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« Les Questions Dangereuses », in Dimension De Capes et d’Esprit vol.2, disponible

Couv. Aurélien Hubert

Mes excuses à tous ceux qui suivent l’actualité seule par mail : cela fait beaucoup d’envois rapprochés ces derniers temps, mais l’actualité fonctionne comme les averses – par groupes…

J’ai le très grand plaisir d’annoncer que la novella dont je parlais depuis quelque temps sans la dévoiler, intitulée « Les Questions Dangereuses », vient de sortir dans l’anthologie Dimension De Capes et d’Esprits vol.2, dirigée par Eric Boissau aux éd. Rivière Blanche. Ce livre propose neuf nouvelles de fantasy historique, hautes en couleurs, dans l’héritage de la littérature populaire.

Sommaire

  • Jean-Michel ARCHAIMBAULT, Les Cométaires d’Aurigalle
  • Jacques BAUDOU, Lagardère et la Chasse Galerie
  • Jean-Michel CALVEZ, Traverso
  • Fabien CLAVEL, Une Aventure de Don Juan
  • Lionel DAVOUST, Les Questions Dangereuses
  • Micah HARRIS, La Papesse d’Avignon
  • Michel PAGEL, Dans la Lumière, Je Viendrai
  • Xavier PENIN, Cent Âmes pour un Roi
  • John SHIRLEY, Les Deux Panaches de Cyrano

À propos de « Les Questions Dangereuses »

Ah, Batz ! Clerc, moine – que dis-je, philosophe ! – ce sont là les métiers à haut risque, non le nôtre. Nous au moins n’avons jamais aucun doute dans le maniement des armes, mais eux qui mijotent avec elles continûment sans jamais y échapper finissent par confondre Question et Réponse, oubliant qu’il y a l’extrémité que l’on empoigne et celle avec laquelle on tue.

Dans un Royaume de France où le plus grand danger n’est pas la rapière, mais une Question à laquelle on ignore la Réponse, Thésard de la Meulière et Batz d’Arctangente sont mancequetaires du roi : les plus fins esprits de la ville de Paname, dévoués à la protection de la reine. Quand un meurtre ignominieux se trouve commis aux funérailles d’un héros national, Thésard se lance sans hésiter dans des investigations qui l’amèneront à dévoiler un complot d’envergure mondiale – et où son cerveau pourrait bien finir par couler par ses oreilles.

J’ai pris un plaisir énorme à écrire ce texte complètement frappé ; il fait partie de ces histoires dont l’hypothèse de base est d’une débilité tellement profonde (tout le concept m’est venu de la phrase « un monde où les énigmes mathématiques non résolues peuvent tuer ») que vous ne pouvez absolument pas résister à l’écrire. Je crois – et c’est peut-être ce que j’apprécie plus encore à son sujet – qu’il est aussi, clandestinement, d’une grande cruauté, et c’est pourquoi j’espère qu’il saura vous amuser. Si vous avez apprécié « Tuning Jack » (téléchargeable gratuitement) ou « L’Île close », je crois qu’il y a de fortes chances que vous appréciez aussi ces Questions Dangereuses.

Se procurer le livre

Il est commandable bien entendu chez tous les bons libraires (ISBN-13: 978-1-61227-027-2), mais aussi directement sur le site de Rivière Blanche à cette adresse.

2011-07-20T20:22:10+02:00mercredi 20 juillet 2011|Actu|Commentaires fermés sur « Les Questions Dangereuses », in Dimension De Capes et d’Esprit vol.2, disponible

Causerie chez les Plumes Asthmatiques

Hop ! La causerie chez le très sympathique blog Les Plumes Asthmatiques (partenaire du colloque de 2012 à la Sorbonne sur l’Antiquité gréco-latine en fantasy) a été publiée dans son intégralité :

(Pour les fidèles de ce lieu de perdition, je crois que la part.2 est celle qui comporte le plus de nouveaux éléments, puisque nous avons longuement discuté de ces « nouveaux médias » et leur rapport avec la littérature, mais n’hésitez pas à jeter un coup d’oeil au reste !)

