L’empire, le défendre ou le combattre ? (table ronde aux Imaginales 2016)

Imaginales-tr-empire

Photo ActuSF. Nabil Ouali, Olivier Gay, Christophe de Jerphanion, LD, Anthony Ryan, Sylvie Miller

Autre table ronde des Imaginales 2016, cette fois sur le thème de l’Empire : le défendre ou le combattre ? Dans quel sens fonctionne la marche de l’histoire ? Comment la fantasy permet-elle d’éclairer la question ?

Débat animé par Christophe de Jerphanion. Avec : Nabil Ouali, Olivier Gay, Anthony Ryan (traduit par Sylvie Miller) et moi-même (parlant cette fois davantage de La Route de la Conquête).

La captation a été réalisée par ActuSF et est disponible sur cette page, pour un téléchargement ou une écoute en ligne.

Extrait vidéo :

2016-06-07T18:04:57+02:00lundi 13 juin 2016|Entretiens|Commentaires fermés sur L’empire, le défendre ou le combattre ? (table ronde aux Imaginales 2016)

La photo de la semaine : des hobbits vivent ici

Joufflus et vilains ?

Hobbits live here

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Pris à Hobbiton, en Nouvelle-Zélande (forcément).

2016-06-08T14:27:50+02:00vendredi 10 juin 2016|Photo|Commentaires fermés sur La photo de la semaine : des hobbits vivent ici

Les villes, des personnages à part entière ? (table ronde aux Imaginales 2016)

Photo ActuSF

Photo ActuSF. Jérôme Vincent, Romain d’Huissier, Rod Marty, Jean-Laurent del Socorro, LD. 

Pour poursuivre sur la répercussion des tables rondes des Imaginales 2016, celle-ci avait pour thème : « Les villes, des personnages à part entière ? » Modérée par Jérôme Vincent, avec : Jean-Laurent del Socorro, Rod Marty, mon collègue de chez Critic Romain d’Huissier, et moi-même pour Port d’Âmes.

ActuSF en a réalisé comme toujours la captation, ici sur cette page, où l’on peut écouter le débat dans son intégralité ou bien le télécharger pour écoute ultérieure.

Extrait vidéo :

2016-06-07T17:50:08+02:00jeudi 9 juin 2016|Entretiens|Commentaires fermés sur Les villes, des personnages à part entière ? (table ronde aux Imaginales 2016)

On est prudent à 24 ans

Cliquez pour agrandir. J'insiste.

Autre petit morceau déterré de mes archives de courriel en 2002 (par rapport à celui-ci), pour s’amuser un peu (et parce que je reviens d’Épinal), cette fois plus en rapport avec les sujets actuels. Je m’amuse de la circonspection alors fréquemment d’usage à l’époque : Internet était un bien plus petit village, le réseau n’avait pas encore accéléré drastiquement les rythmes de nos vies, on prenait fréquemment le temps d’écrire des messages d’une page pour exprimer son point de vue, posément, comme dans un salon chic. Vous les voyez, les dorures sous les octets ? Je constate avec amusement (et une pointe d’impatience, quand même) la multiplication des précautions oratoires : qui emploie aujourd’hui « AMHA » (à mon humble avis) ? Qui s’en souvient même ? Internet, c’était mieux avant, quand on était seuls dessus – sérieusement, mettre des gens en contact, c’est quand même mieux quand c’est des gens qui pensent pareil, hein.

JE PLAISANTE. Rhôôôôô. Vous, vous faites partie des gens qui ne pensent pas pareil, hein.

Bref. Le contexte : une réponse – toute mignonnette de prudence – sur une liste de diffusion à un article de China Miéville dont je ne peux deviner la teneur qu’en creux, et dont le lien a disparu. Je constate avec le recul une forme de cohérence dans le discours, mais une rigueur bien moindre (parler de mythe campbellien dans le cas de Gilgamesh, c’est un tout petit peu prendre le truc à l’envers, arghhh).

