L’inconscient, cette machine à régler des problèmes

C’est un peu mon fil personnel dans l’écriture en ce moment : je creuse les mécanismes curieux et inconscients qui président à l’écriture (et toute forme de création). Restant structurel (et m’appuyant donc fortement sur des plans et la préparation de mes récits à l’avance), j’explore néanmoins davantage les aspects du lâcher-prise : c’est une notion que nous avons pas mal abordé avec Mélanie Fazi et Laurent Genefort dans le podcast Procrastination (entre autres avec le double épisode sur le rêve et la création).

Sur le sujet, j’ai raconté une petite anecdote il y dix jours à Decitre Grenoble qui semble avoir bien plu, du coup, la revoici, en version un peu plus étoffée.

L’inconscient est une fantastique machine à résoudre des problèmes : c’est une notion assez bien connue des neurosciences, mais il vient un moment où cette notion passerait presque dans le mystique (je ne dis pas que ça l’est ; mais on peut s’interroger). Un certain nombre d’auteurs décrivent parfois leur travail de création de mondes imaginaires, pas tant comme une invention, mais comme une forme de « souvenir », une recherche du sens « logique », qui s’emboîte avec le reste, avec le projet désiré. Insérez là-dessus l’explication spirituelle ou psychanalytique de votre choix ; je n’en plaque aucune, pour ma part, je constate simplement le mécanisme, à savoir que, concernant Évanégyre, j’ai parfois davantage l’impression d’agir en archéologue qu’en démiurge.

Entre l’anecdote.

Dans Évanégyre, il y a deux nouvelles qui agissent en quasi-miroir l’une de l’autre : « Bataille pour un souvenir » et « Au-delà des murs » (reprises toutes deux dans La Route de la Conquête). Sans spoiler (divulgâcher), « Bataille pour un souvenir » raconte, surprise, une bataille selon le point de vue d’un des camps. « Au-delà des murs » relate le point de vue du camp opposé, après la bataille.

« Bataille pour un souvenir » a été écrite aux alentours de 2007 (de mémoire) puis publiée en 2009 dans l’anthologie Identités dirigée par Lucie Chenu chez Glyphe (le tout premier récit d’Évanégyre à être publié, d’ailleurs, et merci à Lucie à qui je devrai toujours cette première possibilité de présenter cette brique de l’univers au public). À l’origine, la nouvelle était donc parfaitement indépendante ; c’est une règle de l’univers que je me suis fixé peu de temps après, soit l’indépendance des ensembles narratifs. Une nouvelle (comme « Bataille pour un souvenir »), un roman (comme Port d’Âmes), une trilogie (comme « Les Dieux sauvages »), tout cela doit pouvoir se lire parfaitement indépendamment du reste et dans n’importe quel ordre, car chaque récit doit se suffire à lui-même (même si l’on retrouve parfois des lieux, des personnages, voire l’évocation d’événements différents sous des éclairages nouveaux, mais il s’agit du petit bonus pour le lecteur fidèle de l’univers, lequel peut voir, par transparence, émerger un autre récit sous-jacent avec le recul – ce qui est visible notamment sur La Route de la Conquête).

Donc. Avance rapide deux ans plus tard : Stéphanie Nicot m’invite à participer à l’anthologie Victimes & Bourreaux. Une « suite » ou du moins une reprise des guerriers-mémoire de « Bataille pour un souvenir » m’ayant été fréquemment demandée, et le thème de l’anthologie s’y prêtant bien, il me vient l’idée de revisiter la bataille des Brisants. Mais je reste fidèle à mon précepte d’indépendance absolue des ensembles narratifs, et l’écriture de ce qui deviendra « Au-delà des murs » se présente alors comme un défi personnel à relever : reparler d’un événement qui a plu aux lecteurs d’Évanégyre, dans un texte qui pourra les satisfaire, tout en satisfaisant aussi les lecteurs qui découvriraient le monde via cette nouvelle. (Ce n’est pas à moi de dire si ça fonctionne ou pas, mais le blog IfIsDead, à l’époque, n’avait pas du tout vu que le récit participait d’un univers plus vaste, ce qui est pour moi une marque de succès.)

