Et j’ajoute qu’avant, on te coincera dans un parking sombre pour te péter les rotules. Puis on te coulera les pieds dans le béton et on te balancera aux requins de l’île de la Réunion.
Fabrice Colin formulait un jour sur son blog (je cite de mémoire) que la littérature adulte revient à parler de la mort au lecteur. Mais je me demande en fait si l’imaginaire ne va pas une étape plus loin ; chercher à parler de la transcendance.
Un peu de détente pour Noël : merci à Fetish-Cat pour son adorable « croquage » du concert des Deep Ones du 15 décembre, au Dernier Bar avant la Fin du Monde ! C’est à lire sur son blog.
Alors, ça y est ? La dinde est dans le four, tonton Alphonse est installé avec un verre de rouge et raconte des blagues graveleuses, mamie Gertrude ponctue la conversation de vibrants « oh là là » ?
Oh là là.
La fin de l’année, c’est toujours la tradition des bilans, et ce lieu de perdition bizarre ne fait pas exception, relatif à ce lieu de perdition bizarre.
Question littérature…
Ce fut une année plutôt bien active. En résumé, si vous avez raté une info (j’ai entendu dire « Quoi, le troisième Léviathan est sorti ? Mais quand ? Comment ça se fait que je l’aie raté ? » Eh bien, je ne sais pas, mais du coup, peut-être un récapitulatif s’impose-t-il – au fait, la newsletter reste le moyen le plus sûr de se tenir au courant), voici un rapide tour d’horizon :
En mai, publication du troisième et dernier volume de la trilogie Léviathan, Le Pouvoir.
En même temps, republication du premier volume, La Chute, en poche chez Points Thriller.
Sylvie Miller et moi avons codirigé pour la deuxième fois l’anthologie annuelle des Imaginales, intitulée cette année Elfes et Assassins.
Trois nouvelles, dont une qui marque le retour à l’univers d’Evanégyre (« La fin de l’histoire« ) ; une dans l’anthologie Contrepoints et l’univers de Léviathan (« Nuit de visitation« ) et une indépendante dans l’anthologie Les coups de coeur des Imaginales, « Derrière les barreaux« . Deux d’entre elles sont disponibles à l’achat à l’unité.
Premier (et deuxième, et troisième) concert des Deep Ones !
… et pour 2014 :
Cela s’annonce comme une année de nouvelles. Je participe à de chouettes anthologies à paraître dont je parlerai le moment venu, mais aussi, je travaille sur La Route de la Conquête, le nouvel opus d’Evanégyre, à paraître en août chez Critic.
Sylvie Miller et moi codirigeons à nouveau l’anthologie des Imaginales. Non, on ne peut pas encore vous dire le thème. Mais ça va être awesome, hé hé.
Il y a d’autres trucs en préparation. Il y a toujours d’autres trucs en préparation. Mais c’est trop tôt pour en parler.
Question site et blog…
Au total : environ 70 000 lectures uniques sur l’année, soit 5800 par mois en moyenne. C’est en progression et surtout plus stable qu’en 2012, ce qui était mon but : m’efforcer d’être plus cohérent, tout en continuant à me faire plaisir (ce qui est, je le rappelle, la raison d’être première de cet endroit bizarre).
J’ai réussi toute l’année à proposer quelque chose de nouveau tous les jours ouvrables (chronique, photo, etc.) Une fois l’habitude prise d’alterner mises à jour courtes et articles plus substantiels, ça se passe assez bien. Donc je continue.
Le site a changé d’hébergeur en milieu d’année pour aller chez Mistic. Après quelques permiers hoquets, ça marche cent fois mieux ; que Marcel, chef d’orchestre, soit remercié pour ses efforts et sa disponibilité. Si vous cherchez un endroit où héberger votre site, n’hésitez pas à faire vivre une petite boîte familiale plutôt qu’une grosse machine !
