aussi.

2013-01-03T09:00:33+01:00jeudi 3 janvier 2013|Journal|6 Commentaires

Expériences en temps réel, bilan 2012

Ça y est ? Y a pas eu la grosse météorite, l’alignement des planètes du système solaire n’a pas produit le tsunami du millénaire, le calendrier maya ne s’est pas terminé ? (Sérieux, s’ils avaien su prédire l’avenir, vous ne croyez pas qu’ils auraient deviné que les Espagnols allaient débarquer ?) J’ai cherché « Maya shame » et autres mots-clés connexes pour voir s’il y avait des reportages gras jetant des pierres aux peureux qui se sont planqués dans des abri anti-atomiques le 21 décembre avec des gros plans sur leurs mines contrites mais, à ma grande insatisfaction, l’Internet multimédia n’a pas donné réponse. Alors qu’on sait tous comment ça s’est passé :

doctor_maya

Hein.

Bon, c’est le 31, et tous les ans, c’est l’heure du bilan, plus particulièrement sur le bar. Déjà, 2012, ça a été le lancement de la version 5 du site, une version qui remplit toutes mes attentes au niveau maniabilité et facilité d’administration pour moi, ce qui m’a permis de tenter de revenir au blogging quotidien (ce que je tiens depuis six mois). Il n’y a pas d’article de fond tous les jours – ce n’est pas tenable pour moi, et ça fait trop à suivre pour vous – mais cela me permet, entre les plats de résistance, de proposer une mise à jour plus légère, une vidéo, un lien vers une chronique. Je crois que c’est – enfin – une formule qui marche et, l’un dans l’autre, cette mouture du site va probablement subsister pendant encore un bon moment (ce qui n’empêche pas les améliorations).

Comme c’est maintenant la tradition depuis quelques années, un tour des articles qui t’ont le plus intéressé, auguste lectorat, et de ceux que je voudrais sauver au rattrapage (envoie un SMS avec le chiffre 1 au 8 23 23).

Les stars

  1. Bon, si vous avez suivi l’affaire (et c’est probable vu les lectures), sans surprise, c’est « Le racket de Facebook : pourquoi vous ne verrez plus le contenu qui vous intéresse » qui a avoir été promu sur le réseau à simple titre d’expérience et qui termine dans la stratosphère à presque 50 000 lectures (enfin 47 989, zbam), ce qui me laisse encore baba, vu que c’est (en moyenne) 10 fois mon trafic mensuel.
  2. Le second, sur le même sujet, est « Le racket de Facebook (suite) : j’ai payé pour un article et multiplié mon trafic par… 100 » qui est à 1019.
  3. Ensuite, et ça me fait très plaisir, « Il faut cesser d’amalgamer droit d’auteur et copyright » (711), je tenais à que le message passe, on dirait que c’est le cas (et sans promotion).
  4. « Une liseuse ? Mais pourquoi, en fait ? » (564)
  5. « Des déclencheurs pour écrire » (497)

Qu’est-ce qu’il en ressort ? Qu’à part l’effet de distorsion causé par les articles Facebook, ce qui reste le plus visité – donc probablement ce qu’on s’attend à trouver le plus ici – ce sont les articles sur le monde du livre et la technique d’écriture. Je comptais en parler davantage cette année, ce fut chose faite, et j’en suis content, mais je n’en ferai pas encore davantage, en principe. Je tiens à rester ouvert sur une multiplicité d’autres sujets, en particulier le volontariat, et tant pis si c’est moins lu, ce sont des choses qui me tiennent à coeur. Je note aussi que les articles didactiques, courts et clairs sur le métier suscitent de l’intérêt. J’en ferai d’autres, puisque c’est comme ça !

Le rattrapage et le FAIL

Eh bien, d’habitude, j’ai des articles qui sont totalement passés inaperçus, mais cette année, globalement, je ne me plains pas. Ça veut probablement dire que j’ai appris à les signaler… ou que nous apprenons ensemble à mieux utiliser les outils pour interagir. Néanmoins, s’il fallait attirer l’attention sur d’autres articles cette année, voici sur quoi je proposerais de revenir :

  1. Un que j’aime particulièrement sur le fait d’accorder, ou non, une conscience aux autres espèces que la nôtre. C’est simple : je pense que ce doit être, avant tout, un choix.
  2. La Quadrature du Net perd sa crédibilité à mes yeux (histoire de troller un poil).
  3. 5 règles pour ne pas démarcher quelqu’un – je suis ravi d’avoir écrit cet article, qui me permet enfin de faire des réponses brèves quand je suis à nouveau confronté à cette situation.
  4. Les déclencheurs étaient trop durs ? Un aimable coup de pied au cul (valable dans bien des situations d’écriture).
  5. Difficile de parler de cette funeste année sans commémorer notre camarade.