Au moment de l’écriture de « Bataille pour un souvenir », je n’avais donc aucune idée ni perspective de revenir à cet événement ni à ce peuple. Construisant « Au-delà des murs », je suis donc lié par l’écriture de « Bataille pour un souvenir », les événements tels qu’ils y sont décrits, et si l’on pourrait considérer que Thelín Curmerial, le narrateur de ce texte, n’est pas fiable et donc ment, je préfère ne pas abuser de cet artifice narratif et me lier très fermement, au contraire, à sa description de la bataille des Brisants. Laenus Corvath, le vétéran protagoniste d’« Au-delà des murs », s’y trouvait lui aussi ; construisant cette deuxième nouvelle, je dois donc trouver à insérer son propre destin dans le déroulé de l’affrontement. Pas difficile à première vue, après tout, un champ de bataille, c’est vaste, et Thelín et Laenus ne se sont pas forcément croisés.

Sauf que si ; il apparaît très vite que Laenus et Thelín doivent être tous les deux présents au cœur de l’affrontement qui décidera plus ou moins du sort du conflit, l’un dans le rôle du témoin (Laenus, « Au-delà des murs »), l’autre dans le rôle d’acteur (Thelín, « Bataille pour un souvenir »). Là, je me dis que ça va forcément coincer. Au moment d’écrire « Bataille pour un souvenir » par les yeux de Thelín, je n’envisageais absolument pas d’écrire un autre récit autour de cet événement ; ce n’est que trois à quatre années plus tard (en temps d’écriture) que l’idée d’« Au-delà des murs » se présente. Quand je décris la bataille des Brisants du point de vue de Thelín, Laenus n’existe pas encore.

Songeant que cette scène-là sera donc, finalement, impossible, je reprends quand même attentivement le passage concerné de « Bataille pour un souvenir » par acquit de conscience, pour voir si je ne peux pas caser Laenus dans les non-dits de Thelín.

Et là, je tombe – avec un certain vertige cognitif, je dois l’avouer – sur ce passage, décrit par Thelín, au moment de l’affrontement :

Je grimace de dégoût. [L’adversaire de Thelín] tend la main dans le dos et dégaine son arme inhumaine. Je raffermis ma prise sur mon sabre. Derrière Erdani, à moitié dissimulé par le char, un soldat en armure rouge se tient prêt à dégainer.

Et là, comme on dit au Café de Flore, OMG.

Laenus Corvath a toujours été là. Il était là depuis le début, depuis l’écriture, trois-quatre années plus tôt, de « Bataille pour un souvenir ». Je connais suffisamment mes mécanismes internes : ce petit morceau de phrase n’a pas grand-chose à faire là, il ne sert guère de finalité (hormis peut-être l’atmosphère) : j’ai juste suivi l’envie du moment. Surtout, ce soldat n’est pas seulement présent : il est « à moitié dissimulé », signifiant qu’il n’est pas tant un intervenant de la bataille qu’un témoin discret, voire qui ne se trouve pas tout à fait là où il de faudrait (les autres gardes d’élite présents dans la scène – qui sont, eux, à leur place – portent une armure vermeille, comme tous les Valedànay ; celui-là est en armure rouge, c’est un soldat du rang).

J’ai écrit Laenus Corvath dans la scène à une époque où je n’imaginais même pas son existence. Je – le moi conscient, qui croit maîtriser ce qu’il écrit et les histoires qu’il construit – n’y suis absolument pour rien ; cela fait partie des bonheurs ? vertiges ? miracles ? de l’inconscient et de l’écriture. Cela m’a été servi par autre chose.

Je n’ai aucune idée de ce que c’est, mais j’en suis reconnaissant, et je « le » laisse faire. Il y a un côté assez réjouissant et qui rend humble en même temps à comprendre que, malgré toute la préparation et la technique (que je ne désavoue absolument pas), on reste le vecteur de… trucs… qui nous échappent.

La technique en art est indispensable. Mais j’ai toujours pensé qu’elle devait seulement être le support qui donne les outils au créateur de laisser transparaître sa création de la manière la plus limpide qui soit, tant pour le lecteur qui la reçoit, que pour lui-même, en ôtant le maximum d’obstacles dans la réalisation entre le média qu’on s’est choisi et la création brute, ce qui émerge à travers la conscience et qui, pour ce que j’en sais, représente peut-être une transmission extra-terrestre en provenance d’Alpha du Centaure.

2019-06-04T20:29:19+02:00lundi 6 février 2017|Best Of, Technique d'écriture|7 Commentaires

Procrastination podcast ép. 10 : « La place du rêve dans la création (2) »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « La place du rêve dans la création (2)« .