2011-07-19T19:48:12+02:00mardi 19 juillet 2011|Actu|Commentaires fermés sur Causerie chez les Plumes Asthmatiques

Tour d’horizon des principaux logiciels d’écriture dédiés

NOTE :

UNE VERSION MISE À JOUR DE CET ARTICLE EST DISPONIBLE ICI

Tour d’horizon des principaux logiciels d’écriture dédiés, édition 2018

C’est une question qui revient assez souvent en atelier mais aussi en ligne : à partir du moment où l’on accepte que l’écriture d’un roman doit comporter un minimum de planification (d’une page de notes pour un scriptural à des dossiers entiers pour un structurel comme yours truly), que cette construction est un métier très particulier qu’il faut apprendre en partie par soi-même, quels outils peut-on employer pour se faciliter la tâche ?

L’ordinateur offre évidemment des facilités de classement, d’archivage et de traitement du texte uniques, aussi des logiciels d’aide spécialisés sont-ils apparus, avec des intérêts très inégaux.

Exigences

L’écriture doit, à mon sens, ménager un juste équilibre entre spontanéité et rigueur de construction ; une intrigue qui avance est une intrigue qui fait des choix, et les assume dans leurs ramifications. Mais, dans le même temps, la créativité de l’auteur ne doit pas être corsetée ni orientée vers un chemin qui lui déplaît intuitivement. Ménager cet équilibre est une condition indispensable de tout logiciel d’écriture.

Pour mériter cette appellation et être un minimum utile, un logiciel d’écriture doit offrir à l’auteur un environnement centralisé pour la construction de son récit, soit, principalement, deux versants :

  • La collecte de réflexions préparatoires, puis leur archivage pour s’y référer ultérieurement (Bob avait-il les yeux bleus ou noirs et était-il né en 784 de l’ère du Chaudron ou en 835 de l’éon de la Chaussette ?)
  • La construction du scénario proprement dit, c’est-à-dire le recueil des scènes et leur agencement progressif vers l’ordre final du récit.

Je suis loin d’avoir tout testé (même si j’en ai testé un certain nombre), et, ces exigences à l’esprit, j’aurais tendance à recommander l’un des quatre suivants, chacun assez flexibles pour convenir à diverses manières de travailler, tout en organisant les informations de façon puissante.

Quarté+

Scrivener

[Mise à jour de 2015 : Scrivener sous Windows est à présent mûr, pleinement fonctionnel et, à mon sens, le logiciel roi des studios d’écriture. Plus d’informations ici.]

Scrivener a longtemps été une exclusivité Mac, mais une version Windows est en préparation (version beta téléchargeable et gratuite) pour sortie probable vers la fin de l’année. Le logiciel se présente plus ou moins comme un traitement de texte hiérarchique : un volet à gauche se comporte comme un classeur à intercalaires, chacun pouvant contenir un nombre illimité de fiches, qui peuvent aussi bien être des notes (personnages, lieux…) que des chapitres.

Ainsi, l’auteur effectue tout son travail dans Scrivener, de la préparation à la rédaction proprement dite. Pour l’organisation des scènes, le logiciel propose une vue « tableau en liège » où chacune se trouve punaisée virtuellement à la façon d’une fiche bristol, qu’il est ensuite possible de réarranger de manière à déterminer le meilleur ordre. Il sait également archiver plusieurs versions de la même scène, du premier jet à la version définitive, pour restaurer d’éventuels changements malencontreux.

À la fois puissant et très flexible, Scrivener associe le confort des outils dédiés à l’écriture à une grande fluidité d’usage, ce qui devrait lui permettre de s’adapter à tous les modes de travail. Deux regrets cependant : le traitement de texte est vraiment basique (il ne gère notamment pas les particularités de la typographie française et il sera très difficile d’y intégrer un pack de correction externe type ProLexis ou Antidote) et la beta sous Windows semble encore assez instable.