Que prévoir pour 2013 ?

madame_soleil J’en parle depuis, pfouuu, un an et demi au moins, les portails sur les univers. Eh ben, ça se précise ! Pour de vrai. J’ai des notes, et tout. Et du matos. It’s coming (comme le winter).

Plus en détail, de petites améliorations à prévoir ici et là, bien sûr ; finir de consolider la revue de presse, ouvrir la section entetiens et ainsi de suite, le but étant de rendre les infos plus faciles à trouver pour tout le monde (et donc de gagner du temps). Dans le même ordre d’idée, je vais continuer à clarifier ce que je peux ou pas faire ; ce à quoi je peux répondre de manière réaliste, et ce que je dois hélas décliner. Le but étant d’éviter de décevoir et, en contrepartie, de mieux promettre, comme de mieux me concentrer sur ce que je dois faire mais n’arrive qu’à grand-peine à réaliser (genre, ahem, répondre à mes mails).

Enfin, je crois qu’il faut que j’annonce, suite à un effet ras-le-bol des réseaux sociaux, que je tolère de moins en moins les raisonnements par catégorie, les gens qui savent,  les juges de paix qui veulent lisser les opinions au titre de non mais tu vois tu penses ça mais lui il pense ça aussi et il a le droit alors vous devriez penser autre chose tous les deux et autres ayatollah du consensus mou. Non. Je pense des trucs, parfois à tort ; quand je me plante, je le dis. Quand il s’agit d’opinions, j’ai la mienne, je le partage, j’en change si je veux, tu en as une différente, c’est cool, on discute, mais tu as le droit de penser autre chose et moi aussi. Je deviens de plus en plus taquin à cause de ça et je crois que c’est pas parti pour s’arranger. J’ai toujours été plus cinglé que toi.

Et maintenant, tuons 2012 avec des planches à clous rouillés et avançons-nous ivres et légèrement malades vers 2013 ! Amusez-vous bien ce soir, et surtout conduisez prudemment.

2012-12-31T09:01:04+01:00lundi 31 décembre 2012|Expériences en temps réel|10 Commentaires

Le message qui fait coucou

boite_a_coucouHop ! Une petite nouveauté fonctionnelle que j’espère non-intrusive, vous l’avez vue (j’espère, c’est le but), la petite bande rouge qui est là, au-dessus. Cela fait longtemps que je cherche une façon claire de mettre en valeur les informations importantes (sorties de livres, prochains événements, etc.), mais qui ne prenne pas toute la vue et m’évite de spammer tous les trois jours. J’espère que ce petit bidule remplira cette mission.

Ah, et puis, il y a la petite texture qui va mieux que cet affreux quadrillage dans les bandeaux. Par Michael Hoesly, licence CC-By.

Comme d’habitude, n’hésitez pas à partager votre ressenti !

2012-12-28T19:57:07+01:00vendredi 28 décembre 2012|Journal|4 Commentaires

Star Trek de Noël

Holy shit. L’Enterprise. Dans l’eau. Je veux dire, l’Enteprise dans l’eau !!

Oui, je sais, la bande-annonce a quelques semaines, mais bon… Je trouve ça bien pour un 24 décembre. Ça réveille le fanboy comme le gamin la veille des cadeaux.

Les rumeurs vont bon train quant à l’identité du grand méchant de ce film. On a lu Khan Noonien Singh, adversaire archétypal des films Star Trek en raison du deuxième de la série, l’un des plus réussis d’entre eux, mais on favorise à présent Gary Mitchell, l’antagoniste du tout premier pilote de la série originale avec William Shatner dans le rôle de Kirk. Dans ce pilote original, Where no Man Has Gone Before, Mitchell devenait une sorte d’entité divine après que la barrière au centre de la galaxie a révélé son potentiel psychique latent. Une idée intéressante qui irait bien dans la veine du Star Trek selon Abrams qui rend régulièrement hommage aux détails les moins connus de la licence, tout en s’ouvrant vers le non-Trekkie. Et cela permet d’avoir en face de Kirk un surhomme qu’il connaît personnellement, soit, en un mot, un Khan qui ne soit pas Khan, et ce serait une bonne chose plutôt que de sortir du chapeau un inconnu peu crédible (je te regarde, Shinzon).

