Bordeaux, c’est toujours bon

Et donc, comme le pressentais par avance vendredi, Bordeaux a été un excellent moment, comme la dernière fois. Je me suis retrouvé à parler pendant plus de deux heures – en comptant la petite discussion « off » sur le trajet pour le compte d’un atelier d’écriture – ce qui est très agréable pour moi, et très mauvais pour mon ego, parce que, hey, ça n’arrange pas l’amour que j’ai du son de ma voix. Merci à tous ceux qui sont venus, (re)venus depuis la dernière fois, à Florence tout particulièrement pour l’organisation, ainsi qu’à Natacha et Jean-Michel, pour les passionantes discussions du soir et aux étudiants, Héloïse, Camille, Sophie, Amandine et Romain, pour leurs questions pertinentes qui m’ont fait dire « ouch » plusieurs fois avant de réfléchir à ce que je pouvais avoir d’intelligent à dire. J’espère ne pas avoir été trop filandreux, notamment à la question « Est-ce que vous subissez Internet ou en tirez des bénéfices » ; un peu des deux, comme tout créateur, mais cela aurait demandé une dissert’ de quatre heures, thèse antithèse synthèse, avec correction par Locke et McLuhan à la sortie. J’espère aussi ne pas avoir fait trop peur. La littérature, c’est vivant, ça saigne, ça bouge et ça respire, nous-mêmes ne comprenons pas toujours ce que nous faisons et d’heureux hasards de narration naissent de notre disponibilité au monde. La seule vraie compréhension qui compte, c’est la sienne propre ; elle est une banderille de torero, elle consiste à dire : « et toi ? et toi ? et toi ? » Si elle dit « et moi ! et moi ! et moi ! » comme le fait trop souvent la littérature blanche nombriliste, personnellement, je trouve qu’on s’emmerde. Nous sommes tous des passagers sur le vaste navire de l’existence. Alea jacta est. Gloria sic transit. Merci de ne pas nourrir les girafes.

Cela a aussi été pour moi l’occasion d’une première : une lecture de Léviathan (dans La Nuit, le duel de Masha). Cela faisait longtemps que je voulais faire entendre la voix de l’Ombre telle que je l’entends. Tout l’entretien devrait avoir été filmé ; je répercuterai l’information.

Petite vue de la Garonne (merci à Florence, encore, pour la promenade) un peu pourrie (la faute au portable) mais ce genre de petit souvenir permet d’ancrer les moments dans la mémoire.

Merci encore à tous et à la prochaine, j’espère ! 

2012-12-11T09:28:23+01:00lundi 10 décembre 2012|Journal|4 Commentaires

En vadrouille

En ce moment, je dois me trouver dans un train entre Bordeaux et la Bretagne, revenant d’une intervention dont je doute pas qu’elle aura été très agréable, étant déjà venu en ces lieux en début d’année ; je poste du passé (mélodie oppressante et voix caverneuse) grâce à la possibilité de poster en différé (en fait ça va, l’assistance pousse un soupir de soulagement). Bref message donc, car, en toute franchise, je me fissure un peu sous la charge de travail, tel un bloc de marbre grec contemplant le passage des éons. (Ouais, tant qu’à donner dans la métaphore, autant se servir correctement). L’écriture avance, mais j’ai beaucoup d’autres engagements en-dehors de ça, persos et pros, et tout mener de front commence à être complexe. Mes excuses pour mes sempiternels retards de mail (surtout), je lis toujours tout, c’est me poser quelques minutes pour répondre qui constitue hélas un problème. De manière générale, pour arrêter de décevoir mon monde, je risque de publier encore quelques annonces de service comme celle de lundi afin de clarifier mon jeu, de conserver un peu de santé mentale et de rendre à l’écriture l’espace qu’elle réclame. En résumé : Merci ! Mes excuses ! 

Ça n’empêche pas que je voudrais faire quelques articles de fond pour la semaine prochaine, mais je ne dis pas quoi comment sur quoi, parce que j’ai vérifié la malédiction qui pèse sur ce blog : quand je promets un article, tout conspire à m’empêcher de le faire. Donc, motus.

Mais comme je t’aime, auguste lectorat, je ne vais pas te laisser en plan sans une bonne petite rasade de particules gamma. Bon week-end ! 