Mouais.
Je suis assez d’accord sur le fait que l’on a une succession de quêtes tolkienniennes en fantasy.
Mais je ne suis pas d’accord sur le fait que ce soit un problème.
Miéville brosse un portrait un peu moribond de la fantasy, alors que le genre se porte très bien, merci 🙂

Après tout, la quête, le voyage du héros, ça existe depuis Gilgamesh, L’Odyssée etc. Alors, dire qu’il faut faire autre chose aujourd’hui ne me semble pas l’*unique* manière de vitaliser le genre.

Le problème AMA, comme toujours, ce sont les quêtes sans qualité, calquées sans imagination. Prenez Eddings: la quête est archi classique, mais cela fonctionne à mon avis, parce que son univers est riche et amusant.

Mais je suis également d’accord avec lui lorsqu’il dit qu’il est regrettable qu’un genre spéculatif se borne autant à son modèle. En un mot: il y a de la bonne fantasy classique et on peut AMHA continuer à en faire.

Mais il ne faut pas non plus faire que ça, bien sûr. Les nouvelles orientations en urbaine par exemple montrent que la fantasy peut offrir bien d’autres choses, et c’est tant mieux.

Il est vrai qu’une frange du marché a pour règle d’offrir avant tout de l’évasion, et pas de la réflexion. Je serais tenté de répondre: et alors, bon sang? Il y a une place pour tout. En SF, si je veux être diverti, m’évader, je lis un bon gros space opera d’aventures. Si je veux réfléchir, je lis Greg Bear. Y a-t-il un problème à l’un ou à l’autre?

En fantasy, si je veux m’évader, je prends une triologie / décalogie à rallonge. Si je veux réfléchir, je choisis plutôt de courts romans incisifs.

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec une vision intellectualiste de la littérature qui postule que tout doit être réflexion. Miéville a un peu trop tendance à oublier que les nouveaux courants de la fantasy (urbaine, etc.) se développent très bien et proposent, eux, davantage de réflexion, mettent en scène des visions qui défient notre conception du monde etc.

Il y a donc de la place pour les deux, comme le prouvent AMA les marchés à l’heure actuelle. Donc j’ai l’impression que l’argumentaire part d’un bon sentiment, mais qu’il est un peu dépassé. Le marché et les lecteurs arrivent à ces nouveaux courants de fantasy.

Tant mieux. Mais ne jetons pas non plus la pierre à la BCF.

Alors, les lecteurs sont-ils bel et bien arrivés depuis presque quinze ans à ces nouveaux courants de fantasy ? Je ne saurais dire, mais, le cas échéant, VOUS L’AUREZ LU ICI EN PREMIER.

2016-05-23T17:32:36+02:00mardi 31 mai 2016|Expériences en temps réel|5 Commentaires

Café littéraire « Vive la fantasy… épique ! » aux Imaginales 2015

Ce café littéraire s’est déroulé dans le cadre des Imaginales 2015, avec Fabien Cerutti, Matthieu Rivero et Lionel Davoust, sur le thème de la fantasy épique, et animé par Christophe de Jerphanion. Le site de référence ActuSF en a réalisé la captation entière, écoutable sur cette page.

Petit extrait vidéo :

2015-06-03T16:02:22+02:00jeudi 4 juin 2015|Entretiens|Commentaires fermés sur Café littéraire « Vive la fantasy… épique ! » aux Imaginales 2015

« La Volonté du Dragon » disponible en numérique

J’avais promis sans en parler une autre sortie numérique imminente, c’est aujourd’hui : La Volonté du Dragon, le petit frère de La Route de la Conquête, sort en numérique dans toutes les bonnes enseignes ! Avec ou sans DRM, chez Amazon ou tout autre bon distributeur. Lancez une recherche sur votre magasin en ligne préféré et vous devriez le trouver1.

Finaliste de trois prix littéraires l’année de sa sortie, premier volume relatif à l’univers d’Évanégyre publié (et totalement indépendant), La Volonté du Dragon met en scène l’invasion d’un petit pays isolationniste et médiéval par une imposante nation steampunk. Mais ce qui aurait dû n’être qu’une note de bas de page dans les annales historiques de l’Empire dégénère bientôt en bataille féroce, à la fois sur la mer et le terrain de la diplomatie.