Writing Outliner

Writing Outliner est presque une honte tant c’est une repompe éhontée de Scrivener : interface semblable, mêmes bonnes idées, on retrouve un grand nombre de fonctionnalités. Cependant, Writing Outliner est construit comme une surcouche à Word : lancez le traitement de texte, un projet Writing Outliner, et vous avez les fonctionnalités puissantes de l’un avec les particularités de l’autre. Pour cette raison, Writing Outliner aurait ma préférence, car l’on peut continuer à employer tous ses autres logiciels complémentaires (packs de correction), la typographie sera correctement gérée, etc.

Site officiel

Liquid Story Binder XE

Attention, on entre dans du très lourd. LSBXE (pour les intimes) constitue à peu près l’accouplement contre nature d’un logiciel d’écriture avec une centrale de contrôle de silos à missiles atomiques. C’est la Rolls, le logiciel ultime, qui sait tout faire, d’archiver la moindre de vos réflexions à minuter à la seconde près l’emploi du temps des personnages, en passant par la diffusion automatique de musiques d’ambiance pendant votre rédaction. LSBXE regorge littéralement de modules dans tous les sens pour accomplir des tâches auxquelles vous n’aviez peut-être même pas pensé.

LSBXE a juste un léger problème : il est parfaitement incompréhensible.

Du moins, tant qu’on n’est pas prêt à investir un temps certain pour l’apprivoiser (je ne parle même pas de créer avec). La prolifération des modules, une aide très fonctionnelle mais qui n’aide pas à comprendre comment on est véritablement censé s’en servir, des partis pris d’interface inhabituels qu’on croirait hérités d’un logiciel Adobe en font une usine à gaz très jolie (du moins sur les captures d’écran) mais avec une courbe d’apprentissage sacrément raide. Écrire un roman avec ça me fait l’effet de dresser la comptabilité du foyer avec R : on peut, mais ce serait tellement plus simple avec Excel. Je le mentionne parce que LSBXE a ses fans inconditionnels et que le logiciel reste d’une énorme puissance. Tant qu’apprendre à s’en servir ne constitue pas une forme particulièrement retorse de procrastination…

Site officiel

Writer’s Cafe

S’il y a  LSBXE à l’extrémité hardcore du spectre, alors Writer’s Cafe se trouve à l’autre (avec Scrivener quelque part au milieu) : simple d’usage, un look un peu Fisher Price sur les bords, plein de messages positifs et de citations d’encouragements d’auteurs connus, W’sC se veut volontairement rassurant pour l’auteur un peu incertain qui cherche à donner une forme à la myriade d’idées qui lui bouillonnent dans la tête. Et, franchement, ce n’est pas un mal.

W’sC veut recréer tout un environnement de travail unique pour l’écriture, un « bureau dans le bureau », proposant ses modules comme autant d’applications séparées, dont, avouons-le, un certain nombre fait un peu gadget (un générateur de noms pas bien transcendant, un répertoire de citations d’encouragement – sympa mais pas indispensable -, etc.). Il propose tout de même un journal, un carnet pour les réflexions en vrac, etc. En fait, W’sC montre plutôt quelle devrait être la méthodologie d’un auteur moderne, mais c’est un encouragement à trouver de meilleurs outils pour chaque tâche proposée.

