Un jeu de personnages (merci à Rozenn Illiano)

Rozenn Illiano (Le Phare au corbeau chez Critic, et plein d’autres histoires et des bijoux splendides) a fait un beaucoup trop beau cadeau à la tweetsphère littéraire en ressortant ce mème, parce qu’on aime tous beaucoup trop parler de nos personnages, en effet. Donc, amusons-nous (fil Twitter d’origine).

1. On prenant les publiés, probablement Dwayne de Heldadt dans Léviathan. Qui… apparaît finalement assez peu. A la base, j’étais censé revenir dessus (un jour, peut-être !)

2. Bruz dans « Les Dieux sauvages » (L’Héritage de l’Empire). Un personnage d’arrière-plan, mais qui s’est un petit peu posé quand même. Quand c’est comme ça, faut laisser faire.

3. Dur, ça change souvent. Mais je pense que… Chunsène (« Les Dieux sauvages »). Sa façon de n’avoir failli jamais exister et de s’être imposée comme jamais un personnage auparavant me dit qu’il se passe quand même des trucs étranges dans l’écriture. (Et puis elle n’en a rien à foutre des conventions, est tragiquement sombre et solaire à la fois, elle est très futée et voit clair sur le monde, bref… et elle s’écrit toute seule.)

4. Hmmm difficile à dire aussi parce que je pense les personnages en mots plus qu’en images, mais Ganner, probablement.

5. Parce que y a une histoire derrière, ou parce qu’il y a une occasion narrative qui mérite quelqu’un pour la porter et lui donner de la chair et du sang (et s’en emparer et partir avec la caisse en courant)

6. « D’où viens-tu, et où veux-tu aller ? »

7. Pas du tout, j’avoue. Ce sont les personnages qui me disent qui les attire, et ça reste toujours dans leur propre environnement, nécessairement.

8. Peux pas dire. C’est dans le tome 4 de « Les Dieux sauvages ».

9. Darén, sans aucun doute.

10. Voui, plein. Même chez les gentils, des fois.

11. Absolument pas. Je les passe à l’essoreuse et parfois ils ne sont sauvés de la mort que pour pouvoir être essorés davantage et lâcher tout ce qu’ils ont à dire. (Je crains que Chunsène ne l’ait compris, d’ailleurs.)

12. Hu, j’en ai tué plein, surtout dans « Les Dieux sauvages ». Difficile d’en mentionner un sans spoil, mais l’assassinat sordide dans la ruelle de La Messagère du Ciel reste pour moi aussi vain que juste.

13. Yep, le personnage principal se mangeant le plus dans la face la difficulté de la chose étant Izara de Rhovelle.

14. Au premier jet, ça arrive toujours. Mais j’essaie de comprendre pourquoi, et si c’est parce que le personnage en question n’a finalement rien de spécial à faire ce moment-là, je l’intègre dans l’histoire. Ça arrive, dans la vie.

15. Guil Redel, j’en parlais récemment. C’est un véritable monstre et il faut que j’aille très, très loin pour aller puiser de quoi il est fait.

16. Alors, on enlève les exosquelettes, on est d’accord ? Le plus grand : peut-être bien Darén ? Le plus petit (adulte) : peut-être bien Andrew León dans Léviathan. Avec exosquelette : Jared Valne, mais il triche, il pilote une mekana grande comme un immeuble.

17. Le plus vieux : Mordranth (l’oracle-dragon de l’Empire d’Asreth/ia). Le plus jeune : la princesse Carila de Rhovelle dans « Les Dieux sauvages ».

18. Ça dépend de quelle manière : les limites de l’humanité me fascinent et c’est pour ça que j’écris des monstres, ils sont souvent douloureux à écrire (Guil Redel, aussi Ganner et Daphn).

19. Au sens classique du « self-insert / Mary Sue », jamais, en tout cas pas que je sache. De façon plus vaste : toujours, parce que c’est moi qui écris, forcément.

20. Je regrette de ne pas avoir davantage montré les aventures de Chunsène et Nehyr dans Le Verrou du Fleuve. C’était un choix volontaire et assumé à l’époque, mais avec le recul, je pense que j’aurais dû.

