Trois recueils et une novella numériques ce vendredi !

Voilà ! Certains diront qu’il était temps, auguste lectorat, j’ai le grand plaisir de pouvoir enfin répondre à la question posée de loin en loin – « et ça, c’est pas disponible en numérique ? » – par : vendredi, très exactement.

Hell yeah.

Vendredi, le 20 février, ce n’est pas un, ni deux, madame, mais trois recueils numériques, plus une novella à l’unité, qui vont sortir aux éditions ActuSF. Cela veut dire : pas de DRM (si acheté directement chez l’éditeur et sur les plates-formes ne les pratiquant pas). Et tout cela pour un prix convenable, de 2,99 à 5,99 €.

Qu’est-ce qu’il y au programme ? Plein de trucs délectables, bien sûr, puisqu’en plus, nous n’avons pas voulu nous limiter à simplement reprendre des livres existants, mais à vous proposer également des textes parfois un peu difficiles à trouver, voire indisponibles, rassemblés dans des recueils thématiques.

C’est parti pour la balade.

importance_numeriqueL’importance de ton regard

Il s’agit de l’épais recueil (peut-être trop) sorti chez Rivière Blanche en 2010 dans l’ombre de La Volonté du Dragon. Au sommaire, un peu de science-fiction, beaucoup de fantasy et d’étrange, voire de surréalisme ; la novella éponyme qui a été finaliste du prix Rosny Aîné en 2011, et dix-sept nouvelles dont quatre ont été finalistes ou lauréates de prix littéraires, comme « LÎle close » ou « Tuning Jack ». Certains de ces textes sont disponibles en accès libre et gratuit en téléchargement, si vous souhaitez vous faire une idée. Le recueil contient également « Bataille pour un souvenir » et « Regarde vers l’ouest », relatifs relativement à deux univers développés par ailleurs en livres : Évanégyre et Léviathan, alias la Voie de la Main Gauche.

Il s’agit donc de l’idéale porte d’entrée pour découvrir, le cas échéant. L’Importance de ton regard est disponible à seulement 5,99 € ici chez ActuSF.

4vmg-numeriqueQuatre Voies de la Main Gauche

Quatre chemins initiatiques, quatre explorations du côté ténébreux des archétypes, loin du cadre étouffant de la normalité. Réunies pour la première fois en un seul endroit, ce mini-recueil rassemble toutes les nouvelles indépendantes relatives à l’univers de Léviathan publiées de manière éparse. On y trouve notamment la short short story « La Voie du Serpent » publiée dans le supplément gratuit des Imaginales en 2012 et demeurée indisponible jusqu’ici. À seulement 3,99 €, Quatre Voies de la Main Gauche est le complément idéal aux lecteurs de Léviathan ou bien une idéale porte d’entrée dans l’univers. Disponible ici sur ActuSF.

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Une Goutte de chaos dans l’amer

« La mer, la mer, toujours recommencée » – ce mini-recueil propose trois textes consistants tournant autour de la mer, de sa fascination, de sa magie et de son étrangeté, à mi-chemin entre le conte et le fantastique. Y figure notamment « Le Sang du large » initialement parue dans l’anthologie très remarquée Contes de villes et de fusées parue aux éditions Ad Astra et épuisée. Un recueil à 3,99 € disponible ici chez ActuSF.

Les Questions dangereuses

Les Questions dangereuses fait partie de ces idées trop stupides pour ne pas les écrire. Dans un Royaume de France où le plus grand danger n’est pas la rapière, mais une Question à laquelle on ignore la Réponse, Thésard de la Meulière et Batz d’Arctangente sont mancequetaires du roi : les plus fins esprits de la ville de Paname, dévoués à la protection de la reine. Quand un meurtre ignominieux se trouve commis aux funérailles d’un héros national, Thésard se lance sans hésiter dans des investigations qui l’amèneront à dévoiler un complot d’envergure mondiale – et où son cerveau pourrait bien finir par couler par ses oreilles. Initialement parue dans Dimensions de Capes et d’Esprits vol.2, cette novella grandiloquente et drôle est disponible à seulement 1,99 € ici chez ActuSF.