2012-12-05T19:18:39+01:00vendredi 7 décembre 2012|Journal|4 Commentaires

Annonce de service : je ne chronique pas de littérature de fiction

Par Bob Staake

Recevant de plus en plus de mails semi-automatisés, plutôt bien intentionnés d’ailleurs – je ne m’en plains pas, c’est sympa de recevoir des propositions, tant que c’est fait intelligemment -, il me faut continuer d’établir quelques petites lignes directrices restées tacites jusqu’ici, mais que je devrais probablement noter quelque part, dans le but de faire gagner du temps à tout le monde, à commencer par moi, qui, très franchement et avec regret, n’arrive vraiment pas à suivre avec le flot de mes courriers électroniques.

Donc, pour commencer, en deux mots (version rapide), et ensuite, le pourquoi du comment, pour ceux que ça intéresse (polémique inside).

En deux mots

Je ne chronique pas de littérature de fiction, ni sur ce blog, ni ailleurs (même si je l’ai longtemps fait), pas d’exceptions. 

Je suis heureux et honoré de recevoir des propositions de services de presse, et je suis toujours ravi de recevoir des livres, car les livres, c’est le bien. Mais en général, surtout en cette ère de blogging débridé, le but d’un service de presse est d’obtenir un article en retour, et c’est normal. Un livre, un article. Donc, si le but de votre SP est de faire chroniquer le livre, je ne suis pas l’interlocuteur qu’il vous faut, parce que vous n’aurez pas d’article. 

Par contre, si vous voulez m’envoyer votre livre parce que vous trouvez ça cool, que vous voulez m’aider à remplir ma bibliothèque, ou juste parce vous voulez me faire plaisir (et ça me fait plaisir), hey, bien sûr que je serais ravi de l’avoir entre les mains. Mais n’attendez pas de chronique ni de presse. (Honnêtement, je ne suis malheureusement même pas sûr de pouvoir le lire avant l’an 2102.)

Il m’arrive en revanche (assez fréquemment) de parler de livres sur l’écriture ou d’essais (même de films, de séries, de jeux vidéo, de musique). Là, pour les SP et les chroniques, oui, pourquoi pas. 

Pourquoi donc ?

Là encore, très simplement : parce que je suis écrivain et que je ne suis pas capable d’être juge et partie. J’ai également pas mal de copains dans le milieu, et j’éprouve un net conflit d’intérêt à pouvoir parler librement (donc potentiellement en mal) d’un livre d’un éditeur avec qui je peux avoir travaillé / travailler un jour, d’un ami, et même ; si je connais l’auteur, ne vais-je pas être inconsciemment influencé par ce que je sais de lui / elle ? Si je connais le projet artistique / les intentions de l’auteur, donc si je sais lire entre les lignes, suis-je un bon critique ? Je ne peux en jurer, et si je ne peux en jurer, je m’abstiens.

Maintenant, le complément grinçage de dents : ajoutons le fait que le milieu littéraire manque parfois singulièrement de maturité. Certains éditeurs, auteurs, communicants sont d’une grâce admirable ; même après un papier négatif sur leur travail, ils vous serrent la main avec la profonde conviction que vous avez bien fait votre travail et rempilent sans hésiter. Je leur rends mille fois hommage, ils sont ceux qui impriment à la culture leur grandeur. Hélas, tout le monde n’est pas ainsi et c’est un peu moche, mais le conflit d’intérêt, on le prend aussi parfois en plein dans les dents. Il est arrivé à des camarades, ayant la double casquette, de se faire étriller par des contacts / auteurs / éditeurs après avoir proposé un avis pas entièrement dithyrambique sur des livres, parce qu’ils avaient le malheur d’avoir été sincères. Il m’est déjà arrivé de me faire descendre ou insulter à cause de mes chroniques musicales (là où l’on pense de façon assez drôle que je ne vois rien), ce qui m’amuse plus qu’autre chose (car insulter l’auteur d’une chronique tiède est un flagrant manque de professionalisme), mais la littérature est l’une de mes familles, c’est mon métier, et c’est aussi ma vocation, et là, je ne suis pas sûr d’être tellement amusé que ça. J’élimine donc autant que possible de mon existence les combats qui n’en valent pas la chandelle, et c’en est un.

2012-12-03T10:46:26+01:00lundi 3 décembre 2012|Journal|9 Commentaires

Créer du lien : du fond sur l’ebook, Despentes dit vrai, zap la nuke, awaywaywayway, dark water watches you, et al.

Hey, je crois que cette formule, avec cette compilation de trucs intéressants ou étranges trouvés ici et là dans teh intertubes semble être une bonne maniière de passer de l’info. Dans un monde idéal, auguste lectorat, j’aurais un temps infini pour faire des articles sur tout, tu aurais un temps infini pour les lire, nous aurions un temps infini pour en débattre, mais nous sommes des êtres finis, et faut bien se démerder avec (Lao-Tseu, apocryphe, un soir où un garçon de salle facétieux avait épicé son thé au jasmin d’une lichette d’alcool de riz).