21. Leopol. Je n’aurais jamais imaginé qu’il soit aussi populaire, et certainement pas auprès des lectrices.

22. Leopol. Je n’aurais jamais imaginé qu’il se révèle aussi tragiquement et humainement riche.

2020-05-17T20:22:18+02:00lundi 18 mai 2020|Entretiens, Journal|2 Commentaires

La fantasy : un site événement chez la Bibliothèque nationale de France

Attention, énorme travail : la Bibliothèque nationale de France vient de mettre en ligne un site splendide, à la fois jeu, exposition virtuelle et essai sur le genre de la fantasy, depuis ses sources jusqu’à son essor contemporain. Avec une immense équipe où l’on retrouve bien sûr Anne Besson (autorité en France, directrice du Dictionnaire de la Fantasy), un splendide habillage graphique et un contenu à la fois fouillé et accessible, c’est une magnifique célébration du genre (et l’idéal pour une entrée en matière, et expliquer à ta grand-mère en quoi, oui « Harry Potter » c’est de la vraie littérature).

Et notons également une belle place réservée à la fantasy française (qui des choses à faire valoir !), un retour sur son historique et des entretiens brefs avec des auteurs, traducteurs, membres du milieu associatif (comme Elbakin.net) (dont j’ai eu l’honneur de faire partie).

Merci à la BnF pour cette splendide réalisation et à toute l’équipe, et pour le focus effectué sur notre genre depuis plusieurs mois (rappelons le dossier de la revue, l’année dernière, portant sur la construction de mondes imaginaires). Une saison entière réservée à la fantasy est en cours, avec expositions et conférences.

2020-02-10T01:09:11+01:00mardi 21 janvier 2020|Entretiens, Le monde du livre|1 Commentaire

Ce week-end, retrouvons à Lannion pour Scorfel

Ce week-end, la chouette convention Scorfel à Lannion fête ses cinq ans ! (Fichtre, le temps passe) Au programme, comme presque toutes les conventions dont j’ai tendance à parler, forcément (y a comme une cohérence) : des auteurs, des dédicaces et des rencontres. Mais Scorfel est aussi une convention de jeu (de rôle, de société, de plateau) extrêmement bien remplie, avec moult autres activités comme des expositions, des ateliers d’écriture, lectures publiques, travaux d’élèves (et bravo à la manifestation pour les liens qu’elle tisse dans la région), etc.

J’y serai pour ma part samedi et dimanche et je vous invite vivement à venir fêter l’imaginaire, voire, pour les plus courageux.ses, à rester jouer toute la nuit – parce que c’est possible ! Toutes les infos sont sur le site. Venez jouer, lire, regarder !

2017-10-21T14:35:46+02:00mardi 17 octobre 2017|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Ce week-end, retrouvons à Lannion pour Scorfel

La bande-originale de Psycho Starship Rampage disponible en format sans perte

Petit mot rapide pour clore le feuilleton de la distribution de la bande-originale de Psycho Starship Rampage (seulement un an et demi après, voilà une histoire qui m’aura appris plein de choses, la prochaine sortie sera beaucoup plus immédiate…) : l’album est maintenant disponible à peu près partout, chez tous les grands services de streaming (Spotify, Apple Music, Deezer…) ainsi qu’au téléchargement chez les grandes plate-formes (iTunes, Amazon…).

Comme on m’a posé la question, l’album est également disponible à l’achat en haute définition sans perte chez Bandcamp (et uniquement là).

Des liens ? Mais avec plaisir, des liens : cliquez sur le gros bouton qui vous convient !

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2017-03-07T17:08:55+01:00mardi 24 janvier 2017|À ne pas manquer, Alias Wildphinn|2 Commentaires

Ecoutez la première piste de Psycho Starship Rampage en streaming gratuit

Hop ! Psycho Starship Rampage est sorti depuis une semaine et les retours ont été incroyablement positifs : merci à tous les joueur-ses ! En particulier, merci pour l’appréciation générale de la bande-son, ce qui me fait très chaud au coeur et me réjouit : je suis sorti un peu timidement du bois sur cette activité, sans trop savoir si le style séduirait ou non, et voir que c’est le cas (à un point que je n’imaginais pas, d’ailleurs) est simplement merveilleux et un encouragement à poursuivre !

