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Comment organiser efficacement ses informations sous Evernote ?

Comme on l’a dit dans l’article introductif sur Evernote, l’application est le carnet de notes numérique ultime, mais il présente une difficulté majeure à la prise en main : pour classer efficacement ses informations personnelles, il implique de définir l’usage qu’on fera du logiciel et son propre travail pour arriver à faire le tri.

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En effet, Evernote est conçu de manière à ce qu’on y jette ses pensées et ses informations au vol, et non pour un classement pointu des données. Il est impossible de réordonner les notes au sein d’une section, ni de définir une hiérarchie poussée des carnets de notes. Cette non-hiérarchie agace les nouveaux utilisateurs, mais il faut comprendre qu’EN n’est pas conçu pour ça : ça, c’est le travail de OneNote. Evernote fonctionne comme un wiki, ou comme le web : on n’y ordonne pas les données, on les y range, et on définit des relations entre elles, ou bien l’on exécute une recherche, pour retrouver une information.

Evernote fournit en revanche des tags qui sont, eux, hiérarchiques, et qu’on peut attacher sans limite à chaque note.

Pour retrouver une information, le logiciel incite donc l’utilisateur à utiliser plutôt le moteur de recherche et les tags, à la manière d’une requête croisée multicritères. Ca a l’air technique mais ça ne l’est pas tellement ; cela revient à dire « montre-moi toutes les photos taggées Bob et La Baule prises en avril 2014 ».

En conséquence, classer une information dans Evernote nécessite de réfléchir un peu en amont à l’usage qu’on en fera, et au métier qu’on exerce. Mais comme c’est un peu nébuleux et qu’un dessin vaut mieux que deux longues peaux de l’ours, je te propose, auguste lectorat, une étude de cas : l’humble mien, et ma façon de classer mes infos par rapport au(x) métier(s) que j’exerce (ou auxquels je m’exerce, ça dépend du niveau d’expérience).

Les carnets

Comme dit précédemment, les carnets ne servent pas tellement à grand-chose ; en fait, beaucoup d’utilisateurs n’en utilisent qu’un seul et fonctionnent exclusivement par tags. Je pense quand même qu’on retire des bénéfices à en créer plusieurs, mais ils ont intérêt à concerner des usages différents plutôt que des thèmes ou zones de responsabilité différentes – cela, ce sera le boulot des tags.

J’ai seulement sept ou huit carnets réellement utiles, dont :

  • Inbox – Carnet par défaut. Toutes les notes enregistrées pêle-mêle au vol y finissent. Normalement, j’y trie les informations. Normalement.
  • Library – La bibliothèque. Un article m’intéresse, une coupure de journal, une info insolite, tout cela termine dans ce carnet, pour éventuelle référence.
  • Memory – Des archives, des souvenirs, des choses que j’ai envie de garder par valeur sentimentale mais qui n’ont strictement aucune utilité de référence ultérieure, et qui donc finissent parquées là en prenant la poussière.
  • Moleskine – Oui, Moleskine. C’est l’équivalent numérique du petit carnet en peau de requin rare aux feuilles de papyrus que Shakespeare et Homère utilisaient d’après la légende. Ici figurent toutes mes idées, mes notes éparses sur les projets en cours, des brouillons, etc.
  • Offline – Ce carnet est spécifiquement synchronisé pour être disponible hors-ligne sur tous mes appareils. Il est donc peu volumineux, et y figurent des informations vitales dont je pourrais avoir besoin d’urgence, mais aussi ma liste de courses, de choses à ne pas oublier lors de mon prochain passage à Plan-de-Cuques, etc.

Les tags

C’est là que cela devient intéressant. Parce qu’au moment où j’écris ces mots, Library et Moleskine contiennent chacun plus de 200 notes, et il devient impossible de tout passer en revue, surtout en quête d’une idée que je pourrais avoir eu il y a six mois.

Mon système de tags personnel est orienté selon deux axes : 1. Mes métiers et 2. Le genre de données que je conserve et que je veux retrouver facilement. Il ne s’agit pas de faire un classement joli, mais un classement opérationnel, qui soit rapide à mettre en place lors de l’enregistrement d’une note, et immédiat à utiliser pour les retrouver.

Du coup, la première question à se poser devient : « Qu’est- ce que j’enregistre dans Evernote ? » Pour ma part, c’est principalement :

  • Des notes sur les projets en cours
  • Des idées en vrac
  • Des articles intéressants
  • Des infos pratiques (listes de courses, idées cadeaux etc.)