Après une tentative de définition de l’inspiration et du processus du rêve dans la création, Mélanie Fazi, Laurent Genefort et Lionel Davoust partagent leur expérience et proposent des encouragements ainsi que des techniques pour nourrir l’inspiration. Et il ne s’agit pas que d’exercices d’écriture, mais au contraire de prendre conscience de ses rythmes personnels !

Références citées :
– Stephen King, Écriture
– Elisabeth Vonarburg, Comment écrire des histoires, guide de l’explorateur

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

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2019-05-04T18:48:39+02:00mercredi 1 février 2017|Non classé, Procrastination podcast|2 Commentaires

Prix Alain le Bussy 2017

Alain le Bussy. Photo Ifisdead

Une information qui me paraît fortement intéressante pour les auteurs de toute expérience, le prix Alain le Bussy 2017 (ex prix Infini-Galaxies) est ouvert et il est primé (150 euros), avec une publication dans Galaxies et deux ans d’abonnement à la revue. Attention, il est réservé à la science-fiction.

La revue Galaxies organise en 2017 un Prix littéraire : le Prix Alain le Bussy (ex Prix Infini-Galaxies). Ce Prix, offert par la revue Galaxies, est d’une valeur de 150 euros. Toutefois, le jury pourra décider de partager cette somme entre les premiers lauréats. S’y ajoutent une publication dans Galaxies et un abonnement de deux années à la revue. Le Prix Alain le Bussy est ouvert à tous, dans la limite d’un seul texte soumis par candidat.

Les oeuvres soumises seront des nouvelles inédites de science-fiction (les textes relevant de la fantasy, du fantastique ou d’autres genres ne seront pas retenus), d’une taille maximale de 30 000 signes et espaces (trente mille), rédigées en langue française. Le jury est seul juge de l’application de ces critères. Les textes déjà présentés à une édition précédente seront éliminés d’office.

Le jury se prononce au vu de textes rendus anonymes avant leur transmission au jury. Le fait pour un auteur de révéler sa participation, de proposer l’oeuvre à un autre prix ou à un éditeur avant la proclamation des résultats, de se signaler ou de demander à être signalé auprès d’un ou plusieurs membres du jury vaudra élimination. En soumettant leur texte, les auteurs s’engagent à en réserver la première publication à Galaxies ou aux autres revues parties prenantes au concours, avec une exclusivité d’une année. Ils s’engagent également à ce que le texte soit entièrement original, et ne comporte que des citations courtes, attribuées, d’une longueur maximale de 1 000 signes.

Les résultats seront rendus publics lors de la 44e Convention nationale française de science-fiction, en août 2017. Le jury se réserve le droit de ne désigner aucun texte si pas un de ceux qui lui ont été soumis ne lui semble d’une qualité suffisante, et à l’inverse de désigner un second, voire un troisième prix, si la qualité des textes le justifie. Dans ce cas, le second prix sera doté d’un abonnement de deux ans à Galaxies, et d’une publication dans la revue Galaxies ou dans la revue Géante rouge, le troisième d’un abonnement d’un an à la revue Galaxies, et d’une publication éventuelle. Le jury pourra également décerner des accessits.

Ces textes seront envoyés sous forme électronique, en pièce jointe à un message portant obligatoirement le titre « PRIX ALAIN LE BUSSY », sans nom d’auteur ni signe de reconnaissance dans le texte de la nouvelle, et adressé de manière exclusive à lebussy2017@gmail.com. Un accusé de réception sera systématiquement envoyé aux candidats. En cas de non-réception de cet accusé dans un délai de dix jours, adressez une réclamation à galaxiessf@gmail.com.

La date limite fixée pour cet envoi est fixée au 31 mars 2017 à minuit.

Suivre l’actualité du prix : voir sa page Facebook.

2017-01-24T10:59:19+01:00jeudi 26 janvier 2017|Technique d'écriture|2 Commentaires

Jack M. Bickham, Scene & Structure

C’est une petite question posée par mail qui m’y a fait penser : cela fait une éternité qu’il n’y a plus eu de chronique de manuels d’écriture par ici. Réparons donc ce manquement de ce pas.

