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Port d’Âmes finaliste du prix Imaginales 2016 ! (et la liste des nominés)

Couv. François Baranger

Couv. François Baranger

Le festival Imaginales est pour moi plus qu’un rassemblement annuel, il m’est très cher ; il m’a témoigné sa confiance en 2012 en me désignant comme coup de cœur, et il reste une grande fête de l’imaginaire qui a su grandir sans rien perdre de sa convivialité, autant pour les auteurs que les lecteurs. Aussi suis-je absolument ravi de découvrir ce matin que Port d’Âmes est finaliste de son prix ! Et en très belle compagnie. Merci au jury pour sa sélection et bravo à toutes et tous !

Pour mémoire, les Imaginales se dérouleront cette année du jeudi 26 au dimanche 29 mai ; c’est à Épinal et cela vaut amplement le déplacement, où que vous soyez en France. Pour ma part, j’y serai pendant tout l’événement (dès mercredi, où Jean-Claude Dunyach et moi animons une masterclass sur le thème de la correction des manuscrits et la soumission aux éditeurs – il doit rester des places, mais ne tardez pas à vous inscrire si le sujet vous intéresse !). Venez !

Finalistes du prix Imaginales 2016

Catégorie roman francophone :

  • Paul BEORN, Le septième guerrier-mage (Bragelonne) ;
  • Chloé CHEVALIER, Véridienne – Récits du Demi-Loup t.1 (Les moutons électriques) ;
  • Manon FARGETTON, L’héritage des Rois Passeurs (Bragelonne) ;
  • Lionel DAVOUST, Port d’âmes (Critic) ;
  • Romain DELPLANCQ, Le sang des princes – L’appel des illustres t .1 (L’homme sans nom) ;
  • Romain D’HUISSIER, Les 81 frères (Critic).

Catégorie roman étranger traduit :

  • Marie BRENNAN, Une histoire naturelle des dragons – Mémoires de Lady Trent t.1 (L’Atalante), traduction de Sylvie Denis ;
  • Christopher BUEHLMAN, Entre ciel et enfer (Fleuve éditions), traduction d’Alexandra Maillard ;
  • Sebastien DE CASTELL, Les manteaux de gloire (Bragelonne), traduction de Mathilde Roger ;
  • Isuna HASEKURA, Spice and Wolf t. 2 (Ofelbe), traduction de Rémi Buquet ;
  • Sofia SAMATAR, Un étranger en Olondre (Éditions de l’instant), traduction de Patrick Dechesne.

Catégorie jeunesse :

  • Christelle DABOS, Les disparus du Clairdelune – La Passe-miroir t.2(Gallimard jeunesse) ;
  • Timothée DE FOMBELLE et Eloïse SCHERRER, La bulle (Gallimard jeunesse) ;
  • Nicolas et Amandine LABARRE, L’autre herbier (Les moutons électriques) ;
  • Catherynne M. VALENTE, La fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains (Balivernes), traduction de Laurent Philibert-Caillat ;
  • Aurélie WELLENSTEIN, Le roi des fauves (Scrinéo).

Catégorie illustration :

  • Melchior ASCARIDE pour l’identité graphique des Moutons électriques ;
  • Xavier COLLETTE pour les trois couvertures de Paris des merveilles, de Pierre PEVEL (Bragelonne) ;
  • Bastien LECOUFFE-DEHARME pour la couverture de Le jardin des silences, de Mélanie FAZI (Folio SF) ;
  • Todd LOCKWOOD pour la couverture d’Une histoire naturelle des dragons, de Marie Brennan (L’Atalante) ;
  • Chris RIDDELL pour La belle et le fuseau, de Neil GAIMAN (Albin Michel) ;
  • Eloïse SCHERRER pour La bulle, de Timothée DE FOMBELLE (Gallimard jeunesse).

