Le combat de Samantha Metzger
Bats-toi, Samantha Metzger. Déploie ton ardence et ris au nez des chiens de la mort qui t’appellent au repos.
(… si ça vous intéresse de voir un peu ce qu’il m’arrive d’écouter en boucle pendant l’écriture.)
Bats-toi, Samantha Metzger. Déploie ton ardence et ris au nez des chiens de la mort qui t’appellent au repos.
(… si ça vous intéresse de voir un peu ce qu’il m’arrive d’écouter en boucle pendant l’écriture.)

Personnellement, je n’ai pas fait le master, hein, donc je m’abstiens de le critiquer. Mais puisque le débat était assez profond et bien fourni en arguments, je recopie ici mes messages, car cela déborde du cas de ce master pour aborder la notion plus globale de travail Vs. inspiration, d’artisanat Vs. art, d’apprentissage Vs. découverte, et touche finalement aussi à un de mes domaines d’intérêt : parler de technique littéraire.
My two fucking cents :
Les apprentis écrivains ne connaissent souvent pas les codes, les attentes des lecteurs, les questions d’artisanat inhérentes à tout art (car dans tout art, il y a l’inspiration, mais aussi la technique – Picasso, avant de fonder le cubisme, était un roxxor de la perspective, du fusain et de l’anatomie). Ils veulent direct casser la maison, mais sans même savoir quelle maison ils cassent, et ça donne souvent des choses bancales, ou étrangement conventionnelles.
Alors, si un Master enseigne les codes, c’est une excellente chose. Avant de s’en affranchir, avant de réinventer les règles du jeu, il faut savoir à quel jeu on joue, et c’est pour ça que les livres sur l’écriture, les formations, les blogs comme le mien et – ô surprise – le travail existent : pour *comprendre*.
Les formations en art, c’est toujours pareil. On se les approprie et on en fait quelque chose. Si on reste dans la parole imposée et la mécanique, on n’est pas un vrai créateur, on est un abruti.
Mais si cette formation propose un raccourci pour enseigner déjà les briques de base, c’est une excellent chose. Devenir un bon musicien, c’est vachement plus facile en faisant des gammes et du solfège. Devenir un bon dessinateur, c’est vachement plus facile en étudiant les principes de la composition. L’écriture, c’est la même chose. C’est seulement quand on a ingurgité assez de technique qu’elle s’efface et qu’on a la boîte à outils assez fournie pour faire quasiment tout ce qu’on veut. Et c’est le but de la manoeuvre.
Il m’a été répondu que je faisais passer l’attente du lecteur avant la liberté de l’écrivain. Sauf que :
Minute.
Si l’on écrit, avec volonté d’être lu, alors on parle à quelqu’un. Quelqu’un qu’on ne connaît pas forcément, quelqu’un dont on espère peut-être qu’il nous ressemble. Mais quelqu’un quand même. Sinon, on écrit pour son tiroir, donc sans volonté d’être lu ni compris. OK, ça existe, pas de souci. Mais si l’on veut être lu, il faut prendre en compte qu’à un moment, il y aura quelqu’un en face, et si l’on veut que l’histoire soit appréciée, il faut AUSSI lui faire plaisir. Il y a donc communication. Et s’il y a communication, il y a nécessité / volonté / devoir d’intelligibilité.C’est à mon sens la plus grande leçon qu’enseigne la technique (ou sa pratique). Suivre son envie, sa volonté, tout en sachant la rendre intelligible aux autres. Les deux ne sont pas antinomiques, mais les concilier demande de l’apprentissage. Savoir se faire plaisir, tout le monde y arrive plus ou moins. Savoir faire plaisir au lecteur tout en se faisant plaisir à soi, c’est, je crois, ce qui fait d’un écrivain un professionnel.
Cette dernière phrase a été interprétée comme la différence entre art et artisanat. Sauf que, again :
Désolé, mais il n’y a pas d’artiste sans artisanat. L’artisanat implique la réalisation et les moyens pour y parvenir. En caricaturant à mort, je peux me déclarer peintre, mais si je n’ai pas de bras et pas de bouche pour tenir le pinceau, je ne peindrai jamais rien.
Attention, l’artisanat ne fait pas la valeur d’une oeuvre, on est d’accord : elle n’est que pratique sans âme.
Mais l’âme, sans la pratique pour lui donner forme et impact, restera mal dégrossie et donc ne prendra pas pleinement son envol et toute la force qu’elle peut véhiculer. Je ne parle même pas des aspects commerciaux ; je parle de faire les choses *bien*.Si je n’ai pas de muscles dans les doigts et un minimum de pratique, je ne jouerai jamais Beethoven. Les avoir n’assurera pas que je le jouerai bien, mais au moins, il n’y a rien qui me retiendra.
« Sans pratique, le talent n’est qu’une sale manie. » – Brassens.
