Jeudi teasing : la première chronique de La Route de la Conquête + un extrait

Couv. François Baranger

Couv. François Baranger

Plus qu’une semaine ! La Route de la Conquête sort jeudi prochain, le 21 août, dans toutes les bonnes librairies. Il est encore temps de précommander et de recevoir votre exemplaire dédicacé : jusqu’au 18 août, en passant par la librairie Critic, sur cette page.

Le site d’actualités et de référence sur la fantasy Elbakin.net en propose déjà une critique en avant-première :

8/10. Pêle-mêle, on peut citer parmi les problématiques au menu : vainqueurs et vaincus, choc des cultures, traditions et pseudo-modernité, sans parler de savoir si la fin justifie (tous) les moyens, ou du moins de tenter de faire un choix en laissant l’histoire nous juger… Tout cela se retrouve traduit ici sans que l’auteur ait besoin de se montrer pontifiant ou de faire souffrir le rythme de son récit. […] Avec un soin évident et un vrai souci du détail sans jamais en faire trop, l’auteur nous entraîne à la suite de Korvosa et des autres dans un monde dont les échos nous touchent et se révèlent à même de nous faire réfléchir, sans pour autant que le décor ne soit qu’un décor, au contraire.
Une belle confirmation !

Merci à Elbakin et à Gillossen, auteur de la chronique, pour cet article à découvrir en entier ici (chronique garantie sans spoilers).

Et pour le plaisir, un petit extrait de « Le Guerrier au bord de la glace » (qui fait partie des inédits du livre), que j’avais passé sur Facebook. Que dire de ce texte et du monde d’Évanégyre à cette époque ?

Robots géants. Fusils laser. Combats aériens. Dragons. 

Cent mètres plus loin, Branth a réussi à contrôler suffisamment sa chute, lui aussi, et s’ébroue furieusement en poussant des hurlements de colère qui soulèvent des grêles de cailloux et font vibrer les plaques de mon blindage. Il a délogé deux adversaires, qui se tiennent à présent devant lui. Le premier a dégainé son tranchoir et protège son camarade qui se relève péniblement – le pilote est sonné, ou bien le contrôle moteur a subi une avarie, voire les deux. Le dragon se secoue avec rage tandis que les deux autres mekanas restent accrochées à son dos. Malgré les embardées de la créature formidable, l’une d’elles tire laborieusement son propre tranchoir, prête à l’enfoncer entre les omoplates du seigneur Branth.

Je m’élance à pleine vitesse vers les deux Chartistes qui se tiennent devant lui. Mes ailes s’orientent tandis que ma course s’accélère, et je sens les lames captatrices vibrer à mesure qu’elles absorbent de plus en plus d’énergie à la faveur de mon élan. Ma foulée s’allonge, les réacteurs prennent le relais.

Pas le temps de dégainer ma propre épée. Je lève le poing, griffes toujours sorties, et assène un coup cataclysmique, porté par ma propulsion, à l’insurgé qui se tenait en garde. Le choc de nos deux colosses d’acier tonne sur les plateaux comme le heurt de deux massues maniées par des dieux. Nous partons en vol plané et percutons lourdement la roche dans un crissement de métal torturé. Son bras droit ne lâche pas le tranchoir mais se tord en arrière dans une position anormale, et j’entends claquer les servomoteurs d’articulation.

Nous nous arrêtons dans une pluie de pierres et de poussière. Sans lui laisser le temps de réagir, à califourchon sur son dos, j’empoigne les lames délicates qui composent la voilure de ses ailes et tire de toute la force de mes propres moteurs jusqu’à les arracher.

Branth rugit. Il s’est cabré, prend une profonde inspiration. Il va souffler.

À dans une semaine pour la sortie du livre !

2014-08-13T09:59:49+02:00jeudi 14 août 2014|À ne pas manquer|2 Commentaires

La photo de la semaine : la maison de Bilbo

Comme je pars sous peu à Londres pour la Convention Mondiale de Science-Fiction, la photo de la semaine me paraît devoir être de circonstance :

Bilbo's House

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En Nouvelle-Zélande, on peut visiter Hobbiton, qui a servi de décor pour filmer les trilogies du Seigneur des Anneaux et du Hobbit. L’atmosphère est magique, il ne faut absolument pas rater ce site, qu’on soit un fan de Tolkien ou non. (Ce que je ne suis pas, et pourtant, j’ai été totalement charmé – et ce n’est pas tous les jours qu’on peut arpenter en grandeur nature les allées d’une pierre fondatrice du genre qu’on aime et dans lequel on oeuvre modestement.)

