Scrivener, le studio d’écriture professionnel par excellence

SCRIV-win-3screensAlors certes, Balzac écrivait à la plume sur du vieux papier à la lueur de la chandelle. Mais, de la même façon que le rythme narratif a un peu évolué depuis, les outils se sont déployés, complexifiés, affinés. A-t-on besoin d’un logiciel dédié pour écrire un bon livre ? Certainement pas, de la même façon qu’un bon dessinateur réalisera des croquis stupéfiants avec un stylo bille et une nappe en papier.

Cependant, donnez-lui une toile ou une tablette graphique, et son art s’exprimera vers de nouveaux sommets – sans parler du gain de temps et du plaisir de création. (Donnez un poisson à un homme, et il mangera une journée ; filez-lui un chalutier, et ça va barder.)

Scrivener est à l’écriture ce que Photoshop est aux arts graphiques, et c’est pourquoi il n’existait pas de meilleure inauguration à la boîte à outils de l’écrivain. Scrivener est un environnement de création professionnel, pensé pour la construction de projets longs, offrant de multiples facilités d’édition et de rédaction pour accélérer et faciliter le travail.

Scrivener ne fera pas de vous Balzac, mais s’il y a un Balzac en vous, il pourrait aider à le révéler.

Un mot d’avertissement : Scrivener est un logiciel complexe, voire aride de prime abord. Comme Photoshop, il ne se prend pas en main en cliquant sur trois boutons pour voir ce que ça fait. Cette présentation – promise depuis longtemps – ne saurait qu’à peine effleurer son fonctionnement ; si vous souhaitez le tester, il est indispensable de commencer par réserver deux heures pour faire le didacticiel fourni afin d’en saisir tout l’intérêt et la puissance (une démo gratuite est téléchargeable directement ici). Sinon, vous passerez à côté, comme moi pendant des années. Cet article est, en quelque sorte, une « introduction à l’introduction » fournie avec le logiciel.

Un peu d’histoire

Scrivener est à l’origine un logiciel Mac uniquement, dont la seule existence a converti bien des romanciers à l’achat d’une de ces machines du diable. Toutefois, il y a quelques années, un projet de portage sous Windows s’est lancé, avec pour but à long terme d’offrir la même expérience que la version Apple. Scriv (de son petit nom) est longtemps resté en beta, puis, pour être honnête, encore un peu fruste en fonctionnalités (ce qui me le faisait déconseiller il y a quatre ans) pendant un moment. Cela fait toutefois un ou deux ans qu’il est mûr pour un usage régulier sur nos propres machines du diable (les autres), avec suffisamment de fonctionnalités importées de la version Mac et de robustesse pour l’utiliser sans crainte et avec plaisir.

Je suis passé pour ma part à 100% sous Scrivener depuis une grosse année. Mon premier gros projet réalisé sous cet environnement a été La Route de la Conquête, et toute la réécriture et correction finale de Port d’Âmes s’est également réalisée grâce à lui. Dans ce dernier cas, le roman était si complexe à retravailler que Scrivener m’a réellement permis de rendre le roman meilleur que je n’aurais pu le faire avec un traitement de texte classique sans y passer un an complet : grâce à ses fonctions de suivi et découpage des scènes, j’ai bénéficié d’une hauteur de vue difficile à obtenir autrement, corrigé une multitude de détails tout en préservant la cohérence d’ensemble, et resserré la tension narrative à mon gré.

OK. Pourquoi vous êtes tous dingues de Scrivener ?

Le classeur, centre de Scrivener

Le classeur, centre de Scrivener

Parce que ce logiciel permet de découper un projet par nature impossible à tenir tout entier dans un seul cerveau (un roman, une trilogie, mais aussi une thèse, un essai) en morceaux à taille humaine, dès la planification, jusqu’à la correction. La beauté et la simplicité de la chose, c’est que la définition de « taille humaine » dépend de l’utilisateur ; et que les morceaux peuvent être aussi détaillés, ou aussi esquissés, qu’on le souhaite. Contrairement à quantité de studios d’écriture qui cherchent à vous enfermer dans un modèle de rédaction, Scrivener n’est, en son coeur, qu’un traitement de texte hiérarchique. Il s’apparente à une tripotée de chemises ou de classeurs où l’utilisateur insère toutes les feuilles qu’il souhaite. Il y a sa recherche, ses notes, ses plans, et puis des bouts de paragraphe, des scènes entières, des chapitres. De là, au final, sortira un livre, une fois les feuilles souhaitées et retenues mises en ordre.

Cela revient à avoir cent fichiers Word qui se promènent, avec l’immense avantage de tout avoir sous les yeux dans l’ordre et de pouvoir les changer de place d’un cliquer-déplacer. Le classeur est ainsi le centre névralgique de Scrivener, ci-contre. Deux grands ensembles sont proposés à l’utilisateur par défaut, « Draft » (manuscrit) et « Research » (référence) – ma version mélange anglais et français par commodité, mais Scrivener est entièrement disponible en français -, le premier visant à accueillir les pages finales, le deuxième à conserver les références de côté. Mais cette organisation est parfaitement flexible et modifiable.