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Pour mémoire

Alors, c’est pas une belle offre, ça ? N’hésitez pas à en acheter douze, pour offrir ou pour caler une armoire (et il faut acheter beaucoup, BEAUCOUP de fichier dématérialisés pour caler une armoire, si si, faites-moi confiance).

2015-02-18T10:30:46+01:00lundi 16 février 2015|Dernières nouvelles|10 Commentaires

Une nouvelle version du site ! (qui marche)

Note à moi-même : si je veux tester des trucs pour rire sur le site, le faire sur un serveur de test. Oui, je sais, c’est un conseil de débutant, mais… j’ai la flemme. Voilà, j’ai la flemme. Et puis les vrais mecs codent sur le serveur de prod, parce qu’ils ne font jamais d’erreur. Jamais.

Je laissais entendre depuis quelque temps que je réfléchissais à une nouvelle version du site, plus élégante et surtout plus extensible ; et mes « réflexions » de ce week-end ont donné un « OK, j’ai cassé plein de trucs. Maintenant, soit je prends une journée à tout réparer, soit je prends cette fameuse journée à installer cette fameuse nouvelle version ».

Suivant la loi habituelle de l’informatique, donc, ça m’a pris en réalité deux jours de quinze heures, de tâtonnements et d’arrachage de cheveux. (Enfin, non, ça, plus.)

Bienvenue donc sur la sixième version de ce site en une petite dizaine d’années. Le temps passe, ma bonne dame, ils nous dérèglent le DSLAM avec leurs maudits sites responsive.

Ce qui change

  • Si vous avez les mêmes goûts que moi, c’est plus beau et plus aéré. (C’est à chaque fois plus beau et plus aéré. Comment ça se fait ? Dans dix ans, on concevra des sites web avec deux lignes de texte sur un grand canevas blanc. On en revient toujours au haiku.)
  • Le site est maintenant entièrement compatible sans anicroches avec les terminaux mobiles, notamment les téléphones (en principe), ce qui était une épine dans son pied depuis les années 2010. Vous pourrez donc recevoir votre dose d’expériences en temps réel peinard sur la ligne 13. (Ah non, pardon, on a encore que de la 2G en France. Bon, bah dans le métro de Séoul et sa 4G, alors.)
  • Les pages des livres, des nouvelles, des ouvrages dirigés sont plus belles, mettent davantage les couvertures en valeur, proposent un aperçu rapide, bref, plein de trucs qui font zouif et pchut. Alors ça n’a l’air de rien, juste d’une différence d’allure, mais il y a derrière une énorme migration envisagée depuis un moment et qui permettra plein de développements.

Ce qui ne marche plus pour l’instant

« Non-régression », qu’il disait. Impossible de faire migrer dans l’intervalle d’autres parties du contenu, mais qui sont peu consultées et de toute façon insatisfaisantes en l’état actuel. Ça aussi, ça doit changer, et depuis un moment, mais on n’y est pas encore. Voici ce qu’on a perdu :

  • Les portails univers. Qui sont toujours en ligne mais cachés pour l’instant. Ils n’ont jamais été très pertinents en l’état, de toute manière, ils sont maintenant cassés en partie, c’est à refaire et intelligemment.
  • La revue de presse. Le système a toujours été bancal, de toute façon. Les renvois récents sont désactivés, mais il en traîne encore plein dans les archives du blog qui devront dégager. Un nouveau système est en place, qui nécessitera quelques soirées de maintenance et des imports à la main, mais le tout sera bien plus sensé.

Ce qui se profile à l’horizon

Avec les solutions précédentes, le site était coincé en partie du contenu avec des formats semi-propriétaires qui rendaient toute évolution difficile, voire impossible, car en fin de vie. Pour la présentation des livres, il y a une nouvelle solution bien plus robuste, et surtout bien plus modulaire car découplée de l’apparence du site. Cela signifie, dans les faits, que l’allure du site pour évoluer bien plus facilement à l’avenir sans rester coincé avec des parties vitales qui ne pourront plus suivre. Tout est indépendant.

