Vous voulez écrire de la SF ou de la Fantasy ? Attention à ces pièges

… est le titre de l’article réalisé par Marcus Dupont-Besnard pour Numerama, qui synthétise (car je parle beaucoup trop si on me laisse faire) un très long et chouette entretien autour de Comment écrire de la fiction ? et des particularités de l’écriture d’imaginaire :

Ces genres ont-ils une particularité dans le domaine narratif ? « On ne peut pas imaginer un bon roman d’imaginaire qui ne soit pas un bon roman tout court  », prévient Lionel Davoust. « Mais l’imaginaire ajoute des difficultés techniques supplémentaires. » Nous lui avons demandé s’il existait des pièges et idées reçues spécifiques à ces genres, que les jeunes auteurs et autrices devraient soigneusement éviter dans l’écriture d’un manuscrit.

Merci à Marcus et à Numerama pour leur intérêt envers ce livre, et envers ce que je crois avoir appris au bout de beaucoup trop de temps passé à faire ce métier forcément malhonnête.

➡️ Lire l’article – entretien de Numerama sur Comment écrire de la fiction ?

2021-08-26T16:35:30+02:00lundi 30 août 2021|Best Of, Entretiens, Technique d'écriture|6 Commentaires

Création produit > identité de marque

Histoire d’être plus rigolo et parce que cela rejoint ce dont on a déjà parlé sur le mythe des réseaux pour se faire connaître où j’ai pu constater des opinions divergentes, je vais commencer par vous en raconter une (d’histoire).

C’est (donc) l’histoire (ben oui, suivez) de quatre-cinq gugusses (et à un moment, une gugussette) de 20 ans fraîchement inaugurés qui se mettent dans la tronche qu’ils vont devenir le nouveau Nightwish / Dream Theater / Cradle of Filth / Muse (il y a un intrus dans cette liste, sauras-tu le retrouver ?) selon leurs fantasmes personnels (et on voit tout de suite que ça va déconner, mais un peu de clémence, les gugusse·ette·s – orthographe inclusive FTW – n’avaient donc que 20 ans tout mouillés, donc). Donc ils font des répétitions, commencent à composer, à un moment quand même boivent plus de bière au bar que composer, mais ils sont des pros, tu comprends, donc ils savent ce qu’ils font – ouais, c’est l’équivalent métal du type à cheveux longs qui glande au Starbucks avec un MacBook Air couvert d’autocollants qui va écrire le prochain grand roman social, promis juré, mais demain.

Bon, alors, avant que ça râle, au cas où ça n’aurait pas suivi, j’étais évidemment un des gugusses en question, hein, avec mes cheveux longs et mes doigts gras sur mes synthétiseurs (sachant qu’il aurait parfois mieux valu que je laisse jouer les arpégiateurs, c’est pas par hasard que je produis depuis en différé), et j’étais pas le dernier quand il s’agissait d’imaginer les concerts de cent mille personnes où même le tout-Paris s’étonne en pensant qu’il existait une alchimie secrète convertissant la bière en bonne musique. (Résistance, quand tu nous tiens.) Donc, je dis ça avec la tendresse qu’il faut avoir envers les ambitions qu’on a à vingt piges (à cet âge-là, j’ai aussi fantasmé un monde imaginaire qui se déclinerait en nouvelles et sagas sur des années de création avec un énorme plan maître et on va dire que ça s’est beaucoup mieux passé, donc bon, faut surtout pas avoir peur de rêver). (Incidemment, tout ça pour dire : être wannabe, je sais ce que c’est, j’en rigole ou cringe selon les jours et quand je parle de la quantité de boulot à investir dans son art, c’est pas pour emmerder le monde, c’est que je sais beaucoup trop bien.)

Tout ça pour en arriver à une certaine anecdote saillante (c’est de saison, l’escalade sportive était aux JO) résumant tout le bouzin : à un moment, lesdits gugusses + gugussette se sont dits, avec probablement une compo et demie dans l’escarcelle à ce stade : « hé, les gens, il faut absolument qu’on fasse un logo, et un site web pour se promouvoir ». (Il est très possible que je sois moi-même le responsable de cette connerie.)

