Pas logique

Or doncques, j’ai une idée de roman d’horreur qui m’est venuebe-afraid, probablement assez idiote ou absurde sur le papier, mais qui, personnellement, me terrifie. Tellement que je ne sais pas si j’aurai le courage de le faire un jour, de m’y plonger entièrement. Et pourtant, au détour du Net, je commence à rassembler de la doc dessus, dès que ça pourrait avoir un rapport, pour y réfléchir, pour déconstruire le mécanisme de cette peur-là. Je pense vraiment que ça pourrait marcher, en plus. Je suis maso, ou bien ça me travaille – probablement les deux. Le truc consisterait à ne pas mourir d’épouvante avant d’avoir fini : écrire un livre, c’est plusieurs mois. J’ignore si je tiendrais lors d’une immersion au long cours dans un truc qui me donne des sueurs froides rien que d’y penser.

Alors que, comme dit précédemment, l’idée, sur le papier, paraît très inoffensive.

(Il y a aussi le fait que publier un livre d’horreur en français de nos jours, ce n’est pas exactement évident.)

Au fait, il y a quelqu’un derrière vous.

2015-02-10T22:08:44+01:00mercredi 18 février 2015|Journal|16 Commentaires

Je veux écrire. Je démarre par où ?

bad-advice-675x900C’est une question qui revient souvent, et qui paraît simple en apparence, mais à laquelle on trouve soit des réponses très vagues (« mets-toi à écrire, travaille, fais des efforts, mange macrobiotique ») soit très commerciales (« facile ! achète mes cours par correspondance qui feront de toi un auteur de best-seller, seulement 99,99 € ! »). Il faudrait donc tenter de taper entre les deux :

Saurais-tu me conseiller des formations sur l’écriture ? Globalement j’ai des idées, je connais un peu mes points forts et faibles, mais je n’arrive pas à structurer mon projet, peut-être parce que je ne me suis pas encore posé les bonnes questions. Ou un bouquin ?

Si je prends la liberté de reformuler : je débute (ou presque), je veux écrire (commencer / finir mon projet), je prends le problème par quel bout ?

Il s’agira donc ici, pour les grands débutants, de proposer quelques éléments de base, de toutes premières pistes pour pousser au-delà de la simple écriture « pour le tiroir ».

L’art est un mélange de technique et de tripes

Dès lors qu’on veut écrire pour d’autres que soi, on cherche à être compris. Dès lors que l’on cherche à être compris, on cherche à communiquer des intentions (narratives). Dès lors que l’on cherche à communiquer des intentions, il convient de connaître le langage dans lequel on s’exprime. En littérature, ce n’est pas seulement l’orthographe et la grammaire, ce sont aussi, beaucoup, les codes de la narration (qui ne sont en rien des règles, mais permettent de comprendre les attentes d’un lecteur et donc de maîtriser son récit).

Tout art est un équilibre entre :

  • La technique – la domination, disons, de son art, la maîtrise de son langage particulier, de manière à servir au mieux les intentions, les effets que l’on vise à obtenir ;
  • Les tripes – je n’aime pas le terme d’inspiration, qui donne l’impression d’un processus évanescent. Les tripes, c’est l’originalité de sa propre voix ; l’émotion personnelle, le regard individuel sur le monde – tout ce qui fait qu’un auteur, quand il va chercher profondément en lui, est le seul à pouvoir dire ce qu’il a à dire, et joue potentiellement sa vie et son sang dans un texte, parce que ce qu’il a dit a de l’importance pour lui.

La techique se développe, se travaille, s’apprend, potentiellement avec un tiers (cours / atelier / livre / relecteurs / etc.). Cela s’enseigne aussi relativement bien.

Les tripes viennent avec le travail, la maturité, l’affinement du regard. En un sens, elles se « travaillent », mais ne se travaillent qu’à force d’écrire, de se casser les dents, d’apprendre de ses erreurs : c’est un mûrissement individuel.

La technique peut éventuellement atteindre un degré où l’on n’apprend plus grand-chose (comme un musicien virtuose finit par jouer sans trop de difficultés une grande partie du répertoire et plafonne s’il n’essaie pas de pousser plus loin). Les tripes s’apprennent pendant une vie entière et relèvent du parcours de chacun.

Travailler la technique donne de la structure, de l’unité aux tripes, et aide à affiner davantage leur expression.

Apprendre la technique ?

Qu’est-ce qu’on apprend, en gros, dans la technique ? Liste non exhaustive :

  • Construire un personnage
  • Maîtriser un rythme narratif
  • Affiner le style
  • Échafauder une intrigue intéressante
  • Gérer la tension
  • Etc.

