La photo de la semaine : Une bien sympathique mégère
Car c’est le nom d’espèce de ce pauvre papillon (Lasiommata megera).
Car c’est le nom d’espèce de ce pauvre papillon (Lasiommata megera).

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « S05e20 – Non, l’éditeur ne veut pas vous formater« .
L’épisode aux opinions peut-être impopulaires, mais concernant une idée reçue tellement fréquente qu’il convient de lui tordre le cou une bonne fois pour toutes : non, une maison d’édition ne veut pas formater votre travail ni lisser votre personnalité. Mélanie met déjà en avant l’immense diversité du paysage éditorial et donc des sensibilités, et revient sur la notion de ligne éditoriale, qui n’est pas un prétexte pour rejeter les manuscrits, mais au contraire un repère précieux pour s’orienter. Lionel explicite la différence souvent mal comprise entre la personnalité souhaitée dans une œuvre et les moyens que l’auteur ou autrice acquiert au cours de son mûrissement, tant personnel que technique. Estelle insiste sur l’importance de chercher les bons partenaires, de cibler ses projets, et rappelle qu’un artiste apprend ce qu’il ou elle désire à mesure qu’il ou elle pratique son art.
Références citées
– Le festival Imaginales, http://www.imaginales.fr
– Le festival Utopiales, http://www.utopiales.org
– Mireille Rivalland
– « Les Archives de Roshar », Brandon Sanderson
– Django Reinhardt
– Free Bird, Lynyrd Skynyrd
– Régis Goddyn
– Stefan Platteau
– Donjons et Dragons le film, réalisé par Courtney Solomon
– Le Seigneur des Anneaux, série de films réalisés par Peter Jackson
Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :
Bonne écoute !

Encore aujourd’hui, il est question des règles qu’il faudrait, ou pas, savoir maîtriser pour réussir à « transformer l’essai » et on rencontre toujours une certaine résistance, comme quoi, écrire, ça ne s’apprend pas. Est-ce un débat sans fin ?
Ce sera un débat sans fin tant qu’il y aura des gens pour générer de la controverse sur les réseaux commerciaux dans le seul but de se faire mousser. (J’imagine que ça veut dire oui ?) Oui, l’écriture s’apprend, la preuve : je sais d’où je viens, et j’affirme que j’ai appris.
Hou. Commencerais-je à être un peu vénère ? Mais gentiment. Pour votre bien. Tout ça. (Maman m’a dit, fais du buzz, mon fils, tu verras Montmartre.) (J’ai répondu : je veux pas voir Montmartre, maman. Le Café de Flore, ça paraît pas super bon, j’ai pas envie de boire du café fait avec des fleurs.) (Là, elle m’a collé un taquet, mais seulement parce que c’est pas au même endroit, et que ma mère est une farouche parisienne.)
Brefffff
Elbakin.net m’a tendu le crachoir à doigts (le clavier, hein) pour qu’on discute de Comment écrire de la fiction ?, d’où ça vient et pourquoi : c’est disponible ici.
Car oui, le temps est bon, le ciel est bleu, et nous pouvons commencer à sortir de nos abris anti-atomiques pour redécouvrir le monde : ce samedi, à Bréteil (pays de Montfort-sur-Meu, à 20 minutes de Rennes), se tiendront Les Mots en Fête.

Avec des tas d’auteurs et autrices, pas seulement de l’imaginaire ; des spectacles, ateliers d’illustration, concerts (venez écouter Morgan of Glencoe), l’entrée est libre, c’est en plein air, et on en a bien toutes et tous besoin ! Attention : c’est samedi seulement.
➡️ Le programme complet est téléchargeable ici. À ce week-end !
Sandcastles in the sand…

Hélas, trois fois hélas. Même si le milieu de l’édition a tenu fort dans la tempête, la crise a grandement secoué notre secteur. Le Geekriture de juin sera le dernier pour une durée indéterminée : des restrictions dans les budgets poussent à mettre en hiatus toutes les activités non essentielles, et la colonne en fait partie.
Mais du coup, les six premiers épisodes forment un ensemble cohérent, couvrant toutes les bases de la méthode Zettelkasten :
Si la situation se détend côté ActuSF, la colonne reprendra. On n’a évidemment abordé qu’un tout petit pan de ce que la méthode, l’organisation et les outils numérique peuvent apporter à une vie créative et littéraire, et j’ai du contenu pour trois ans facile.