On constate que tout est hiérarchique, c’est-à-dire que l’on peut regrouper des documents sous d’autres, à la manière, par exemple, des scènes d’un chapitre. Là aussi, tout est paramétrable, de la mise en page au nombre de niveaux de profondeur. Vous êtes structurel.le et aimez tout planifier ? Scriv vous donne les armes. Vous préférez écrire au fil de la plume ? Fourrez tout dans une poignée de documents que vous découperez ensuite pour le retravail. De tous les logiciels d’écriture, Scriv est le seul qui n’impose pas sa méthode de travail à l’utilisateur mais lui donne des outils, dont il se sert s’il le désire1.

Écrire nécessite souvent la conservation de quantités d’informations insolites, précises, aléatoires, qu’on a tôt fait d’égarer. Le plus agréable est que Scrivener accepte dans ses classeurs tous les types de fichiers que le système peut lire, et en présente une bonne partie nativement. Besoin d’un article scientifique ou d’un livre en PDF ? Envie de conserver cette photo qui inspire ? Un cliquer-glisser dans le classeur et le fichier est conservé avec l’ensemble du projet, sans se soucier de retrouver la source. Scrivener sait même importer des sites web et des fichiers son (pour se faire une liste de lecture personnalisée en accord avec l’atmosphère du livre en question).

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La planification facile

Scrivener serait déjà puissant mais, limité à cela, il n’irait pas vraiment au-delà d’un wiki ou de OneNote. Toutefois, il s’agit d’un studio d’écriture, et il contient des outils spécialement adaptés à la construction d’un ouvrage, de fiction ou non. La construction du plan d’un livre commence toujours par des idées très vagues, des envies qu’il faut cerner, des bribes d’intrigue à développer et à organiser. La méthode « analogique » bien connue est la méthode des Post-its, où l’on note ses scènes sur des bouts de papier et on jongle avec jusqu’à ce que l’ordre sonne juste. Scrivener réplique ce modèle avec la vue « tableau en liège » :

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C’est là que l’on commence à entrevoir la vraie puissance de l’outil. Chaque carte ainsi présentée est aussi un fichier texte, voire un dossier, un chapitre entier. Il s’agit juste d’une vue différente. Parmi les usages possibles, on peut donc : prévoir un chapitre vide à faire avec un simple résumé ; réorganiser les scènes d’un chapitre ; prévoir tout le plan d’un livre sous forme de fichiers vides annotés, puis remplir ensuite au fil de l’écriture, le tout dans la même structure.

Pas fan de la vue Post-its ? Moi non plus. Je suis un homme de tableaux. Scrivener propose une vue différente des mêmes données, avec la même puissance, pour les gens secrètement austères comme moi qui voient en Excel une forme de beauté urbaine masochiste, comme un échangeur routier californien :

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Scrivener sépare ainsi – et c’est une fonctionnalité toute bête mais indispensable à l’usage – le texte des notes associées à ce texte. Le processus de création est fouillis, aléatoire, part dans toutes les directions. On conserve des morceaux de phrases, des tournures précises parce qu’elles évoquent une idée particulière, l’atmosphère d’une scène. Scrivener permet de conserver tous ces échafaudages à l’abri en proposant un synopsis pour chaque document et autant de notes qu’on le souhaite (notamment des détails à ne pas oublier au retravail…), dont des images, ce que l’on peut venir complexifier avec des mots-clés (par exemple, noter le personnage central dont il s’agit dans un roman à points de vue multiples) et un statut (À faire / Premier jet / Corrigé etc.)

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C’est bien beau, mais quand est-ce qu’on écrit ?

Bien sûr, l’édition de texte est au coeur d’un logiciel qui se targue d’être une solution unique pour réaliser de l’écrit. Sur ce point, Scrivener offre toutes les fonctionnalités que l’on peut exiger d’un traitement de texte moderne : formatage, notes, renvois, commentaires, etc. Il n’est quand même pas à la hauteur de Word et ses trilliards d’options absconses mais il fait le boulot ; et certains verront dans son rejet du superflu une simplicité et une légèreté bienvenues.

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C’est ici qu’il faut insister sur un point important de Scrivener : il s’agit d’un logiciel de création, de préparation et de rédaction, mais de finalisation. Il ne sait pas faire de mise en page un tant soit peu complexe (ce n’est pas un logiciel de PAO) et n’ira pas plus loin que l’intégration de quelques images. Ce n’est pas son travail : il consiste à faire sortir ce livre de vos doigts, aussi vite et aussi peu douloureusement que possible. Pour finaliser et corriger avec un éditeur, il faudra quand même passer par un traitement de texte conventionnel type Word. Mais c’est la toute dernière étape, le coup de vernis, quand il n’y a plus que l’orthographe à corriger et les répétitions à traquer (avec une passe d’Antidote, par exemple).

Il ignore aussi la typographie française, mais cela se contourne avec de judicieux remplacements automatiques – j’ai fait le travail et je mettrai très bientôt ma configuration à disposition en téléchargement libre.