2014-08-12T12:18:45+02:00mercredi 13 août 2014|Photo|Commentaires fermés sur La photo de la semaine : la maison de Bilbo

45′ d’entretien sur Léviathan

ImaJnereL’émission ImaJ’nère, sur Radio G (associative et alternative), traite de SF, fantasy, thriller, et m’avait proposé un long entretien lors des Utopiales 2013 autour de l’ensemble de la trilogie Léviathan, et grâce aux questions fouillées de l’équipe, nous avions discuté assez profondément de ses thèmes, de ses symboles, de l’ésotérisme, des mythes et de l’écriture. (Si l’on excepte tous ces foutus « heuuu » à répétition pour lesquels je me fustige encore – fatigue du festival.) L’entretien n’est plus disponible sur la page d’origine, mais l’équipe l’a repris sur Dailymotion où, selon toute logique, il devrait rester dorénavant :

http://www.dailymotion.com/video/x22941k_les-interviews-d-imajn-ere-lionel-davoust_webcam

Bonne écoute !

2014-08-04T10:53:19+02:00lundi 11 août 2014|Entretiens|Commentaires fermés sur 45′ d’entretien sur Léviathan

Jeudi teasing : la chronologie d’Évanégyre

Et voilà.

Je l’expliquais en mars : le construction d’Évanégyre est articulée autour de points-clés, de vastes secrets de l’univers qui ont été peu abordés encore dans les récits, comme la Grande Guerre évoquée dans « La Fin de l’histoire », mais il reste de vastes pans à défricher – volontairement. Une planète entière est un lieu immense, un formidable terrain de jeu pour raconter des histoires, comme le sont l’envergure des siècles, et je tiens à pouvoir partir à la découverte, moi-même, de ce monde. Les points-clés de la ligne temporelle, les grands arcs narratifs décidés et fixés depuis quinze ans, font émerger tout un éventail de conséquences, sociales, psychologiques, politiques, culturelles et, depuis qu’ils sont définis, je laisse affleurer les histoires qui en découlent. Bien sûr, l’exigence de cohérence est fondamentale – tout ce qui a déjà été publié devient « canon » et ne peut être contredit (sauf à dessein). Il s’agit un peu d’une construction fractale, en définitive : j’ai la vue d’ensemble, et chaque récit vient affiner et définir un point particulier, un espace, une époque. Cela peut donner l’impression que j’avance à l’aveuglette, mais il n’en est rien : d’une part, avec les kilos de notes déjà établies, j’ai de quoi écrire pour une ou deux vies, d’autre part, je laisse les rênes à mon intuition pour me conduire là où il le faut. Certains auteurs disent qu’ils n’inventent rien, mais que les histoires existent ailleurs, sur un autre plan, et qu’ils ont simplement la possibilité de les entrevoir et de les rapporter : Évanégyre me fait cet effet-là, comme un monde autre, où je me rends pour le déchiffrer peu à peu et le raconter.

(Et maintenant, tout le monde me croit perché.)

Il reste quand même deux objectifs principaux dont je ne démords pas : d’une, l’histoire est fondamentale ; c’est elle qui justifie l’existence d’un récit – je ne suis pas là pour écrire un traité géopolitique ou historique, mais bel et bien pour qu’on passe un bon moment. De deux, je le martèle, mais tous les ensembles narratifs sont indépendants. On peut commencer à découvrir Évanégyre par les nouvelles isolées, par La Volonté du Dragon ou par La Route de la Conquête de façon parfaitement égale. Chaque histoire se suffit à elle-même – mais toutes les lire révèle un nouvel éclairage sur les événements, comme le prouvera, je l’espère, La Route de la Conquête.

Ceci étant rappelé, je peux maintenant dévoiler la chronologie de tous les récits d’Évanégyre parus jusqu’ici… en tout cas, dans la période de l’Empire d’Asreth, où s’inscrivent la grande majorité des récits publiés.

Tadam.