Scene & Structure, publié en 1993 (non traduit à ce jour), fait partie de ces ouvrages dont le titre revient fréquemment dans les cercles d’écriture anglophones ; pas autant que The Art of Fiction, mais quand même. Scènes et structures, un titre qui va droit au but et qui promet des heures de plaisir aux auteurs qui aiment planifier leur scénario, comme ton humble serviteur, auguste lectorat.

Sauf que cet ouvrage représente un excellent exemple de la dérive ultra-mécaniste de la narration à l’américaine : il expose un modèle assez rigide, une formule à tout faire. De telles prémisses doivent déjà susciter la méfiance – aucune formule n’est universelle en art, c’est pour ça que c’est de l’art et pas des maths –, mais, avec un regard critique, peut-être y a-t-il des éléments à en glaner ?

Eh bien, non seulement la formule exposée dans ces pages est rigide, mais, à mon humble avis, elle n’a pas de sens. Ou, du moins, elle est suffisamment mal exposée pour complètement égarer un auteur peu expérimenté et le faire aller contre son instinct.

Le cœur du propos de Bickham est le suivant : un récit suit un mouvement de balancier entre scene (scène) et sequel (conséquences). Au-delà du bon sens dictant qu’évidemment, toute action narrative est suivie d’effet, il soutient que ces deux temps doivent figurer explicitement dans le récit. La scene est le moment d’action, de conflit, où les protagonistes s’efforcent d’agir pour résoudre le problème que le récit leur pose ; dans la sequel, ils prennent le temps d’assimiler ces bousculements et d’évaluer leurs options pour leur prochain mouvement, ce qui conduit à la nouvelle scene.

En traçant une démarcation aussi tranchée entre les deux temps d’un récit (accélération, respiration), il laisse entendre à la lecture qu’ils sont de nature fondamentalement différente.

Or, je ne crois pas. Du tout.

Le rythme s’accélère ou ralentit, un mystère s’épaissit ou s’éclaire, on respire après qu’on échappe à une tentative d’assassinat ; mais le trajet des personnages reste constamment dicté par leurs impératifs, et leurs décisions varient de manière bien plus organique qu’un rythme binaire tel que Bickham le dépeint. Il faut, en somme, trop de concessions au modèle pour le calquer sur la pratique réelle de l’écriture ; dès lors, il n’apporte pas grand-chose.

Pire encore, Bickham met bien en garde son lecteur contre les sequels vides ou lentes, arguant qu’il faut maintenir la tension narrative, que les sequels ne doivent pas se réduire à un résumé de ce que le lecteur sait déjà, qu’elles doivent inclure une composante d’action afin que les personnages avancent à l’étape suivante – certes. Mais j’affirmerais que, d’une, on se trouve quand même là dans le domaine de l’évidence, de deux, l’expérience montre que les jeunes auteurs ont déjà tendance à récapituler un peu trop souvent les événements passés de leur récit. (C’est normal, surtout au premier jet ; on peine soi-même à trier où l’on en est, et il arrive qu’on répète un peu trop souvent les mêmes choses – éléments qui doivent sauter, avec le recul, aux corrections.) Ce n’est vraiment pas la peine d’encourager ce qui se présente clairement comme un défaut dû au manque d’expérience.

Même pour un structurel, j’avance que le rythme est aussi une affaire d’intuition, de la vie qui naît des personnages quand on parcourt leur trajet à leurs côtés. En présentant ce processus de manière si rigide, Scene & Structure menace de corseter un jeune auteur dans un modèle inopérant et qu’il n’a pas encore l’expérience pour critiquer. Peut-être fonctionne-t-il pour un type très particulier de thriller ou de polar « à l’américaine » ; et encore.

À éviter, donc. À part une discussion vraiment intéressante en tête d’ouvrage sur les causes et les conséquences en narration, les jeunes auteurs risquent d’être déboussolés, et les plus expérimentés, il me semble, ne pourront que désapprouver le propos.

2019-06-04T20:35:59+02:00jeudi 19 janvier 2017|Best Of, Technique d'écriture|2 Commentaires

Procrastination podcast ép. 9 : « La place du rêve dans la création (1) »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « La place du rêve dans la création (1)« .

Travailler l’inspiration : un paradoxe ? Dans la première partie de cet épisode en deux volets, Mélanie Fazi, Laurent Genefort et Lionel Davoust entrent dans les méandres du rêve et de la réflexion dans le processus créatif, partant de l’idée initiale, de sa croissance, jusqu’à sa réalisation. Comment s’organise l’équilibre entre contrôle et lâcher-prise de l’auteur ? Prendre conscience de cette mécanique peut-il aider à nourrir l’écriture, et si oui comment ?