Bon. Eh ben non, hein ? On continue à bosser, peut-être, d’abord.

Je parle de ça parce que ça m’est revenu après quelques écoutes de podcasts disparates sur l’écriture et les réseaux, et que certaines stratégies employées par des jeunes auteurs m’ont frappé comme étant, eh bien, l’équivalent 2021 du groupe des gentils couillons pensant au management avant le cœur du métier. Qui est : créer des choses de qualité, donc apprendre et améliorer son art, le travailler diligemment (et il y a fichtre de choses à apprendre, toute sa vie mais encore plus au début, forcément). Au lieu de cela, j’entends parler de « stratégies contenu » entre blog, newsletter, formations qu’on donne, comptes Instagram, communautés Discord, tweets, pages Facebook et évidemment, tout ça en parallèle12.

Bon. Heu. À ce stade, j’ai juste envie de poser une question, gentiment hein, mais le cœur du métier, c’est community manager ou écrivain·e ? Sérieusement, où diable trouvez-vous le temps d’écrire ? (J’écris à plein temps depuis plusieurs années et je n’en ai déjà fucking pas assez ! J’ai plutôt fait l’inverse : j’ai quitté tous les réseaux et tout récemment, la majorité des forums que je fréquentais aussi parce que, qui a le temps et la bande passante mentale pour ça ?)

Encore une fois, comme me le disait un de mes MJ de Donjons et Dragons dans une incarnation immortelle de tous les aubergistes du monde qui n’ont pas envie de répondre aux questions des joueurs : « chacun fait ce qu’il veut » mais j’interroge, juste, la pertinence de développer la stratégie média de la Lyonnaise des Eaux quand on n’a peut-être que quelques nouvelles publiées ici et là (ce qui est bien, hein ! on parle des à-côtés).

Ce n’est pas votre présence en ligne qui vous fera connaître, ce sont de bons textes. Mireille Rivalland l’a dit dans Procrastination, spoiler : Pascal Godbillon le dira aussi à la saison 6, et je vous invite, pour l’exercice, à aller regarder exactement combien d’auteurs et d’autrices découvert·es ou qui publient de premiers romans chez de grandes maisons ont une présence en ligne d’envergure sur les cinq dernières années. Personnellement, j’ai plutôt l’impression de constater (au doigt mouillé) une relation proportionnelle inverse entre les démarrages de carrières prometteuses et le plan média personnel de ces auteurs. Évidemment, un canal, un point d’eau (disons un site, peut-être un blog et/ou une newsletter), c’est nécessaire aujourd’hui ne serait-ce que pour qu’on sache où vous trouver et créer du lien avec votre communauté naissante (ce qui est chouette !), mais je pense que l’idée d’une galaxie média est une vache de fausse route quand on en est encore à faire ses gammes…

Alors, comme toujours, si ça vous amuse, c’est cool, et c’est autre chose. Il peut y avoir un plaisir sincère à rester sur Twitter (j’ai joué hardcore à WoW, qui suis-je pour juger des addictions des autres ?), et il y a un réel bénéfice à l’entraide des communautés en ligne. Et puis même, fantasmer sur le logo de son groupe qu’on aura en grand derrière soi sur la scène du Zénith, ce n’est pas interdit, ça fait rêver, et les rêves, c’est chouette, les accomplissements commencent toujours par là.

Mais on est d’accord, hein ? Ce n’est pas du boulot. Le boulot, c’est la création, la production. C’est là qu’on apprend et c’est là qu’on crée des choses à montrer et qu’on progresse. Le groupe de métal devra se soucier de son logo et de son site, bien sûr, mais ça vient quand on a déjà 10-15 compositions qu’on peut jouer sans pain de façon fiable et régulière (et ça n’est pas donné à tout le monde) (et non, effectivement, on n’est jamais arrivé à ce stade, vous l’aviez deviné, hein ?).

Et c’est là-dessus qu’il faut bosser, le reste viendra quand il devra venir. That’s all I’m sayin’.