Mais le plus important consiste à apprendre à se connaître soi-même pour employer les outils qui correspondent au mieux à sa façon de fonctionner.

kingwritingquoteApprendre seul

Il y a assez peu, en France, de ressources orientées sur l’approche pratique de l’écriture (même si cela évolue lentement), notamment dans la technique narrative. C’est un discours encore très anglo-américain, où les ressources sont légion : la moindre recherche Google livrera trois kilos de sites plus ou moins bien fichus. Être anglophone donne donc, clairement, un atout sur ce plan : l’approche est bien plus « mécaniste » qu’en France. (Une approche à consommer toutefois avec modération.)

Cependant, on commence à avoir pas mal de choses en français d’intérêt. Je vais forcément citer mes propres articles sur l’écriture, qui visent justement ce but (il faut bien que ça serve !) + les présentations des ateliers et masterclasses réalisés par Jean-Claude Dunyach et moi-même dans le cadre des Imaginales, téléchargeables ici. Cela fait déjà pas mal de matériel, qui donnera quantité d’autres pistes pour aller plus loin.

Question livres francophones, la porte d’entrée incontournable me semble être Comment écrire des histoires d’Élisabeth Vonarburg (chroniqué ici). On pourra enchaîner un peu plus tard avec Mes Secrets d’écrivain d’Elisabeth George (chroniqué ici).

Point de vue anglophone, le pendant du Vonarburg me semble être The Art of Fiction de John Gardner (non traduit), chroniqué ici. Le podcast Writing Excuses est un must (parmi les intervenants réguliers, on trouve Brandon Sanderson, devenu un des plus grands noms de la fantasy US).

Et ensuite ? La première règle de Robert Heinlein est : tu dois écrire. Il faut s’y mettre – s’exercer, se faire lire, recueillir des commentaires, apprendre à se relire, et puis recommencer.

Apprendre avec d’autres

On voit apparaître timidement des masters d’« écriture créative » (suscitant la controverse) alors que c’est très accepté outre-Atlantique. Difficile d’en recommander, vu que je ne les connais pas, mais l’apprentissage de la technique dans un cadre universitaire ne me semble pas aberrant.

Beaucoup plus courant en France : les ateliers d’écriture (virtuels, par forum par exemple, ou en personne). Se répartissent grosso modo en deux grandes catégories :

  • Les ateliers « communautaires » – tout le monde est au même niveau ou presque, tout le monde veut s’entraider et progresser. Chaque participant peut proposer des exercices à tour de rôle, et/ou chacun se lit et commente son ressenti sur les textes des autres. Ils peuvent s’apparenter à des cercles de lecture, où l’on lit sa propre production aux autres dans le but d’avoir des premiers retours. Ils sont rarement payants (ou du moins, ils ne dépassent pas la cotisation annuelle à une association).
  • Les ateliers « encadrés » – un responsable d’atelier, parfois quelqu’un du métier, prépare les séances, donne des exercices d’écriture. La lecture est là aussi souvent publique, avec un retour des participants, mais le maître de séance, en principe plus expérimenté, aide à cerner les failles et propose des axes d’amélioration, à la manière d’un travail éditorial. La version la plus poussée de cette formule est la masterclass, où l’on s’approche du cours magistral. Le prix peut être là bien supérieur, et très variable (allant de l’investissement bien placé à l’arnaque pure).

La qualité d’un atelier d’écriture est directement liée à la bonne volonté des participants, et, dans le cas d’un atelier encadré, à celle de son responsable. Un atelier peut constituer une expérience vraiment enrichissante et instructive comme un gâchis de temps et d’argent. Prudence, donc, en particulier si le responsable de votre atelier encadré fait payer ses séances 250 € par personne et qu’il n’a jamais publié que deux livres à compte d’auteur en 1982.

En conclusion

Ce tour d’horizon très sommaire n’a pour vocation que d’aider au tout premier pas ; d’ailleurs, auguste lectorat, n’hésite pas à citer en commentaires tes ressources favorites pour aider les débutants. Le plus important (que je martèle en atelier d’écriture), c’est qu’apprendre à écrire, c’est apprendre à se connaître. Pour savoir :

  • Ce qui a véritablement du sens pour soi à dire, à mettre en scène, pour ne pas oublier le plaisir et découvrir sa propre originalité, son propre discours ;
  • La façon dont on a, soi-même, besoin de travailer pour déverrouiller sa créativité (tous les moyens sont bons – tant qu’ils restent dans le cadre de la loi, hein)

Tout apprentissage doit passer par ces deux filtres, car il n’y a pas de vérité universelle en art. C’est bien pour ça qu’on continue à en faire après plusieurs millénaires.