Sortir le livre final

Des mois de travail plus tard, ça y est ! Votre Grand OEuvre est écrit, corrigé, finalisé. Il ne reste plus qu’à faire de tout cela un manuscrit en bonne et due forme, pour impression ou envoi…

Pour cela, Scrivener réalise une compilation du manuscrit. Le principe est le suivant : dans les options dédiées, il convient de lui indiquer quels documents sont appelés à faire partie du livre final (en général, tout dans « Draft »), et comment les organiser. Par exemple, si chaque document représente une scène, il faut les séparer par un blanc. Si chaque dossier représente un chapitre, il faut les séparer par un saut de page – et les numéroter automatiquement tant qu’à faire. Scriv assemblera tout cela et vous crachera un livre tout neuf.

Tout cela se retrouve dans les options de compilation de Scrivener :

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En toute honnêteté… C’est la partie qui a le moins bénéficié des efforts d’ergonomie du logiciel. La compilation est très puissante, permet de multiples mises en page, numérotations automatiques, pages de garde, réalise directement des fichiers Word, PDF et même des livrels prêts à la publication, mais s’avère d’une certaine technicité. C’est un moindre mal, car c’est finalement l’ultime étape et celle qui s’emploie le moins souvent : pour un écrivain qui publie un livre par an… Il s’en servira une fois par an. Il faut s’y lancer, établir ses propres préférences, sauvegarder le modèle puis ne plus s’en préoccuper. 

Ce n’est que le début

Ce tour d’horizon n’est qu’une présentation générique, à peine un avant-goût de ce qu’offre Scrivener – juste une introduction à ses principes génériques. Réservez-vous deux heures et surtout suivez le didacticiel pas à pas pour découvrir sa puissance et en quoi son usage émousse un certain nombre de difficultés inhérentes à l’écriture de vastes projets. D’ici une ou deux semaines, j’y reviendrai avec des trucs et astuces avancés et des cas d’utilisation spécifiques, pour montrer en quoi Scriv accélère et simplifie le travail.

En attendant, bonne découverte, et si vous avez des questions à l’usage, n’hésitez pas.

De manière générale, si l’envie d’acheter cet outil (ou l’un des autres présentés sur ce site) vous vient, n’oubliez pas de passer par les liens proposés ici – vous contribuez à financer le temps passé à rédiger ces articles gratuitement. Merci ! 

  1. Il y avait aussi Writer’s Cafe, mais plus mis à jour depuis bien longtemps, encore trop rigide et quand même boursouflé de modules ludiques inutiles.
2017-11-09T09:15:48+01:00mercredi 19 août 2015|Technique d'écriture|55 Commentaires

Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (6) : un retournement de situation

Motivation-ed209C’est parti pour vingt minutes d’écriture, sans interruption, sur le déclencheur de votre choix. Rappel : vous devez trouver vingt minutes dans la semaine pour écrire, pour donner corps à votre rêve. L’article original à voir ici.

Nous avons placé notre protagoniste dans le feu de l’action en fonction de son enjeu et de son problème. Peut-être s’en est-il tiré ; peut-être a-t-il terminé dans une pire situation qu’au départ. C’est fonction du cheminement de votre plume. (Notons que, sur un récit long, la situation du protagoniste a plutôt tendance à empirer au fur et à mesure ; car si tout est résolu d’un coup, il n’y a plus rien à raconter !) Aujourd’hui, nous allons ajouter à la situation de notre protagoniste un retournement de situation. Positif ou négatif, en lien ou non en rapport avec l’action précédente, à vous de voir ; il peut s’agir d’un nouveau problème immédiat à traiter ou bien d’un élément de long terme. À vous de voir. Prenez garde, toutefois, à ne pas faire de deus ex machina (un secours non annoncé qui vient à point nommé sauver la situation d’un coup de baguette magique).

Un retournement de situation

  1. Une arme improvisée et inattendue
  2. Un talent du protagoniste s’emploie de façon inattendue
  3. Exploitation créative d’une faiblesse de l’adversaire
  4. Retournement d’un désavantage de la situation actuelle
  5. Les conditions empirent de façon extérieure et inattendue (météo, un allié meurt ou se retire, etc.)
  6. Des renforts arrivent (mais trop tard)
  7. Découverte d’un objet / compétence
  8. Un élément surgi du passé vient à la rescousse
  9. Une révélation sur le protagoniste lui donne un sursaut de vigueur (« J’ai promis à mon vieux maître de gagner, je ne peux pas perdre! »)
  10. Une révélation sur l’adversaire donne au protagoniste un sursaut de vigueur (« C’est moi qui ai tué ta soeur! »)
2015-08-17T15:59:17+02:00lundi 17 août 2015|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (6) : un retournement de situation

Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (5) : de l’action

hulk_chapterC’est parti pour vingt minutes d’écriture, sans interruption, sur le déclencheur de votre choix. Rappel : vous devez trouver vingt minutes dans la semaine pour écrire, pour donner corps à votre rêve. L’article original à voir ici.

Aujourd’hui, nous allons nous dérouiller un peu avec de l’action ! Notre protagoniste a un enjeu et un problème, nous allons faire monter la pression d’un cran et le coller dans une situation critique urgente dont il va devoir se tirer. L’action peut représenter une bonne manière de donner de l’épaisseur à un personnage, parce qu’en le plaçant au pied du mur, on le force (et on se force) à aller puiser dans ses ressources, son regard, ce qui aide à le caractériser, à révéler sa nature.