Chronologie de la période impériale

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Il manque effectivement « Quelques grammes d’oubli sur la neige » – ce n’est pas un oubli. Cette question a fait naître une certaine discussion sur Facebook, que je vous propose éditée et résumée en forme de simili-entretien ci-dessous. Merci à tous ceux et celles qui ont participé et pour leurs excellentes questions !

Évanégyre, chronologie, secrets et découvertes : bavardages

Il manque un texte. Tu te gardes un effet dans ta manche ou alors il était trop excentré par rapport aux autres pour la photo ?

Bien vu ! Oui, il est beaucoup trop excentré. Vers la droite de la flèche.

Il est donc dans le canon. C’est ce que je pensais aussi (limite avec un changement d’échelle même).

Oh oui, « Quelques grammes d’oubli sur la neige » (qui sera repris dans La Route de la Conquête) est tout à fait dans le canon. Mais beaucoup plus tardif.

Les siècles font cent ans?

Bonne remarque. Oui.

Des années de 365 jours de 24h de 60 minutes équivalentes aux nôtres ?

Ce serait en dire trop… Non. Évanégyre est une planète de type terrestre, mais légèrement plus grande et avec des années légèrement plus longues. Mais pas assez pour que ça ait valu la peine d’être mentionné jusque là dans un récit.

Entre la Grande Guerre et « La Fin de l’Histoire » quel ordre d’années?

Une demi-douzaine de générations environ. (Un gros siècle.) Dans « La Fin de l’histoire », ni Veithar ni Aruel n’ont connu la Grande guerre, mais ses traces (psychologiques) restent marquantes et imprégnées dans la pensée des nations « développées », Asreth tout particulièrement, bien sûr.

La Grande Guerre a été un conflit mondial, semi-mondial? Le Dragon est vraiment féminin ou seulement son apparence humaine? (bon le reste tu me répondrais pas) Tiens quand même pour le fun : y a-t-il un rapport « organique » entre les cristaux artechs et les dragons ?

Oui, la Grande guerre a été un conflit mondial, terrifiant pour tous et terriblement dangereux. Quand le général Aruel dit que l’humanité a failli être anéantie, il ne rigole pas.
Oui, Mordranth est vraiment de genre féminin. Même si… il y a quelques particularités biologiques dues à son espèce.
Pour le reste… hmmm… je dirai simplement qu’on a vu de tout petits pans d’Évanégyre pour l’instant, et plutôt dans des contrées finalement assez reculées et isolées. Le monde est VASTE et il y a beaucoup d’endroits dont on a à peine parlé. D’autre part… il y a d’autres éléments qui n’ont pas encore été abordés, autrement qu’en passant de façon très elliptique. La Grande guerre a fait appel à certaines choses… qui ont été, disons, retirées de la circulation depuis.

Faisons court pour moi avec Évanegyre tu vises à quelque chose de proche d’une Histoire du futur comme on en trouve dans la SF. En fait je me rends compte que le point essentiel est que j’ai un problème depuis que j’ai eu l’info Asreth signifie « rempart », rempart contre quoi?

C’est très intéressant pour moi de voir les réactions: car la réponse à cette question est, véritablement, cachée entre les lignes de ce qui a déjà été publié… il arrive que certains personnages, par clairvoyance ou chance, expriment la vérité historique (si tant est qu’une telle chose existe, etc.) Pour le reste et les intentions, cela nécessitera des cycles véritables pour dépeindre correctement les événements charnière – si mes éditeurs acceptent de me suivre là-dedans.

Pour mémoire, La Route de la Conquête sort le 21 août et il est encore temps de commander : toutes les précommandes réalisées avant le 18 août seront dédicacées : rendez-vous ici

2014-08-05T15:11:56+02:00jeudi 7 août 2014|À ne pas manquer|7 Commentaires

Jeudi teasing : des fonds d’écran La Route de la Conquête pour votre ordinateur

Couv. François Baranger

Couv. François Baranger

La paix d’Asreth pour la protection du monde ! La couverture splendide de La Route de la Conquête, réalisée par François Baranger, a suscité beaucoup d’admiration, à très juste titre. En conséquence, les magnifiques éditions Critic vous offrent deux fonds d’écran pour votre ordinateur à télécharger librement ci-dessous, aux couleurs des légions impériales de l’Empire d’Asreth :

Version avec texte - clic-droit puis "Enregistrer sous..."

