Le Zettel de la semaine : Identifier la peur pour la résoudre et avancer (202307271855)

Pour mémoire, ces notes sont des extraits bruts de décoffrage de mon système de notes privé, afin d’expérimenter avec une forme différente de partage dans l’esprit des digital gardens.

Si j’ai peur, si je ne sais pas, identifier ce qu’il me manque.

Une leçon qui revient souvent, mais : si je n’arrive pas à savoir quoi écrire, si je suis pétrifié par la peur et la difficulté, cerner d’où vient la réticence. En général il s’agit de deux choses :

  1. Je n’ai pas envie de faire un truc (parce que c’est contraire au projet ou au personnage)
  2. Je n’ai pas suffisamment défini les choses ni répondu aux difficultés ou aux questions gênantes

Il ne faut pas avoir peur d’explorer pour le fun et le plaisir. Et surtout, il ne faut pas avoir peur de laisser émerger les idées, d’aller là où on veut, où ça semble fun, de les évaluer, et de les raffiner en fonction de ce qu’elles ouvrent. Et de les développer, de prendre des notes autant qu’il faut, avec du Mindnode, du Scapple, les raffiner et les ordonner en faisant plusieurs versions s’il le faut, jusqu’à inventorier les questions gênantes (❓) et y répondre, en identifiant les autres questions qui émergent, et construire ainsi sur plusieurs fronts, jusqu’à « sentir » les choses au lieu de lutter à les découvrir à l’écriture.

Je peux toujours avancer. La question est toujours : de quoi ai-je besoin pour cela ? Qu’est-ce qui me bloque, d’où vient ma réticence ? Me manque-t-il des choses ? Ou bien suis-je en train de prendre une piste délétère ? Rappelons-nous par ailleurs que si l’histoire dicte une piste qui pose « problème » (qui semble délétère), il est souvent possible de la réconcilier avec la vérité du projet, c’est juste que l’on n’a pas suffisamment creusé pour voir comment les pièces s’imbriquent. Il ne faut pas fuir. 

Comme dit E. Gilbert dans Big Magic : « things are interesting ». Si je ne vois pas comment les concilier, alors qu’elles font sens séparément, je n’ai pas découvert leur complexité sous-jacente qui permet à deux phénomènes en apparence contradictoires d’émerger, mais venant d’une seule cause. 

Ce travail est de toute façon inévitable : il faut se jeter sur la route de la difficulté plutôt que fuir, soit [[« Se jeter en-travers du camion »]].

CC-By-SA par Kai Schreiber
2026-08-12T07:51:53+02:00mercredi 12 août 2026|Technique d'écriture|0 commentaire

Drafts, où le texte commence (la boîte à outils de l’écrivain)

Ce n’est pas une application nouvelle, mais elle fait partie de ces outils tellement ouverts et puissants qu’ils nécessitent un temps d’apprivoisement pour comprendre exactement ce qu’ils apportent à une organisation de travail (comme Scrivener ou OmniFocus).

« Bref, je suis repassé sur Obsidian« , et quand on utilise l’application en mode hardcore (ce qui est quand même le but, sinon autant utiliser Bear), c’est-à-dire avec un thème personnalisé à l’extrême, 28k éléments dans la vault et environ 80 plugins, elle tend à s’étouffer et à se fermer agressivement sur téléphone. Il est possible de l’utiliser pour capturer des notes à la volée – et même de la rendre assez réactive pour ça – mais cela devient un peu malaisé quand il s’agit de revisiter ces morceaux de texte en déplacement ; par exemple pour ajouter une réflexion à une idée, ou pour parquer momentanément un paragraphe participant d’un projet à court terme, avec lequel on ne veut pas enliser sa vault.

À ce titre, Drafts est l’opposé d’Obsidian : tout ce qu’on voit en ouvrant l’application – qui est d’une réactivité folle –, c’est le curseur sur une page de texte. L’idée est simplissime : je l’ouvre, je note un truc, je la ferme (l’application).

Évidemment, toute personne tendant à noter la moindre idée intéressante dans Evernote / un carnet papier / des post-its / douze systèmes de notes abandonnés au fil des ans se verra couverte de sueurs froides à cette possibilité : oh non, quelle idée atroce, je vais me retrouver immédiatement avec 1352 notes non traitées, c’est la pire invention du monde.