  • La première réalisation, progressive, sera l’ajout d’une pseudo-boutique en ligne. Je dis pseudo car je ne vends rien moi-même : en revanche, il sera enfin possible de proposer une ribambelle de liens d’achat vers les plates-formes principales de vente en ligne et hors-ligne, pour le papier et le numérique, directement pour les livres concernés. Sans, donc, avoir à privilégier un revendeur plutôt qu’un autre (et ce ne serait certainement pas Amazon). Et, pour ça, il fallait une plate-forme prévue à cet effet, qui est vraiment la grosse évolution de cette v6 (ça n’a probablement l’air de rien, mais c’est en réalité très compliqué à gérer intelligemment1).
  • Ce qui sera inauguré par l’annonce officielle de plusieurs recueils en numérique. (Hint, hint)
  • Il y aura la refonte de la revue de presse, qui disparaîtra des flux habituels pour de bon et sera silencieusement intégrée aux ouvrages concernés.
  • Il y aura la refonte des portails univers. Qui seront, enfin et pour de vrai, des portails.
  • Enfin, un projet qui me chatouille de longue date, c’est la proposition d’une boîte à outils de l’écrivain. La technologie offre quantité d’outils qui font gagner un temps fou dans l’organisation des idées, la documentation, la recherche, que ce soit logiciel ou matériel. Et il y a toute la tendance moderne sur le lifehacking, les systèmes modernes de productivité dont nous avons parlé durant l’été 2013, et pour lesquels j’ai pu constater un réel intérêt. Une section de la pseudo-boutique proposera donc sans doute des liens vers un éventail d’outils triés sur le volet et robustes, liés à l’écriture et à l’organisation personnelle.

Enfin, si la question de vendre des choses en direct se présente (pas des livres ; plutôt des compilations d’articles du blog présentées de jolie manière pour une somme symbolique, peut-être des tirages photo d’art, etc.), ce sera possible.

  1. Pour les spécialistes dans la salle, en plus de changer le thème WordPress, la partie livres vient de passer sous Woocommerce, ce qui la découple d’un éventuel custom post type attaché à un thème (le problème que j’avais jusqu’ici et qui empêchait les migrations, même vers des versions ultérieures du même thème). Je viens en plus de découvrir Visual Composer, et c’est carrément de la magie vaudou.
2015-02-11T04:07:41+01:00mercredi 11 février 2015|À ne pas manquer|20 Commentaires

La marche des auteurs pour leurs droits : pourquoi, et ce qu’ils veulent vraiment

thomas_cadeneJe n’étais pas dimanche à Angoulême. Néanmoins, le statut préoccupant des auteurs (de BD, mais cela touche tout le monde) et la réduction toujours progressive de leurs marges est une réalité, résumée par Thomas Cadène sur Twitter, et que je prends la liberté de compiler ici, parce que c’est concis, limpide et qu’il faut que ça circule :

Quand la presse se fait l’écho des malheurs des auteurs de BD, ses lecteurs expliquent qu’il faut changer-de-métier-si-t-es-pas-content. Nous avons peut-être manqué de pédagogie mais c’est précisément le problème. L’enjeu que défendent les auteurs de BD n’a rien à voir avec un quelconque «donnez nous du boulot pour qu’on vive comme des artistes» (sous entendu « et vivre comme un millionnaire, quand l’avion se pose sur la piiiste ») Nous avons intégré il y a très longtemps, quand nous avons accepté de faire ce boulot absurde que si nous n’avions pas de contrats, il faudrait faire autre chose. Un auteur sait bien que s’il ne signe rien, il n’en vivra pas. Une lucidité qui demande un certain courage. La plupart d’entre nous a appris à jongler avec les activités annexes, nous sommes une version assez avancé d’un idéal libéral. Nous n’avons pas de congés payés, nous n’avons pas d’intermittence, nous n’avons pas grand chose en fait… Alors, quand le salarié qui part en vacances avec un salaire qui tombe sur sa plage et un chômage qui le protège, nous explique d’un ton docte que « tout le monde cotise » il a bien raison et d’ailleurs nous le faisons déjà. La différence c’est que nous n’en voyons que peu les bénéfices, ça signifie pour nous une paperasse de dingue sur notre temps de travail. Notre propos n’est pas de faire un concours du malheur, nous avons choisi notre voie, ns l’assumons et nous savons que tout le monde rame. Nous ne disons pas « pleurez sur nous pauvres précaires », en réalité nous ne demandons pas grand chose. Nous aimerions simplement qu’on nous consulte ou qu’on empêche certains de faire n’importe quoi. Comme décider de nous priver d’un mois de nos ridicules revenus annuels pour une retraite que nous ne prendrons (probablement) pas. Nous rappelons que nous sommes à l’origine d’une chaine qui fait vivre des milliers de personnes, et de nombreuses entreprises… Que si nous changeons tous de métier, alors nous changerons le visage de la création. Nous rappelons que dans cette chaine nous sommes les moins bien traités. C’est peut-être un peu confus mais merci de votre attention.