Je vais sortir la bande-originale dans son intégralité sous peu, mais dans l’intervalle, pour fêter cela, je vais poster en écoute libre sur Soundcloud deux morceaux. Le premier est la piste d’introduction et d’ouverture du jeu, qui mélange symphonique et électronique, et qui développe des thèmes qu’on retrouve plus tard dans la piste Mega Tribute et le jingle de fin de niveau. Et voici :

2015-10-04T09:05:19+02:00lundi 5 octobre 2015|Alias Wildphinn|1 Commentaire

Un splendide artbook pour le jeu Abyss (+ une nouvelle)

Abyss est un jeu de plateau de gestion et de politique, intelligemment pensé, simple à prendre en main mais complexe à maîtriser, situé dans un royaume sous-marin – pour être simple, on pourrait parler de Game of Thrones sous la mer. Magnifiquement illustré par Xavier Collette (quand j’ai eu mon exemplaire, c’était la première fois que j’étais déjà content de simplement « regarder » un jeu avant de jouer), l’univers se voit à présent enrichi d’un superbe artbook émaillé de courtes nouvelles inédites d’imaginaire, un projet auquel je suis enchanté d’avoir participé !

 

abyss-universe-l-artbook

Couv. Xavier Collette

Auteurs au sommaire :

  • David Calvo
  • Lionel Davoust
  • Mathieu Gaborit
  • Thomas Hervet
  • Rozenn Illiano

Travailler à la fois sur la base des illustrations de Xavier et de la mécanique du jeu était une expérience très intéressante ; plutôt que de partir d’un thème et/ou des contraintes d’un appel à textes, la narration était entièrement libre – il s’agissait simplement de partir d’une illustration. Cela a résulté en un processus plus intuitif que d’habitude pour moi, plus organique (ce qui est bien raccord avec l’univers !), où j’ai simplement laissé monter les impressions suscitées par l’image.

La vidéo de réalisation de la couverture en time lapse est impressionnante.

Envie de vous l’offrir ? Le livre est disponible par exemple chez Jumanji-shop. Pour en savoir plus sur le texte.

2015-03-12T09:50:42+01:00jeudi 12 mars 2015|À ne pas manquer|2 Commentaires

Dans les détails de la technique d’écriture, avec DraftQuest

draftquestDraftQuest est une jeune application destinée à l’écriture, complétée par un cours en ligne, qui fédère déjà autour d’elle une communauté active et dynamique. Son originalité, c’est de combattre l’angoisse de la page blanche par une approche ludique, à base de pictogrammes, de quêtes et de points d’expérience, et en intégrant des outils de communication entre auteurs ; surtout, le programme est destiné autant aux apprentis auteurs désirant faire de l’écriture leur métier qu’à ceux qui souhaitent simplement s’y essayer sans optique de publication, juste à titre d’exploration. Ce qui est une approche rafraîchissante dans le paysage des programmes d’aides à l’écriture, qui délaissent souvent le plaisir et le jeu pour des cadres parfois rigides.

Avec David Meulemans, qui dirige et programme DraftQuest, nous avons parlé, bien sûr, technique d’écriture, dans le détail des rouages et des boulons :

David Meulemans : Lionel Davoust, vous avez écrit plusieurs romans. Vous semblez désormais consacrer l’essentiel de votre temps à l’écriture. Pouvez-vous-nous décrire une journée type de Lionel Davoust ?

Lionel Davoust : C’est effectivement le cas, à l’écriture de fiction, principalement, et parfois un peu de traduction ou d’éditorial. De manière générale, je ne suis pas du matin (le matin est un endroit froid et hostile où le seul réconfort s’appelle café). Du coup, je me réveille doucement en entretenant le lien avec la communauté sur les réseaux sociaux, le site, puis en m’occupant de ce que j’appelle les « affaires courantes » : courrier électronique, et les dizaines de petits à-côtés dont il faut s’occuper quand on est travailleur indépendant (contrats, articles brefs, relations avec presse etc.). Je fais une pause à midi et je coupe toute distraction l’après-midi pour me consacrer pleinement à l’écriture sans interruption, autant que possible, m’interdisant cette fois toute incursion en ligne. En phase de rédaction, je me fixe en général un quota d’écriture, allant de 15 à 20 000 signes en fonction de la sévérité de la date-butoir et de mon énergie.