Et si vous n’aimez pas l’action, l’exercice est encore meilleur.

Puisez donc dans la liste suivante un type d’action qui vous plaît, et ne vous arrêtez pas avant vingt minutes d’écriture débridée.

De l’action

  1. Poursuite à pied
  2. Poursuite en engin motorisé ou à monture
  3. Fuir une catastrophe
  4. Fuir une opposition trop nombreuse
  5. Survivre le temps que quelque chose se termine
  6. Se battre en personne, au corps à corps, contre une poignée d’adversaires
  7. Se battre en personne, à distance, contre une poignée d’adversaires
  8. Se battre au milieu d’une bataille rangée (c’est le chaos)
  9. Se battre dans un engin (voiture, tank, chasseur spatial…) ou sur une monture
  10. Retenir l’adversité
2015-07-31T12:19:40+02:00lundi 10 août 2015|Technique d'écriture|2 Commentaires

Entrouverture de la boîte à outils de l’écrivain

SCRIV-win-3screensLe projet que je caresse depuis quelques mois commence à devenir une réalité : proposer, en prolongement des articles sur l’écriture du site, une section « Boîte à outils de l’écrivain«  qui fournisse un éventail d’outils testés en conditions réelles, au long cours, et dont je puisse garantir l’efficacité et l’usage. Tes goûts, auguste lectorat, ne seront pas forcément les miens à l’usage ; mais au moins, je peux garantir que ça marche. Je m’en étais déjà expliqué un peu ici.

Le but sera de présenter et tester en grand détail un outil par mois, et, le cas échéant, de partager aussi avec la communauté les ressources ou personnalisations que j’ai effectuées pour le rendre plus utile (ou adapté à notre langue). C’est en cours ; pour l’instant, la section idoine est seulement ouverte avec deux produits et des descriptions squelettiques, mais cela va s’étoffer.

Scrivener

scrivener-512Scrivener est le studio d’écriture professionnel par excellence. Quand j’en parlais en 2011, la version Windows était en beta, encore instable, mais bien du chemin a été parcouru depuis. Aujourd’hui, je crois qu’il n’y a plus à hésiter : Scrivener est un monstre de puissance et de flexibilité, parfaitement adapté au travail d’un écrivain. En revanche, c’est aussi un monstre de complexité, aussi, pour tout test, il est impératif de se réserver deux à trois heures et de faire le didacticiel pour comprendre de quoi il retourne. Sérieusement. Sinon, vous passerez à côté et vous demanderez (comme moi pendant des années) ce que ce logiciel avait de si magique pour que tout le monde en parle aussi bien. Mais je l’ai définitivement adopté il y a un an et demi ; La Route de la Conquête et l’ultime version de Port d’Âmes ont été réalisés sous cet environnement. (Je dirais même que je n’aurais probablement pas pu effectuer un retravail aussi poussé, efficace et minutieux sur Port d’Âmes sans Scrivener.) Une version de démo gratuite est disponible ici pour Windows. Je prépare un test détaillé.

focus@will

FAW-Logo-horiz-smBrièvement mentionné dans l’article sur le travail des indépendants, focus@will tient de la magie vaudou. Sérieusement. Le concept paraît parfaitement fumeux (comme il m’est apparu pendant des années, là encore) : diffuser de la musique qui aide à la concentration. Truc new age pour hipsters qui mangent macrobiotique, hein ? Eh bah non. Le service s’appuie sur des recherches en neurosciences et il a réellement changé ma vie. Je me sens idiot à dire ça, comme si je répétais tous les témoignages enthousiastes des utilisateurs et rejoignais la secte, mais c’est la vérité. Au bout de dix jours d’utilisation, je crachais direct une licence d’utilisation à vie. focus@will a réglé tous mes problèmes de concentration et de motivation. Riez, tant que vous le pouvez encore. Bientôt, vous rejoindrez la secte. Là aussi, je prépare un test détaillé avec des recommandations d’utilisation.

Le but de cette boîte à outils est de proposer un contenu plus facile à répertorier et plus durable que les articles du blog, qui, au fil des années, deviennent difficiles à trier, à naviguer. J’ai aussi des projets dans ce domaine, mais ce sera pour bien plus tard. J’espère que cette initiative te plaira, auguste lectorat, et surtout qu’elle te sera utile : je pense que tout le monde y gagne – je touche une commission sur certains produits, je n’en avais pas fait mystère, mais je ne recommande rien que je n’utilise ni ne teste ; cela me permet de pérenniser et rentabiliser un peu le temps passé sur le blog, tout en évitant toute forme de monétisation intrusive.

Bien sûr, comme toujours, n’hésite pas à me faire part de ton sentiment, auguste lectorat.

2015-08-18T10:28:05+02:00vendredi 7 août 2015|Technique d'écriture|12 Commentaires

Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (4) : un problème

large_Motivation_Writing_HumourC’est parti pour vingt minutes d’écriture, sans interruption, sur le déclencheur de votre choix. Rappel : vous devez trouver vingt minutes dans la semaine pour écrire, pour donner corps à votre rêve. L’article original à voir ici.