2018-07-17T16:55:56+02:00lundi 26 janvier 2015|Best Of, Technique d'écriture|53 Commentaires

Un couple improbable

« J’apprécierais que tu ne profites pas de la moindre occasion pour toujours mettre en avant tes spécificités ethniques, maugréa Eladiel. Il me semble que la situation est largement plus grave. La solution à tous les problèmes ne passe pas forcément trente mètres sous terre.

— Je ne ramène rien du tout ! » protesta Balwina. Elle se gratta la barbe où subsistaient encore des miettes de pain de voyage et pointa l’horizon du doigt. « Tu sais pourquoi on appelle cette forêt la Forêt Sans Retour ? Tu t’en doutes, de l’explication, ou te faut un poème, des choristes et trois joueurs de harpe ? »

Eladiel plissa son nez au profil parfait et la tristesse traversa ses yeux verts.

« Ce n’est pas la peine de ramener cette vieille histoire, murmura-t-il. C’est du passé.

— Le passé, mes fesses. Maman ne t’a jamais pardonné. Si j’y réfléchis bien, c’est probablement là que tout a commencé à dégénérer entre nous. Le jour même de notre mariage ! C’est qui qui la ramenait avec ses spécifictés ethniques ? » La naine secoua la tête. « Elle m’avait prévenue, pourtant. Pauvre maman. J’aurais dû l’écouter.

— Tu l’as si bien écoutée que tu t’es laissée convaincre qu’un elfe et une naine n’avaient rien à faire ensemble ! » Eladiel avait des trémolos dans la voix.

« Et allez, c’est reparti, grogna Balwina en levant les yeux au ciel.

— Reparti ? Vraiment ? Parlons-en, de repartir. Si je t’insupporte tant, pourquoi es-tu venu me chercher ? Tu n’avais pas d’autres… » Ses lèvres bougèrent un instant sans qu’aucun son n’en sorte. « D’autres camarades de beuverie à emmener ? Vous auriez été bien, entre vous, à comparer des plans d’excavation et à aiguiser vos pelles ! Pour ce que tu m’en roulais, de toute façon ! »

Eladiel ouvrit de grands yeux, choqué par son propre accès de colère. Balwina elle-même le regarda d’un air nouveau, pas tant heurtée par la formulation que par le fait qu’elle ait pu franchir les lèvres de son ex-mari.

« Tu vas pas pleurer, quand même ? » fit Balwina.

Eladiel renifla, les yeux rouges.

« Nan. »

La naine poussa un long soupir.

« Ca te ferait plaisir qu’on passe par la forêt ? »

L’elfe acquiesça, puis détourna la tête en contrôlant sa respiration pour masquer son émotion. Balwina leva les yeux au ciel et rectifia la position de sa hache sur son épaule.

« Allez. Passe devant. »

Déclencheurs : 20′ d’écriture, 

exposer des informations par le dialogue entre un elfe et un nain, 

sachant que le nain veut passer par la montagne, et l’elfe par la forêt. 

2014-07-03T09:46:39+02:00jeudi 3 juillet 2014|Expériences en temps réel|3 Commentaires

Deux-Souris l’émissaire

La foule était dense sur la place du village. Les corps massés autour de la tribune dégageaient presque une vapeur visible dans la lueur des torches et le froid de l’hiver, semblables au bestiaux vendus le dimanche au marché.

« Moi, je dis qu’il faut surtout pas bouger! » proclama une voix en colère dans l’assemblée. Dirk, le forgeron, un solide gaillard curieusement pusillanime pour quelqu’un dont le métier consistait à battre le métal. « La troupe de Jorad-n’a-qu’un-oeil n’attend qu’une chose, qu’on les provoque. Qu’ils aillent piller les voisins. On n’a rien à faire avec eux!

— Ces voisins sont vos camarades, vos amis, vos partenaires de commerce! s’écria le gamin sur la tribune. Vous voulez les laisser sans aide? »

Sa voix déjà grave démentait son allure d’enfant, sa petite taille et ses membres grêles, ses joues piquetées de taches de rousseur qui lui donnaient plus une allure de sale gosse chipant des parts de tartes que d’adolescent prêt à apprendre un métier utile pour la communauté. A supposer que quelqu’un aurait accepté de le prendre en compagnonnage; en général, Deux-Souris attirait plus d’ennuis qu’il n’était adroit.

Une rumeur méchante enfla dans la foule et le maire, qui l’avait fait monter sur la tribune avec lui, haussa le ton pour réclamer le silence.

