« Simbad » (nouvelle) in Ghost Stories vol.1
Le 25 octobre paraîtra la nouvelle « Simbad » dans l’anthologie Ghost Stories vol.1, Du Crépuscule à Minuit, dirigée par Peggy van Peteghem et Thomas Riquet, aux éditions Asgard. (suite…)
Le 25 octobre paraîtra la nouvelle « Simbad » dans l’anthologie Ghost Stories vol.1, Du Crépuscule à Minuit, dirigée par Peggy van Peteghem et Thomas Riquet, aux éditions Asgard. (suite…)
J’ai récemment eu la chance de faire deux vols longs courrier, et c’est l’occasion idéale pour rattraper les films qui vous faisaient de l’œil à la bande-annonce, mais sur lesquels vous n’avez pas reçu suffisamment de retours – ou éprouvé assez de motivation – pour faire l’effort d’aller les voir. Parmi ceux-là, et sortis à un mois d’intervalle en début d’année, L’Agence et Code Source, deux longs-métrages à l’argument dickien (le premier est adapté de la nouvelle « Rajustement » du maître, le réalisateur du second déclare clairement ses influences), mais avec un habillage relativement grand public. Alors c’est du réchauffé, je sais, mais c’est aussi l’occasion de revenir sur des récits qui ont pu passer inaperçus, à tort.
Ou, dans le cas de L’Agence, à raison.
David Norris a tout pour être heureux. Le plus jeune sénateur de l’état de New York brigue un poste de sénateur ; enfant des quartiers pauvres, impulsif et bagarreur mais aussi droit et franc, c’est le chéri de l’opinion publique. Rien ne semble arrêter son ascension.
Un soir, par un concours de circonstances, il rencontre Elise, une jeune femme dont l’humour à froid le séduit aussitôt. Le coup de foudre est immédiat et mutuel. Mais une mystérieuse faction, constituée d’hommes en costumes neutres, aux chapeaux un peu surannés, se ligue pour empêcher leur histoire. Car celle-ci dévie du « plan » établi pour l’humanité par un certain « Grand Patron » dans le plus grand secret.
L’esthétique un peu décalée des drôles de représentants de cette « agence » et l’usage du célèbre effet papillon appliqué aux actes du quotidien – par une succession de coïncidences, David et Elise pourraient devenir des acteurs majeurs de l’histoire de leur pays – laissaient promettre une atmosphère oppressante, un combat désespéré pour le libre arbitre avec, au passage, quelques ouvertures semi-philosophiques ou quelques jeux amusants sur l’identité de ce fameux « Grand Patron ». Après tout, Matt Damon avait déjà joué un Jason Bourne sévèrement bourné (pardon) avec une thématique semblable : l’homme seul contre un pouvoir qui le dépasse dans la conquête de sa liberté. C’était du thriller pur, ça tirait davantage que ça ne discourait mais c’était bien fichu, et Bourne, cible des agences du monde entier, parvenait à générer la sympathie.
Mais L’Agence ne décolle jamais. Au contraire, le scénario semble scrupuleusement éviter toute réflexion – et même tout jeu – dépassant le manichéisme gentillet du « j’aime la fille, mais les méchants, y veulent pas ». Cette belle idée de ces agents influant discrètement sur l’histoire humaine ne sert que de toile de fond à une histoire d’amour finalement dénuée d’enjeu, parce que se déroulant entre deux personnages bidimensionnels. Il y avait pourtant une ouverture sur le confort qu’apporte un couple contre la réalisation personnelle qu’on lutte pour atteindre dans la solitude, mais c’est abordé comme une simple péripétie.
L’univers proposé – l’hypothèse imaginaire – ne rattrape pas cette absence de profondeur : les agents présentent des pouvoirs tour à tour surpuissants (laver le cerveau des humains, ajuster leurs émotions, une télékinésie à rendre jaloux David Copperfield et j’en passe) et se montrent d’une ineptie surprenante dans certaines prises de décision, ou bien incapables de rattraper un type à pied alors qu’ils peuvent cavaler derrière un bus sur plusieurs pâtés de maisons. Le Grand Patron ne sera jamais explicité, pas plus que cette société d’agents séculaires fatigués dont certains doutent de leur mission.