2012-12-24T09:01:53+01:00lundi 24 décembre 2012|Juste parce que c'est cool|Commentaires fermés sur Star Trek de Noël

Stupeur et absurdité : de l’influence et son inutilité

Alors voilà. Je suis à la fois stupéfait et mort de lolz. Vous vous rappelez l’article sur Facebook qui est devenu viral ?

Un mois après, voilà où on en est.

(Pris sur eBuzzing, ex-Wikio.) Je vous passe le « 1e du top blogs littérature » « 1e du top blogs culture » etc.

HA HA HA.

« HA HA HA » non pas par morgue ou par fausse humilité, mais HA HA HA parce que mes stats, je les vois, je les connais. Me trouver sandwiché entre Korben et Gizmodo est absolument surréaliste et je sais parfaitement que tout cela n’est qu’un effet de distorsion dû au fait que j’ai un article devenu viral (mais qui, c’est heureux et sympathique, m’a permis de rencontrer de nouveaux lecteurs et abonnés, et c’est bien tout ce qui compte). Je dis HA HA HA parce que, dans tout cet eldorado mal compris qu’est le ouèbe 2.0, on essaie à tout prix de vendre de l’influence, du référencement, et surtout les outils numériques qui permettent de quantifier si tu es un Mec Qui Sait, donc un mec qu’on écoute, donc un mec qui vend. 

HA HA HA.

Me concernant, de deux choses l’une :

  • Je suis ainsi au sommet du classement à cause d’un effet de distorsion ponctuel dû à un article viral. Je vais très certainement retomber très vite à la place qui m’est due, c’est-à-dire la 652423 ème (ou peu s’en faut, au bout d’un moment on ne compte plus les dizaines).
  • Tout le monde est dans un mouchoir de poche. C’est-à-dire que 500 blogs reçoivent en moyenne cent visites par entrée et que ces classements ne bougent pas parce qu’on est 500 ex-aequo. Corollaire : vu que mes chiffres, je les ai, je les donne, ils ne sont pas faramineux (mais quand même pas dégueulasses), ça veut donc dire qu’on est tous avec des chiffres pas faramineux et que les visites annoncées par les grands sites, c’est comme les chiffres de vente en littérature : tout le monde ment. Ça veut dire qu’on blogue tous pour cent personnes en moyenne. Ça veut dire que tout cela est d’une vaste inutilité dans la quête du mythique « buzz » qui est censé faire de nous des influencers, des trend-setters, des mecs qui créent de la valeur.

HA HA HA.

Une chance que je ne blogue pas pour être un de ces affreux anglicismes, mais pour tenir mon bar, encore et comme toujours (et la preuve que je n’en ai rien à carrer de ces chiffres : je fais ce genre d’entrée). Parce que la vérité, l’important, ce n’est pas d’être un type qui influence, c’est de construire une communauté, du lien, une maison où les visiteurs se sentent bien. J’ai un aveu à te faire, auguste lectorat : je sais pertinemment que tu ne viens pas ici pour mon actualité. Les articles où je parle de mes infos sont, de très loin, les moins visités. Tu t’en fous, mais ça me va. Je ne blogue pas pour te vendre des livres ; si ça arrive, c’est cool, et j’aime quand même bien ça, mais je me suis toujours promis de bannir le gavage publicitaire. Non, tu viens là parce que tu as envie, et c’est bien la seule raison qui vaille. 

Alors, d’après eBuzzing, je suis un influent, maintenant. Je comprends pourquoi la fin du monde arrive, tiens. Scoop : ça ne fait absolument pas vendre de livres. Mais pas du tout. L’influence est un miroir aux alouettes. Ce n’est pas parce qu’on vous écoute qu’on vous achète, qu’on agit, que vous avez subitement un succès éditorial. Tout ça, c’est des conneries, et dans ces temps où l’on ne jure que par la page Facebook, l’auto-promotion, le Klout et autres métriques d’influence, il me semble important de coller un bon gros coup de masse dans le magasin de porcelaine. C’est. Des. Conneries. 