« Quand Trou-au-canards a été attaqué l’an passé, les gars de Mojelle y sont allés, renchérit une autre voix dans la foule, féminine celle-là. Non seulement ils se sont faits massacrer, mais la troupe de N’a-qu’un-oeil a incendié toutes les maisons de Mojelle jusqu’à la dernière. C’est plus qu’un tas de cendres. J’ai perdu ma soeur et mes n’veux là-bas. Pas envie que ça nous arrive ici! »

Des murmures d’assentiment effrayés circulèrent parmi la foule.

« Et qu’est-ce qui empêche N’a-qu’un-oeil de venir ici quand même? De nous voler, de nous piller? Vous croyez qu’en restant sans rien faire, ça fera partir le problème? »

— On a au moins une chance qu’ils nous laissent tranquille! » cria quelqu’un.

Nouvelle approbation

« Et qui nous défendrait, de toute façon? rétorqua Dirk, le forgeron. Toi, Deux-Souris? On t’a fait chevalier, déjà? On a raté quelque chose? »

Des rires gras circulèrent parmi l’assemblée.

« Si on s’unit et qu’on se bat ensemble, on peut y arriver! s’indigna l’adolescent d’une voix qui montait dangereusement vers les aigus criards.

— Comme la fois où tu nous a persuadés d’aller présenter nos doléances au duc? Rappelle-nous comment ils nous a reçus, déjà? »

Les rires retombèrent – tout le monde souffrait encore du doublement des impôts dont le village avait écopé pour son insolence. La rumeur se teintait à présent d’agressivité – les villageois avaient peur, et cette peur nécessitait un exutoire – si possible le gamin roux, synonyme de problèmes avec son attrait pour l’héroïsme, sa fascination pour la chevalerie et sa tendance néfaste à se mêler de ce qui ne le regardait pas.

Le maire, Moguel, leva la main pour réclamer le silence. Il ne tarda pas à se faire; le vieux était respecté, lui. Il savait toujours régler un problème, trouver les mots qu’il fallait pour apaiser deux voisins en colère pour une histoire de clôture mal placée.

« Nous ne pouvons laisser nos camarades sans aide. Mais nous sommes dépourvus, ici. Impossible de priver le village de ses hommes. Nous ne sommes pas des guerriers. »

La foule hocha la tête avec conviction.

« Deux-Souris ira demander l’aide du duc. Seul. Ce sont ses terres après tout. A lui de convaincre. »

Exercice réalisé pendant la Masterclass 2014 des Imaginales

20 minutes d’écriture. Contrainte : écrire une scène unitaire.

Déclencheurs : Personnage = Rêveur insatiable / Motivation = Justice / Conflit = Personne ne m’écoute jamais. 

Retour sur expérience1 : Honnêtement ? Pas satisfait. La scène tient debout, mais elle est d’un classicisme consommé (le gamin mis au ban du village, qu’on imagine courageux, et qui sauvera peut-être ses camarades d’eux-mêmes, on a vu ça cent fois, et, à titre personnel, j’ai toujours eu du mal avec l’idée d’un gosse qui sauve le monde) ; j’avoue avoir manqué de temps pour réfléchir à plus original, et, à défaut de trouver une idée renversante, je me suis appliqué à essayer de faire bien une idée un peu courue. J’aime toutefois une chose dans cette scène : le thème de l’individualisme des villageois, que j’aurais envie de creuser pour parler de coopération et d’union. Si je devais insérer cette scène dans un contexte plus long, je m’assurerais de donner tout spécialement de la substance aux personnages en amont, notamment Deux-Souris, pour aller chercher là l’intérêt du lecteur et une originalité que l’histoire, telle qu’elle est partie, ne semble pas avoir.

  1. Je me dis qu’après coup, avoir le retour sur expérience de la scène réalisée sous contrainte et avec un temps limité peut être instructif afin d’insérer ces exercices dans un cadre plus vaste et potentiellement utile pour les jeunes auteurs.
2014-06-24T18:40:02+02:00mercredi 25 juin 2014|Expériences en temps réel|3 Commentaires

Dans les détails de la technique d’écriture, avec DraftQuest

draftquestDraftQuest est une jeune application destinée à l’écriture, complétée par un cours en ligne, qui fédère déjà autour d’elle une communauté active et dynamique. Son originalité, c’est de combattre l’angoisse de la page blanche par une approche ludique, à base de pictogrammes, de quêtes et de points d’expérience, et en intégrant des outils de communication entre auteurs ; surtout, le programme est destiné autant aux apprentis auteurs désirant faire de l’écriture leur métier qu’à ceux qui souhaitent simplement s’y essayer sans optique de publication, juste à titre d’exploration. Ce qui est une approche rafraîchissante dans le paysage des programmes d’aides à l’écriture, qui délaissent souvent le plaisir et le jeu pour des cadres parfois rigides.