J’avoue n’avoir pas lu « Rajustement » et j’ignore si ces défauts sont présents dans la nouvelle d’origine – malgré tout le respect et l’admiration que j’éprouve pour Dick, il faut convenir que certains de ses textes courts ne vont pas au-delà de l’idée géniale et manquent d’une vraie histoire pour la porter. Quoi qu’il en soit, L’Agence aurait pu élargir son propos sans aucune difficulté, le placer dans un contexte plus vaste et, par retour, donner du poids à la romance contrariée au centre de l’histoire ; mais le film s’y refuse très scrupuleusement. En conséquence, le sort de cette relation reste parfaitement anecdotique et ne suscite pas d’intérêt.
L’ennui s’installe donc et ce n’est pas le twist final – visible à trois kilomètres – ni le discours convenu qui l’accompagne qui rattraperont la sauce. On ne passe pas forcément un mauvais moment, mais on ne vibre pas, ne s’inquiète pas, ne réfléchit pas. C’est un film inodore et sans saveur, facilement digeste, loin des atmosphères anxiogènes teintées d’absurdité qui font la patte de Dick ; il roule sur des rails convenus, ce qui ne manque pas d’ironie. Sur une thématique proche, il y aura potentiellement mieux à faire de deux heures de son temps, par exemple tenter Code Source (chronique à venir).
C’est l’enveloppe de l’oeuvre et son style – plus recherché – qui font la différence. L’écriture est ici plus travaillée, plus riche que dans le genre SF ou fantastique qui privilégient l’action et la rapidité.
Un article de Noé Gaillard à lire sur Murmures.info.
L’émission Au Field de la Nuit du 17 octobre, où votre humble serviteur faisait partie des invités, est à présent visible en ligne :
Les invités :
Avec mon séjour à New Quay, j’ai pris un certain retard sur les chroniques dont je tenais à me faire l’écho, et j’espérais les diviser en billets séparés, mais je crains de ne jamais arriver à rattraper, or, je tiens vraiment à signaler les articles constructifs réalisés autour des livres – si on en parle à l’extérieur, je trouve que c’est la moindre des choses de parler de ces blogs et supports. Pensez à leur rendre visite, à étudier leur ligne éditoriale, vous pourriez renconter une communauté d’esprit !
Merci à tous les chroniqueurs.
Je suis très heureux de voir que le monde d’Evanégyre continue à emmener de nouveaux lecteurs vers ses horizons plus d’un an après la sortie du livre.
L’anthologie de cette année du festival Imaginales, dirigée par Stéphanie Nicot et où figurait la nouvelle « Au-delà des murs » elle aussi située dans l’univers d’Evanégyre, a généré également quelques avis de lecture cet été :
Tout cela fait une sacrée fichue liste. Je ne suis toujours pas à l’aise avec la présentation de ces revues de presse, qu’il m’est difficile de poster alors que je suis forcément juge et partie, et que je m’efforce toujours de commenter au minimum le travail des critiques, car ce n’est aucunement ma place. Je lancerai probablement une Grande Consultation Populaire très vite pour recueillir vos avis quant à la pertinence de ces posts et à la meilleure manière de les construire (amis blogueurs, si vous êtes là, votre avis sera particulièrement utile).
Le lecteur connaîtra une tension constante, tel un fourmillement, un son aigu dans la tête qui ne le quittera plus jusqu’au dénouement – presque – final. Méfiez-vous des eaux qui dorment. Bonne lecture.
Une chronique de Paco à lire sur son blog, Passion Romans.

Obtenez le programme (bah oui, je vais pas dire « demandez », ça ferait crétin, vu qu’il est là, dessous, hop) :
J’espère vous y voir nombreux, j’y avais passé un excellent moment l’année dernière.
Sinon, lundi 17, c’est aussi :
**** – Une histoire incroyable avec des rebondissements inouïs, où l’imagination de Lionel Davoust nous entraîne dans un tourbillon incroyable jusqu’à la fin ! Un thriller palpitant dont je vous conseille vivement la lecture !
Une chronique de Madoka à lire sur son blog.
C’est quoi ce blog ? Que des articles d’actu, des news d’entretiens, de dédiaces, pas de contenu un peu consistant ? C’est un scandale, virez-moi le responsable éditorial.