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2019-05-04T18:48:39+02:00lundi 16 janvier 2017|Procrastination podcast, Technique d'écriture|8 Commentaires

La boîte à outils de l’écrivain : ne perdez plus de données avec Backblaze

Je mets un peu la charrue avant les bœufs – il aurait été logique de parler d’abord de stockage dans la nuage – mais je vois trop de collègues et d’amis perdre des données critiques à jamais à la suite d’accidents de manipulation, de supports informatiques qui grillent ou d’ordinateurs qui crashent. Donc, faites-vous une faveur, faites-moi plaisir : sauvegardez vos données, car elles sont précieuses.

Nos vies se trouvent aujourd’hui numérisées en grande partie : photos de famille, collection musicale, souvenirs divers. Et pour un écrivain, bien entendu, le fruit de sa création se trouve principalement sous la forme de fichiers de taille comparativement réduite, à tel point que la production complète de sa vie peut peut-être tenir sur une seule clé USB.

Est-ce une raison pour la conserver sur un unique support ? Non, surtout pas. Les supports informatiques meurent tous. C’est peut-être moins visible qu’à l’époque des disquettes, mais cela reste une réalité. Écrire un livre est une entreprise de (très) longue haleine : imaginez-vous le désespoir si, d’un seul coup, le fruit de mois, voire d’années de travail partait en fumée ? Rien que l’année dernière, j’ai vu un ordinateur portable valser à travers une pièce, une clé USB griller et une fausse manipulation faire disparaître des gigas de données.

La solution, bien sûr, est un protocole de sauvegarde, mais comme avec toutes les bonnes résolutions, on s’y tient un mois ou deux. Le bon protocole de sauvegarde fonctionne sans effort ni intervention. C’est là qu’intervient Backblaze.

Sauvegarde dans le nuage

Backblaze est tout simplement un petit logiciel qui vient s’installer sur la machine et, dorénavant, en sauvegardera tout le contenu dans le nuage, via Internet, sans la moindre intervention de la part de l’utilisateur. Pourvu qu’on les laisse branchés assez longtemps, il protégera aussi le contenu des médias externes : disques durs, clés USB, etc. Le tout sans limite de stockage pour une machine donnée, et avec un usage respectueux de la bande passante.

3 To de données ? Oui, je sauvegarde aussi mes bibliothèques musicales et mes photos avec.

Backblaze est incroyablement simple d’emploi : il suffit de l’installer et de le laisser faire, mais il comporte également toutes sortes de paramètres fins pour l’utilisateur pointu :

  • Cryptage supplémentaire. Pour améliorer la sécurité des données, il est possible d’entrer une clé de cryptage privée supplémentaire qui verrouillera une nouvelle fois l’archive de sauvegarde. Cela garantit que seul l’utilisateur pourra y accéder (mais il a intérêt à ne pas perdre ce mot de passe, ou bien les données seront définitivement irrécupérables).
  • Exclusions. Pas envie d’envoyer vos photos privées sur le nuage ou ce fameux dossier Documents\enfin_la_vérité_sur_l_assassinat_de_jfk ? Backblaze propose un filtrage de certains dossiers qui ne quitteront jamais votre machine.
  • Filtrage horaire. Besoin de conserver un maximum de bande passante en journée ? Backblaze peut aussi n’agir qu’aux heures qu’on lui indique.

La restauration des données est très simple : une visite en ligne dans l’espace sécurisé permet de consulter à tout moment l’état de sa sauvegarde et de récupérer un fichier, ou bien l’intégralité de ceux-ci. De plus, le logiciel conserve les versions successives d’un fichier donné pendant 30 jours (idéal pour rattraper une fausse manipulation).

Backblaze offre l’assurance de la tranquillité, la promesse que rien ne sera plus jamais perdu en cas d’accident, de vol ou de support qui plante.

Pourquoi Backblaze ?

Il existe plusieurs solutions similaires sur le marché, mais, après quelques tests et une étude rapide du marché, j’ai jeté mon dévolu sur Backblaze. Pourquoi ?