Ça parle beaucoup de numérique, toujours, et l’Atalante a lancé son offre fort intéressante avec un article à la fois drôle et fort bien construit sur les contraintes financières que cela comporte. À lire absolument pour commencer à comprendre, ici. Sur le même sujet, une contribution très technique mais exhaustive sur le sujet des contrats numériques, à s’archiver quelque part, sur le blog de l’avocat Pascal Raynaud.

Sujets d’actualité toujours, pour boucler la question des souris empoisonnées par les OGM, le Nouvel Obs fait un tour d’horizon plutôt réfléchi des critiques et bénéfices de l’étude. Sur le mariage homosexuel, Virginie Despentes colle quelques mandales bien placées en répondant à Lionel Jospin et autres adversaires de la loi. À lire et faire tourner. Morceau choisi :

Les enfants de divorcés se fadent des beaux parents par pelletées, alors chez eux ce n’est plus un papa et une maman, c’est tout de suite la collectivité. On sait que les hétérosexuels divorcent plus facilement qu’ils ne changent de voiture. On sait que l’adultère est un sport courant […] Mais pourquoi tant de souplesse morale quand ce sont les hétéros qui se torchent le cul avec le serment du mariage, et cette rigidité indignée quand il s’agit des homosexuels? On salirait l’institution? On la dévoierait? Mais les gars, même en y mettant tout le destroy du monde, on ne la dévoiera jamais d’avantage que ce que vous avez déjà fait, c’est perdu d’avance… dans l’état où on le trouve, le mariage, ce qui est exceptionnel c’est qu’on accepte de s’en servir.

Voilà. Ippon, la cause est entendue, dossier suivant s’il vous plaît.

Alors quelques perspectives joyeuses. L’Europe construirait un laser géant pour désintégrer les déchets nucléaires. L’idée du Bhoutan – mesurer le bien-être des citoyens au lieu de l’économie d’un pays – fait un timide chemin, mais quand même. Et un peu de poésie stellaire pour les utilisateurs du navigateur Chrome.

Pour le lol and cute, un bélouga imite la voix humaine (et il a l’air bourré), Rebel cat est un gros punk.

Et pour le weird. Pour le weird… La façon la plus humaine et funky d’euthanasier quelqu’un. Et sinon, n’allez pas jouer près des lacs, les enfants. Il vous guette.

2012-11-22T10:21:03+01:00lundi 26 novembre 2012|Juste parce que c'est cool|2 Commentaires

Notre petit vaisseau bleu

Les Utopiales ont commencé, beaucoup d’entre vous sont probablement déjà là-bas, et moi j’arrive demain. Pour nous mettre dans l’ambiance, je vous propose un survol surréel époustouflant de notre petite planète, qui montre à la fois combien nous sommes minuscules à sa surface, et combien elle est fragile. Les aurores boréales, en particulier, révèlent la finesse de l’atmosphère. C’est amusant comme l’altitude perd tout sens, si haut.

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2012-11-07T09:52:52+01:00jeudi 8 novembre 2012|Juste parce que c'est cool|3 Commentaires

Créer du lien : spécial SF de le future

Comme ce sont les Utopiales ce week-end, créons du lien autour de la SF, que diable.

Un jour, dans un salon, une dame très comme il faut m’a expliqué en termes très sages que cela n’avait aucun intérêt d’inventer d’autres mondes, des mages aux pouvoirs « supérieurs aux capacités humaines » pour reprendre la 4e de couverture de Léviathan : La Chute, car cela n’existait pas, n’existerait jamais. Indépendamment de lui avoir poliment répondu qu’elle vivait déjà dans le monde que la science-fiction lui dépeignait quand elle était jeune, avec des organismes génétiquement modifiés dans son assiette, un réseau global aux communications instantanées accessible d’un téléphone dans sa poche et une planète au climat transformé par son espèce dominante, nous pouvons désormais ajouter :

L’avenir s’approche de Star Trek. 

Puisqu’on est dans la hard science, une compilation des hypothèses les plus fréquentes visant à répondre à une des plus importantes questions de l’avenir se trouve sur cette page. La question, c’est, bien sûr, « mais pourquoi Actarus fait-il demi-tour pendant le Transfert ? »

Un Chinois fait un procès à sa femme pour cause d’enfant moche. Il s’avère que la femme, autrefois très laide, a fait de la chirugie esthétique, mais que la génétique soit ressortie, hélas, chez l’enfant. Guess what ? Il gagne – 120 000$. Gattaca, quelqu’un ?