Soyez sur Internet parce que ça vous éclate, bordel de merde, et parlez avec les gens qui vous correspondent. Disséminez votre message, mais n’espérez pas les fifteen seconds of fame. Vous serez très, très déçu. Alors arrêtez d’acheter du SEO, des rêves de succès, du community management orienté sur la vente finale. Parce que ça ne sert à rien – du moins, pas à grand-chose, question retour sur investissement en termes de temps et d’énergie. Pire : c’est un gros mensonge spéculatif, semblable à celui qui a conduit à l’éclatement de la bulle Internet dans les années 2000. Sauf que ce n’est pas un krach boursier qu’on risque, mais un krach nerveux.

Les seuls à vraiment faire fortune, ce sont les mecs qui font les plate-formes, les outils d’analyse à la Klout, les consultants SEO, Zuckerberg et autres, parce qu’ils ont réussi à vous faire croire qu’ils étaient indispensables. C’est comme la vente pyramidale ou les méthodes miracle pour gagner beaucoup d’argent sans bouger de chez soi. C’est un système auto-alimenté, c’est tout. Et c’est marrant, parce que c’était le sujet de l’une de mes toutes premières entrées de blog, il y a plus de six ans. Mutatis mutandis, feta salakis. 

Moi ? Hey, moi, je suis mort de rire et tout sauf déçu, comme l’est un barman avec ses habitués et ses nouveaux visiteurs occasionnels et pour qui, d’un coup, c’est Noël parce qu’il y a les TransMusicales qui passent dans sa rue. La communauté existe, elle est cool et ouverte : ça, ça me semble réussi, et c’est ce qui compte.

Alors, rock on, auguste lectorat ! 

2018-12-19T07:11:02+01:00mardi 11 décembre 2012|Expériences en temps réel|16 Commentaires

Bordeaux, c’est toujours bon

Et donc, comme le pressentais par avance vendredi, Bordeaux a été un excellent moment, comme la dernière fois. Je me suis retrouvé à parler pendant plus de deux heures – en comptant la petite discussion « off » sur le trajet pour le compte d’un atelier d’écriture – ce qui est très agréable pour moi, et très mauvais pour mon ego, parce que, hey, ça n’arrange pas l’amour que j’ai du son de ma voix. Merci à tous ceux qui sont venus, (re)venus depuis la dernière fois, à Florence tout particulièrement pour l’organisation, ainsi qu’à Natacha et Jean-Michel, pour les passionantes discussions du soir et aux étudiants, Héloïse, Camille, Sophie, Amandine et Romain, pour leurs questions pertinentes qui m’ont fait dire « ouch » plusieurs fois avant de réfléchir à ce que je pouvais avoir d’intelligent à dire. J’espère ne pas avoir été trop filandreux, notamment à la question « Est-ce que vous subissez Internet ou en tirez des bénéfices » ; un peu des deux, comme tout créateur, mais cela aurait demandé une dissert’ de quatre heures, thèse antithèse synthèse, avec correction par Locke et McLuhan à la sortie. J’espère aussi ne pas avoir fait trop peur. La littérature, c’est vivant, ça saigne, ça bouge et ça respire, nous-mêmes ne comprenons pas toujours ce que nous faisons et d’heureux hasards de narration naissent de notre disponibilité au monde. La seule vraie compréhension qui compte, c’est la sienne propre ; elle est une banderille de torero, elle consiste à dire : « et toi ? et toi ? et toi ? » Si elle dit « et moi ! et moi ! et moi ! » comme le fait trop souvent la littérature blanche nombriliste, personnellement, je trouve qu’on s’emmerde. Nous sommes tous des passagers sur le vaste navire de l’existence. Alea jacta est. Gloria sic transit. Merci de ne pas nourrir les girafes.

Cela a aussi été pour moi l’occasion d’une première : une lecture de Léviathan (dans La Nuit, le duel de Masha). Cela faisait longtemps que je voulais faire entendre la voix de l’Ombre telle que je l’entends. Tout l’entretien devrait avoir été filmé ; je répercuterai l’information.

Petite vue de la Garonne (merci à Florence, encore, pour la promenade) un peu pourrie (la faute au portable) mais ce genre de petit souvenir permet d’ancrer les moments dans la mémoire.

Merci encore à tous et à la prochaine, j’espère ! 