Il vient : « Qu’est-ce qui est signifiant là-dedans ?« 

  • De quel projet s’agit-il ?
  • A quoi cette idée peut-elle servir ?
  • De quoi ce contenu parle-t-il ?
  • A quoi cette information pratique me servira-t-elle ?

Cela me définit, en gros, quatre aires importantes :

  • Projets
  • Idées
  • Thèmes
  • Type de note

Qui forment des tags de haut niveau. Ensuite, pour des raisons d’ordre et de praticité dans le classement au moment de la saisie d’une note, chaque tag de niveau inférieur est préfixé par une courte abréviation qui rappelle ce dont il s’agit. Par exemple :

Maintenant, supposons que je sois dans un train, écrivant un article pour le blog sur Evernote. Je me rends compte qu’il faudrait consacrer un article entier sur le classement des informations dans ce logiciel… Je prends mon smartphone, et j’ouvre une nouvelle note « Faire un article sur les tags sous Evernote » avec un plan basique en trois lignes. Je tagge ça « id article » et « prj blog » et c’est plié, réglé, oublié. C’est le plus important : Evernote se plie merveilleusement bien à l’axiome de la méthode GTD qui dicte de collecter ses idées en sûreté puis de les mettre de côté. La prochaine fois que je chercherai du matériel pour un article ou pour le blog, il me suffira de sortir toutes les notes « id article », par exemple, que j’aurai balancées dans ce panier-là sans y réfléchir. Et évidemment, je peux toujours créer de nouveaux tags à la volée, par exemple « prj bob » pour cette idée d’univers de super-héros où Bob, l’homme-tag obsédé par le classement de données, lutte pour l’application raisonnée de la Classification décimale de Dewey à travers les bibliothèques du monde entier.

C’est bien sûr mon système à l’heure où j’écris et il se raffine constamment, mais il offre l’immense avantage d’être à la fois flexible, évolutif et peu contraignant (comme le dit David Allen dans Getting Things Done, si l’on a besoin de beaucoup temps pour classer quelque chose, on ne le fait jamais) et je m’en sers depuis deux ou trois ans maintenant. N’hésite pas, auguste lectorat, à partager avec la communauté ton propre système en commentaires, histoire qu’on s’inspire tous les uns les autres (et je n’entends pas par là se respirer le parfum, c’est chaleureux par ici mais on n’est quand même intimes à ce point, huhu).

Pour mémoire : pour tester Evernote avec un mois gratuit d’abonnement premium, passez par ce lien.

2019-08-28T21:31:22+02:00jeudi 17 décembre 2015|Best Of, Technique d'écriture|2 Commentaires

La Route de la Conquête et l’artbook Abyss, the Universe finalistes du prix Mythologica !

Couv. François Baranger

Couv. François Baranger

Voilà encore non pas une, mais deux belles nouvelles ! La Route de la Conquête fait partie des finalistes du prix Mythologica de l’imaginaire, mais aussi l’artbook Abyss, the Universe auquel j’ai eu le grand plaisir de participer (« Obsessions« ).

Un très grand merci au jury, et félicitations à tous les finalistes, j’ai grand plaisir à voir pas mal de copains dans cette jolie liste ! Les résultats finaux seront annoncés fin février. L’ensemble des résultats (source) :

Romans français

  • Le Fou prend le Roi – Le Bâtard de Kosigan – Fabien Cerutti – Mnémos
  • La Route de la Conquête – Lionel Davoust – Critic
  • Le Septième Guerrier-mage – Paul Beorn – Bragelonne
  • Royaumes de vent et de colères – Jean-Laurent del Soccoro – ActuSF

Romans étrangers

  • Comme un conte – Graham Joyce – traduction de Louise Malagoli – Bragelonne
  • L’Autre-Ville – Michal Ajvaz – traduction de Benoît Meunier – Mirobole
  • L’Education de Stony Mayhall – Daryl Gregory – traduction de Laurent Philibert-Caillat – Le Bélial

Nouvelles françaises

  • Le Sentiment du fer – Jean-Philippe Jaworski – Les Moutons électriques
  • « L’Autre-Route » et « L’Eté dans la Vallée » – Le Jardin des Silences – Mélanie Fazi – Bragelonne
  • « Les ailes ne poussent qu’une fois » – Aubes trompeuses – Jean-Pierre Andrevon – La Clef d’Argent