Cependant, W’sC vaut son prix pour un seul et unique module, Storylines (en capture d’écran). C’est l’outil dédié le mieux conçu que j’aie essayé pour l’organisation d’un scénario. Chaque personnage ou ligne narrative est représenté physiquement sur le tableau ; chaque carte représente une scène, ou un chapitre, avec détails, lieux, etc. Très simple d’emploi mais très bien pensé, ce module permet de jeter à plat les idées d’une intrigue complexe pour les trier et les ordonner d’une façon très confortable, tout en orientant subtilement l’auteur pour se poser les bonnes questions. Encore une fois, le traitement de texte ne peut pas lutter avec un Word, mais, pour l’organisation de récits complexes à points de vue multiples, c’est un outil de débroussaillage à ne pas négliger. On peut aussi le recommander à l’auteur qui ne s’est jamais essayé à de tels outils, au jeune auteur qui cherche à se cadrer, avant de passer à Scrivener ou Writing Outliner.

Site officiel

And the winner is…

Bon, après ce tour d’horizon, je crois que l’article ne serait pas complet si je ne précisais pas ce que j’utilise moi-même parmi ceux-là.

Réponse ? Aucun. [EDIT de 2015 : À présent, si. C’est Scrivener, haut la main.]

J’utilise un autre mélange d’outils, qui ne sont absolument pas spécialisés pour l’écriture de fiction, et l’un d’eux est tout simplement Word. Le logiciel d’écriture ne fait pas l’auteur ; c’est se connaître qui aide à canaliser sa créativité. Un soft d’écriture ne remplacera pas la pratique ni, surtout, la méthodologie qui en découle. En ce qui me concerne, j’ai retrouvé les options qui m’étaient les plus chères et le juste mélange de flexiblité et de rigueur dans d’autres combinaisons de logiciels – mais ce n’est que moi. Des écrivains plus expérimentés utilisent LSBXE, Writer’s Cafe, Scrivener au quotidien (on peut citer Michael Marshall Smith ou Holly Lisle pour ce dernier) avec profit : à vous de voir là où vous vous sentez le mieux. Tous ces logiciels proposent des versions d’évaluation : téléchargez-les et essayez-les !

Dans l’intervalle, si vous avez des logiciels préférés ou à recommander, n’hésitez pas à le faire en commentaires !

2018-07-31T09:29:11+02:00vendredi 15 juillet 2011|Technique d'écriture|17 Commentaires

Mais c’est qu’il va causer longtemps

Couv. Alexandre Fort

En fait, j’aurais dû être plus poli avec madame la marchande hier (je ne sais pas d’où m’est venu ce trip avec la marchande, probablement de la fromagère de lundi), car il y a maintenant autre chose à ajouter :

Causerie virtuelle

En effet, aujourd’hui commence une longue causerie avec votre serviteur : un entretien en profondeur, en trois parties, sur le blog Les Plumes Asthmatiques, partenaire du colloque de la Sorbonne sur les liens entre Antiquité et imaginaire où j’ai l’honneur d’être invité en 2012. J’y parle un peu de traduction, pas mal de technique d’écriture, beaucoup d’Internet et de réseaux sociaux. C’est là : Causeries : L’Importance de Lionel Davoust (1/3). Et oui, c’est un titre qui va faire beaucoup de mal à mes chevilles, mais qui me fait très plaisir de par son clin d’oeil avec le recueil.

Causeries réelles

D’autre part, les déplacements et événements autour de Léviathan : La Chute sont en train de s’organiser. Déjà trois dates à vous annoncer, mais on en reparlera :

 

2011-07-14T17:57:38+02:00jeudi 14 juillet 2011|Actu|2 Commentaires

Beaucoup de gens bons

Couv. Eric Scala

« Bonjour madame la marchande, qu’est-ce que vous avez pour moi, aujourd’hui ?

— Ah, mon bon monsieur, plein de choses. Tout d’abord, l’anthologie Contes de villes et de fusées, aux éditions Ad Astra et où figurait « Le Sang du large », continue à émouvoir de nouveaux lecteurs. Vous avez par exemple :

  • Un panorama détaillé d’Olya ici,
  • Une très belle critique de la part de la revue québecoise Solaris, lisible là.

— Oh, merci, madame la marchande. Et sinon, sur La Guerre, anthologie d’une belligérance, où figurait « Point de sauvegarde » ? Je vous demande ça, c’est un de mes rares textes de SF, alors je me demande comment il est reçu.