Je suis de retour sur Google+, sans vraie conviction je dois avouer, mais c’est ici.
Le profil Flickr commence à se nourrir doucement. C’est là.
J’ai timidement commencé à remplir les pages univers, depuis le temps que je le promets. Mais je rame. Je réfléchis encore à ce que doit proposer un tel portail, tout en évitant de me coincer en donnant des infos sur lesquelles je voudrais revenir par la suite. (Je considère que tout ce qui est publié dans un récit devient « canonique » et ne peut être corrigé par la suite. Mais tout ce qui l’entoure est toujours sujet à ajustement potentiel ; si je me mets à dévoiler ça aussi, j’ai peur de me coincer.)
Best-of 2013
Okay, auguste lectorat, qu’est-ce qui t’a le plus plu cette année question articles de blog ?
Bon, OK, j’en retiens, comme tous les ans, que tu viens ici pour lire des articles sur de la littérature et le monde du livre. Message reçu – ce serait bien que j’en fasse davantage, même si je continuerai à poster du lol. Parce que.
Sauvetage au rattrapage
Qu’est-ce qui me semble être passé un peu inaperçu et que je pourrais t’inviter à rééxaminer, auguste lectorat ?
Principalement la série Productivété, sur l’organisation du travail, de cet été, qui était peut-être un peu trop dense pour un sujet estival (après tout, c’étaient les vacances pour la plupart des gens normalement constitués).
Le diptyque sur l’objectivité dans la critique de fiction (part ouane, part deux)
Bon, c’est déjà pas mal.
Allez, on débranche pour la journée. Bon réveillon ! Joyeuses fêtes ! Ho ho ho ! Oh là là ! Alors c’est l’histoire d’une gonzesse qui…
Je profite de cette fin d’année pour rattraper les informations que je n’ai jamais relayées ou archivées : le festival Imaginales édite tous les ans, en partenariat avec Vosges Matin et l’Est Républicain, un supplément sur le festival comportant interviews, chroniques et nouvelles. Ce petit entretien, destiné à faire découvrir Léviathan, a été réalisé en 2012 ; s’y joignait une courte nouvelle inédite de l’univers, « La Voie du Serpent » que je compte mettre à disposition gratuitement dès que j’aurai un moment pour ce faire !
Quelques idées éparses jetées à la suite d’une discussion récente qui a réactivé des idées sur le sujet : papier ou clavier ? Crayon ou virtuel ? Nous avons à notre disposition des smartphones, des tablettes, des ordinateurs – des claviers et autant de place que nous le voulons dans le cloud pour stocker du texte, des dessins, des listes de choses à faire. Et pourtant, quantité d’auteurs revendiquent leur usage de l’écriture manuscrite. Et pourtant, dans mes cours d’informatique, le brouillon au papier était obligatoire. Et pourtant, le hipster PDA fait partie des assistants personnels les plus appréciés dans la communauté des lifehackers.
Je sais que je fonctionne toujours mieux sur du papier quand il s’agit de faire le point, l’inventaire, d’acquérir un peu de hauteur de vision sur une situation, et pour planifier une histoire. Quand j’étais étudiant, j’apprenais mes cours en réécrivant les notions principales. L’écrit aide à me pénétrer des faits ; au-delà de convaincre mon cerveau, il convainc mon corps.
La science le confirme. L’écriture manuscrite active la zone du cerveau chargée de filtrer les stimuli – et donc contribue à concentrer l’attention : on retient mieux ce que l’on note, pas seulement parce qu’on peut s’y référer ultérieurement.
Plus largement, et de façon certainement plus poétique et donc moins rigoureuse, peut-être cela se rapporte-t-il tout simplement à la kinesthésie. Le cerveau informe le corps, bien sûr, mais le corps informe également en permanence le cerveau ; la répétition des gestes, comme dans la pratique sportive ou artistique, les perfectionne au point de les séparer du contrôle conscient. Quantité de musiciens, ayant oublié un vieux morceau, le retrouvent d’instinct en posant les mains sur l’instrument, et prétendent qu’ils « ne s’en souviennent pas, mais leurs mains si ».