Avec David Meulemans, qui dirige et programme DraftQuest, nous avons parlé, bien sûr, technique d’écriture, dans le détail des rouages et des boulons :

David Meulemans : Lionel Davoust, vous avez écrit plusieurs romans. Vous semblez désormais consacrer l’essentiel de votre temps à l’écriture. Pouvez-vous-nous décrire une journée type de Lionel Davoust ?

Lionel Davoust : C’est effectivement le cas, à l’écriture de fiction, principalement, et parfois un peu de traduction ou d’éditorial. De manière générale, je ne suis pas du matin (le matin est un endroit froid et hostile où le seul réconfort s’appelle café). Du coup, je me réveille doucement en entretenant le lien avec la communauté sur les réseaux sociaux, le site, puis en m’occupant de ce que j’appelle les « affaires courantes » : courrier électronique, et les dizaines de petits à-côtés dont il faut s’occuper quand on est travailleur indépendant (contrats, articles brefs, relations avec presse etc.). Je fais une pause à midi et je coupe toute distraction l’après-midi pour me consacrer pleinement à l’écriture sans interruption, autant que possible, m’interdisant cette fois toute incursion en ligne. En phase de rédaction, je me fixe en général un quota d’écriture, allant de 15 à 20 000 signes en fonction de la sévérité de la date-butoir et de mon énergie.

Pour lire l’entretien complet, c’est sur le blog de DraftQuest : partie 1, partie 2.

2023-03-03T04:01:59+01:00jeudi 24 avril 2014|Entretiens|Commentaires fermés sur Dans les détails de la technique d’écriture, avec DraftQuest

Participez à la Masterclass des Imaginales: Écrire des histoires, cela s’apprend!

Affiche Juan Miguel Aguilera

Affiche Juan Miguel Aguilera

Nous pouvons l’annoncer avec plaisir, pour ceux qui l’attendaient, l’initiative est reconduite cette année : démarche novatrice initiée par les Imaginales, la Masterclass vous offre l’occasion d’acquérir méthodes et techniques qui faciliteront ou amélioreront votre travail d’auteur. Encadrés par Jean-Claude Dunyach et moi-même, ces deux jours vous apprendront que l’écriture est aussi un métier, et visent à vous donner les clés pour trouver votre méthode, votre voix, vos propres outils de création.

Notre objectif : vous aider à maîtriser vos outils !

Ces deux jours d’échanges, d’enseignement et de travaux guidés (mercredi 21 et jeudi 22 mai 2014) visent à transmettre les outils essentiels de l’écrivain, des briques de base de la narration comme le point de vue, la construction d’un scénario, aux réalités financières et légales du métier (distribution, droit d’auteur…). Le but : savoir raconter pour se faire plaisir… mais aussi faire plaisir au public.

Cette Masterclass est destinée à ceux qui ont envie d’écrire des histoires, mais ne savent pas par où commencer, ou bien achoppent sur leur projet, comme à ceux qui désirent aller plus loin et aborder l’écriture avec une visée professionnelle… 

Les sessions sont organisées autour de présentations sur un sujet donné (le scénario, les personnages, l’économie de l’édition…), suivies d’exercices d’écriture, puis d’un temps de discussion et de débat autour des difficultés rencontrées.

La Masterclass Imaginales, comment ça marche ?

En compagnie de professionnels reconnus, apprendre les règles du jeu. Pas les trucs, pas les recettes, il n’y en a pas, mais il y a le jeu de l’écriture, et c’est ce jeu qu’il faut prendre au sérieux sans se prendre au sérieux et il a des règles. Structures narratives, registres de langue, travail d’une intrigue, des personnages, des décors, effets de réalité, style… (Sans parler du jeu de la publication, qui est une toute autre paire de manches). Autant d’éléments de la boîte à outils de l’écrivain dont il faut prendre conscience, puis apprendre à se servir…

On apprend à lire, on peut apprendre à écrire (les deux sont d’ailleurs liés). Qu’est ce qu’un apprentissage, sinon l’acquisition d’une expérience dans la durée ? Les ateliers d’écriture offrent – quand ils fonctionnent bien – un concentré d’expérience. Rien ne remplace l’écriture dans la vraie durée, bien sûr, le travail de fond, l’obstination, mais idéalement on sort plus conscient des ateliers d’écriture, sur bien des plans. – Elisabeth Vonarburg

Il ne vous reste plus qu’à vous inscrire à la Masterclass 2014 des Imaginales !