2012-12-11T09:28:23+01:00lundi 10 décembre 2012|Journal|4 Commentaires

En vadrouille

En ce moment, je dois me trouver dans un train entre Bordeaux et la Bretagne, revenant d’une intervention dont je doute pas qu’elle aura été très agréable, étant déjà venu en ces lieux en début d’année ; je poste du passé (mélodie oppressante et voix caverneuse) grâce à la possibilité de poster en différé (en fait ça va, l’assistance pousse un soupir de soulagement). Bref message donc, car, en toute franchise, je me fissure un peu sous la charge de travail, tel un bloc de marbre grec contemplant le passage des éons. (Ouais, tant qu’à donner dans la métaphore, autant se servir correctement). L’écriture avance, mais j’ai beaucoup d’autres engagements en-dehors de ça, persos et pros, et tout mener de front commence à être complexe. Mes excuses pour mes sempiternels retards de mail (surtout), je lis toujours tout, c’est me poser quelques minutes pour répondre qui constitue hélas un problème. De manière générale, pour arrêter de décevoir mon monde, je risque de publier encore quelques annonces de service comme celle de lundi afin de clarifier mon jeu, de conserver un peu de santé mentale et de rendre à l’écriture l’espace qu’elle réclame. En résumé : Merci ! Mes excuses ! 

Ça n’empêche pas que je voudrais faire quelques articles de fond pour la semaine prochaine, mais je ne dis pas quoi comment sur quoi, parce que j’ai vérifié la malédiction qui pèse sur ce blog : quand je promets un article, tout conspire à m’empêcher de le faire. Donc, motus.

Mais comme je t’aime, auguste lectorat, je ne vais pas te laisser en plan sans une bonne petite rasade de particules gamma. Bon week-end ! 

2012-12-05T19:18:39+01:00vendredi 7 décembre 2012|Journal|4 Commentaires

Annonce de service : je ne chronique pas de littérature de fiction

Par Bob Staake

Recevant de plus en plus de mails semi-automatisés, plutôt bien intentionnés d’ailleurs – je ne m’en plains pas, c’est sympa de recevoir des propositions, tant que c’est fait intelligemment -, il me faut continuer d’établir quelques petites lignes directrices restées tacites jusqu’ici, mais que je devrais probablement noter quelque part, dans le but de faire gagner du temps à tout le monde, à commencer par moi, qui, très franchement et avec regret, n’arrive vraiment pas à suivre avec le flot de mes courriers électroniques.

Donc, pour commencer, en deux mots (version rapide), et ensuite, le pourquoi du comment, pour ceux que ça intéresse (polémique inside).

En deux mots

Je ne chronique pas de littérature de fiction, ni sur ce blog, ni ailleurs (même si je l’ai longtemps fait), pas d’exceptions. 

Je suis heureux et honoré de recevoir des propositions de services de presse, et je suis toujours ravi de recevoir des livres, car les livres, c’est le bien. Mais en général, surtout en cette ère de blogging débridé, le but d’un service de presse est d’obtenir un article en retour, et c’est normal. Un livre, un article. Donc, si le but de votre SP est de faire chroniquer le livre, je ne suis pas l’interlocuteur qu’il vous faut, parce que vous n’aurez pas d’article. 

Par contre, si vous voulez m’envoyer votre livre parce que vous trouvez ça cool, que vous voulez m’aider à remplir ma bibliothèque, ou juste parce vous voulez me faire plaisir (et ça me fait plaisir), hey, bien sûr que je serais ravi de l’avoir entre les mains. Mais n’attendez pas de chronique ni de presse. (Honnêtement, je ne suis malheureusement même pas sûr de pouvoir le lire avant l’an 2102.)

Il m’arrive en revanche (assez fréquemment) de parler de livres sur l’écriture ou d’essais (même de films, de séries, de jeux vidéo, de musique). Là, pour les SP et les chroniques, oui, pourquoi pas. 

Pourquoi donc ?

Là encore, très simplement : parce que je suis écrivain et que je ne suis pas capable d’être juge et partie. J’ai également pas mal de copains dans le milieu, et j’éprouve un net conflit d’intérêt à pouvoir parler librement (donc potentiellement en mal) d’un livre d’un éditeur avec qui je peux avoir travaillé / travailler un jour, d’un ami, et même ; si je connais l’auteur, ne vais-je pas être inconsciemment influencé par ce que je sais de lui / elle ? Si je connais le projet artistique / les intentions de l’auteur, donc si je sais lire entre les lignes, suis-je un bon critique ? Je ne peux en jurer, et si je ne peux en jurer, je m’abstiens.