C’est tout de même amusant cette résistance à la technique, alors qu’elle est parfaitement admise dans la musique, le dessin, même la danse ou le deltaplane ; mais tout le monde est forcément écrivain. Probablement parce que bosser, c’est tout de suite plus chiant que de s’imaginer génial de base, alors on a tendance à considérer que c’est superflu… (Et c’est ainsi que des centaines d’auto-proclamés écrivains en herbe ne grattent pas plus de dix pages dans leur vie.) Le truc, c’est que même Mozart a dû un jour apprendre à lire une partoche. Faut bosser. Personne ne sait si vous êtes génial, et surtout pas vous : la seule chose que vous maîtrisiez, c’est le travail. Alors autant régler ce qu’on maîtrise. Et puis même, les récompenses, la richesse, la maîtrise, les enseignements qui viennent avec le travail sont souvent bien plus délectables que la facilité immédiate. Et voilà que je sonne comme un jésuite, merde.
Alias : Portrait de l’artiste couronné de gloire et entouré de symboles puissants (c’est pas moi qui le dis, c’est sur la page correspondante !)
Ces rencontres ont donné lieu à deux articles :
La page de CLARE, donc, propose également photos (et bientôt vidéos, j’en reparlerai).

2012 a été une excellente année à ce titre ; la sortie de Léviathan : La Nuit, qui a été très favorablement accueilli et a transformé l’essai de La Chute ; la sortie de l’anthologie Reines et Dragons, co-dirigée avec ma camarade Sylvie Miller ; j’ai eu l’honneur d’être nommé coup de coeur des Imaginales ; j’ai eu le grand plaisir de participer à un certain nombre d’événements un peu différents des salons habituels, comme le colloque sur l’Antiquité à la Sorbonne ou Econo’mer à Brest. Et puis, lors de mon volontariat à Mull, j’ai vu des orques, et ça vous fait une année. (Ce serait bien que je retrouve et poste mon journal d’expédition avant l’été prochain…)
Ce que je vais faire en 2013 :
Le reste… se décidera au fur et à mesure ; si je disais tout ce que j’ai envie de faire, cet article ferait dix pages.
Je compte également, pour la première fois depuis une petite dizaine d’années, réarchitecturer ma routine de travail. J’ai tendance à trop me laisser accaparer par le Monde Réel (TM), tout particulièrement si je pars en débat enflammé sur un réseau social quelconque. Or, mon travail consiste à écrire des livres. (Ou traduire, ou anthologiser, etc.) Pas à me laisser accaparer par le Monde Réel (enfin, toutes proportions gardées, il vient en second). Auparavant, je laissais le Monde Réel m’accaparer le matin pour satisfaire ma tendance obsessionnelle-compulsive et j’écrivais l’après-midi ; dorénavant, afin de bien remettre au coeur de mon système ce qui, à terme, est ma seule véritable obligation (au sens d’avoir un contrat signé avec un chèque derrière et des lecteurs qui – gloire leur soit rendue – m’attendent avec des barres à mines si je ne rends pas les livres à temps) je commencerai par écrire, puis, si mon quota est rempli, alors je m’occuperai du Monde Réel – seulement en second lieu. Le raisonnement étant : si je rate un jour de blog, si je mets une semaine à répondre à un mail, ça n’est pas très grave. En revanche, si je ne remplis pas mon quota d’écriture, ça l’est – et en premier lieu pour moi, parce que ça me déprime totalement.
Mais cela ne devrait pas changer beaucoup de choses ici ni sur les réseaux, puisque je prépare de plus en plus mes articles avec un peu d’avance pour éviter la panique du dernier moment ; et ça me permet de fournir plus régulièrement aussi.
Ils sont 9 à relever le gant : Timothée Rey, David Bry, Sylvie Lainé, Lionel Davoust, Laurent Queyssi, Charlotte Bousquet, Stéphane Beauverger, Xavier Bruce et Thomas Day avec plus ou moins de succès. Pas forcément dans le respect du cahier des charges mais dans l’intérêt suscité chez le lecteur.
Pour moi, ceux qui s’en sortent le mieux sont David Bry, Lionel Davoust, Charlotte Bousquet, Stéphane Beauverger et Xavier Bruce.
Un avis de Jack sur cette anthologie, où figure « Nuit de visitation« , à lire sur son blog.
Ça y est ? Y a pas eu la grosse météorite, l’alignement des planètes du système solaire n’a pas produit le tsunami du millénaire, le calendrier maya ne s’est pas terminé ? (Sérieux, s’ils avaien su prédire l’avenir, vous ne croyez pas qu’ils auraient deviné que les Espagnols allaient débarquer ?) J’ai cherché « Maya shame » et autres mots-clés connexes pour voir s’il y avait des reportages gras jetant des pierres aux peureux qui se sont planqués dans des abri anti-atomiques le 21 décembre avec des gros plans sur leurs mines contrites mais, à ma grande insatisfaction, l’Internet multimédia n’a pas donné réponse. Alors qu’on sait tous comment ça s’est passé :
Hein.