C’est là que Drafts devient très malin mais qu’il faut, très clairement, s’y plonger un peu pour le personnaliser exactement selon ses besoins.

Tout d’abord, Drafts présente trois espaces où stocker ses textes : boîte de réception, avec drapeau, archive. Il revient évidemment à l’utilisateur·ice de visiter régulièrement sa boîte de réception pour décider quoi faire de ses idées – ça ne pensera pas magiquement pour vous (et aucun système ne peut penser magiquement pour vous, hein) – mais cela donne déjà quelques filtres de triage : tenez, prenez et mangez-en tous, ceci est ma liste de courses, ceci est l’idée incroyable de roman que j’ai eue sous la douche mais que je dois raffiner un peu avant de l’archiver où il faut dans mes notes longue durée.

Évidemment, ça ne suffit plus quand on commence à accumuler les possibilités tous azimuts. Heureusement, Drafts offre une infinité de manières de trier et afficher ses bouts de texte : il propose de définir des espaces de travail (workspaces) qui sont simplement des recherches prédéfinies sur l’ensemble des documents dans la base, et le critère de filtrage le plus puissant qu’on emploiera sera bien sûr des mots-clé (tags). C’est une manière idéale de définir des espaces transitoires pour ses idées – pas vraiment des inboxes, mais pas des notes achevées non plus. J’en ai quatre à l’heure actuelle : Set aside pour les notes mises de côté auxquelles j’ai besoin de revenir de loin en loin (ça peut être aussi simple qu’une liste de courses), Les Dieux sauvages pour les notes et idées rapides qui me viennent en cours de travail et auxquelles il faudra revenir, et deux espaces (qui deviendront peut-être un seul) pour les idées d’articles pour le présent blog, courtes et longues (selon le temps d’écriture à ma disposition cette semaine).

Enfin, Drafts n’a pas pour vocation de conserver les textes éternellement (même si on peut tout à fait construire un Zettelkasten avec) : il s’agit ensuite d’envoyer les textes à leur destination. L’application propose alors des actions, entièrement paramétrables : le document peut ainsi devenir une note dans son app favorite (Obsidian, Bear, Evernote…), un mail, un message texte, une tâche (dans OmniFocus, Things, Todoist…). Drafts capture date et heure de création d’un document, géolocalisation – le maximum de données possibles pour vous laisser décider qu’en faire. Simplement, c’est là que tout commence : c’est la boîte de capture unique pour tout ce qui entre dans votre espace numérique.

Et si vous n’avez pas l’esprit ni le temps de créer ces actions, aucun problème : la communauté en offre certainement déjà pour vos applications favorites, il suffit de visiter l’Action directory (comprenant plus de 1500 actions actuellement), de chercher votre bonheur, et d’ajouter l’action choisie à votre propre Drafts d’un simple clic. Rien ne vous empêche d’utiliser ces actions comme base pour définir les vôtres, d’y ajouter le raccourci clavier de votre choix, et évidemment, tout se synchronise via iCloud.

Au bout du compte, ma propre liste d’actions est assez simple, mais couvre 95% de mes besoins : la plupart de mes Drafts finissent dans Obsidian, avec (pour une entrée de journal) ou sans géolocalisation, ou alors dans DEVONthink (ma bibliothèque), OmniFocus (liste de tâches), Apple Mail, Bluesky, ou simplement un fichier texte (quand je rédige les notes d’épisode de Procrastination, par exemple).

Drafts nécessite un abonnement, mais il est extrêmement raisonnable (une vingtaine d’euros par an). Pour une application que j’emploie une dizaine de fois par jour dans le cadre de mon travail mais aussi de ma vie personnelle, qui me permet de sortir immédiatement et de manière fiable les idées qui m’occupent la tête, et fonctionne aussi bien avec tout le reste des mes outils (en particulier Obsidian), la dépense est amplement justifiée.

➡️ En savoir plus sur Drafts

2026-08-10T02:50:03+02:00lundi 10 août 2026|Lifehacking|0 commentaire

La transhumance bisannuelle de mes notes est achevée

Approchez, approchez ! Rassemblez-vous autour du plus grand cirque du monde ; ses acrobates jonglent avec des extraits CSS périlleux ; la foule s’amasse en systèmes de notes défunts ; les chapiteaux ne sont pas chamarrés du tout car Minimal c’est la vie ; partout, les enseignes sont en Bear Sans.