Catégorie nouvelle :

  • Jim AIKIN, « Une très ancienne épée elfique » (Fiction n°20, Les moutons électriques), traduction de Manon Malais ;
  • Estelle FAYE, « Une robe couleur d’océan » (Légendes abyssales, anthologie officielle du Salon fantastique, Mythologica) ;
  • Jess KAAN, « L’ours » (Dimension Moyen Âge, Rivière blanche) ;
  • Ursula K. LE GUIN, « Le mot de déliement » (Bifrost n°78) ;
  • Terry PRATCHETT, Fond d’écran (L’Atalante), traduction de Patrick Couton.

Catégorie prix spécial du Jury :

  • Éditions Armada, pour leur collection « Carnets de croquis » ;
  • Éditions Callidor, pour leurs traductions inédites de classiques de l’imaginaire, collection « L’âge d’or de la fantasy » ;
  • Charlotte BOUSQUET, Mathieu GABORIT, Régis JAULIN, Raphaël GRANIER DE CASSAGNAC, Nicolas FRUCTUS, Jadis (Mnémos) ;
  • Dominique LANNI, Atlas des contrées rêvées (Arthaud) ;
  • John LINDOW, Trolls ! Étude d’une mythologie (Les moutons électriques).

(Source)

2016-05-04T09:12:32+02:00mercredi 4 mai 2016|À ne pas manquer|7 Commentaires

Pour avancer simplement sur son écriture

Ha, ha. Business. (Source)
Ha, ha. Business. (Source)

Un des commentaires les plus courants qu’on entend sur l’écriture, c’est : « J’aimerais bien, mais je n’ai pas le temps. »

Cela ne sous-entend pas forcément qu’il faut plus de temps, mais, en général, cela cache le problème suivant : j’aimerais des plages de temps plus longues – pour me plonger dans mon histoire, pour éventuellement me remettre en route après un long arrêt, et, évidemment, pour combattre la procrastination.

L’écriture, probablement plus que toute autre pratique artistique, est un travail de longue haleine, avec une visibilité sur les résultats quasi inexistante. Consommer un texte prend du temps : chaque phrase se lit une à une, chaque paragraphe contribue à former dans l’esprit davantage de sens, de mise en scène, d’action. Par comparaison, la musique est presque immédiate – une phrase musicale, une atmosphère s’assimilent en quelques secondes – et l’image pour ainsi dire instantanée.

Par conséquent, la récompense que l’on peut espérer de la création – c’est-à-dire, voir une partie au moins de son travail accompli – est très faible, là où le musicien entend rapidement si ce qu’il compose sonne, où le peintre voit tout de suite si son œuvre prend un chemin intéressant. On peut écrire un long moment sans tâter de résultat – il manque un retour, ou une boucle de rétrocontrôle positive, si l’on veut lorgner vers les neurosciences. C’est potentiellement décourageant ; c’est pourquoi tant de manuels et d’auteurs (dont ton serviteur, auguste lectorat) insistent sur la notion de discipline.

Je me faisais la réflexion, en composant la bande-originale de Psycho Starship Ramage, que je rencontrais moins de difficultés à me mettre dans l’état d’esprit conduisant à créer, à atteindre l’état mystique de flow. Pourtant, c’est un travail tout aussi complexe, ardu. Pour quelle raison la barrière paraît-elle moins haute ? Parce que la musique envoie un retour bien plus immédiat à son créateur : cela sonne, ou pas. C’est efficace, ou pas. Il faut tel effet en plus. Il faut altérer les basses. Il faut un renversement d’accords à tel endroit. Il faut une nouvelle ligne mélodique. Etc. La liste de choses à faire s’allonge sans cesse, une foule de petits problèmes à fouiller, triturer, que l’esprit a envie de résoudre.

Le lien avec l’écriture ? Hé, on peut hacker la discipline.

On conseille fréquemment, en productivité, de diviser une grande tâche ou un vaste projet en étapes élémentaires de moindre envergure afin de faciliter le progrès. Genre : au lieu de se dire « je dois lire ce livre », faire une liste comme suit : « Lire le chapitre 1. » « Lire le chapitre 2. » « Lire le chapitre 3. » etc.