  • Le concurrent le plus proche de Backblaze est Crashplan mais, après m’en être servi quelques années, j’ai quitté ce service. J’ai constaté sous Crashplan des problèmes de performance passé 3 To de données, quand Backblaze est une application native qui avale sans sourciller le volume que je lui envoie.
  • Compromis entre facilité d’usage / sécurité des données.
  • Le tarif. J’ai besoin d’un stockage illimité car je protège, entre autres, mes bibliothèques musicales qui prennent une taille folle. Backblaze coûte seulement 50 $ par an et par machine, ce qui représente, à ce que j’ai constaté, un tarif imbattable.

Je le sens bien, cet article sonne un peu comme de la pub, mais il est difficile de crier combien les sauvegardes sont indispensables sans passer pour un prosélyte. La sauvegarde, c’est comme la ceinture de sécurité : on s’en sert pour ne pas regretter d’en avoir eu besoin un jour. Un écrivain n’est rien sans le produit de son esprit, sans les notes sur ses projets, sans l’archive de sa création. Ne perds pas ton travail, auguste lectorat, protège-le comme il le mérite, offre-toi une assurance pour le jour où ta machine rendra l’âme (car elle le fera : elles le font toutes un jour).

Inscription sur Backblaze (lien affilié offrant un mois gratuit en cas d’inscription)

2019-06-07T22:38:58+02:00lundi 9 janvier 2017|Best Of, Technique d'écriture|2 Commentaires

Procrastination podcast ép. 8 : « Show, don’t tell »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « Show, don’t tell« .

« Show, don’t tell » (montrez, ne dites pas) est une admonestation classique des manuels d’écriture en langue anglaise. Dans cet épisode, Mélanie Fazi, Laurent Genefort et Lionel Davoust explicitent en détail cette technique qui permet de s’appuyer sur l’action pour rendre un récit plus vivant et y impliquer le lecteur. Mais son abus présente également des dangers, et il peut être pertinent, dans certains cas, de ne pas la suivre : « tell, don’t show » est tout aussi valide !

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2019-05-04T18:48:40+02:00jeudi 5 janvier 2017|Procrastination podcast, Technique d'écriture|1 Commentaire

Procrastination podcast ép. 7 : « Décris-moi un mouton »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « Décris-moi un mouton« .

Bête noire de certains lecteurs comme de certains auteurs, la description est pourtant une technique fondamentale de la littérature. En plus de distribuer l’information et de réaliser la mise en scène, elle permet de moduler le rythme, de mettre le décor en action et même de transcrire le point de vue d’un personnage. Dans cet épisode, Mélanie Fazi, Laurent Genefort et Lionel Davoust proposent un rapide tour d’horizon des techniques de description, abordent leur propre approche de celles-ci, et discutent de son importance dans les genres de l’imaginaire.

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2019-05-04T18:48:40+02:00jeudi 15 décembre 2016|Procrastination podcast, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Procrastination podcast ép. 7 : « Décris-moi un mouton »

Procrastination podcast ép. 6 : « On a le temps »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « On a le temps« .

La gestion du temps est un des outils fondamentaux de la narration littéraire. Au-delà d’une simple règle de grammaire et de l’usage, elle installe le lecteur dans un récit d’une manière qui n’est jamais neutre. Dans cet épisode, Mélanie Fazi, Laurent Genefort et Lionel Davoust traitent à la fois des temps de narration mais aussi des temps de LA narration, et en quoi cet outil d’une simplicité trompeuse influence la gestion de l’information et la maîtrise du rythme d’une histoire.

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2019-05-04T18:48:40+02:00jeudi 1 décembre 2016|Procrastination podcast, Technique d'écriture|3 Commentaires

Procrastination podcast ép. 5 : « Question de point de vue »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « Question de point de vue« .

La nature du point de vue d’un récit est probablement l’une des questions les plus posées par les jeunes auteurs, et l’une des moins bien maîtrisées parmi les fondations de la technique littéraire. Dans cet épisode, Mélanie Fazi, Laurent Genefort et Lionel Davoust les passent en revue et livrent quantité d’astuces sur leur propre usage du point de vue.

Références citées :
– Elisabeth Vonarburg, Comment écrire des histoires (guide de l’explorateur)
– Lionel Davoust, Inventaire des point de vue

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2019-05-04T18:48:41+02:00mardi 15 novembre 2016|Procrastination podcast, Technique d'écriture|2 Commentaires
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