Inscriptions et renseignements : infos@imaginales.com

2014-08-05T15:13:30+02:00mercredi 16 avril 2014|À ne pas manquer, Technique d'écriture|6 Commentaires

Des plumes et des partitions

semaine_musicale_quimperAvant-hier et quelques semaines plus tôt, je me suis retrouvé sur les routes (pour Rennes, ça va – et Quimper, ça va encore). Le but : aller parler d’écriture à des lycéen-ne-s – ou plutôt, de la façon dont je le vois, les faire parler de leur écriture, et m’efforcer de leur proposer des armes pour la porter encore plus haut. Le contexte : le concours Plumes et Partitions, organisé par les semaines musicales de Quimper. Chaque année depuis 2011, plus de 400 élèves de secondaire, en collaboration avec leurs professeurs de français, envoient des nouvelles de quelques pages sur des thèmes fixés (en 2014 : « La nuit » ou « Rêves »). Un jury d’une quinzaine de personnes – écrivains, professeurs, journalistes – sélectionnent ensuite les finalistes, et le-a gagnant-e voit son oeuvre mise en musique par un compositeur lors d’un concert. Une jolie consécration. 

Les vingt finalistes se voient aussi publiés dans une petite anthologie… et, heu, me gagnent avec (ruban cadeau autour du crâne, après tout, il faut bien que je tire parti de ma récente ressemblance avec un œuf de Pâques1). Nous avons parlé de technique d’écriture, je me suis efforcé de démystifier certaines idées reçues sur le travail de l’auteur (oui, il est normal de rencontrer des passages où l’on rame / non, l’inspiration n’est pas automatique / oui, l’écriture peut avoir une méthode / non, le temps ou le travail passés sur une oeuvre ne sont pas en corrélation directe avec sa qualité finale, malheureusement) et de passer mon mantra : apprendre à écrire, c’est apprendre à se connaître.

Bien, si j’en parle, c’est parce que, bon sang, j’ai été très, très agréablement surpris par la qualité des textes que j’ai lus, et, bon sang, c’est chouette. Dans ce que j’ai lu, il y avait une vraie énergie, des histoires, des personnages, un sens de la narration déjà très affûté, et beaucoup de sincérité. (Enfin, ça, on n’en sait rien. Il est impossible de savoir si un auteur est sincère, à moins de le connaître très bien. Mais tant que ça en donne l’illusion, le lecteur est content, et c’est important quand on écrit avec une visée publique.) Et surtout, une attitude vraiment très active, et critique vis-à-vis de la pratique de l’écriture. À ma question d’introduction volontairement provocatrice : « Quelles sont les règles de l’écriture ? » (réponse : aucune, en vérité, à part celle d’être compris-e), c’est limite si je n’ai pas eu une mini-rébellion : « aucune, sinon ce n’est pas drôle ! » « sinon tout serait pareil ! » Et ça, eh bien, ça me fait drôlement plaisir.

Cela me pose quelques questions sur ce qui se passe, cette période floue et mal définie, entre le moment où l’on a seize ans, les crocs dans l’existence, des idées à la fois peu formées et très déterminées, et le moment où l’on en a vingt, trente, où, pour beaucoup, on s’ossifie, on se dessèche, on n’ose plus. Je parle strictement (ah oui ?) d’écriture : dans mon passé de rédac’chef, il m’est arrivé de recevoir des textes bien moins aboutis, bien moins ficelés, que ces courtes nouvelle de lycéens, comme si, à un moment dans le passage à l’âge dit « adulte » (impôts – boulot – sexe hebdomadaire lumière éteinte – prêt immobilier – club Med annuel), l’esprit se disait : oh, non, je ne peux pas faire ça, on ne fait pas comme ça, je dois faire de cette façon parce que c’est comme ça – on se rogne les ailes. What ? On s’en fiche. Si l’écriture est un reflet de l’existence et que son travail se trouve, par quelque processus alchimique opaque, le reflet de l’attitude de l’auteur dans l’existence (je le crois un peu – ce qui ne vous dit pas grand-chose, au final), alors, eh bien, l’on fait ce que l’on désire, avec son cœur et sa sincérité, tant qu’on en assume les conséquences : narratives, dans l’histoire du papier, ou l’histoire de soi.

Donc, non, je ne parle pas strictement d’écriture.

