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Ce qu’il advient d’un manuscrit terminé

Auguste lectorat, je te présente le manuscrit de Port d’Âmes :

manuspda

Yep, 500 pages passées à la déchiqueteuse, ça prend un poil plus de place que sous forme plane (mais ça paraît étonnamment moins lourd).

Je détruis systématiquement mes propres versions annotées à fins de correction de mes propres manuscrits (mais pas celles annotées par les beta-lecteurs, qui rassemblent leurs impressions de lecture, ce qui est précieux à conserver, et aussi par respect pour leur travail). Le livre est sorti, fini, il représente un moment dans le temps et un projet achevé. J’aime couper cet ultime pont avec le récit qui se trouve en librairie ; il est à présent dans la nature, et vit sa vie dans l’esprit de ses lecteurs. Pour moi, il est temps d’avancer, de passer à autre chose, de prolonger éventuellement l’univers dont il est question – mais cette histoire, placée sur le papier, lancée un peu comme une bouteille à la mer, a été fixée, comme une photographie. Il y a, dans ma tête comme sur un cliché, un avant et un après ; mais ceux-là, par définition, restent changeants, en flux, tant qu’ils n’auront pas été fixés à leur tour – et il n’y a généralement pas de raison de le faire ; l’histoire intéressante n’était pas là.

C’est tout l’inverse d’une destruction, contrairement aux apparences. C’est la reconnaissance qu’un livre est terminé, que j’ai fait tout ce que j’avais à, ou pouvais, faire dessus. Il existe et est diffusé. Il est temps d’en accompagner la vie, comme des autres et, dans le laboratoire, d’envisager de nouvelles choses. N’est pas mort ce qui à jamais est publié, et au long des rentrées littéraires étranges, même la mort peut mourir. Tout ça tout ça. 

2015-09-13T16:07:16+02:00lundi 14 septembre 2015|Journal|37 Commentaires

La photo de la semaine : le piton de la Fournaise en éruption

De retour, je reprends les habitudes du vendredi, avec une (espérons) zoulie image hebdomadaire.

Cette fois, la dernière éruption en date du piton de la Fournaise à la Réunion. Nous n’étions pas du bon côté (et je n’avais pas mon téléobjectif, mais le spectacle était quand même impressionnant.

Piton de la Fournaise erupting

2015-09-11T00:00:21+02:00vendredi 11 septembre 2015|Photo|1 Commentaire

Ne me cherchez pas

travelcatJe n’y suis pas, ou du moins, plus.

Je rentre en métropole.

Have phear.

(Et si tu te demandes, auguste lectorat, pourquoi je n’ai quasiment pas fait d’article sur mon séjour à la Réunion, c’est que cette période ne s’est pas déroulée sous les meilleurs auspices, avec des tas de petits soucis de logistique et d’organisation qui m’ont un peu ôté l’envie de raconter quoi que ce soit. Rien de grave, mais du saoulant. Heureusement, ça sera bon pour quand j’y retournerai – fin novembre.)

2015-09-08T15:31:13+02:00mercredi 9 septembre 2015|Carnets de voyage|2 Commentaires

Déclencheurs 2015, post-mortem

Auguste lectorat, je ne suis pas très fier de toi.

Examinons les statistiques de mon humble demeure :

stats-decl_2015-1 stats-decl_2015-8

Même en admettant que le premier article ait simplement suscité la curiosité et/ou que la série ait été prise en retard, l’effondrement est patent. (pending. pardon.) Ce que j’ai constaté au fil de ces deux mois d’été.

Loin de moi l’idée de faire la morale – ni de faire les gros yeux – mais je la/les ferai au prochain jeune auteur qui osera proférer ces mots honnis : « j’ai plein de projets, je veux écrire sérieusement, mais j’ai pas le temps. » (« Ma vie est trop compliquée. »)

On traverse parfois des périodes difficiles où l’on entre en mode survie et où l’écriture, franchement, devient la dernière roue du carrosse. Normal. On peut aussi vouloir écrire comme un simple loisir, tourner des idées dans sa tête, et s’y mettre une fois de temps en temps sans perspective de long terme. Rien de plus légitime et l’on adopte alors le rythme qu’on souhaite.