Tout est dit.

2015-02-01T15:25:22+01:00mercredi 4 février 2015|Le monde du livre|1 Commentaire

Les projets pour 2015 : Port d’Âmes, du numérique, Psycho Starship Rampage

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Quel est ton bilan de 2014 ?

Excellent, et très motivant. Il y a eu la sortie de l’anthologie des Imaginales dirigée par Sylvie Miller et moi-même, Bardes et Sirènes ; la sortie de La Route de la Conquête, recueil de science-fantasy tournant autour des questions de la guerre et de l’histoire, qui a eu un retour critique unanimement enthousiaste, ce qui me conforte dans l’idée que j’approche le monde d’Évanégyre de la bonne manière. Et puis je me suis lancé dans le jeu vidéo en relançant une activité qui me tient à cœur depuis longtemps : la musique électronique, que je conduis sous l’alias Wildphinn.

Nouvelle année oblige, la tradition du site de référence ActuSF consiste à demander aux auteurs, éditeurs, etc. leur bilan de l’année passée et leurs projets pour 2015.

Et il va se passer des choses :

  • La sortie d’un nouveau roman indépendant dans l’univers d’Évanégyre, Port d’Âmes ;
  • La sortie de recueils de nouvelles (dont certaines difficiles à trouver) en numérique ;
  • Celle de Psycho Starship Rampage, pour le versant musical.

Envie d’en savoir plus ? Comme je vous comprends, oui oui oui. Eh bien, l’article est juste là. Hop.

2015-01-31T23:53:08+01:00mardi 3 février 2015|Dernières nouvelles|Commentaires fermés sur Les projets pour 2015 : Port d’Âmes, du numérique, Psycho Starship Rampage

Démo de Psycho Starship Rampage disponible – aidez-nous d’un seul clic sur Greenlight

Auguste lectorat, il n’est pas dans mon habitude de te demander des choses – même pour les prix littéraires du public, je ne te demande expressément pas de spécialement voter pour moi, trouvant le procédé malhonnête (d’un prix du public, cela décale la question sur le prix du plus gros réseau d’influence ou des lecteurs les plus fidèles, ce qui n’a aucun intérêt), appelant simplement à voter tout court, parce que la validité d’une telle entreprise s’accroît avec le nombre de participants, tout simplement.

En revanche, à présent, nous avons vraiment besoin de ton soutien, et c’est très facile.

Version courte

La démo de notre jeu vidéo, Psycho Starship Rampage, celui dont je fais la bande originale, est sortie. Pour être commercialisés, nous avons besoin que le public manifeste son intérêt, et ce d’un simple clic sur Steam Greenlight (attention, il faut un compte avec au moins un jeu acheté).

vote-Steam-Greenlight-Thumbs-Up

Et si l’envie vous en dit, répandez la nouvelle, partagez : nous aider ne prend, encore une fois, qu’un seul clic dès lors que vous avez, un jour, acheté un logiciel sur la plate-forme Steam.

Version longue, avec plus d’infos

Résumé des épisodes précédents : Depuis six mois environ, le nouveau studio indépendant rennais Ballistic Frogs développe Psycho Starship Rampage, un jeu situé à mi-chemin entre le shooter (R-Type…) et le rogue-like (Faster Than Light…). Dans ce jeu spatial, vous construisez vous-même votre vaisseau spatial avec armements, boucliers, et équipements divers conçus pour interagir entre eux. PSR laisse entièrement la main au joueur et récompense son intelligence dans les combats qui suivent.