— Bah écoutez, ça va pas mal, mon bon monsieur. Vous avez :

Couv. Simon Goinard Phelipot

— Alors ça c’est cool, ça me fait bien plaisir !

— Attendez, ce n’est pas tout : sur Victimes et Bourreaux, où figurait « Au-delà des murs », il y a un très bel article du Pingouin consacré rien qu’à vous.

— Waouh, ça, ça me fait encore plus plaisir ! Ah, je voudrais bien lui laisser un commentaire pour le remercier, seulement je n’ai aucun compte qui me permette de me logger sur son blog pour ce faire. Vous croyez que s’il consulte ses référents stats ou suit notre échange, je pourrais lui laisser un message ici ?

— Eh bien, essayez toujours, on sait jamais.

— D’accord. Voici : merci beaucoup pour ce très bel article, pour votre appréciation du texte et cette étude en profondeur ! J’en suis vraiment très heureux. Pas d’inquiétude, Evanégyre ne sera nullement abandonné, c’est un monde vaste où j’ai beaucoup  d’histoires à raconter ; la série Léviathan (les thrillers) sera menée en parallèle. Je voudrais seulement des journées de 48h !

Couv. Julien Delval

— OK, c’est archivé pour la postérité, soit l’Internet Time Machine, mon bon monsieur.

— D’accord. Et sinon, quoi d’autre ?

— Hein ? Vous trouvez pas que c’est déjà pas mal ? Vous en voulez encore ? Franchement, ces auteurs, tous des divas. Jamais satisfaits ! Fichez-moi le camp d’ici !

— Ah mais non, c’était juste une question, je…

— On dit ça ! Dehors, malotru !

— Aïe, oui madame, d’accord, lâchez ce rouleau à pâtisserie, s’il vous plaît, ça me fait mal à la tête et c’est une partie de moi dont j’ai besoin. »

2011-07-13T18:24:33+02:00mercredi 13 juillet 2011|Actu|2 Commentaires

SFFT Awards : des prix pour de la traduction en anglais

J’ai un mois de retard sur cette info mais d’une part, elle a peu circulé, d’autre part, elle mérite de circuler : en juin dernier ont été remis les Science Fiction and Fantasy Translation Awards, qui visent à récompenser le travail de traducteurs de l’imaginaire de langues étrangères vers l’anglais. Il est très agréable de voir la traduction récompensée et reconnue, mais aussi quand il s’agit de l’apporter aux territoires anglophones, où la pénétration des littératures étrangères reste très faible. Bravo donc à tous les lauréats, mais aussi au jury pour cette initiative, qui est en plus dotée d’une somme monétaire divisée entre l’auteur et son traducteur (ce qui est rare).

Long Form Honorable Mention

The Golden Age, Michal Ajvaz, translated by Andrew Oakland (Dalkey Archive Press). Original publication in Czech as Zlatý Věk (2001).

Long Form Winner

A Life on Paper: Stories, Georges-Olivier Châteaureynaud, translated by Edward Gauvin (Small Beer Press). Original publication in French (1976­-2005).

Short Form Honorable Mention

“Wagtail”, Marketta Niemelä, translated by Liisa Rantalaiho (Usva International 2010, ed. Anne Leinonen). Original publication in Finnish as “Västäräkki” (Usva (The Mist), 2008).

Short Form Winner

“Elegy for a Young Elk”, Hannu Rajaniemi, translated by Hannu Rajaniemi (Subterranean Online, Spring 2010). Original publication in Finnish (Portti, 2007).

Special Award

In addition to the standard awards, the Board of ARESFFT presented a special award to British author and translator Brian Stableford in recognition of the excellence of his translation work.

(Je suis particulièrement heureux de voir récompensé Edward Gauvin, qui avait réalisé l’excellente traduction de « L’île close » et qui se bat pour faire entrer l’imaginaire français aux États-Unis.)