Une remarque en passant suite à un commentaire qu’on m’a fait : les déclencheurs sont à prendre au masculin ou au féminin, dans le décor / genre que vous souhaitez. L’aventurier peut être une aventurière. La taverne peut être une cantina spatiale. Il s’agit juste de fournir un point de départ, mais l’idée consiste à vous les approprier entièrement, comme vous le souhaitez – et si l’aventurier devient une avocate (aventurière des causes perdues…), peu importe. Il s’agit d’écrire, ce que vous voulez, ce que vous désirez, et les déclencheurs ne sont que des amorces. Faites-en ce que vous voulez. 

Bien. Nous avons un protagoniste, nous avons appris à le connaître un peu mieux à travers un lieu et un genre, et nous avons défini ce qu’il risque, son enjeu. Il va être temps de lui coller un problème sur la tête, en lien avec l’enjeu, ce qui affinera l’histoire en cours de formation. Deux possibilités ; si vous avez déjà cerné le conflit principal du personnage, alors ce problème sera la première péripétie qu’il rencontrera ; s’il n’a pas encore de conflit, alors ce problème deviendra le coeur de l’histoire. À vous de jouer, tirez le conflit au hasard ou bien choisissez celui ou ceux qui vous attirent, et ne vous arrêtez pas avant vingt minutes d’écriture.

Un problème

  1. Un dysfonctionnement
  2. L’enjeu cache un autre enjeu plus grand
  3. Un lourd secret
  4. L’adversaire n’est pas si mauvais que ça
  5. Une trahison de l’intérieur
  6. Un innocent qui n’a rien à faire là
  7. Une lutte contre la montre
  8. Le calme avant la tempête
  9. Le devoir passe avant l’éthique
  10. L’honneur passe avant le devoir
2015-08-05T15:37:59+02:00lundi 3 août 2015|Technique d'écriture|1 Commentaire

Délais de réponse, de soumission, soumissions simultanées… Que faire ? (2. Quelque chose)

bwhahahaha-businessLa veille, donc, je me suis montré antipathique en donnant des réponses qu’en général personne ne veut.

Aujourd’hui, nous allons examiner ce qu’on peut réellement faire dans un marché toujours plus saturé de soumissions éditoriales, avec des supports qui se raréfient, et ce notamment dans le cas du roman (même si j’ai tendance à recommander d’attaquer par des nouvelles), où il est quand même difficile d’en écrire treize en attendant d’être publié (… même si c’est ce qu’a fait Brandon Sanderson, donc…).

La règle d’or reste toujours le respect de conditions de soumission de l’éditeur. Renseignez-vous ! Parfois, celles-ci autorisent les soumissions simultanées : cherchez ces éditeurs-là et allez-y gaiement. Parfois, celles-ci mentionnent clairement que toute absence de réponse au bout de quatre, six, huit mois valent refus ; prenez-les au mot et renvoyez votre travail ailleurs. Mais si celles-ci exigent une exclu sur la lecture pendant six mois, jouez le jeu en connaissance de cause. Et, bien sûr, si l’on vous demande trois chapitres plus synopsis, envoyez trois chapitres plus synopsis. Pas le livre entier. Jamais.

Reste le cas difficile du silence radio. Que faire pour obtenir des nouvelles de son oeuvre ?

De manière générale, si l’on laisse s’écouler un temps de traitement raisonnable, il n’est pas interdit de relancer poliment. (J’insiste. Poliment, bordel.) Nous sommes entre êtres humains de bonne compagnie et l’éditeur comprend que vous ne pouvez pas non plus lui garder votre livre jusqu’en 2050. L’idéal est de l’attraper en personne sur un festival, de se présenter courtoisement, d’expliquer qu’on a envoyé un livre à telle date, et qu’on n’a pas encore reçu de nouvelles, est-ce normal ? La réponse la plus probable sera « Oui, nous sommes en retard sur le traitement des soumissions. » (Les éditeurs sont généralement en retard sur les soumissions, ce n’est pas parce qu’ils s’en fichent, c’est parce qu’ils 1) en reçoivent un volume ahurissant et 2) doivent faire tourner la maison au jour le jour, ce qui est plus prioritaire que tout le reste, et c’est normal.) « Relancez-nous dans n mois. » C’est aussi simple.

Pas la peine de dire en soumettant votre travail qu’en l’absence de réponse sous mois, vous vous réservez le droit de soumettre ailleurs ; cela vous fait paraître procédurier. On s’en doute bien. Relancez au bout du délai que vous vous êtes fixé ; ensuite, si vous ne recevez aucun signe de vie malgré deux ou trois relances courtoises et bien espacées dans le temps, alors sentez-vous libre d’aller ailleurs. Si l’éditeur se réveille, il ne pourra alors pas vous en vouloir comme évoqué hier : vous l’avez amplement prévenu. Et si, malgré tout, le texte est encore disponible quand il vous fait une offre, tout le monde sera content.

Maintenant, se pose la question suivante : qu’est-ce qu’un temps de traitement raisonnable ? 