Je te parle à toi, l’auteur qui prétend avoir le feu sacré, mille histoires et univers à en faire pâlir d’envie J. J. Abrams, Philip K. Dick et Flaubert (pourquoi Flaubert ? J’en sais rien, pourquoi ces questions ?), qui aspires à la publication voire vas bientôt publier une décalogie qui aura le statut de nouveau classique, mais qui ne trouves jamais le temps. Et je te prends fermement par l’épaule, et je plonge mon regard fou dans le tien, l’haleine fleurant bon le saucisson Label Rouge :

Je sais ce qui te bloque, mec. (ou nana. Mais pour l’effet, « mec » est plus percutant. Arrête de me déconcentrer, steuplaît.) Comme abordé en introduction, écrire prend du temps. Du fucking temps, t’entends ? (Euphonie ?) Écrire, c’est comme lire : c’est un sport contemplatif, c’est une activité qui s’inscrit sur la durée, comme un voyage ou la voile. La gratification n’est pas immédiate, comme quand tu écoutes du Britney Spears ou que tu regardes Les Ch’tis se maravent à St-Tropez. Tu écris une phrase, un paragraphe, tu as juste un bout de truc en devenir, où tout est possible et où rien n’est. Tu écris un chapitre, tu as à peine une brique du mur, et tu te dis : bordel, c’est pas bientôt fini ? Eh bien non. Ça commence juste, et c’est ça qui ronge. Tu lis un chapitre, tu as à peine cinq minutes de l’épisode de la semaine de L’Amour du Risque. Et c’est pour ça que la littérature est condamnée – excuse, c’est le saucisson qui parle, je disais, c’est pour ça que la littérature s’apparente de plus en plus, dans notre monde hypercon et necté, à la cultivation d’un jardin zen, à la pleine conscience, à la réservation d’une zone personnelle protégée inscrite dans l’espace et dans le temps pour créer (écrire) et recevoir (lire). Et c’est rare, et c’est précieux, et c’est salutaire. C’était le but de ces déclencheurs, avant toute chose : te le faire tâter. Écrire prend du temps, du temps, plus de temps encore, et encore du temps. Écrire, c’est forger un sabre japonais dont on trempe l’acier deux cents fois. Écrire, c’est s’enfermer avec régularité, pendant des mois, parfois des années, pour produire une oeuvre finie, parce que si tu ne l’écris pas, personne ne l’écrira à ta place, parce que tu es unique, avec des trucs à toi dedans à dire, et que si tu ne les dis pas, si tu ne fais pas partager ton rêve, il disparaîtra à jamais de l’univers, sauf si tu crois à l’Éternel Retour, mais perso, tu vois, je suis plutôt incrédule ascendant mouais sur ce point !

Allez ! Viens, va, je t’offre une bière.

Comment ça, tu acceptes ? Échec, saligaud : tu devrais dire, fichtrefoutre, j’ai compris, senpai, je m’en vais tout de suite m’enfermer chez moi pour écrire deux pages !

2015-09-04T07:52:15+02:00lundi 7 septembre 2015|Technique d'écriture|19 Commentaires

Surmonter l’angoisse de la page blanche, façon Robert Sheckley

Photo John Henley (CC-By-SA)

Photo John Henley (CC-By-SA)

Mike Resnick a confié qu’un jour, Robert Sheckley (La Dimension des Miracles) lui expliqua sa méthode pour gérer l’angoisse de la page blanche :

Il se donnait un minimum de 5000 mots à écrire par jour, même s’il se contentait d’écrire 2500 fois son nom. Les jours où il se sentait bloqué, il commençait effectivement par écrire son nom ; après avoir noté 800 ou 900 fois « Robert Sheckley », une voix interne disait « Ah, et puis zut – si tu es parti pour rester assis à écrire ça, autant que tu racontes une histoire ». D’après Bob, ça ne ratait jamais.

(Les personnes à prénom ou nom composé sont peut-être désavantagées par cette technique.)

[Source]

 

2015-09-03T09:55:38+02:00vendredi 4 septembre 2015|Technique d'écriture|11 Commentaires

Psycho Starship Rampage sortira le 28 septembre et la bande originale suivra

Psycho Starship Rampage, le rogue-like (jeu d’aventure) qui se joue comme un shmup (jeu de tir) et dont j’assure la partie sonore et musicale sous l’alias Wildphinn et apporte ma modeste pierre au game design, avance beaucoup, beaucoup, beaucoup. À tel point que nous avons plein de nouvelles à annoncer, dont une date de sortie.