Ça paraît débile. Ça l’est peut-être, même si l’expérience (et les neurosciences) tend à montrer qu’une tâche qu’on peut finir en un laps de temps modéré rebute moins l’esprit qu’une masse mal définie sur une liste. 

Pour quelle raison la majorité des auteurs tendent-ils à se précipiter pour laver la pelouse / étendre le chien / tondre le linge plutôt qu’à faire leurs pages ? Parce que ces tâches sont immédiatement accessibles et clairement délimitées avec un résultat très clair et identifiable : la pelouse brille, le chien est allongé, le linge est imberbe. Alors qu’écrire… Quand des pages sont-elles bonnes ? À quel point un personnage est-il suffisamment défini ? Quand sait-on qu’on est prêt à écrire ?

« Réfléchir à mon super roman » n’est pas une tâche clairement délimitée. « Composer une super ouverture » ne l’est pas non plus, mais le retour, le feedback sonore est immédiat, ce qui identifie mieux le point de départ, et soulève une foule de problèmes à résoudre ; la boucle de rétrocontrôle positif, ce feedback si difficile à obtenir en cours d’écriture, font avancer le projet.

Pour faire avancer un projet d’écriture qui rame, ou tout simplement pour se donner de l’allant, je crois qu’il suffit de se donner des problèmes à résoudre, tout particulièrement en phase de recherche et de construction. Plutôt que « réfléchir à mon intrigue », se prévoir de « réfléchir à mon héros » ; plutôt que « réfléchir à mon héros », se prévoir « décrire mon héros », « prévoir les qualités et défauts de mon héros », « réfléchir au passé de mon héros » ; plutôt que « réfléchir au passé de mon héros », se prévoir « quelle est la famille de mon héros ? », « d’où lui vient sa cicatrice cool au menton ? », « pourquoi a-t-il peur des iguanes ? »

N’importe quoi pour arriver à des tâches clairement définies et immédiatement accessibles, autant que décoller les bibelots et épousseter la moquette. L’esprit est naturellement attiré par des problèmes clairs qu’il peut résoudre. À chaque fin de session d’écriture, on tirera probablement profit de se choisir une nouvelle sélection de petits problèmes à résoudre la fois d’après. Cela réduit grandement la barrière d’entrée au travail d’écriture, et donc, la procrastination.

2019-06-07T22:48:03+02:00mardi 3 mai 2016|Best Of, Lifehacking, Technique d'écriture|13 Commentaires

Rendez-vous aux Futuriales ce week-end !

Mais ouais ! C’est à Aulnay-sous-Bois, dans le joli et champêtre cadre du parc Dumont (juste à côté de la gare : accès facile !), c’est ce samedi seulement, alors go go go ou plutôt come come come, y a un chouette programme, plein de gens sympas, des livres et souvent il fait très beau.

Site officiel

Affiche Gwendal Lemercier

Affiche Gwendal Lemercier

2016-05-02T10:39:00+02:00lundi 2 mai 2016|À ne pas manquer|4 Commentaires

Usé par les réseaux

je-trolle-chez-toiLa capture d’écran de droite n’est qu’un exemple parmi beaucoup trop d’autres que je reçois en ce moment. (J’aurais pu laisser le nom en clair, vu que mon profil Facebook est public, mais je ne suis pas du genre à lancer des chasses aux sorcières. On appréciera quand même le mec qui vient troller chez toi sans te connaître, puis, quand tu le rappelles à l’ordre – parce que tu es quand même chez toi -, te bloque en se drapant dans sa dignité blessée.)