C’est l’action qui transforme la volonté en réalité. Dans le monde de l’intellect, écrire à la main représente peut-être ce que nous avons de plus proche de l’action.
Évidemment, les deux médias ont leurs forces et chacun nourrit une sensibilité plus marquée pour l’un ou pour l’autre. Le message, c’est le médium, disait Marshall McLuhan, et il oriente aussi l’approche, et donc la réflexion. C’est bien banal et pourtant vital de simplement plaider pour la complémentarité et un choix réfléchi du média qu’on emploie en fonction de la situation et de l’objectif.
De belles et nobles idées, mais elles me gênent néanmoins sur un point : toutes ces études sont réalisées sur des adultes, ou des jeunes de notre époque (forcément). Or, tous, même encore aujourd’hui, nous apprenons la chose écrite à travers le papier et l’acte manuscrit. De la même façon que le cerveau se câble pour comprendre et prononcer les phonèmes de sa langue natale (ce qui, par exemple, cause beaucoup de problèmes aux Asiatiques pour saisir la différence entre les « r » et « l » latins), on peut imaginer que l’écrit focalise l’attention de la sorte parce qu’on l’y a entraîné depuis toujours. Est-ce qu’une génération hypothétique strictement entraînée sur des écrans et des claviers développerait un autre mode de pensée, nourrirait pour le papier la même impression de gaucherie qu’on peut éprouver dès qu’il s’agit de faire le point devant une page virtuelle ?
Ou bien allons-nous inexorablement créer des générations de gens privés d’un outil inestimable pour simplement réfléchir, étaler sa pensée ? (*musique funeste*)
Parmi les promesses que je me fais depuis une éternité, il y a nourrir et développer les pages sur les univers des livres, Léviathan et Évanégyre. J’ai remarqué que nombre d’auteurs proposaient la « play-list » de leur écriture, les morceaux qui les ont accompagnés, ou qui étaient évocateurs, et c’est une question qui revient souvent en entretiens : écrivez-vous en musique ?
J’ai toujours plus ou moins rechigné à partager mes propres listes, parce que d’une part, je n’écris pas en musique la plupart du temps ; je l’utilise que pour me mettre dans l’ambiance, et ensuite je coupe tout. D’autre part, j’ai l’impression (peut-être fausse) que les morceaux évocateurs pour moi… ne le sont que pour moi. Je rassemble en plus cela dans des listes ou des thématiques très imagées, plus symboliques qu’autre chose, qui ont du sens pour moi, mais pas forcément pour les autres. (En plus, mes notes sont presque toutes à 50/50 en anglais ou français, selon l’inspiration du moment, ça n’aide pas à rendre ça intelligible.)
Néanmoins, le but de ces portails univers étant de prolonger les livres avec de petits bonus pour les lecteurs intéressés, je m’y risque. (Et la symbolique fait partie du jeu.)
Les morceaux sont pour l’heure organisés selon cinq thèmes :
Oyez, oyez ! Après avoir fait vibrer Épinal et Lyon de lectures profondes sur musique improvisée, les Deep Ones débarquent en force à Paris, au Dernier Bar avant la fin du monde, pour un concert dimanche 15 décembre à 14h !
Une journée placée sous le sceau des cultures de l’imaginaire. Les Deep Ones, collectif littéraro-musical, vous proposeront des lectures de textes de l’imaginaire (SF, fantastique, fantasy) par leurs auteurs, avec un accompagnement musical semi-improvisé sur des instruments divers et variés.
Après le concert, n’hésitez pas à venir boire un verre en compagnie des auteurs (et des musiciens) pour une petite rencontre dédicace impromptue. Vous pourrez même vous procurer un des célèbres tee-shirts « Deep Ones » qui brillent dans le noir!