Nouvelles étrangères

  • Les Perséïdes – R.C. Wilson – Traduction de Gilles Goulet – Le Bélial
    (Oui ce recueil est d’ores et déjà gagnant du fait des votes)

Jeunesse

abyss

Couv. Xavier Collette

  • Brainless – Jérôme Noirez – Gulfstream
  • Le Premier – Nadia Coste – Scrinéo
  • Praërie – Jean-Luc Marcastel – Scrinéo

Couverture

  • Le Paris des Merveilles – couverture par Xavier Colette – Bragelonne
  • Les Perseïdes – couverture par Manchu – Le Bélial
  • Noces d’éternité – couverture par Alexandra V. Bach – Le Petit Caveau

Prix Spécial

  • Abyss, The Universe – Texte : Thomas Hervet, Rozenn Illiano, Lionel Davoust, Mathieu Gaborit et David Calvo – Illustrations : Xavier Collette – Bombyx
  • L’étrange Cabaret des fées désenchantées – Hélène Larbaigt – Mnémos
  • Le Cabinet du Docteur Black – E.B. Hudspeth – Le Pré aux Clercs
2015-12-14T18:08:15+01:00mercredi 16 décembre 2015|À ne pas manquer|4 Commentaires

Une formation payante sur Scrivener, ça vaut le coup ?

write_novelComme la question est revenue plusieurs fois (et que je me fais évangéliste de Scrivener depuis quelque temps), ça vaut un bref article. Plus en détail :

On me propose une formation de base pour 200 € environ. Étalée sur six semaines, cette formation sur internet est consultable durant un an, me paraît sérieuse et utile, pour me permettre de progresser dans l’écriture. Qu’en pensez-vous ?

Je ne mets pas le lien de ladite formation parce que je pense que c’est parfaitement inutile (et hors de prix).

Le didacticiel de Scrivener est extrêmement bien fait et couvre toutes les fonctionnalités du logiciel. Si l’on a un tant soit peu l’habitude de l’informatique, il suffit de consacrer quelques heures à le creuser pour appréhender ses fonctionnalités, puis, surtout, à développer sa propre méthode en s’en servant pour un projet grandeur nature.

Scrivener est un excellent outil, mais il ne fait pas l’écrivain ; je crois fermement qu’on apprendra davantage, au bout du compte, à travailler sa propre technique narrative et à plier Scriv à ses désirs plutôt qu’à apprendre dans le détail le moindre de ses secrets. Il est complexe, d’accord, et nécessite un apprentissage, mais on n’en est quand même pas au stade de Photoshop ou d’Ableton Live, où une formation peut se justifier… Et où l’on en trouve pour la moitié de ce prix-là, en plus. J’avoue qu’à moins de n’avoir jamais touché d’ordinateur et de traitement de texte de sa vie, je peine très sérieusement à comprendre ce qui peut justifier une telle somme.

Si vous avez 200 € à dépenser pour votre écriture, achetez et lisez quelques manuels de technique (certains sont chroniqués ici dans les archives), inscrivez-vous à un atelier, des cours ou une masterclass, mais consacrez-les à la narration elle-même, à mon humble avis.

2015-12-11T09:08:20+01:00mardi 15 décembre 2015|Technique d'écriture|4 Commentaires

Les Deep Ones à Nancy, croqués par Fetish-Cat !

Juste parce que c’est génial, un petit coup de projecteur sur le blog de Fetish-Cat, qui avait déjà croqué les Deep Ones (collectif de musique semi-improvisée sur fond de lectures) et propose de belles et kawai pages sur notre venue à Nancy !

2015-12-11T09:17:29+01:00lundi 14 décembre 2015|Juste parce que c'est cool|Commentaires fermés sur Les Deep Ones à Nancy, croqués par Fetish-Cat !

Demain, dédicace chez Critic

critic-vitrineYowza. Je suis un peu en retard pour l’annoncer, la faute à un emploi du temps qui danse la gigue avec le chaos (de « gigue » à « guigne », il n’y qu’à avoir la n) (c’est beau comme du Booba) : demain samedi, de 16h à 19h, je serai en dédicace à la librairie Critic, à Rennes. (19 rue Hoche, métro Sainte-Anne)

Venez faire vos cadeaux de Noyel et repartir avec des livres signés. C’est l’assurance d’un sourire au pied du sapin. (C’est beau comme du Jacques Séguéla.)