Auguste lectorat, tu auras peut-être remarqué un léger changement de ton en ces lieux depuis un ou deux mois. Peut-être un peu plus distant, formel. Ce n’est pas un hasard : je fatigue. L’ambiance sur les réseaux sociaux ces temps-ci me semble fréquemment, disons, regrettable ; la tendance au commérage de l’être humain s’y trouve tristement magnifiée, certains derrière des écrans se sentent pousser des ailes d’audace qu’ils n’auraient jamais face à face. Heureusement, il y a aussi des moments de grâce, parce que, auguste lectorat, tu es beau ; et des tas de jolies choses, de gentillesses pour lesquelles je te remercie profondément, vraiment – espérant être à la hauteur.

Qui ne veut pas être brûlé n’a qu’à pas jouer avec le feu ; j’en ai bien conscience, et si certains articles suscitent l’ire, c’est aussi qu’ils sont sujet à de hautes controverses. Normal. Néanmoins, depuis un an, la proportion de commentaires haineux et insultants que je me retrouve à modérer sur les réseaux sociaux dépasse la mesure de ce que je suis prêt à tolérer dans l’exercice naturel de mes fonctions (c’est-à-dire, en n’étant pas payé pour ça). Le blog ne pose aucun problème : maître de mes lieux, je supprime à tour de bras sans état d’âme.

Je pourrais me consoler en me disant que cela reflète d’autant l’accroissement d’un potentiel auditoire, mais je ne me flatte pas d’une telle importance – les statistiques de lecture affirment le contraire, puisque notre époque est faite de buzz, de communications virales, de réactions instinctives à chaud sur le titre d’un article, il ne s’agit pas d’auditoire mais de passages épisodiques qui parasitent sans rien apporter à personne ; d’ailleurs, certains commentaires extérieurs à la communauté habituelle prouvent de plus en plus fréquemment que leurs auteurs n’ont pas lu ce qu’ils commentent. Je constate également que les actualités sur les parutions suscitent peu d’intérêt et de partages, et que les articles fouillés, comme le diptyque (1, 2) sur la gestion des mails de la semaine dernière, font fréquemment des bides. Que cela n’intéresse personne n’est pas grave en soi – ce qui l’est, c’est le temps que je passe à les écrire en me trompant visiblement d’auditoire. Je m’interroge aussi sur ma communication relative à mon actualité – ça ne soulève guère l’enthousiasme. Veux-tu bien m’aider, auguste lectorat, et me dire ce que tu aimerais voir ? Comment rendre ces informations plus intéressantes ?

J’ai toujours dit que j’arrêterais ce blog s’il ne m’amusait plus, et, sous sa forme actuelle, je commence à me lasser de ne pouvoir aborder un sujet un tant soit peu sensible sans devoir faire ensuite de la modération chirurgicale, en particulier sur Facebook. (Les commentaires étant jumelés entre le site et Facebook, où se déroule le gros des conversations de nos jours, mon profil est obligatoirement public pour respecter, paradoxalement, la vie privée de tous – il est manifeste que les posts sont publics, et donc qu’on doit faire attention à sa parole ; hélas, ça attire tout un éventail d’abrutis, comme le spécimen pointé plus haut.)

Il est donc possible que des choses évoluent par ici. Je tiens à ce mode d’interaction avec tout le monde, je tiens à l’habitude, tenue depuis quatre ans presque sans interruption, de proposer du nouveau chaque jour ouvrable ou presque. Je refuse de laisser une poignée de mal-comprenants me pourrir la vie, mais les choses atteignent un stade où il faut trouver de nouveaux modes de fonctionnement pour ne pas perdre joie, bonheur et lolcats. Pour l’instant, donc, le ton devient un peu plus distancié et se tient sciemment à l’écart de tout terrain miné, le temps que j’aie réfléchi à la question. Qu’est-ce que j’offre ici ? Pourquoi ? Pour quel auditoire ? Le temps est probablement venu de structurer un peu le côté auberge espagnole des débuts (qui remontent à MySpace, olol).