Aaaah…

Pour les nouvelles

S’il s’agit d’un appel à textes pour un projet donné (anthologie) : déjà, en règle générale, il vaut mieux toujours privilégier les projets annonçant une date de publication, un éditeur, n’importe quelle forme de calendrier. Les appels du genre « on cherche à amasser des manuscrits pour l’instant, mais on les publiera peut-être un jour » débouchent rarement sur du concret. Rien n’empêche de participer, mais ne vous laissez pas bloquer à long terme, surtout si, au bout du compte, rien ne sort jamais nulle part. Quand il y a un calendrier, notamment une date limite de rendu des textes, cela donne une idée du moment où les responsables vont commencer à trier les soumissions et donc d’à partir de quand il est légitime de s’impatienter.

Pour un support à soumission continues (revue, webzine), c’est forcément plus flou si rien n’est annoncé.

Il y a quinze ans, quand j’ai commencé (fichtre) la moyenne de temps de traitement dans la profession était de trois mois pour les nouvelles. Nous nous imposions ce délai pour Asphodale, comme le faisait Galaxies. Aujourd’hui, j’ai l’impression que c’est plutôt le minimum. La limite basse me semble donc trois mois, et c’est même probablement un peu tôt pour s’interroger. Quatre mois me semble un bon délai pour commencer à demander ce qu’il en est. (Toujours poliment, hein.)

En revanche, si le projet qui vous intéresse a publié un calendrier (clôture des soumissions au moins n, parution au mois n + 6, par exemple), visez quelque part entre les deux. La fabrication (mise en page et impression) d’un livre prend un (si l’on est très rapide) à deux mois. Il faut aussi compter les corrections avec les auteurs en amont, ce qui prend du temps. Calculez donc un délai raisonnable pour avoir des retours sur votre travail. Dans l’exemple donné, avec un calendrier pareil, au bout de n + 2 mois, on peut vraiment se demander si l’on a été retenu ou non.

Pour les romans

Il s’en envoie tellement et c’est tellement difficile d’estimer une vitesse de travail dans ce domaine… Pour cette raison, avant six mois, cela me paraît peu réaliste d’avoir un retour. Se repose donc la question des soumissions simultanées si l’on espère publier rapidement. Est-ce pertinent ?

Je persiste à penser résolument que non (mais je suis certain qu’on me contredira avec véhémence en commentaires : auguste lectorat, lis-les pour avoir un avis différent du mien, ce qui est tout l’intérêt d’un blog). Mais si l’on veut tenter, je lis parfois qu’on recommande d’envoyer le manuscrit tous les trois mois (ou plus) à un éditeur différent, ce qui offre un moyen terme entre la salve d’envois tous azimuts, ce qui risque de susciter des conflits, et l’attente parfois très longue d’une réponse (et, quand même, il est parfaitement compréhensible qu’on ne souhaite pas mourir de vieillesse en attendant). Pourquoi pas.

Enfin, certains envoient bel et bien tous azimuts. Cela se fait : il faut juste avoir conscience des risques.

Mais en cas de problème, tu ne diras pas, auguste lectorat, que je ne t’ai pas lourdement prévenu et n’ai pas déconseillé la pratique. N’hésite pas à donner tout particulièrement ton avis en commentaires sur ce point. 

Suivez vos soumissions !

En bonus, n’oubliez pas de suivre ce que vous avez envoyé à qui et quand, pour savoir quand relancer si vous le souhaitez, quelles sont vos relations avec x ou y, et surtout pour éviter la gaffe classique… Renvoyer plusieurs fois le même manuscrit au même interlocuteur ! La SFWA propose ces cinq ressources pour suivre ses soumissions ; le plus simple et le plus pérenne dans le temps me semble le logiciel Sonar, conçu spécialement à cette fin.

Bon courage et bonnes soumissions, et n’oublie pas, auguste lectorat : si tu veux établir une carrière solide et durable, le meilleur calcul consiste toujours à privilégier la patience.

2015-07-29T19:18:06+02:00jeudi 30 juillet 2015|Best Of, Technique d'écriture|35 Commentaires

Délais de réponse, de soumission, soumissions simultanées… Que faire ? (1. Rien)

haha-businessOkayyyy, je respire un grand coup pendant que ma dernière bibliothèque de sons symphoniques se télécharge et je me lance, tremblant et la peur au ventre, dans un de ces sujets qui déchaîne les passions :

  • Que faire face à la lenteur des réponses éditoriales aux soumissions de textes ?
  • Peut-on soumettre à plusieurs supports en même temps ? (soit « soumissions simultanées »)
  • En l’absence de réponse, au bout de combien de temps puis-je passer à autre chose ? 

Pour ma part, je vais être clair : ma posture a toujours consisté à bannir totalement les soumissions simultanées. Mais, avant de prétendre que c’est la chose à faire, et pour donner plutôt les éléments de réflexion qui serviront à construire une stratégie intelligente, comprenons la question sous-jacente : au fond, quel est le problème avec cette pratique ?