2015-12-10T18:51:19+01:00vendredi 11 décembre 2015|Dernières nouvelles|11 Commentaires

Faire communiquer Evernote et Scrivener

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Normalement ça ne concernerait qu’un lien sur un réseau social mais l’article est suffisamment pointu et capital pour mériter qu’on attire l’attention dessus (merci Sabine qui me l’a redirigé) : un utilisateur propose un guide complet de techniques visant à faire communiquer Scrivener et Evernote. Pour mémoire, Scrivener est le studio d’écriture professionnel par excellence, Evernote le carnet de notes numérique ultime, tous deux chroniqués pour la boîte à outils de l’écrivain.

Voir ici (en anglais) : faire communiquer Scrivener et Evernote

2019-08-28T21:31:52+02:00jeudi 10 décembre 2015|Best Of, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Faire communiquer Evernote et Scrivener

Interview sur le monde d’Évanégyre, sur le Bibliocosme

Couv. François Baranger

Couv. François Baranger

Le Bibliocosme : Les conflits occupent une place centrale dans la plupart de vos écrits (l’occupation tyrannique, la résistance jusqu’au-boutiste, la guerre civile, les conflits écologiques actuels, etc.) ; quel message vouliez-vous faire passer à propos de la guerre ?

Lionel Davoust : Je n’ai pas de messages et que des questions, justement parce que j’ai du mal à comprendre, viscéralement, ce qui motive notre espèce à prendre les armes pour aller tuer son semblable. Je crois que c’est pour cela que je reviens fréquemment sur ce thème, parce qu’il me dérange profondément, en fait, et j’ai donc besoin de gratter cette démangeaison, de rentrer dans la tête de ceux qui vivent cette dureté, pour prendre la mesure de leurs décisions et de la façon dont s’articule leur humanité.

Merci au Bibliocosme pour m’avoir proposé cet entretien de fond sur le monde d’Évanégyre, qui revient sur les trois livres publiés pour l’instant : La Volonté du Dragon, La Route de la Conquête et évidemment Port d’Âmes. C’est ici ! 

2015-12-09T08:30:51+01:00mercredi 9 décembre 2015|À ne pas manquer, Entretiens|2 Commentaires

Joies de la société de l’information

Mon article anti-abstentionnisme hier a déclenché des tollés, ce à quoi je m’attendais, mais surtout, il a déclenché un certain tonnerre de réactions qui, franchement, suscite en moi presque davantage d’inquiétude sur le discernement de mes concitoyens que le triste résultat du scrutin de dimanche.

Par conséquent, il convient, dans l’intérêt de la raison (big up à Korzybski) de clarifier un ou deux points.

Déjà : il y a une différence entre l’abstention et le mouvement abstentionniste. Chacun fait bien ce qu’il veut, et le truc génial avec une société moderne, c’est qu’on peut être en désaccord et continuer de ce se parler. Quand je parle d’abstentionnisme, c’est faire l’apologie de l’abstention. Ce qui entraîne le point suivant :

Scoop : je ne suis pas l’alpha et l’oméga d’Internet. Renversant, je sais. Quand je bannis jusqu’à nouvel ordre le discours abstentionniste, c’est sur MES réseaux (blog, réseaux sociaux). Je ne suis tenu en rien de fournir une tribune (à mes frais) à des discours qui me déplaisent. Ici, c’est chez moi. Je considère à titre personnel ce discours délétère et je n’ai pas l’énergie d’en discuter actuellement. Je n’ai pas envie de contribuer indirectement à sa propagation (à l’instar d’autres idées). Il est donc banni ICI. Cela devrait aller sans le dire, mais tout le monde a (encore) le droit de discuter de ce qu’il veut ailleurs. Aussi, quand j’endigue un flot de commentaires scandalisés de gens qui débarquent pour la première fois sur le blog proclamant à la censure ou qui s’offusquent de mon fascisme, je suis très inquiet sur la confusion des notions. La liberté d’expression est garantie par l’État, pas par moi. Quand vous êtes chez un végétarien, vous ne lui bourrez pas le mou sur son choix de vie et que pourquoi y a pas de l’entrecôte à dîner nom de dieu : vous lui foutez la paix (ou bien on vous fout dehors). Ici, c’est exactement la même chose. C’est un sujet dont on ne parle pas ici jusqu’à nouvel ordre parce que j’en ai marre. Vous avez vos raisons, okay, elles vous regardent, vous m’excuserez d’en disconvenir ; si, en plus, vous vous abstenez sans prosélytisme, je ne suis toujours pas d’accord avec vous mais je salue votre cohérence ; le prosélytisme sur ce sujet, en revanche, m’exaspère et m’épuise. C’est un peu comme avec la religion, quoi.