Il est probable que je passe mon profil personnel Facebook en « page officielle » sous peu. J’y ai toujours rechigné, parce que j’aime la proximité que procure un profil personnel, et l’aspect « page officielle » comme « site officiel » pourrait laisser entendre que certains voudraient en ouvrir des non-officiels, ce qui, quand même, nous ferait tous bien marrer. Mais Facebook a retiré les outils qui permettaient d’ouvrir l’audience à tous tout en fermant les commentaires aux extérieurs. Je crains qu’il ne me faille faire comme beaucoup de mes camarades l’ont déjà fait (et je les comprends), à savoir une page publique et un profil personnel réduit, pour clarifier les intentions. Cela n’empêchera pas la page publique de conserver le même ton qu’ici, et de vivre autant que mon profil actuel.

En tout cas, si cette crainte devait se soulever : non, je ne cesserai pas de proposer du contenu relatif à l’écriture. Ce sera peut-être appelé à muter, toutefois. Il y a, avec deux camarades pour qui j’ai beaucoup d’estime et d’amitié, un super projet dans les cartons à ce sujet. Sortie prévue en septembre – mais nous en dirons davantage quand nous aurons accumulé assez de matériel. Surprise !

2016-05-31T18:36:27+02:00mercredi 27 avril 2016|Journal|130 Commentaires

La Route de la Conquête sortira en numérique en juillet

Couv. François Baranger

Couv. François Baranger

Tout est dit dans le titre : d’après le planning annoncé par les éditions Critic, la version numérique de La Route de la Conquête sortira en juillet chez tous les distributeurs habituels (Amazon, Google, Apple etc.), avec et sans DRM en fonction de plate-forme dont il est question et vos préférences / habitudes. Le tout évidemment à un prix raisonnable (La Volonté du Dragon, pour mémoire, est à 6,99 € en numérique).

La paix d’Asreth pour la protection du monde !

2016-04-20T09:15:13+02:00mardi 26 avril 2016|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur La Route de la Conquête sortira en numérique en juillet

Annonce de service : On passe à 10h

lolcat-tiredHola, auguste lectorat : si tu suis cet endroit de perdition depuis longtemps, tu auras remarqué qu’en général, les articles étaient programmés à 9h mais que, quoi-t’est-ce, que qu’ouïs-je, il y a du retard depuis une semaine : eh bien non, c’est volontaire (not a bug but a feature), les articles sont dorénavant publiés vers 10h. J’ai cru remarquer que c’était une heure plus adéquate pour la majorité (pause café, ou bien sortie du lit pour ceux qui n’aiment pas Emmanuel Macron) – donc voilà, nous passons à 10h, poh poh poh.

2016-04-20T08:52:03+02:00lundi 25 avril 2016|Dernières nouvelles|3 Commentaires

La photo de la semaine : Stenella vu des airs

L’eau peut être si claire à la Réunion : cette photo a été prise depuis le bateau, au sec, et non sous l’eau.

Stenella from above

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2016-04-22T10:45:08+02:00vendredi 22 avril 2016|Photo|Commentaires fermés sur La photo de la semaine : Stenella vu des airs

Quelle est la meilleure tablette pour prendre des notes ?

paper-fail

Okay, alors je déclare : je suis une autorité sur la question, et celui ou celle qui me contredira périra dans les flammes d’un écran bleu (dénotant par là-même une combustion complète des gaz).

Plus sérieusement. Comme j’en ai parlé un peu ici ou là, j’ai un besoin d’utilisation très précis : écrire à la main. Pas par coquetterie ni par handicap dactylographique, mais parce que je ne réfléchis bien, en phase de création, que par l’écriture manuscrite. C’est un sujet qu’on a vaguement soulevé ici, et appuyé par des études récentes : la frappe au clavier est plus rapide et favorise la rétention mémorielle de détails, quand l’écriture manuscrite aide davantage à synthétiser des notions. Quand je réfléchis à une histoire, j’ai drôlement besoin de synthétiser pour mettre de l’ordre dans mes idées, pour plaquer un sens sur le monde (même s’il ne m’a rien demandé). J’ai besoin de mon stylo et de mon papier. Et, comme je me déplace fréquemment, transporter des kilos (réellement) de notes n’est pas envisageable. Il me faut donc du virtuel.