  1. Je laisse de côté l’autoédition, que je connais beaucoup trop mal et qui peut nécessiter ce genre de chose, mais cela me semble ajouter à une charge de travail déjà considérable, ce qui constitue un solide argument en faveur de l’édition traditionnelle.
  2. Je laisse aussi de côté les gens qui ont des équipes pour les épauler et gérer ça pour eux.
2021-08-08T11:03:24+02:00mardi 10 août 2021|Best Of, Technique d'écriture|9 Commentaires

Procrastination podcast S05e20 – Non, l’éditeur ne veut pas vous formater

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « S05e20 – Non, l’éditeur ne veut pas vous formater« .

L’épisode aux opinions peut-être impopulaires, mais concernant une idée reçue tellement fréquente qu’il convient de lui tordre le cou une bonne fois pour toutes : non, une maison d’édition ne veut pas formater votre travail ni lisser votre personnalité. Mélanie met déjà en avant l’immense diversité du paysage éditorial et donc des sensibilités, et revient sur la notion de ligne éditoriale, qui n’est pas un prétexte pour rejeter les manuscrits, mais au contraire un repère précieux pour s’orienter. Lionel explicite la différence souvent mal comprise entre la personnalité souhaitée dans une œuvre et les moyens que l’auteur ou autrice acquiert au cours de son mûrissement, tant personnel que technique. Estelle insiste sur l’importance de chercher les bons partenaires, de cibler ses projets, et rappelle qu’un artiste apprend ce qu’il ou elle désire à mesure qu’il ou elle pratique son art.

Références citées

– Le festival Imaginales, http://www.imaginales.fr

– Le festival Utopiales, http://www.utopiales.org

– Mireille Rivalland

– « Les Archives de Roshar », Brandon Sanderson

– Django Reinhardt

– Free Bird, Lynyrd Skynyrd

– Régis Goddyn

– Stefan Platteau

– Donjons et Dragons le film, réalisé par Courtney Solomon

– Le Seigneur des Anneaux, série de films réalisés par Peter Jackson

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2021-08-12T18:10:01+02:00jeudi 1 juillet 2021|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast S05e20 – Non, l’éditeur ne veut pas vous formater

Procrastination podcast S05e19 – Les outils linguistiques

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « S05e19 – Les outils linguistiques« .

Du dictionnaire de poche au volumineux traité de grammaire, la langue a ses règles, et donc les outils pour les déchiffrer. Dans cet épisode, Mélanie, Estelle et Lionel parlent de la place de ceux-ci dans la pratique de l’écriture, de leurs favoris, et de leur usage au quotidien. Mélanie leur donne surtout une place dans la pratique de la traduction, notamment l’indispensable dictionnaire des synonymes, et différencie la recherche purement utilitaire d’une approche créative. Estelle loue Le Bon Usage de Maurice Grevisse, tant pour repousser ses propres limites créatives que travailler les corrections d’un manuscrit. Lionel aborde les différences entre numérique et papier et argue que le but d’Antidote… c’est d’arriver à s’en passer.

Références citées

– Dictionnaire électronique des synonymes du CRISCO https://crisco2.unicaen.fr/des/

– Le Bon usage, Maurice Grevisse

– Dictionnaire d’orthographe et d’expression écrite, André Jouette, coll. les essentiels du Robert (épuisé)

– L’incroyable équipe de correction de Folio SF

– Dictionnaire des difficultés de la langue française, Adolphe V. Thomas

– Antidote, https://www.druide.com/fr

– Princess Bride, film de Rob Reiner adapté du roman de William Goldman

– Collection Bescherelle, éd. Hatier

– Dictionnaire de synonymes et mots de sens voisin, Henri Bertaud du Chazaud, Quarto

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2021-07-01T18:35:37+02:00mardi 15 juin 2021|Procrastination podcast|4 Commentaires

Procrastination podcast s05e18 – Le twist

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s05e18 – Le twist« .

Du coup de théâtre qui retourne absolument toute la narration jusqu’à la petite nouveauté, comment fonctionnent les « twists » – et quelle place pour la figure dans la fiction actuelle ? Pour Lionel, il s’agit avant tout d’une subversion des attentes, et la différence entre le twist et le deus ex machina est cruciale. Estelle insiste sur la montée souterraine qui donne naissance au twist, et surtout sur son aspect symbolique et humain. Mélanie appuie l’importance de la préparation, mais regrette que certaines œuvres soient parfois résumées à leur twist final, contribuant à en minimiser la réelle profondeur.