Certains sont à la recherche de la douzaine d’œufs parfaite, d’autres quêtent l’application de notes parfaite. Laquelle n’existe pas, je sais, car la perfection n’est pas de ce monde, pas depuis qu’on a viré Lilith de l’Éden en tout cas. Le feuilleton de l’été, sans équivoque bien plus intéressant que n’importe quelle saga familiale télévisée (sauf Le Secret d’Élise, parce que c’était chouette), concerne bien entendu le sens dans lequel le vent souffle pour me faire choisir une plate-forme de notes. Après avoir juré mes grands dieux que je restais sous Bear, fini, terminé, on arrête le bidouillage d’Obsidian, je suis bien évidemment revenu sur Obsidian, et cette fois c’est fini, terminé, je ne changerai plus jamais. Ahaha, non je déconne.

Pour le changement, je veux dire. Je suis bien de retour sur Obsidian.

Pourquoi ? Est-ce que je sais seulement ? Ne sommes-nous pas les innocents jouets des fatalités obscures de nos impulsions inconscientes ? Choisir un·e partenaire au détour d’une circonstance aléatoire, dicter nos circonstances de vie selon des impératifs qui nous dépassent, utiliser Bear ou Obsidian, nous ne sommes que des feuilles d’automne dispersées par le caprice de systèmes météorologiques. On n’utilisera juste plus Evernote, parce que là, faut pas abuser.

Plus sérieusement. Qu’est-ce qui m’arrive ? Pourquoi ai-je replongé dans cette drogue dure aux 6341 plugins et 647 thèmes (à l’heure où j’écris) ?

Tout se passait bien avec Bear jusqu’à ce que je conduise un énorme (colossal) travail personnel, lequel a généré au bas mot un millier (oui) de notes et de fragments bordéliques en full mode hyperfocus, entre réflexions construites, illuminations notées sur un coin de table, journaux méthodiques, et le problème avec ça, c’est que je ne sais pas où ça va : c’est un journal (par définition fluide, non construit, flux de conscience) ou bien une note (une réflexion que je veux archiver et conserver pour plus tard) ? Se trouve au cœur de cette tension l’essence du travail créatif : nous sommes le terreau sur lequel germent nos œuvres, et le terreau, par définition, ça fermente. Les réflexions sont plus ou moins abouties. C’est tout le jeu. Or mon organisation utilisait Bear pour les notes construites et Day One pour le journal. Incapable de séparer les deux, de déterminer où le contenu était censé aller, paralysé par la peur de manquer potentiellement un noyau d’idée qui pourrait devenir une réflexion nécessaire en l’enfermant au loin dans Day One sans plus jamais y revenir, je me suis trouvé avec un inbox engorgée en l’espace de quelques mois (1379 notes), où se mêlaient des choses à faire un peu urgentes, et des logorrhées sur la vie, l’univers et le reste.

Leçon comprise : pour le travail que je produis, je ne dois pas séparer les environnements de réflexion, de création et de documentation. Car le flux de connaissance ressemble à ça :

Les notes doivent toutes vivre ensemble. En effet, comme avec toute entreprise créative, il est impossible de savoir a priori ce qui aura du sens et donnera une saga épique en 5 volumes et ce qui ne survivra pas au test du lendemain de cuite.

Pourquoi ne pas mettre le journal dans Bear, alors ? D’abord parce que j’ai une coquetterie : je me suis beaucoup déplacé (je le fais encore, étant né à un endroit du monde mais devenant citoyen d’un autre) et l’emplacement géographique est important pour moi – savoir où j’ai écrit un bout de journal me donne un contexte important. Bear n’offre pas de géolocaliser ses notes, mais Obsidian, à travers MapView ou le plugin officiel Maps pour Bases, si. D’autre part, Bear n’est pas idéal pour ordonner des informations par dates. C’est tout à fait possible, mais c’est un peu malaisé, et c’est là que la simplicité – l’atout que je loue sur cette belle et grande application – commence à montrer ses limites. Parce qu’en plus :