2011-07-11T18:24:55+02:00lundi 11 juillet 2011|Le monde du livre|4 Commentaires

Dix choses indispensables que m’a appris Mega Shark Vs. Giant Octopus

Auguste lectorat, tu connais mon amour immodéré pour la faune marine (et, je l’espère, ma modeste compétence en la matière). Mais j’ai vu Mega Shark Vs. Giant Octopus et j’ai compris la vérité. L’océanobiologie n’a rien à voir avec ce que je croyais avoir appris, avec ce que j’avais expérimenté. Surtout quand un mégalodon et un kraken géant emprisonnés depuis des milliers d’années se trouvent libérés brutalement et foutent le dawa à travers le monde, traumatisant la navigation et les habitations côtières. Heureusement, un biologiste marin, ça sauve le monde. Et ça se tape son homologue dans le placard à balais.

Voici dix leçons qui, un jour, te sauveront la vie.

10. Les supérieurs de l’armée te gueulent tous dessus et font la tronche (mes condoléances pour la perf’, Lorenzo Lamas).

9. Dès que la glace qui emprisonne un organisme se brise, il reprend direct son activité comme s’il ne lui était rien arrivé. (Au secours, j’ai peur de mes surgelés.)

8. À en juger par le morceaux de chicot laissé dans le cadavre de baleine au début, les requins géants n’ont pas des dents, mais des vilebrequins.

7. Tous les profs de biologie marine à la retraite disposent à la maison d’un iMac 28 pouces, d’une banque de données crocs & dentition complète de la faune mondiale et d’un spectrographe de masse que leur labo n’aurait jamais eu les fonds de se payer en vingt ans d’allocations de fonds.

Ah, tu tombes bien, j'étais en train de craquer le serveur du Pentagone.

6. Je l’avais pressenti en regardant Les Experts, j’en ai la confirmation : la science se résume exclusivement à mélanger des liquides dans des béchers sur fond de musique lounge dans une atmosphère tamisée en attendant qu’un truc vire au fluo. (Et si c’est vert, c’est très puissant.)

Soit c'est un très grand bureau, soit on a filé à ces pauvres gens de toutes petites chaises.

5. D’ailleurs, si tu ne trouves pas la solution à ton problème, envoie-toi en l’air dans le placard à balais et ça te viendra par magie. Je savais bien que j’aurais dû faire une thèse.

4. Un requin capable de nager à 800 km/h pour traverser l’Atlantique à toute berzingue n’est malgré tout pas foutu de rattraper un sous-marin de poche. Il était nucléaire, faut dire, et le nucléaire, c’est cool.

Le Crétacé était une époque tellement peu évoluée que les animaux avaient tous moins de polygones qu'aujourdhui.

3. D’ailleurs, les biologistes marins sont des têtes brûlées qui chouravent des sous-marins nucléaires de poche à l’armée pour aller passer du Beethoven aux baleines en migration. (Je jure que je n’invente rien.)

2. Pour atteindre une cible sous-marine, tire au canon anti-aérien. (Puis étonne-toi que ça foire.)

1. Tous les cuirassés américains et japonais ont le même plan intérieur, seul l’éclairage change.

"Mais qu'est-ce qu'on fout dans un data center ?" "C'est la passerelle d'un cuirassé, alors ta gueule."

"Mais qu'est-ce qu'on fout dans une laverie ?" "ON A DIT QUE C'ÉTAIT LA PASSERELLE D'UN CUIRASSÉ FFS§§§"

Allez, une petite bande-annonce ?

2011-07-07T16:23:01+02:00jeudi 7 juillet 2011|Fiction|18 Commentaires

The Geek Zodiac

James Wright et Josh Eckhert sont fous, mais c’est juste génial (cliquez sur l’image pour un agrandissement) :

Le zodiaque geek, très construit et… qui fonctionnerait presque après quelques tests rapides. Est-ce à dire que l’astrologie, traditionnelle ou bidonnée, illustre merveilleusement la propension de l’esprit humain à voir dans son environnement les motifs qu’il veut y trouver ? (Je suis censé être Daikaju, soit scientifique – check – mais aussi solitaire – check).