Références citées

– L’Empire contre attaque, réalisé par Irvin Kershner

– Les Autres, réalisé par Alejandro Amenábar

– Sixème sens, réalisé par M. Night Shyamalan

– Se7en, réalisé par David Fincher

– Agatha Christie, notamment Le Crime de l’Orient-Express

– Les Experts (C.S.I.), licence de séries télévisées créée par Anthony E. Zuiker, Carol Mendelsohn et Ann Donahue

– PJ, série créée par Michelle Podroznik et Frédéric Krivine

– New York, Police judiciaire (Law & Order), série créée par Dick Wolf

– Brandon Sanderson, « Fils-des-Brumes »

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2021-06-14T18:25:45+02:00mardi 1 juin 2021|Procrastination podcast|3 Commentaires

Procrastination podcast s05e17 – L’ambition

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s05e17 – L’ambition« .

L’ambition n’est pas toujours un terme très bien vu, surtout dans un domaine artistique, et pourtant, elle peut porter un projet jusqu’au succès : l’ambition littéraire d’abord, pour réaliser le meilleur livre possible ; professionnelle aussi, pour lui donner la meilleure diffusion.
Lionel attire l’attention sur les pièges de l’ego et le fait de suspendre la validation de l’art à la reconnaissance de l’édition ou du public ; le plaisir devrait se trouver d’abord dans l’artisanat. Estelle loue le désir de progresser et de travailler avec les éditeurs qui peuvent offrir la meilleure chance à ses projets ; et elle encourage vivement toutes les autrices à montrer la même ambition que leurs collègues masculins. Mélanie expose la démarche de trouver les bons partenaires pour les bons projets et d’arriver au maximum de justesse pour toucher ses lecteurs et lectrices.

Références citées

– Paracelse

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2021-06-01T17:36:38+02:00lundi 17 mai 2021|Procrastination podcast|2 Commentaires

TextExpander n’est plus recommandé dans la boîte à outils de l’écrivain

Quand j’ai commencé à construire (prudemment) la boîte à outils de l’écrivain, je me suis toujours fixé pour règle de ne jamais recommander, effectivement, que les outils que j’utilise, parce que c’est quand même tout le but, hein. Et ce, c’est important, que je puisse ou non toucher une petite commission sur les recommandations pour aider à faire tourner la boutique. (Toutes les entreprises n’ont pas de programme d’affiliation, mais ce n’est pas comme ça que je choisis, je choisis ce qui m’aide à faire mon boulot.)

Certaines applications sont déjà sorties (Evernote) voire re-rentrées (Evernote) pour ressortir rapidement (Evernote), et aujourd’hui, à mon grand dam, je dégage TextExpander.

Cela ne veut pas dire que je n’utilise plus d’expansion de texte ; c’est une part critique de ma productivité et je suis passé sur un autre outil dont je parlerai très vite (et où l’on peut importer sa base TextExpander de façon quasi-transparente). Cela veut dire que, brutalement, Smile (les développeurs de TextExpander) a rompu la promesse faite aux utilisateurs, et que l’abonnement ne vaut plus le coup.

TextExpander a été une des premières applications à passer à l’abonnement, après avoir longtemps été un achat unique. Le raisonnement était : nous offrons maintenant une synchro par notre cloud (… même si synchroniser quelques bouts de texte ne doit pas coûter bien cher, et que cela peut se faire par des fournisseurs classiques type Dropbox ou iCloud, mais bon). Mais surtout, cela nous permettra de travailler plus intensément sur l’application, de proposer des mises à jour plus fréquentes, et de l’améliorer constamment !

Quelques années plus tard, TextExpander ne propose à peu près rien de notable en plus, si ce n’est une interface vaguement mise à jour (meh), et en plus, la performance n’est pas au rendez-vous. L’atout unique de TE est d’être la seule solution d’expansion de texte qui fonctionne avec un clavier externe sous iOS / iPadOS à condition que les applications intègrent la solution de Smile, mais au fil des ans, leur nombre a décru constamment et Smile ne semble pas motivé pour contrecarrer cet effritement.