Parmi les chroniques les plus récentes : la Faquinade, Le Bibliocosme. Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page du livre (avec tous les liens vers versions électroniques en en carbone compressé). Et, en passant, un grand remerciement à Eldritch pour son travail !

  1. Mise à jour des liens en cours sur la boutique.
2015-07-07T00:37:13+02:00mardi 21 avril 2015|À ne pas manquer|4 Commentaires

Pourquoi je vous parle de guerre ? (un essai)

Alors maintenant, écoutez-moi bien – écoute-moi bien, auguste lectorat, si tu permets que je t’appelle ainsi, comme je le fais chez moi ; permets-moi de profiter un instant de la tribune que la Faquinade, en son inconscience, m’a offerte, pour le clamer bien fort et une bonne fois pour toutes :

Tout ça, ce sont des conneries.
Non seulement cela, mais ce sont des insultes à l’intelligence.

L’article du jour est un éditorial un brin épais et conséquent, sur la représentation de la guerre en fantasy, les prétendus manichéismes et conservatismes du genre, des idées tenaces et reçues avec lesquelles j’avais un compte à régler depuis un petit moment. Ça s’appelle « Pourquoi je vous parle de guerre ? » et c’est à lire sur le blog la Faquinade.

2015-02-24T10:31:36+01:00mercredi 25 février 2015|À ne pas manquer|5 Commentaires

Continuités des hypothèses imaginaires (une idée en l’air)

Alors que je propose à l’université d’Angers, entre autres, quelques cours sur la traduction de l’imaginaire, et que je me trouve donc à définir rapidement les trois grands genres (SF, fantasy, fantastique) de la façon classique, une vague idée me vient (précisément sous la douche) (le lendemain matin, hein, pas pendant le cours) sur la façon dont nous les définissons et sur les insuffisances soulevées moult fois par ces définitions (car très hybrides et en évolution constante). En tant qu’ancien scientifique, j’aime bien épingler des papillons, et donc des catégories si possibles moins mouvantes, si l’on tient vraiment à catégoriser (ce qui est d’une utilité peut-être discutable, mais jouons le jeu). Peut-être que quelqu’un a déjà eu cette idée, auquel cas je suis trop génial : j’ai réinventé l’eau chaude, et tout seul, s’il vous plaît. Circulez.

Or doncques. D’abord, on convient que les trois grands courants ont une histoire assez différente et suscitent des impressions distinctes, ce qui entraîne leur séparation. Habituellement (et rapidement), on les distingue ainsi :

  • La SF se fonde sur une extrapolation rationnelle à présupposé scientifique ;
  • La fantasy propose une hypothèse imaginaire rationnelle, mais à présupposé magique ;
  • Le fantastique met en scène le glissement de la réalité consensuelle vers l’irrationnel.

Voir la classique parabole du chat de Denis Guiot.

Ce qui m’ennuie à mesure que j’expose ces définitions, c’est :

  • Leur hybridation en tous sens (le cas le plus prégnant étant la fantasy urbaine, qui propose un glissement – fantastique – vers un univers merveilleux – fantasy, mais aussi la science-fantasy, etc.) ;
  • La cousinade manifeste entre SF et fantasy (présupposés rationnels, même si dans des règles différentes), qui fait dire à Terry Pratchett « La SF, c’est de la fantasy avec des boulons », alors que le fantastique procède d’une toute autre démarche. Pour trois genres censément apparentés – au sein de l’imaginaire -, c’est un peu bancal.

Du coup, je te livre en pâture, auguste lectorat, cette autre proposition de grille, fondée sur la constatation générale et partagée que l’imaginaire emploie un biais métaphorique (le « pas de côté ») pour parler de notre réalité présente (voir aussi la bulle de présent exposée par Sylvie Denis dans sa préface à l’anthologie Escales 2001).