Est-ce que vous pensez correspondre à votre signe geek ?

(Trouvé ici ; ces furieux proposent même des horoscopes sur Facebook et Twitter.)

2011-07-06T16:11:18+02:00mercredi 6 juillet 2011|Juste parce que c'est cool|17 Commentaires

Quelques jours après Google+

Google+ a été lancé et je fais partie (merci Mildred) des heureux (mais de plus en plus nombreux) beta-testeurs de l’application. Après une petite semaine d’utilisation, que peut-on exactement dire du truc ?

Bah c’est pas mal. C’est vraiment pas mal.

Déjà, qu’est-ce ? Un réseau social « de plus », mais construit à la Google, c’est-à-dire avec une certaine idée de la légereté dans l’interface, beaucoup de fonctionnalités bien pensées, et d’autres plus puissantes, mais cachées pour ne pas faire peur à l’utilisateur lambda.

Ce n’est pas une énorme révolution, mais c’est un outil élégant et léger, ce que ni Facebook (avec sa tonne d’applications et de jeux débiles – oui, je te regarde, Farmville -, mais qui ont – admettons-le – fait le succès de la plate-forme) ni Twitter (avec son côté volatile, qui est à la fois la force et la faiblesse du réseau) ne sont. G+ prend les meilleures idées des deux réseaux, y greffe quelques concepts qu’on peut qualifier de fondamentaux en cette ère d’interrogation du concept de vie privée, optimise le tout et le sert à l’utilisateur avec une interface connue.

Amitiés asymétriques

Sur G+, le concept de contact est asymétrique, comme sur Twitter. Contrairement à FB, où deux contacts doivent se déclarer mutuellement « amis » pour partager du contenu, l’ajout d’une personne sur G+ ressemble au « suivi » à la Twitter. C’est-à-dire que si je veux suivre, mettons, Sa Sainteté Tenzin Gyatso, 14e dalaï-lama, présent sur Twitter (ben oui, ), celui-ci n’est pas obligé en retour de confirmer qu’il s’intéresse à ma fascinante actualité (j’en soupire de regret, mais je me ferai une raison). En revanche, lui peut ajouter Benoît XVI et organiser une tea-party autour du concept de transmigration des âmes.

C’est là que G+ se démarque principalement de son principal concurrent : chaque contact que l’on ajoute doit être affilié à un cercle social. Ceux-ci sont définissables par l’utilisateur, mais le réseau distingue de base les amis, la famille, les connaissances et les personnes que l’on veut suivre. Et c’est là la beauté de la chose : chaque contenu que l’on souhaite partager – photos, statuts, liens – doit l’être expressément avec le ou les cercles souhaités. Ainsi, le contrôle du contenu est intégré de base à G+, au contraire de Facebook. Bien sûr, ce n’est pas la panacée : un utilisateur indélicat qui a accès à vos posts peut, dans une certaine mesure, les repartager à l’extérieur (si vous n’avez pas désactivé la fonction idoine). Mais c’est un grand pas en avant, principalement dans l’éducation des utilisateurs – or, comme on dit en informatique, PEBKAC (Problem Exists Between Keyboard And Chair) : le facteur humain est le premier talon d’Achille de tout système d’information.

Apparence d'un profil G+ (OK, le mien, mais là, je sais que j'ai l'autorisation...)