TextExpander ne justifie pas son abonnement.

Trois caveats cependant qui peuvent vous donner envie de garder le vôtre :

  • Si vous utilisez Windows ET macOS ET iOS, c’est la seule solution qui se synchronise sur les trois plate-formes. (Si vous n’utilisez que Windows et macOS, on m’a recommandé aText, que je n’ai cependant pas essayé, donc à vous de voir.)
  • Si vous utilisez beaucoup iOS / iPadOS avec les applications les plus professionnelles de la plate-forme (Drafts, Fantastical, OmniFocus, et notamment Ulysses pour l’écriture), vous n’avez, donc, que TE pour vous aider (mais franchement, Smile profite un peu de sa position de monopole à mon goût).
  • Si vous utilisez les fonctionnalités de collaboration de TextExpander (en équipe, donc).

Autrement, il y a des solutions plus rapides et beaucoup moins chères sous Mac, donc une que j’ai choisie et dont je parlerai sous peu.

2021-05-12T10:08:49+02:00jeudi 13 mai 2021|Technique d'écriture|5 Commentaires

Procrastination podcast s05e16 – Les mises en page hors normes

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s05e16 – Les mises en page hors normes« .

Jouer avec les polices, déstructurer le texte, ajouter des croquis, des illustrations : jusqu’où peut-on aller avec la mise en page ? Et est-ce seulement indiqué ? Lionel bassine tout le monde avec La Maison des feuilles (mais difficile d’aller plus loin que ça), tout en affirmant que derrière toute expérimentation, il faut penser à sa finalité et à ce qu’elle sert. Mélanie n’est pas contre quelques jeux purement gratuits, mais ramène quand même leur pertinence au projet dans lequel ils s’inscrivent et à la maîtrise technique qui va derrière. Estelle rappelle l’intérêt de la portabilité du roman et du texte, et développe le rôle des témoignages type messages, coupures de journaux, extraits de conversation Internet qui peuvent émailler un texte.

Références citées

– John Cage

– Mark Z. Danielewski, La Maison des feuilles

– Johan Scipion, « Le Terrier »

– James Ellroy

– Brandon Sanderson, « Les Archives de Roshar »

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2021-05-17T18:05:51+02:00lundi 3 mai 2021|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s05e16 – Les mises en page hors normes

Un compendium d’émojis pour indiquer le degré d’élaboration des idées

J’aime les émojis. D’une part parce que c’est standard et que c’est beaucoup plus pratique pour indiquer son humeur que les anciens codes de smileys où se mêlaient les version occidentales :) et asiatiques ^^. Mais aussi parce que, pour constituer des repères visuels dans des notes, c’est suprêmement pratique ; plutôt que d’écrire « idée : », il est beaucoup plus clair (en tout cas à mes yeux, notamment dans le millier de pages de notes que représente tout le travail d’architecture autour de « Les Dieux sauvages ») d’avoir le symbole 💡. En plus, pour retrouver ses « idées », il suffit de rechercher le caractère 💡 dans l’ensemble des notes, plutôt le mot « idée » qui peut être ambigu (fait-on référence à vos idées, ou à celles de vos personnages qui font partie de l’histoire ?). En d’autres termes, les émojis permettent de différencier ce qui se réfère à l’architecture de la réflexion du contenu de la réflexion elle-même. (Doit y avoir un mot pour désigner ça qui contient « diégétique » quelque part.)

Si l’idée vous intrigue et que vous débarquez dans le concept, il faut que je vous renvoie à deux articles préliminaires :

Des degrés de certitude dans l’écriture (avec des émojis) : la base du système, qui rejoint Geekriture 02 – l’échec de la to-do list pour écrire : la création n’est pas un flux de tâches mais un affinement de certitudes ; les émojis sont un système simple et élégant pour garder la trace de la « confiance » que l’on accorde à une idée ou une possibilité narrative. (C’est développé aussi dans Comment écrire de la fiction ?)