L’une des forces du Zettelkasten est de ne pas imposer d’ordre a priori, en permettant simplement une exploration libre de ses idées et de ses recherches, et, à travers le tissage constant de liens et d’analogies, de voir les idées et les structures émerger par constellations et reflets d’intérêts. Mais évidemment, si l’on peut avoir une vision d’ensemble de ses notes ou fiches quand il en existe quelques dizaines, quand l’on dépasse la centaine voire, quand on atteint le chiffre vertigineux de 90000 comme dans le cas de Luhmann, la vision d’ensemble est impossible.
À un moment, il faut arriver à rassembler tout ça, à se donner des points d’entrée dans sa collection de notes, au risque de retomber dans le syndrome Evernote : une vaste boîte noire où l’on jette des pensées, mais dont on ne ressort jamais rien. Un Zettelkasten, un système de gestion du savoir doit vivre ; Luhmann lui-même qualifiait son système de « partenaire dans une conversation ».
➡️ … l’article Geekriture du mois traite de L’émergence des idées et de leur structuration, à lire sur ActuSF.
La 48ème convention française de science-fiction se tiendra cette année à Valbonne en août ; et à l’occasion, l’organisation rassemble une véritable mémoire de souvenirs et de récits drôles ou émouvants sur les petits et grands événements du milieu, comme la naissance du prix Versins.
On m’a gentiment proposé d’y aller de mon souvenir, alors voici – autour d’un moment épique de la vente aux enchères lors de la convention d’Orléans en 2020 :
Tout le monde a des manquements dans sa vie, mais j’en ai deux qui sont étrangement liés : ne pas avoir participé davantage aux conventions françaises de SF (habitant souvent trop loin et restant chroniquement surchargé de boulot), et ne pas avoir postulé au Juste Prix.
Île de Jeju, Corée du Sud.
J’avais raté cet article de Camille Leboulanger et c’est bien dommage car il est à la fois d’une concision et d’une pertinence parfaites :
Dans une interview parue 02 avril dernier dans la revue Livres Hebdo, Alain Damasio, questionné à propos de ses relations aux « difficultés rencontrées par des auteurs », donnait la réponse suivante :
« Je ne me sens pas touché en raison du corporatisme que cela représente. D’abord, il y a tellement d’autres secteurs dans la merde et qu’il faut mieux aider. En second, je pense que nous produisons trop. Certains écrivent sans avoir la nécessité vitale de le faire. À un moment donné, même si on est très brillant, on ne se renouvelle pas assez. Je n’ai pas envie de défendre tout ça, ce n’est pas prioritaire. Pouvoir créer est un privilège. » […]
Alain Damasio, dans cette intervention, paraît donc considérer son travail comme essentiellement différent de celui de la majorité des autres auteurs, comme de tous les autres travailleurs. Ce faisant, il personnalise, incarne (involontairement, on le souhaite, à défaut de l’espérer vraiment) le mythe libéral du créateur mystique, hors des choses matérielles de ce monde, rentier que pousse une inspiration mystique.
Alors, pouvoir créer est-il un privilège ? Les auteurs légitimes sont-ils des êtres essentiellement différents des autres êtres humains ? Cette position, en tout cas, semble bien peu compatible avec les valeurs humanistes qu’Alain Damasio se targue de représenter.
Graissage de mon fait, car c’est exactement ce qui, pour le dire poliment, me fait fumer les narines dans les interventions récentes d’Alain Damasio1.
Tout l’article vaut votre lecture (encore une fois, il est rapide) ; la démonstration est brillante et limpide. Et elle est calme et civile, ce dont, en toute honnêteté, je n’aurais pas forcément été capable.