Donc, chapeau, les gens, et merci. Vous avez une clarté certaine de vision et de travail, et c’était simplement réjouissant à découvrir. Vous m’avez bluffé (et c’est pas facile), dans vos textes comme dans nos échanges. Je voudrais simplement vous dire, si vous me lisez : ne perdez pas ça. Que les années qui s’ajoutent vous donnent simplement davantage de matière à réflexion et élargissent votre champ des possibles, et surtout pas l’inverse.

Quoi, je suis sentencieux ? Souhaiter bon vent à quelqu’un ne peut pas lui nuire ; il est toujours libre de s’en fiche. Ce qui, dans le présent contexte, est peut-être aussi bien – si ce n’est meilleur.

Smile. 

  1. Je déconne, hein. HEIN.
2014-08-05T15:16:09+02:00vendredi 21 mars 2014|Technique d'écriture|2 Commentaires

Évanégyre et (presque) chronologie

OK, c’est un gros presque (pour ce que j’en dévoile).

Pour Évanégyre, l’univers entier, je travaille comme sur un roman, une série, une nouvelle, mais à échelle plus vaste : tout ce qui n’est pas fixé par l’écriture, et surtout la publication, reste relativement en flux. Il y a bien entendu des repères importants (la Grande guerre évoquée dans « La fin de l’histoire », l’évolution technologique entre « La fin de l’histoire » et La Volonté du Dragon, d’autres événements encore à peine abordés, des personnages qu’on a seulement entrevus pour l’heure) qui conditionnent tout l’arc narratif, mais certains détails de géographie, d’intervalles temporels, peuvent éventuellement être réajustés tant que cela ne vient pas contredire

  1. le matériel déjà publié (la règle cardinale étant  : no retcon !)
  2. le plan d’ensemble et le projet général de l’univers.

Le but étant, toujours, d’écrire une meilleure histoire et un meilleur monde. Certains jalons jetés un peu au hasard peuvent parfois sonner faux après coup ; ils se déplacent souvent sans dommage (et alors, il faut le faire), tout comme l’échafaudage devant une façade n’a guère d’importance ; c’est la maison derrière qu’on souhaite voir ; l’échafaudage doit servir le projet, pas l’inverse.

C’est pour cela que, pour l’heure, le portail Évanégyre reste un peu vide ; je ne souhaite pas m’engager sur des informations autres que ce qui a déjà été publié (quatre nouvelles et un roman, on ne peut pas dire que ça soit très dense… pour l’instant). Cependant, La Route de la Conquête devrait contenir un peu plus de paratexte que les récits précédents, avec quelques informations sur le monde en lui-même, autour des textes, pour satisfaire ceux et celles qui regrettaient mon silence (volontaire, mais peut-être un peu obstiné) sur ce point.

Du coup, je peux quand même montrer un petit machin… (La flèche temporelle va bien sûr de gauche à droite.)

eva_temps

*sifflote*

Les dates sont floutées parce que, donc, pas formellement arrêtées pour l’instant ; au regard du grand ordre des choses (les récits dont il est question étant très brefs à l’échelle impériale), cela peut encore se décaler de 5 à 10 ans. Mais elles le seront quand le livre entier La Route de la Conquête sera achevé et remis à l’éditeur.

Et c’est évidemment un tout petit extrait. Je conserve les lignes temporelles intitulées Politique, Technologie, Batailles, Personnages et bien d’autres par-devers moi… Je maintiens toujours que je suis là pour raconter des histoires d’abord, et non compiler un traité d’histoire-géographie sur la planète Évanégyre. (Même si sa vraisemblance est évidemment capitale – mais elle doit se déduire des récits seuls, pas du volume des annexes.)

(Et si cela vous intéresse, pour compiler mes calendriers et mettre en rapport les événements entre eux, j’ai récemment importé et remis sous forme claire toutes mes notes dans l’excellent Aeon Timeline.)

2014-03-13T00:18:40+01:00jeudi 13 mars 2014|Journal|25 Commentaires

Entre deux eaux

fishy_hold_breathPassage rapide, auguste lectorat, car encore beaucoup de choses à faire. Sur quoi, dis-moi ? Eh bien…

  • La Route de la Conquête, bien sûr. Ça prend forme. Et j’ai vu la couverture. Elle déchire.
  • Sur l’anthologie des Imaginales 2014, avec Sylvie Miller. En finalisation. Et j’ai vu la couverture aussi. Elle déchire aussi. J’ai vu le thème filtrer quelque part dans un support officiel, moi, je n’en dirai rien encore, mais si vous avez envie d’aller à la pêche, l’information est , quelque part. *sifflote*
  • Après dix bonnes années à fonctionner sur le couple OneNote – Word, je change d’outils d’écriture. Je crois avoir trouvé un nouveau Graal. J’en parlerai après l’avoir testé plus en profondeur, mais je l’adopte à une telle vitesse que ça ne va pas tarder, je pense.
2014-03-11T11:25:04+01:00mardi 11 mars 2014|Journal|4 Commentaires

Expériences en temps réel, bilan 2013

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Alors, ça y est ? La dinde est dans le four, tonton Alphonse est installé avec un verre de rouge et raconte des blagues graveleuses, mamie Gertrude ponctue la conversation de vibrants « oh là là » ?