Pour lire l’entretien complet, c’est sur le blog de DraftQuest : partie 1, partie 2.

2023-03-03T04:01:59+01:00jeudi 24 avril 2014|Entretiens|Commentaires fermés sur Dans les détails de la technique d’écriture, avec DraftQuest

Pensées aléatoires : cochoncetés

Pourquoi les futurs parents proposent-ils de jouer à deviner le sexe, le prénom ou encore la date de naissance de l’enfant à venir ? On ne pourrait pas plutôt jouer à deviner des trucs plus rigolos que la perspective d’un(e) futur(e) ingrat(e) qui fera la grève de la faim pour avoir un scooter antigravité ou reviendra enceinte à douze ans, comme, par exemple, la position de conception ?

 

2014-08-30T16:33:18+02:00mardi 19 novembre 2013|Expériences en temps réel|3 Commentaires

Jeu musical

Par DaBrunz, licence CC-By-SA

Par DaBrunz, licence CC-By-SA

Hop, tagué par Mélanie Fazi sur Facebook, un autre court jeu, musical, cette fois, puisqu’on est entre gens de goût.

Tu like, je te donne un nom de groupe, tu réponds aux questions…

… et Mélanie m’a demandé de parler de Therion.

1. Fan ?

Je crois qu’on peut dire ça. J’y suis venu par la découverte du métal symphonique quand j’avais 20 ans, j’y suis resté pour le constant renouvellement de la formation, de la composition, l’univers mythologique, et je m’amuse de constater que les albums les plus atmosphériques qui me parlaient le moins il y a des années sont ceux que je redécouvre aujourd’hui et que j’ai l’impression de finalement « piger ».

2. Déjà vu ?

Chaque fois que je le peux. Chaque spectacle est totalement différent. Mes deux grands souvenirs restent d’une part en 2004, où ils partageaient l’affiche avec Trail of Tears (époque Free Fall into Fear), Tristania (époque World of Glass, avec Vibeke Stene !) et Mercury Rain, à l’Antipode, une toute petite salle rennaise, qui donne presque l’impression que les musiciens viennent jouer dans ton salon. D’autre part, en 2012, où Christopher Johnsson, après un concert marathon (car Therion va cesser les tournées pendant quelques temps), est venu se mêler à la foule en toute simplicité pour dédicacer ce qu’on lui tendait, armé d’une bouteille de vin rouge à la main et lançant à la cantonade « Anyone has a corkscrew ? Aren’t you all French ? »

3. Album préféré ?

Difficile à dire, j’y trouve des choses différentes au fil des ans, donc. Mais je pencherais probablement pour Vovin, qui n’a peut-être pas la sophistication de la suite, mais reste d’une redoutable efficacité. Avec Sirius B en proche second. Mais si je devais en emporter un sur une île déserte, je prendrais certainement Secret of the Runes, car je n’ai pas fini de l’explorer…

4. Album que j’aime le moins ?

Je vais me faire huer mais je peine à entrer dans Sitra Ahra qui noie l’auditeur sous trop d’idées à mon goût. Cela dit, je suis resté hermétique aussi à Deggial et à Secret of the Runes à leur sortie, donc reparle-m’en dans cinq ans, si ça se trouve j’aurai enfin formé mon oreille à cet album et je me dirai « mais comment ai-je pu passer à côté ? »

5. Chanson préférée ?

Très difficile de choisir, entre les morceaux courts et efficaces comme Wine of Aluqah, les grandes sagas comme le triptyque Kali Yuga ou Adulruna Rediviva, les plages atmosphériques comme Lemuria ou Siren of the Woods… Mais je crois que je reviens toujours à Clavicula Nox, dont le texte résonne particulièrement pour moi. Ici en live avec un orchestre symphonique :

À vous, si vous souhaitez jouer et continuer la chaîne, postez en commentaire ou likez cet article sur Facebook, et je vous soumettrai à mon tour à la question.

2013-04-02T10:12:33+02:00mardi 2 avril 2013|Décibels|13 Commentaires
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