Monsieur ?
Oui ?
Je peux pas, le responsable éditorial, c’est vous. Enfin, moi, quoi.
Ah, zut.
Donc, effectivement, il se passe beaucoup de choses autour de Léviathan : La Chute et c’est un vrai plaisir ; je le répercute ici car, eh bien, c’est aussi le but de cet endroit, de partager ce qui se passe autour des livres. Mais non, rassure-toi, auguste lectorat, je continuerai à poster des lolcats et à t’appeler auguste lectorat.
Bref, pour changer un peu du sujet de ma trombine, je pensais qu’il serait intéressant de proposer une réponse à une question :
J’ai un gros doute sur ce que c’est qu’un publisher, editor, edition, imprimeur… J’ai les références en anglais, mais je sais pas ce qu’est quoi qui correspond à quoi !… D’après mes recherches sur internet, je crois comprendre que l’editeur est en fait le publisher et que l’imprimeur est l’editor… à n’y rien comprendre. Déjà que rien que dans une seule langue je ne saurais pas faire la différence ! Qui fait quoi ?
Effectivement, c’est un sujet un peu compliqué principalement parce que les mêmes termes dans une langue peuvent recouvrir des notions différentes dans une autre… Avant toute chose, les équivalences que tu as trouvées sont inexactes. Résumons :
En français, l’éditeur est celui ou celle qui va travailler sur le texte fourni pour un auteur afin qu’il soit le meilleur possible, dans le respect de ses intentions bien sûr : ici, raccourcis la poursuite en
voiture qui devient ennuyeuse à la longue ; là, développe la scène de sexe ; la psychologie de tel personnage est un peu floue, approfondis-la ; ce paragraphe est un peu abscons, etc. C’est ce qui
correspond à « editor ». En science, c’est aussi celui qui effectue, ou supervise ce travail – c’est-à-dire pointer les erreurs de raisonnement, les raccourcis, etc. Il est responsable des reviewers –
dans une revue, c’est le rôle de « rédacteur en chef », dans une anthologie de nouvelles, c’est l’anthologiste. En résumé, un editor est un « directeur d’ouvrage ».
Le problème, c’est que « éditeur » en français recouvre aussi, au sens large, toutes les fonctions de « publishing », c’est-à-dire toutes les personnes chargées de publier l’objet livre : marketing, mais aussi dans une certaine mesure mise en page (= fabrication). L’editor correspondrait alors à l’éditeur sens strict, quand le publisher correspondrait à la maison d’édition au sens large – sachant que les
editors et les publishers travaillent en général dans, ou pour la même structure ! En français, éditer a un sens plus double (à la fois retravailler ET publier) qu’en anglais, d’où la confusion des notions dans notre langue et le même terme pour les deux. La taille du marché anglophone fait que des rôles confondus peuvent être séparés de façon bien plus fréquente qu’en France, où cela ne se rencontre que dans les très grands groupes.
L’imprimeur (printer), enfin, est un contractant qui est chargé de réaliser l’objet livre. De nos jours, son rôle, bien que capital, s’apparente plus à celui d’un sous-traitant car il n’intervient que
très rarement sur le livre lui-même – il réalise ce que la maison d’édition lui demande conformément aux fichiers envoyés et ne fait que très rarement part de son avis sur la chose.
Il y aurait bien d’autres rôles à aborder (correction, diffusion, etc.) mais j’espère ça t’aide à cerner un peu mieux – sachant que je parle surtout pour ce que je connais le mieux, la littérature, mais
que les rôles sont assez semblables dans l’édition d’essais ou scientifique.
Un nouvel entretien à vous signaler sur le site Unwalkers, lisible ici. J’y parle notamment de la mise en place de la trilogie Léviathan et du rythme de La Chute.
Alors, au vu de cette semaine, vous pourriez croire que je passe ma vie à causer, mais… bon, OK, j’admets, je passe ma vie à causer si l’on a le malheur de me tendre un micro. Mais là, en particulier, tous les entretiens sont sortis d’un coup.
(Sinon, la page d’accueil a subi un petit changement vers un carousel plus classique. Il s’agit de mettre en avant Léviathan : La Chute pendant un temps ; la mosaïque reviendra dans quelques mois.)
À part ça, ça va ?