J’ai testé à peu près toutes les technologies principales en matière de tablette prétendant offrir une expérience comparable au papier, avec les bénéfices du numérique (transport, archivage, multimédia). Les principaux concurrents dans ce domaine sont :

  • La ligne de produits Galaxy Note chez Samsung
  • La ligne de produits Surface chez Microsoft
  • La ligne de produits iPad Pro chez Apple.

Si vous suivez un tant soit peu ce lieu de perdition, vous savez déjà qui gagne, mais il est maintenant question d’étayer un peu tout ça.

Un mot d’avertissement : l’usage dont il est question concerne la prise de notes manuscrites sur un objet qui émule au plus près l’expérience du papier. Il ne s’agit pas de reconnaissance de caractères, mais simplement de récupérer des PDF ou des images avec les précieux gribouillis. (Mon organisation consiste à retaper par la suite – et donc à choisir – ce qui a de l’importance dans Scrivener ; les notes papier sont ensuite plus ou moins « mortes », à moins de chercher une information écartée par erreur.)

La Surface Pro

Matériel testé : Surface Pro 3 de milieu de gamme avec Surface Pen 3, puis 4 (avec tout son kit de mines).

Bon sang, que j’ai aimé le concept de la Surface Pro. Sur le papier (olol), c’était tout ce dont je rêvais : portable, légère, avec un vrai Windows dessus, et pourtant un stylet. J’allais pouvoir compiler toutes mes idées dans OneNote et en disposer partout ! Écrire dessus avec la facilité d’un iPad ! Passer de l’écriture à une petite partie de Race for the Galaxy solo pour me détendre…

Ultime déception.

J’ai très bien travaillé avec la Surface Pro, qu’on ne s’y méprenne pas : Windows en mobilité dans le poids d’un iPad, avec un super clavier, c’est extrêmement agréable. Mais j’ai très bien travaillé dessus comme je l’aurais fait sur un joli portable un peu hors de prix.

Pour la prise de notes manuscrites, c’est complètement raté. Alors, peut-être ai-je une drôle de façon d’écrire (c’est fortement possible) ou ne suis-je pas doué, mais incapable d’obtenir un résultat correct sur une Surface Pro. Le stylet est soit trop mou, soit trop dur avec les pointes optionnelles ; l’appareil chauffe très vite à un point inconfortable (juste sous la paume, en plus) ; il est trop haut pour que ce soit pratique ; la paume interfère toujours un peu avec le défilement de la page ; l’ergonomie de OneNote est hautement perfectible (notamment au niveau de la cohérence entre applications) ; et surtout, on a l’impression d’écrire avec un Bic sur une plaque de verre.

En un mot, c’est absolument dégueulasse.

La Surface Pro est un très bel ultraportable, ça ne fait pas de doute. Mais l’aspect manuscrit est totalement raté.

La série Galaxy Note

Matériel testé : Samsung Galaxy Note Pro 12.2.

Chronologiquement, c’est en la Galaxy Note Pro que j’avais fondé mes premiers espoirs, et force était de constater qu’ils ne l’étaient pas mal (fondés). L’appareil est grand, agréable à prendre en main (si l’on pardonne à Samsung sa foutue surcouche d’Android mal fichue et l’ergonomie incohérente de ses applications), puissant. Moyennant une bonne application de prise de notes (S Note ou Squid, à mon humble avis et selon les préférences), on la prend bien en main.

Le stylet offre l’énorme avantage de fonctionner sans piles (il est alimenté en fait à travers l’écran par induction) ; la sensation est agréable (la pointe « s’écrase » gentiment et accroche un peu, donnant la sensation d’écrire avec un feutre fin), en revanche, il est vraiment petit, en plastoc très cheap. D’autre part, on constate quand même une latence perceptible, qui dérangera un dessinateur sans doute, mais pas quelqu’un qui cherche juste à écrire à la main.