Quand je constate l’énergie et le temps que certains ont passé à essayer de contourner mes mesures de modération, à rédiger des tartines sur l’abstention comme en provocation, à balancer insultes et grossièretés, à se sentir exister en disant « je m’en carre de faire partie de tes potes », j’ai juste envie de dire : CQFD. Pour un mec qui lâche sa tartine, quelle énergie dépensée en vain ? Qui aurait pu être employée à plus utile ? Il faut un quart d’heure pour rédiger un long commentaire, je n’ai besoin que de cinq centièmes de seconde (aussi vite que la transmutation d’X-Or) pour l’annihiler sans remords s’il contrevient aux règles exposées. Si c’est comme ça que certains espèrent changer le monde, en vociférant sur Internet dans le vent, on n’est pas sorti du sable.

Par ailleurs, j’ai un petit conseil d’ami pour tous les révolutionnaires candides en puissance. Prenons l’exemple de Bob (le prénom a été changé – étonnant, non -, mais le cas est réel, et j’en ai d’autres). Bob est très énervé par ce que Davoust raconte chez lui et se sent très obligé de lui expliquer qu’il a tort et qu’il marche au bruit des bottes des partis démocratiques, houlàlà.

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Source (immortelle)

Bob pense bien ce qu’il veut, hein, hé. Mais Bob se sent obligé de commenter quand même sur le blog, et ses commentaires sont passés en file de modération. Les commentaires contrevenant à la charte, je les oblitère les uns après les autres.

Mais Bob est toujours énervé, alors Bob va expliquer cette fois sur Facebook, dans les mêmes termes, avec des copier-coller, qu’il a raison. Peut-être bien, mais osef ; comme cela contrevient toujours à la règle du jeu, les mêmes réactions sont effacées. Au bout d’une demi-douzaine de tentatives, Davoust a quand même piscine et finit par bloquer Bob histoire d’avoir la paix.

Maintenant, un petit cours de fonctionnement d’Internet. Après ce bref échange, je possède, sans avoir levé le petit doigt :

  • L’adresse mail de Bob (qu’il a obligeamment renseignée dans le formulaire de commentaires sans en mettre une bidon…) ;
  • Son vrai nom (qu’il met obligeamment en clair sur Facebook), sa photo, plein d’informations publiques le concernant ;
  • Son adresse IP (laquelle est loggée à chaque commentaire – procédure antispam standard de toutes les plate-formes de blogging).

Tout ça sans faire le moindre effort : Bob m’a donné toutes ces infos de lui-même. Je ne veux pas dire, mais si un État mal intentionné arrivait au pouvoir, il retrouverait Bob sans difficultés avec une seule de ces informations (pour lui loger une balle dans la nuque, par exemple).

Le jour où Bob « se lèvera contre l’oppression », comme il le promet, je garantis qu’il ne fera pas un pas hors de chez lui (plus probablement parce que c’est en réalité un rebelle de canapé, mais c’est une autre histoire) : s’il m’a fourni à moi, un particulier, toutes ces informations de lui-même, que peut-on imaginer que Google, Facebook ou l’État possèdent sur son compte ?

Ben merde alors. Si même ceux qui doivent me protéger de mon aveuglement et des méfaits du système démocratique montrent une telle incompétence révolutionnaire, mais sur qui vais-je pouvoir compter, à la fin ?

2015-12-08T10:08:19+01:00mardi 8 décembre 2015|Humeurs aqueuses|63 Commentaires

La photo de la semaine : lens flare

(Le lens flare, ce sont les reflets dans l’objectif, parfois indésirables, parfois esthétiques.)

The Lens Flare

Cliquez pour agrandir

Pris sur l’océan Indien.

2015-12-04T09:46:42+01:00vendredi 4 décembre 2015|Photo|Commentaires fermés sur La photo de la semaine : lens flare

Evernote en test

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Okay, auguste lectorat, cette fois, ce que nous ajoutons à la boîte à outils de l’écrivain n’est pas tant un logiciel d’écriture qu’un outil de productivité générique, mais il est si puissant et participe d’une étape si fondamentale du métier qu’il est impossible de le passer sous silence.