  • Le multifenêtrage est possible, mais rien n’est plus élégant que les panneaux glissants d’Obsidian pour travailler en parallèle sur plusieurs fichiers.
  • On peut prendre des notes manuscrites, mais on est à chaque fois limité à une grande page, alors que je me suis construit un carnet de 50 pages dans Obsidian.
  • Obsidian est sans égal pour ce qui concerne la gestion des liens entre notes ; tout est léché dans l’expérience utilisateur. Par exemple, ouvrir un wikilink ([[) affiche aussitôt les notes les plus récentes dans Obsidian, alors que Bear ne propose… rien. Obsidian est un véritable couteau suisse du wikilink, avec l’emploi d’alias (je peux par exemple avoir une fiche nommée Thormig ap Loered mais dire à l’application que toutes les occurrences du mot Thormig renvoient à cette même fiche, ou bien travailler facilement avec deux langues).
  • Les fichiers sont ouverts et disponibles sur le disque, permettant des tas de manipulations chouettes (comme faire examiner les fichiers par une autre app telle que DEVONthink), ouvrir des PDF de référence automatiquement en parallèle d’un projet, et j’en passe.
  • Évidemment, si j’ouvre un digital garden, ça va me faciliter la vie.

Je mettais en garde le monde entier (et moi-même) contre la complexité d’Obsidian et la possibilité de le transformer en tout et n’importe quoi, mais à l’usage, ma réflexion devient : c’est mon environnement principal de travail en-dehors de Scrivener et Ableton Live. Ne suis-je pas censé le personnaliser à l’extrême et lui donner toutes les fonctionnalités dont j’ai besoin pour bien m’y sentir ? N’est-ce pas un atout, au bout du compte ? Le secret n’était-il pas depuis le début l’amitié que nous portons en nous ? J’ai pour ainsi dire déjà fait tout le travail.

Bref, je suis de retour sous Obsidian, qui demeure une application en béton au rythme de développement incroyablement soutenu. Le seul aspect où le bât blesse, c’est son usage en mobilité : l’application dévore la mémoire (surtout avec une grande vault) et iOS la ferme d’autorité beaucoup trop souvent, mais c’est là que j’ai repris une autre petite merveille, Drafts, qui offre un parfait point de départ et de capture pour toutes ces pensées volantes qui finiront à la bonne place dans Obsidian une fois de retour à l’ordi.

2026-08-05T04:26:51+02:00mercredi 5 août 2026|Technique d'écriture|0 commentaire

Mise à jour 2026 des présentations de la masterclass des Imaginales

Tous les ans, nous faisons évoluer la masterclass des Imaginales, ce qui se reflète dans les présentations correspondantes. Jean-Claude Dunyach en est à la onzième version de « Quelques briques de base pour écrire » depuis les années ! Les versions mises à jour pour 2026 sont arrivées sur la page idoine, en libre téléchargement, comme toujours.

2026-07-08T01:29:31+02:00mercredi 8 juillet 2026|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Mise à jour 2026 des présentations de la masterclass des Imaginales

Un système d’écriture manuscrite simple dans Obsidian

Ma danse ne finira jamais (peut-être) et donc, autant vous en faire profiter. Une des tensions entre apps de notes, surtout dans l’écosystème Apple, est la suivante : les apps natives (Bear) offrent une expérience utilisateur confortable et intégrée au système, quand la puissance d’Obsidian se paie par le fait que c’est une app multiplateforme et personnalisable à l’envi, ce qui génère un potentiel puits sans fond de procrastination pour recréer une expérience confortable.

Une de ces fonctionnalités est la possibilité d’intégrer des blocs de notes manuscrites (réflexions libres, dessins) dans une note textuelle, ce qu’iPadOS fournit nativement – avec une palette d’outils contextuelle accessible si l’on dispose d’un Apple Pencil Pro. Par exemple, dans Bear, je peux intégrer une page d’écriture manuscrite avec un simple bouton, ce qui me permet de réfléchir ou griffonner à la main si mon mode de réflexion de l’instant l’exige.

Mais Obsidian ? L’application propose un certain nombre de plugins pour l’écriture et le dessin, le plus célèbre étant Excalidraw, mais la plupart intègrent des solutions tierces incompatibles avec l’expérience native d’iPadOS (et les commandes au stylet).

Sauf le plugin Handwritten Notes. Il propose une approche maligne : utiliser les outils que le système fournit pour annoter les PDF nativement. S’il se trouve que le PDF en question est une simple page blanche avec des lignes, on retrouve exactement l’expérience d’écriture native qu’offre Bear – simple et dépouillée, mais largement suffisante.