Comment taper des émojis au clavier et pourquoi diantre vouloir faire un truc pareil : un usage intense de ces petits symboles nécessite une manière rapide de les entrer sans briser le rythme de frappe ; cet article explique comment en utilisant les outils d’expansion de texte.

Au fil du temps, j’ai donc composé mon propre compendium d’émojis indiquant le statut de mes idées, les différentes entités fréquemment rencontrées dans un récit, les fonctions narratives, etc. Évidemment, ce n’est que mon système, mais peut-être trouverez-vous ici des… idées (heh) pour nourrir votre approche et articuler votre réflexion sans être paralysé·e par la complexité de la tâche que représente l’écriture d’un livre ou d’une saga. Je m’en sers chaque jour, et les raccourcis clavier qui leur sont liés sont devenus seconde nature.

Évidemment, ces symboles sont des marqueurs vivants : une idée 💡 peut devenir une hypothèse ➡️ avant d’être finalement écartée ❌. C’est toujours la réalisation de l’écriture elle-même qui décide du statut final des choses, et c’est une fois une œuvre finie qu’elle devient 📚 et qu’elle fixe ses ❗️et engendre de nouvelles ❓. Les étapes de ce parcours (idée / hypothèse / je veux / je vois etc.) sont aussi développés dans Comment écrire de la fiction ?, ce qui vous montre bien que je travaille vraiment comme ça, ce qui me vaut peut-être, je ne sais pas, d’être fou à lier.

Degrés de certitude et statut

❓ Question gênante à élucider
🖋 À creuser ou rechercher (facilement décidable avec un peu de réflexion, ou sera réglé par des recherches simples)
💡 Idée (possibilité)
👁 Je vois (élément servi par le Mystère, sonnant vrai, autour duquel construire)
👉 Je veux : désir, envie, intention
➡️ Hypothèse (construction théorique d’un pan narratif)
❗️ Il faut que (nécessité)
⛔️ Il ne faut pas que (nécessité négative)
📚 Canon (impossible à contredire)
😃 Oui !
〰️ Serait bien que… 
🤔 Éthéré (idée probablement trop éloignée du cœur du projet)
❌ Abandonné, mauvaise piste, contredit (choix d’une piste différente)
😐 Bof, pas convaincu
🙁 Bleh (j’aimerais éviter)
🔦 Recherches à faire
🧐 Réflexions, brainstorm
🗑 Déprécié : note devenue inutile et archivée
🗄 Archivé (n’est plus pertinent)
☢️ Problème à résoudre (de construction, trou de scénario, etc.)
✅ Fait, écrit, vu

Se combine, par exemple :
💡📄 Idée de scène
➡️📄 Scène probable
✅🗒 Fragment intégré

Éléments de fiction

📖 Récit (saga, roman, nouvelle, haiku : une unité narrative indépendante sans a priori de taille)
🏗 Structuration (plan global, mise en ordre)
🧵 Fil narratif
🪡 Péripétie
📄 Scène
🗒 Fragment
🔭 Laisse entendre, annonce (foreshadowing)
🥀 Déflore (anti-foreshadowing : vend la mèche)
🪝 Hameçon, accroche pour développements dans d’autres récits
🎁 Promesse
💰 Paiement
📁 Thème
📝 Note / fiche
👤 Personnage
✝️ Mort
👁‍🗨 Occasion dramatique ou illustrative (qui montre par l’exemple, bon show, don’t tell)

Zettelkasten / organisation de notes

🗺 Cartographie du savoir (MOC, soit Map Of Content, ou NAV, Négociation Avec la Vérité)
🏗 Structuration, outline, plan
⭐️ Favori
🌱 Graine (à développer)
🌿 Fiche sempervirente (Zettel au sens du Zettelkasten)

2021-04-23T11:09:23+02:00jeudi 29 avril 2021|Technique d'écriture|3 Commentaires

Approche systématique et productivité dans l’écriture de fiction (podcast « Assez parlé ! »)

Si vous ne le saviez pas, ajoutez-le à votre liste : l’école d’écriture Les Mots a un podcast, intitulé Assez parlé ! et où les auteurs reviennent sur leur parcours et, surtout, leur approche et ce qui leur tient à cœur dans celle-ci.