L’article d’aujourd’hui sera le premier de deux parties, concernant les questions de base, et puis mon avis, ma stratégie, qui n’engage que moi. Demain, on fera un peu plus de realpolitik pour voir comment composer avec le marché quand on est moins tête de mule que ton humble serviteur, auguste lectorat.

Soumission simultanée, champ de mines

Les services éditoriaux sont absolument noyés de manuscrits, qu’ils examinent pourtant (si les soumissions sont ouvertes), dans l’espoir de trouver la gemme de demain. Ce dont il faut bien avoir conscience, c’est qu’un éditeur qui lit un manuscrit ne fournit pas un service public (comme c’est parfois sous-entendu par de jeunes auteurs), ne doit même rien à l’auteur qui soumet son livre : il travaille, en choisissant d’investir son temps dans cette recherche – un temps qu’il ne passe pas à faire autre chose, comme boire des daïquiris aux Seychelles promouvoir un livre existant ou même l’oeuvre d’un auteur déjà établi. Il est animé par une mission, son amour de la littérature (sinon il ferait autre chose de sa vie), mais aussi par le fait que sa boîte doit tourner un minimum : encore une fois, il bosse.

Imaginons maintenant que l’éditeur, après une traversée interminable de manuscrits mal ciblés ou écrits avec deux pieds gauches trouve enfin la perle rare, le nouveau Tolkien. Hosannah ! Il appelle l’auteur pour lui promettre une avance pharaonique et des daïquiris aux Seychelles. Et là, l’auteur lui dit « ah ben je suis désolé, mais j’ai envoyé mon bouquin en même temps à votre concurrent principal, il l’a pris, c’est ballot, hein ».

Pire (anecdote authentique) : « Ah c’est cool, mais j’attends une réponse de votre concurrent plus gros qui paie mieux, s’il le veut je lui file, mais sinon okay, je vous le donne. »

Mets-toi à la place de l’éditeur, auguste lectorat. Imagine-toi dans ses souliers vernis. Quelle sera ta réaction ? Voilà.

Là, les plus libéraux peuvent se dire : « bah, loi du marché, bitch, t’avais qu’à réagir plus tôt ».

C’est une attitude légitime. Sauf que vous venez de fâcher un potentiel partenaire, qui ne refera probablement jamais affaire avec vous (oui, ce genre de choses arrive, et régulièrement) parce que vous venez, dans les faits, de lui cracher au visage et qui, s’il est mal luné, ira même raconter à ses petits camarades que vous n’êtes pas quelqu’un de fiable.

Ce qui est une mauvaise décision d’affaires, qu’on soit libéral ou pas, bitch toi-même.

Donc, toute décision concerant la soumission de textes doit prendre en compte cet aspect : laisser à l’éditeur le temps de faire son travail, lequel est lent par nature (lecture attentive, possible prise de notes, immense volume reçu), et prendre soin de ses relations futures avec tous les partenaires, parce que c’est ce qu’un pro fait.

Mais si ça ne répond pas après 47 mois ?

La réponse à ce stade de la discussion est : « mais si je n’ai pas de réponse après un temps raisonnable ? Genre 3, 6, 9 mois ? J’ai le droit d’aller ailleurs, non ? »

Mon avis ? Dans le cadre de la nouvelle (on parlera du roman demain) : attendez quand même. De façon parfaitement subjective, un truc me gêne dans le sous-entendu de cette question : l’impatience. « Ouais mais c’est dégueulasse, moi j’attends, je me ronge les sangs, je voudrais pouvoir reprendre mon texte et le publier ailleurs. »

Bah ouais, eh. Eh bah, c’est la vie. Je suis navré, mais la littérature est un métier fait de patience, de patience et encore de patience. Patience pour écrire. Patience pour relire. Patience dans les tractations, la fabrication. Si tu cherches l’insta-fame, faut faire La Nouvelle Star, pas écrire des bouquins. (Des bouquins ! Au XXIe siècle, mec, sérieusement ! Il faut faire des applis iPhone !) Tu es écrivain ? Tu as ça dans le sang ? Okay, génial. Tu as donc mille histoires qui te tournent dans la tête et te hurlent de sortir, non ? Alors fais ça, plutôt : sors-les.

Tu as envoyé la première ? Lâche prise, et écris la suivante. Et la suivante. Et la suivante. En particulier en début de carrière, où chaque texte donne cent leçons et où les sauts qualitatifs sont palpables et visibles de l’un à l’autre. Ce sera mille fois plus instructif – et donc productif à long terme – que de chercher le business dès le départ. Les nouvelles te seront peut-être refusées un an plus tard ; il te suffira de les reprendre et de les renvoyer ailleurs sans autre forme de procès. Je crois que la priorité d’un jeune auteur n’est pas de chercher la publication en premier lieu mais d’affiner son métier, de construire un corpus de textes solides et alors (mais seulement alors) de chercher à les publier.

Je n’ai jamais fait de soumission simultanée de ma vie. Alors oui, parfois, des textes sont restés dans les limbes éditoriaux pendant des années. Cinq, huit, dix ans. Un texte écrit n’est jamais perdu. C’est même lui donner l’occasion de se bonifier ; car on apprend toujours avec le temps, et les failles invisibles à l’écriture paraissent parfois au bout de cinq ans ; et, au bout de dix, on a enfin compris comment les corriger et servir son histoire au mieux.