Il suffit de créer son modèle (j’ai un PDF ligné de 50 pages qui pèse moins de 300 Ko, ce qui est dérisoire), de le placer quelque part dans sa vault, d’indiquer son existence au plugin dans les options, et c’est réglé. Insérer un passage manuscrit est alors aussi simple qu’invoquer la commande correspondante depuis n’importe quelle note :

On se retrouve alors dans l’expérience d’annotation native d’iPadOS.

Juste une bizarrerie à ne pas oublier : une fois la session de dessin terminée, sélectionner, contre toute attente « Ne pas enregistrer les modifications » – on revient alors à Obsidian, avec ses annotations néanmoins conservées. C’est transparent – et presque plus fluide qu’avec Bear.

Comme toujours avec Obsidian, on peut s’inquiéter de l’avenir du plugin, qui n’a pas été mis à jour depuis plus d’un an à ce stade. Mais comme il s’agit de simples PDF, on n’est pas prisonnier d’une solution propriétaire ; même si le plugin cesse de fonctionner, les fichiers seront toujours lisibles, tout autant que ses notes en Markdown, respectant le principe de File over App.

2026-07-06T03:18:58+02:00lundi 6 juillet 2026|Lifehacking|Commentaires fermés sur Un système d’écriture manuscrite simple dans Obsidian

Procrastination podcast s10e20 Configuration de son environnement de travail numérique, avec Karima Amarouche

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s10e20 Configuration de son environnement de travail numérique, avec Karima Amarouche« .

Dernier volet de la conversation au long cours de Procrastination avec Karima Amarouche, ergonome chez France Travail, qui répond patiemment à toutes les questions du podcast (enfin, surtout celles de Lionel) sur la configuration précise de l’environnement de travail informatique. Écrans incurvés, résolution, luminosité, lumière bleue, mode clair ou sombre, tout y passe sur la santé oculaire ; mais aussi l’usage du trackpad, les écouteurs à réduction de bruit active, la dictée et la commande vocale, les bloqueurs de distraction, le pouvoir de ne rien faire, jusqu’aux questions soumises par le poditoire. 

Le podcast remercie encore très chaleureusement Karima Amarouche pour sa gentillesse, sa disponibilité et ses innombrables conseils ! 

Références citées

Cal Newport, Deep Work

f.lux, https://justgetflux.com/

Nebo, maintenant appelé MyScript Notes https://www.myscript.com/notes/

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2026-07-22T03:54:34+02:00mercredi 1 juillet 2026|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s10e20 Configuration de son environnement de travail numérique, avec Karima Amarouche

Dissocier rédaction et correction de texte pour joie et productivité (202212011734)

Pour mémoire, ces notes sont des extraits bruts de décoffrage de mon système de notes privé, afin d’expérimenter avec une forme différente de partage dans l’esprit des digital gardens.

Rédiger un premier jet et en évaluer la qualité en même temps revient à juger une exploration avant même que celle-ci n’ait pu s’exprimer : c’est contradictoire. La voix critique n’a pas sa place dans l’écriture du premier jet (Dean Wesley Smith, formation Killing Critical Voice ; Kristine Kathryn Rusch le fait aussi). Terry Pratchett : « The first draft is just you telling yourself the story ». 

Matéraliser cette séparation implique même d’avoir un environnement de création du premier jet distinct des aspects « business » de l’écriture (machine à écrire, ordinateur dédié, voir mes réflexions [[202401050927 Possibilités pour une machine d’écriture dédiée]]). 

J’ai pu expérimenter ça avec la Freewrite, et constaté un décuplement de ma vitesse de production – et de la facilité afférente ! C’est très tentant, ne serait-ce que pour la facilité d’approche que cela donne. 

Je me demande même, avec mes réflexions sur l’idéation, s’il ne faudrait pas [[202402041827 Au-delà de la rédaction et correction de texte, dissocier aussi l’idéation pour joie et productivité ?]]. 

CC-By-SA par Kai Schreiber
2026-06-29T02:15:44+02:00lundi 29 juin 2026|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Dissocier rédaction et correction de texte pour joie et productivité (202212011734)

D’importants progrès autour d’Obsidian en 2026

Je crois qu’il existe un adage, dans une langue ou une autre, qui dit en substance : plutôt que d’en être victime, assumez-le. Donc : j’assume ma danse rigolote entre Obsidian et Bear, et plutôt que garder ça honteusement pour moi, autant t’en faire profiter, auguste lectorat. Le choix de l’un ou l’autre des outils se fait selon le profil de l’utilisateur·ice : simplicité absolue pour Bear, personnalisation sans fin pour Obsidian. Or, il existe un point sur ce spectre où la puissance offerte par Obsidian peut s’équilibrer avec la friction inévitable qui l’accompagne. Et il se trouve que l’équipe, ou de nouveaux plugins, ont réglé un certain nombre desdits points de friction. Où en sommes-nous aujourd’hui ?