Version avec texte – clic-droit puis « Enregistrer sous… »

Version sans texte - clic-droit puis "Enregistrer sous..."

Version sans texte – clic-droit puis « Enregistrer sous… »

Pour mémoire, le livre sort le 21 août, et est d’ores et déjà disponible en précommande : toutes les livres commandés avant le 18 août vous seront personnellement dédicacés. Pour (re)voir le sommaire et le contenu du livre, c’est ici.

2014-07-28T11:24:42+02:00jeudi 31 juillet 2014|À ne pas manquer|1 Commentaire

Précommandez La Route de la Conquête et recevez-le dédicacé !

Couv. François Baranger

Couv. François Baranger

Yeah ! Alors on n’est pas jeudi pour le teasing habituel mais peu importe : c’est le genre d’info qui n’attend pas.

La Route de la Conquête, qui sort le 21 août et dont le sommaire a été dévoilé en détail la semaine dernière, est à présent disponible en précommande sur le site de l’éditeur-libraire, Critic.

Toutes les précommandes seront dédicacées et envoyées pour la sortie officielle.

Pour précommander l’ouvrage (qui ne coûte même pas 20 euros ! pas cher ! achetez-en trois ou quatre !) et partir à l’aventure dans un millénaire d’épopée technologique et magique, rendez-vous ici :

Précommander La Route de la Conquête chez Critic

2014-07-25T10:18:42+02:00lundi 28 juillet 2014|À ne pas manquer|4 Commentaires

Jeudi teasing : La Route de la Conquête, quatrième de couverture et sommaire !

Couv. François Baranger

Couv. François Baranger

Tous les jeudis de l’été jusqu’au 21 août, date de sortie de La Route de la Conquête, je te propose, auguste lectorat, toujours davantage d’informations sur cet épais livre de plus de 350 pages à venir, dont plus de la moitié du contenu est inédit, et dont les textes existants ont reçu quelques corrections cosmétiques afin de les proposer en édition définitive. Et cette semaine, j’ai le plaisir de pouvoir répondre à une question fréquemment posée : le sommaire !

Mais d’abord, pour cerner ce dont il s’agit…

Quatrième de couverture

En son cœur, en son âme, l’espèce humaine est déséquilibrée. Nous apportons l’équilibre, la durée, la stabilité. C’est juste, et indispensable. C’est notre mission. Mais… que se passe-t-il quand on rencontre un peuple déjà équilibré ?

On la surnomme la Faucheuse. Débarquée trente ans plus tôt dans le sud, la généralissime Stannir Korvosa assimile méthodiquement nations et tribus au sein de l’Empire d’Asreth, par la force si nécessaire. Rien ne semble résister à l’avancée de cette stratège froide et détachée, épaulée par des machines de guerre magiques.
Parvenue à l’ultime étape de sa route, elle est confrontée à un nouveau continent – un océan de verdure où vivent des nomades qui ne comprennent pas les notions de frontières ou de souveraineté. Elle doit pourtant affirmer l’autorité impériale car, dans le sous-sol de la steppe, se trouvent des ressources indispensables pour Asreth. Mais après une vie de conquête, Korvosa pourrait bien rencontrer la plus grande magie qui soit… et affronter un adversaire inédit : le pacifisme.

Par ordre d’apparition dans le livre :

La Route de la Conquête

« … Les soumettrons-nous par la force ? compléta Korvosa. C’est bien la question que vous me posez, la possibilité d’une guerre ?
— Les clans sont dispersés, observa Vascay. Les traquer et négocier avec eux risque de nécessiter d’importantes ressources, or nous n’avons qu’une division
— Une division entière de fantassins lourds et de chars. Les Umsaïs n’ont pas d’armes, répondit la généralissime, rien que des pieux en bois, des frondes en herbes tressées, quelques arcs pour la chasse. Ce serait écraser des enfants.
— S’il le faut… Nous l’avons déjà fait. Vous l’avez déjà fait, généralissime. »
Korvosa se redressa et croisa les bras.
« Oui. C’est bien pour cela que vient la Faucheuse. »

Un court roman inédit où l’on retrouve Stannir Korvosa, l’aide de camp du généralissime Vasteth, des décennies après La Volonté du Dragon (dont la lecture préalable n’est pas nécessaire). Après une longue route de conquêtes et de guerres, la militaire vieillissante est sommée de soumettre un peuple pacifiste. Une lutte personnelle s’engage entre devoir et conscience… En savoir plus.