Si, auguste lectorat, tu n’as pas vécu sous une pierre au cours des dernières années et que tu possèdes un smartphone, tu as peut-être croisé le nom d’Evernote. Peut-être l’as-tu essayé, as-tu bricolé avec, pour ne pas en comprendre l’intérêt ou pire, pour trouver – comme moi – son interface contre-intuitive et râler contre sa façon d’organiser les informations. Ne crains rien, nous allons décortiquer tout cela.

Ce qu’est Evernote

Evernote a pour slogan “remember anything” – ne rien oublier. Il se veut l’équivalent numérique du post-it sur le bureau, de la nappe de restaurant où l’on griffonne trois infos, voire du carnet Moleskine en cuir d’iguane et en feuilles de vélin que tout écrivain branché transporte. (Ben oui ? Non ?) Disponible sous la forme d’une application développée pour toutes les plate-formes et d’un service web, EN (de son petit nom) se transporte partout, se synchronise comme on l’attend avec le clâhöwde, et utilise les fonctionnalités avancées de nos terminaux XXIe siècle (comme l’appareil photo).

Un petit mot sur son concurrent principal, que je recommande en masterclass : OneNote, de Microsoft. ON (de son petit nom à lui) fera l’objet d’un article à part parce qu’après de longs essais, je suis parvenu à la conclusion qu’Evernote et OneNote ne peuvent pas chacun servir à tous les usages, et qu’on peut (et a intérêt) à faire cohabiter les deux. Pour l’heure, l’analogie suivante sous suffira : Evernote est un carnet de notes, OneNote est un classeur de travail.

Pourquoi Evernote ?

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Parce que vous avez des idées tout le temps et qu’un des premiers réflexes à avoir, c’est de disposer de quoi les enregistrer sur le moment. L’expérience montre qu’une idée dont on se dit « je la noterai à la maison » s’évapore sur le trajet jusqu’à ladite maison, emportant avec elle votre futur prix Nobel de littérature. Un calepin, bien sûr, remplit cet office, mais il présente les désavantages du désordre lié au papier et de l’encombrement. Evernote, installé sur votre smartphone, remplit le même usage, mais il assure que vos notes seront toujours proprement stockées et disponibles : vos histoires, vos scènes, vos personnages et vos jeux de mots laids.

C’est là la force suprême d’Evernote (et, franchement, il laisse toute la concurrence loin, loin derrière, notamment OneNote) : la facilité qu’il offre d’enregistrer absolument n’importe quoi, n’importe où, par n’importe quel moyen. Et pas seulement vos idées littéraires : ce rhum de qualité dont vous voulez vous rappeler (hop, photo), cet article de blog inspirant (hop, capture), cette mélodie qui fera de vous le nouveau Christophe Maé (hop, enregistrement), Evernote vous propose obligeamment de mêler très facilement dans une même note son, image (où le logiciel ira même obligeamment reconnaître les caractères !), texte et même dessins manuscrits si votre terminal dispose d’un stylet. Des extensions web disponibles pour les grands navigateurs vous permettront de capturer tout ou portion d’un site pour référence ultérieure, et tout cela se trouvera au même endroit. Evernote propose de ne rien oublier, et force est de constater qu’il est bien armé pour.

(Après, en toute honnêteté, EN est surtout utile quand on dispose d’un smartphone. Sinon, ça perd beaucoup de son intérêt.)

Evernote et la non-hiérarchie

Okay, jusque-là, ça envoie du rêve, non ?

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Bon, eh bien c’est à l’usage que ça tend à se gâter, mais nous allons débroussailler tout ça.

Evernote présente son paradigme très personnel d’organisation des données, qui fait râler généralement tous les nouveaux utilisateurs. En fait, c’est très puissant, même si cela empêche certains types d’usage, où OneNote prend alors l’ascendant (d’où l’intérêt de faire cohabiter les deux – on y reviendra rapidement).

Evernote classe les informations sous forme de notes, donc. Imaginez un post-it, ou une feuille de papier, ou plusieurs informations, le tout rassemblé par un trombone (puisqu’on peut mêler plusieurs types de données). Ces notes sont ensuite rassemblées dans des carnets. Le tout étant évidemment paramétrable à loisir.

