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Désolé mais je ne peux pas discuter en temps réel [annonce de service]

Bref et rapide article qui servira de référence ultérieure : je reçois de plus en plus (c’est la facilité des réseaux sociaux, et ça c’est très bien) des messages qui commencent juste par « bonjour » ou « puis-je discuter avec vous ? »

Je suis désolé mais je reçois toujours davantage de messages, de sollicitations (et je vous en remercie toutes et tous, à commencer par vous, toujours, lecteurs et lectrices qui contribuent à mettre les bouquins sur les radars d’un public toujours croissant). Écrire reste mon travail principal, ce qui m’occupe le gros de la journée (pendant laquelle je reste scrupuleusement loin de toute distraction), et je ne me connecte donc au courriel et aux réseaux qu’une fois par jour (une poignée tout au plus). Je ne peux donc absolument pas discuter en temps réel.

Les lignes de communication sont toujours ouvertes aux demandes, questions et commentaires, mais dans l’intérêt de l’efficacité, j’aimerais vous demander de préciser directement ce dont il est question pour assurer de mon côté une réponse qui n’arrive pas dans dix mois. Et si vous lisez cet article parce que je vous y ai référé, veuillez ne pas le prendre mal, c’est seulement une invitation à me dire directement ce qui vous amène, et on verra ce qu’on peut faire.

Merci !

2019-06-24T08:29:30+02:00mercredi 26 juin 2019|Journal|2 Commentaires

Gris, le jeu vidéo rejoint la poésie

Ma vie est ainsi faite qu’en ce moment, les seuls jeux vidéo que j’ai le temps de faire doivent durer une poignée d’heures tout au plus, mais ne partez pas, parce que Gris, même court, vous donnera plus de sens et d’émotion que bien des triple-A en mode games as a service avec ses loot boxes à la con.

Qu’est-ce que Gris ? Et sans vouloir reprendre une formule devenue cliché à force sur certains jeux indé : comment parler de Gris sans déflorer l’expérience ?

Eh bien, d’abord, Gris est beau. Beau à l’image : ne vous fiez pas aux captures d’écran qui ne rendent pas réellement justice au travail de Conrad Roset, artiste autour duquel le jeu s’est construit ; il n’est pas rare de s’arrêter à plusieurs reprises, pad en main, pour dire « Bon dieu, mais c’est beau, pour de vrai ». De faire des captures d’écran. Qui ne serviront à rien, car il faut vivre cet univers, le voir en mouvement, s’y impliquer, pour le ressentir – au-delà du moment, il ne restera que des photos figées qui ne racontent rien. Beau au son : la bande-originale réalisée par Berlinist, merveilleusement mélodique et mélancolique, sublime l’image, et le sound-design est impressionnant d’efficacité, malgré son minimalisme.

Qu’est-ce que Gris ? Je peux dire que Gris est un jeu de plate-forme réflexion, mais je n’aurais rien dit. Je peux dire, comme le font beaucoup de sites, que Gris commence par l’histoire d’une jeune femme (laquelle donne son nom au jeu), qui perd sa capacité de chanter dans un monde privé de ses couleurs. Mais Gris est avant tout un voyage, une expérience qui – ne vous y trompez pas – est un vrai jeu, et non une installation virtuelle. Il faudra réfléchir par moments pour avancer, regarder autour de soi pour comprendre la logique de ce monde étrange et intemporel, où reposent pourtant des vestiges qui semblent surgis des millénaires. Le level design, à ce titre, est exemplaire – une réelle leçon. J’ai rarement vu un jeu autant réussir à guider le joueur presque sans une ligne de texte, à lui faire passer des émotions seulement à travers des mécaniques de gameplay, comme ces toutes premières séquences où, loin de réaliser une action, la moindre pression sur un bouton fait au contraire s’effondrer Gris de désespoir.

Cette même transmission du sens transpire à travers le moindre élément du jeu. Depuis ces statues dispersées à travers les niveaux, jusqu’à la symbolique fondamentale de ce voyage – rendre la vie à ce monde –, Gris n’explique rien, mais invite à ressentir, à imaginer, à recevoir le sens de ce qui est montré à travers certaines images d’une force incroyable, que je ne veux pas dévoiler. Mais ce silence ne désigne nullement, comme certains jeux moins aboutis, un manque d’inspiration ou une paresse de la part des concepteurs. C’est le silence de l’œuvre d’art aboutie, qui offre au lecteur, joueur, spectateur, l’espace de l’habiter, et de la vivre, pour la faire sienne.

Gris n’est pas un jeu difficile, Gris n’est pas un jeu dangereux ; mais Gris est un jeu qui sait susciter des émotions et faire battre le cœur d’émotion, de mélancolie souvent, mais de joie aussi. Gris sait faire naître des sourires et serrer les tripes. Gris est fait pour être savouré, lentement, au fil des cinq petites heures qu’il dure, mais dont chacune est plus riche de sens et de beauté qu’un énième shooter stéroïdé ou que cinq épisodes d’une série TV débitée à la chaîne. J’ai été exaspéré par Braid (et surtout par la hype branchouille qui s’est fédérée autour). Pour moi, Gris est Braid en réussi, accessible, profond, beau et, surtout, en muet.