C’est quoi, PSR ? Commençons par une petite bande-annonce :

La grande nouvelle, d’abord : sortie le 28 septembre sur Steam et itch.io (jouez sans DRM, mais obtenez une clé Steam). La page magasin est d’ores et déjà disponible ici (et vous pouvez précommander, si le coeur vous en dit).

Je sortirai la bande-originale du jeu peu après sous forme numérique, à télécharger sur les sites principaux (iTunes, Amazon, Google Play…) ou en streaming (Spotify, Deezer). Les infos seront disponibles sur le site Wildphinn et la page Facebook dédiée : n’hésitez pas à suivre dès maintenant pour ne pas manquer les infos. Au programme : de l’électro façon jeu des années 90, mais réalisée avec les moyens actuels ; quelques extraits ci-dessous pour vous faire une idée sur la page Soundcloud correspondante :

Avec une jolie jaquette (merci à Morgane Esnault, la talentueuse graphiste du jeu, pour m’avoir permis d’emprunter les assets du jeu) :

OST-cover-small

Sera-t-il possible de voir le jeu en vrai avant sa sortie ? Tout à fait. Une parte de l’équipe de Ballistic Frogs (dont mon humble pomme) serons à l’Indie Games Play de Paris le 19 septembre. Voir ici pour les détails pratiques et les billets (9 / 5 euros) ; il y aura quatorze autres studios indépendants, avec les pépites du jeu vidéo de demain !

Un événement à ne pas manquer si vous cherchez de nouveaux plaisirs de jeu à vous mettre sous la dent, surtout qui sortent un peu des chemins battus et rebattus par les grosses productions.

Pour découvrir en détail – et en français ! – le jeu, voici une belle session par Pr. Oz qui détaille les mécanismes pas à pas et montre son fonctionnement :

2015-09-01T09:52:19+02:00mercredi 2 septembre 2015|Alias Wildphinn|3 Commentaires

Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (8) : un dénouement

avengers-writingC’est parti pour vingt minutes d’écriture, sans interruption, sur le déclencheur de votre choix. Rappel : vous devez trouver vingt minutes dans la semaine pour écrire, pour donner corps à votre rêve. L’article original à voir ici.

C’est le dernier exercice de cette série, et cette semaine, nous allons réfléchir à une conclusion, un dénouement aux éléments que nous avons déjà établis. Nul besoin que cela s’enchaîne immédiatement avec les passages déjà écrits ; il peut s’agir d’un horizon lointain, lequel pourra éventuellement changer, d’ailleurs, en fonction de l’histoire si vous décidez de poursuivre ce récit avec les éléments déjà établis. Le but est de réfléchir à une conclusion intéressante qui vienne, en un sens, justifier le parcours narratif ébauché : vers quoi voulez-vous tendre ? Quelle conclusion, quel coup de théâtre donnerait une fin intéressante à ce voyage ? N’hésitez pas à y réfléchir par vous-même, ou bien à piocher dans les déclencheurs. Comme d’habitude, trouvez vingt minutes au moins pour écrire sans vous arrêter, sans questionner ce que vous faites, mais en vous laissant porter par l’envie, par ce qui vous intrigue. Si vous avez l’habitude de planifier, cela vous fera du bien ; si vous n’aimez pas cela, essayez quand même, pour tenter une autre façon de travailler et voir ce que vous en retirez.

Un dénouement

  1. Happy end !
  2. Tout le monde meurt à la fin
  3. Le protagoniste obtient ce qu’il voulait, mais c’est une malédiction
  4. Le protagoniste abandonne sa quête en trouvant plus important
  5. L’amour résout tout
  6. Fin d’un âge, début d’un autre
  7. Réconciliation
  8. Mort des adversaires
  9. Neutralisation des adversaires
  10. Le mal triomphe !
2015-07-31T14:24:11+02:00lundi 31 août 2015|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (8) : un dénouement

« L’île close » au sommaire d’une anthologie caritative

Couv. Mathieu Coudray

Couv. Mathieu Coudray

Ton attention s’il te plaît, auguste lectorat ! Le 4 septembre (dont on fit bien des rues) sortira une anthologie numérique éditée par Mythologica, intitulée L’imaginaire se mobilise, et dont les bénéfices seront entièrement reversés aux associations Fibromyalgie France et Elan SEP  (Ligue française contre la sclérose en plaques).