La gestion des médias a été grandement améliorée. Un des gros agacements d’Obsidian pour moi est la gestion des médias complémentaires, notamment les images. Ce point a été grandement amélioré, au point de rapprocher l’expérience de Bear.

  • Les images masquent à présent le code qui les affiche en mode Aperçu en direct (la balise ![[fichier.jpg]]). On les coup, copie, colle, efface d’un coup de Delete comme dans un traitement de texte riche classique.
  • Effacer une note qui pointe vers des médias efface ces médias à leur tour s’ils sont orphelins (enfin ! merci).

Ça ne nettoie pas entièrement une vault, mais ça aide beaucoup. Pour disposer d’une commande directe « effacer le lien et le fichier lié », installer le plugin Image Converter, qui offre en plus la possibilité d’habiller le texte autour des images.

La géolocalisation des notes. MapView propose cela depuis très longtemps, mais c’était laborieux (accéder à un site externe pour récupérer ses coordonnées GPS). Le plugin offre maintenant cela automatiquement sur mobile à condition d’insérer une propriété location.

Pourquoi faire un truc pareil ? me demande-t-on souvent. Effectivement, c’est un besoin très niche (Evernote le faisait jadis, et a supprimé la fonctionnalité qui n’intéressait personne). Je trouve un intérêt notable à intégrer son journal personnel dans sa base de connaissances : on ne sait jamais ce qui peut émerger d’une réflexion aléatoire libre, ni de la prise de conscience d’une évolution régulière dans sa vie, dans la création ou le personnel.

Or, pendant longtemps, ma vie a été dissociée entre deux extrémités du monde, et je conserve deux modes très différents de fonctionnement entre Melbourne (le quotidien) et la France (festivals, vie sociale, conférences). Sans parler des volontariats et voyages qu’il m’arrive de faire ; je suis curieux de voir ça sur une carte, et de voir quelle idée a émergé où. Mais c’est clairement une coquetterie.

Pourquoi utiliser Obsidian plutôt que Bear ? Obsidian est un outil clairement plus puissant pour la gestion d’une base de connaissances, que Bear ne proposera sans doute jamais :

  • Aliases (ex. Orcinus orca comme alias pour épaulard). Notoirement utile pour les personnages possédant des surnoms ou des identités secrètes, ou pour une base de connaissances plurilingue (anglais / français pour ma part) : une fiche possède plusieurs noms.
  • Bases. La grande addition récente d’Obsidian est cette fonctionnalité qui utilise les notes d’une vault comme données pour une présentation synthétique.
  • Requêtes dynamiques. La possibilité d’intégrer dans une note un bloc ou un base proposant une requête dynamique sur ses notes offre des possibilités d’automatisation fantastiques, comme une liste de choses à faire ou de recherches à effectuer sur son roman.
  • Liens aux blocs. Obsidian offre davantage de flexibilité pour lier du contenu dans une note : la possibilité de référencer un paragraphe au lieu d’un titre.
  • Meilleur espace de travail. Les « onglets empilés » ou panneaux glissants d’Obsidian forment la meilleure interface que j’aie vue pour réfléchir en parallèle sur plusieurs problématiques.

Pourquoi utiliser Bear plutôt qu’Obsidian ? L’écart se réduit avec le naturel qu’offre une application native comme Bear. Cependant, celle-ci offre encore une expérience supérieure dans les domaines suivants :

  • Notes manuscrites. Obsidian a les plugins Ink et Excalidraw, mais ça n’a rien à voir pour l’instant avec l’expérience des outils système. C’est dommage, car il est fantastique de pouvoir combiner une réflexion à la main avec des conclusions tapées en mode texte.
  • Intégration profonde au système. Sur macOS, Obsidian demeure une application Electron, soit un navigateur Chrome fortement déguisé. Cela induit un certain nombre d’agacements, notamment l’absence d’intégrations aux outils habituels du système pour la correction automatique du texte, par exemple.
  • Simplicité. Évidemment, l’avantage de Bear, c’est son écran d’options réduit à la portion congrue.