Au-delà des murs

Couv. Julien Delval

Couv. Julien Delval

Je m’appelle Laenus Corvath. J’étais à la bataille des Brisants, l’affrontement terrible qui marqua la fin du Hiéral et de leurs guerriers-mémoire, le combat qui marqua toute une génération. J’ai fait mon devoir en tant que fantassin de l’Empire d’Asreth. J’ai tué.

Beaucoup.

Et maintenant… Hanté par les horreurs de la guerre, je suis de retour chez moi, dans la civilisation, pour réapprendre à vivre.

Et surtout pour comprendre, et affronter, ces vérités qui devraient à jamais rester mortes sur le champ de bataille, avec les camarades qu’on laisse.

Le retour au pays d’un vétéran, rescapé d’une bataille qui marqua une génération. Publiée initialement dans Victimes et Bourreaux, l’anthologie des Imaginales 2011, dirigée par Stéphanie Nicot. En savoir plus.

Couv. Vincent Devault

Couv. Vincent Devault

La Fin de l’histoire

Le conservateur Soval Veithar accompagne les armées de conquête de l’Empire d’Asreth dans la forêt vierge d’Isendra à la recherche du peuple qui s’y cache. Sa mission : recueillir la culture des Isendrais pour préservation une fois que ceux-ci auront accepté – de gré ou de force – leur assimilation dans l’Empire. Mais les Isendrais semblent nourrir une vision de l’existence fondée sur le fait que toute existence est un rêve, une fiction… et le plan terrible qu’ils ont mis en branle horrifie même les plus aguerris des Asriens. Publiée initialement dans Mythologica n°1, numéro spécial Fantasy et jeu de rôle. En savoir plus.

Bataille pour un souvenir

Couv. Sébastien Bermès

Couv. Sébastien Bermès

Le tout premier texte publié dans l’univers d’Évanégyre, initialement dans l’anthologie Identités dirigée par Lucie Chenu en 2009, depuis finaliste du Grand prix de l’Imaginaire, du prix Imaginales, traduit en tchèque. Il introduit les féroces guerriers-mémoire du Hiéral, capable de brûler leurs souvenirs afin d’obtenir un supplément de force et de s’opposer à l’impitoyable Empire d’Asreth et à ses machines magiques… En savoir plus.

Le guerrier au bord de la glace

Inédit : ce texte montre la période tardive d’Asreth, devenu Asrethia, où l’artech, cette technologie magique développée par l’Empire, donne sa pleine envergure. Jared Valne pilote une mekana – une armure de métal haute comme un immeuble qui décuple sa force et le rend quasi-invincible. Épaulé par la Conscience qui y réside, à la fois ange gardien et reflet désagréable, il se bat contre les insurgés rebelles aux côtés des dragons mythiques. Mais la bataille prend un tour imprévu et bien plus angoissant qu’une guerre à l’échelle entière de la planète d’Évanégyre… En savoir plus.

magiciennesetsorciers

Couv. Julien Delval

Quelques grammes d’oubli sur la neige

« Tu es Irij Wolfran ? demanda le capitaine de la garde.
— C’est moi. » Ses prunelles étranges, aussi pures qu’un lac de montagne, se posèrent sans détour sur le soldat, sur moi-même puis sur Ragnar Vuofald – et je compris aussitôt que la note de défi qu’il y lut n’était nullement à son goût.
« Ton roi, Childe Karmon, te convoque céans à sa forteresse, continua le soldat, où tu te plieras à son service en toute chose.
— Karmon est peut-être votre roi mais il n’est pas le mien, répliqua-t-elle d’une voix très calme. Pourquoi devrais-je donc répondre à son appel ? poursuivit-elle.
— Tu vis sur ses terres, tu es donc une citoyenne de son royaume, répliqua le capitaine en s’efforçant de dissimuler une bouffée d’appréhension, toute l’assurance conférée par le prède envolée. S’il a besoin de toi… tu te dois de lui répondre.
— Je suis une citoyenne du vent et des arbres, de l’eau et de la lune. Les affaires des hommes ne me concernent pas. »

En savoir plus.