Cela semble simple, mais on peut s’étonner de découvrir qu’Evernote ne propose quasiment aucune façon de hiérarchiser et de classer les notes. Impossible, par exemple, de mettre un carnet dans un carnet dans un carnet, comme on le ferait avec des dossiers contenant des fichiers sur un ordinateur. Si je mets une note à un endroit, elle restera là, mais je ne peux pas les ordonner moi-même, par exemple – au hasard – pour ordonner les scènes d’un chapitre, à l’instar de Scrivener.

C’est qu’Evernote, depuis sa création, n’a pas pour but d’ordonner les données mais d’aider l’utilisateur à les retrouver à la demande, et c’est très différent. Il faut considérer les notes sous Evernote comme une espèce de web personnel. Que fait-on quand on cherche une information sur Internet ? Une recherche. Et celle d’Evernote est très puissante. Voilà comment on est censé utiliser le logiciel : sans se soucier vraiment d’où les données sont placées, puisqu’on les traquera préférentiellement par la recherche. C’est en cela que c’est un carnet de notes, et pas un classeur (ce qu’est OneNote).

Evernote est destiné à recevoir toutes vos idées, c’est une espèce de panier fourre-tout où l’on colle tout et on l’on trie ensuite, en un sens. EN s’emploie très simplement pour la collecte d’informations, et il fait ça admirablement bien. C’est là sa très grande force, et c’est ce qui le rend si utile pour capturer des idées aléatoires venant aux moments les plus improbables. Un des piliers de l’écriture (et de toute vie créative) consiste à capturer l’inspiration quand elle frappe à la porte. 

Même s’il est bon d’instaurer quelques principes de base pour retrouver ses petits.

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Gérer les données sous Evernote

Evernote propose également d’attacher aux notes des mots-clés, ou tags, qui, eux peuvent être hiérarchiques, et c’est ainsi que l’on va s’attacher à classer les données ; pas avec les carnets. En fait, les carnets ne servent pas à grand-chose ; tant qu’on a les bons tags, on retrouve facilement ses notes.

Et c’est là que réside, honnêtement, la difficulté de prise en main d’Evernote. Parce qu’avant de s’en servir efficacement, il va falloir réfléchir un peu à ses tags pour qu’ils aient un tant soit peu de sens. Et donc, il faut définir son travail, ce dont on a besoin réellement de stocker et de retrouver (des idées ? des archives ? des références bibliographiques ? pour quel projet ?), pour savoir comment on utilisera le logiciel.

Mais comme je t’aime, auguste lectorat, dans un article à part, je présenterai ma façon de procéder. Non pas pour que tu m’imites, mais pour montrer un exemple, et un potentiel début que chacun peut raffiner ensuite à sa guise.

Evernote est devenu quasiment un standard de facto. Un des ténors majeurs des applications mobiles ; tous les gestionnaires de projets, programmes de productivité qui valent un tant soit peu tripette, proposent une intégration à Evernote. Ce qui signifie que non seulement on peut construire une liste de choses à faire avec une belle méthode GTD, mais qu’on dispose avec des références et de la bibliographie nécessaires, par exemple, le tout restant bien distinct.

Et ça coûte combien ?

On est 2015, dude (ou dudette), ça ne coûte rien dans la version basique, hey. Une limitation de deux appareils par compte permet de donc de découvrir et d’apprivoiser les concepts du logiciel. Notons en plus qu’Evernote ne pose aucune restriction sur la taille des carnets de notes (enfin, de mémoire, c’est 10 000 notes par compte, de quoi voir venir) mais impose simplement un quota sur le trafic de données pour la synchronisation, plus élevé en fonction de la formule d’abonnement.

Les formules payantes offrent des fonctionnalités supplémentaires, notamment :

  • Evernote Plus (34,99 € par an) : un volume de données plus élevé pour la synchro cloud, autant d’appareils que l’on souhaite pour la synchronisation, la capacité d’envoyer des courriels à Evernote pour archivage.
  • Evernote Premium (69,99 € par an) : un volume de données plus important encore, l’annotation de fichiers PDF, la recherche directe dans les fichiers attachés aux notes, l’historique des modifications apportées aux notes.

Pas d’inquiétude donc pour tester le logiciel à loisir, par exemple avec ce lien qui vous offrira, en outre, un mois d’accès gratuit aux fonctions premium.

Découvrir Evernote gratuitement

2019-08-28T21:36:20+02:00mercredi 2 décembre 2015|Best Of, Technique d'écriture|14 Commentaires
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