Pareil mais mieux

G+ ne déboussolera pas les utilisateurs de FB avec des fonctions identiques, mais mieux conçues :

  • Le « Like » s’appelle +1 sur G+ ; il se lie également de manière transparente au « +1 » que le moteur de recherche a intégré à ses résultats. En d’autres termes, c’est une façon plus rapide de partager du contenu. On pourra bien sûr reprocher à Google d’asseoir un peu plus sa domination sur le web en devenant une centrale de consultation et non un intervenant neutre.
  • Le partage et le téléversement de photos est encore plus facile que sur FB grâce au cliquer-déplacer.
  • G+ permet de formater ses messages avec du gras, de l’italique, du barré ; ça ne sert pas à grand-chose, donc c’est indispensable.
  • La zone de notifications vous annonçant de vos dernières actualités G+ (qui vous a ajouté, qui a commenté sur vos posts) est à la fois claire et concise ; elle est utile, alors que celle de FB, classée en trois zones (ajouts, messages privés, notifications proprement dites) devient vite submergée et donc inutilisable.

G+ propose d’autres fonctionnalités mobiles, un chat vidéo à plusieurs dont on loue les mérites un peu partout, mais j’avoue n’avoir pas encore joué avec.

Quel intérêt ?

Par Simon « Gee » Giraudot du Geektionnerd.

Ben oui, hein ?

Indépendamment du fait que je n’ai jamais porté FB très haut dans mon coeur en raison de ses nombreux scandales relatifs à la vie privée, G+ me semble une évolution à la fois nécessaire et bien pensée du concept de réseau social. C’est particulièrement intéressant dans le cas d’un auteur ou créateur, qui se trouve à mêler dans le même outil famille, amis proches, contacts professionnels et lecteurs ; le profil étant donc semi-pro, il est nécessairement empreint d’une certaine réserve de parole, ce qui empêche d’employer librement l’outil à des fins privés. Sinon, il faut deux profils – je connais des auteurs qui le font -,  employer des listes de contacts – ce qui est fastidieux -, ou se construire une « fan page » distincte – ce à quoi, personnellement, je me refuse énergiquement. Mais le problème se pose de façon plus générale à tous ceux qui ont, dans la même liste d’amis FB, leur conjoint et leur patron1

Par son système de cercles, G+ permet donc de centraliser dans un seul outil plusieurs types d’interactions sociales parfois incompatibles entre elles, ce qui est, il me semble, une première – en tout cas la première fois que la notion forme le fondement même de l’application et non une fonctionnalité optionnelle. Or, dans cette époque où nous vivons submergés par des flux d’information de toute nature qui accaparent notre esprit et exigent notre temps, la simplicité et la réduction du nombre de canaux de communication devient un impératif vital. Disposer d’un seul outil pour tout faire nous place dans le risque de devenir dépendants d’un monopole mais, en attendant, procure une efficacité salutaire.

Et maintenant ?

C’est un réseau social de plus, mais c’est Google. Le réseau étant encore très jeune, la fréquentation est basse et aucun outil social (TweetDeck, HootSuite, plug-ins WordPress…) n’est compatible pour l’instant, ce qui complique son usage dans une optique d’animation de communauté. Il me semble cependant qu’un auteur ou un créateur connecté aurait tout intérêt à y entrer au plus tôt pour se familiariser avec l’outil et son atmosphère. Et puis, on s’amuse ; ce n’est pas tous les jours qu’on peut assister à la naissance d’un potentiel phénomène Internet. 

Si vous êtes inscrit(e) sur G+, je suis facile à trouver avec mon nom. Et si vous désirez une invitation, je peux peut-être en fournir (mais pas sûr, les quotas d’inscription obéissent à des règles un peu nébuleuses) : envoyez-moi un mail avec comme sujet « Invitation G+ » et je vous en enverrai une à l’adresse d’expédition.

Nous allons maintenant voir si Google va encore se ramasser comme avec Buzz et Wave, ou si cette fois est la bonne…

  1. Si c’est la même personne, félicitations : vous avez tout compris au capitalisme moderne.
2011-07-08T15:49:07+02:00mardi 5 juillet 2011|Geekeries|18 Commentaires
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