Il me semble que la SF tire sa pertinence d’une extrapolation en rapport avec la recherche scientifique et les tendances du monde actuel, quand la fantasy la tire d’une extrapolation des symboles de nos cultures. De façon grossière, la SF relève plutôt de l’expérience de pensée (prospective) quand la fantasy relève plutôt de l’expérience initiatique (mythologie). Par conséquent, peut-être pourrait-on simplement définir les genres par la projection, ou non, d’un potentiel cheminement raisonnable entre notre réalité consensuelle et celle du monde imaginaire dépeint. En termes biologiques, la question est : puis-je tracer un cheminement évolutif vraisemblable entre la réalité telle qu’on la connaît aujourd’hui et le monde fictif qui m’est dépeint ?

Si l’on peut projeter un tel cheminement (via extrapolation technique, politique, sociale, scientifique…), c’est de la science-fiction.

Si c’est impossible (en raison d’un présupposé possédant sa propre cohérence, mais qui viole ouvertement la réalité telle qu’on la considère globalement – il s’agit de magie, donc, ce qui postule une rupture de continuité évolutive), c’est de la fantasy.

Le fantastique recouvre toujours la même idée de glissement. 

Les trois catégories appartiennent maintenant à leur propre dynamique, qui se définissent toutes, cependant, à partir de l’idée d’évolution. Le monde décrit dans la fiction résulte d’un cheminement visible à partir du présent, tracé dans la continuité (SF) ; ou bien il y a rupture (fantasy) ; ou bien le propos même est ce cheminement de l’actuel vers un ailleurs (fantastique). Plus (tellement) d’innombrables justifications malaisées pour classer les hybridations : la fantasy urbaine appartient bien à la fantasy dans cette optique (ce que nous pressentons tous), puisque son propos consiste à dépeindre ce monde imaginaire merveilleux, même si les protagonistes le découvrent au fil du récit ; elle se place en rupture par rapport au contemporain conventionnel (les elfes, dans la réalité consensuelle, n’existent pas). Elle se fixe souvent elle-même comme mission, d’ailleurs, de réenchanter le monde, et elle emploie le merveilleux pour ce faire.

C’est peut-être une idée stupide et facilement démontable, mais un blog (je le rappelle quand même au vu de récentes échauffourées) représente un carnet de notes et non un essai documenté, et c’est aussi à cela qu’il sert dans le cas présent – jeter des embryons d’idées dans la grande marmite de l’inconscient collectif au cas où elles seraient pertinentes pour celui-ci.

Sortez les torches.

2015-02-03T11:54:46+01:00mercredi 17 décembre 2014|Le monde du livre|116 Commentaires

Autour de La Route de la Conquête : long entretien sur Elbakin

elbakinLes thématiques que vous explorez dans le cadre de cette histoire sont limpides et en même temps exprimées sans manichéisme ou autre. Avez-vous particulièrement soigné cet aspect ?

Oui et non… C’est un aspect qui me tient beaucoup à cœur, car je suis moi-même un lecteur difficile à passionner. Je tiens donc à ce que le récit soit le plus clair possible, mais aussi à ne jamais prêcher. Je ne suis surtout pas là pour cela; je suis éventuellement là pour poser des questions, mais surtout pour raconter une bonne histoire. Je ne construis pas ni n’architecture spécialement l’équilibre entre les thèses des différents peuples ou personnages; je ne me dis pas « Ici, il faut que A contredise B, sinon j’ai donné trop de temps de parole à B. » Je laisse les choses émerger, organiquement, des situations. Je construis simplement personnages et civilisations de la manière qui m’intéresse, et j’essaie de comprendre ce qui les anime afin de pouvoir le représenter fidèlement. Ensuite, je les fais se rencontrer. Et si je suis fidèle aux uns comme aux autres, des événements surgissent naturellement de la vérité de chacun. Je ne fais que les suivre.

Merci à Emmanuel Chastellière et au site de référence Elbakin pour ce copieux entretien sur La Route d la Conquête, où l’on parle du retour à l’écriture d’Évanégyre, de fantasy, de crise du livre, et même de jeu vidéo avec le futur Psycho Starship Rampage !

2014-09-29T21:15:29+02:00mercredi 1 octobre 2014|Entretiens|4 Commentaires
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