Avec un très joli sommaire :

  • Jean-Pierre Andrevon
  • Olivier Boile
  • Ophélie Bruneau
  • Marie-Catherine Daniel
  • Nathalie Dau
  • Lionel Davoust
  • Franck Ferric
  • Julien d’Hem
  • Denis Labbé
  • Pénélope Labruyère
  • Carl Louvier

J’aurai le plaisir pour ma part de contribuer avec « L’île close« , texte qui a déjà connu une bien jolie carrière ; si vous souhaitez le découvrir, je ne peux que vous encourager à le faire dans cette anthologie à emporter partout, et, de manière plus vaste, à associer le plaisir à la bonne action en notre compagnie à tous ! Et surtout, n’hésitez pas à répandre la nouvelle ! (huhu)

2015-08-27T07:19:53+02:00vendredi 28 août 2015|À ne pas manquer|4 Commentaires

La sortie de Port d’Âmes et l’univers d’Évanégyre : entretien sur ActuSF

Couv. François Baranger

Couv. François Baranger

Autour de la sortie de Port d’Âmes, un long entretien sur le roman, l’univers qu’il prend pour cadre et les projets futurs, à lire sur le site de référence ActuSF :

ActuSF : Dans Port d’âmes, l’ambiance sera-t-elle aussi martiale que dans les précédents romans qui prenaient pour cadre Évanégyre ?

Lionel Davoust : Pas du tout ! Elle sera même diamétralement opposée, et c’était une envie très claire de ma part : montrer qu’Évanégyre est un canevas bien plus vaste qu’on a pu le voir jusqu’ici, qui parle aussi d’autre chose que de guerre. Contrairement aux livres précédents, Port d’Âmes est un récit intimiste, centré sur un seul personnage et son envie dévorante de restaurer l’honneur de sa famille déchue. C’est un récit d’ascension sociale, de passage à l’âge adulte, et d’amour. Mais cela ne veut pas dire que l’action sera absente ! Il faut s’attendre à des manigances politiques, des complots, de l’enquête, des dilemmes moraux et beaucoup de pression sur le personnage principal. Et en toile de fond quelques révélations sur l’univers, comme toujours…

Lire tout l’entretien sur cette page.

2015-08-25T09:47:39+02:00mercredi 26 août 2015|À ne pas manquer, Entretiens|Commentaires fermés sur La sortie de Port d’Âmes et l’univers d’Évanégyre : entretien sur ActuSF

Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (7) : un moment de répit

dory_writingC’est parti pour vingt minutes d’écriture, sans interruption, sur le déclencheur de votre choix. Rappel : vous devez trouver vingt minutes dans la semaine pour écrire, pour donner corps à votre rêve. L’article original à voir ici.

Maintenant que nous avons mis notre protagoniste en danger, que nous avons envisagé un retournement de situation, nous allons laisser notre personnage souffler un peu. C’est beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît : un moment de répit peut vite se trouver dénué de tension narrative, d’intérêt de long terme. Il faut donc trouver un juste milieu entre le calme et la préoccupation du problème en cours ; entre le ressenti et la volonté d’avancer. Ce sera l’objectif de cet exercice. En attendant, voici dix déclencheurs de possibles moments de répit, ou le personnage pourra souffler, évaluer les cartes qu’il a en main, avant de prendre une décision pour la suite. Comme d’habitude, ne vous arrêtez pas avant vingt minutes d’écriture.

Un moment de répit

  1. Rentrer chez ses parents
  2. Trouver un abri provisoire dans la tourmente
  3. Se saouler
  4. Partager un moment de camaraderie
  5. Vivre un moment d’amour
  6. S’entraîner avec acharnement
  7. Harmonie avec la nature
  8. Appliquer sa puissance de déduction
  9. Fuir très loin (en vain)
  10. Se rouler en boule et se lamenter
2015-08-17T15:56:27+02:00lundi 24 août 2015|Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Lundi, c’est déclencheurs, édition 2015 (7) : un moment de répit
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