Une solution tout à fait acceptable et qui m’a duré longtemps, à condition de remplacer le S Pen de base par un joli stylet Wacom compatible (c’est la même technologie), lourd et agréable à manier. À noter quand même que ma tablette m’a lâché moins d’un an après l’achat et que j’ai dû faire jouer la garantie ; également, qu’aucun remplaçant du modèle (ni du plus petit en 10.1 pouces) n’est annoncé. On peut fortement craindre que Samsung, conformément à ses habitudes, ne soutienne pas son produit et ne prévoie aucun renouvellement de la gamme. Ce qui peut être fort problématique si l’on s’est engagé dans une technologie qu’on souhaite poursuivre à utiliser.

L’iPad Pro

Matériel testé : iPad Pro 12 pouces

Le voilà, le Graal, le messie que j’attendais et que j’invoquais de mes voeux depuis des années. Ce qui est rigolo, c’est qu’étant jadis farouchement anti-Apple (les choses ont bien changé), j’ai bien failli ne jamais l’essayer, et j’ai mis des mois avant de m’y résoudre.

Cinq minutes de test en Apple Store (grâce à un gentil vendeur) et j’étais tombé amoureux.

Comme beaucoup de produits Apple1, on l’a attendu, le stylet, mais une fois sorti, c’était parfait, léché – cela se sentait.

Le crayon – car il porte le nom de pencil – tient parfaitement en main, lourd mais pas trop : satisfaisant. L’iPad Pro est un bijou à regarder, à tenir en main, plus fin qu’un bloc-notes classique, avec une chauffe très modérée (et nullement gênante ici). La technologie est simplement parfaite : la réactivité est exemplaire, la précision est au rendez-vous, pas de latence réellement sensible. Pour preuve, les technologies Wacom (Galaxy Note) et N-Trig (Surface) marquent d’un point sur l’écran l’endroit où vise le stylet. Pas chez Apple. Pas besoin, parce que ça écrit pile où on le pose, pas besoin d’une mire.

Et le confort d’écriture est juste splendide. C’est, faute de meilleur terme, « doux » – comme un feutre sur du papier glacé, mais qui, évidemment, ne bave pas. Je me suis surpris à trop réduire l’interligne de mes pages virtuelles juste pour m’émerveiller de la précision que pouvait adopter mon écriture sur cet engin. On s’est moqué de la présence d’une batterie dans le pencil par rapport aux piles du Surface Pen, mais c’est en fait un choix intelligent : l’autonomie du Surface Pen est réellement longue – ce qui augmente les chances de tomber en panne de piles sans en avoir prévu sur soi. Alors que le pencil se recharge directement sur la machine si besoin. En fait, c’est une sécurité confortable à l’usage : juste besoin de trimballer des câbles de recharge standard.

Évidemment, cela ouvre toute la robustesse d’iOS et de l’écosystème Apple (on peut dire son côté fermé, aussi – mais on parle ici de machines de travail, pas de bricolage ni d’optimisation). De plus, quantité d’utilisateurs avancent se passer de plus en plus de leurs MacBooks depuis qu’ils possèdent des iPad de belle taille avec un clavier annexe. Je reste attaché aux systèmes d’exploitation desktop mais je comprends sans mal cet usage, et je le crois tout à fait possible.

L’iPad Pro a été le doigt dans l’engrenage qui m’a ramené, vingt-cinq ans plus tard, à Apple. 

En conclusion

Il est clair que ce besoin est vraiment très spécifique et que beaucoup d’utilisateurs sont plus que ravis de se dispenser enfin de toute sorte d’écriture manuscrite. Mais il convient de ne pas l’enterrer trop vite – si j’étais étudiant aujourd’hui, plutôt que prendre des notes sur un portable, je le ferais sur un de ces engins, si je pouvais.