Bon, c’est le 31, et tous les ans, c’est l’heure du bilan, plus particulièrement sur le bar. Déjà, 2012, ça a été le lancement de la version 5 du site, une version qui remplit toutes mes attentes au niveau maniabilité et facilité d’administration pour moi, ce qui m’a permis de tenter de revenir au blogging quotidien (ce que je tiens depuis six mois). Il n’y a pas d’article de fond tous les jours – ce n’est pas tenable pour moi, et ça fait trop à suivre pour vous – mais cela me permet, entre les plats de résistance, de proposer une mise à jour plus légère, une vidéo, un lien vers une chronique. Je crois que c’est – enfin – une formule qui marche et, l’un dans l’autre, cette mouture du site va probablement subsister pendant encore un bon moment (ce qui n’empêche pas les améliorations).
Comme c’est maintenant la tradition depuis quelques années, un tour des articles qui t’ont le plus intéressé, auguste lectorat, et de ceux que je voudrais sauver au rattrapage (envoie un SMS avec le chiffre 1 au 8 23 23).
Qu’est-ce qu’il en ressort ? Qu’à part l’effet de distorsion causé par les articles Facebook, ce qui reste le plus visité – donc probablement ce qu’on s’attend à trouver le plus ici – ce sont les articles sur le monde du livre et la technique d’écriture. Je comptais en parler davantage cette année, ce fut chose faite, et j’en suis content, mais je n’en ferai pas encore davantage, en principe. Je tiens à rester ouvert sur une multiplicité d’autres sujets, en particulier le volontariat, et tant pis si c’est moins lu, ce sont des choses qui me tiennent à coeur. Je note aussi que les articles didactiques, courts et clairs sur le métier suscitent de l’intérêt. J’en ferai d’autres, puisque c’est comme ça !
Eh bien, d’habitude, j’ai des articles qui sont totalement passés inaperçus, mais cette année, globalement, je ne me plains pas. Ça veut probablement dire que j’ai appris à les signaler… ou que nous apprenons ensemble à mieux utiliser les outils pour interagir. Néanmoins, s’il fallait attirer l’attention sur d’autres articles cette année, voici sur quoi je proposerais de revenir :
J’en parle depuis, pfouuu, un an et demi au moins, les portails sur les univers. Eh ben, ça se précise ! Pour de vrai. J’ai des notes, et tout. Et du matos. It’s coming (comme le winter).
Plus en détail, de petites améliorations à prévoir ici et là, bien sûr ; finir de consolider la revue de presse, ouvrir la section entetiens et ainsi de suite, le but étant de rendre les infos plus faciles à trouver pour tout le monde (et donc de gagner du temps). Dans le même ordre d’idée, je vais continuer à clarifier ce que je peux ou pas faire ; ce à quoi je peux répondre de manière réaliste, et ce que je dois hélas décliner. Le but étant d’éviter de décevoir et, en contrepartie, de mieux promettre, comme de mieux me concentrer sur ce que je dois faire mais n’arrive qu’à grand-peine à réaliser (genre, ahem, répondre à mes mails).
Enfin, je crois qu’il faut que j’annonce, suite à un effet ras-le-bol des réseaux sociaux, que je tolère de moins en moins les raisonnements par catégorie, les gens qui savent, les juges de paix qui veulent lisser les opinions au titre de non mais tu vois tu penses ça mais lui il pense ça aussi et il a le droit alors vous devriez penser autre chose tous les deux et autres ayatollah du consensus mou. Non. Je pense des trucs, parfois à tort ; quand je me plante, je le dis. Quand il s’agit d’opinions, j’ai la mienne, je le partage, j’en change si je veux, tu en as une différente, c’est cool, on discute, mais tu as le droit de penser autre chose et moi aussi. Je deviens de plus en plus taquin à cause de ça et je crois que c’est pas parti pour s’arranger. J’ai toujours été plus cinglé que toi.
Et maintenant, tuons 2012 avec des planches à clous rouillés et avançons-nous ivres et légèrement malades vers 2013 ! Amusez-vous bien ce soir, et surtout conduisez prudemment.
Le n°22 du podcast Elbakin est sorti depuis un moment – après les Utopiales, et il reflète donc le thème des Origines, choisi cette année pour la manifestation nantaise. Les questions portaient sur les racines de la fantasy : est-ce un genre tourné vers le passé, comme on l’entend souvent ? Un sujet auquel j’ai été ravi de répondre, car je considère la critique comme un non-sens.
Les intervenants sont (par ordre d’apparition) :
Dans l’ensemble les nouvelles de ce recueil sont de bonnes facture. Les quatre nouvelles m’ayant le pus marqué sont : « Le miroir d’Electre » de Jeanne-A Debats […] « Le labyrinthe » de Romain Aspe […] « Les Dieux veulent, les Dieux prennent » de Nicolas Delong […] Finalement, « Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse » de Lionel Davoust […]
Un avis de Cédric Jeanneret à lire sur son blog, sur cette anthologie où figure « Faisabilité et intérêts zootechniques de la métamorphose de masse ».