Je fais tout ce que je peux pour éviter d’en parler dans le détail car il est si court qu’il serait dommage d’en dire davantage. Mais Gris est pour moi une œuvre splendide, une preuve supplémentaire que le jeu vidéo n’est jamais aussi réussi que quand il arpente des terres artistiques, en termes d’émotions, qui s’appuient réellement sur sa grammaire narrative propre (tout comme le film, la littérature, la musique ont les leurs). Si vous avez un cœur, jouez à Gris. Et surtout, prenez le temps de le vivre, et de vous laisser gagner par lui. Le voyage vous accompagnera longtemps.

2019-06-24T11:16:00+02:00lundi 24 juin 2019|Geekeries|9 Commentaires

Héroïnes et mondes cachés [table ronde aux Oniriques 2019]

Ce débat aux Oniriques 2019 a été capté par le site de référence ActuSF et faisait participer Karim Berrouka, Christelle Dabos, Manon Fargetton et moi-même. Modération et animation : Jérôme Vincent.

Il peut être écouté librement en ligne ou bien téléchargé sur cette page.

2019-06-17T08:28:39+02:00jeudi 20 juin 2019|Entretiens|Commentaires fermés sur Héroïnes et mondes cachés [table ronde aux Oniriques 2019]

Se présenter par un dialogue (exercice)

Un petit exercice de la masterclass des Imaginales de cette année, proposé par Jean-Claude Dunyach, et pas évident : se présenter soi-même par un dialogue strict. Temps d’écriture : dix minutes.

Comme la moindre des choses, c’est de jouer aussi quand on anime un stage, voici mon humble tentative réalisée sur le moment, juste pour rire.

« Ben alors, hé. Le pauvre. Ça lui arrive souvent ? 

— Normalement non. À ce qu’il m’a dit, c’est même la première fois. Pourtant, il est censé en avoir fait, des voyages de whale-watching. Même que ça a été son métier, à une époque. Quand il était petit, il voulait être le commandant Cousteau. 

— Ben c’est peut-être pas plus mal qu’il ait changé de carrière, parce que là, il est tout gris. Vous savez, à un moment, il va falloir qu’il boive un truc. Ou qu’il mange. Ah, il m’a entendu. Ah, il bouge. Ah, manger, visiblement, ça va pas encore être possible. 

— Hé, chéri ! T’as vu, les orques sont là… ! Hmm. Bravo chéri, tu contribues à l’écosystème. Nourrir les poissons, c’est bien aussi. »

2019-06-17T08:27:51+02:00mercredi 19 juin 2019|Expériences en temps réel|Commentaires fermés sur Se présenter par un dialogue (exercice)

Procrastination podcast S03E19 : « Le personnage comme incarnation de l’auteur »

procrastination-logo-texte

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « Le personnage comme incarnation de l’auteur« .

Une question qui revient souvent et peut paraître angoissante – quelle quantité de soi peut apparaître inconsciemment dans ses propres écrits ? Peut-on être « vu » à travers eux ? Et sinon, comment éviter de transformer ses personnages en fantasmes patents, en délires de puissance, en idoles coupables ? Mélanie n’est pas inquiète outre mesure : s’insérer dans ses textes ? Et alors ? Peu importe tant que cela leur apporte quelque chose et que le récit fonctionne. Pour Laurent, la notion paraît même empreinte d’une contradiction interne, car la construction d’un personnage… en fait une construction, justement, laquelle est nécessairement extérieure, en partie. Derrière cette angoisse du « self-insert », Lionel lit une possible confusion entre les thèmes et les traitements de ceux-ci, entre les envies ou impulsions présidant à l’écriture d’un personnage et les manifestations, éminemment personnelles, de celui-ci dans l’œuvre.

Références citées

– Un post-it à mettre sur sa porte https://www.pinterest.fr/pin/161707442841870585

– Roland Barthes

– Christopher Stork

– Steven Pressfield, La Guerre de l’art

– Elizabeth George, Mes Secrets d’écrivain

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2020-10-19T11:37:34+02:00lundi 17 juin 2019|Procrastination podcast|1 Commentaire

Florence Bury (directrice d’ouvrage) parle de « Les Dieux sauvages »

Après que j’ai un chouïa bredouillé sur deux vidéos (c’est flippant, le pouvoir de la caméra), Florence Bury se prête très aimablement à l’exercice à son tour et parle de « Les Dieux sauvages » dans une chouette présentation.

Florence est ma directrice d’ouvrage depuis plus de cinq ans (depuis La Route de la Conquête) et je ne saurais la remercier assez pour son regard à la fois exigeant et bienveillant sur mes livres, ainsi que pour sa patience et son travail titanesque quand le volume des histoires m’échappe un peu…

Merci, Florence !