C’est par exemple le cas de Port d’Âmes, qui est resté dans mes tiroirs pendant des années ; au final, la version qui sortira en août aura été réécrite aux trois quarts, par rapport à la version précédente, qui était elle-même entièrement réécrite par rapport à la première. Le livre a grandement profité – j’ai eu besoin de ce temps pour savoir comment présenter cette histoire, la raconter, la servir au mieux. Ce livre qui sort en 2015, je n’aurais pas pu l’écrire en 2007. Mais il ne fallait pas non plus attendre 2015 pour l’écrire. Il fallait un mûrissement.

Il faut être patient dans ce métier. La priorité, c’est écrire de son mieux, avant viser à publier. La publication vient ensuite, mais toujours dans un second temps.

Demain, nous parlerons de romans, et de ce qu’on peut faire quand on n’a pas une tête en bois comme moi.

2015-07-29T19:24:54+02:00mercredi 29 juillet 2015|Best Of, Technique d'écriture|12 Commentaires

Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (3) : un enjeu

writing_wrongC’est parti pour vingt minutes d’écriture, sans interruption, sur le déclencheur de votre choix. Rappel : vous devez trouver vingt minutes dans la semaine pour écrire, pour donner corps à votre rêve. L’article original à voir ici.

Cette semaine, nous allons introduire de la tension narrative avec un enjeu. Si vous avez déjà cerné le problème de votre personnage principal, nous allons le compliquer ; sinon, nous allons lui en donner un. Choisissez, ou tirez au sort, parmi la liste suivante. Voici ce que votre personnage risque dans l’immédiat. Pourquoi ? Ce sera le moteur de votre ébauche d’histoire à venir : c’est la motivation de votre protagoniste, ce qu’il cherche à éviter dans le récit en formation.

Un enjeu :

  1. Mort
  2. Déshonneur
  3. Abandon (quête, lieu…)
  4. Blessure grave
  5. Un pari
  6. Le sort d’un tiers
  7. Une information
  8. Examen de passage
  9. Etre accepté
2015-07-27T14:23:42+02:00lundi 27 juillet 2015|Technique d'écriture|2 Commentaires

Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (2) : un lieu et un genre

hey_writerC’est parti pour vingt minutes d’écriture, sans interruption, sur le déclencheur de votre choix. Rappel : vous devez trouver vingt minutes dans la semaine pour écrire, pour donner corps à votre rêve. L’article original à voir ici.

Cette semaine, nous allons prendre le protagoniste apprivoisé la semaine dernière et nous allons le mettre en situation. Choisissez ou tirez au sort un déclencheur dans la liste des lieux suivants et faites-l’y entrer. Que remarque-t-il ? Voyez comment sa personnalité colore ce qu’il observer, les détails auxquels il prête attention. Que vient-il faire ici ? Que cherche-t-il ? Et comment interprétez-vous ce lieu – dans quel genre choisissez-vous délibérément de vous placer ?

Un lieu (à prendre au sens large : SF, fantasy, fantastique, littérature générale…) :

  1. Salle d’entraînement
  2. Salle de bal
  3. Salle de taverne
  4. Pont d’envol
  5. Living-room
  6. Cour de forteresse
  7. Théâtre
  8. Cour d’école
  9. Plage
  10. Nef d’une cathédrale
2015-07-13T11:23:18+02:00lundi 20 juillet 2015|Technique d'écriture|4 Commentaires

Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (1) : un protagoniste

you_writingC’est parti pour vingt minutes d’écriture, sans interruption, sur le déclencheur de votre choix. Rappel : vous devez trouver vingt minutes dans la semaine pour écrire, pour donner corps à votre rêve. L’article original à voir ici.

Cette semaine, nous allons partir sur un personnage principal, un protagoniste. Choisissez (ou tirez au sort) un déclencheur parmi les dix suivants, puis entrez dans la tête de ce personnage : racontez-le, du point de vue que vous souhaitez (le sien ou un observateur extérieur). Qui est-il ? Quel est son passé ? Et surtout, quel est son problème immédiat ? Vous avez le droit de tourner en rond, de creuser, de chercher la direction qui vous inspire. Une seule règle : amusez-vous, traquez sans relâche une direction qui vous intéresse. Pourquoi ce déclencheur-là vous a-t-il attiré ? Ou bien, que pourriez-vous faire d’amusant avec le déclencheur imposé par le sort ? Avec un peu de chance, une amorce d’histoire va se dessiner, pour un texte plus long, une nouvelle, voire un roman.

Un protagoniste :

  1. Héros flamboyant
  2. Se la pète mais rien dans le ventre
  3. Soldat professionnel
  4. Assassin professionnel
  5. Hanté par le remords
  6. Ténébreux et sans conscience
  7. Dévoré par la vengeance
  8. Débutant rêvant de gloire
  9. Incompétent mais plein de bonne volonté
  10. Freluquet mais rusé
2015-07-12T20:10:50+02:00lundi 13 juillet 2015|Technique d'écriture|8 Commentaires
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