Et autour…

Ces six textes proposent une promenade dans plus de mille ans d’un même monde, vus à travers des incidents isolés, à la portée historique plus ou moins vaste, mais toujours décisifs pour les personnages qui les vivent. Pour proposer au lecteur une certaine hauteur de vision sur les événements, et pour les passionnés de mondes imaginaires, d’autres repères sont proposés… et risquent fort de donner une coloration bien différente aux événements.

2014-07-23T12:40:52+02:00jeudi 24 juillet 2014|À ne pas manquer|15 Commentaires

Question : vivre les corrections

PhonecatJe crains d’avoir laissé échapper une autre question, mise de côté… Mais vu que La Route de la Conquête sort le 21 août, et que le livre a été bouclé il y a quelques semaines, la question est dans l’air du temps (en tout cas pour moi).

Comment vois-tu les réécritures suggérées/proposées/imposées(?) par l’éditeur? comme un bras de fer? une aide salvatrice et purificatrice de ton oeuvre encore brute?

Oh la bonne question. La réponse dépend énormément de l’éditeur, à vrai dire, de sa façon de travailler et de notre « compatibilité » quant à notre vision du résultat final.

De manière générale, je ne considère jamais qu’un de mes textes est achevé quand il part chez l’éditeur. Je m’efforce d’atteindre au maximum l’idéal que je me suis fixé, de faire de mon mieux, de relire soigneusement avec du recul, et je recueille l’avis de quelques relecteurs très proches dont je connais l’honnêteté, l’enthousiasme et la motivation à expliquer de façon claire ce qu’ils aiment ou non. Cela ne veut pas dire que je vais forcément suivre leur avis (je ne suis jamais automatiquement les avis extérieurs) mais cela me donne un aperçu très précieux de la réception d’une histoire, ce qui fonctionne ou non, et de là, je réfléchis à la façon dont cela affaiblit, ou sert le projet d’origine, et de quoi faire ensuite. Il peut m’arriver de rééquilibrer une faiblesse d’un récit en intervenant sur un point totalement sans rapport, mais qui restaurera, en un sens, l’harmonie des saveurs.

L’éditeur est un-e professionnel-le, qui a l’habitude de ses lecteurs (en principe), du marché. Il/elle a également une grande maîtrise de la littérature, de la narration, et va cerner avec précision non seulement d’éventuelles faiblesses, mais pourra proposer des solutions intelligentes pour y remédier. Je considère que le but de toute relecture ou correction est le suivant : tailler la pierre de manière à la rendre la plus brillante possible. Selon mon aisance avec le sujet, mon expérience sur la forme, j’apporterai une pierre plus ou moins brute ; il m’est arrivé qu’on me demande un important retravail ou bien quasiment aucun, et cela sans grande corrélation avec l’expérience. On réussit plus ou moins bien son coup en fonction d’une quantité de facteurs : l’énergie, la préparation, la connexion avec le sujet, la difficulté de l’aborder, etc. (Et, franchement, instinctivement, on devine en général à quel point on a atteint sa cible ou pas – en revanche, on ne sait pas forcément comment corriger le tir, et c’est là que l’éditeur est capital.) La seule chose qu’on ne doit pas ménager, bien sûr, ce sont ses efforts.

J’espère donc que l’éditeur sera capable de comprendre mon projet à travers le récit et d’y rentrer afin de le servir au mieux – non pas pour qu’il se conforme avant toute chose à des impératifs extérieurs comme un marché, mais pour que le récit soit le plus abouti possible dans ce qu’il doit être. Ce qui n’empêche pas de réfléchir au marché et à l’accessibilité d’une oeuvre au lectorat… mais c’est le talent et le professionnalisme de l’éditeur comme de l’auteur d’y parvenir sans dénaturer le discours ou la nature profonde de l’oeuvre. (Et comme La Route de la Conquête est d’actualité, j’en profite pour remercier Critic pour la liberté qui m’est laissée dans la création d’Évanégyre et pour la passion que l’équipe témoigne à cet univers!)

Quand ce talent est présent, quand il y a une vraie rencontre avec un éditeur, une communauté d’esprit, disons, alors il se produit une véritable émulation, tout le monde est heureux, et je pense que cela se ressent derrière pour le public qui est content aussi (et donc, si le public est content, cela se traduit en termes de ventes – dans l’édition professionnelle, il s’agit quand même, rappelons-le, de gagner sa vie). Je crois que c’est la bonne approche : toujours penser à cet équilibre, qu’on soit auteur ou éditeur, entre le plaisir, la fidélité à un projet d’un côté, et le plaisir du public de l’autre. Ne penser qu’aux premiers ou au deuxième, en général, conduit à manquer la cible qu’on visait pourtant.