J’ai eu le grand plaisir de me soumettre à la question pour l’épisode 16, autour notamment des approches du flow, des liens entre productivité et créativité, de l’organisation personnelle, le tout lié évidemment à l’écriture de textes de fiction dont on soit content avec le moins de douleur possible. C’est aussi l’occasion de lever un peu le voile sur Comment écrire de la fiction ? ! (Ce titre est rigolo, il me permet d’écrire en toute impunité des phrases avec des ponctuations improbables.)

Un immense merci à Lauren Malka qui crée et réalise l’émission pour son travail proprement colossal de production et pour avoir extrait d’un entretien de plus d’une heure une substantifique moelle. (Et je mesure l’envergure de la tâche, je sais combien je peux divaguer. Vous ne savez pas dans Procrastination combien je m’auto-insulte parfois quand je produis ma voix en me priant d’arriver au fait, par pitié.)

Lionel Davoust raconte la première fois qu’il a été fasciné par le pouvoir magique de l’écriture. Il revient sur toutes les embûches et surtout, il partage avec nous quelques uns des outils, découverts au fil de ses recherches et rencontres, qui lui ont permis de renouer avec cette passion et d’en faire son métier. 

Comment un biologiste marin, spécialiste des cétacés, devient-il écrivain à temps (archi-)plein ? Par quel virage à 180 degrés un jeune homme d’une vingtaine d’années décide-t-il d’abandonner une prometteuse carrière de chercheur scientifique pour se consacrer entièrement à l’invention de mondes futuristes dans le genre littéraire qu’on appelle “l’imaginaire” ? Lionel Davoust, auteur d’une trentaine de nouvelles, de près de dix livres de science fiction (dont trois sagas !) et lauréat du prix Imaginales en 2009 (avec “L’Île close”) n’est pas devenu écrivain du jour au lendemain. En bon biologiste, il a calculé sa trajectoire, étudié les plans, mesuré les risques avant de « plonger ».

Dans cet épisode, il raconte la première fois qu’il a été fasciné par le pouvoir magique de l’écriture. Il revient sur toutes les embûches qui, adolescent, l’ont empêché de retrouver ce super-pouvoir auquel il avait goûté dans l’enfance. Et surtout, il partage avec nous quelques uns des outils, découverts au fil de ses recherches et rencontres, qui lui ont permis de renouer avec cette passion et d’en faire son métier. Grand lecteur d’essais théoriques signés par des écrivains, chercheurs, psychiatres américains, hongrois, canadiens… sur la productivité, le développement de la créativité et sur l’apprentissage technique de l’écriture, Lionel Davoust livre ici des conseils précis pour s’organiser, mener à terme ses projets mais aussi pour libérer la partie du cerveau qui doit se consacrer au “flow” de l’écriture.

Quelques références à noter :

– “Flow” (En anglais : « Flow : The Psychology of Optimal Experience ».dans lequel Mihaly Csikszentmihalyi, psychologue hongrois (dont nous écorchons le nom dans l’épisode !) décrit l’état psychologique de grand bonheur dans lequel on se trouve lorsque l’on plonge entièrement dans une activité (Editions Harper and Row, New York)

– «S’organiser pour réussir” (“Getting things done”) sous titré “L’art de l’efficacité sans stress” de David Allen (théoricien américain de la productivité) qui délivre des conseils pour accomplir ses missions, s’acquitter de sa charge de travail sans se laisser déborder par elle (Leduc S. éditions)

– “Ecriture. Mémoire d’un métier”, livre incontournable de Stephen King sur l’art d’écrire

Les mois qui viennent, Lionel Davoust publiera deux livres auxquels il tient beaucoup : le cinquième et dernier tome de sa série de fantasy épique intitulée “Les Dieux sauvages” (éditions Critic). Et un essai réunissant ses conseils d’écriture : “Comment écrire de la fiction ?”, à paraître aux éditions Argyll en mai 2021.

A la fin de l’épisode, Lionel Davoust vous lance un défi et vous propose un rendez-vous (à ne pas louper) !

2021-04-15T11:15:06+02:00lundi 19 avril 2021|Entretiens, Technique d'écriture|2 Commentaires

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