Je m’occupe de la bande-son et du sound design sous le nom Wildphinn (pour séparer clairement la littérature du son).

À présent, nous avons publié notre première bande-annonce :

Une démo est disponible, pour tester les fonctionnalités du jeu et vous rendre vous-même compte du potentiel du jeu. Attention, il s’agit principalement du moteur du jeu, beaucoup de développements vont encore arriver, notamment pour dynamiser l’action dans les niveaux :

> Télécharger la démo de Psycho Starship Rampage <

Greenlight est le processus de validation communautaire de la commercialisation des jeux vidéos indépendants de la plate-forme Steam, qui rassemble à peu près 80% du marché – autant dire qu’être acceptés par Steam est capital pour nous. Vous pouvez nous aider très simplement en votant pour Psycho Starship Rampage sur la page dédiée et en faisant passer le mot : voter sur Greenlight – un simple clic « Oui, je veux voir ce jeu sur Steam » suffit. Rien que cela, c’est une aide immense – cela conditionne, comme dit précédemment, une grande part de la commercialisation du jeu.

Si l’envie vous en dit, vous pouvez nous aider encore davantage et de plusieurs façons, par ordre croissant d’implication :

  • Faites circuler l’information auprès de vos amis / proches / animaux familiers possédant un compte Steam et faites-les, eux aussi, cliquer.
  • Téléchargez la démo et jouez avec ! Même s’il reste beaucoup de travail, elle est gratuite !
  • Envoyez-nous votre compte-rendu d’expérience. Qu’avez-vous aimé, pas aimé ? Ballistic Frogs est très ouvert au retour de sa communauté pour réaliser le meilleur jeu possible.

Par avance, merci !

2015-02-11T02:53:25+01:00lundi 2 février 2015|À ne pas manquer, Alias Wildphinn|8 Commentaires

Pourquoi les auteurs sont-ils attirés par la création d’univers hybrides ?

hybridite-colloque-bordeauxLe colloque “Au-delà des frontières”, qui s’est tenu à Bordeaux du 15 au 17 octobre 2014, explore l’hybridation, des genres et des thèmes dans les littératures de l’imaginaire. La fantasy et la science fiction, le policier et le fantastique, le cinéma et les séries télévisées, la bande dessinée et les jeux de rôles proposent un renouvellement infini des formes artistiques.

La table ronde n°4 rassemblait François Coupry, Jérôme Brand Larré, Jérôme Queyssi et LD pour un débat sur le thème « Pourquoi les auteurs sont-ils attirés par la création d’univers hybrides ? » modéré par Natacha Vas-Deyres. Il est visionnable dans son intégralité ici, sur le site de l’université.

2015-01-27T09:56:59+01:00jeudi 29 janvier 2015|Entretiens|Commentaires fermés sur Pourquoi les auteurs sont-ils attirés par la création d’univers hybrides ?

Je veux écrire. Je démarre par où ?

bad-advice-675x900C’est une question qui revient souvent, et qui paraît simple en apparence, mais à laquelle on trouve soit des réponses très vagues (« mets-toi à écrire, travaille, fais des efforts, mange macrobiotique ») soit très commerciales (« facile ! achète mes cours par correspondance qui feront de toi un auteur de best-seller, seulement 99,99 € ! »). Il faudrait donc tenter de taper entre les deux :

Saurais-tu me conseiller des formations sur l’écriture ? Globalement j’ai des idées, je connais un peu mes points forts et faibles, mais je n’arrive pas à structurer mon projet, peut-être parce que je ne me suis pas encore posé les bonnes questions. Ou un bouquin ?

Si je prends la liberté de reformuler : je débute (ou presque), je veux écrire (commencer / finir mon projet), je prends le problème par quel bout ?

Il s’agira donc ici, pour les grands débutants, de proposer quelques éléments de base, de toutes premières pistes pour pousser au-delà de la simple écriture « pour le tiroir ».