Pour l’instant, je continue à travailler dans Bear pour tout ce qui se rapporte à La Succession des Âges, mais j’admets que je bricole Obsidian pour tout le reste… ce qui est la pire situation possible. Ne faites pas ça.

2026-06-22T10:03:23+02:00lundi 22 juin 2026|Technique d'écriture|2 Commentaires

Procrastination podcast s10e19 – Pousser plus loin son style

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s10e19 – Pousser plus loin son style« .

Le style dans l’écriture : question fondamentale et pourtant difficile à définir quand on débute. Au final, de quoi s’agit-il, exactement ? Comment le travailler quand on est seul·e devant son œuvre ?

Lionel le définit comme comme une esthétique de la communication – esthétique qui est en soi communication également. En conséquence, le travail commence par une réflexion sur cette esthétique, laquelle est au service d’un effet ou d’un passage donné.
Le style est le sujet favori d’Estelle ! Après avoir désamorcé les idées reçues, elle explique comment lire en écrivain·e, en donne un « pack de départ » complet et dense de références pour voir tout ce qu’il est possible d’accomplir sur le sujet.
Mélanie propose que trouver son style, c’est affiner sa propre voix, ce qui se fait à force de reconstructions inconscientes d’œuvres auxquelles on s’expose, en littérature mais aussi dans tous les autres médias.

Références citées

  • The Thing, film de John Carpenter
  • Marshall McLuhan
  • Les Chroniques des Bridgerton, série de Chris Van Dusen adaptée des romans de Julia Quinn
  • Gentleman Jack, série de Sally Wainwright
  • John Truby, Anatomie du scénario
  • Jean Genet, Notre-Dame des fleurs
  • Jack Kerouac
  • Hunter S. Thompson, Las Vegas parano
  • Marguerite Duras
  • Nathalie Sarraute
  • John Dos Passos
  • Léo Malet, 120 Rue de la gare
  • Virgine Despentes, Vernon Subutex
  • Jean Giono, Le Hussard sur le toit
  • Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien, L’Œuvre au noir
  • Herman Melville, Moby-Dick
  • Gustave Flaubert, Madame Bovary
  • Dissèque un Extra-Terrestre, jeu Mattel
  • William Faulkner, Tandis que j’agonise
  • Poppy Z. Brite, Les Contes de la fée verte
  • Jean-Daniel Brèque

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2026-07-08T03:23:19+02:00lundi 15 juin 2026|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s10e19 – Pousser plus loin son style

Il est absurde de vouloir créer sans reprendre contact avec son projet (202312271854)

Pour mémoire, ces notes sont des extraits bruts de décoffrage de mon système de notes privé, afin d’expérimenter avec une forme différente de partage dans l’esprit des digital gardens.

Un des défauts les plus absurdes et pourtant les plus toxiques : cette idée qu’on doit pouvoir se remettre à créer (surtout écrire) « à sec », reprendre comme une machine le flux d’une narration et d’un projet sans reprendre corps avec lui, sinon « on n’est pas un vrai auteur ». 

Mais rien ne le dicte ! Il est naturel qu’un musicien réécoute ce qu’il a composé la veille. De se « remettre dedans ». Comment peut-on exiger de reprendre l’écriture les yeux fermés, sans, genre, lire une ligne écrite la veille, ou revisiter un personnage qu’on n’a pas écrit récemment ? C’est absurde. 

En plus, cela place dans une situation d’échec automatique et nourrit la Résistance. On se décourage, donc on évite le travail, donc on n’est pas un vrai auteur, donc pour prouver le contraire, on s’imagine d’autant plus arriver à écrire sans se remettre dans le projet, mais c’est impossible, etc. Cercle vicieux. 

Désamorcer donc absolument cette idée ridicule. Bon antidote : [[202312260930 Relire les notes et le texte réintroduit au projet en douceur]]. 

Un bon exemple de la nécessité de se remettre dans un projet pour avancer est [[202312261840 Indispensable : se replonger dans les personnages et les posséder avant d’écrire]]. 

CC-By-SA par Kai Schreiber
2026-05-31T00:47:23+02:00mercredi 3 juin 2026|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Il est absurde de vouloir créer sans reprendre contact avec son projet (202312271854)
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