2019-06-06T22:07:12+02:00jeudi 13 juin 2019|Dernières nouvelles|1 Commentaire

On a un mot français pour désigner la fantasy depuis douze ans et on ne m’avait jamais rien dit

Et ce titre s’appelle un test de charge pour voir comment la mise en page du nouveau site fonctionne si je mets trop de trucs dans des champs qui sont pas tellement conçus pour des expressions longues comme ça parce que voyez-vous un titre c’est censé être impactant mais bon on pourrait dire qu’il l’est quelque part même s’il n’y a pas la promesse d’une liste en huit points pour sauver la paix dans le monde ou autre chose

Donc :

fantasie, n.f.
Domaine : Littérature-Audiovisuel.
Définition : Genre situé à la croisée du merveilleux et du fantastique, qui prend ses sources dans l’histoire, les mythes, les contes et la science-fiction.
Note : La fantasie est un genre d’origine anglo-saxonne.

Legifrance

(Merci aux échanges sur Twitter)

Donc.

Donc fantasie, comme en son temps cédérom, quoi.

Donc donc donc.

La définition est très juste, remarquez, concise et efficace.

Mais, donc.

Comme dirait l’autre, je pose ça là.

2019-06-06T22:27:52+02:00mercredi 12 juin 2019|Expériences en temps réel|23 Commentaires

Des changements dans le podcast Procrastination

Trois saisons, déjà ! Quand nous avons lancé l’émission avec Mélanie Fazi et Laurent Genefort, grâce au soutien logistique d’Elbakin.net, nous l’avions un peu fait aussi à titre d’expérience, pas complètement certains que cela pourrait intéresser du monde. Trois ans plus tard, nous sommes ravis, honorés et même un peu ébaubis, pour tout dire, du succès que rencontre l’émission, et surtout touchés de tous les retours enthousiastes, des partages constructifs qui sont nées autour de ce podcast au nom imprononçable1. Merci !

Il y a un mois, j’annonçais les sujets de la fin de la saison 3 et du début de la saison 4 ; ces émissions sont bien programmées, mais l’ordre va être un peu chamboulé.

Suite à divers changements dans notre organisation à tous compliquant un peu l’enregistrement en présence les uns des autres (un aspect auquel nous tenons), Laurent Genefort, tel le gentleman qu’il est, a proposé de se mettre en retrait de l’émission pour faire la place à une nouvelle voix.

Je tiens vraiment à dire un immense MERCI à Laurent, qui m’a fait confiance quand je suis venu le chercher dans cette aventure – mais surtout pour nous avoir apporté pendant plus de 60 épisodes son regard érudit et son immense expérience de la science-fiction comme de l’écriture et de l’édition. Avec sa gentillesse et son savoir, il forme un pilier qui a contribué à hisser l’émission à un niveau dont nous pouvons être fiers. Par ailleurs, Laurent ne disparaît pas entièrement, heureusement ; nous comptons bien le conserver dans notre puits gravitationnel et le débaucher à nouveau pour profiter de son regard dans de futurs épisodes ! (Mais peut-être plus ponctuels.)

Nous sommes ravis d’accueillir donc une nouvelle voix régulière, avec la photo d’autrice la plus cool de ce côté-ci du Tennessee… (Le saviez-vous ? On se trouve toujours d’un côté du Tennessee.)

Bienvenue dans Procrastination à Estelle Faye !

En plus d’être une autrice hors pair qui navigue aussi bien dans la fantasy que la SF, Estelle écrit aussi bien pour la jeunesse que les adultes, et est également scénariste et ex-comédienne. Nous sommes absolument ravis de la voir rejoindre l’équipe, déjà parce qu’elle va pouvoir nous apprendre plein de trucs qu’on sait pas avec son parcours différent de Mélanie et moi, mais surtout, bien sûr, parce que c’est quelqu’un d’une grande générosité, avec une énergie positive que vous ne pourrez qu’entendre à l’antenne.

L’antenne. Genre, comme si on était en 1970. Ah, mais non. L’antenne 4G, bien sûr. Voulais-je dire. Bientôt la 5G, d’ailleurs. Bref.

Le planning de la saison 3 est donc quelque peu rajusté car nous avions déjà commencé l’enregistrement de la saison 4 avec Laurent. Ces deux premiers épisodes clôtureront la 3 au lieu de débuter la 4, ce qui donne :

  • s03e19, 15 juin : Le personnage comme incarnation de l’auteur
  • s03e20, 1e juillet : Retours des poditeurs 04… le retour
  • s03e21, 15 juillet : Séparations et relations entre littératures générale et de l’imaginaire
  • s03e22, 1e août : Les ateliers d’écriture

La saison 4 commencera quant à elle le 15 octobre (un mois plus tard que d’habitude), le temps pour nous de commencer à travailler avec Estelle, et comptera 18 épisodes, ce qui nous fera retomber pour la saison 5 sur le rythme habituel. Bref, j’ai l’impression de faire très compliqué pour dire un truc assez simple en fait.

Merci à Estelle d’avoir accepté notre invitation ! Nous espérons que vous lui ferez le meilleur accueil, et nous avons hâte de commencer l’enregistrement et de découvrir notre nouvelle dynamique !

  1. Ça, c’est ma faute.
2019-06-08T14:51:16+02:00mardi 11 juin 2019|Technique d'écriture|6 Commentaires
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