L’art est un mélange de technique et de tripes

Dès lors qu’on veut écrire pour d’autres que soi, on cherche à être compris. Dès lors que l’on cherche à être compris, on cherche à communiquer des intentions (narratives). Dès lors que l’on cherche à communiquer des intentions, il convient de connaître le langage dans lequel on s’exprime. En littérature, ce n’est pas seulement l’orthographe et la grammaire, ce sont aussi, beaucoup, les codes de la narration (qui ne sont en rien des règles, mais permettent de comprendre les attentes d’un lecteur et donc de maîtriser son récit).

Tout art est un équilibre entre :

  • La technique – la domination, disons, de son art, la maîtrise de son langage particulier, de manière à servir au mieux les intentions, les effets que l’on vise à obtenir ;
  • Les tripes – je n’aime pas le terme d’inspiration, qui donne l’impression d’un processus évanescent. Les tripes, c’est l’originalité de sa propre voix ; l’émotion personnelle, le regard individuel sur le monde – tout ce qui fait qu’un auteur, quand il va chercher profondément en lui, est le seul à pouvoir dire ce qu’il a à dire, et joue potentiellement sa vie et son sang dans un texte, parce que ce qu’il a dit a de l’importance pour lui.

La techique se développe, se travaille, s’apprend, potentiellement avec un tiers (cours / atelier / livre / relecteurs / etc.). Cela s’enseigne aussi relativement bien.

Les tripes viennent avec le travail, la maturité, l’affinement du regard. En un sens, elles se « travaillent », mais ne se travaillent qu’à force d’écrire, de se casser les dents, d’apprendre de ses erreurs : c’est un mûrissement individuel.

La technique peut éventuellement atteindre un degré où l’on n’apprend plus grand-chose (comme un musicien virtuose finit par jouer sans trop de difficultés une grande partie du répertoire et plafonne s’il n’essaie pas de pousser plus loin). Les tripes s’apprennent pendant une vie entière et relèvent du parcours de chacun.

Travailler la technique donne de la structure, de l’unité aux tripes, et aide à affiner davantage leur expression.

Apprendre la technique ?

Qu’est-ce qu’on apprend, en gros, dans la technique ? Liste non exhaustive :

  • Construire un personnage
  • Maîtriser un rythme narratif
  • Affiner le style
  • Échafauder une intrigue intéressante
  • Gérer la tension
  • Etc.

Mais le plus important consiste à apprendre à se connaître soi-même pour employer les outils qui correspondent au mieux à sa façon de fonctionner.

kingwritingquoteApprendre seul

Il y a assez peu, en France, de ressources orientées sur l’approche pratique de l’écriture (même si cela évolue lentement), notamment dans la technique narrative. C’est un discours encore très anglo-américain, où les ressources sont légion : la moindre recherche Google livrera trois kilos de sites plus ou moins bien fichus. Être anglophone donne donc, clairement, un atout sur ce plan : l’approche est bien plus « mécaniste » qu’en France. (Une approche à consommer toutefois avec modération.)

Cependant, on commence à avoir pas mal de choses en français d’intérêt. Je vais forcément citer mes propres articles sur l’écriture, qui visent justement ce but (il faut bien que ça serve !) + les présentations des ateliers et masterclasses réalisés par Jean-Claude Dunyach et moi-même dans le cadre des Imaginales, téléchargeables ici. Cela fait déjà pas mal de matériel, qui donnera quantité d’autres pistes pour aller plus loin.

Question livres francophones, la porte d’entrée incontournable me semble être Comment écrire des histoires d’Élisabeth Vonarburg (chroniqué ici). On pourra enchaîner un peu plus tard avec Mes Secrets d’écrivain d’Elisabeth George (chroniqué ici).

Point de vue anglophone, le pendant du Vonarburg me semble être The Art of Fiction de John Gardner (non traduit), chroniqué ici. Le podcast Writing Excuses est un must (parmi les intervenants réguliers, on trouve Brandon Sanderson, devenu un des plus grands noms de la fantasy US).

Et ensuite ? La première règle de Robert Heinlein est : tu dois écrire. Il faut s’y mettre – s’exercer, se faire lire, recueillir des commentaires, apprendre à se relire, et puis recommencer.

Apprendre avec d’autres

On voit apparaître timidement des masters d’« écriture créative » (suscitant la controverse) alors que c’est très accepté outre-Atlantique. Difficile d’en recommander, vu que je ne les connais pas, mais l’apprentissage de la technique dans un cadre universitaire ne me semble pas aberrant.