En revanche, si cette rencontre ne se fait pas, si cette communauté d’esprit est absente, alors oui, cela peut se transformer en bras de fer, et là, c’est très déplaisant pour tout le monde. Dans ce cas, la maturité de l’auteur – qui s’apprend parfois dans la douleur – consiste à savoir précisément ce sur quoi il n’est pas prêt à céder, et à l’exposer avec calme et détachement. C’est un apprentissage fondamental pour l’intégrité d’un créateur. On découvre qu’on peut en général satisfaire une majorité d’exigences de correction et de retravail, même importantes, d’une manière qui soit cohérente avec son discours et son projet ; le professionnalisme consiste à faire ce travail, même s’il est vaste, et l’expérience apprend comment. En revanche, il faut savoir placer la limite au-delà de laquelle on sent qu’on trahit son instinct, son désir, le projet d’un récit. Il vaut mieux qu’un livre ne se fasse pas plutôt que regretter l’état dans lequel il sort pour avoir accepté le remaniement de trop. On peut toujours se quitter bons amis pour « divergences créatrices ». Aller au clash n’est jamais une bonne idée.

Un bon éditeur – plus exactement, l’éditeur qui vous convient – pourra vous demander un retravail que vous ne sentez pas. Votre travail consiste à y réfléchir sérieusement, mais aussi, le cas échéant, à savoir répondre « non » en votre âme et conscience – ce non signifiant : je préfère arrêter là qu’aller là où vous voulez me faire aller. Le bon éditeur saura l’accepter ; le bon éditeur sait comprendre vos forces et vos faiblesses, se couler dans votre façon de travailler, vous accompagner dans vos difficultés et vous aider à magnifier vos talents pour servir votre projet – projet auquel il croit aussi, un minimum, ou bien il n’aurait pas dû l’acheter, de toute manière, s’il voulait en faire totalement autre chose. Pour caricaturer, on ne demande pas à un roman de hard science de devenir du romantisme réaliste.

En principe, il aime ce que vous faites et c’est pour cela qu’il vous fait bosser. C’est la base de la relation. C’est aussi pour cela qu’il s’agit surtout d’une rencontre humaine. Et j’ai beaucoup de chance, parce que je suis très content de mes rencontres dans ce métier.

(Sinon, le lolcat d’illustration vient de cette très synthétique et drôle série d’articles sur l’édition du point de vue de l’éditeur, en anglais et résumée avec des chats, à lire absolument : ici, ici et .)

D’autres questions sur le métier de l’écriture ? Balancez-moi un mail ! 

2014-11-06T09:45:58+01:00lundi 21 juillet 2014|Best Of, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Question : vivre les corrections

Le conseil liseuse de l’été

badamazonC’est une question qui revient fréquemment : « je voudrais m’acheter une liseuse, tu n’as pas un conseil à me donner ? » En conséquence, j’avais rédigé pour Noël 2012 un gros guide sur les questions principales à se poser : quel constructeur, quelle attitude vis-à-vis des verrous numériques, etc. Je terminais par donner – pour ce que ça valait – mon choix de l’époque : le Kindle d’Amazon en raison de mon profil d’utilisateur (beaucoup de lecture en anglais).

On m’a déjà fait remarquer à l’époque que c’était un peu malaisé, parce que cela donnait l’impression que je recommandais le Kindle et la plate-forme d’Amazon. Non. J’ai un profil et des besoins particuliers. Par contre, je suis forcé d’avouer que cela donne, malgré moi, une sorte de blanc-seing à l’entreprise. Or, je n’ai pas d’amour particulier pour celle-ci, plutôt l’inverse ; et, au fil des ans, il apparaît que cet acteur majeur du secteur culturel se comporte non seulement d’une façon hautement déloyale, prêt à toutes les bassesses pour arracher sa clientèle, mais qu’en plus, ses agissements sont délétères au milieu qu’il prétend servir, contribuant toujours davantage au morcellement des revenus, à la fragilisation de l’économie, à la rupture de la confiance entre acteurs.