Oh là là.

La fin de l’année, c’est toujours la tradition des bilans, et ce lieu de perdition bizarre ne fait pas exception, relatif à ce lieu de perdition bizarre.

Question littérature…

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Ce fut une année plutôt bien active. En résumé, si vous avez raté une info (j’ai entendu dire « Quoi, le troisième Léviathan est sorti ? Mais quand ? Comment ça se fait que je l’aie raté ? » Eh bien, je ne sais pas, mais du coup, peut-être un récapitulatif s’impose-t-il – au fait, la newsletter reste le moyen le plus sûr de se tenir au courant), voici un rapide tour d’horizon :

… et pour 2014 :

  • Cela s’annonce comme une année de nouvelles. Je participe à de chouettes anthologies à paraître dont je parlerai le moment venu, mais aussi, je travaille sur La Route de la Conquête, le nouvel opus d’Evanégyre, à paraître en août chez Critic.
  • Sylvie Miller et moi codirigeons à nouveau l’anthologie des Imaginales. Non, on ne peut pas encore vous dire le thème. Mais ça va être awesome, hé hé.
  • Il y a d’autres trucs en préparation. Il y a toujours d’autres trucs en préparation. Mais c’est trop tôt pour en parler.

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Question site et blog…

  • Au total : environ 70 000 lectures uniques sur l’année, soit 5800 par mois en moyenne. C’est en progression et surtout plus stable qu’en 2012, ce qui était mon but : m’efforcer d’être plus cohérent, tout en continuant à me faire plaisir (ce qui est, je le rappelle, la raison d’être première de cet endroit bizarre).
  • J’ai réussi toute l’année à proposer quelque chose de nouveau tous les jours ouvrables (chronique, photo, etc.) Une fois l’habitude prise d’alterner mises à jour courtes et articles plus substantiels, ça se passe assez bien. Donc je continue.
  • Le site a changé d’hébergeur en milieu d’année pour aller chez Mistic. Après quelques permiers hoquets, ça marche cent fois mieux ; que Marcel, chef d’orchestre, soit remercié pour ses efforts et sa disponibilité. Si vous cherchez un endroit où héberger votre site, n’hésitez pas à faire vivre une petite boîte familiale plutôt qu’une grosse machine !
  • Je suis de retour sur Google+, sans vraie conviction je dois avouer, mais c’est ici.
  • Le profil Flickr commence à se nourrir doucement. C’est là.
  • J’ai timidement commencé à remplir les pages univers, depuis le temps que je le promets. Mais je rame. Je réfléchis encore à ce que doit proposer un tel portail, tout en évitant de me coincer en donnant des infos sur lesquelles je voudrais revenir par la suite. (Je considère que tout ce qui est publié dans un récit devient « canonique » et ne peut être corrigé par la suite. Mais tout ce qui l’entoure est toujours sujet à ajustement potentiel ; si je me mets à dévoiler ça aussi, j’ai peur de me coincer.)

Best-of 2013

Okay, auguste lectorat, qu’est-ce qui t’a le plus plu cette année question articles de blog ?

Bon, OK, j’en retiens, comme tous les ans, que tu viens ici pour lire des articles sur de la littérature et le monde du livre. Message reçu – ce serait bien que j’en fasse davantage, même si je continuerai à poster du lol. Parce que.

Sauvetage au rattrapage

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Qu’est-ce qui me semble être passé un peu inaperçu et que je pourrais t’inviter à rééxaminer, auguste lectorat ?

  • Principalement la série Productivété, sur l’organisation du travail, de cet été, qui était peut-être un peu trop dense pour un sujet estival (après tout, c’étaient les vacances pour la plupart des gens normalement constitués).
  • Le diptyque sur l’objectivité dans la critique de fiction (part ouane, part deux)

Bon, c’est déjà pas mal.

Allez, on débranche pour la journée. Bon réveillon ! Joyeuses fêtes ! Ho ho ho ! Oh là là ! Alors c’est l’histoire d’une gonzesse qui…

2020-01-20T01:27:27+01:00mardi 24 décembre 2013|Journal|6 Commentaires
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