Enfin, une reprise de Gangnam Style en klingon. Mais genre, en vrai klingon.

2012-11-07T09:42:36+01:00mercredi 7 novembre 2012|Juste parce que c'est cool|Commentaires fermés sur Créer du lien : spécial SF de le future

C’était beau, céliande

Je le dis souvent, je ne suis vraiment pas doué pour les compte-rendus de festival ; d’une part, y étant souvent pour bosser, je n’en vois pas la majorité ; d’autre part, il s’y passe souvent foule de moments off difficiles à retranscrire et à raconter, à moins de faire un roman. (Mais certains moments surréalistes de festival trouveront peut-être leur chemin, maquillés et déformés, dans un bouquin. Un jour. Peut-être.) Cependant, je veux quand même dire un mot sur les Imaginaires de Brocéliande, parce que c’était une première édition avec beaucoup d’ambitions qui ont été intelligemment concrétisées dans une atmosphère extrêmement chaleureuse, que c’est tout près de la maison (à Ploërmel, 60 km de Rennes), que c’est dans une terre de légendes – Brocéliande – propice à la fantasy, et tout simplement, hé, parce que c’était merveilleusement chouette, avec une équipe qui aime ce qu’elle fait, qui sait ce qu’elle fait et qu’elle le fait bien, avec de beaux moments d’émotion pour le public, mais aussi les invités. Pour voir ce que vous avez raté (littérature, mais aussi musique, cinéma, spectacles), rendez-vous sur le site – et l’année prochaine, surtout.

Je n’ai pas pris de photos sur le site, mais Laurent Miny a eu la bonne idée de rassembler les métalleux du festival pour nous faire un souvenir un peu personnel… Ça ne vous montre pas les alentours, mais ça vous montrera combien l’ambiance était amicale !

Sébastien Grenier, ma pomme, Justine Niogret, Laurent Miny, Antoine Crampé, Jérôme Lereculey.

Et merci à vous, comme toujours, d’être venus ! Rock on ! \m/

2012-11-05T23:29:11+01:00mardi 6 novembre 2012|Journal|3 Commentaires

Créer du lien : édition mondiale, faaaake, go pex noob & death metal cat.

Obésité et malnutrition : cette fois, voyons une carte des pays du monde pondérés par la taille de leur marché d’édition. Le jour où la Russie et l’Afrique s’éveilleront… La Chine, en revanche, c’est fait.

Puisqu’on parle d’édition, un article scientifique sur le modèle économique de Nine Inch Nails et autres groupes qui s’adressent directement aux fans. Je compte le lire de près mais il semble déjà oublier une chose : à mon sens, le succès de ces groupes dans ce business model est possible aussi parce que des éditeurs et des communicants leur ont permis d’avancer sur le devant de la scène. Je me demande si, sortis aujourd’hui de nulle part, ils fédéreraient le même public.

Il y a un sérieux problème sur les journaux scientifiques (il y a l’étude hautement contestable sur les OGM qui a été acceptée) puisqu’un papier absurde, sorti d’un générateur automatique, a été accepté lui aussi. On peut s’amuser à jouer avec les générateurs aléatoires dont il est question et briller en société (« saviez-vous, Nadine, que la closure np-complexe d’un sous-ensemble de Riemann est ductile si et seulement si sa fonction générative est bijective sur R ? »).

Absurdié alors, la connerie des Républicains ne connaît toujours pas de limite, cette fois, on accuse une candidate aux sénatoriales de jouer à WoW. La critique est d’une telle bêtise qu’elle en révèle bien davantage sur ses auteurs que sur leur cible. Alors que s’il faut brûler ladite candidate pour une raison valable, c’est d’être seulement niveau 68. Go pex, noob !

Dark Vador se balade en banlieue.

Enfin, toute compilation de liens ne serait pas complète sans une vidéo de chat.

2012-10-22T10:35:06+02:00mardi 23 octobre 2012|Juste parce que c'est cool|8 Commentaires

The Sound of Cylons

Pure awesome genius.

(Je pense toujours aux articles promis ici et là, notamment sur droit d’auteur et copyright. Mais je suis à Paris pour 24h et entre deux portes pour discuter de Potentiels Grands Projets d’Avenir (TM). Ne zappez pas.)

2012-10-16T14:54:50+02:00jeudi 18 octobre 2012|Juste parce que c'est cool|8 Commentaires
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