Beaucoup plus courant en France : les ateliers d’écriture (virtuels, par forum par exemple, ou en personne). Se répartissent grosso modo en deux grandes catégories :

  • Les ateliers « communautaires » – tout le monde est au même niveau ou presque, tout le monde veut s’entraider et progresser. Chaque participant peut proposer des exercices à tour de rôle, et/ou chacun se lit et commente son ressenti sur les textes des autres. Ils peuvent s’apparenter à des cercles de lecture, où l’on lit sa propre production aux autres dans le but d’avoir des premiers retours. Ils sont rarement payants (ou du moins, ils ne dépassent pas la cotisation annuelle à une association).
  • Les ateliers « encadrés » – un responsable d’atelier, parfois quelqu’un du métier, prépare les séances, donne des exercices d’écriture. La lecture est là aussi souvent publique, avec un retour des participants, mais le maître de séance, en principe plus expérimenté, aide à cerner les failles et propose des axes d’amélioration, à la manière d’un travail éditorial. La version la plus poussée de cette formule est la masterclass, où l’on s’approche du cours magistral. Le prix peut être là bien supérieur, et très variable (allant de l’investissement bien placé à l’arnaque pure).

La qualité d’un atelier d’écriture est directement liée à la bonne volonté des participants, et, dans le cas d’un atelier encadré, à celle de son responsable. Un atelier peut constituer une expérience vraiment enrichissante et instructive comme un gâchis de temps et d’argent. Prudence, donc, en particulier si le responsable de votre atelier encadré fait payer ses séances 250 € par personne et qu’il n’a jamais publié que deux livres à compte d’auteur en 1982.

En conclusion

Ce tour d’horizon très sommaire n’a pour vocation que d’aider au tout premier pas ; d’ailleurs, auguste lectorat, n’hésite pas à citer en commentaires tes ressources favorites pour aider les débutants. Le plus important (que je martèle en atelier d’écriture), c’est qu’apprendre à écrire, c’est apprendre à se connaître. Pour savoir :

  • Ce qui a véritablement du sens pour soi à dire, à mettre en scène, pour ne pas oublier le plaisir et découvrir sa propre originalité, son propre discours ;
  • La façon dont on a, soi-même, besoin de travailer pour déverrouiller sa créativité (tous les moyens sont bons – tant qu’ils restent dans le cadre de la loi, hein)

Tout apprentissage doit passer par ces deux filtres, car il n’y a pas de vérité universelle en art. C’est bien pour ça qu’on continue à en faire après plusieurs millénaires.

2018-07-17T16:55:56+02:00lundi 26 janvier 2015|Best Of, Technique d'écriture|53 Commentaires

Mais qui voilà

Reçu aujourd’hui le dernier DVD de Therion – édition limitée, disponible seulement par commande dans les concerts, blah, blah, peu importe, le véritable objet de frime est ailleurs :

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La musique de Therion ayant grandement accompagné l’écriture de Léviathan, il n’est finalement que justice que le DVD soit adressé à sa plus mystérieuse figure – je ne suis que le messager.

2015-01-21T10:08:22+01:00mercredi 21 janvier 2015|Expériences en temps réel|4 Commentaires

Le « Vonarburg » – un des meilleurs livres francophones sur l’écriture

Couv. Charles Montpetit

Couv. Charles Montpetit

Depuis le temps que je propose des articles sur la technique d’écriture, il serait quand même temps de parler convenablement dudit « Vonarburg » – Comment écrire des histoires, guide de l’explorateur – un incontournable (et un des rares) sur le sujet qu’on trouve en langue française. Autrefois difficile à commander, il est à présent ressorti dans une édition remaniée et définitive chez Alire ; l’article ici présent a été réalisé sur la version d’origine parue au Griffon d’Argile, mais vu qu’il n’y a, déjà, presque que du bien à en dire, on ne peut que supposer cette nouvelle édition encore supérieure.