Maintenant, le complément grinçage de dents : ajoutons le fait que le milieu littéraire manque parfois singulièrement de maturité. Certains éditeurs, auteurs, communicants sont d’une grâce admirable ; même après un papier négatif sur leur travail, ils vous serrent la main avec la profonde conviction que vous avez bien fait votre travail et rempilent sans hésiter. Je leur rends mille fois hommage, ils sont ceux qui impriment à la culture leur grandeur. Hélas, tout le monde n’est pas ainsi et c’est un peu moche, mais le conflit d’intérêt, on le prend aussi parfois en plein dans les dents. Il est arrivé à des camarades, ayant la double casquette, de se faire étriller par des contacts / auteurs / éditeurs après avoir proposé un avis pas entièrement dithyrambique sur des livres, parce qu’ils avaient le malheur d’avoir été sincères. Il m’est déjà arrivé de me faire descendre ou insulter à cause de mes chroniques musicales (là où l’on pense de façon assez drôle que je ne vois rien), ce qui m’amuse plus qu’autre chose (car insulter l’auteur d’une chronique tiède est un flagrant manque de professionalisme), mais la littérature est l’une de mes familles, c’est mon métier, et c’est aussi ma vocation, et là, je ne suis pas sûr d’être tellement amusé que ça. J’élimine donc autant que possible de mon existence les combats qui n’en valent pas la chandelle, et c’en est un.

2012-12-03T10:46:26+01:00lundi 3 décembre 2012|Journal|9 Commentaires

Créer du lien : du fond sur l’ebook, Despentes dit vrai, zap la nuke, awaywaywayway, dark water watches you, et al.

Hey, je crois que cette formule, avec cette compilation de trucs intéressants ou étranges trouvés ici et là dans teh intertubes semble être une bonne maniière de passer de l’info. Dans un monde idéal, auguste lectorat, j’aurais un temps infini pour faire des articles sur tout, tu aurais un temps infini pour les lire, nous aurions un temps infini pour en débattre, mais nous sommes des êtres finis, et faut bien se démerder avec (Lao-Tseu, apocryphe, un soir où un garçon de salle facétieux avait épicé son thé au jasmin d’une lichette d’alcool de riz).

Ça parle beaucoup de numérique, toujours, et l’Atalante a lancé son offre fort intéressante avec un article à la fois drôle et fort bien construit sur les contraintes financières que cela comporte. À lire absolument pour commencer à comprendre, ici. Sur le même sujet, une contribution très technique mais exhaustive sur le sujet des contrats numériques, à s’archiver quelque part, sur le blog de l’avocat Pascal Raynaud.

Sujets d’actualité toujours, pour boucler la question des souris empoisonnées par les OGM, le Nouvel Obs fait un tour d’horizon plutôt réfléchi des critiques et bénéfices de l’étude. Sur le mariage homosexuel, Virginie Despentes colle quelques mandales bien placées en répondant à Lionel Jospin et autres adversaires de la loi. À lire et faire tourner. Morceau choisi :

Les enfants de divorcés se fadent des beaux parents par pelletées, alors chez eux ce n’est plus un papa et une maman, c’est tout de suite la collectivité. On sait que les hétérosexuels divorcent plus facilement qu’ils ne changent de voiture. On sait que l’adultère est un sport courant […] Mais pourquoi tant de souplesse morale quand ce sont les hétéros qui se torchent le cul avec le serment du mariage, et cette rigidité indignée quand il s’agit des homosexuels? On salirait l’institution? On la dévoierait? Mais les gars, même en y mettant tout le destroy du monde, on ne la dévoiera jamais d’avantage que ce que vous avez déjà fait, c’est perdu d’avance… dans l’état où on le trouve, le mariage, ce qui est exceptionnel c’est qu’on accepte de s’en servir.

Voilà. Ippon, la cause est entendue, dossier suivant s’il vous plaît.

Alors quelques perspectives joyeuses. L’Europe construirait un laser géant pour désintégrer les déchets nucléaires. L’idée du Bhoutan – mesurer le bien-être des citoyens au lieu de l’économie d’un pays – fait un timide chemin, mais quand même. Et un peu de poésie stellaire pour les utilisateurs du navigateur Chrome.

Pour le lol and cute, un bélouga imite la voix humaine (et il a l’air bourré), Rebel cat est un gros punk.

Et pour le weird. Pour le weird… La façon la plus humaine et funky d’euthanasier quelqu’un. Et sinon, n’allez pas jouer près des lacs, les enfants. Il vous guette.

2012-11-22T10:21:03+01:00lundi 26 novembre 2012|Juste parce que c'est cool|2 Commentaires
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