Quelle machine pour prendre des notes manuscrites ? iPad Pro > Galaxy Note, mais jamais, jamais de Surface Pro. (Autant utiliser du papier.)

Quel est le meilleur ordinateur portable ? Ça dépend de l’écosystème. Je pense aujourd’hui qu’un professionnel devrait sérieusement se pencher sur les produits Apple en raison du gain de temps et d’énergie qu’on en retire (je constate en ce moment qu’entre mon petit MacBook Air tout pourri et ma machine de bureau qui est une bête de course, j’utilise davantage le MacBook, parce que tout fonctionne tellement mieux dessus), mais, si l’on tient à conserver ses habitudes, iPad Pro et Surface Pro se valent probablement, en fonction de ce qu’on possède déjà. (La Galaxy Note Pro est, en revanche, hors course.)

Et maintenant, j’ai deux appareils à revendre.

  1. Et contrairement à beaucoup d’autres produits Apple aussi, nous sommes d’accord.
2019-08-28T21:25:47+02:00jeudi 21 avril 2016|Best Of, Technique d'écriture|12 Commentaires

Couverture et sommaire de l’anthologie Fées et Automates

L »information a déjà un peu circulé et c’est très parfait ; mais profitons-en pour faire un petit point sur l’anthologie des Imaginales à paraître fin mai, à l’occasion du festival d’Épinal, surtout à présent que la couverture, réalisée par Hélène Larbaigt, a été révélée :

Couv. Hélène Larbaigt

Couv. Hélène Larbaigt

L’anthologie sort toujours aux éditions Mnémos, et elle est dirigée cette année par Jean-Claude Vantroyen.

Quatrième de couverture

Le thème de l’anthologie des Imaginales 2016 ose le face-à-face entre deux personnages archétypaux provenant de mondes différents. La fée est un personnage principal de la rêverie médiévale, du fantastique, de la fantasy. L’automate est un produit de la culture quasi industrielle, de la pensée scientifique, de la science-fiction. Deux univers qui s’opposent sans doute, mais dont la rencontre est propice à l’imagination et fait jaillir des étincelles. Cette anthologie va vous étonner et vous passionner.

Au sommaire

  • Paul Beorn
  • Pierre Bordage
  • Charlotte Bousquet
  • Fabien Cerutti
  • Lionel Davoust
  • Jean-Claude Dunyach
  • Estelle Faye
  • Pierre Gaulon
  • Gabriel Katz
  • Nabil Ouali
  • Benoît Rennesson
  • Adrien Tomas
  • Cindy Van Wilder

À propos de « Le Plateau des chimères »

Comme je l’ai signalé, il s’agit d’un texte relatif à l’univers d’Évanégyre (Port d’ÂmesLa Route de la Conquête), mais comme toujours parfaitement indépendant, d’autant plus qu’il se situe à une époque de l’Empire qu’on n’a pas encore réellement vue pour l’instant et qu’il aborde une dimension de l’univers qui n’est pas encore apparue jusqu’ici.

Écoeuré par les guerres incessantes de l’Empire d’Asrethia, un soldat fuit. Vêtu de son armure artech, ce savoir impérial qui mêle la magie et la technologie, il approche d’un mystérieux berceau de roche où vit un esprit que l’on dit millénaire, préférant risquer sa fureur que continuer à supporter la barbarie du champ de bataille. 

La page correspondant au texte est en place ici.

Si l’on en croit Amazon, l’anthologie sortira le 3 juin au prix public de 18€ mais elle sera bien sûr disponible en avant-première aux Imaginales.

2016-04-20T10:15:56+02:00mardi 19 avril 2016|Non classé|Commentaires fermés sur Couverture et sommaire de l’anthologie Fées et Automates

La photo de la semaine : Labyrinthe

Maze

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Pris dans le cratère de Fogo (avant l’éruption de 2015), au Cap Vert.

2016-04-15T10:46:49+02:00vendredi 15 avril 2016|Photo|Commentaires fermés sur La photo de la semaine : Labyrinthe
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