Si ce livre est un incontournable, c’est qu’il fait partie des meilleurs en qualité, en accessibilité et en utilité, que ce soit en langue anglaise ou française. Il fournit dans une langue claire, mais sans sacrifier la profondeur, des éléments fondamentaux mais capitaux à la rédaction d’une oeuvre de fiction, mêlant principes généraux et avertissements pratiques quant aux pièges les plus courants. Rarement on trouve aussi bien exprimé le contrat liant l’auteur au lecteur : « mens-moi, mais fais ça bien » est devenu une formule répandue dans les ateliers d’écriture.

L’ouvrage s’organise en trois parties :

Les structures narratives posent des principes fondateurs quant à la narration, rappelant des notions élémentaires mais indispensables comme le point de vue ou l’usage des temps. Il faut remarquer que tout auteur se doit de connaître et de maîtriser parfaitement toutes les notions de ce chapitre jusqu’à ce qu’elles deviennent une seconde nature : il s’agit d’outils de base, mais aussi terriblement puissants quand on les domine. J’avancerais même que manquer à les maîtriser, c’est s’exposer à un refus quasiment assuré de son manuscrit. Très pédagogique et regorgeant d’exemples, le discours est à la fois lumineux et amusant.

L’entracte ou menu ludique est probablement la partie qui servira le moins à l’auteur en quête d’apprentissage. Un éventail de jeux littéraires (on y trouve cadavre exquis, anagrammes, jeux sur les homphones…) vise entre autres à dédramatiser le rapport à l’écrit, à lancer la créativité, à lui faire emprunter des chemins de traverse. On sort ici de la technique narrative pour aborder plutôt le domaine des exercices d’atelier ou de découverte.

Enfin, les problèmes narratifs traitent les obstacles, questionnements ou pièges les plus souvent rencontrés, mais dépassent aussi le simple catalogue pour aborder tout un éventail de principes importants, en particulier dans la présentation de l’univers (une difficulté particulière de l’imaginaire) et la gestion des personnages.

L’annexe propose une plongée rare dans la genèse d’une nouvelle rédigée par l’auteur elle-même : avec le texte achevé, on dispose des notes ayant conduit à sa création, ce qui est un document instructif et précieux.

Si l’on peut arguer que ce Guide de l’explorateur se destine probablement plus au débutant ou à l’auteur faisant ses premières armes, il pourra néanmoins être lu avec profit par tous, quelle que soit son expérience. L’ouvrage explicite en effet de façon claire et poussée un certain nombre de notions, permettant de les dépoussiérer voire de les cadrer (si ce n’est pas encore fait) avec rigueur. La partie sur les problèmes narratifs permet de (re)visiter des obstacles connus (ou qu’on découvrira) avec une nouvelle approche, et d’alimenter la réflexion (ou d’éviter de s’y cogner tête baissée).

La réception d’un livre sur l’écriture est extrêmement variable en fonction de la sensibilité du lecteur et du stade de sa maturation ; il est des rencontres qui se font au bon moment, des ouvrages qui arrivent trop tard, ou bien trop tôt. Mais s’il existe un volume qui s’approche de l’universalité sur le sujet, c’est bien celui-ci, probablement l’équivalent français de John Gardner (The Art of Fiction) – sauf que le Vonarburg, lui, est amusant à lire, en prime. On pourra en lire un extrait ici.

 

 

2018-07-17T16:55:56+02:00lundi 19 janvier 2015|Best Of, Technique d'écriture|4 Commentaires

Un défi de lecture autour de Reines et Dragons

Reines et Dragons était la première anthologie officielle du festival Imaginales que ma camarade Sylvie Miller et moi avions dirigée en 2012. Un livre magnifiquement servi par les splendides textes des auteurs, qui avaient su proposer des dragons majestueux et des reines charismatiques. (Oui, je n’ai pas de mal à dire du bien d’un ouvrage que j’ai dirigé : la qualité repose quand même principalement sur les épaules des écrivains !)

Un petit mot pour signaler donc que le blog Les Découvertes de Dawn propose sur l’année 2015 une lecture commune autour de l’anthologie pour les blogs qui le souhaitent. Pour en savoir plus, c’est ici.

2015-02-11T02:52:24+01:00jeudi 15 janvier 2015|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Un défi de lecture autour de Reines et Dragons
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