La liste est trop longue, mais l’on pourrait citer

Je travaille dans le milieu littéraire, la chaîne du livre est mon alliée, de l’éditeur au libraire. Amazon dépasse le stade de la concurrence acharnée (qui est le jeu du capitalisme) pour entrer dans le foutage de gueule généralisé, de l’employé, de l’auteur, de l’éditeur, et de vous, clients, lecteurs. On le sait, s’il y a un truc qui m’agace, c’est qu’on me prenne pour un imbécile ; je ne suis pas bégueule sur les facilités de la vie moderne, mais à prouver, à répétition, qu’Amazon n’a aucune morale autre que de trouver une nouvelle façon de baiser la gueule du système (je pèse mes mots), cette entreprise nuit à mes intérêts d’écrivain et à ceux de mes alliés économiques.

Je respecte le choix de chacun d’aller chez eux, en toute connaissance de cause – c’est pourquoi je ne vais pas non plus m’opposer bec et ongles à ce que mes ouvrages soient disponibles en commande dans leurs rayons. (Je ne choisis pas, de toute manière.) J’ai toutefois toujours incité à préférer les commerces de proximité, les librairies où l’on vous offre un vrai conseil, où l’on trouve des passionnés qui connaissent vos goûts et savent vous recommander le roman qu’il vous faut, et que vous ne trouverez jamais ailleurs.

Je ne suis pas du genre à appeler publiquement au boycott ni à dire quoi faire à qui, mais j’aimerais quand même aller plus loin et te décourager très ouvertement, auguste lectorat, d’aller chez Amazon, pour toutes les raisons précitées. Fais vivre tes commerçants de proximité ! Et si tu ne les connais pas, va à leur rencontre ! Dans un système capitaliste, choisir chez qui l’on achète un acte politique. Si tu es un accro du commerce électronique, ton libraire a probablement un site (comme Critic) ! Et si tu tiens absolument aux grandes enseignes, il y en a quand même d’autres qui sont – au minimum – domiciliées en France comme la Fnac et représentent un moindre mal. Enfin, si tu es comme moi un fondu de musique numérique, je porte à ton attention les alternatives que sont Qobuz, CDBaby, Beatport, etc.

Pour en revenir au sujet des liseuses : alors, quid du Kindle ?

Le Kindle, c’est comme Apple (iOS) : ça marche tout seul, ma grand-mère pourrait s’en servir, et en plus c’est pas cher (pas comme Apple). Mais toutes les données sont verrouillées, bien sûr (voir cet article). Dans le cas d’Apple, il est concevable de céder un peu d’ouverture du système en échange d’une facilité d’emploi. Amazon fournit la même facilité, certes. Mais il n’est pas le seul sur le marché, très loin de là. Si vous n’avez pas envie de vous lancer dans l’aventure d’une liseuse multi plate-formes (comme les Sony), les Kobo sont d’excellente facture, par exemple, et proposent un service tout aussi simple d’emploi (avec DRM également), joint à la Fnac.

Bon, j’ai un Kindle. Je m’en sers, je ne vais pas le balancer aux orties. Mais une chose est sûre, quand celui-là tombera en rade, je n’en rachèterai pas.

2018-07-17T14:15:35+02:00lundi 14 juillet 2014|Le monde du livre|43 Commentaires

Les Deep Ones à la télé !

Illus. Jerom

Illus. Jerom

Joie et gloire ! Pour son épisode 20 de sa saison 3, l’émission sur YouTube + ou – Geek (qui parle de jeu vidéo, de littérature, de manga, de tout ce qu’on aime) a réalisé un sujet très sympathique sur nos Deep Ones. Pour mémoire, les Deep Ones, c’est ce groupe atypique d’écrivains – lecteurs – éditeurs – musiciens, où des textes sont lus par leurs auteurs sur fond de musique semi-improvisée. Le reportage a été réalisé au moment des Imaginales 2013, lors du tout premier concert du groupe, et en explique le concept et la genèse. (Le sujet démarre à 8:14)

Pour en savoir plus sur + ou – Geek et regarder gratuitement les émissions, c’est ici.

2014-07-10T16:47:12+02:00vendredi 11 juillet 2014|Dernières nouvelles|Commentaires fermés sur Les Deep Ones à la télé !
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